A peine eus je franchi la porte que deux bras m'encerclèrent. Une touffe de cheveux blonds se cala dans mon cou et à la légère humidité que je ressentis, je compris qu'elle pleurait. Je la serrais à mon tour dans mes bras, heureuse d'être de retour à la maison.

- Ma Lily, geignit elle. Je me suis fait du souci !

Elle me serra plus fort. Je m'en voulais de lui avoir fait peur. Mais cette balade nocturne avait été nécessaire et hautement productive. J'avais enfin mis de l'ordre dans mes idées.

- Excuses moi, Coco.

- Que s'est il passé avec Potter ?

C'est drôle ça. Je réussissais tout juste à l'appeler par son prénom quand elle commençait à utiliser son nom de famille… Les rôles étaient inversés.

- Il ne vous a rien raconté ?

- Non, il a suivi de peu dans le salon. Il te cherchait et lorsque Sirius lui a demandé ce qui c'était passé, il a juste dit qu'il avait fait une boulette…

- …

- Il faut que je prévienne Sirius que tu es bien rentrée. Il m'a dit de l'appeler dès que tu passais la porte…

Je posais sa main sur son bras. Je ne voulais pas qu'il sache que j'étais à la maison. Peut être viendrait il, bien que j'en doutais. Je voulais qu'il se fasse du souci, qu'il s'en veuille. Je voulais être tranquille.

- S'il te plait, non.

- Mais pourquoi ? Tu sais Sirius m'a proposé de te chercher…

- On verra ça demain. Oublions tout cela. Je vais prendre de la glace, tu t'occupes des cuillères ?

Je partis vers la cuisine, jetant négligemment mon manteau sur une chaise. Coraly semblait clouée sur place, incapable de se décider. Puis elle me rejoint et nous passâmes une soirée entre filles. Le dimanche, je partis voir un film au cinéma avant de flâner dans les rues, évitant ainsi la visite de Sirius.

Quand je rentrais, Coraly était furieuse et je n'eus pas besoin de poser la moindre question.

- On s'est disputé ! Monsieur m'a engueulé comme une gamine parce que je ne lui avais pas téléphoné hier à ton retour ! Tu y crois ça ?!

- …

- Il est resté à peine un quart d'heure et nous n'avons fait que crier !

Elle était hors d'elle et ce n'était pas rien de le dire. Qu'avais je fait ? Pourquoi un tout petit geste prenait de telles proportions ? La soirée fut courte et énervée. Elle pestait toutes les cinq secondes sur un rien et bientôt je n'eus qu'une envie aller me mettre à l'abri… Euh me coucher.

Ma semaine de travail fut longue et pénible. Le soir, je trouvais Coraly de plus en plus taciturne. Elle en voulait à Sirius et son ego lui interdisait de faire le premier pas. De mon coté, c'est mon cœur qui bloquait toutes mes tentatives. Je ne voulais pas revoir James tant que je n'aurais pas les idées claires…

Et je ne savais pas encore combien de temps cela allait prendre. Un doute subsistait dans cette histoire : celui des rêves. Je n'arrivais pas à me convaincre que les sorciers existaient et tant que je n'aurais pas réglé ça…

Je regardais ma montre. Plus que deux heures et nous serions en weekend. Je bousculais quelqu'un de plein fouet. Mark, zut !

- Tiens Lily, justement je te cherchais !

Hein ? J'ai bien compris ?! Mark me cherchait ?! Ca, ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose : Il allait de nouveau m'inviter à un ballet où que sais je. Je me sentie me raidir à l'approche de sa future tentative.

- Que me veux tu ?

- Quelqu'un t'attend à la réception…

- Qui ?

- Le gars de cet été… Sûrement celui à cause duquel tu m'as largué en beauté… Tu en étais encore amoureuse, je suppose…

James ! Ca ne pouvait être que lui… Je me tournais vers Mark pour le retenir.

- Que veux tu dire ?

- Bah que tu es sortie avec lui peu de temps avant qu'on essaie tous les deux… Tu étais heureuse et du jour au lendemain tu es redevenue comme avant votre rencontre.

Mon cœur se serra. Il venait de confirmer tous mes soupçons. Il ne me restait plus qu'à aller à la réception pour m'assurer que James s'y trouvait bien…

Je partis pour avoir la réponse à toutes mes questions. Mon angoisse montait à mesure que j'approchais… Et si ce n'était pas lui et si… Une main se posa sur mon bras, mon chef se tenait devant moi, un sourire aux lèvres.

- Allez vite vous changer !

- Comment ça ?!

- Il vous attend depuis déjà assez longtemps. Je vous fait cadeau de ces deux heures, mais que ça ne se répète pas…

Il s'éloigna sans un mot supplémentaire. Mon chef venait de me dire de rentrer chez moi, mais pour quelle raison. Je bifurquais dans les vestiaires pour ranger ma blouse et prendre mes affaires. Je me dirigeais finalement vers la réception. Il était bien là, discutant avec une infirmière. Encore une qui lui faisait les yeux doux…

Aussitôt qu'il me vit, il s'excusa auprès de la femme qui flirtait sans pudeur avec lui pour se diriger vers moi. Il me saisit le coude pour me conduire vers la sortie. Je ne me défendais pas et je le suivi sans rechigner entendant encore et encore les paroles de Mark dans mon esprit : 'Le gars de cet été… Sûrement celui à cause duquel tu m'as largué en beauté.'

Mes rêves étaient donc vrais. Et la magie, existait-elle réellement ? Les sorciers qui avaient attaqué, tenaient dans leurs mains des baguettes… Il était droitier et, par chance, il me tenait à sa droite… Je me collais à lui tâtant discrètement sa poche pendant qu'il nous faisait traverser à grands pas le parking. Je blêmis. Là, dans sa poche, se trouvait un objet long qui pourrait très bien être une baguette…

Il m'ouvrit la portière et sans un mot je montais en voiture. J'étais totalement sous le choc de toutes les révélations de ces dernières minutes. Il ne me vint même pas à l'esprit de lui demander où nous allions, je le suivais sans résistance.

Ce ne fut qu'une fois devant la porte de mon immeuble que je réalisais où nous étions. Je cherchais mes clefs et ouvrais la porte, passant devant lui. L'appartement était silencieux, Coraly ne reviendrait que dans quelques heures. Je devais saisir l'occasion de lui parler.

- Il faut qu'on parle, dit il.

- Oui, c'est aussi ce que je crois.

Ma voix était ferme, plus que je ne m'y attendais mais c'était plutôt bon signe.

- Nos disputes incessantes rendent Coraly et Sirius malheureux. Or ce sont les personnes les plus chères à notre cœur.

- Non.

- Comment ça 'non' ?! S'écria t il.

- L'homme que j'aime est la personne la plus chère à mon cœur.

- Coraly sera ravie de l'apprendre, siffla t il. Et puis je savoir qui est le pauvre malheureux ?

Ses paroles me blessaient mais je ne voulais pas lâcher. Ma voix se faisait de plus en plus lasse mais peu m'importait, j'étais capable de dire ce que je pensais, rien d'autre ne comptait. Pas même la façon de le dire.

- Que vouliez vous ?

- Que nous trouvions un accord pour qu'ils soient heureux tous les deux.

- Vous ne voulez plus les séparer ? Demandais je en l'observant debout devant les étagères.

- Je continue à penser qu'ils ne sont pas faits pour être ensemble. Ils sont trop différents.

- Pourquoi ? Parce qu'il est comme vous et elle comme moi ?

Il y eut un moment de flottement. J'en étais ravie alors je continuais.

- Je ne veux plus de tout cela. Laissez les essayer. Peut être que ça ne fonctionnera pas mais pendant un moment ils auront été heureux. Que vaut une vie sans amour ?!

Ma gorge se serrait. Je lui en voulais d'avoir décidé pour nous. De ne pas m'avoir consulté avant de prendre une décision. Il n'avait pas le droit de leur faire ça !

- Il y a des fois où l'amour impose de se sacrifier, pour le bonheur de l'autre !

Il avait crié, le visage tordu dans un mélange de colère et… De tristesse peut être ?

- Ca, ce sont des histoires de bonnes femmes ! Les 'je t'aime mais nous ne pouvons être ensemble' sont d'un autre temps ! Si on aime vraiment, on se bat pour cela !

J'avais hurlé contre lui, mon visage me faisait mal et des larmes coulaient sur mes joues.

- Tu ne comprends pas qu'il y a des fois où tu n'as pas le choix !

- C'est que tu n'as jamais vraiment aimé, susurrais je.

- Si ! Je me suis battu et je me bats encore pour elle ! Hurla t il les yeux brillants.

- Menteur.

Il m'a regardé avant de donner un violent coup de poing dans l'étagère. Je vis alors la petite fée en cristal, dernier souvenir de mes parents osciller avant de tomber rudement sur le seuil pour y exploser en mille petits éclats.

- Non !!! Pas ça !!!

Je me précipitais vers les débris pour m'accroupir juste devant. Je tendais les mains vers les bouts de verre, hésitante.

- Je suis désolé.

- C'était le dernier cadeau que mes parents m'avaient fait avant de mourir, pleurais je. Je n'avais rien d'autre… Pourquoi ? Pourquoi dis moi ? Articulais je difficilement.

- Je suis désolé.

Je le voyais, passant sa main dans ses cheveux. Il était dans un état pitoyable, notre dispute ou encore cet incident l'avait remué jusqu'au plus profond de son être, je le voyais sur son visage…

- Répare la, s'il te plait.