Mention légale : Type O Negative est à quothme ce que Twilight est à Stephenie. Moi, Bluelinote, ne suis que leur messager.


Rappelez-vous, Le road movie au sein de groupe O s'est achevé avec l'arrivée à Jacksonville. Le super héros aux yeux jaunes qui furent rouges et son assistante pas douée sont chez Renée, la maman un peu fofolle. Edward a brillé au soleil sous les yeux du voisin qui voit des gens qui brillent partout, à l'occasion , une théorie a vu le jour dans l'esprit de Bella, puis il y eut un carnaval, puis une petite fille en grand danger, des yeux dorés qui ont viré au noir, des narines frémissantes, une fourchette à hot dog, et c'est là qu'on a perdu Bella. La retrouve-t-on ?


12- Arme Secrète.

Je m'éveille à la sensation du vent sur mon visage. Pendant un seconde, je crois qu'Edward est en train de m'enlever. Pendant une seconde, mes traîtres pensée le soupçonnent de courir m'emmener en quelque lieu plus privé où il pourra finir ce qu'il a commencé.

Et quand bien même, je m'en fiche, tant que je suis avec Edward. Il peut me prendre, ravager mon corps et je mourrai heureuse.

Puis j'entends Renée pas loin. Tandis que ma conscience s'étend au-delà de la bulle de mon propre corps, je comprends que je suis dans le break, et qu'il file sur l'autoroute au devant d'une contredanse annoncée –– et probablement vers l'hôpital –– aussi vite que ses petites roues peuvent le porter. C'est Renée qui conduit, déversant un fleuve continu d'inquiétude. Edward quant à lui est...

Je me redresse sur mon siège pour mieux voir.

Oui, c'est bien çà, mes yeux ne me trompent pas. Edward est assis à l'avant sur le siège passager.

Avec le tête à l'extérieur de la fenêtre.

Renée voit la mienne apparaître dans le rétroviseur.

« Bella! Bella, est-ce que tu vas bien? »

Allez, tous en chœur avec moi: « Ça va. »

Ça va ça va ça va ça va. Ça va mieux que bien, en fait. Je suis toujours là. Et Edward est toujours là. Ça ne pourrait aller mieux que ça. Maintenant que je suis hors de danger imminent, l'inquiétude de Renée se change bien vite en colère.

« Comment as tu bien pu te débrouiller pour te poignarder en plein carnaval? »

Comme si le lieu avait de l'importance quand il s'agit de se poignarder.

« Je me suis retrouvée du mauvais côté d'une fourchette à hot-dogs. »

« Une fourchette à hot-dogs? » Elle se dévisse la tête pour pouvoir me regarder, moi, puis mon bras. «Mais à quoi tu pensais?»

Je ne suis pas son regard. Au lieu de ça, je regarde le petit break tourner sur la droite.

« Je, euh, j'ai loupé mon hot-dog? » Proposé-je bancalement.

Juste avant que nous ne touchions la bande rugueuse de l'autoroute, le bras d'Edward s'élance pour redresser le volant. Réfléchissez un instant à l'ironie de la situation: un vampire prenant le temps d'empêcher notre voiture de se retourner pendant qu'il est simultanément en train de se battre pour me sauver de lui-même.

Je suis doublement en danger, et il double la protection.

Renée ne remarque rien; elle est partie en plein mode panique.

« Comment ça, tu as loupé ton hot-dog? Pourquoi avais-tu besoin d'une fourchette à hot-dog? Pourquoi pouvais-tu encore manger un hot-dog après le merveilleux petit déjeuner d'Edward? Et pourquoi ton petit-ami reste-t-il pendu à la fenêtre de ma voiture? »

Je me concentre sur la question à la quelle je peux répondre le plus facilement. Et je me concentre sur la nécessité d'y répondre calmement. Vous savez, ce truc selon lequel les gens vous répondent sur le même ton que vous leur parlez? Ça marche à merveille avec Renée.

« Il est allergique au sang. »

Je regarde dans sa direction, et Edward regarde droit devant dans le vent, raide comme la pierre, son corps immobile contrastant de manière frappante avec les folles ondulations de ses cheveux. Je ne le vois même pas ciller. Avant que Renée ne puisse réitérer l'une ou l'autre des question pour lesquelles je n'ai aucune bonne réponse à lui fournir, je distrais son attention.

Là, c'est moi, l'image même du calme: « Maman, tu gardes toujours des pansements dans la boîte à gants? »

« Oh, oui, bien sûr! Quelle idiote je fais! » Elle se retourne vers l'avant. « Je parie qu'il y en a encore quelques un là. Bien qu'ils aient probablement dépassé la date limite. »

Est-ce que les pansement finissent seulement par expirer? Je n'en ai jamais gardé aucun assez longtemps pour le découvrir.

« Permettez. » Propose Edward à Renée avant qu'elle ne commence même à étendre la main, ce dont il sait que cela réduira davantage sa capacité à maintenir le break du bon côté de la route. Renée ne le connaît pas suffisamment bien pour détecter le soupçon de tension dans sa voix douce, mais moi, si. Je regarde ses doigts actionner l'ouverture du compartiment et d'un geste sûr retirer deux pansements du tas de papiers qui l'encombrent, après n'y avoir jeté qu'un unique coup d'œil.

Nos doigts s'effleurent tandis que sa main me les passe par dessus son épaule, et il la retire immédiatement. Il faut que nous le sortions de cette voiture.

« Maman, ne peut-on pas tout simplement rentrer à la maison?' »

Elle se retourne pour me regarder à nouveau. « Tu es sûre? »

« Oui, c'est juste une perforation mineure. »

« Et bien... » elle a l'air dubitative, mais ma technique vocale d'incitation au calme commence à faire son effet.

« Sérieusement, ça n'exige rien de plus que les premiers soins. Et peut-être une serviette de toilette.

Immédiatement, Edward retire sa sur-chemise de ses épaules et me l'envoie. En dépliant la boule froissée, je m'aperçoit que la chemise est déjà tâchée de mon sang sur la manche.

Ce qui signifie qu'Edward m'a probablement portée jusqu'à la voiture.

Ma tête reposait probablement sur son épaule.

Mon cou était probablement exposé à ses dents.

Mon sang coulait assurément sur son bras.

Je continue à lui donner d'amples occasions de me tuer.

Et pourtant je continue à me réveiller.

Certainement il doit comprendre que ça signifie quelque chose.

Lorsque que nous somme de retour à la petite maison bleue, Edward ferme sa porte d'un coup féroce et disparaît. Renée et moi suivons plus lentement. Elle ne me quitte pas d'un pouce, m'aidant à sortir de la voiture, m'aidant à maintenir la chemise appuyée sur mon bras, me guidant jusqu'au porche d'entrée en me tenant le coude.

Nous passons devant le salon, et apercevons Edward étendu, dos à moi, sur le canapé, recouvert d'un drap blanc. Je ne l'ai jamais vu s'étendre avant aujourd'hui. Probablement pas bon signe.

Je fixe ma limite à l'assistance de Renée lorsqu'elle essaie de m'aider à monter les escalier comme si j'étais invalide.

« Je vais me nettoyer. » lui dis-je, et comme je la vois hésiter, j'ajoute: « Tu viens prendre mon pouls tout à l'heure? »

Après que j'ai rincé le sang de mon bras, je commence à rassembler tous les éléments de mon couchage mutilé. Renée passe la tête à ma porte pour, comme promis, venir voir comment je vais et je chasse tout doute de son esprit quant à la gravité de ma blessure en lui montrant les petits pansements circulaires que j'avais trouvé sous le lavabo.

Nettement séparés, ils me donnent l'air d'avoir été mordue par un vampire.

« Il y avait tellement de sang. » dit-elle. « J'ai du mal à croire qu'il venait tout de là. »

Je hoche la tête parce que le sang fait toujours ça au gens. Faites-les voir rouge, faites-leur croire que quelque chose est pire que çà n'est en réalité.

Lorsque je suis enfin en mesure de la chasser de ma chambre prétextant la fatigue, je reste assise et attends Edward. Je me demande s'il va venir. Je me demande s'il se bat pour garder le contrôle de lui-même. Je me demande si nous allons passer encore une autre nuit séparés à Jacksonville.

S'il ne vient pas à moi, j'irai le trouver.

Une histoire, c'est la seule chose que je puisse lui donner.

Et puis je cligne des yeux, et ma porte se referme contre son dos dans un clic. Nous nous regardons fixement dans les yeux pendant une seconde. Ses yeux sont aussi sombres que les miens.

Il dit: « Comme si ça ne suffisait pas que l'univers se ligue déjà contre toi, il faut que tu ailles te poignarder sous le nez d'un vampire. »

Sa voix est dure, mais je ne parviens pas à déterminer si c'est sous l'effet de la soif ou de la colère. Probablement les deux.

Aussi je garde un ton léger. « J'essayais seulement d'attirer ton attention. Ça a marché? »

« Plutôt. »

« Tu devrais savoir que je me poignarde tout le temps. Crayons, fourchettes, maillets de croquet, il n'y a que l'embarras du choix. Les chances étaient en faveur d'une fourchette à hot-dogs. »

Il ne sourit pas. « Mais bon Dieu, que pensais-tu être en train de faire? »

Son expression est si féroce, et il se tient au dessus de moi, aussi ma voix se fait-elle toute petite.

« Sauver la petite fille...? »

« De quoi? » Sa mâchoire se serre. « Pensais-tu honnêtement que je la prendrais sous les yeux de tous ces gens? »

« Je ne sais pas, tu t'avançais vers elle. »

Edward roule les yeux. « Pour donner à son père un avis médical sur ce qu'il fallait faire. J'ai deux diplômes de médecine; le moins que je puisse faire c'est d'en faire bon usage »

« Oh. »

« Comme tu dis. Oh. Je n'allais pas la toucher. »

« Tes narines palpitaient; qu'étais-je supposée penser? »

« Tu n'étais pas censée penser... Jamais je ne... » Il s'interrompt, à court de mots.

Et puis, « Bella, j'aurais pu te tuer. »

« Pourtant tu ne l'as pas fait. Encore une fois. »

Brusquement, il marche à grand pas jusqu'à ma commode, s'y assoit d'un bon agile, et presse ses paumes sur ses yeux.

« Je ne peux pas continuer à te faire ça. »

« Me faire quoi? Me sauver? »

« Non. Risquer ta vie. »

Je me tais pendant une seconde.

C'est le moment.

« Si je peux te prouver que tu n'a rien fait que me sauver, même dans tes jours les plus sombres, cesseras-tu de te torturer chaque fois que quelque chose de moins idéal m'arrive? »

Il médite là-dessus pendant une seconde.

« Non, probablement pas. » Mais je peux voir le petit sourire qui supplie qu'on le libère. Il aime ça quand je ne me laisse pas faire. Il aime ça quand je me défend. Quand je lui tiens tête.

Avec un petit sourire bien à moi, je tends le bras vers le petit journal relié de cuir qui se trouve en ce moment posé sur ma table de nuit. Le même journal relié de cuir que j'ai tiré d'un carton dans le grenier de Renée. Je vais utiliser ce journal relié de cuir pour lui prouver, une bonne fois pour toutes, que je suis vivante grâce à lui. Afin de lancer son processus de guérison.

J'ai l'impression de n'avoir fait que prendre avec lui. Il m'a aidée à échapper à Forks. Il m'a aidée à guérir ma relation avec ma mère. Il m'a sauvé la vie en de multiples occasions, maintenant, dont une impliquant des roller et des escaliers que j'ai peut-être omis de mentionner plus tôt.

Et, en dépit de la peine immense que cela me causait, il était même prêt à partir pour que je ne sois plus en danger.

C'est au tour de l'assistant d'enfin sortir cette arme secrète et de sauver le héros, pour changer. Comme beaucoup de super-héros, ce dont Edward a besoin plus que tout au monde c'est d'être libéré de sa culpabilité.

La culpabilité est probablement le plus minable simulacre d'émotion qui soit. Si la culpabilité était une personne, elle serait la chétive Mademoiselle Je-sais-tout avec des lunette, des bagues aux dents et le doigt toujours prêt à s'agiter devant votre visage. Contrairement à d'autres émotions –– l'amour, la haine, la peur –– la culpabilité ne vous donne rien en échange. Elle ne fait que prendre. Elle prend votre confiance en vous, votre temps, et la santé de vos relations avec les autres.

Convaincre un vampire âgé de 108 ans qu'il ne devrait pas se sentir coupable d'avoir eu les yeux couleur rubis il y a de cela plusieurs décennies va s'avérer délicat. Mais je suis motivée. Je suis égoïste. Je veux qu'Edward laisse sa culpabilité derrière lui pour qu'il puisse aller de l'avant et m'aimer enfin.

« Quel est ton plus grand regret? » lui demandé-je.

Comme je savais qu'il le ferait, Edward répond « Mes yeux rubis. »

Regardez comme je n'ai même pas besoin de lire dans ses pensées pour connaître sa réponse à l'avance.

« Bien que t'avoir quittée hier soir viendrait juste après en seconde position. »

Mon cœur effectue une petite danse, mais je dois rester concentrée.

Je dis: « tu m'as raconté l'histoire de ta vie. Tu ma parlé des yeux rubis. A présent, laisse-moi te raconter la mienne. »

Je tends le bras et repositionne le journal de Grand-mère dans mon giron.

« Il faut que tu entendes cela. » commencé-je.

Il m'écoute pendant que je lui détaille ma recette personnelle de l'angoisse adolescente.

Ça donne ça: Pour commencer, prenez un père célibataire socialement inapte, et que les exigences croissantes du monde féminin déroutent. Incorporez une mère à tendance TDA [1] qui gagate sur sa fille nouvellement trouvée –– jusqu'à ce qu'elle se lance dans une nouvelle lubie. Ajoutez un petit-ami du nom de Phil qui fait de fréquentes allusions au fait qu'il n'aime pas les enfants. Retirez-moi à coup de tensions toute défense que Renée aurait pu m'apporter. Saupoudrez le tout de mon premier émoi amoureux suscité par un élève de Septième athlétique et bronzé nommé Taylor qui me faisait de grand sourires jusqu'à ce qu'il se rende compte que non, en fait, je n'étais pas amie avec Tanya, le véritable objet de son affection.

Versez tout cela dans le mixeur et appuyez franco sur ce foutu bouton. Vous vous retrouvez avec l'innommable mixture réduite à l'état de pulpe qui me servait de cœur en Sixième.

Le bon côté de cette année-là a été la mère de ma mère, ma Grand-mère. A l'extérieur, c'était une femme dure à la voix rocailleuse. A l'intérieur, c'était un Chamallow fondant qui pouvait vous raconter une histoire comme personne avec la-dite voix.

Lorsque je me sentais particulièrement abattue, Grand-mère me racontait une histoire qui restait en moi pour le reste de ma vie. Cette fois-là j'étais allée lui rendre visite à l'hôpital. Comme moi, elle connaissait bien l'institution.

Cette histoire-là n'avait pas le même timbre que tant des autres qu'elle m'avait racontées. Je ne le savais pas à l'époque, mais c'était la dernière histoire qu'elle me raconterait. Contrairement à ses autres histoires, il n'y avait pas de dragons ou de licornes.

Mais il y avait un super-héros.

Voici ce qu'elle racontait: Gran accompagnait son mari en voyage d'affaire à Chicago. Elle venait de quitter l'hôtel et marchait pour aller le retrouver dans un petit restaurant tout proche lorsqu'elle fut attaquée et menacée d'une arme. Son agresseur la tira dans une ruelle et exigea qu'elle lui donnât son sac.

Lorsqu'elle ne répondit pas assez vite à son goût, il leva son arme sur elle et tira.

Mais la balle ne l'atteignit jamais.

Une forme sombre se posta devant elle et la poussa à terre juste au moment où le coup de feu partait. L'agresseur était parti, et elle ne le revit jamais. La personne sombre qui se tenait devant elle se retourna pour révéler un visage jeune.

Ses traits luisaient dans la lumière du soleil déclinant.

Je dis: « Gran m'a laissé ce journal quand elle est morte un mois plus tard. »

Je dis: « Dedans, elle a écrit ce qui s'est passé ce jour-là à Chicago. »

A côté de moi, Edward reste complètement immobile. Il ne respire pas.

J'ouvre le cuir qui craque et tourne la page que je connais par coeur. « Blanc comme neige, qu'il était, avec des yeux sombres. »

« Je me souviens. » M'interrompit enfin Edward, d'une voix très douce. « Elle sentait un peu comme toi. »

Je continue à lire: « J'ai pu voir la bonté dans son visage lorsqu'il a baissé les yeux vers moi. »

Les yeux d'Edward sont fixés sur le passé. « J'ai pris sa main et l'ai aidée à se relever. »

« Il a dit–– »

« Vous êtes hors de danger à présent. Rentrez chez vous et vivez. » Murmure Edward.

Son regard brillant glisse lentement à la rencontre du mien.

« Elle était enceinte. » dis-je.

« Deux cœurs » confirme-t-il.

« Les battements du cœur de Renée. »

Edward s'élance de la commode. Il commence à marcher de long en large comme un animal en cage devant ma petite fenêtre. Je ne sais pas si c'est parce qu'il est frustré de voir où je veux en venir avec tout çà ou si c'est parce qu'il s'en ait fallu de peu qu'il ne me connaisse jamais.

« Alors, tu vois. » fais-je d'une toute petite voix. « Tu n'es pas un monstre. Tu ma sauvée avant même de me connaître. Je suis vivante... non... j'existe à cause de toi. »

Edward tend brusquement la main dans un rayon de lune. Ses doigts luisent faiblement, leur luminescence seulement une fraction de leur éclat au soleil.

« J'ai sauvé ta Grand-mère en tuant quelqu'un d'autre. » répond-t-il en me grognant pratiquement dessus. « Ca, c'est la peau d'un tueur. »

« Non, c'est la peau de quelqu'un qui a le choix. »

Il n'en croit rien, mais il m'écoute tandis que je lui expose la théorie qui m'est venue après que je l'aie vu au soleil. Et si, posé-je comme hypothèse, les vampire était les têtards et les chenilles du royaume de l'autre monde? Ce sont des êtres en gestation destinés à évoluer en l'un de deux stades possibles:

(1) des sauveurs aux yeux dorés

(2) des destructeurs aux yeux rubis

On a donné des noms à ces deux archétypes. On les appelle des anges et des démons.

Lorsqu'ils sont confrontés à la tentation du sang humain, les vampires ont un choix à faire.

Choisissez la mort, et vous suivez un démon aux yeux rouge et à la queue fourchue jusque dans l'abysse de flammes. Vous passez le reste de l'éternité à vous nourrir des corps et des âmes des humains sans défense.

Choisissez la vie, et vous scintillez au soleil. Vous sauvez les jeunes filles des clôtures de piscines et des fourchettes à hot-dogs. Vous faites des déclarations aux vierges enceintes et pauvres bergers. Vous vous retrouvez même peut-être le gardien de l'absolu, du jardin secret du monde, armé d'une super épée de feu.

Et là, je parle Michel et Gabriel.

Edward est aussi immuable que la pierre tandis que je parle. Il est encadré par la fenêtre, et la lumière de la lune jette une aura autour de lui.

Si seulement il pouvait voir ce que je vois en cet instant.

Je n'ai jamais argumenté mon point de vue de manière aussi animée de ma vie. Je fais de grands gestes avec les mains, et je bondis légèrement sur le lit. Je veux si fort parvenir à l'atteindre et l'amener à moi.

Je dis: « A cause de l'histoire de Grand-mère, j'ai cru toute ma vie en l'existence de quelqu'un comme toi. »

Je dis: « Je suis vivante à cause de toi. J'ai vécu à cause de toi. Les choses que tu as faites pour tes yeux rubis étaient horribles, oui. Mais si tu ne les avais pas faites, nous ne nous serions jamais rencontrés. »

Je deviens très silencieuse et immobile, et Edward se contente longtemps de me regarder comme seuls les vampires sont capables de le faire. Pour la première fois depuis qu'il est entré dans ma chambre cette nuit, il s'assoit sur le lit avec moi. Je prends çà comme un bon signe.

Enfin, il prend une inspiration tremblante et dit: « Carlisle va t'adorer. »

Je cligne des yeux.

Je ne m'attendais pas à ce que çà soit aussi facile.

« Et je ne m'enfuirai plus loin de toi. » dit-il.

« Ou ne me mentiras? »

« Ou ne te mentirai. »

« Même pour mon bien? »

« Même pour ton bien. »

Edward baisse la tête pour regarder ses doigt. Ils tirent sur un fil de ma couverture.

« Je n'ai jamais vraiment voulu que tu restes à Jacksonville. » dit-il d'une voix tranquille.

« Je sais. » Intérieurement, mes entrailles sont aussi chaudes qu'un grill.

« Mais je ne sais pas si je peux me contrôler. »

« Tu le peux. »

« Comment? » demande-t-il dans un soupir.

« Tu en fais le choix. Chaque jour. Chaque seconde, chaque minute, et chaque heure de chaque jour. Tu es plus fort que tu ne le crois. »

Edward reste solennel. « En dépit de ce que tu crois, je ne suis pas parfait. »

« Non, tu n'es pas parfait. » dis-je, même si j'ai pu voir de multiples preuves du contraire. « Mais tu es parfait pour moi. »

Il arrête de tirer sur la couverture pour plutôt mêler ses doigts aux miens.

« Je ne te mérite pas. »

« Tu mérites tout. »

« J'ai fais de mauvaises choses. »

« A présent tu en fais de bonnes. Tu as choisi la vie. » répété-je.

« C'est toi que j'ai choisie. » Dit-il. « Tu es ma vie. »

C'est une déclaration et une promesse et un futur tout à la fois.

Les vampires, je les vois bien s'accoupler pour la vie.


Renée ne cache pas sa déception quand je lui dit que je rentre à Forks avec Edward. Pourtant, curieusement, elle n'est pas surprise. Elle nous a observés, Edward et moi ensemble. Elle connais les signes. Elle sait probablement mieux que moi ce qui est le mieux.

J'amortis le coup en promettant de lui rendre visite plus souvent. Elle ne me le demande pas; je me porte volontaire. C'est comme çà que vous savez que je le pense vraiment.

Tandis qu'Edward charge la voiture, Renée me serre très fort dans ses bras.

« On dirait qu'il se jetterait devant les balles pour toi. » dit-elle.

Je souris parce que d'une certaine manière, il l'a déjà fait.

« C'en est un qu'on garde. » ajoute-t-elle.

Nous nous retournons pour le regarder finir de charger nos sacs.

« Je sais. » dis-je, en m'adressant aux deux.

Edward me souris de son petit sourire en refermant le coffre.

« Et Bella » me dit-elle tandis que je me tourne pour partir. « J'espère que tu fais attention. »

Le petit sourire en coin d'Edward s'empreint de tristesse.

Je dis fermement: « Je n'ai jamais été plus en sécurité de ma vie. »


[1] ADD
Acronyme pour Attention Deficit Disorder : Trouble du Déficit d'Attention (TDA)


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