Chapitre 2 : Le Purgatoire est inutile, les Enfers sont vides : tous les démons sont ici
Revenir sur le navire fut extrêmement rapide, et après avoir très vite débriefé mes sœurs sur la réunion, j'allai m'enfermer dans le solarium du navire. La pièce, de bonne taille, se trouvait au dernier étage du pont le plus élevé à la poupe du navire, elle servait à la fois de verger pour les légumes et autres choses comestibles pour Tais, mais aussi de jardin pour les plantes médicinales de Nymphéa. Le plafond en verre trempé de plusieurs centimètres et quasiment incassable, laissait entrer le soleil dans la salle, créant un espace naturel pour ce petit jardin exotique.
J'aimais être ici, surtout la nuit. On pouvait y admirer les étoiles, allongée dans un lit de fleurs et de verdure, réunissant ainsi les deux seules choses qui pouvaient m'apaiser. Les astres m'avaient toujours passionné depuis mon enfance, elles racontaient des histoires et nous permettaient de retrouver notre chemin. Toujours. Une source inépuisable d'inspiration et un repère éternel. Jamais elles ne pouvaient nous trahir.
M'allongeant alors dans l'herbe, entourée par la flore lénifiante, je respirais. Enfin.
Rapidement rejointe par Lani, qui pourchassait encore Gage, ce dernier prit place sur mon ventre, tandis que le premier, transformé en Lion, s'allongea dernière moi. Je souris malgré moi, leur « jeu » m'amusait. Fut-il chat et Gage la souris, Lani savait parfaitement malgré ses instincts qu'il ne devait pas le toucher. Mais il aimait essayer quand même. D'où sa fausse tranquillité et ses ronronnement bruyants.
Seulement, qui disait notre cher Griffon, disait sa maîtresse : Akemi.
- Tu n'as pas dit grand-chose de la réunion. Dit-elle en s'approchant de moi, me surplombant de son mètre soixante-quinze. Qu'est-ce qu'il s'est passé, hormis ton altercation avec Akainu.
- Doflamingo et … ton père. Cédai-je, sachant que de toute manière elle ne me lâcherait pas tant qu'elle ne le saurait pas.
- Mais encore ?
- Le Démon Céleste m'a … chercher pendant la rencontre. Il veut quelque chose et je n'arrive pas à savoir quoi. Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas ressenti ce malaise … Il a essayé de me soumettre en utilisant son Haki des Rois. Ça a bien failli dégénérer.
- Il t'a dit quelque chose de particulier ? Continua-t-elle avec un frémissement de dégoût quasi imperceptible.
- Il voulait savoir qui j'étais, mon passé, … et il m'a appelé « Lady ».
- Et alors ?
- Seul Law ne m'a jamais donné ce surnom. D'ailleurs, j'ai sentis qu'il y avait un contentieux entre eux. Et du lourd.
- Où veux-tu aller ? Dévia-elle la conversation, méprisant toujours au plus haut point le Pirate.
- J'ai déjà donné mon cap à Xia et Ua, tranquillise toi. Lui assurai-je, non sans voir qu'elle évitait un certain sujet et le fuyait même, littéralement, en s'en allant. Tu n'oublies pas quelque chose ? Ton père m'a parlé, il souhaite te rencontrer.
Sans surprise, ma Seconde évita mon regard et sortit de la pièce sans un mot mais non sans claquer la porte derrière elle.
Comme je l'avais dit : « trop tôt ».
Voilà plusieurs jours que nous naviguions dans la Nouveau-Monde après avoir quitté les eaux du Quartier Général de la Marine.
Cela faisait déjà quelques temps que j'y songeais, j'avais plus qu'envie de voir l'île des hommes-poissons et peut-être au passage, croiser Jinbei. Mais pour cela, il nous fallait le fameux revêtement spécial pour voyager dans les fonds marins. La dernière fois que Xia He me l'avait proposé, souhaitant revoir sa terre natale, j'avais refusé toute forme de négociation et avais préféré un autre chemin pour aller dans le Nouveau-Monde, ne me sentant absolument pas à l'aise à l'idée de circuler sous l'eau. Notre bateau était fait pour voler et flotter, pas pour plonger.
Seulement, après tous ces événements, il était impératif que je retourne dans ma patrie d'adoption. Sur West Blue.
Et pour faire plaisir à notre Sirène préférée, le royaume Ryugu était notre prochaine destination avant le long chemin vers les mers extérieures. Durant la traversée de Red Line par la voie des airs, la dernière fois, le voyage avait été interminable, froid et fatiguant, alors un petit tour par le fond des océans ne serait qu'une formalité. Du moins, je l'espérais.
Il nous suffisait donc maintenant de trouver un bon artisan en revêtement pour le Valhalla et plonger dans les profondeurs abyssales.
- Île en vue ! S'écria soudainement Paloma de son poste de vigie.
Sortant alors de ma cabine, je rejoignis le pont supérieur comme la plupart de mes sœurs. Il était évidemment impossible pour nous de voir la terre en question, Paloma et son Fruit de la Perception surpassaient tous nos sens réunis. Même avec un Haki de l'Observation bien développé comme le mien ou celui d'Akemi, il nous était quasiment impossible de sentir le danger avant notre Guetteuse attitrée. C'était pour cela que nous pouvions lui faire pleinement confiance et que je lui avais confié la vigie.
Un poste qui lui allait comme un gant. Car, outre la raison évidente de son Fruit du Démon, depuis son arrivée sur le navire, Paloma aimait passer du temps seule, occupée avec son ordinateur et tous ses appareils électroniques qu'elle avait en grande majorité fabriqué elle-même. Dans sa cabine ou la vigie, elle pouvait surveiller et travailler, les deux à la fois.
Si dans un premier temps je m'étais inquiétée, j'avais vite pris conscience (aidée de Tais) qu'utiliser son talent pour l'électronique était curatif pour elle. Et puis, elle nous avait facilité la vie à bord, en automatisant et améliorant le navire avec l'aide de Linn, qui avait été plus que ravie de profiter des connaissances de ma vieille camarade. Mais la blessure due à la mort d'un enfant ne se guérissait pas comme ça. L'occuper consistait seulement, pour l'instant, à mettre un pansement sur ses blessures.
Alors que tout le monde avait rejoint sur le pont, nous pûmes enfin apercevoir l'île après plus d'une demi-heure de navigation. Elle était plutôt imposante, et semblait être d'une taille conséquente. J'étais toutefois sûre d'une chose : nous n'avions encore jamais posé pied à terre ici. Sachant d'avance qu'Akemi allait me recommander la prudence, j'ordonnai à Xia He de ralentir notre avancée, pour nous laisser le temps de penser à notre marche à suivre.
- Tu reconnais cette île, Belle ? Demandai-je à l'ancienne Marine, en m'assaillant sur le bastingage.
- Mmh … Réfléchit-elle, en observant l'horizon avec des jumelles. Je dirais sans aucun doute possible, que nous nous dirigeons droit vers Terra Note.
- L'aiguille gauche de mon Log Pose pointe dans sa direction. Mais elle instable. Dit notre Barreuse, le regard rivé sur son équipement au poignet, les sourcils froncés, perplexe.
- Tu penses qu'on pourra y trouver un bon artisan ? Intervint alors ma Seconde, tandis que notre Sniper attitrée lui donnait les jumelles.
- Il est plus difficile de savoir ce que l'on ne peut pas y trouver. On peut tout y faire, tout y dire, tout s'achète et tout se vend. C'est comme un immense marché, le pays des jeux, du vice et de la dépravation. Il est bien entendu, en dehors de toute juridiction du Gouvernement Mondial et de la Marine … Prostitués, jeux d'argents, combats illégaux, … On y trouve tout. Dans l'armée, on surnommait cet endroit : Sin City.
- La ville du péché ? Rit Kai. Cela semble être un endroit très charmant. J'ai hâte !
- S'il n'est pas sous le contrôle du Gouvernement, qui a le contrôle de cet endroit ? Remarquai-je, sachant déjà que je n'allais pas aimer la réponse.
- C'est le fief de Don Quichotte Doflamingo. Me répondit la femme aux longs cheveux bleus bouclés.
- Et merde …
Soupirant, je me fis une raison. De toute manière, le Corsaire m'avait déjà dans son collimateur. Aujourd'hui ou demain, j'allais devoir me confronter à lui. Autant que ce soit pour une bonne raison et là, nous avions cruellement besoin d'un revêtement. Si Belle disait vrai, il était quasiment impossible que nous revenions les mains vides, alors autant en profiter. Et comme l'avait si bien dit Ua, une île qu'on surnommait Sin City, ne pouvait qu'être intéressante.
Donnant l'ordre d'accoster, je me redirigeais vers ma cabine pour achever de me préparer.
J'étais encore dans ma salle de bain à peaufiner ma tenue, quand j'entendis du grabuge sur le pont.
Quand Kai se mettait à hurler ainsi, ce n'était jamais bon signe. Pour les autres, pas pour nous … enfin en général.
Me précipitant dans le couloir de nos quartiers privés, j'attrapai au passage mon trench noir et ma capeline pour achever de me vêtir. Mes escarpins claquaient durement sur le sol, tandis que je gagnai l'extérieur du navire. Je fus plus que surprise de me retrouver face à une immense forteresse noire.
Nous avions atteint l'île ou ce qui ressemblait à une île … Celle-ci ressemblait à une immense muraille de métal et d'un étrange composant d'une noirceur obsidienne.
C'était à la fois saisissant et inquiétant.
- Toi, mon p'tit gars, tu as intérêt de nous laisser passer, sinon je ne réponds plus de rien. Vociférait ma Navigatrice à la proue du navire difficilement retenue par Linn.
M'approchant calmement du reste de mes sœurs, qui regardaient le spectacle d'un air blasé, je fis halte juste derrière la jeune femme à la chevelure écarlate. Pour voir à qui elle s'adressait, il fallait lever la tête, à plusieurs dizaines de mètres de la mer, dans une légère ouverture, des voix d'hommes s'élevaient pour nous refuser l'entrée.
Ne comprenant pas dans un premier temps, je distinguai alors une légère brèche dans leur immense bastion : une porte. Métallique, fortifiée, d'apparence imprenable. Et gigantesque.
D'après ce que nous avait expliqué Harissa, aux vues de ce qu'il se passait à l'intérieur, il était normal qu'une telle sécurité filtre les indésirables à l'extérieur de l'enceinte. En revanche, je ne parvenais pas à comprendre pourquoi ils nous refusaient l'entrée, à nous.
- Je suis Coralie, Capitaine des Walkyries et Shichibukai. Me présentai-je alors, dépassant ma sœur qui était presque aussi rouge de colère que ses cheveux. Je sollicite le droit d'entrer dans cette cité.
- Les ennemis du Roi Doflamingo ne sont pas les bienvenus en ces lieux ! Me rabroua-t-il alors. Passez votre chemin !
- Ce n'est pas très commercial de refuser de potentielles clientes comme ça …
- Vous êtes une Supernovæ ! Le dernier Pirate de votre espèce à avoir passé ces murs a fait du grabuge, nous avons donc ordre de ne plus vous laissez passer ! les femmes de votre espèce ne sont pas les bienvenues !
- Si vous le prenez comme ça … M'énervai-je, en tournant les talons sur mon navire en direction de la barre.
Donnant un violant coup vers la gauche, je fis faire demi-tour au bateau pour m'éloigner. Le gouvernail bien en main, je patientai quelques secondes avant de siffler Lani et ordonner à Xia de prendre ma place.
Enfourchant le Griffon, il fit une très rapide ascension et gagna le ciel en moins de temps qu'il fallait pour le dire. Ce fut là que je compris : Sin City n'était pas une île protégée par cette immense muraille d'acier ... mais la forteresse était la cité. Comme une géante sphère noire qui semblait jaillir d'entre les flots, indomptable et imprenable de plus de trois cent mètres de hauteur, ne pouvant craindre ni les éléments ni les envahisseurs.
Une seule entrée était visible : celle devant laquelle le Valhalla se trouvait un peu plus tôt. Il n'y avait donc pas trente-six façons d'investir cet endroit.
Plongeant en piquée vers où les hommes se tenaient pour nous bloquer l'entrée, je vis rapidement que la petite ouverture par laquelle ils nous parlaient, permettait à peine à être humain de passer. Tandis que Lani se mettait à hauteur, je sautai à l'intérieur en glissant à l'horizontal, ne laissant aucunement le temps aux hommes de réagir. Prient de cour, ils me regardèrent, hébétés, tandis que j'en profitai pour assommer, d'un violent coup de pied circulaire, l'un d'eux qui tenait une sorte de mitrailleuse Gatling.
- Bonjour, messieurs. Leur fis-je alors qu'ils tentaient de se jeter sur moi et que je les achevais un par un. Merci à vous de nous accueillir sur votre île.
Une fois les cinq hommes à terre, agonisant dans de doux bruits de souffrance, je me tournai vers une sorte d'immense panneau de contrôle. Impressionnant, mais rien de sorcier, j'avais l'habitude d'une technologie autrement plus compliquée avec Pala. Mes yeux tombèrent rapidement sur une grande manivelle que j'actionnai. Un grondement retentit en retour, et je sentis des vibrations sous mes pieds.
Regardant par l'ouverture, je vis le Valhalla faire demi-tour et revenir vers la forteresse.
Presque immédiatement après, des bruits se firent entendre derrière moi, provenant de l'intérieur même de la cité. Ne connaissant ni les lieux ni les forces en présences, je me faufilai à nouveau par là où j'étais passée, notant au passage l'épaisseur impressionnante du mur fortifié et non sans avoir détérioré la mitrailleuse d'un coup de poing enduit de Haki.
Je me laissai tomber dans le vide sans hésitation et fus rapidement rattrapée par Lani. Il me déposa directement sur le pont du navire qui franchissait les portes métalliques. Je tachai d'ignorer le regard accusateur de ma Seconde, qui n'avait, comme d'habitude, pas apprécié mon sens de l'improvisation.
Décidant de reprendre les rênes de mon bateau, je vis qu'un petit port était prévu pour amarrer à quai.
La taille du bassin, on ne pouvait pas l'appeler autrement, à l'intérieur était largement suffisante pour accueillir trente à quarante fois notre navire, je n'eus donc besoin d'aucune aide pour manœuvrer le Valhalla. Je n'étais pas Barreuse, mais c'était tout de même moi la Capitaine de ce bateau.
Une secousse nous remua toutes quand les portes derrières nous se refermèrent dans un grand fracas métallique, soulevant l'eau autour de lui et créant de petites vagues qui submergèrent quelque peu les quais du port.
L'intérieur était étonnant. Mais encore une fois, le mot n'était pas le bon qualificatif pour désigner ce qu'il y avait devant nous.
- Je ne m'attendais pas à ça. Souffla Nymphéa, qui m'avait rejointe avec les autres, fascinée elle aussi.
- Linn n'a jamais rien vu d'aussi beau. Fis émue, notre Charpentière.
- Je dois bien avouer que ça vaut le détour. Accorda Tais, qui n'était pourtant pas facilement impressionnable.
- VOUS ! Hurla alors quelqu'un. VOUS ÊTES EN ETAT D'ARRESTATION !
- Tiens, voilà tes nouveaux amis, Kai. Dis-je platement en voyant des hommes armés arriver sur les quais près du navire. Si tu pouvais ne pas trop les amocher pour une fois, j'aimerais bien visiter un peu la ville.
- Dit celle qui a sûrement fait un carnage avec les autres, si tu crois être la seule à pouvoir t'amuser … Mais je vais voir ce que je peux faire. Me répondit-elle, le sourire mauvais, faisant craquer ses doigts.
Il ne fallut que quelques minutes avant qu'elle ne nous hèle de venir.
Comme prévu, quand nous descendîmes toutes du navire pour mettre pied « à terre », notre Navigatrice avait réduit à néant la garnison. Tenant à bout de bras celui qui devait commander la troupe, elle lui intimait de ne prévenir personne de notre présence ici et que s'il arrivait quoi que ce soit à notre bateau, elle le tiendrait personnellement responsable, avant de le lâcher et d'aller le faire rejoindre violemment à terre ses camarades en gémissant de douleur.
Et oui, la diplomatie n'était pas la première qualité de Kai. Ni même la seconde.
Sachant que de toute manière, nous allions être dans le collimateur des dirigeants de cette cité, faire profil bas ne servirait à rien. Les ennuis, nous y étions déjà jusqu'au cou. Je ne voulais cependant pas que nous nous retrouvions piégées dans cette ville fortifiée, même si c'était sûrement déjà le cas. Nous devions faire ce qu'il y avait à faire : trouver un artisan pour le revêtement. Et visiter la ville. Elle m'intriguait bien de trop.
Ainsi, nous nous séparâmes en trois groupes :
Linn, Akemi et Xia He allaient partir, accompagnées de Lani, à la recherche d'une personne pour équiper notre navire.
Tais, Paloma et Harissa garderaient, quant à elles, le navire.
Kai, Nymphéa et moi allions nous, à la découverte de cet endroit.
Chacune ayant sa mission, et pour une fois sans protester, nous nous séparâmes.
Terra Note était véritablement sans commune mesure.
Car après avoir quitté le port et emprunté une espèce d'ascenseur, malgré mes véhémentes réticences, la cité c'était comme ouverte à nous. D'immenses bâtiments s'élevaient face à nous, tous plus impressionnant les uns que les autres, touchant le ciel noir de la forteresse, tandis que des rues qui les traversaient, immenses, étaient surplombées de ponts et de passages entre les gratte-ciels. Le tout du même noir obsidienne que la muraille. Car c'était ça qui caractérisait les lieux : la cité semblait être entièrement taillée dans l'étrange matériau noir.
Sombre et dangereuse. Voilà les adjectifs que j'aurais utilisés pour décrire cet endroit. Son nom de « ville du péché », Sin City, lui allait parfaitement.
En avançant, nous remarquâmes rapidement que contrairement au port où nous avions accosté, les rues étaient très fréquentées, en particulier par les étrangers. Nous nous mêlâmes donc aux visiteurs, nous arrêtant ci et là face aux commerçants qui attiraient notre attention.
Belle n'avait pas menti, on trouvait de tout dans cette ville. Des bijoux, des objets rares, des clubs peu fréquentables, des créatures et plantes exotiques, … Un homme tenta même de nous vendre un Fruit du Démon. D'abord vexée qu'il nous croie si crédules, je fus étrangement surprise de constater, en regardant ledit objet de plus près, que le marchand était loin d'être charlatan.
Et il ne fut pas le seul à nous étonner. L'effervescence de Sin City était prenante. Faire le tour des étales devint rapidement un plaisir et un amusement pour nous.
Un magasin retint l'attention de Nymphéa, spécialisé dans les créatures rares, quand elle tomba sur un serpent d'Amazon Lily. Ressemblant à ceux que nous avions pu observer chez les Kuja, il était d'un bleu pâle presque translucide. Mais son regard était bien différent des reptiles apprivoisés des Pirates : il semblait prêt à mordre tout ce qui se présentait à porter de crocs.
- Depuis notre voyage sur Amazon Lily, je me demandais pourquoi tu n'avais pas de serpent comme arme personnelle, Nini. Lui demanda alors Ua avec son tact habituel, tandis que notre sœur regardait l'animal d'un air à la fois nostalgique et triste.
- Je suis partie de l'île avant que l'on ait pu m'en attribuer un. Lui répondit-elle, refusant l'offre du marchand qui souhaitait lui vendre la bête à « un prix fort raisonnable ». Et cela m'est impossible désormais, à cause de mon Fruit du Démon.
- Ne pas en avoir ne te rends pas moins Kuja. Lui dis-je en regardant une dernière fois le serpent en cage qui tentait d'attaquer férocement le vendeur, comprenant son malaise. Ni même d'être partie. Tu ne ressembles pas à cet animal. Loin de ton île et des tiens, tu as appris à t'épanouir tout en restant ce que tu es au plus profond de toi : une guerrière amazone.
- C'est vrai, Ankh. Me sourit-elle, visiblement rassurée par mes paroles. Et puis, qu'elle intérêt aurais-je eu à devenir archère, alors que nous avons la meilleure de toutes les mers comme Capitaine ?!
Nous riions encore en sortant du magasin pour reprendre notre chemin dans ce marché géant.
Nous restions toutefois sur nos gardes, en particulier quand, au bout d'un temps, nous nous éloignâmes peu à peu du quartier commerçant. Ou du moins, le coin le plus « légale » de la cité.
Les rues étaient passablement désertes et faiblement éclairées, ressemblant à de vrais coupe-gorges. Toute femme saine d'esprit aurait fui un endroit aussi peu avenant. Mais cela serait beaucoup moins marrant pour les femmes Pirates pas très équilibrées que nous étions.
Il était évident cependant, aux regards que l'on nous lançait, que nous n'étions pas les bienvenues. Mais surtout, nous remarquâmes que nous nous détachions notablement du peu autochtones que nous croisâmes.
- Je rêve ou il n'y a que des hommes ? Nous demanda Kai en se retournant vers un homme en costard cravate et au long manteau lugubre qui l'avait regardé d'un air désapprobateur. Je vais me le faire celui-là …
- Reste ici. L'arrêtai-je en la retenant par la ficelle de son haut de maillot de bain. C'est peut-être une coutume locale.
- Et si nous entrions là ? Intervint Nini en désignant du doigt un bâtiment qui ne payait pas de mine, légèrement plus petit que les autres, coincé entre deux gratte-ciels, sur lequel était écrit « Scarface » en lettres d'acier.
Nous étions dans une petite ruelle à la frontière du quartier commerçant et en y regardant de plus près, nous pouvions voir que les rares personnes qui y passaient, semblaient se diriger dans cet endroit. Acquiesçant alors, je tirai ma Navigatrice pour qu'elle nous suive. Rien de mieux qu'un établissement mal famé pour aller à la pêcher aux infos.
Face à l'établissement, nous nous retrouvâmes comme bloquées devant des portes en métal. Encore. Je pris sur moi pour ne pas défoncer ce truc d'un coup de colère en inspirant profondément un instant.
Ce fut finalement Nymphéa qui trouva la solution, appuyant sur une sorte de petit bloc de fer qui se démarquait en comparaison à l'élément noir, lisse et uniforme qui constituait le bâtiment. Les portes s'ouvrirent lentement, laissant place à un endroit bondé, envahi par de la fumée et faiblement éclairé.
Si les clients ne semblaient guère différents des hommes que nous avions l'habitude de voir, ils étaient toutefois tous habillés de complets sombres et légèrement sinistres.
À côté d'eux, mes sœurs et moi ne pouvions pas passer inaperçues.
Entre Nymphéa et ses tenues au style très Baby Doll, qui portait pour l'occasion une robe courte et évasée blanche à la dentelle et finissions bleu marine s'accordant parfaitement à son ras-le-cou où brillait un lapis-lazuli ainsi que ses compensés et sa petite cape. Et Ua qui n'était vêtue seulement que d'un bikini corail et d'un paréo assortit, le tout accompagné de tongs (pour une fois qu'elle mettait des chaussures) et d'une couronne de fleurs orangés sur la tête. Oui … nous détonnions dans le paysage.
Et encore, moi et mon pantalon carrot noir et mon chemisier blanc sans manches rehausser d'un nœud lâche, de la même couleur que ma capeline et mes escarpins, sans oublier mon trench noir, j'aurais pu me fondre dans le décor … Enfin ça, ça aurait été le cas si seulement nous n'avions été pas les seules femmes.
Car à peine nous étions entrées, que le silence se fit dans l'espèce de bar dans lequel nous avions, semble-t-il, eu le malheur de pénétrer. Charmant accueil.
Faisant abstractions des regards et de la fumée de cigare et de cigarettes, je m'avançai jusqu'au comptoir au fond de l'établissement, avant de m'y asseoir. Mes sœurs m'imitèrent, gardant à œil les individus autour de nous, méfiantes.
Le barman nous ignora un moment, essuyant des verres juste en face de moi, sans même prendre la peine de lever les yeux vers nous. Loin d'être offusquée, et même plutôt amusée par leur comportement, je ne perdis pas patience et attendis gentiment d'avoir toute son attention. Attention qu'il me donna enfin au bout de quelques minutes.
Malgré le fait qu'il avait les cheveux grisonnant et une énorme cicatrice en travers du visage, d'où peut-être le nom du bar, l'homme dégageait nettement quelque chose.
Je délibérais encore sur son degré de dangerosité potentielle à mon encontre et celles mes sœurs.
- Que puis-je faire pour vous, Signorina. Me demanda-t-il me jaugent de son regard perçant.
- J'aimerais savoir qui est le boss dans cette ville ? Fis-je alors sans détours, attendant leurs réactions.
- Il Capo ? Rit-il en retour ainsi que de nombreux autres clients, de manière forcée et peu encline à la plaisanterie. C'est il Re Don Quichotte Doflamingo.
- Alors qui est son larbin ?
- Pourquoi tu poses toutes ces questions, bambina ?
- Pourquoi tu n'y réponds pas ?
- Je n'ai aucun compte à te rendre, Signorina. Pas même à toi. Ajouta-t-il en me désignant du menton un tableau de primes, derrière moi, où la mienne trônait fièrement entre celle du Chapeau de Paille et d'Eustass Captain Kid.
- Ua. Prononçai-je alors simplement en apercevant un homme en train de parler à un escargophone.
Ne perdant pas une minute, la jeune femme à la chevelure rouge se précipita sur sa cible et avant même qu'il est eu le temps de comprendre, elle lui écrasa (ou plutôt explosa) la figure contre la table en métal à laquelle il était installé. Puis le relevant, le nez, la lèvre et l'arcade en sang, elle le traîna par la peau du cou jusqu'à nous, l'asseyant au comptoir là où elle était un peu avant à mes côtés. Elle le tint la tête contre le bar, le visage tourné vers nous, le maitrisant avec une clé de bras dans le dos qui le faisait geindre bruyamment.
De sa main libre, Kai me tendit ensuite l'Escargophone que le garçon (je ne pouvais décemment dire homme devant un enfant à peine pubère) utilisait un peu plus tôt. Il était encore décroché. Avec un sourire malsain, je m'emparai du combiné.
- Allô ? Fis-je.
- Tommy ? Cosa sta succedendo ? Dit l'autre homme au bout du fil.
- Tommy est occupé pour le moment. Répondis-je, le ton faussement calme, faisant sourire ma Navigatrice.
- T'es qui ?
- Les règles de civilités imposent que l'on se présente en premier, mais tant pis. Je suis Coralie, Capitaine des Walkyries et Grand Corsaire. Je veux parler à ton chef.
- C'est moi le boss. Affirma-t-il, me faisant rire, de même que le barman qui gloussait presque dans sa moustache en me servant un verre de vin, mon alcool favori, sans que je le lui demande.
- Mon chou, si tu connais un minimum ma réputation, tu sais qu'il n'est pas recommandé de mentir. Tu tiens à tes bijoux de famille ? Je veux il capo. Trouve le moi. Terminai-je en raccrochant.
Devant cette scène, le pauvre Tommy avait les yeux écarquillé et semblait ne même plus pouvoir parler. Il était jeune et stupide, il n'avait fait que ce qu'on lui avait demandé. Et visiblement, les gens du coin ne rigolaient pas avec l'autorité. « Marche ou crève ». Dans un endroit qu'on appelait Sin City, qui plus est sous le fief d'un homme comme Don Quichotte Doflamingo, il était évident que la ville ne pouvait pas être véritablement paisible.
Ainsi, ayant pitié de ce pauvre bougre qui avait déjà été assez torturé par Kai, je demandai à ma sœur de le relâcher pour qu'il aille « faire soigner ses bobos par sa maman ».
- Tommy n'est pas un méchant ragazzo. Intervint alors le barman et patron de l'établissement, approuvant mon geste d'un signe de tête, tout en resservant une nouvelle fois notre Médecin de bord qui en était à son troisième verre d'alcool. Il a juste fait de mauvais choix.
- On en fait tous. Lâchai-je en sirotant ma boisson, du vin blanc comme je l'aimais. Dois-je m'attendre à avoir des soucis ?
- Les femmes dans ton genre sont mal vues par la malavita locale, Signorina Coralie. D'autant plus que tu es une Supernovæ et une Shichibukai : une ennemie du Roi. Alors sache ceci : DiCicco, il capo, è un cane. Cracha-t-il alors. Il fait appliquer ses propres lois mais ne les respecte pas lui-même. Nous ne sommes plus libre de rien et désormais à la solde de ce Pirata.
- Ce n'était pas comme ça avant l'arrivée de Doflamingo ? Demanda Kai, légèrement occupée à foudroyer des yeux un homme au comptoir qui lui faisait les yeux doux.
- Pas de mon temps, non.
Le ton dur qu'il avait employé faisait clairement signifier qu'il regrettait cette époque et qu'il en voulait particulièrement à ce DiCicco.
Le barman, et sans aucun doute le patron, avait l'air d'être un homme droit et juste. Il avait du sang sur les mains, je le sentais, ce n'était pas un tendre ou un sentimental, mais pas non plus une vulgaire crapule comme j'avais pu tant en voir. Il me plaisait bien. Buvant alors tranquillement mon vin, Kai sa bière et Nymphéa une boisson inconnu à l'étrange couleur verte, nous discutâmes tranquillement avec les autres clients qui s'étaient largement détendus en notre présence.
Si je les avais crus tout d'abord misogynes et prétentieux, ils étaient … quelque part entre les deux. Leur attitude envers nous n'était pas offensante, mais elle n'était clairement pas flatteuse non plus. L'un avait failli mourir en manquant d'avaler son cigare, après avoir touché malencontreusement l'épaule de Kai. Le barman avait mis le holà en nous décrétant « invitées particulières », nous rendant intouchables par sa clientèle. Au sens propre comme au figuré.
Vu comment les autres hommes lui obéissaient, il était clair que cet homme n'était pas n'importe qui dans la chaîne alimentaire de cette cité.
L'attente fut longue, avant que mon précédent correspondant ne daigne agir. Deux bonnes heures étaient passées avant qu'il n'y ait du mouvement. Je pensais qui n'y aurait qu'un simple coup de fil, mais sentant visiblement le danger, le big boss du coin m'avait fait l'honneur de m'envoyer ses sbires pour directement venir me chercher.
L'entrée de ces derniers fut fracassante. Ils ne pénétrèrent pas dans le bar à notre instar par la porte (comme il serait normal de le faire) mais par l'arrière-boutique de l'établissement. Armés jusqu'aux dents d'armes à feu de pointes et au nombre de cinq, ils se voulaient menaçant avec leurs borsalinos (rire!) et leur trenchs longs et noirs. Je les aurais peut-être pris au sérieux si, malgré cette fausse apparence menaçante, les autres hommes du bar n'avaient pas repris leur conversations comme si de rien n'était, les ignorant superbement à l'instar du patron.
L'un des larbins fronça les sourcils devant cette attitude désinvolte que ne lui plut guère, et s'approcha de moi, la main sur son holster. Stupide et arrogant, mais tout de même prudent. Je ne sus s'il me craignait, à juste titre, et ne prenait pas de risque, ou bien, et c'était tout aussi probable, il tentait inutilement de m'intimider.
- Signorina Coralie ? Fit-il dans mon dos, alors que je ne m'étais pas détournée une seconde et sirotais tranquillement mon verre, jetant juste un coup d'œil à son reflet dans le miroir derrière le comptoir. Vous devez me suivre.
- S'attend-il vraiment à ce que j'obtempère comme un gentil chiot ? Demandai-je alors au barman, faisant rire mes sœurs et le bar tout entier.
- Oh oui, mia cara. Me répondit-il en souriant. C'est comme ça que s'est censé marcher ici. C'est la legge. L'homme ordonne, la femme exécute.
- Tappati la bocca, Tony ! Cracha le larbin. Ou tu auras à faire à DiCicco … encore ! Plis toi donc aux ordres comme ton fils. Ton époque est révolue, avolo.
- …
- Et tu es qui toi au juste ? L'interrogeai-je en me retournant complètement sur mon tabouret pour le regarder dans les yeux.
- Vito, Tenente del Capo de cette cité. Targua-t-il alors en levant son menton barbu, me jetant un regard hautain. Je suis venue te chercher, Shichibukai. Acheva-t-il en m'empoignant le bras.
La réaction de mes sœurs fut immédiate : se redressant d'un seul coup, elles regardèrent l'homme d'un œil mauvais, prêtes à l'achever au moindre signe d'hostilité ou sur mon ordre.
Faisant fi de cet imbécile de Vito, je m'emparai de mon verre et le terminai. Un si grand cru, cela aurait été un blasphème que de le laisser. Mais le « lieutenant » ne sembla guère apprécier ma désinvolture et mon manque d'intérêt, aussi s'amusa-t-il à resserrer sa prise et de braquer son revolver sur moi.
Si je vis les clients autour de nous se raidirent soudainement, sans pour autant esquisser un geste, le barman lui, ne semblait pas inquiet et continuait à essuyer ses verres tranquillement en nous regardant.
- Ah … Soufflai-je en regardant le pistolet pointé vers moi. Je n'aime pas les armes à feu. Vulgaires et trop bruyantes. Entre les mains de n'importe qui, elles peuvent faire des ravages, mais contre certains, elles sont parfaitement inutiles …
Pour étayer ma théorie, je lui écartai brusquement le bras pour éloigner le canon de mon visage, avant de tordre violemment l'autre qui me retenait. Tout se passa moins de quelques secondes, et le gentil Lieutenant se retrouva brutalement au sol, dans l'incapacité de bouger. Assise sur son torse en lui enserrant la mâchoire de mes doigts, je lui montrai clairement qui de nous deux était le plus fort. J'avais bien évidement parfaitement conscience, qu'ainsi, l'humiliation n'en serait que plus grande.
- Je vais te suivre seulement … Commençai-je en jetant un rapide coup d'œil à mes sœurs qui comprirent le message et s'avancèrent vers les autres larbins, menaçantes, avant de me pencher et faire face à Vito de très très près. Ne me reparles plus jamais sur ce ton, si tu veux rester entièrement homme. Je suis peut-être une femme, mais je suis avant tout une Pirate : la cruauté se passe de genre. C'est clair ?
Après avoir salué le patron du bar, Anthony de son petit nom, en lui demandant de me mettre de côté une bouteille ou deux de son cru, nous avions suivis Vito et ses hommes (qui nous regardaient comme la souris regarde le chat, apeurés et distants) en passant par l'arrière de l'établissement.
À ma grande horreur, ils nous conduisirent vers un escalier qui nous mena à des tunnels souterrains. Je dus faire un énorme effort pour ne pas hésiter et montrer mon angoisse qui grandissait à chaque pas que nous faisions dans ces espaces clos. Heureusement, les longs couloirs que nous empruntâmes, étaient plutôt larges et spacieux. Mais le matériau noir dans lequel était forgée la cité me laissait un sentiment de malaise et ma claustrophobie ne faisait qu'accroître mon anxiété.
Je m'étais alors plutôt concentrée sur le chemin que nous empruntions, retenant chacun des passages que nous prenions, pour revenir d'où nous venions en cas de besoin. Car je n'avais ni confiance en Vito, ni en cet homme qui léchait les bottes de Doflamingo pour diriger cette endroit. Il me tardait de le voir, peut-être que finalement cette balade dans la ville ne serait pas dénuée d'intérêt.
J'avais peut-être un plan pour nous sortir de là.
- C'est encore loin ? S'impatienta ma Navigatrice en grognant. Et où est-ce qu'on va d'abord ?
- Nous sommes bientôt arrivés à la Divina Commedia. Répondit Vito avec une voix légèrement nasale, sûrement dû au fait que je lui avais cassé le nez pour m'avoir donné un ordre.
- Mais encore ? Demanda cette fois-ci Nini devant le silence de notre guide.
Mais ce dernier ne nous en dit pas davantage, exaspérant au plus haut point mes compagnes. Je devais bien avouer que moi aussi je commençais à perdre patience, mais alors que j'allais passer à un discours plus « frappant », des bruits et des cris me parvinrent comme un écho.
Bifurquant une nouvelle fois, nous passâmes une espèce de point de contrôle, puis un deuxième et enfin un troisième. Au moins on pouvait dire qu'à défaut d'être un véritable con, le maître des lieux était loin d'être idiot. Mais cette sécurité renforcée et exagérée ne laissait rien de bon à présager pour nous.
Nous allions avoir le droit à un grand paranoïaque narcissique et sûrement un peu psychopathe sur les bords … tient ça faisait longtemps que j'en avais pas croisé un comme ça.
Au moins sur le côté psychopathe nous allions peut-être nous entendre.
Les hurlements se firent de plus en plus audibles au fur et à mesure de l'ascension de l'ascenseur que nous avions emprunté, au point que les murs semblaient vibrer autour de nous de la clameur d'une foule en délire. D'instinct, je sentais que je n'allais pas aimer ce que j'allais voir.
Une fois arrivés, des gardes nous ouvrirent une grande porte en voyant Vito, et nous jetèrent des regards emprunts d'une suffisance qui me fit presque bouillir de rage. Leurs attitudes condescendantes et considérablement insultantes s'étaient succédé, et ma patience était parvenue à sa limite. Mais l'heure n'était pas encore aux combats et aux règlements de comptes. Car à peine nous pénétrâmes dans la salle, que mon mauvais pressentiment se vérifia.
Des fois je détestais avoir raison.
- Une arène. Fis-je alors en m'approchant de la vitre (épaisse et sans doute blindée) qui séparait la pièce du reste d'un gradin qui faisait cercle autour d'un terrain de combat.
- La Divina Commedia vous plaît-elle, Signorina Coralie ? Demanda alors une voix doucereuse.
