Merci pour vos reviews !! Et pour répondre à une question qui est venue plusieurs fois : Oui, j'ai vu « Latter Days », surtout parce qu'il y avait Jacqueline Bisset dedans, et non je ne m'en suis pas inspirée, le fait que John soit mormon fait partie de la Genèse de l'idée de cette fic. Et hop, on entre dans la troisième phase de la fic, attachez vos ceintures, gardez vos bras et jambes à l'intérieur du véhicule et euh…haem. Parviendrai-je à rendre John sympathique à vos yeux ? (Pourquoi je n'arrive pas à vous faire aimer John, hein?) Comment va se finir cette histoire ? Carson va-t-il devenir Dark-Vador ? Vous le saurez (ou pas) dans cette dernière partie ! Bonne lecture !

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Période mars/juin…Carson

« Je ne m'étais jamais sentit aussi coupable. Cette bagarre idiote…c'était à cause de moi, j'en étais sur. Soudain, il me prenait une envie irrépressible de pleurer. Pourquoi fallait-il qu'on perde tout dans cette histoire ? Mon amitié avec Carson, l'espèce d'allégresse des premières semaines avec Sheppard, leur histoire à eux aussi… Et pourquoi faisaient-ils ça pour moi, hein ? Je ne suis pas un héros, je ne suis pas beau, je ne suis pas avenant et poli, je suis juste un géni sentimentalement inadapté, pourquoi fallait-il que mon meilleur ami et mon coéquipier s'entichent de moi ?

Bien sur c'était réciproque. Même pour Carson. Il fallait que je cesse d'ignorer mes sentiments pour lui, ça ne servait à rien. Maintenant John était au courant, et il fallait que j'arrête de me voiler la face pour nous protéger. La vérité, c'était que je n'aurais jamais supporté de perdre l'un ou l'autre, que je ne préférais pas l'un à l'autre. Je les aimais tout les deux, et j'aurais voulu que tout s'arrête à cause de ça, j'aurais voulu redevenir le chef scientifique de la magnifique cité des anciens, rien de plus.

Mais je ne pouvais pas, parce que cette bagarre m'avait montré que je n'étais pas le seul impliqué dans cette histoire. Je me voyais comme faible, mais ces deux hommes étaient aussi faibles que moi. Ils avaient besoin de moi comme j'avais besoin d'eux, ils n'avaient rien demandé non plus.

D'accord, je leur en voulais de s'être battu. Mais quelque part, j'avais ainsi la preuve qu'ils tenaient à moi. D'un autre coté, je détestait me sentir comme la princesse qui assiste à un duel entre ses deux prétendants qui déterminerai lequel aura le privilège de l'épouser. Je ne voulais pas ça pour eux, je ne voulais pas en laisser un sur le carreau, mais je savais très bien que je ne pourrai pas les garder tous les deux.

Mais pourquoi ? POURQUOI ? J'avais envie de hurler, j'avais envie de taper convulsivement contre les murs, j'avais envie qu'ils me serrent dans leurs bras. Je ne m'imaginais pas sans l'un ou sans l'autre, je ne pouvais pas !

J'eu soudain une révélation : j'avais laissé tomber Carson. Mon meilleur ami, celui que j'aimais aussi, je l'avais évincé de ma vie parce que j'avais peur de ce que je ressentait pour lui. Je l'avais fait pour protéger notre couple à Sheppard et à moi, mais je venais de m'apercevoir que tout ça, toutes ces tentatives de cloisonnement, ça ne marcherais jamais. Beckett avait toujours été là pour moi, et moi je l'avais laissé tomber. Il fallait que Carson me pardonne, il fallait que je renoue contact avec lui. C'était lui le perdant dans cette histoire. J'avais John, lui n'avait plus rien. C'était mon ange, j'avais besoin de lui et j'osais espérer qu'il avait aussi besoin de moi.

Je devais lui parler. Maintenant. »

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Carson se tenait devant le miroir de la petite salle de bain, de gros pansements sur le haut de la lèvre, le nez, l'arcade sourcilière et la joue gauche, tentant d'arrêter les saignements provoqués par son nez cassé. Il s'était tant bien que mal nettoyé le visage, qui se découvrait maintenant assorti de quelques bleus. Il n'arrivait pas à s'arrêter de pleurer, ce qui n'améliorait pas ses tentatives de stoppage de saignement de nez.

L'écossais poussa un soupir d'exaspération et sécha ses larmes d'un revers de main quand il entendit la porte s'ouvrir.

« Sortez s'il vous plait, je suis pas d'humeur… »

« C'est moi Carson. »

Le médecin réprima un frisson en entendant la voix de Rodney et se tourna vers lui.

« Quoi ? Tu es venu me dire que je suis ridicule de m'être battu avec ton petit copain par pur accès de jalousie ? J'en suis conscient Rodney, merci. »

L'astrophysicien ne dit rien, absorbé par la contemplation de ses pantoufles. Il fut un peu surpris quand son ami appuya ses poings contre le mur, prêt à pleurer, visiblement au bord de la crise de nerfs.

« Je suis désolé Rodney mais là c'est vraiment trop je… »

Ne pouvant plus se retenir, Beckett éclata en sanglots, donnant l'envie à Rodney de l'enlacer pour le consoler.

« J'en peux plus. Bien sur, tu vas me dire que je suis…que je suis encore en train de pleurer, de toute façon c'est bien connu, le Docteur Beckett pleure pour un rien… »

Ola, il se mettait à divaguer le Carson… La crise de nerfs n'était définitivement pas loin.

« Ca n'a plus d'importance tu vas me dire. Ca sera bientôt finit tout ça de toute façon… »

« Quoi ? »

McKay eut soudainement peur. Cet Highlander de malheur n'avait pas d'envies suicidaires au moins ?

« Je viens de me battre avec un patient blessé, et qui plus est pendant mon service ! Qu'est ce que tu crois qu'Elizabeth va me dire ? Je vais être viré Rodney ! »

La réalité se manifesta en Rodney comme si une enclume lui était tombée sur l'estomac. Carson, qui devrai quitter Atlantis ? Mais c'était absurde, Atlantis c'était Carson, Atlantis n'était rien sans lui ! Il faisait partie du paysage…

En attendant, la plante verte en question sanglotait doucement, le front appuyé contre le mur, des morceaux de coton dans les narines.

« Excuse moi. »

Et le médecin n'eut pas le temps d'encaisser la phrase que son ami avait déjà posé la main sur son épaule, l'avait pris dans ses bras et serré très fort. Un soupir d'exclamation sortit de sa bouche avant qu'il ne réponde à l'étreinte de son ami.

Une vague de chaleur humaine et d'amour submergea l'écossais quand il sentit le cœur de Rodney battre à l'opposé du sien, à droite, si proche qu'il avait l'impression de disposer d'un deuxième cœur dans la poitrine. Il resserra ses bras autours du torse de McKay, qui maintenant lui caressait tendrement le dos et les cheveux de sa main. L'autre main du scientifique, qui pendait le long de son corps, chercha la main gauche de Carson et entrelaça ses doigts dans les siens.

Ca y était, ils ne pouvaient presque plus bouger, emmêlés l'un dans l'autre. Beckett sentit les lèvres de son ami glisser de son t-shirt vers la jointure du cou et de l'épaule, là où le tissu découvrait la peau. Sans embrasser son épiderme, il y avait juste contact, et ce simple contact lui donnait des frissons dans le dos.

« J'aurai toujours besoin de toi Carson. Quoi qu'il arrive. »

« Je t'aime. »

« Je sais… »

Rodney se mit à le bercer doucement, avec tendresse, comme pour arrêter le temps, comme pour ôter des épaules de son ami tout ce qui s'y était accumulé, comme pour le faire régresser au stade d'un enfant, insouciant, loin de toute responsabilité.

Le canadien ressentit une sensation bizarre, une espèce de sensation de contrôle, peut être due au fait que Carson était complètement abandonné dans ses bras. C'était grisant, un peu angoissant mais ça donnait vraiment une envie de protéger au-delà de toute limite.

« Rodney, si je quitte Atlantis je… »

« Vous ne quitterez pas Atlantis John et toi, j'en fais mon affaire. »

« Ca ne te concerne pas. »

« Vous êtes les deux personnes que j'aime le plus au monde avec ma sœur, bien sur que ça me concerne. »

Ils sursautèrent tous deux quand ils entendirent la porte de la petite salle de bain qui coulissait, laissant apparaître Sheppard.

Mais Rodney ne se sépara pas de Carson, à la grande surprise de ce dernier. Au contraire, il tendit la main pour attraper celle de John et l'attirer contre lui.

« Si vous voulez rester sur Atlantis, il va falloir qu'on se serre les coudes. Oubliez votre dispute, il va falloir dire la vérité à Elizabeth. »

« Est-ce que tu sais au moins ce que tu veux Rodney ? »

La voix de John était inquiète, et elle avait raison de l'être.

« Je sais que je vous veux tous les deux, j'ai besoin de vous deux. Je ne sais pas si ça va être possible, mais… »

« Mais est ce que tu veux vraiment qu'on se dise toute la vérité ? »

Le scientifique hésita un instant. Et si ce qu'il allait entendre allait le décevoir ? Et si ça gâchait tout ? De toute façon, la vérité la plus dure était meilleure que le mensonge, non ? En tout cas c'est ce qu'on lui avait appris.

« Oui. »

Le militaire baissa la tête un instant avant de planter ses yeux dans ceux de Rodney.

« Je suis mal à l'aise dans ma relation avec les hommes de par mon éducation religieuse. Voilà, tu le sais. »

McKay fronça les sourcils.

« Quelle éducation religieuse ? »

« Mes parents sont mormons. Et ils ont tout fait pour que je le sois moi aussi… »

Le canadien sembla assimiler l'information quelques secondes, puis releva la tête.

« John, j'aime Carson. Je t'aime aussi. Je ne supporterais pas que tu me demandes de choisir, je te le dis tout de suite. »

« Je sais. Tu n'as rien d'autre à me dire ? »

John reçut le regard interrogatif de Rodney en plein cœur. Comment avait-il pu oublier de lui dire ça ?

« Tu as connu beaucoup d'hommes et de femmes avant moi ? »

Rodney fusilla Carson du regard, soudain mal à l'aise.

« Tu lui as dit ? »

« Désolé, j'ai gaffé. Mais tu aurais du lui dire dés le début si tu veux mon avis… »

« Oui, mais justement, j'en veux pas. »

Exaspéré, Sheppard posa la main sur l'épaule de son compagnon et le força à se tourner vers lui.

« Ca te dérangerai de t'adresser à moi ? »

« Je suis désolé. »

Le militaire soupira bruyamment tout en levant les yeux au ciel. Non, sans blagues, il était désolé…

« J'aurais du te dire que j'étais…enfin que je n'avais jamais… »

Honteux, Rodney baissa la tête et se perdit dans la contemplation du carrelage en se mordant la lèvre inférieure.

« Mais tu comprends, par rapport à toi qui multiplie les conquêtes, ça me semblait tellement ridicule… J'avais peur que tu arrêtes tout, ou pire que tu te moques de moi. »

« Le fait que tu ne m'en parles pas, ça montre bien que tu n'avais pas confiance en moi… »

« Maintenant j'ai confiance en toi, je te jures John ! Je t'ai juste caché ça par orgueil, c'est tout… »

«Non, mais franchement dans le genre je-veux-disparaître-sous-terre-pour-ne-jamais-en-ressortir, je battais des records ! Qu'est ce qu'ils voulaient ces deux zigotos, hein ? Prendre un mégaphone et hurler au tout Atlantis que je n'avais presque aucune expérience en ce qui concernait le sexe ? Ne se rendaient-ils donc pas compte à quel point c'est gênant ?

Déjà, la situation était compliquée et désagréable. Je ne savais pas ce qui retenait Carson d'étriper John et vice-versa, et en plus ceux cis me demandaient des comptes !

D'accord, j'avais peut être un ego relativement surdimensionné. Mais fallait pas me faire croire que parler ouvertement de mes petits problèmes intimes devrait être une action me passant par-dessus la jambe ?!? J'avais quand même un minimum de pudeur !

Et puis j'espérais que John allait me pardonner. La cerise sur le gâteau aurait été qu'il me plaque tiens ! J'avais besoin de lui, et je venais d'honteusement le lui avouer.

Quant à Carson, il ne semblait pas conscient du potentiel humiliant de sa gaffe, et assistait à la discussion comme s'il s'était agi d'un match de tennis de table. Ces types risquaient de perdre leur boulot dans moins de quelques heures, et tout ce qui les intéressait c'était de parler de ma virginité ! J'étais à deux doigts de préférer les voir se battre pour moi plutôt que de s'intéresser à l'état de ma vertu…

Voyant que John arborait toujours une mine boudeuse, je l'enlaçait et apposait mon front sur le sien afin de l'apaiser. Je l'embrassait doucement, avait de me diriger vers Carson et de l'embrasser à son tour, tenant délicatement son visage barré de sparadrap au creux de mes paumes. Je laissais un instant ses larmes chatouiller mes mains, avant d'essuyer ses joues du bout de mes doigts, tout en forçant le passage de ses lèvres avec ma langue. Il sentait l'eau de toilette et quelque chose rappelant le lait hydratant pour bébé, et je laissais avec délectation traîner ma lèvre inférieure contre sa peau salée, couverte d'une barbe naissante et d'un voile de sueur et de larmes. C'était tellement bon que j'en aurais presque oublié la présence de John. Mais son regard sur nous me rassurait, et tout en entendant mon ange gémir sous mes caresses je commençais à songer que, peut être, nous trois ça n'était pas si difficile que ça à imaginer.

C'était avant que je ne capte l'expression de Sheppard, emprunte à la fois de douleur et de déception. J'essayais de ne pas y prêter trop d'importance. La saveur de Carson m'avait manqué.»

N'y tenant plus, le militaire détourna les yeux. Il avait beau être quelqu'un de tolérant, d'ouvert voire même de libertin, il ne pouvait pas se résoudre à regarder l'homme qu'il aimait en embrasser un autre, un autre qu'il avait un jour un tout petit peu aimé.

C'était comme si son monde venait d'exploser, comme si son propre cœur venait de le trahir.

Rodney se sépara progressivement de l'écossais, celui-ci revenant souvent à la charge en reposant ses lèvres sur les siennes. Il embrassa tendrement son front, qui semblait être la seule partie de son visage ne souffrant pas de contusions.

« Je t'aime, mon ange… »

« Tu tombes dans le sentimentalisme Rodney. »

Le commentaire de John fit rire McKay, occupé à contempler le visage comblé de Carson Beckett.

« Et si tu penses que j'approuve cet espèce de vas et viens incessant… »

« Tu peux l'embrasser aussi John, je n'y vois aucun inconvénient. »

L'américain leva les yeux au ciel, exaspéré.

« Je viens de lui casser le nez Rodney, je vais pas l'embrasser maintenant, on est pas dans un film là ! »

« En général dans les films, il n'y a pas de relations à trois… »

« Ne vas pas trop vite, c'est une relation à deux plus deux, si t'es inconstant c'est pas de ma faute. »

« Inconstant ? Moi ?!? »

« Hello, je suis toujours dans cette pièce ! »

Le médecin semblait être redescendu de son petit nuage, et considérait les deux hommes avec amusement. Amants ou pas, ils ne pouvaient pas s'empêcher de se disputer… Quelque part, leur relation amoureuse avait réparé le dommage que l'accident de Doranda avait causé à leur amitié. Beckett était convaincu qu'on pouvait être ami avec un amant, et vice versa. Il aimait Rodney à la fois comme un ami et comme un amant, et l'astrophysicien semblait aimer les deux hommes de la même façon. C'était rassurant, mais aussi un peu effrayant : McKay tombait-il forcément amoureux de tous ses amis ? L'image de Zelenka traversa l'esprit de l'écossais. Ils ne se le seraient jamais avoués, mais les deux scientifiques s'estimaient beaucoup. Et ce sans aucune ambiguïté –Carson l'espérait, sinon ça aurait été la porte ouverte à ce qu'Atlantis devienne le harem attitré du Docteur Rodney McKay !

« Excuse nous Carson. »

« Merci. Ensuite, je suis d'accord avec Sheppard, je trouve pas que ce soit l'idée du siècle de nous mettre en couple sans même nous avoir consulté…Attendez, on dit quand même couple quand on parle de trois personnes ? »

Le colonel haussa les épaules, et McKay soupira bruyamment.

« D'accord, on va faire un vote à main levée… Je suis pour le fait qu'on se mette à trois…ensemble…euh, sentimentalement et sexuellement parlant.»

« Je suis contre. »

« Contre…et en plus je trouve cette idée de vote complètement révoltante, on parle pas d'une loi pour la construction d'autoroutes là ! »

John pouffa de rire et le scientifique posa la main sur l'épaule de Beckett.

« Comment tu voulais qu'on fasse, hein ? »

« C'est le principe. Imagine si John avait été pour, et bien quoi, je n'aurais eu qu'à vous obéir ? »

« Bien sur que non… Mais j'avoue, j'aurais pensé avoir emporté la voix de John. Après tout, vous êtes déjà sortit ensemble, et son grand-père avait logiquement plusieurs femmes… »

« Le veinard. »

Le ton plein de regrets du militaire fit sourire son amant, tandis que Carson virait cramoisis, visiblement outré.

« Mais c'est quoi cette manie constante de me comparer à une femme ? J'ai l'air d'un transsexuel ou quoi ?!? »

« Je ne répondrait pas à cette question… »

« Tu es l'écossais le plus viril que j'ai jamais rencontré Carson, John est juste en train de te taquiner. »

C'est à ce moment qu'un infirmier entra dans la petite salle de bain, l'air visiblement embêté.

Avec multiples précautions et politesses d'usages à l'égard de son supérieur, il demanda aux trois hommes de se rendre promptement dans le bureau de Weir, qui venait de les appeler.

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John, Rodney, Carson. Tous les trois assis en face d'elle, l'un les yeux baissés, les deux autres les mentons fièrement relevés. Une histoire abracadabrantesque (1). De l'amour. Une bagarre. Le poisson d'Avril, ça tombait en mars maintenant ?

« S'il vous plait, dites moi que c'est pour la caméra cachée… »

A l'écoute de la voix suppliante d'Elizabeth, Carson détourna le regard.

« Je vous le demande comme à une amie, s'il vous plait Elizabeth, ne parlez de cette histoire à personne. Carson n'as jamais fait d'erreur avant aujourd'hui et John… »

« Oui, je sais Rodney, John peut être renvoyé de l'armée. »

La diplomate lâcha un soupir et appuya ses avant-bras contre la surface de son bureau pour se redonner une contenance.

« Votre vie privée a débordé sur votre vie professionnelle aujourd'hui… »

« Elizabeth, ici les deux sont totalement mélangées. Vous ne pouvez pas nous demander de mettre notre vie privée entre parenthèses. Carson a toujours fait son travail, j'ai toujours travaillé autant que j'ai pu au labo, et John…a-t-il déjà refusé une seule mission ? »

« Rodney, laisses nous parler s'il te plait. »

Mal à l'aise, Carson se redressa sur sa chaise et s'éclaircit la voix.

« Je suis vraiment désolé Elizabeth. Je me suis battu avec John pendant mes heures de travail, alors qu'il était mon patient et qu'il était affaibli. C'est inexcusable, et j'en suis pleinement conscient. J'ai laissé mes émotions prendre le pas sur… »

« Carson, arrête de t'excuser comme ça, tu n'es pas un robot ! Tu as encore le droit d'avoir des sentiments… »

« Rodney, si vous n'êtes pas décidé à laisser les autres s'exprimer, je vous demanderait de sortir ! »

Se taisant enfin, McKay croisa les bras dans l'attitude typique de l'enfant boudeur. De son coté, Carson continua ses excuses en règle, assurant à Weir que cela ne se reproduirait plus jamais. Puis ce fut au tour de John, le cas le plus embêtant de cette affaire. Bien sur, Elizabeth n'allait pas colporter à l'armée ses frasques homosexuelles, néanmoins John prenait des risques en entretenant une relation avec Rodney.

« Vous êtes bien sur que le jeu en vaux la chandelle ? Loin de moi l'idée que Rodney soit inutile, mais c'est toute votre carrière que vous risquez là, John… »

« Nous sommes discrets. Nous le resterons, et si vous n'en parlez à personne tout ira bien. Et même si ça me coûtait ma carrière, Rodney est plus important. »

L'intéressé réprima un sourire et se mit pendant quelques instants à flotter sur son petit nuage.

« Bon, après tout c'est votre vie, ça ne me concerne pas. Je passe l'éponge sur tout ça, mais je ne veux plus entendre parler de vos histoires de cœur. Laissez moi vous dire que je n'aurais jamais cru voir des hommes aussi compliqués… »

« Et je ne me serai jamais cru aussi compliqué non plus. »

Tous trois sourirent à la remarque du colonel.

« Néanmoins, John et Rodney je vous demande de rester discret. Je ne sais pas combien de temps j'arriverai à vous protéger de la cour martiale si vous décidez de vous exposer. »

« Ca n'arrivera pas, je ne lui demanderai jamais de faire ça… »

Devant l'attitude déterminée du canadien, Weir décida de mettre un terme à la petite réunion improvisée…

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« Tu crois que quelqu'un nous as vu ? »

Rodney regarda longuement Carson, imprimant sur ses rétines chaque détail de son visage. John avait décidé de regagner ses quartiers quand l'écossais avait pris la main du scientifique, un peu après la réunion. McKay savait que même s'il ne voulait rien dire, la situation le gênait un peu. Quelque part, il s'en voulait un peu de lui imposer ça, même s'il ne voyait pas d'autre solution. Il avait décidé de vivre l'instant présent.

« Pardon, tu disais ? »

« Tu crois que quelqu'un a vu ça ? »

Beckett agita leurs mains jointes, faisant sourire Rodney.

« On a croisé personne, tu n'as pas remarqué ? »

« J'en sais rien, j'étais trop occupé à te regarder toi. »

L'astrophysicien rougit légèrement tout en jouant avec les doigts de Carson. Il avait toujours eu le compliment facile.

« Pourquoi tu me regardes ? Tu me connais par cœur. »

« C'est si difficile que ça à deviner ? »

« Non, étant donné que tu me le répètes toutes les cinq minutes… »

Le médecin esquissa un sourire et embrassa son ami. C'était tellement agréable de pouvoir se dire qu'enfin c'était possible, lui et lui.

« Alors. Tu restes ou tu as encore besoin de temps ? »

« Pour ça, j'ai encore besoin d'un peu de temps. Mais je ne veux pas partir pour autant… »

« Mon lit est minuscule, néanmoins tu m'as l'air confortable dans ton genre. »

Il se blottit contre Rodney et ouvrit la porte mentalement avant de l'entraîner à l'intérieur. Ils s'affalèrent sur le lit de Beckett, se lovant l'un contre l'autre, laissant un silence apaisant s'installer entre eux.

« Tu ne plâtres pas ton nez ? »

« Je l'ai fais. Ce que j'ai au milieu du visage c'est un plâtre, pas un pansement. »

« Pourtant ma sœur s'est déjà cassé le nez, et ça lui prenait la moitié du visage… »

« Bienvenue au 21é siècle gros malin ! Au moins ça ne saigne plus.»

McKay se releva sur un coude pour regarder son ami, qui rougit peu à peu devant cette insistance.

« Ce plâtre est si moche que ça… »

« Non, c'est pas ça, c'est toi. T'as l'air tout raccommodé. »

Carson sourit et laissa Rodney l'embrasser sur les joues, les lèvres, le front, et enfin dans les cheveux. Il l'enlaça et se laissa fondre devant tant de tendresse, et même si le poids du canadien pressant sur ses cotes douloureuses le dérangeait, il n'osa pas casser ce moment.

Finalement le scientifique descendit un peu et embrassa le haut de sa poitrine, cette petite partielle de sa peau non couverte par le tissu du t-shirt.

« Arrête Rodney, tu… »

« Je t'excite ? »

« Et tu sors de l'infirmerie, je crois pas que tu sois en état de me satisfaire, j'ai pas envie d'avoir un orgasme avorté. »

L'intéressé stoppa net, soudainement refroidit par les paroles du médecin.

« Quoi, tu n'as pas confiance en moi ? »

« C'est pas une question de confiance, c'est une question de fatigue. Et de bleus. »

« De bleus ?!? »

« Oui, j'ai mal partout, et le fait de t'avoir en train de te frotter au dessus de moi n'arrange pas les choses, j'ai l'impression qu'un camion m'a roulé dessus… Sans compter que ta jambe n'est pas non plus dans un super état, et j'aimerai bien utiliser toutes les parties de ton corps. »

Rodney leva un sourcil, faussement surpris.

« On a un coté coquin caché docteur Beckett ? »

« Et on a tellement de choses à apprendre sur les activités des adultes docteur McKay… »

L'autre poussa une exclamation outrée devant le sourire moqueur de son compagnon et roula sur le coté, saisissant la main de l'écossais au passage dans l'intension de le torturer gentiment.

« C'est tellement injuste que tu ai besoin de me le rappeler à chaque fois qu'on se voit… »

« J'avoue que dans ce contexte, c'est particulièrement jouissif de pouvoir se vanter de l'avantage que j'ai sur toi, monsieur je sais tout »

« T'es vraiment une ordure Carson quand tu t'y mets ! »

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Bon, il a mis du temps à venir, mais je n'avais pas trop envie d'écrire alors…

Des reviews quand même ?

(1) Monsieur Jacques Chirac, si un jour vous lisez cette fic… (Je me marre comme une débile)