CHAPITRE 11.
Après quelques accolades avec Luffy, Robin et Franky, j'avais pu pénétrer dans l'enceinte du campement où était Soboku. Bien que j'avais eu du mal à convaincre Chopper, je le vis se hâter vers le corps inconscient de mon ... frère. Comme c'est etrange d'évoquer ce mot... Je ne l'avais jamais prononcé ou pensé auparavant, ne me doutant absolument pas de son existence. Mais pour l'instant, tout ce qui m'importait était que notre médecin fasse tout pour faire disparaître cette cicatrice. Je n'accepterai pas de la voir, preuve que je suis trop faible pour protéger les personnes qui me sont chères.
Le renne pesta. À première vue, les médecins etaient de véritables bras cassés dans la Marine. Il s'activa sur le jeune homme, m'envoyant aller faire un tour dehors le temps qu'il s'occupe de recoudre un peu mieux la balafre sur le torse du brun. Je m'exécutai, je voulais qu'il soit dans les meilleures conditions possibles. Cependant, je fus stoppé dans ma marche pour quitter l'endroit.
- Je ne pourrais jamais la faire disparaître, Zoro. Elle est bien trop profonde.
Je soupirai, désolé pour Soboku qui devrait garder cette marque d'inattention de ma part toute sa vie.
- Eh, tu as remarqué qu'elle ressemble beaucoup à la tienne ? On dirait des frères ! Hahaha !
- Chopper, tais-toi et travaille ! Répliquais-je, légèrement agacé.
Sur ces mots, je sortis de la "pièce" et rejoignit Tashigi pour récupérer mes sabres. Manquerait plus qu'elle me les pique ! Étrangement, lorsque je lui demandai de me les rendre, elle obtempéra immédiatement avec un petit sourire. Je ne fis aucune remarque et, une fois mes trois sabres en possession, j'allai les nettoyer dans un coin tranquille, me laissant méditer sur toutes les nouveautés dans ma vie.
Tout d'abord, Soboku. Qui aurait cru que ma vie allait prendre un si grand tournant en le rencontrant ? Ma foi, je ne m'en plains pas, je pourrais enfin retrouver mes parents, bien que je n'ai jamais cherché à savoir qui ils étaient, où ils habitaient. Tout ça m'était bien égal. Maintenant... C'est une autre histoire. Peut-etre que savoir qu'ils m'ont toujours recherché a fait que je désire désormais les connaître ? Soit...
Et puis Tashigi, qui maintenant ne m'inspire plus de la haine. Elle me déroutait auparavant avec sa ressemblance avec Kuina mais depuis qu'elle connaît la cause de ma réticence envers sa personne, c'est ... étrange. Je n'ai plus envie de la détester. Après tout, elle n'y peut rien, si elle ressemble à Kuina... Mais ça ne m'empêchera pas d'agir comme toujours et de la railler à chaque occasion qui s'offre à moi !
Pour ce qui est de l'histoire avec le cook, on verra ça plus tard. Ma rancoeur est, certes, un peu moins forte mais elle n'en est point tarie. Si il vient m'en parler, je n'imagine même pas l'ampleur des dégats : je n'arriverais jamais à me contrôler.
Soit... Pensons à autre chose. D'ailleurs, quand est-ce qu'il a fini, Chopper ? C'est que c'est long son truc ! Bougonnant, je m'allongeai dans l'herbe de la prairie où le campement de la Marine s'était installée, ma tête reposant sur mes bras repliés. Fermant les yeux, je me remémorai mon enfance, les jeux avec les gamins du dojo, les défis avec Saga, notre dernier combat avec Kuina... Tiens, où sont Saga et les deux rigolos ? ... Les connaissant, ils doivent etre en train de rassurer les villageois... Boarf, ils font ce qu'ils veulent de toute façon.
Morphée m'appelle, peut-être désire-t-elle ma présence à ses côtés ? Soit, je suis partant pour un petit somme...
- Bouh.
Je bondis, me cognant la tête contre une autre, déclenchant un mal de crâne pas possible. Me mettant en position assise, je me frottais le front, tentant d'atténuer la douleur. Bordel, comment ai-je pu baisser ainsi ma garde ?!
- Quel est le con qui a osé faire ça ?! Demandais-je en me retournant.
Je fus surpris de voir un jeune brun désormais bien connu accroupi juste derrière moi torse nu, se tenant douloureusement la tete, les larmes aux yeux.
- Putain Nii-san, ça fait mal ! T'as vraiment la tête dure !
J'eus un sourire suffisant.
- C'est parce qu'elle est remplie d'intelligence que toi tu n'as pas.
Il releva la tête, une étincelle de défi allumant son regard. Alors c'était ça, des "querelles entre frères" ? Ça me plaisait bien.
- C'est ce que tu crois. Ma foi, faisons comme si c'était le cas, mieux vaudrait de ne pas te vexer.
Je me jetai sur lui, bien décidé à lui faire regretter ses paroles. C'est qu'il avait de la fougue à revendre, le petit frère !
- Respecte un peu tes anciens, petit arrogant !
J'allais gentiment - ou pas - recouvrir par derrière son cou de mon bras pour l'étouffer en le coinçant contre mon torse lorsque je me stoppai, voyant que sa cicatrice était beaucoup moins voyante qu'auparavant. Chopper avait fait un travail remarquable. Il lâcha un petit ricanement.
- Qu'est-ce qui a ? Tu as remarqué que ma cicatrice est plus belle que la tienne ? Tu ne m'arrives pas à la cheville ! Maintenant quand Mae-chan me verra, elle dira à tout le monde que je suis un homme valeureux !
Mae-chan ? Oh... Je vois que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre sur ma famille - et certainement ma prochaine belle-famille.
- Pff. Moi, quand on m'a recousu, j'étais conscient ! Sans anesthésie, que dalle ! Alors je ne m'en plains pas. Et j'en suis très fier de cette cicatrice, d'ailleurs. Eh ! Au fait, comment ça se fait que Chopper t'ait laissé sortir ?!
Je le laissai s'extirper de ma poigne pour s'asseoir en face de moi.
- Tu parles de l'adorable peluche ? Bah... Je lui ai dit que c'était un fabuleux médecin et pendant qu'il se dandinait, je suis sortit... Il m'a donné des médicaments qui m'ont tout de suite remis sur pieds, par contre. Il est vraiment bizarre ce gars-là !
J'acquiescai d'un mouvement de tête tandis qu'un homme élastique se jetait sur moi, m'envoyant voler à quelques mètres de ma place initiale. Son rire caractéristique me parvint aux oreilles alors que je prenais conscience que l'on venait d'exploser un campement. Je l'envoyai petre de l'autre côté de la prairie, poussant une gueulante contre lui et ses stupidités. Pas de doute, il voulait crever. Croyant etre tranquille un moment, il revint à la charge, sauf que cette fois-ci, volant un peu trop bas, il me faucha les jambes, me retrouvant la tête contre l'herbe fraîche tout en écrasant mon capitaine... Enfin, "capitaine" s'il m'acceptait toujours dans son équipage.
- Zoro ! Zoro ! Zoro ! Zoro !
Je me dégageai de sûr lui, roulant sur le dos. J'entendis Soboku rire au loin. Il ne perdait rien pour attendre celui-là.
- Quoi ?! Grognais-je, excédé.
Il s'assit en tailleur, un grand sourire collé au visage.
- Tu m'as manqué ! Et aux autres aussi !
Attendri, je lui offris un petit sourire, lui faisant bien comprendre que c'était réciproque. Par contre, il disparut aussitôt quand je vis son visage devenir étrangement sérieux.
- Je sais pourquoi tu ne nous as rien dit.
J'écarquillais les yeux d'horreur. Ce salaud aurait tout dit ?!
- Pas exactement pourquoi, mais je sais que s'est à cause d'un truc pas cool entre toi et Sanji.
Je soupirai de soulagement, il ne connaissait pas l'histoire. Cependant, son visage devint encore plus sérieux qu'avant, à la limite du terrifiant.
- Tu n'as pas quitté l'équipage, hein ?
Je répondis d'un mouvement de tête négatif. Il me scruta quelques secondes du regard avant d'annoncer, la langue pendante :
- ... Ouf, tu me rassures, on va pouvoir re-manger des bons plats ! La cuisine de Sanji était limite mauvaise quand tu n'étais pas là ! Aaaaah ! Que ce serait bien d'avoir un bon rôti là ! SANJI ! MANGER !
Et il partit en courant, me laissant seul avec mon oeil qui sortait presque de son orbite et ma machoire qui frôlait l'herbe courte de la prairie. Ce crétin... Il ne pense qu'à bouffer ! Un jour, je l'étriperais.
Je cherchais du regard l'autre abruti de Soboku mais une jeune femme pas très habillée se posta devant moi. Je n'eus aucun doute sur son identité, encore moins lorsque son poing s'abattit lourdement sur mon crâne. Après une flopée d'insultes entre nous deux, j'eus le malheur de voir celui que je voulais le moins approcher venir pour nous proposer quelques biscuits. Je remarquai que les marines en avaient en leur possession alors que j'apercevais le trio Saga-Johnny-Yosaku revenir avec des villageois. C'était l'occasion idéal pour me défiler. J'allais partir à leur rencontre quand la rousse me retint, en me chuchotant par la même occasion de régler mon différent avec l'autre écervelé qui était en train de papillonner autour de Tashigi.
Refusant catégoriquement - et de façon puérile, je partis un peu plus loin. Je m'assis dans l'herbe, mes genoux repliés, mes bras posés dessus. De là où j'étais, je pouvais apercevoir un bout de l'océan. Cet endroit était parfait. Toute la populace au campement me donnait le tournis. Ici, j'étais au calme, une légère brise me parcourant de part en part. Je savourais mes quelques minutes de répit, chose que je ne pouvais avoir plus haut avec les autres. Quelqu'un prit place à mes côtés, cependant je ne dis rien. Je savais qu'avec lui, je ne serais pas dérangé. Il prit la parole lentement.
- Tu sais que depuis Enies Lobby, tous les enfants du dojo veulent être comme toi ?
J'eus un sourire en coin.
- Je ne suis pas le meilleur exemple.
- C'est ce que je leur ai dit, mais ils ne me croient pas, me répondit Koshiro, souriant lui aussi.
Un silence confortable s'installa, me faisant presque oublier sa présence. Seuls les bruits des feuilles et de l'herbe virevoltant au vent, les cris des oiseaux, seules ces choses-là me parvenaient. Un peu plus et mon inconscient pouvait me faire croire que j'entendais le bruit des vagues s'échouant devant moi à plusieurs centaines de mètres, si ce n'était un kilomètre. Ce moment était délicieux, je me sentais revigoré. Je me retournai vers mon Maître, découvrant que la place où il était assis était dépourvu de tout corps. Légèrement surpris, je l'aperçu plus loin, me souriant, repartant vers le dojo. J'aurai aimé discuter un peu plus avec...
Haussant les épaules, je repartis dans la contemplation du paysage, prenant un véritable plaisir à redécouvrir mon île. Or, mon plaisir fut rapidement balayé, l'odeur de tabac venant pourrir le paysage.
- Il faut les arrêter ! Ils vont s'entre-tuer !
Ce fut tout ce que j'entendis de la bouche de Soboku, bien trop occupé à exprimer ma rancoeur à travers mes coups de sabre. J'avais essayé de rester calme, d'avoir une conversation "normal" avec lui. Mais mon instinct avait pris le dessus sur ma raison, ne supportant pas de le voir si calme en face de moi alors qu'il tentait d'expliquer la raison pour laquelle il m'avait trompé. Je balançais un nouveau coup, l'envoyant à une dizaine de mètres de moi.
- T'es vraiment qu'un connard, jetais-je à son encontre.
Il se releva péniblement.
- Tu m'as écouté ne serait-ce qu'un peu ?! Je t'ai dit que je le regrettais ! fit-il.
- Ça me fait une belle jambe, tiens ! T'es qu'un salaud, c'est tout ce que je retiens !
Un shoot me frôla alors que je l'esquivais de justesse. Je commençais à ressentir la douleur de ceux que j'avais reçu il y a quelques minutes. Depuis combien de temps nous nous battions ? J'avais l'impression que ça faisait des heures que nous nous balançions des insultes. À chaque coup reçu, je le sentais se répercuter dans tout mon corps, me faisant répliquer encore plus fortement. Il est inutile de préciser que toutes mes plaies de mon combat contre Shiliew ce sont rouvertes.
J'en avais marre. Marre de tout. Marre de garder ma peine pour moi. Marre de cette histoire. J'aurais aimé que ceci n'arrive jamais. Or, le mec d'en haut - s'il y en a un, aime bien me faire chier et me ruiner en miettes. Marre d'être détruit par ceux auxquels je tiens.
Alors j'ai su que j'allais craqué.
Voici un nouveau chapitre. Plus long. Plus bizarre et les événements s'enchaînent très... rapidement.
Vraiment étrange ce chapitre.
Bref. J'espère que c'était pas nul.
J'aimerai bien un petit mot pour me dire que vous avez lus... :)
Bisous,
Shinory.
