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Chapitre 11 - Sur le départ
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Will shoote dans le ballon à ses pieds, l'air renfrogné.
- Allez, fais pas ta mauvaise tête! déclare sa sœur.
Le garçon se détourne. Une main sur son bras le retient alors qu'il veut s'éloigner.
- Il va venir, assure Nathan.
Will lève les yeux vers son frère.
- Tu verras, continue-t-il, il sera là ce soir.
- Qu'est-ce-que tu en sais?
- Il a dit qu'il viendrait dans la semaine.
- Pour nous elle se termine ce soir! Demain, on doit partir!
Le regard de Nathan se voile. Il en a conscience.
Le lendemain, samedi, à la première heure, ils doivent partir en camp de vacances. Ils y ont droit tous les ans pendant un mois et demi. Pas qu'ils n'aiment pas -quoique le sentiment d'être un poids dont leurs grands-parents se libèrent lors de cette période ne les quitte jamais- seulement cette fois ils n'ont aucune envie d'y aller. Cette fois, ils voudraient rester à Boston ou, mieux encore, aller à DC. Cette fois, ils voudraient passer l'été avec leur père.
Seulement, depuis qu'il est revenu dans leur vie, les Jorensen sont sur leurs gardes. Ils savent qu'ils ont fait l'école buissonnière le dernier jour de cours, comme beaucoup de camarades. Ils ont dit qu'ils avaient passé la journée avec eux et ces derniers l'ont assuré. Mais la vérité peut ressurgir à tout moment, il suffirait qu'ils jettent un œil sur leurs passeports. C'est bien une chose à laquelle ils n'ont pas pensé sur le moment. Pour s'en sortir, ils les ont planqués. Déclarés perdus, ils doivent être refaits. Ils pensaient que cela leur permettrait aussi de différer leur départ en camp. Peine perdue, ils iront en voiture. Ce sera plus long, donc ils partent demain au lieu de lundi, mais ce n'est pas grave. Les Jorensen refusent de les laisser rester à Boston plus longtemps. Dans quelques heures, ils seront en route pour la Louisiane.
C'est la première fois qu'ils vont aller dans cet état. Sincèrement, ils ne voient pas où leurs grands-parents ont pu dénicher un camp de vacances là-bas. Il y en a, c'est sûr, mais ce n'est pas le premier endroit qui viendrait à l'esprit. Et justement, leur père n'aura jamais cette idée non plus.
Will se laisse tomber sur le banc contre la maison. Ally et Nathan l'imitent.
- Même si il vient, on est coincé ici, déplore-t-il.
- Il trouvera un moyen, assure sa sœur.
- J'aimerai bien savoir lequel!
- Peut-être une brèche dans le mur, suggère Nat.
- Et laquelle, tu peux me le dire?
- T'as qu'à lui demander!
Will se redresse d'un seul coup. Nathan affiche un immense sourire en regardant devant lui, derrière la grille. Au bout de la rue, bien loin d'eux, une silhouette regarde dans leur direction. Même à cette distance ils la reconnaissent.
- Papa! souffle Will soulagé.
- Il nous montre où aller, s'exclame Nathan.
- Et c'est? demande Ally.
Il se lève et les entraîne à sa suite. Ils passent sur la droite de la demeure. Ils s'arrêtent sous les fenêtres de la chambre d'Ally.
- Et maintenant? demande-t-elle.
- On attend.
Ils s'adossent au mur, fébriles. L'attente leur paraît interminable. Enfin, un léger sifflement retentit. Ils en trouvent l'origine derrière l'épaisse végétation qui borde l'enceinte. Se faufilant entre les branches, ils rejoignent un muret de pierre surmonté de barreaux. Il se tient de l'autre se côté, le muret lui arrivant à la poitrine.
- Papa! s'exclame Ally.
- Bonjour princesse!
- T'es venu! se réjouit Will.
- Je l'avais dit, non?
- On avait peur de te rater, explique Nathan. On s'en va demain.
Le visage de Tony devient sombre.
- Comment ça vous partez demain?
- On part en camp, continue Nat.
- Si tôt? Je suppose que c'est à cause de moi. Enfin...
- Pourquoi tu dis si tôt? demande Ally. Tu sais qu'on y va tous les ans?
- Évidemment!
- Parce que tu es venu nous voir souvent, devine Will.
- C'est ça.
- Sauf que cette fois on part en Louisiane, lui apprend-il.
Tony paraît pensif.
- La Louisiane... ça devrait le faire.
- Faire quoi? interroge Will.
- Moi aussi j'ai des vacances à prendre.
- Tu viendrais nous voir? se ravie Ally.
- Mais t'as dit qu'ils te surveillaient! s'exclame Nathan.
- Et alors? Comment serais-je sensé savoir que vous allez là-bas?
- Oui, mais...
- De toute façon, je connais quelqu'un qui vient de la Nouvelle-Orléans. Il suffira que je l'accompagne.
- C'est qui? questionne Lily.
- Abby, répond-il.
- Ta... ta chérie? demande Will avec inquiétude.
- Non, sourit Tony à leur réaction, une amie, une sœur même. Je suis célibataire.
Leur soulagement est visible. Il continue.
- Cela aurait posé problème que j'ai quelqu'un dans ma vie?
- Non, répond Will, c'est juste que...
- Que quoi?
- On t'a seulement retrouvé, dit Nat.
- Et?
- On veut pas te partager! termine sa fille.
Un immense sourire étire ses lèvres.
- Je vous ai retrouvé, annonce-t-il, je ne vous lâche plus.
Leurs moues gênées et inquiètes se muent en sourires. Ils disparaissent dès que le voix de leur grand-père retentit.
- Il nous appelle! s'écrie Will.
- Il faut que vous alliez le rejoindre, décide Tony. Mais avant...
Il passe sa main à travers les barreaux et leur tend un téléphone.
- C'est un portable prépayé, impossible à localiser. J'y ai enregistré mes numéros. Le code pour l'ouvrir est 6928. Pour vous en souvenir c'est simple, taper la première lettre de vos prénoms dans l'ordre de naissance et le T de Tripl's.
Will s'en empare et le met dans sa poche.
- Filez maintenant.
Les enfants ne bougent pas. Se séparer de lui est encore plus dur que la première fois. Il comprend le problème. Il ferme les yeux un instant. Les appels se font plus proches. Il les rouvre.
- Je vous aime, souffle-t-il.
Puis il se détache de la grille et s'éloigne sans se retourner.
