Yo ! Ceci est un OS écrit en une heure pour la Nuit du FoF (en décalé, j'avoue, mais en une heure quand même, pour une fois que je dépasse pas) sur le thème Zut.
Le titre de cet chapitre est volé à un OS de Laemia qui est trop cool et que vous devriez aller lire si ce n'est pas encore fait.
Bonne lecture !
Atelier couture
Vanitas commençait à croire que la poisse lui collait au corps. Il avait passé deux semaines complètes au repos, et le jour de sa première mission il se retrouvait déjà blessé, et dans la merde. Peut-être qu'il aurait dû écouter Vexen, pour une fois, qui lui avait dit de faire une vraie rééducation, mais il n'en avait pas senti le besoin. Et le voilà maintenant, au milieu d'un bled pourri qu'il ne connaissait pas, cherchant juste un endroit où se poser et se soigner avant de rentrer. De toute façon les négociations avaient clairement échoué – brillante idée de leur boss, de l'envoyer négocier, lui, avec Lexaeus en prime. Contrairement à pas mal de gens, le dit Lexaeus ne s'attirait pas la haine de Vanitas. Il ne parlait que très peu, et était un partenaire fiable, simple et concis. Franchement, d'où ses patrons demandaient à un type limite mutique et Vanitas de négocier ? Ce dernier ne savait même pas où était son acolyte, et s'en fichait un peu. Ils s'étaient tirés dans des directions opposées, pour diviser les effectifs de ceux qui leur avaient tendu ce guet-apens. Le brun regarda autour de lui, s'assurant qu'il n'était plus poursuivi. Il sortit son téléphone, qui n'avait bien entendu plus de batterie. Peut-être qu'il n'aurait pas dû passer tout le trajet en voiture jusqu'ici à jouer à Candy Crush et à regarder des vidéos malgré sa batterie faible. En tout cas il n'était plus temps pour les regrets.
Un type passa devant lui sans le regarder pour entrer dans un immeuble assez classique. Ça semblait être une échappatoire acceptable. La main sur son arme, il suivit le type, l'observant de dos. Il faisait approximativement sa taille, mais il devait être plus jeune, entre dix-neuf et vingt-deux ans. Châtain, pas particulièrement musclé mais relativement en forme. Un étudiant lambda qui rentrait chez lui, quoi. Pas très observateur, tout de même, nota Vanitas quand ils arrivèrent sur le seuil sans que l'autre l'aie remarqué – peut-être la faute à ses écouteurs, ceci dit. La porte s'ouvrit. Le type n'eut pas le temps de crier que la main de Vanitas était sur sa bouche, le canon de l'arme entre ses hanches. Il se débattit sans succès, jusqu'à ce que le brun lui glisse « Pas bouger » à l'oreille. Sa respiration nasale était forte contre les doigts du criminel, mais il n'esquissa plus un mouvement de combat quand il fut poussé à l'intérieur de son appartement. Le brun l'empêcha d'allumer la lumière, ferma la porte en récupérant les clés qui étaient encore dessus, et lui prit son sac, fouillant ses poches pour le débarrasser de son téléphone accroché aux écouteurs. Quand il fut certain que le type ne crierait pas, il libéra sa bouche et essuya sa main baveuse contre son jean. Beurk.
« Vous … vous voulez quoi ?
— Le silence.
— Ah, OK, pardon. Je voulais pas. Je parlerai pas, du coup, enfin pas trop, puisque là je suis déjà en train de parler et – ah, oui, ce serait mieux que je me taise. »
Vanitas ne répondit pas, se contentant de guider l'autre du bout du canon jusqu'au canapé où il le força à s'asseoir. Le visant toujours, il revint sur ses pas pour verrouiller la porte, gardant les clés dans ses poches. Le type avait l'air stressé, bien sûr, mais il n'était pas aussi angoissé qu'il aurait dû. Il regardait un peu partout, comme s'il découvrait les lieux, jouait avec ses mains. Il tint cinq secondes avant de parler à nouveau.
« Enfin, moi ça m'angoisse un peu, le silence, quand même. Pas vous ?
— Nan.
— Ah. Je peux mettre de la musique ?
— Nan.
— Chanter une chanson ?
— Ce flingue est chargé.
— Ouais, mais, si vous tirez après les voisins vont appeler les flics. Et je vous jure qu'ils le feront, hein, déjà qu'ils hésitent pas pour un peu de musique, alors un coup de feu, et puis à cette heure, ça dérange quoi. J'avoue je m'en fous un peu de les déranger mais ça risquerait de vous embêter –
— Tu te tais jamais ?
— Quoi ? Ah, pas souvent, non. Apparemment je parle dans mon sommeil aussi – mais j'ai jamais vérifié, peut-être que je devrais m'enregistrer un jour ? Ah, s'exclama-t-il en voyant Vanitas galérer avec son briquet, je dois avoir des allumettes dans la cuisine, premier tiroir. »
Le brun fronça les sourcils, quelque peu déstabilisé. Ce type était étrange. Oh, Vanitas se fichait bien de ce qui pouvait se passer dans cette tête d'allumé mais là ça devenait bruyant – ce qui lui rappelait quelqu'un. Son briquet sembla être d'accord avec le fait que la proposition était louche puisqu'il décida de fonctionner avant que le criminel n'aille chercher les dites allumettes. Il le rangea dans sa poche arrière, souffla la fumée. Il se trouvait assez stylé, d'arriver à tant de choses avec une blessure pareille, mais bien entendu, la douleur finit par se rappeler à lui. Il jura, et le type l'examina du regard.
« Ah ! Vous êtes blessé ! »
Merci Captain Obvious. Vanitas haussa un sourcil dans la direction du garçon, qui sembla se rendre compte qu'il n'avait pas sorti la phrase du siècle. Il poursuivit donc :
« Nan mais je veux dire, vous voulez de l'aide ? »
Vanitas fronça les sourcils, plissa les yeux.
« Euh … vous parlez, hein ?
— T'es pas normal.
— Hein ? Quoi ? Mais si si si. J'ai un kit de premiers soins assez cool. En plus je l'ai jamais utilisé, à chaque fois, j'oublie, c'est l'occasion. »
Donc, un type débarque chez lui avec un flingue et il se dit « C'est l'occasion d'utiliser mon kit de premiers soins » ? Est-ce que c'était vraiment sa première pensée ? Vanitas secoua la tête, sans abaisser le bras qui visait l'inconnu.
« Il est où ?
— Salle de bain, la porte sur ta droite – enfin, on se tutoie ? Tu m'as tutoyé donc … J' m'appelle Sora.
— OK, fit Vanitas en attrapant le kit, laissant l'autre hors de son champ de vision une seconde.
— Et toi ? »
Pas de réponse. Pour ne pas avoir à le quitter des yeux, Vanitas rejoignit à nouveau le salon, se tint le plus éloigné possible du propriétaire du lieu quand il dut poser son arme sur la table pour retirer son pantalon avec un grondement de douleur.
« Ça va ? »
Question à la con. Vanitas vira le bas et vint s'asseoir sur le canapé. Une main pour le flingue, une main pour les compresses, le désinfectant et les bandages.
« Tu veux pas de l'aide ? »
Vanitas grogna sans répondre. La cendre de sa cigarette tomba dans sa blessure. Il se prit de la fumée dans l'œil. Il ne l'admettrait pas, mais il se sentait con. Il n'avait jamais bien réussi à fumer sans les mains. Un soupir.
« Bon, vas-y, laisse-moi faire. »
Le type lui prit des mains le désinfectant, comme si tout était normal, comme s'il n'y avait pas du tout une arme braquée sur lui. Vanitas était tellement désarçonné qu'il ne le frappa pas. Le châtain pinça les lèvres, l'air concentré.
« Tu sais t'y prendre, au moins ? »
Ce n'était pas une égratignure, pas le genre de trucs que les normaux rencontraient dans la vie de tous les jours.
« T'inquiète. J'ai vu l'intégrale de Dr. House. »
Rassurant. Pourtant, il ajouta :
« La peau est un peu brûlée autour … Blessure par balle ? »
Vanitas acquiesça. En même temps, ça faisait un trou rond, c'était pas sorcier à deviner. Sora eut un grand sourire.
« Au fait, tu m'as pas dit ton nom.
— Je sais ?
— Tu veux pas ?
— Non.
— Bah pourquoi ? »
Le ton était suppliant. Un regard de chien battu. Demyx. Voilà, il lui faisait penser à Demyx. Vanitas espérait qu'il n'était pas aussi maladroit, mais ses gestes étaient sûrs. Devant l'absence de réponse, il continua de parler en même temps qu'il nettoyait la plaie.
« Dans ce cas, j' vais devoir t'en trouver un. Henri ?
— Non.
— Mouais, c'est pas top. C'est le nom de mon chien, pour ça. »
Vanitas cligna des yeux, sentant quelque part au fond de lui que ça n'était pas vraiment un nom normal pour un animal de compagnie. Mais pour ce qu'il en savait, de la norme.
« Jean-Jacques ? J'aime bien Jean-Jacques, comme Goldman. Hm ? Bon, ouais, tu lui ressembles pas … Euh … Néo ?
— Surtout pas !
— Quoi ? T'aimes pas Matrix ?
— Ma quoi ?
— Oh. Mon. Dieu. Il faut que tu voies ce film, c'est culte ! Tu peux pas sérieusement ne pas l'avoir vu ! »
Mais de quoi lui parlait ce gars ?
« Attends, je vais chercher mon ordi – ah mais nan, je finis ça d'abord. Ça a l'air assez propre et … j'ai de quoi te recoudre ! Oh, tu voudrais bien être mignon et cendrer par terre et pas sur le canapé ? Je le lave jamais, y a déjà assez de tâches comme ça. »
Déphasé et largement blasé, Vanitas obtempéra, intervertissant la main qui tenait le flingue et celle qui tenait la clope. La vue de l'aiguille le fit grimacer.
« Sérieusement, tu sais ce que tu fais ?
— Bah, ça doit pas être bien compliqué. Tu veux que je cherche un tuto Youtube au cas où ? »
Avec un soupir, le brun s'avachit dans le canapé. Peut-être qu'en fait la balle avait atteint son cœur, et sa mort l'avait apporté dans la quatrième dimension. Il grinça quand il sentit l'aiguille percer sa peau.
« Ah, zut, j'ai pas stérilisé le fil ! Bon, bah si tu meurs on saura pourquoi, hein ! »
Ça devait être ça. Il était mort, et ce type était son Enfer. Une nouvelle douleur, plus vive.
« Aouch !
— Ah, pardon, je teste un point en croix.
— Un quoi ?
— Nan, je déconne, je suis naze en broderie. Mais c'était stylé à dire, avoue. Arnaud ?
— Quoi ?
— Ton nom. Arnaud, t'aimes bien ?
— Nan.
— Euh … Ludovic ? Gregory ? Valère ?
— Aïe.
— Scuse. Dominique ? Edward ? Ronald ? Rogue ? Albus ?
— Mais arrête !
— Scorpius, ouais. Scorpius, ça te va bien.
— Concentre-toi, sérieux.
— Scorpius ? … Scorpius ? Allez, quoi, joue le jeu. Sinon je t'appelle Néo.
— Vanitas.
— Oh, c'est joli. C'est dans quoi ? Un film ? Un manga ?
— Un jeu vidéo.
— Quoi comme jeu vidéo ? »
Vanitas grimaça, sentit l'aiguille le blesser à nouveau. Il voulait que cet Enfer se termine. Bientôt, un pincement dans sa cuisse et puis une claque pile sur sa blessure.
« Et voilà ! Tout beau tout propre ! »
Enfin. Vanitas soupira, voyant enfin le bout du chemin. Il n'avait plus qu'à prendre le chargeur de l'autre, appeler Axel et il rentrerait chez lui.
« Oh zut ! »
Soudain, un mauvais pressentiment.
« J'ai oublié de retirer la balle ! »
.
.
Il se passe pas grand-chose mais c'est la vignette la plus longue de ce recueil à ce jour. Je me demande si je garderai Sora pour plus tard, s'il reviendra tout ça.
Qu'est-ce que vous en avez pensé ?
Des bisous !
