Hellow la compagnie !

Merci beaucoup beaucoup aux reviews qui m'ont fait très plaisir et auxquelles je vais m'empresser de répondre :

RAR :

Siam33 : Merci pour tes compliments! Je suis contente de ne pas tomber dans les scénarios origniaux, ça m'aurait franchement agacée et j'aurais revu tout le plan de la fic ! Quant aux reviews, autant tu y penses, autant ça fait plaisir! :D Le OOC j'aime pas trop, je trouve que c'est vraiment dur de rentrer des personnages comme ça alors que l'on connait déjà si bien ceux de J.K. A la prochain et merci pour la review!

EdelweissJ : Merci, j'espère ne pas te décevoir ^^

Love-Jella : Je crois que de toutes façons, il n'y a pas trop le choix. Je compte faire une fic vraiment bien dark. Ce chapitre travaille surtout sur Pansy et les problèmes de Drago qui vont engendrer beaucoup de choses, en gros, j'ai tout lié quand j'ai fais le plan de la fic et voilà ce que ça donne! Hermione fait moins son apparition dans ce chapitre, et on connait plus Drago... Bref,tu verras! Merci pour ta review!

Maralcamge : Je suis contente de te tenir en halène, ça m'amuse toujours énormément, moi-même ne comptant plus les fois où des auteurs m'ont rendue dingue à force de me creuser les neurrones! Contente que le scénario soit original. Merci pour la review!

uranie : Mm... Le voile se lève, en effet, on comprend un peu plus l'état d'Hermione et ses capacités. Le point de vue de Drago ? Totalement intentionnel xD J'aime vous faire réfléchir lol La suite est là, TADAM !

Chlo : Oui oui, ça devient chaud. Je me rappelle que t'avais trouvé la moitié du livre, en effet ^^ La question principale lol Mais si je répondais, où donc serait l'intrigue qui te pousserait à lire ? HAHA ! Merci ! :D Merci pour ta review !


Chapitre 11 : Quand Pansy s'en mêle


Chapitre 11 : Quand Pansy s'en mêle

Drago fit la moue devant le parchemin. C'était pas franchement bon. Enfin, tout dépendait du point de vue qu'on avait.
Si on était suicidaire, tout allait pour le mieux.
Si on ne l'était pas, bah, c'était mauvais, vraiment très mauvais, sincèrement.

Juste le blason des Malefoy en témoignait. Il déglutit et ouvrit l'enveloppe.

« Fils,
Le seigneur s'impatiente. Il voudrait avoir ton rapport pour les deux derniers mois quant à l'avancée de la mission.
Il doute que cela se passe pour le mieux, étant donné que tu ne nous as pas envoyé de compte-rendu jusqu'à présent.
Fais vite, je ne pourrai pas te protéger continuellement.
En ce qui concerne ta mère, elle est rentrée à St Mangouste la nuit dernière. On lui donne deux semaines à vivre. Trois si elle est courageuse.
J'attends ton rapport dans les plus brefs délais,
L.M. »

Drago tressaillit et ses yeux s'embrouillèrent de larmes. Des larmes de peine, de rage, de tristesse, de peur.

Il avait peu faire de la mission. Mais que son père parle avec un tel détachement de la mort imminente de sa mère, aucun mot de compassion... ! Il aurait pu dire pareillement : « En ce qui concerne la météo, elle est plutôt pluvieuse. On lui donne deux semaines à tenir avant d'être balayée par les vents du Nord. Trois si elle est courageuse. »

Ses poings se serrèrent d'eux-mêmes et il fut pris de violents tremblements qu'il ne put réprimer.

Il s'effondra au sol, les mâchoires crispées, les larmes insatiables qui coulaient le long de ses joues porcelaines. Chacun de ses muscles semblait crisper et il n'arrivait plus à se détendre.

Une longue plainte s'échappa de sa gorge et, les paupières étroitement serrées, il se roula en boule contre son bureau.

HHHH

- Grave Pansy ! Je suis carrément d'accord avec toi.

- Blaise, par pitié, tais-toi. Bon, il est treize heures trente, on est samedi, et l'entrainement aurait dû commencer depuis une demi-heure.

- Exact, poupée, affirma Blaise.

Sans ajouter un mot de plus, Pansy tourna les talons et se précipita vers le château, toujours vêtue de sa tenue de Quidditch.

Elle avait vu Drago ce matin donc on pouvait supposer qu'il ne faisait pas la grasse matinée. Il avait même reçu une lettre d'un hibou grand duc alors qu'il mangeait. Donc Drago n'avait pas passé une nuit torride avec une conquête qui se serait éternisée jusqu'à pas d'heures.

Pansy s'inquiétait plus qu'il n'était nécessaire. Et c'était cela qui l'embêtait. Pourquoi devrait-elle avoir des crampes à l'estomac alors qu'il était sûrement en plein ébat avec une Serpentard ? Peut-être qu'il avait dit à Milly qu'elle n'était pas si laide et qu'elle restait plus potable que Tracey et ainsi, ils avaient dignement fêté leurs retrouvailles… ?

Non, ce n'était pas ça.

Pansy déboula dans le hall et continua sa course. Drago, rater un entrainement de Quidditch ? Même une fille aussi adorable soit-elle ne lui ferait pas rater un des échelons du collier pour rabaisser Potter dans quelques mois, au match qui opposerait Gryffondor contre Serpentard.

Elle passa devant Granger qui lisait un vieux bouquin en marchant, ne ratant aucune marche – ça vaudrait mieux pour elle - de l'escalier. Alors que Pansy décidait de l'ignorer, elle se retourna sans vraiment savoir pourquoi, puis saisit le bras de la Gryffondor et de force, la conduisit jusqu'au portrait de l'appartement des préfets.

- Je retire cinq points à Serpentard pour violence envers un préfet-en-chef, Parkinson. Bonne journée, ajouta-t-elle, machiavélique en se détournant.
- Granger ! Donne vite le mot de passe !
- Et en quelle occasion ? s'enquit sarcastiquement la jeune femme, la toisant de haut.
- Drago a besoin de moi, dépêche-toi !
- Eh bien, je suppose qu'il t'ouvrira la porte alors, souligna Granger en affichant un sourire narquois. Je ne me souviens pas que l'on m'ait dit que tu étais préfète en chef.
- Sale sang-de-bourbe, grinça Pansy en se tournant vers le chevalier du Catogan qui les observait, supérieur. Ouvre-toi !
- Tu manques cruellement d'imagination quant au mot de passe, soupira Granger. Bon, nous dirons que c'est un élan de générosité aujourd'hui. Bouche-toi les oreilles, je n'ai pas envie d'avoir à me coltiner tous les Serpentards dans ma salle commune.

Pansy ne releva pas, serrant les dents. Elle allait lui arracher son horrible grimoire et le lui faire dévorer.

Non Pansy, pense à autre chose…Calme-toi…Respire, souffle, respire…Tu n'as pas envie de la balancer dans le tableau à l'aide d'un coup de poing, histoire qu'elle tienne compagnie à cet imbécile de chevalier, non…

- Parkinson, tu devrais étudier l'occlumencie, ce que tu penses n'est vraiment pas joli !

La Serpentarde boucha ses oreilles de ses doigts et vit la bouche de Granger s'articuler. Le tableau bascula et elles entrèrent.

Hermione, sans se soucier de la brune, s'installa sur un canapé et entama une partie d'échec version sorcier face à… Personne ? Pourtant les pièces jouaient toutes seules. Ce devait être une nouvelle version.

Pansy se rua vers la chambre de Drago et frappa à la porte.

Elle attendit quelques secondes qui semblèrent des heures, le cœur tambourinant et elle n'eût su dire si c'était dû à sa course ou à la panique qui s'amplifiait en elle, rendant tous ses gestes fébriles.

Pansy renouvela son geste et se retourna en entendant le portrait pivoter. Blaise se précipita à ses côtés.
Il avait enfin retrouvé ses esprits, songea Pansy avec humeur, en entrant dans la chambre, même si elle n'y avait pas été invitée.

Blaise referma la porte derrière lui, Granger n'avait pas à être mêlée de ce qui se passait ici. Et puis, il ouvrit la bouche en signe de stupéfaction alors que son amie bondissait sur le blond au sol, recroquevillé contre son bureau.
Il avait l'air fou, de souffrir plus qu'il n'était imaginable.

Ses joues étaient pâles et de longues stries humides s'étalaient sur ses joues. Ses lèvres étaient d'un rose clair et elles tremblaient. Ses paupières étaient fermement pressées et tout son corps était pris de spasmes.
Ses mains s'étaient fermement enroulées autour de lui.

Un gémissement franchit ses lèvres et il ouvrit difficilement les yeux alors que Pansy glissait un bézoard dans sa bouche.

- Ce n'est pas du poison, poupée, souffla Blaise en s'agenouillant à côté de Drago qui se redressait.
- Drago ? murmura Pansy en lui caressant les cheveux dans un geste bienveillant.

Il les regarda comme s'ils n'existaient pas, et ses yeux se posèrent furtivement sur la lettre établie sur le bureau.

Une seconde de trop car la Serpentarde se leva, s'en saisit et la parcourut rapidement avant de grimacer.

Pansy était quelqu'un d'indépendant, avec un côté assez masculin sur certains points ; elle n'aimait pas pleurer, sur elle, sur les gens, ne supportait pas que les gens le fassent, et masquait ses sentiments de façon permanente, détestant l'idée d'être sentimentale.

Drago avait toujours dit que Pansy épouserait un homme riche et fou de joie de vivre, qui la ferait rire, de par une maladresse permanente et par des vannes qui leur donneraient un lien très fort.

Ce serait quelqu'un qui la connaitrait du bout des doigts et serait toujours là, à la soutenir lorsqu'elle ne parlerait pas de sa peine, ou d'une quelconque autre sensation. Elle se ferait dorloter et au fond, ne montrerait qu'à lui, car ce serait la seule faiblesse qu'elle se concèderait, ce qu'elle pensait de lui, et l'amour qu'elle ressentirait pour lui.

Elle n'avait jamais montré d'attachement pour qui que ce soit. Ses parents avaient toujours été froids avec elle et elle leur avait bien rendu la pareille, le devenant encore plus qu'eux. Pourtant, ce n'était qu'une barrière car derrière son regard si dur, si neutre, si bien contrôlé, se cachait un cœur sensible qui se libérait seulement lors des moments où elle se retrouvait seule.

Elle n'avait jamais dit à Drago ou à Blaise qu'elle tenait à eux. Certaines fois, ils l'avaient juste surprise avec un regard de tendresse, légèrement embué alors qu'ils avaient juste abordé un souvenir où tous trois participaient avec entrain. Elle avait alors battu furieusement des cils, s'était détournée, et était partie à grands pas.

Ils l'avaient cernée depuis longtemps et savaient qu'en plus d'être une amie fidèle – sa place aurait dû être à Gryffondor- si elle ne leur disait pas toute la journée qu'elle les aimait, ou qu'elle ne les prenait pas dans ses bras à chaque fois qu'elle l'eût voulu, elle ne les laisserait jamais tomber.

Et c'était pour cela qu'elle était si différente. Sa ruse, son détachement, son apparence froide, sa façon d'être distante de tout, son impassibilité face à des débordements d'émotions, l'avaient conduite à Serpentard. Les gestes étaient réfléchis et la spontanéité mise de côté.

Elle se pencha vers Drago et à la surprise générale, le serra dans ses bras, enfouissant son visage dans son cou. Drago répondit à l'étreinte, la maintenant contre lui à l'étouffer, se formalisant peu pour une fois de sa tenue.

Blaise, après avoir lu d'une façon qu'il pensait subtile le parchemin, les rejoignit. Ils restèrent là quelques minutes avant d'entendre le portrait basculer.

Il y eut un rire glacé puis un livre chuta par terre.

- Nott, tire-toi rapidement, c'est un conseil pour tes parties génitales, siffla la voix de Granger à travers la porte mal fermée.
- Je veux voir Drago…et peut-être passer par ta chambre par la même occasion ?
- Je t'ai ouvert car tu avais l'air désespéré, mais un Avada me brûle les lèvres, alors va-t-en.
- Tu es sa maitresse ? Tu le protèges espèce de petite pé…

Il ne put finir. Il y eut un cri aiguisé et un vacarme assourdissant. Toute l'étagère avait dû s'effondrer au sol.

- Je t'avais prévenu, lança Granger en allant ouvrir la porte de Drago.

Elle ne cilla même pas en les voyant en train de s'étreindre et Blaise et Pansy se relevèrent d'un bond. Aucun signe n'apparut chez Granger. La pièce aurait pu être vide. Seuls ses yeux s'assombrirent encore un peu plus.

- Nott t'attend. Je ne te garantis pas son état, ajouta-t-elle, très amusée. J'aurais dû faire écrouler le mur entier plutôt, songea-t-elle à voix haute en repartant dans le salon.
- C'était vraiment Granger ? chuchota Pansy, ahurie.
- Oui Parkinson, affirma la miss-je-sais-tout de la salle commune.

Drago qui s'était légèrement remis et essuyait rageusement ses joues humides, suivit ses deux amis au salon.
La bibliothèque était en effet au sol, mais seulement son contenu, le meuble de bois toujours fixé au mur. Des livres, des vases en cristal, des objets de travail, tout était tombé sur un corps immobile.

Granger, assise, lisait son livre M.N.C.A. Drago l'avait rapidement identifié, elle parcourait tout le temps ce bouquin désormais. Pourtant il ne semblait pas si épais. Ce devait être un sort particulier qui consistait à enfermer plus de pages que l'on ne le croyait. Drago aurait dû le vérifier, avant de le remettre dans l'oreiller, à sa place initiale, la veille.

- Qu'as-tu fait ?! s'exclama Blaise en s'approchant de Nott qui gesticulait faiblement.
- Il a été très vulgaire, insinuant des choses entre Malefoy et moi. Déjà à la Grande Salle, et maintenant ici. J'ai tout de même un minimum de respect envers moi. Il aurait dû en avoir.

Pansy jeta un regard interrogateur à Drago qui lui fit de gros yeux. Quoi, elle pensait vraiment qu'il fréquentait Granger… ainsi ?! La Serpentarde eut l'air amusé avant de redevenir de marbre.
Blaise, lui, s'agitait avec sa baguette sans que rien ne se passe.

- Granger, enlève tout ça ! T'as mis un sort de protection.
- Moui…Il peut encore rester là. J'hésite quant à la prochaine torture, avoua-t-elle en se relevant, le livre en main, s'approchant du corps presque inerte. J'ai un nouveau sort, et j'aimerais vraiment beaucoup l'expérimenter…Sur lui.

Elle avait ajouté la dernière phrase d'une voix aigue très enfantine. Elle vrilla ses yeux noirs dans les yeux de Zabini qui recula sous la puissance qu'il y lisait. C'était comme s'il était son père et elle, la gamine capricieuse qui se fichait des paroles de son tuteur. Elle lui avait donné cette impression.

Hermione pointa sa baguette sur Théodore.

- Granger, arrête. La magie noire n'apportera pas les réponses à tes questions, lui dit doucement Pansy en réduisant l'espace qui était entre elles, d'un pas.

- Qu'en sais-tu ? siffla la Gryffondor. Voldemort en fait, lui.

- Il t'a insultée. Il doit regretter, ne t'avise pas à le toucher plus encore, tu n'en serais que plus faible de t'abaisser à son rang.

Granger se retourna complètement vers Pakinson et Drago et Blaise étaient trop abasourdis pour envisager de se mettre en travers.

Les yeux de la sang-de-bourbe s'agrandirent et devinrent deux pupilles de charbon ardent. Elle était concentrée à un tel point que Pansy, noyant son regard dans le sien, ne bougea pas d'un pouce pendant quelques secondes.

Puis Granger détourna le regard et d'un geste de la baguette, arrangea les livres à leur place, et sortit des appartements préfectoraux.

- Que s'est-il passé ? demanda bêtement Blaise.

- Elle a utilisé la legilimencie, répondit Pansy, pensive. Elle est vraiment dangereuse. C'est pour votre mission qu'elle devient si sombre ?

Drago approuva d'un bref hochement.

La douleur qu'il avait ressentie en sachant sa mère mourante à ce point, l'avait comme endormi. Il ne comprenait plus rien, ne savait plus qui il était, s'il était, et ce qu'il était alors.
Mais Granger avait réveillé quelque chose en lui. Un amusement incertain. Nott avait reçu une bonne leçon ; d'ailleurs, il commençait à peine à se réveiller.

Elle devenait franchement sympathique à fréquenter. A partir de maintenant.

HHHH

Le bal d'Halloween était considéré par l'ensemble professoral comme une mémoire aux défunts, un instant unique pour repenser aux moments magiques partagés avec ces derniers, une façon de ne jamais les oublier et de montrer qu'ils étaient présents dans le cœur et la tête de chacun.

Pour les élèves, il en était tout autrement. C'était l'occasion de se voir offrir une danse par LE garçon LE plus beau de Poudlard, un instant unique partagé avec des amis, une façon de profiter de sa jeunesse et de montrer que, malgré l'obscurité de l'extérieur, ils étaient unis – on omettait les Serpentards dans cette partie de phrase. C'était aussi l'opportunité de rire, de boire, de danser, de se préparer dans une robe de princesse au prix exorbitant qui équivalait à celui d'une maison certaines fois…

C'était surtout un tout nouveau bal, car il n'y en avait jamais eu dans le passé.

Drago se regarda une dernière fois dans sa glace. Si quelqu'un n'était vraiment pas d'humeur à valser, c'était bien lui.

Ce soir, contrairement à toutes les fêtes auxquelles il avait participées, il ne voulait pas venir, il voulait rester dans sa chambre, s'allonger sur son lit, croiser ses bras sous sa tête et repenser à sa mère. A tous ces moments avec elle.

Aujourd'hui était la fête des morts et cela ravivait une douleur dans la poitrine de Drago. C'était comme si dans ses poumons, chaque bronche devenait un filet de feu qui le brûlait et l'empêchait de respirer. Et qu'un doux vent passait dans son cœur, rendant sa poitrine insensible, si bien qu'il ne savait plus inspirer.

Sa mère allait mourir dans moins de deux semaines. C'était long et court, incroyable mais inévitable, triste car rapide, douloureux donc pénible, pénible or bien, ni nécessaire ni dispensable. Il ne savait plus où il en était. C'était bien, oui. Cela mettrait fin aux souffrances de Narcissa.

Ce soir, il devrait voir et supporter toutes ces filles superficielles qui viendraient se ruer sur lui, penchant leurs décolletés, il devrait accuser le coup de les observer essayer de l'embrasser, il devrait porter son masque froid, il ne devrait rien ressentir et ne pas avoir l'air d'avoir envie de partir.

Un autre jour, il aurait apprécié, aurait été sérieusement amusé et les aurait toutes méchamment repoussées. Mais il avait envie de comprendre.
De comprendre ce qu'il n'avait jamais compris, ni su.

Est-ce que sa mère l'aimait ? Etait-elle réelle partisante de Voldemort ? Aimait-elle son mari ? L'avait-elle suivi par amour ? Ou lui, l'avait-il suivie ? Qui s'était enrôlé avec Voldemort le premier ? Avait-elle cette réelle importance qu'elle attachait à l'argent, au titre, aux manières et au sang ? Que voulait-elle pour lui ? De quel camp aurait-elle voulu qu'il se range ? Pensait-elle à lui ? Souffrait-elle ? Savait-elle qu'il lui restait moins de quatorze jours à (sur)vivre, car on ne pouvait pas appeler cela vivre, que les douleurs qu'elle endurait ? Avait-elle toujours voulu avoir la vie qu'aujourd'hui elle avait ? Est-ce que ses sœurs étaient gentilles avec elle quand elle était petite ? Avait-elle déjà eu un poisson ou une souris ?

Tant de questions insignifiantes !

Elle allait mourir et il ne savait rien de sa vie.
Rien.

Elle ne l'aimait pas ; elle se serait confiée à lui sinon. Pas d'autres possibilités.

Drago se prit la tête entre ses mains, se décoiffant par la même occasion. Il resta prostré quelques minutes, comme si tenir sa tête ainsi allait lui permettre de remettre de l'ordre dans ses pensées barbouillées.

Il releva son regard froid, haineux et acéré et le croisa dans le miroir. Il frémit. Il était le seul qu'il lui fasse peur, c'était assez amusant.

Demain, il irait voir sa mère.

Demain, il lui demanderait tout cela.

Demain, il s'inquiéterait de connaitre son amour pour lui.

Demain, il lui achèterait une tombe.

Demain, il pleurerait, la dernière fois qu'il s'autoriserait.

Demain, il deviendrait un homme mature, indépendant et puissant.

HHHH

Voilà c'était dit. Le Grand Drago Malefoy n'avait pas de cavalière.

La musique résonnait fortement, tout tournoyait dans la pièce.

La brune en face de lui eut l'air choqué mais c'était faux. Pour qu'une idiote de ce genre, âgée de seize ans seulement, avec un décolleté si plongeant, soit venue le voir en roulant des hanches, pour avoir l'air étonnée… Elle devait être encore mieux informée de la situation que lui.

Elle se courba vers lui encore plus, devinant la vue qu'elle offrait sur sa poitrine.
Drago planta ses yeux glacés dans les siens, avant, d'un geste de la main, de la renvoyer tel un elfe de maison qui aurait été un vulgaire parasite.

- Je ne te permets pas ! siffla-t-elle en s'approchant encore plus.

- T'inquiète, j'm'permets tout seul.

- Je suis une sang pur.

- Et moi un Malefoy alors tire-toi.

Elle tourna les talons d'un geste rageur, s'éloignant de la table ronde où quelques Serpentards et Drago siégeaient.

- Petit cul ! cria Blaise aux côtés de Drago en riant.

La Poufsouffle se retourna et lui intima un geste grossier de la main. Aussitôt, sa main se plia sur le côté dans un violent souffle de vent qui n'eut d'effets que sur elle. Elle détourna la tête et croisa le regard de la préfète en chef, assez amusée.

- Cinq points en moins pour Poufousffle pour geste très…vulgaire. Que je ne t'y reprenne plus.

Granger était moulée dans une robe époustouflante. C'était un bustier surmonté d'énormes plumes noires aux reflets gris brillant qui lui donnaient un air sauvage. Très resserrée à la taille, elle mettait en valeur sa poitrine, serrait ses hanches pour s'évaser entre la mi-cuisse et le genou en bandes de soie d'une élégance impensable.

Elle avait des chaussures argentées avec des talons d'une demi-dizaine de centimètres.
Ses cheveux, libres sur ses épaules, dans lesquels trônait une rose noire qui se fanait et renaissait de ses cendres grâce à la magie, scintillèrent alors qu'elle souriait narquoisement à la Poufsouffle avant de passer devant elle en l'ignorant.

Elle se planta devant la table où Drago, Pansy, Blaise, Nott, Bulstrode, Ham et Butcher avaient élu domicile.

- Malefoy.

- Granger, souffla Blaise en se levant. Tu es… magnifique !

- Je sais.

- En toute modestie, railla Bulstrode. La sang-de-bourbe, je crois que…

- Cinq points en moins à Serpentard pour insulte raciale envers une Préfète-en-Chef, lâcha Granger.

Millicent se leva violemment de la table, rejeta furieusement sa serviette jusque là établie sur ses genoux et se dirigea vers elle. Sa robe était verte et assez sage ; deux bretelles, un décolleté des plus légers…Elle faisait pitié à côté de Granger, songea Drago, perplexe.

- C'est une menace ? s'enquit la Gryffondor d'un ton faussement aimable.

- Je te déconseille de me reparler ainsi.

Granger lui offrit son plus beau –hypocrite- sourire avant de poser sa main sur l'épaule de la Serpentard en un geste compatissant.

- Va, ce soir est la soirée des morts. Nous te pleurerons –enfin pas moi- l'année prochaine. Nous nous rappellerons ces émouvants souvenirs ; toi avec Malefoy dans ce placard en sixième année, lorsque Rusard vous a découverts et que Crivey a pris cette sublime photo, votre rupture en cours de potion, et puis comme tu t'es jetée sur son meilleur ami en cours de potion…Ah, que de folies !

Elle ne put réprimer un sourire mi-rieur mi-acide. Elle fut interrompue par Bulstrode qui l'avait giflée.

Aussitôt, les yeux de Granger virèrent à deux anneaux de haine pure. Sa baguette apparut dans sa main en un temps record. Encore plus rapidement, Nott avait détalé tel un lapin vers la piste de danse.

Drago et Blaise se levèrent simultanément.

- Granger, baisse ta baguette, lança sèchement Drago.

- Oh, tu me défends ? s'exclama Milly, les yeux pétillants.

- Finalement non, trancha Drago en se rasseyant.

Granger, d'un sort informulé, lança un jet rose fushia qui atteignit discrètement Bulstrode, sans que personne ne le remarque, mis à part Drago et Blaise.
Ils haussèrent leurs épaules.

- Bon que veux-tu Granger ? soupira Drago.

- McGo a dit qu'on devait faire dix danses ce soir. On en a fait aucune, alors bouge, je m'ennuie, j'ai envie de partir.

- Et pourquoi je me lèverai ? s'intéressa faussement Drago.

- Parce que sinon, je ne jouerai pas au match de Quiddicth qui opposera Serpentard et Gryffondor et, vu l'entrainement draconien que vous subissez, ce serait dommage.

- Elle devient Serpentarde, affirma Butcher en souriant.

Drago se leva à contre cœur et tendit sa main vers la taille de la Gryffondor. Il avisa son décolleté qui n'était pas des plus désagréables.

Il l'entraina vers la piste, l'air ennuyé. Prenant son autre main dans la sienne, il la guida et ils se mirent à danser, un espace respectable entre eux.

- Quel sort lui as-tu lancé ?

- Un sortilège de pieds de béton, répondit-elle contre toute attente. Juste pour ce soir. Elle ne pourra pas danser.

Drago ne désapprouva pas et elle sembla le noter mentalement.

- T'es venue avec la belette ?

- Et toi avec Parkinson ?

- Non.

- Non plus.

- Alors qui ?

- Mieux vaut être seule que mal accompagnée.

Drago se contenta de hocher la tête pensivement.

- Pourquoi apprends-tu la magie noire ?

- Il n'y a pas de bien ni de mal, il n'y a que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher.

Il la regarda comme s'il ne la voyait pas, songeur.
Granger, avide de pouvoir ! Si on lui avait dit cela plus tôt, il n'y aurait pas cru. Mais le fait était là, sous ses yeux, c'était d'ailleurs elle qui le lui avait dit.

- Nott est un abruti. On s'entoure de ce que l'on est, dit-on.

- C'est bien pour ça que tu es avec Weasley. T'as couché avec, hein ?

- Je ne savais pas que ma vie sentimentale t'intéressait tant…

- Ce n'est que de la courtoisie envers une sang-de-bourbe.

Drago parcourut rapidement la salle du regard avant de poser ses pupilles grises sur un fait des plus amusants. Weasley lui-même était en train de piquer sa crise de nerf – autrement dit, sa crise de jalousie - de voir Drago danser avec Granger.
Fixant attentivement le rouquin qui virait au rouge, il attira encore plus près de lui la Gryffondor, tandis qu'un slow débutait.

Elle fit mine de le repousser mais pour la forme. Si l'un d'eux avait dû être dégoûté par cette étreinte, cela aurait été bien lui. Mais voir le roux être au bord de…Tiens, il prenait un sac en papier et soufflait dedans à toute vitesse alors que Brown lui tapotait l'épaule comme à un chien. Très divertissant.

La musique changea et laissa place à un air très rock.

- C'est moldu, gémit Drago en se plaquant les mains contre les oreilles.

- Hein-hein, souffla Granger en s'adaptant aussitôt au nouveau rythme.

Sa poitrine bougeait au rythme de ses mouvements fluides. Drago secoua sa tête et se détourna légèrement d'elle, furieux de s'être pris en flagrant délit de voyeurisme avec cette insupportable miss-je-sais-tout. Elle avait mis ses mains au-dessus de sa tête et donnait des coups de hanches, en chœur avec le tempo. Drago l'imita, avec agacement.

- C'est quoi ces paroles débiles ? soupira le Serpentard en se rapprochant d'elle.

- Tes mains ailleurs Malefoy, siffla celle-ci alors qu'il avait brièvement saisi ses hanches. Espèce de porc.

- Je n'éprouverai jamais rien d'autres que du dégoût pour toi.

Elle releva la tête et le toisa sèchement. Ses yeux étaient tels du caramel et Drago comprit qu'elle avait peu faire de ce qu'il venait de dire.

- Dieu t'en porte gré.

Il éclata de rire. Ils se séparèrent sur cette dernière phrase.
Granger rejoignit une table de deux personnes, dans un coin sombre de la salle, croisant les jambes. Sa robe la moulait à la perfection, appuyant ses courbes sans pudeur.

Elle s'empara d'un verre de whisky pur-feu, autorisé pour les septièmes années, et le but lentement, le regard dans le vague.

- Mec, tu regardes quoi ? demanda Blaise en se penchant vers Drago.

- Ta mission.

- Elle te plait ?

- En aucun cas. Tu m'excuses, j'ai une Poufsouffle en rendez-vous…

Butcher et Ham plaisantaient entre eux, tandis que Bullstrode scrutait Drago, comme patientant pour une déclaration d'amour… Oh, pitié.

Drago se leva souplement et une phrase lui vint en mémoire.

« On en a fait aucune alors bouge, je m'ennuie, j'ai envie de partir. »

Et Granger restait là, à boire distraitement, un verre de liqueur de cerise. Cul sec.

Elle décroisa ses jambes, les rangea sous la table et enroula ses doigts entre eux.
Elle fixait un garçon de Serdaigle d'une œillade lourde.

Drago décida de ne pas y attacher d'importance.

- Qui donc ?
- Abbot. Je dois voir si elle sera au niveau, pour remplacer Granger, après la mission, sourit Drago.

Et sur ce, il sortit.

Blaise se retourna vers Pansy. Elle était vêtue d'une robe noire qui dévoilait ses épaules et dont les manches étaient évasées. Elle s'arrêtait aux genoux mais était très jolie.
- J'ai besoin de toi, poupée.
- Je sais, je sais. T'es fichu, j'ai vu.
- Tu ne peux pas me le refuser.
- Je le sais aussi.
- De toute façon tu es pour le Seigneur des Ténèbres, pas vrai ?

Elle plongea ses prunelles vertes dans celles marron de son ami.

- Ne prends jamais rien pour acquis.

- Ca veut dire quoi ? s'exclama Blaise alors qu'il jetait des coups d'œil furtifs pour s'assurer que personne ne les écoutait.

- Je sais des choses ; mais je t'aiderai. Dis-moi.

- Tu sais quoi ? la pressa Blaise, inquiet soudain.

- Blaise, tu ne veux pas ouvrir les yeux, c'est ton choix. Je ne suis pas concernée. Je t'aiderai avec Granger.

- Merci, murmura Blaise, ému et apeuré. Je…Il faut continuer le développement mais je ne peux pas…Enfin, son savoir va bientôt dépasser le mien. Et je sais que toi, eh bien tu…

- Mon père a testé la plupart des nouveaux sorts sur les elfes de maison, je les connais tous, oui. Mais je ne lui révélerai jamais tout Blaise.

- Tu…tu as vu pour le Quidditch, hein ?

- Tu l'as entrainée ou pas ? demanda Pansy en fronçant ses sourcils.

- Non, nous n'avons jamais abordé le sujet.

- C'est donc la magie noire qui l'a aidée à développer ainsi ses capacités ?

- Oui. Aide-moi, je n'y arrive plus.

- Je t'aiderai.

Il se rapprocha d'elle et la serra jusqu'à l'étouffer dans ses bras.


REVIEWS!

BONNE LECTURE !