PARDONNEZ MOOOOOI! Et oui, je crois que ça va faire 3 mois que je n'ai pas publié, c'est un peu chaud quand même.
J'ai eu une grosse panne d'internet (merci la campagne) puis je ne vais pas la cacher, en décembre je n'ai rien écris, j'enchaînais les visites à l'hôpital de mon amie, donc aucune motivation, et je m'en excuse!

Mais sur ce, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, donc voilà la chapitre onze, un chapitre un peu... différent, avec comme prévu, un Sasuke qui se dévoile.

Bonne lectuuure!


Chapitre onze: Ma voix tu écouteras

Sakura, tu as le droit au bonheur, me répétai-je une multitude de fois. La confiance en soi était très dure à trouver et méritait un énorme travail sur soi-même. Avec tout l'aide que j'avais pu avoir, je n'y étais malheureusement pas arrivé. Je me demandais même si, un jour, je l'aurais, cette confiance. Parce qu'elle me manquait et je crois bien que c'était le plus gros morceau manquant à mon puzzle. J'avais besoin d'elle pour penser ne serait-ce un minimum à la guérison. C'était le tout ou rien. Je ne me sentais pas moi. La maladie faisait de moi une personne détestable. Qu'avait-on à m'envier, sincèrement. J'avais tout perdu. Notamment mon amour propre. Je n'étais plus désirée. Pour une fille de dix-sept ans, c'était tellement difficile de se résilier à ce pauvre discours. A cette malheureuse vérité. J'avais envie de plaire ne serait-ce qu'un minimum. J'avais envie qu'on me regarde en se disant « oh, putain, celle là, elle est belle. » J'avais envie qu'on se batte pour m'avoir. Mais les seules paroles qui m'étaient destinée ne ressemblaient qu'à de stupides « Tu as vu comment elle est maigre ? », « Tu crois qu'elle est malade ? ». Le contraire de mes attentes et à quoi bon m'en plaindre, j'ai tout fait pour être ce que je suis devenue.

- Tu n'as à plaire à personne, m'avait confiée Sasuke.

J'étais d'accord. Mais, à travers cette effroyable maladie, j'essayais de plaire à moi-même. De satisfaire mes attentes. Mais tellement de personnes me barraient le chemin. Ils ne voulaient pas mon bonheur, ce devait être ça. Je me renfermai à chaque discussion de peur de voir la vérité en face. « Tu as tord et nous avons raison Sakura. » Que cette foutue voix dans ma tête sorte. Je ne la supportais plus. Elle me hantait comme un esprit hanterait une pièce qui lui était chère. « Tu as envie de maigrir, revenait la voix destructrice, alors fais-le. Prive-toi, continue. Tu es sur une bonne voie. Ma voie. Je t'attends, regarde ». Et cela continuait sans s'arrêter. Et dans tout ça, je devais me trouver. Je devais me reprendre et guérir. Mais cette voix. Je l'aimais tellement. Elle m'aidait tellement à garder le cap. « Quel cap ? Hein. Le cap de l'enfer ? Résigne-toi tant qu'il en est encore temps ». Je frappais ma tête dans l'espoir d'effacer ces pensées. Mes larmes ruisselaient sur mes joues dévoilant mon incroyable faiblesse. Rien ne m'avait quittée. Tous ces démons, ils étaient là et ne s'en iraient probablement jamais. Je tapais encore contre moi-même d'une puissance que, moi-même, je n'aurais jamais pensé avoir. Des cris sortaient de ma bouche sans que je ne me rende compte de rien. Je suffoquais inlassablement. Des bras vinrent attraper mes mains et une voix me chuchotait de me calmer. J'obtempérais. Cependant, mes larmes, elles, restaient présentes et ne trahissaient aucunement mon ressenti.

- Tout va bien.

Je reconnus l'odeur de Sasuke aussitôt qu'il m'ait plaquée contre son torse. Une odeur légère, et agréable. Il murmura une nouvelle fois que tout allait bien et me berça lentement. Cela me calma que très peu mais son étreinte fit effet.

- Il faut que tu dormes Sakura, chuchota Sasuke. Tu as besoin de te reposer après cette épuisante journée.
- Je n'y arrive pas, réussis-je à dire. Il y a ces voix, sans arrêt, qui me...
- Chut, murmura t-il.
- Je ne réussirai jamais.

Une faiblesse s'empara de moi ce qui accentua, une nouvelle fois, mes sanglots qui avaient pourtant diminué il y a quelques minutes.

- Oh si, tu y arriveras. Laisse-toi le temps. Tout ne sera pas simple mais dis-toi qu'on ne gagne pas un combat sans s'être battu avec acharnement. Je serai là, Sasori et Hinata le seront ainsi que tes parents. Tu n'es pas seule.
- Mais moi, je le veux ?
- Au fond de toi, une petite voix te répète constamment qu'elle le veut.
- Alors pourquoi je ne l'entends pas ? dis-je en plantant mes yeux dans les siens.
- Parce que tu es trop préoccupé à écouter l'autre. Celle qui t'amène vers le bas et qui ne te veut que du mal.
- Elle me détruit, murmurai-je.
- Je sais. Mais tu vas lui tenir tête et à partir de demain, tu seras la nouvelle Sakura. Plus forte que cette machiavélique voix.
- C'est plus facile à dire qu'à faire tu sais.
- Mais j'ai confiance en toi.

Nous nous regardions dans le blanc des yeux. Sasuke prit une mèche rebelle et la replaça derrière mon oreille en espérant qu'elle tienne. Il me caressa la joue puis ses lèvres se posèrent délicatement sur mon front. Si seulement je pouvais détester cette voix qu'on disait machiavélique, mais malheureusement, je l'aimais cette voix. Elle était toujours à mes côtés, ne me quittait jamais, et j'aimais ça. Sasuke coupa court à mes pensées.

- Allez, dodo maintenant.

Alors qu'il se détachait de moi pour retourner dans sa chambre, une panique me prit de court. Rester seule me terrifiait. J'avais peur, maintenant. Avant, Elyssa me tenait toujours compagnie et lorsque cela allait mal, je me reposais sur son épaule. Tout a changé dorénavant. Ni sa présence, ni son épaule, n'étaient là pour me rassurer. Sasuke s'approchait de la porte et mes larmes se remirent à couler. Je ne contrôlais aucune de mes émotions ce soir et c'était vraiment étrange.

- Non Sasuke, pleurai-je, m'abandonne pas.

Son dos se retourna immédiatement vers moi et lorsqu'il me vit dans cet état pitoyable, il revint sur ses pas et encercla pour la deuxième fois de la soirée mon corps. Sasuke me coucha et remonta la couette jusqu'à mes épaules. Il se faufila, lui-aussi, en dessous du drap et me serra davantage.

- Merci, dis-je en reniflant.

Je cherchai sa main le long de son corps et, lorsque je la trouvai, je la serrai comme pour me rassurer. Me dire qu'il était là et que j'étais en sécurité. Mes paupières devenaient de plus en plus lourdes mais je bataillais pour ne pas les fermer de peur de retrouver ce cauchemar. Mais, contre toute attente, je ne dominais plus rien et partis dans les bras de Morphée.

Une petite lueur dérangea mon sommeil. Je clignai plusieurs fois les yeux avant de les ouvrir complètement. Je devais sans doute avoir mauvaise mine après la nuit que j'avais passé. Je tournai mon regard et découvris Sasuke tout endormi. Un léger sourire apparut sur mes lèvres. Il était mignon. Sa bouche s'entrouvrait légèrement et heureusement pour lui un filet de bave ne coulait pas. Je vis que le réveil juste en face de moi affichait dix heures trente. Je restai silencieuse tout en passant mes doigts sur la joue de Sasuke. Je m'amusais. Je le vis plisser son nez ce qui me fit rire.

- Tu es sadique dès le matin. C'est bon à savoir, venait-il de me dire.
- C'est même pas vrai, me plaignais-je.
- Menteuse, rit-il, mais j'aime ça alors tu peux continuer.
- Pour la peine, tu iras te brosser.
- Me brosser ? Oh mais Saku ça fait belle lurette qu'on n'utilise plus cette expression !
- La tienne n'est pas beaucoup mieux, me défendis-je.
- Tu m'as l'air d'aller mieux, ça fait plaisir à voir.
- Disons que j'essaie de ne pas trop y penser.

Ses mains se baladèrent sur mon bras dénudé en effectuant de petites caresses.

- Tu m'as manquée tu sais, avoua t-il.
- Toi aussi. Je pensais à toi tous les jours.
- Et moi toutes les heures ?
- Tu sais pas mentir, ris-je.
- Toi non plus, rajouta t-il en tirant la langue.

J'espérais que Sasuke prenne mes paroles très à cœur car elles étaient loin d'être mensongères. A être enfermée dans cette prison –oui, cela n'avait pas changé-, et à ne rien pouvoir faire, je pensais. Sans cesse. Tous les jours. Je m'imaginais à comment aurait été ma vie sans cette maladie, à comment Sasuke et moi nous serions rencontrés, je pensais également à comment serait ma famille avec moi. Évidemment, je n'avais aucune réponse.

- Tu ne crois pas qu'il serait préférable de se lever ?
- Probablement, dis-je, mais j'ai pas la foi.
- Oh que si, tu l'as.
- Non.
- Ah oui ?
- Mh mh, murmurai-je entre mes lèvres.

Sasuke me souriait et se mit à me chatouiller. En premier lieu, automatiquement, je me mis à rire. J'étais extrêmement sensible à ce genre de chatouilles. Cependant, subitement, je me refermais. Ses mains sur mon corps me brûlaient jusqu'à me paralyser. Je ne supportais pas qu'on me touche, j'en étais carrément malade. Je le suppliais de se stopper mais en vain. Je ne pouvais pas le plaindre, il était dans la rigolade. Seul lui pensait que ce moment était amusant. Et j'en étais tellement désolée.

- Sasuke, arrête.

Mon ton était froid et sérieux. Il le ressentit et se recula aussitôt. Je m'excusai du regard et sortis de mon lit avant de me ruer vers la salle de bain. Je me sentais bête. Trop bête. Je l'entendis sortir de la chambre. Mon dos cogna contre la porte et mes jambes me lâchèrent. J'enfouis mon visage dans le creux de mes mains où je sentis de l'humidité. Mes larmes. Elles témoignaient de ma faiblesse. Je me détestais de ne pas savoir être forte et de toujours m'effondrer à la moindre difficulté. Lorsque je relevai la tête pour combattre cette maladie, une barrière se hissait devant moi comme pour me dire que ça n'était pas cela mon chemin. Mais si, bordel ! Je me fatiguais.

Je me levai en laissant tomber mon pyjama puis pénétrai dans la douche. Ma peau fut tout d'abord en contact d'une eau froide, gelée je dirais même, mais plus les secondes passaient, plus la substance liquide se réchauffait. Je me laissais aller en penchant ma tête vers l'arrière. Mes mains parcouraient ma nuque la massant délicatement. Je m'emparai du gel douche et l'étalai sur chaque partie de mon corps. Mes os ressortaient et le fait de les sentir me rassurait. Je passais au niveau des cuisses et, de mes deux mains, je réussis à faire de le tour d'une ce qui, une nouvelle fois, me rassurait.

Je voulais me concilier avec mon corps, arrêter de le haïr et stopper toutes ces critiques mais je n'y arrivais pas. A faire un pas en avant, je me retrouvais finalement deux pas en arrière. Cela me déchirait. Ma tête se mit à tourner. Une crise de panique s'emparait de moi. Je baissai ma tête vers mes poignets et me mis à les scruter. J'avais tellement envie, bordel. « Ne fais pas ça, Saku » me dit une voix. Cette voix. Elyssa. « Reprends-toi » et pour la première fois depuis un certains temps, je me résignai et sortis de la douche.

_- Rien que pour toi, murmurai-je.

Je m'habillai rapidement et descendis les quelques marches qui me séparaient de ma famille.

- Ah, Saku ! sourit mon père. Tu vas bien ?
- Oui, merci, dis-je sur la défensive.
- Tu prendras quoi pour le petit déjeuner ?

Je riais intérieurement. Je ne voulais rien. Mon père agissait comme si jamais rien ne s'était passé. Il était paisible et souriait à n'importe quelle chose que l'on pouvait lui dire.

- Où est Sasuke?
- Tu ne m'as pas répondue, dit-il d'un ton plus dur.
- Je n'ai pas faim.
- Pourtant à l'hôpital tu mangeais, intervint ma mère.
- J'y étais obligée.
- Nous aussi on t'y oblige Sakura.
- Je m'en fiche. Je ne veux pas.
- Ne commence pas comme ça sinon je te renvoie immédiatement d'où tu viens ! hurla ma mère.
- Et bien fais-le puisque tu en as tellement marre de moi !
- Ne joue pas au plus con avec moi. Si on t'a autorisée à sortir c'est parce que tu as fait des efforts et que tu as eu une montée de poids.
- Ben parlons-en de ma prise de poids, me vexai-je, je déteste ces foutus médecins de m'avoir faite grossir ! Je me sens comme si j'étais une obèse et que j'avais pris dix kilos.

Mon père me prit le visage en main, planta son regard dans le mien et posa son front contre le mien.

- Je t'interdis de dire que tu es une obèse, tu m'entends ? Si tu tiens à te comparer, fais-le avec des personnes de ta corpulence et tu verras que tu n'es pas aussi grosse que tu le prétends. Loin de là même. Arrête de sans cesse te critiquer comme si tu étais une moins que rien. T'es assez intelligente Sakura. Bats-toi merde. Tu as fait des efforts depuis ton hospitalisation et je suis fier de toi. Ne gâche pas tout s'il te plaît et poursuis les. Il y a tellement de personnes qui souhaitent te voir épanouie comme au premier jour. Montre leur que cette Sakura existe encore. Arrête de vouloir la cacher. C'est elle qu'on aime. Pas celle que tu souhaites devenir. Il est encore temps de faire machine arrière, de prendre ta vie en mains et de guérir.

Je fermai mes yeux suite à ce discours. Il venait de me toucher en plein cœur. A travers ses mots, je sentais toute la tristesse qu'il essayait tant bien que mal de cacher auprès des autres. Mais avec moi, cela ne marchait pas. Je le connaissais par cœur. Quelques années en arrière, nous passions nos soirées ensemble à se parler. Je me confiais et lui cherchait des solutions à mes problèmes. « S'il y a un problème c'est qu'il y a une solution. S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problèmes » me répétait mon père. Et il avait raison. Ce temps me manquait plus que je n'aurai pu l'imaginer. J'en avais marre de me cacher et d'être quelqu'un qui ne me correspondait pas. Je devais me prendre en mains. Je le devais. Mais, au fond de moi, cette voix continuait de me bouffer de l'intérieur. Elle était plus forte que toutes ces paroles qui étaient destinées à me faire réagir. Elle me suivait partout, telle une ombre, telle une amie fidèle. Elle était plus forte que tous les compliments qu'on pouvait me faire. Plus forte que ma propre voix. Plus forte que tout. Et ça, personne ne pouvait le comprendre. Le démon me susurrait à l'oreille de partir et de me laisser couler. L'ange me chuchotait de faire un effort. Juste ça.

- Je veux bien un yaourt, déclarai-je d'une petite voix.

Il soufflait de soulagement et me plaquait un bisou sur le front avant de s'en aller dans la cuisine. J'avais les larmes aux yeux mais me promis de ne rien laisser couler. J'allais être forte dorénavant. Mes yeux se perdirent dans ceux de ma mère qui n'avaient aucune émotion. Les miens étaient semblables aux siens. Noir de colère, vide d'émotions. Je marchais pour retrouver mon père et me mis à manger ce pot de laitage en fermant les yeux à chaque cuillerée.

- Hinata a appelé pour savoir comment tu allais.

Je relevai automatiquement mes yeux vers mon père. Hinata, ma meilleure amie, elle me manquait.

- Tu lui as dit quoi ?
- Qu'il y avait encore du chemin. Elle a besoin de te parler.
- C'est elle qui t'a dit ça ?
- Oui. Je lui ai proposée de passer mais elle a refusé. Elle m'a demandée de te transmettre d'aller la rejoindre au skate parc.
- Quand ça ?
- Hm, dit-il en regardant l'horloge, à 14h.
- Je peux sortir ?
- Sakura, enfin, heureusement que tu vas sortir, oui !
- Merci.

Je jetai mon yaourt à la poubelle. Je venais seulement de manger la moitié de celui-ci et pourtant j'étais déjà ballonnée. De plus, nous allions manger d'ici deux heures. Je cherchai dans la maison où se trouvait Sasuke mais aucune trace de lui.

Sms à Saskey .
Tu es où ?

Je remontai deux par deux les marches de l'escalier et arrivai en haut essoufflée. Je n'en tenais pas rigueur et entrai dans la deuxième chambre du couloir. Celle-ci était plongée dans l'obscurité ce qui ne m'aidait pas pour me diriger. Je me glissai sous les couvertures et passai mon bras autour de sa taille. Il avait le corps chaud.

- Hm, dégagez les gars, dit-il tout endormi.
- Hm, jusqu'à nouvel ordre, je ne suis pas Deidara, ou n'importe quel autre de tes amis.
- Oh, Saky chérie ?
- Beurk, mimai-je un vomissement, c'est moche.
- Jamais satisfaite cette fille, rit-il.
- Tu devrais t'y faire depuis le temps, Sasou chéri.
- Casse-toi de là avec ton surnom à deux balles.
- Donnant- donnant.
- Tu gagnes pour cette fois.
- Ne fais pas genre. Je gagne toujours.

Sasori lança un soupire, comme un « pfeu » de très longue durée ce qui me fit rire. La minute d'après, il me prit dans ses bras. Geste que je ne compris pas immédiatement. Cependant, je resserrai notre étreinte.

- Hey, dis-je d'une voix douce, il se passe quoi ?
- Rien, rien. Tu m'as manquée, c'est tout.
- Toi aussi.
- C'était comment là bas ?
- Dur.

Il relevait son regard vers moi. Il attendait plus, je le sentais.

- Épuisant. Horrible. Ennuyant. Douloureux. Blessant.
- Je crois que tu peux t'arrêter là.
- Je ne veux plus y retourner Sasori. Je t'en supplie, fais tout pour que je reste à la maison.
- Fais des efforts et j'en ferais de mon côté.
- Mais pourquoi tu marches toujours au chantage ?
- Parce qu'il n'y a que ça qui fonctionne avec toi, non ?
- Non.
- Ne nie pas, s'il te plaît.
- Je vais t'expliquer quelque chose. Les efforts, j'aimerais les faire. Je te le promets. Mais je n'y arrive pas. Se sortir de l'anorexie, ce n'est pas seulement une question de volonté. Je me répète peut-être mais j'ai cette voix qui reste plantée dans ma tête et qui ne veut pas sortir. Elle me bouffe et je la suis. Parce qu'elle me fait garder un contrôle sur mon corps que je n'ai pas avec l'autre, celle qui me dit d'arrêter mes conneries. Je ne vais pas te le cacher mais j'aime me voir maigrir. J'aime me voir refuser de la nourriture. Parce que je me dis que je domine face à toutes ces graisses qui me narguent. C'est plus fort que moi.
- Tu as envie de te faire plaisir parfois ? Je veux dire. Quand tu vois une pâtisserie que tu adorais avant ou que tu as un gâteau en face de toi. Tu as envie d'y goûter ?
- Oui. Mais je ne peux pas.
- Pourquoi ? On te l'a déjà tellement répété que ce n'est pas en mangeant ça que tu vas prendre du poids.
- Elle me pousse à ne pas manger et je l'écoute.
- Je la piétinerai bien jusqu'à la crever cette voix.

Je ne répondais plus rien. Je n'avais rien à dire. Il avait peut-être raison, il fallait la crever. C'était sans compter sur moi, elle m'avait déjà bien dominée et fatiguée. Je fis un bisou sur la joue de Sasori.

Sms de Saskey .

J'étais prendre une douche dans la salle de bain du bas. Je suis dans « ma » chambre. Je t'attends.

- Il m'a raconté.

Il parlait de Sasuke. De quoi, cependant, je l'ignorais.

- Pardon ?

Sasori prit sa télécommande et ouvrit les volets à distance. Nos visages se découvrirent. Mon frère se redressa sur son lit m'emportant avec lui. Je me mis en tailleur devant lui.

- Tu sais, tu aurais pu me le dire, je ne t'aurais jamais jugé. Tu es ma sœur et je m'inquiète juste pour toi.
- Mais de quoi tu parles ?
- Je sais que tu te fais vomir.

Attendez. Sasuke avait avoué à Sasori que je me faisais vomir ? Il venait de me trahir ? En beauté, je dirais même. Ma colère monta et je me mis rapidement sur mes deux pieds.

- Tu te fous de ma gueule là ?
- Ne lui en veux pas. C'est moi qui lui ai demandé s'il y avait des choses qu'on ne savait pas.
- Mais je lui faisais confiance putain ! criai-je hors de moi. C'était entre nous. Personne n'était censé l'apprendre.
- Pourquoi tu réagis comme ça ? Ce devrait être moi qui sois énervé parce que tu ne m'as rien dit !
- Je n'allais pas venir comme une fleur « oui, salut Sasori, je viens de me faire vomir, au revoir ». J'ai honte de ce que je fais, je ne vais pas le crier sur tous les toits !
- Mais je suis ton frère quand même !
- Si ça peut te rassurer, Sasuke n'est pas au courant de mes malaises.
- Super, grâce à ça je suis content, tu as refait ma journée.
- Qu'est c'que tu peux être con.
- Et toi, qu'est c'que tu peux être bornée.

Et voilà. Nous voilà une nouvelle fois à nous disputer. J'en avais plus que marre. Je sortis de sa chambre et me dirigeai vers celle de Sasuke. Je n'accordais pas facilement ma confiance aux gens. J'avais demandé à Sasuke de ne rien dire. A personne. Et j'apprends qu'il me trahit, un couteau en plein dans le dos ? Il n'avait même pas osé venir me le dire en face. Je rentrai sans même frapper et claquai la porte pour la refermer.

T'es énervé ? me demanda Sasuke en se tournant vers moi.
- Pourquoi ? Ça ne se voit pas assez sur mon visage ?
- Il t'arrive quoi là ?
- Il m'arrive que je viens d'apprendre que tu n'es pas fichu de tenir une promesse.
- Je te demande pardon ? Tu sais très bien que je les tiens !
- Ah ouais ? ris-je nerveusement. Je peux savoir pourquoi tu as dit à Sasori que je me faisais vomir alors ? Ah moins que tu ais croisé les doigts en me promettant de ne rien dire, ce que je doute fort.
- Je...c'est pour toi que j'ai fait ça.
- Pour moi ? C'est tout ce que tu as à me dire ? Je suis désolée mais une promesse est une promesse. Je te faisais confiance !
- Pardonne-moi. J'admets que sur le coup là, je n'ai pas géré mais tu te rends compte à quel point je suis inquiet pour toi ? Tu étais à l'hôpital, je ne savais pas quand je te reverrais, je ne savais même pas si tu allais bien et ton frère me demandait si tu lui cachais quelque chose.
- Ce n'était pas une raison pour le lui dire. Un « non » aurait suffit.
- Je ne mens pas ouvertement aux gens, moi, dit-il d'un ton froid.
- Tu fais référence à qui en disant ça ?
- Je ne sais pas. A toi, peut-être.
- Mais tu n'es qu'une enflure parmi tant d'autres, balançai-je.
- Tu me penses vraiment comme ça ?
- Tu lui as parlée de l'autre chose ? le regardai-je dans le blanc des yeux.

Par autre chose je voyais la mutilation.

- Non. Je me suis dit qu'en ne parlant pas de ça tu aurais encore de la confiance en moi mais je vois que je me suis trompée.
- L'un ou l'autre, tu m'as blessée Sasuke.
- Je sais. Mais ça n'est même pas comparable à combien toi tu me blesses.

Essayait-il de me faire culpabiliser de lui infliger toute cette histoire et cette souffrance ? Si oui, il baisserait encore un peu plus dans mon estime sachant qu'il avait attendu une dispute pour le balancer en pleine figure. Je ne revenais pas de ces révélations.

- Alors pars. Arrête de me parler. Oublie-moi. Et tu verras que tu ne seras plus blessé par ma personne.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire et tu le sais très bien.
- Je ne répète que ce que j'entends. Tu n'es pas celui que je croyais être.

Je ne le laissais pas répondre et quittai les lieux. Mon père nous appelait déjà pour manger. C'était bien la dernière chose que je voulais faire à cet instant. Mais je fermais une nouvelle fois ma bouche et m'installai sur une chaise. Sasori prit place en face de moi juste aux côtés de ma mère. Sasuke s'assied à mes côtés et mon père se retrouvait en bout de table. Mes parents avaient préparé du lapin avec des pâtes ainsi que des légumes. Elle servit tout le monde quand vint mon tour. Elle me montra du doigt le lapin mais je fis un non de la tête. Je n'aimais pas ça.

- Il faut que tu manges de la viande.
- Je ne l'aime pas ta viande.

Elle soufflait mais ne répondit rien. Heureusement. Lorsque j'étais de très mauvaise humeur ou bien même énervée, j'avais tendance à dire des choses qui dépassaient ma pensée. Elle me donna mon assiette et nous commençâmes tous à manger. Comme à mon habitude, je trifouillais mes aliments et n'en avalaient pas.

- Quatre fourchettes de légumes et trois de pâtes. Sans ça, tu ne sors pas de table.

Je voyais que mon père avait pris de nouvelles résolutions. Ils m'énervaient à vouloir faire les gendarmes alors qu'ils n'étaient strictement personne. Avec énormément de mal, je commençai à manger la première fourchette de légume. Puis la deuxième. Sasuke passa sa main sur mon genou comme il le faisait si bien avant mon hospitalisation pour m'encourager mais cette fois-ci je n'en voulais pas de sa compassion. Je retirai sa main immédiatement et me dépêchai de manger. A la fin du repas, je suppliai mes parents de ne pas me donner de dessert pour cette fois et je réussis à les convaincre. Je pris mon portable et mes clés et fila retrouver Hinata. Je courus jusqu'à notre point de rendez-vous. Je n'avais pu me faire vomir ce repas alors j'espérais éliminer un peu en courant. Je la trouvai assise sur un banc.

- Tu vas bien ?

Elle se retourna en entendant ma voix. Un sourire s'étira et elle me prit dans ses bras délicatement. Comme si elle avait peur de me casser quelque chose. Nous nous fîmes quelques embrassades et nous posâmes sur le banc.

- Je vais bien. Mais toi ?
- J'essaie.
- Tu retournes à l'hôpital ou tu es définitivement dehors ?
- J'y retourne dans une semaine, dis-je en baissant la tête.
- Tu vas t'en sortir, d'accord ? Tu as fait déjà d'énormes pas.
- Je n'en suis pas si sûr que toi.
- Je le suis.

Sauf que Hinata, il y a une chose que tu ne sais pas, c'est que je me fais vomir et depuis peu je pratique la scarification. Qu'est ce que j'aurais aimé le lui dire ! Mais je n'y arrivais pas. Comme une barrière. Pourtant, elle était ma meilleure amie.

- Tu voulais me parler ?
- Ou..Oui. Promets-moi de ne pas me détester après ça.
- Je ne peux rien te promettre. Mais je suis certaine que ce que tu me diras ne me fera pas te détester. Alors ?

Elle jouait avec ses doigts et ne les quittait pas du regard. Elle commençait à me stresser.

- Je suis avec Ayase.
- Elle est bonne celle là. Allez, dis moi ce que tu veux me dire.
- Je suis avec Ayase, Sakura. C'est ça que je veux te dire.
- Tu..tu sors avec lui ? Bisous sur la bouche et tout ?
- Oui.
- Regarde-moi.

Elle releva son regard.

- Tu te fous de ma gueule là ?
- Je ne savais pas comment te le dire. Je sais à quel point tu le déteste et à quel point il t'a humiliée étant jeune.
- Et pas qu'un peu, oui !
- Mais il a changé. Je t'assure. Apprends à le connaître et tu verras que j'ai raison.
- Je n'apprendrais à connaître personne et encore moins lui. Comment tu peux me faire ça ? Tu étais témoin de toutes ses insultes envers moi ! Tu voyais à quel point il me pourrissait et maintenant tu es en couple avec lui ? Mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité là !
- Je suis désolée.
- Pas autant que moi.

Je la laissai seule sur ce banc sans même poser un moindre regard sur elle. Je n'avais accordé ma confiance qu'à deux personnes. Et ces deux personnes, en un jour, avaient réussi à me trahir. Je ne pouvais pas espérer pire pour mon premier jour de « liberté ». Je courrai une nouvelle fois mais en accélérant ma cadence. Mes larmes dévalaient sur mes joues. J'avais tout fait pour les retenir mais ça en était trop pour moi. J'étais prête à faire des efforts mais ma gentillesse avait atteint ses limites. Je n'étais qu'une pauvre petite naïve ! J'arrivai dans mon endroit. Il m'avait tellement manquée ! Je m'assieds juste devant ce lac si calme. Mes pensées se perdirent sur celui-ci. Pourquoi tout devait-être dur dans la vie ? Pourquoi nous n'étions pas condamnés à vivre en plein bonheur durant des années et des années ? J'enviais cette vie. Parce que la mienne ne rimait à rien. Elyssa me revint en tête ce qui accentua mes pleurs. Elle m'était d'une grande aide et je me retrouvais maintenant seule. Je sortis de ma veste une lame. Je l'avais cachée avant de partir. Je pleurai tellement que ma vue se brouillait et m'empêchait de voir net. J'allais passer cette lame le long de mon poignets mais une voix me stoppa.

_-Tu sais, je me suis toujours demandé si je t'étais d'une grande aide. C'est vrai. Je ne vis pas ta maladie, je n'ai pas cette voix dans ma tête, je n'ai pas cette sensation d'être mal dans ma peau. Je ne peux pas te comprendre. J'essaie pourtant. Du mieux que je le peux. J'ai fait des efforts pour toi, plus que pour quiconque , je me suis battu pour venir te voir, j'ai toujours pris sur moi lorsque tu me disais chaque jour les horreurs que tu faisais. C'est bête à dire mais tu m'as fait mûrir. Je n'étais qu'un pauvre crétin qui ne comprenait rien à la vie. Mais tu vois. Même si je n'y comprenais rien. Je sais que ce n'est pas ça la vie. Tu mérites pas ce que tu subis, personne ne le mérite.

Il y eu un silence.

- Je suis con. Je fais tout de travers. Mais je tiens tellement à toi que, tu vois, j'en viens à faire n'importe quoi. Je ne sais plus comment je dois réagir. Je ne sais plus lorsque je dois être tendre ou lorsque je dois être dur. La maladie t'a forgée une carapace. Une putain de carapace. Je n'arrive pas à la casser. La seule qui peut la casser, c'est toi Sakura. Je ne suis pas dans ta tête. Mais je peux t'aider. Tout le monde peut t'aider. Seulement, il faut que tu le veuilles, il faut que tu nous ouvres ta porte. Il faut que tu pètes cette bulle dans laquelle tu vis et que tu nous ouvres ton cœur. Dévoile-toi, on ne demande que ça. Si tu tiens ne serait-ce qu'un petit peu à notre amitié. A notre histoire. Je te demande de poser cette lame. Elle ne te veut que du mal. Elle est ton ennemie. Cesse de rejeter ceux qui veulent t'aider. Tu ne le vois peut-être pas mais je tiens à toi comme à la prunelle de mes yeux. Ta rencontre est la plus belle chose qui me soit arrivée. Et même si tu me crieras des horreurs en pleine gueule, même si tu me diras de dégager, je ne le ferais pas. Jamais. Je te soutiendrais jusqu'à ce que tu sois définitivement guéris. Je te protégerais de tout malheur. Je sais que tu n'en peux plus mais moi non plus je n'en peux plus de te voir dans cet état. Tu n'as peut-être plus confiance en moi et pourtant. Je te reconquerrai s'il le faut. Mais, par pitié, pense à tous nos bons moments, pense à ta famille, pense à Suzuka et...Elyssa. Pense à Sasori. Pense à Hinata. Pense à moi. Et pose la lame. Ne la laisse pas te guider. Tu es beaucoup plus forte que ça et je le sais. Tu es une battante. Tu vas t'en sortir. Avec un peu de courage et d'efforts. Personne n'est parfait sur cette terre. Pas même moi. Ne te détruis pas. Ne te donne pas la mort. Je suis là, moi. Et je t'aime.

« Le jeu continue, Ana veut qu'il continue, mais alors, pourquoi, pourquoi écoutes-tu une autre voix? »


Et voilàààà, alors qu'en avez vous pensé?
Et ouuui, encore et toujours, je sens que par moment Sakura doit vous énervez... C'est aussi mon cas ne vous inquiétez pas xd
Mais bon, il faut de tout j'ai envie de dire!

[ Enfin, je reviens, mais une chose est certaine, les chapitres toutes les semaines... ça ne va plus être possible, c'était vraiment trop de travail pour moi je m'en rends compte, je n'ai plus de chapitres d'avance, mes idées vont et viennes comme elles veulent. Mes examens blancs s'enchaînent, sans compter le fait que le week end je suis souvent à l'hôpital dès que j'ai du temps libre donc ça va être compliqué de publier souvent.
Je m'en excuse! ]


Réponse au commentaires:

Anya Silvery: Salut! Et bien je suis heureuse que tu la découvres et que tu l'apprécies, merci! Ah oui, c'est vrai que c'est dur de s'imaginer tout ça, je suis bien d'accord avec toi. Heureuse que tu prennes conscience de ça alors, d'autant plus si je peux en être la cause, et merci à toi de lire et commenter cette histoire!

PS: Malheureusement, tout le monde connait ce moment, on a du mal à s'accepter, on voudrait changer, même l'impossible, ne t'inquiète pas, tout le monde l'a vécu, et j'étais encore en plein dedans il y a peu. Si je peux te conseiller, essaie de prendre confiance en toi, c'est long et difficile je sais, mais essaie de voir le positif à la place du négatif, si tu complexes sur ton physique, sur ton poids comme moi j'ai fais, c'est difficile de changer, et surtout de ne pas sombrer quand on a une amie qui te dit que l'anorexie à ses points positifs. Toi si tu veux changer, si tu complexes vraiment sur ça et que tu ne t'acceptes pas, donne toi les moyens pour que TU te sentes mieux dans ta peau, surtout pas pour les autres, les régimes ne sont pas la solutions, tu dois le savoir mais manger sainement, et avoir une activité physique régulière est la seule bonne solution.
Retiens que tu dois le faire pour toi, et pas pour les autres, et prend confiance en toi, tu y arriveras :)

FairyQuin: OUUUUI C'EST VRAI! On voudrai qu'elle se bouge les fesses hein? Reste à voir si elle en a envie, mais qui sait, peut être est-elle proche de la guérison
Ah oui, moi aussi je m'étais attachée à Elyssa, mais bon ,ainsi va la vie ...
Merci de ton soutient!

Isabella-57: Oui, c'est bien vrai, Elyssa était à un autre stade que Sakura, à voir si elle voudra guérir un jour mais bon, on se doute que quelqu'un fera tout pour l'y aider eheh. Meeeerci à toi!