Hello tout le monde ! Deux ans après je reviens haha… J'espère que le chapitre précédent vous a plu (pas trop dur ? :p) A part ça, on s'approche de la fin de l'histoire ! C'était un peu longuet tout ça, mais la fin sera bien j'espère :) Bonne lecture !
Part Eleven
Prostré dans son coin, il ne pouvait rien faire. Il se sentait inutile et stupide. Tout était sa faute. Son manque de contrôle, son excitation à tout diriger, à aider tout le monde. Il s'était attiré des problèmes tout seul.
Il se passa une main sur le visage.
S'il avait su qu'il n'était pas aussi compétent que ça, il n'aurait sans aucun doute jamais fait ce qu'il avait fait. Mais voilà, on est ce qu'on est. Imbu de sa propre personne, arrogant façonné par les bancs d'Oxford, il n'a pas vu le potentiel danger en face de lui.
Charles s'appuya contre le mur invisible. Bloqué dans son propre esprit, dans sa propre conscience, c'était à peine s'il pouvait interagir avec ce qu'il était devenu. Il pouvait tout voir, entendre, sentir, mais il n'avait aucune emprise sur le monde extérieur. Depuis quelques semaines, c'était lui et cette chambre – son esprit. Noire, blanche, avec vue sur le monde extérieur ou sur des souvenirs, Charles pouvait encore choisir dans quel environnement se morfondre. Depuis quelques temps, il se fixait l'image de Raven. Raven qui lui manquait. Raven qu'il avait laissé tomber et qu'il n'avait pas pu défendre, qu'il avait laissée aux mains de cette personne qu'il n'était pas.
Raven.
Sean, Alex, Hank.
Erik.
Il devait les guider – il se l'était promis. Mais il avait failli à sa tâche, et maintenant, il devenait de plus en plus dangereux.
Il se revit il y a quelques mois, à entraîner les jeunes et Erik. La tête penchée, il regardait les souvenirs défiler. Il passa ses mains sur son visage l'image se bloqua sur un souvenir. Là où tout cela avait commencé. Sa plus grande erreur.
C'était une journée d'automne – septembre ? octobre ? Il ne se souvenait plus vraiment- il était en entraînement avec Erik. Ils avaient décidé de finir sur un entraînement psychique. Charles devait pousser Erik dans ses derniers retranchements avec son esprit, et Erik devait lui barrer la route. Ils avaient passé beaucoup de temps et d'énergie dessus, il s'en souvenait. Erik lui avait donné l'autorisation de pénétrer dans son esprit, et Charles avait débuté à mettre Erik sous pression. Ce dernier tentait tant bien que mal d'ériger ses défenses. D'un coup, Charles augmenta sa puissance de frappe, et les défenses d'Erik volèrent subitement en éclat. Charles se retrouva projeté au fin fond de l'esprit d'Erik et ce fut à ce moment qu'il regretta sa nature curieuse et sa trop haute estime en lui-même. Au lieu de s'écarter, Charles s'était laissé imprégner des pensées, souvenirs, idées, tout ce qui passait par la tête d'Erik. Mais ce recoin refoulé ne devait jamais être découvert par qui que ce soit. Ni même par Erik – il y avait une raison pour laquelle les plus importantes défenses y étaient placées, et son enfouissement profond. Mais Charles n'en avait que faire.
Il signala à Erik la faiblesse de ses défenses, et ils continuèrent à travailler. L'intrusion unique de Charles n'avait duré que deux à trois secondes, mais ça avait été suffisant – pour un esprit aussi souple et absorbant que celui de Charles. Et une fois l'entraînement fini, ils étaient partis se changer, puis avaient fait une partie d'échecs.
Et les migraines avaient débutés. D'abord sourdes, il les mettait sur le compte de la fatigue. Mais elles devinrent plus soutenues et prolongées. Ça ne lui était jamais arrivé auparavant elles devenaient plus violentes que celles qu'il avait eues quand son pouvoir s'était manifesté. Il avait dû aller en parler à Hank, et avait pris un cachet. Hank s'était inquiété, ce brave garçon, et lui avait demandé d'échelonner sa douleur. 6, avait-il répondu. Mais Charles souffrait terriblement. Il ne voulait pas inquiéter Hank, alors il lui avait menti. Puis il avait mis Cerebro la douleur s'était évanouie aussitôt. Elle avait disparu, le temps de localiser des mutants. Mais une fois Cerebro retiré, elle était revenue aussi vite qu'elle était partie.
Et dans sa tête, ça parlait. Et ça remontait des souvenirs qu'il avait refoulés. De douloureux épisodes de sa jeunesse, qu'il n'avait partagés avec personne, ni même Raven.
Puis il y eut cette journée sur la plage de Cuba. Ils avaient enfin réussit à coincer Shaw.
Et Erik avait bougé cette pièce – Charles commença à trembler lorsque le souvenir réapparut sous ses yeux. Il l'avait supplié, mais il ne l'avait pas entendu. Et la pièce s'était enfoncée et…
Charles ferma les yeux, grimaça en serrant les poings et la mâchoire. Il ne pouvait pas – plus- y repenser.
Erik était sorti du sous-marin, Charles tentait de rester éveillé tandis que tapait dans ses tempes la migraine qui avait repris, et qui tambourinait – comme si quelqu'un voulait sortir de son crâne et c'était insoutenable mais il devait résister… Il ne pouvait pas lâcher… Il savait qu'il ne pouvait pas lâcher prise sinon tout serait perdu. Mais il ne tint pas le coup. En un dixième de seconde, il s'était retrouvé écarté. Et dut observer avec horreur les scènes qui suivirent.
La façon dont il avait tiré de sang froid sur Erik. Il avait hurlé intérieurement, mais personne n'avait rien entendu. Et puis, il était parti. Il avait laissé Erik blessé sur cette plage. Les jours qui suivirent, Charles tentait désespérément de se connecter à Erik, de savoir s'il allait bien. Mais il était trop faible pour arriver à quoi que ce soit seul.
Alors il décida de rentrer dans l'esprit de celui qui contrôlait ses actions. Il avait ressorti de vieux souvenirs, de vieilles angoisses, des nuits passées sous ses couvertures, dans sa chambre fermée à double tour.
Charles avait une enfance divisée. Divisée en deux grandes parties. Une première où tout était beau, joyeux, familial. Il se souvenait des moments qu'il passait avec ses parents. Son père Brian, sa mère Sharon. Le manoir Xavier était alors toujours illuminé, plein de vie et de rires. Ils recevaient beaucoup d'amis.
Et un jour, il apprenait que son père ne reviendrait jamais. Un accident dans la centrale où il travaillait.
Sharon était détruite, et elle passa plusieurs mois seule, se renfermant sur elle-même. Quelques années plus tard, Charles développa ses capacités télépathiques. Il était effrayé au tout début il allait voir sa mère quand il pensait qu'elle lui parlait, alors qu'elle n'était qu'en train de réfléchir. Charles comprit très vite son pouvoir, et le cacha et apprit à le manipuler petit à petit.
Et Kurt était arrivé dans leur vie – du moins dans la vie de sa mère. Il l'avait réconfortée, séduite et épousée. Par amour ? Pas vraiment, quand on connaissait la fortune des Xavier. Charles avait découvert ses intentions en fouillant son esprit – il était jeune et était entièrement contre ce marriage.
Les premières années, Kurt favorisait Charles par rapport à son propre fils. Mais Charles ne se laissait pas berner. Et il découvrit assez vite que Kurt battait son propre fils, Cain.
Cain lui dit un jour qu'il pensait que son père était impliqué dans la mort du père de Charles. Ce dernier ne voulut pas relever, mais garda l'histoire en mémoire.
Et Kurt devint de plus en plus violent et s'en prit à Sharon. Charles s'était interposé plusieurs fois, pour aider sa mère. Mais cette dernière sombra dans l'alcool et l'atmosphère ne s'améliora pas. Régulièrement, Charles s'immisçait dans l'esprit de sa mère pour partager sa douleur et la soulager. Mais elle finit par mourir de chagrin.
Charles en eut le cœur brisé, et les dernières années passées dans le manoir des Xavier étaient emplies de solitude.
Ou peut-être pas. Car Raven avait rejoint leur famille peu de temps avant la mort de Sharon. Charles la protégeait de son mieux, quelques fois excessivement. Mais elle était sa fierté, et il l'aimait énormément.
Charles se retourna vers le mur et y apposa sa main. Il inspira longuement et ferma les yeux. Il avait remarqué combien ses propres souvenirs perturbaient le faux Charles. Il tremblait de rage à chaque fois – était-ce contre Charles lui-même ou contre les évènements qu'il avait vécu ? Aucun des deux ne le savait, et c'est ce qui rendait l'autre Charles complètement dingue.
Il fallait aider cette gamine, il fallait qu'elle se sauve.
Et lança une nouvelle vague de souvenirs.
Le faux Charles serrait les dents, la douleur se pointant dans le fond de sa tête. Encore cette enflure… Il observa Raven qui lisait le journal du jour, et la petite Lydia allongée sur le lit, inconsciente. Il n'avait pas besoin de ses pouvoirs de vision, mais plutôt de sa capacité de détection qu'elle n'avait pas encore découvert. Elle pouvait détecter les mutants à venir, ceux qui n'ont pas encore exprimé leurs pouvoirs. Il irait les chercher un par un, les sortir de leur misère, les amener et les sauver. Faire d'eux des gens exceptionnels. Des gens que le monde entier devra reconnaître…
« Donc c'est bien ça, tu es une partie de ses pensées…, commença Charles.
-Je suis une personne à part entière. Je suis toi, répondit le faux Charles en sifflant.
-Ce n'est pas l'impression que ça me donne. Je pense que je me connais assez pour ça.
-Qu'est-ce que tu viens foutre encore ? Retourne te morfondre dans un coin de ma tête, puisque je ne peux pas me débarrasser de toi.
-Je t'ai dit que je ne te laisserai pas faire. Je me battrai contre toi jusqu'au bout. »
Sur ces mots, Charles envoyant une autre salve de douleur. Encore un peu et il pourrait enfin faire quelque chose…
L'autre Charles serra les poings et se leva pour aller dans la salle de bains. Cette nuisance dans sa tête était devenue infernale. Il ne pensait pas qu'il allait se réveiller et encore moins se rebeller. Apparemment, il n'avait pas mis de barrières psychiques assez puissantes… encore fallait-il localiser la vermine. Il ne pouvait pas prendre le risque de sceller certaines de ses capacités juste pour le faire taire. Il ferait avec. Et avec cette insoutenable douleur.
Soudain la douleur disparut. D'un coup. Il inspira un bon coup avant de retourner dans la chambre.
Et il tomba à genoux en se tenant la tête. Les murs et le sol tanguaient, un bourdonnement sourd vrillait ses oreilles. Il avait trouvé la faille ! Il était en train d'agir ! Il ne pouvait pas le laisser faire !
Dès que Charles avait entrevu la faille dans son esprit, il s'y était engouffré et pour la première depuis longtemps, son esprit se balada à l'extérieur de son corps. Il alla vers Raven et la rendit inconsciente. Il en profita pour faire sauter le verrou amnésique posé par l'autre. Puis il se dirigea vers Lydia. La jeune fille était encore inconsciente, et Charles entra lentement dans son esprit. Il allait devoir lui prouver qu'il était bien Charles, et non pas l'usurpateur.
« Lydia ? Lydia réveille-toi.
-Qui-qui êtes-vous ?
-C'est Charles, je suis le véritable Charles et il me reste peu de temps pour pouvoir te sortir d'ici.
-V-Vous êtes le vrai Charles ? Comment vous faire confiance ? »
Leurs deux esprits matérialisés dans la conscience de la jeune fille se faisaient face, et Charles tendit sa main.
« Toi seule peut le savoir. » lui dit-il doucement.
Hésitante, elle prit sa main et se concentra. Et une vague d'émotions l'emplit. Elle voyait la lumière de Charles, les expériences et moments passés avec son groupe. Elle voyait… Erik. Si distinctement, si brillant. Des sentiments si uniques, si authentiques. Elle avait la preuve que c'était bien Charles qu'elle avait devant elle.
« Je te crois, Charles.
-Bien, maintenant écoute moi bien. Retourne voir Erik et explique-lui tout. Je te mets en tête le plan pour retourner là-bas. Et dis leur de venir chercher Raven au plus tôt. On sera partis d'ici là. Je n'ai plus beaucoup de temps pour le retenir. Réveille-toi et cours. Cours le plus vite possible. »
Lydia se réveilla en sursaut. Elle entendait Charles – non l'autre – tituber dans l'appartement en grognant. Sur le sofa devant elle, Raven gisait inconsciente. Elle sauta du lit et sortit de l'appartement en courant. Elle connaissait le chemin comme si elle y avait été plusieurs fois.
J'espère que ce chapitre retour vous aura plu ! Le prochain sera peut-être NSFW… un peu de Cherik ? ;) N'hésitez pas à laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir !
