Coucou tout le monde !
Je suis actuellement en train de décéder de fatigue et de décuvation (comme ça ça n'existe pas ce mot ?) dans mon lit telle une larve, mais je trouve quand même la force de vous publier ce chapitre.
Une partie un peu moins longue et un peu plus calme pour notre petite Chuck. M'enfin, je vous laisse découvrir tout ça !
Merci à Neiflheim et apotterhead pour leur review :D
Miss-Fairy : Alors comme ça tu penses toujours à Fili hein ? Je pensais qu'il était démontré que ce n'était pas lui :p Et je suis curieuse de savoir ta deuxième idée ^^ Merci beaucoup beaucoup pour ta review ! Quand à Thorin... Tu verras bien :D

Pour finir, encore et toujours, je ne cesserai jamais de la remercie ; ma relectrice d'enfer, milyi !

Enjoy !


Chapitre 11 :

-La horde est proche ? demanda Thorin.
-Trop proche, haleta Bilbon. A deux lieues, pas plus. Mais ce n'est pas le pire.
-Les Wargs ont flairé notre odeur ? fit Dwalin.
-Pas encore. Nous avons un autre problème.
-Ils vous ont vu ? soupçonna le magicien.
-Hein ?
-Ils vous ont vu…
-Non, ce n'est pas ça…
-Ah ! Que vous avais-je dis ? Discret comme une souris. L'étoffe d'un cambrioleur. Et la demoiselle a fait un bon travail elle aussi, sourit Gandalf.
-Écoutez-moi, je vous en prie ! Écoutez-moi !

La compagnie se tue à l'entente de la voix apeurée de Bilbon.

-J'essaye de vous dire qu'il y a autre chose là-haut.
-Quelle forme cela avait-il ?
-Demandez à Chuck, elle l'a mieux vu que moi.
-Était-ce comme un ours, jeune fille ? grimaça Gandalf.
-Euh… Oui… Mais, plus gros, beaucoup plus gros.
-Vous saviez pour cette bête ? s'indigna Bofur. Il faut rebrousser chemin !
-Et tomber aux mains des orcs ? le gronda Thorin.
-Il y a une maison, coupa court chapeau gris, pas très loin d'ici où nous pourrions trouver refuge.
-La maison de qui, d'un ami ou d'un ennemi ?

Merci Thorin de dire tout haut la question que je me posais.

-Ni l'un, ni l'autre. Il nous aidera, ou il nous tuera.
-Quel choix avons nous ?

A ce moment, un hurlement traversa les airs, m'arrachant un cri et un sursaut. C'était la bête.

-Aucun, répondit alors Gandalf au chef de la compagnie.

Commença alors une fuite comme nous n'en avions pas réellement eu depuis un petit moment. Et ça ne m'avait pas manqué bon sang ! La descente sinueuse dans la montagne fut la partie la plus dure. Ce ne fut qu'au petit matin que nous arrivâmes en bas, avant de nous mettre à courir dans une grande prairie. Gandalf nous encourageait en plus de l'adrénaline qui nous donnait à tous des ailes, nous empêchant de nous écrouler de fatigue.

La course semblait éternelle. Il était midi passé quand, toujours en courant, nous entrâmes dans une forêt. Je n'étais vraiment pas sûre de tenir encore longtemps ce rythme là. Ah, en fait, peut-être que si. J'entendis un hurlement un peu plus au loin, ce qui m'inquiéta et me redonna la force de tenir bon.

Et puis, apparaissant dans une petite clairière, la maison tant attendue… Mais l'énorme ours était trop proche, nous n'arriverions jamais à l'atteindre !

J'étais médisante. Si Bombur pouvait courir comme il est en train de le faire (c'est à dire beaucoup plus vite que la majorité d'entre nous), on pouvait bien y arriver, à cette fichue cabane. Force étant de constater que cette conviction me poussa à courir encore plus vite. Mon cœur était une bombe à retardement dans ma poitrine qui menaçait d'exploser. Rien à foutre, j'y arriverais !

Les premiers nains se précipitèrent contre la porte d'entrée, qui malheureusement ne s'ouvrit pas. Quoi ? Tout ça pour rien ? Seigneur, heureusement que Thorin était un peu moins idiot que nous autres par moment. Il fallait juste lever le loquet pour que la grande porte en bois s'ouvre et que nous nous jetâmes à l'intérieur. A quelques seconds prêts, nous étions cuits. La porte fut refermée sur le museau de la pauvre bête. Pauvre ? Ben oui, même si elle n'avait pas l'air commode, ça faisait mal de se prendre un coup sur le nez !

-C'est quoi ça ? demanda Ori.
-Ca, c'est notre hôte, répondit le magicien. Il s'appelle Beorn et c'est un changeur de peau. Parfois c'est un énorme ours brun, parfois c'est un homme grand et fort. L'ours est imprévisible, mais l'homme peut entendre raison. Cependant, c'est quelqu'un qui n'aime pas beaucoup les nains.

Je tombai sur les fesses. Littéralement. Entre la course et la révélation de Gandalf, je ne pouvais faire autrement.

-Vous êtes un grand malade Gandalf, on vous l'a déjà dit ? m'exaspérai-je devant son petit air satisfait.

En toute réponse, son sourire se fit encore plus niais. Il était fier en plus ! Non mais !

Après finalement avoir repris mon souffle, je décidai de visiter la maison. Elle n'était pas très grande et ressemblait plutôt à une sympathique petite ferme. Elle était vraiment belle, bien qu'un peu bordélique. Je m'autorisai aussi à me promener dans le jardin. Ce Beorn s'occupait bien de son chez-lui, on voyait qu'il le chérissait. J'espérai juste que les nains ne feraient pas trop de dégâts…

Je revins ensuite dans la maison, la nuit commençant à tomber. Les nains, le hobbit et le magicien avaient tous trouvés une place pour se reposer et dormir.

-Chuck, tâchez de vous reposer vous aussi, m'ordonna Gandalf. La journée a été longue et éprouvante.
-Je ne vous le fais pas dire.

J'hésitai à rejoindre Kili pour la nuit. Je lui en voulais toujours un peu de m'avoir délaissée ces derniers temps. Mais l'hésitation partit vite quand je le vis, un peu plus à l'écart des autres. Il nous avait installé une petite paillasse sur un tas de paille, un petit nid pour tous les deux. Son sourire encourageant et fatigué me fit presser le pas pour me coucher à ses côtés, mon dos contre son torse, son souffle chaud dans ma nuque.

-Je suis désolé.
-Pourquoi ?
-Je sais que je n'ai pas fait énormément attention à toi cette semaine. Mais nous sommes si proches de notre but, du royaume de mes ancêtres…
-Je sais Kili. Je ne t'en veux pas.
-Merci.

Il embrassa mon épaule et rassurée, je m'endormis le sourire aux lèvres. Un sommeil si profond, que je n'entendis même pas notre hôte rentrer pendant la nuit.

« Une falaise. De la glace. Des bruits d'épée. Des cris. De la douleur. De la rage.
Je le voyais, tomber du haut des ruines. Je ne pouvais rien faire. J'étais là sans vraiment y être.
Des pleurs. L'odeur du sang. La mort.
Une arme le transperça, lui ôtant la vie. Cette deuxième mort m'arracha le cœur.
Des pleurs. L'odeur du sang. La mort.
Une lutte acharnée entre deux vieux ennemis. Il était en position de faiblesse. Mais pour sa vengeance, il préféra mourir aussi que de le voir vivre. Et de trois, c'était la fin.
Des pleurs. L'odeur du sang. La mort.
Trop de morts. Mes amis. »

Je me réveillai en sursaut. J'étais fiévreuse, la transpiration coulant le long de mon échine et les frissons me parcourant le corps entier. Kili bougea derrière moi. S'il vous plaît, faites qu'il ne se réveille pas ! Mes prières furent entendues, puisqu'il remuait juste dans son sommeil.

Il fallait que je sorte, je n'arrive plus à respirer. Courant et trébuchant, la vue brouillée par les larmes qui menaçaient de couler, je me dépêchai pour me retrouver comme plus tôt, dans le jardin de Beorn. Je me retenai d'hurler, malgré le cri qui me brûlait la gorge. Mes souvenirs… Mes souvenirs étaient de retour. Je le savais. Ce que j'avais vu en rêve n'était que la suite des évènements à venir. Je craquai, laissant sortir les gouttes d'eau salée de mes yeux. Les larmes roulèrent sur mes joues pour venir mourir sur mon menton avant de terminer leur course sur le sol. Je me laissai tomber sur les genoux, puisque mes jambes ne semblaient plus me soutenir. Fili, Kili, Thorin… Ils allaient mourir. Ils allaient tous mourir. Mes sanglots se firent plus prononcés devant l'évidence.

-Je croyais vous avoir dit de vous reposer.

Je tournai brutalement la tête, honteuse d'avoir été trouvée.

-Gandalf…
-Allons, allons, fit-il en s'agenouillant à mes côtés. Pourquoi pleurez-vous ?
-Je… Je me rappelle…
-Pardon ?
-Mes souvenirs sont revenus cette nuit, dans mon rêve. Gandalf, si seulement vous saviez ce qui va se passer !

Il prit un air grave. En même temps, mon état ne disait pas « Tout va bien se passer dans le meilleur des mondes, tout le monde va vivre dans un vrai monde de bisounours ! », bien au contraire. Mais que pouvait-il y faire ?

-Gandalf, je ne peux pas continuer ! Je ne peux pas porter ce fardeau !
-Je peux réitérer ma magie sur vous, si vous le souhaiter.
-Ca n'a pas tenu, vous le voyez bien.
-Non, en effet. Ne vous en faites pas, je serais là à chaque fois que vous vous rappellerez et chaque fois, je vous ferai oublier.
-Merci… S'il vous plaît Gandalf, faites-le.

Comparé à la première fois, j'acceptais le traitement du magicien avec délivrance. Je ne criai même pas sous la douleur, trop heureuse de supprimer ces images d'horreur de mon esprit.

J'ouvris les yeux le lendemain matin, allongée sur la paillasse où je m'étais couchée la veille avec Kili. J'étais seule. Je refermai les yeux un moment, encore fatiguée. J'avais fait un drôle de rêve, mais impossible de m'en souvenir. Comme d'habitude quoi, pas étonnant. On me secoua et j'ouvris une paupière.

-La Belle aux Bois Dormant, il est tant de se lever !

Tiens, ici aussi ils connaissent ce conte ? C'est marrant. Je souris en ouvrant ma deuxième paupière. Fili était en face de moi, m'adressant un sourire plein d'entrain. Il devait avoir passé une bonne nuit, sans aucun doute.

-Allez viens, le petit déjeuner va être servi ! Beorn est un chouette hôte, tu vas voir.

Je pris la main qu'il me tendait et me mis debout. Je m'étirai. Même si dormir sur de la paille, ça grattait et n'était pas très confortable, j'avais plutôt bien dormis en vrai. Cela me soulagea aussi de ne sentir aucune courbature sur mon corps.

Je m'installai à table aux côtés de Kili qui m'avait gardé une place, Fili s'asseyant de l'autre côté. Je tournai la tête quand je sentis une présence derrière moi. C'était un homme (non, un géant plutôt), avec une barbe et des cheveux longs. Et des sourcils extrêmement broussailleux. Il posa une tasse (qui ressemblait plus à un petit tonneau) devant moi et le remplit de lait. Je n'arriverai jamais à boire tout ça !

-Merci beaucoup, lui dis-je.

Pour toute réponse, il me sourit et remplit la tasse-tonneau de Fili, qui semblait plus que satisfait d'avoir toute cette quantité de lait à boire.

-Alors, commença Beorn, vous êtes celui que l'on appelle Ecu-De-Chêne.

Je regardai dans la même direction que le géant et vis Thorin un peu à l'écart. Je ne l'avais même pas remarqué. Bah, ce n'est pas comme si ça me dérangeait plus que ça…

-Dites moi, continua sourcils broussailleux, pourquoi Azog le profanateur est-il à vos trousses ?
-Vous connaissez Azog ? Comment ?
-Mon peuple fut le premier à vivre dans les montagnes. Avant que les orcs n'arrivent des contrées du Nord. Le profanateur a tué presque toute ma famille, les autres sont devenus ses esclaves. Pas pour le travail, voyez-vous, mais pour son plaisir. Mettre en cage des changeurs de peau et les torturer l'amusait beaucoup apparemment.
-Mais c'est horrible ! m'exclamai-je.
-Je ne vous le fais pas dire, jeune demoiselle. Mais y a-t-il un seul moment dans sa vie où le profanateur causa autre chose que de la peine ?
-Probablement pas, grogna Thorin.
-Il y en a d'autres comme vous ? demanda Bilbon.
-Il y en avait beaucoup.
-Et… et maintenant ?
-Maintenant, il n'y en a plus qu'un.

Tout le monde le regarda avec plus ou moins de tristesse dans les yeux. Il était le seul, le dernier de son espèce. Il n'avait plus de famille, ni même de personne capable de comprendre ce qu'il ressentait… Il changea rapidement de sujet, brisant le silence pesant qui s'était installé.

-Donc, il vous faut atteindre la montagne avant les derniers jours de l'automne.
-Avant que n'arrive le jour de Durin, oui, confirma Gandalf.
-Le temps va vous manquer.
-C'est pourquoi nous devons traverser la Forêt Noire.
-Un mal est à l'œuvre dans cette forêt. Sous ces arbres se cachent des créatures féroces. Je ne m'y risquerai qu'en cas d'extrême nécessité.
-Nous prendrons la route des elfes, appuya encore le magicien tandis que je réprimai un frisson d'effroi. Ce chemin est encore sûr.
-Les elfes de la Forêt Noire ne sont pas comme leurs semblables. Ils sont moins subtils et plus dangereux. Mais ça n'a pas d'importance.
-Que voulez-vous dire ?

Un point pour Thorin qui pose ma question à voix haute !

-Ces terres sont infestées d'orcs. Leur nombre ne cesse d'augmenter. Et vous êtes à pied. Vous n'atteindrez jamais la Forêt Noire vivants.

Moins un pour Thorin, il n'aurait jamais dû poser la question, la réponse ne me plaît pas du tout !

-Je n'aime pas les nains, fit Beorn en se levant. Ils sont cupides et aveugles. Aveugles face à toute vie qu'ils estiment moindre que la leur (prends note Thorin !). Mais les orcs, je les hais plus encore ! Que vous faut-il ?
-Allons allons, ne soyons pas si hâtifs, sourit Gandalf en se levant. Nous avons encore une ou deux heures devant nous avant de prendre les chemins vers Mirkwood. Sauf si cela vous dérange, mon cher Beorn.
-Que vous partiez maintenant ou dans quelques heures ne fait plus grande différence. Je vois bien que vous êtes des amis de cette terre. Je vous procurerai ce qu'il vous est nécessaire, à condition que vous n'abusiez pas une nuit de plus de mon hospitalité.
-Cela va de soi, grimaça le magicien.
-Nous aurions besoin de quelques vivres. Ainsi qu'un moyen d'arriver à la Forêt Noire sans encombre, réclama Thorin.
-Bien… J'ai des poneys. Je veux bien vous les prêter, mais ils ne franchiront jamais les frontières du peuple des forêts.
-Bien entendu, s'inclina le chef nain.

Il avait au moins fait preuve d'amabilité sur ce coup. Je me doutai qu'il n'avait pas très bien pris la remarque que le changeur de peau avait fait sur les nains. Tant pis pour lui, s'il voulait tirer la gueule pour ça, grand bien lui fasse !

Le petit déjeuner fini, je suivis Bilbon à l'extérieur. Prendre l'air en toute sécurité était un bonheur simple dont nous n'avions pu profiter depuis Imladris. Le hobbit semblait tout aussi heureux que moi, si ce n'est plus.

-A quoi pensez vous ? lui demandai-je devant son air absent.
-Ce jardin… Il me fait penser à la Comté. C'est vivant, plein d'amour, paisible… J'ai souvent pensé à mon chez moi durant ce voyage, mais jamais je n'avais pensé à mon jardin. Et quand je vois celui de Beorn, je me dis que cela est bien dommage. Vous savez, Dame Chuck, je prends énormément de plaisir à aller chercher quelques herbes aromatiques sous ma fenêtre pour mes repas. Faites vous cela aussi dans votre monde ?
-Sûrement que certains le font, mais pas moi.
-Pourquoi cela ?
-Et bien… Je vis dans une très grande ville. Toutes les maisons sont serrées les unes aux autres et il n'est pas possible d'avoir son petit jardin. Mais si un jour je dois y retourner, je pense que je ferais planter quelques herbes dans des pots près de mes fenêtres.

Le Semi-Homme sembla ravi à cette idée. Et je me jurai de le faire une fois de retour à Grenoble. Je n'étais pas vraiment connue pour garder des plantes en vie, mais comme celles-ci me feraient penser à Bilbon, nul doute qu'elles seraient en pleine santé !

Mon ami m'intrigua quand il ramassa un gland.

-Que faites-vous ?
-Je vais garder ce gland avec moi jusqu'à mon retour à Cul-de-Sac. Je le planterai et il poussera. Je pourrai ainsi, à chaque fois que je le regarderai, penser à vous, à cette compagnie et à mon aventure.
-C'est une excellente idée.

Il me sourit et je le lui rendis. J'aimais bien parler avec le hobbit. C'était calme, apaisant, pur. Et surtout, ça ne parlait pas de montagne, de pierres précieuses et de dragon !

-Bilbon, Chuck, nous appela Gandalf de l'intérieur, il est temps de se mettre en route.

Je soupirai. Je n'avais pas envie de repartir, pas maintenant. Mais je n'avais pas le choix. Le petit homme à mes côtés posa une main rassurante sur mon bras. Je le suivis à l'intérieur avant de ressortir par la porte principale.

Beorn avait préparé 15 poneys et un cheval. Ils étaient magnifiques, insouciants de toutes les misères de la Terre du Milieu.

Chaque les nains avaient revêtu leurs affaires et leurs armes. Le moment était venu pour nous de prendre congé du changeur de peau.


Et bien voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Qu'en avez vous pensez ? Une petite review ? :3
Ca sent Mirkwood à plein nez tout ça...
Bon, maintenant je vais dormir.
A la semaine prochaine !

Mathy