NdA: Avant toute chose, merci à tous mes lecteurs et tous mes revieweurs.
Ensuite, je m'excuse platement de vous avoir fait tant attendre mais je souffre d'un cruel manque d'inspiration. En plus, quand je relis cette fic je la trouve inintéressante et niaise. C'est peut être que j'évolue, ou alors j'étais vraiment aveugle avant...
Mais j'irai jusqu'au bout de ce projet, c'est une question de discipline (parler comme ça alors que l'écriture est sensée être un plaisir...). Seulement, ça risque de prendre du temps.
A propos de ce chapitre, il est court mais un événement important intervient puisqu'il s'agit de...Merde, trou de mémoire xD.
Bonne lecture!
RAR anonymes:
jo: merci, la suite est là!
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-Cosette? Cosette! Youhou, tu m'écoutes?!
La grande blonde posa sa serpillière et acquiesça mollement. Il n'en fallu pas plus pour relancer son intarissable collègue de travail, un petit bout de femme aux cheveux bouclés et aux lunettes incrustées de strass. Tout y passa: les médecins snobinards, les infirmières qui l'étaient tout autant, l'odeur de rat crevé qui régnait depuis trois jours dans la salle du personnel, le type de la 45 qui avait chié dans la cage d'escalier, cette pétasse de stagiaire...
Pendant que Madame vidait son sac, Narcissa lustrait le sol dépoli en jetant des regards implorants à la grosse horloge de l'autre côté du couloir.
Marre de nettoyer les fesses des vieux au jet, de se faire surnommer Cosette par toutes celles qui connaissaient son parcours depuis qu'une anesthésiste férue de Victor Hugo avait lancé la mode, de se coltiner l'autre dépressive et ses morceaux de salade incrustés dans les dents. Marre de ne pas pouvoir dîner avec Draco le soir, l'interroger sur sa journée, et boire ses mensonges avec la satisfaction de la mère qui fait son boulot de mère:
Vivement la retraite, qu'elle puisse recommencer à lire de vrais bouquins et à regarder CNN en se payant la tête des journalistes.
-Je crois qu'on a pigé l'idée, Thénardier.
L'autre en lâcha son seau en plastique bleu:
-Thénardier? C'est qui ça? Tu te fous de ma gueule, c'est ça?
Narcissa salua la mémé de la chambre 17 (celle qui trouvait qu'elle ressemblait à Anita Ekberg en plus maigre) avec un sourire digne d'une pub pour Email Diamant, la magie du blanc. En retour, elle récolta un regard attendri et un index pointé en direction d'un tricot inachevé. Une écharpe pour son petit fils, parce que ça traîne tout le temps dans les courants d'air les jeunes d'aujourd'hui...
C'est bien ma grande, double ration de compote aux pruneaux pour toi demain.
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Les journées étaient courtes, dans les lycées américains. En règle générale les cours se terminaient vers 15H00, ce qui laissait tout le loisir aux élèves de s'adonner au sport ou aux activités artistiques. Pendant que Ron et son correspondant partaient faire quelques paniers sur le terrain de basket, Hermione annonça à la cantonade qu'elle se sentait fatiguée et qu'elle allait rentrer.
-Oh allez, viens boire un coup avec nous! L'encouragea Seamus. Ça te fera du bien de prendre un peu l'air, de sortir de tes bouquins...
-Le bus sera là dans cinq minutes, répliqua sèchement la brune. Harry, passe moi un coup de fil quand tu seras rentré: j'ai plusieurs choses à te dire.
Et sans attendre la réponse de son meilleur ami, elle tourna le dos au petit groupe et s'éloigna à grandes enjambées.
-Elle est pas cool, ta copine, lâcha Durban en saisissant son sac à dos.
-C'est pas ma copine, marmonna Harry en lui emboîtant le pas.
Malefoy avait une nouvelle fois disparu, ce qui arrangeait bien les affaires de son correspondant. Il n'avait aucune envie que la présence du blond le marginalise par rapport aux autres élèves.
La petite troupe s'enfonça avec bonheur dans les banquettes en skaï d'un bar bruyant et enfumé, et les anglais se retrouvèrent sans trop comprendre comment à avancer de l'argent de tous les côtés pour les consommations. Pour sa part, Harry s'en fichait: il était beaucoup de choses mais pas radin.
Sans ses deux meilleurs amis à ses côtés, le petit brun se sentait mal à l'aise. Mais ce sentiment disparu après trois verres et quelques blagues potaches. Sur la banquette d'en face, Seamus avait posé sa main sur la cuisse de Dean et la remontait progressivement vers l'entrejambe. Gêné, Harry détourna le regard en direction de Durban et d'une fille prénommée Pansy, qui était plongés dans un débat passionné sur le port d'arme.
-Des enfants meurent tous les jours à cause de ces conneries! Clama le noir en vidant une énième pinte de bière
-Dans ce pays, il faut pouvoir se défendre à tout moment! Rétorqua-t-elle en crispant ses ongles laqués sur la table.
Le petit brun perdit rapidement le fil et s'abîma dans la contemplation de l'affiche jaunie punaisée en face de lui, la gorge irritée par l'air saturé de fumée.
Que pouvait bien faire Malefoy en ce moment?
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Les frères Bulstrode ne sont pas des enfants de chœur, ça se voit au premier coup d'oeil. L'aîné, Nick, a fait cinq ans pour trafic de stupéfiants. Son avocat avait réussi à magouiller une embrouille bidon mêlant contexte familial et social difficile avec la mauvaise influence de ses anciens copains de lycée pour amadouer les jurés, mais je peux certifier sous serment que Nick aime vraiment ce qu'il fait. Se cacher des flics, tabasser des pauvres mecs dans des allées obscures, c'est son trip.
Lewis, son petit frère (qui doit mesurer environ deux mètres et peser une bonne centaine de kilos), le ferait pourtant presque passer pour un type sympa et compréhensif. Peu de ceux qui ont été en désaccord avec cette montagne de muscles sont encore en état de le raconter, même s'il exagère toujours un peu pour se rendre plus impressionnant.
En ce qui me concerne, je file doux. Pas envie de me retrouver le nez éclaté dans un caniveau, d'autant qu'ils en profiteraient sûrement pour « réquisitionner » le seul objet de valeur qui soit en ma possession: la gourmette en argent que mon père m'a offert pour mes dix ans. J'ai souvent surpris les regards envieux de Nick sur mon poignet.
-Tu veux combien cette fois?
Mr Muscle sourit de toutes ses dents jaunâtres. Je paye toujours cash, alors je peux bien demander ce que je veux. De toutes manières, les retraits que j'opère régulièrement sur le compte en banque de ma mère sont trop insignifiants pour qu'elle s'en aperçoive. Dix dollars par ci, vingt par là...Et au bout du compte, une petite friandise.
J'enfouis le sachet plastifié dans la poche de mon blouson. Ce soir, je me fais plaisir.
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La bière n'est pas un alcool fort à proprement parler, mais tout est une affaire de quantités. Je titube légèrement en grimpant dans le bus et le chauffeur me lance un regard méfiant, mais je parviens à composter mon ticket après deux bonnes minutes de fou rire bêbête avec Durban. Heureusement, il reste des places assises.
Le car redémarre avec brusquerie et je manque de me vautrer sur une pauvre mamie qui serre son sac à main contre elle comme s'il s'agissait de son enfant nouveau né. Je ne vais pas tarder à me faire une réputation d'enfer auprès du cinquième âge, moi...
La rue est déserte et une odeur de barbecue vient se loger dans mes narines. J'espère que Mrs Malefoy n'est pas rentrée, je ne veux pas qu'elle me voit comme ça.
Apparemment, le ciel est avec moi. Vu du trottoir, l'appartement semble désert et toutes les lumières sont éteintes. J'ignore ce que fabrique Celui-Qui-A-Décidé-De-Ne-Plus-Me-Faire-Chier mais ça m'arrangerait de ne pas à avoir à poireauter quinze ans sur le palier...
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Savourant les effets bénéfiques d'un jet d'eau réglé sur glacial sur ses neurones engourdies, Harry balança ses affaires dans la panière à linge sale sans plus de cérémonie. Un coup d'oeil à sa montre lui indiqua qu'il était vingt deux heures passées, et son estomac lui rappela sèchement qu'il n'avait rien eu à brasser depuis midi.
Il ne pouvait décemment pas faire comme chez lui et se mitonner un petit plat en attendant que le blond ne se décide à sortir de sa chambre. Par acquis de conscience, l'anglais frappa deux coups légers à la porte:
-Mal...Draco? Tu as faim?
Contre toute attente, la poignée s'abaissa brutalement et Harry se retrouva nez à nez avec un Draco Malefoy visiblement hors d'état de faire quoi que ce soit. En se tenant au chambranle pour ne pas tomber, l'américain le toisa avec suspicion:
-T'as perdu Mirza?
Le brun soupira avec agacement, mais le moment était mal choisi pour le mettre en colère. Il ignorait quelle substance était responsable de l'état de son correspondant, mais ce dernier n'était visiblement plus conscient de ce qu'il disait. Comme pour le lui prouver, Draco lui décocha un sourire éclatant avant de le tirer à lui:
-Faut pas réveiller les enfants, chuchota-t-il contre son oreille en gloussant.
-Gné? Fut à peu de chose près la réponse éloquente du fils Potter.
Draco éclata d'un rire cristallin à filer la chair de poule à toute personne normalement constituée et se pencha de nouveau vers son correspondant:
-J'aime bien quand tu me contredis, souffla-t-il.
Harry aurait sûrement objecté qu'il ne l'avait pas contredit et aurait probablement renouvelé sa proposition de tenter de préparer quelque chose de mangeable avec les moyens du bord si une langue étrangère ne s'était pas soudain invitée dans sa bouche.
En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, le grand blond plaqua le petit brun contre le mur et enserra ses jambes dans les siennes. L'anglais l'affirmerait avec toute la mauvaise foi du monde le lendemain, mais il n'esquissa pas l'ébauche d'un mouvement pour défendre sa pudeur en péril.
Mais nos deux ados dominés par leurs hormones avaient oublié d'intégrer un paramètre essentiel dans leur échange buccal: les nouvelles technologies et leur façon parfois désagréable de se rappeler à votre bon souvenir.
Car ce fut le moment que choisit le portable high-tech du plus riche des deux pour sonner...
