Hello hello ! Je vous l'avais promis, voici le nouveau chapitre de Darkness of Past, centré sur les Denali !
Il a été long et laborieux à écrire, dû principalement à une panne d'inspiration, mais il est enfin là !
Merci à Lexi et Nane pour leur aide précieuse sur ce chapitre !
Les annotations en italique sont des mots slovaques dont la traduction est ci-dessous :
Pani : madame
Zlodeji : voleuses
Drahý : chérie
Dobre : d'accord
Teta : tata
Vitajte : bienvenue
Sestra : sœur
Matka : mère
POV Tanya –
La neige tombait ardument dans mon petit village, l'hiver s'étant installé sans qu'on puisse s'en apercevoir et la température ayant brutalement chuté. Papa était parti à la chasse avec le voisin, Ivan, à peine que le jour fut levé.
-Légumes, Tanya ?
-De suite, mama.
Je me levais, frottais mes genoux endoloris et allais dans le petit garde-manger chercher les légumes, avant que maman ne les lave, les épluche et ne les mettent dans notre fait-tout. Papa et Ivan reviendraient de la chasse avec de la bonne viande, sûrement du cerf.
Maman était enceinte de quelques temps déjà, et son ventre commençait à se voir. Elle avait voulu garder le bébé malgré les avertissements de mon père. Elle avait réchappé de justesse à ma naissance.
-Tu peux aller chercher du bois ? On va allumer un feu dans la petite cheminée.
J'enfilais une cape noire que ma mère m'avait faite, mis mes chaussures, et sortis dehors. Le vent étant tellement glacial, je ne restais pas traîner et revins les bras chargés de branches de bois à l'intérieur de la maison. Mama et moi nous réchauffâmes devant le feu, en attendant que papa revienne. Alors que nous servions le repas dans les trois gamelles, on frappa à la porte. J'allais voir qui c'était, et découvris Ivan sur le seuil, papa dans ses bras, inconscient.
-Mama…
-Quoi ? Ivan ? Que…
-On était en train de chasser, et une branche a craqué derrière moi et j'ai tiré, croyant que c'était un animal…
Matka l'invita à entrer, et me demanda de tout enlever ce qu'il y avait sur la table et d'aller chercher de quoi. Malgré tous ses efforts pour le guérir, papa avait perdu trop de sang et nous avait ainsi quittées.
Les mois suivants, ma mère se laissa mourir à petit feu, dévastée de ne pas avoir pu sauver papa. Elle ne s'alimentait quasiment plus et lorsque le bébé arriva, elle n'eut pas la force d'aller jusqu'au bout.
C'est ainsi que je me retrouvais orpheline à seize ans et partis vivre chez ma grand-tante Sasha, qui m'avait transformée en vampire. Une immortelle avec des avantages tels que la beauté, la force ou encore la rapidité… J'étais invincible, et dans un sens, cela me plaisait.
Quelques mois plus tard, sur une route abandonnée de toute civilisation et après avoir attendu que la nuit tombe enfin, nous croisâmes une caravane qu'on attaqua. On tua d'abord le cocher, avant de s'attaquer à l'intérieur quand une jeune femme blonde en sortit avant qu'on ne puisse y entrer.
-Passez votre chemin, zlodeji… Il n'y a rien à voler ici.
-Nous avons juste faim…
-Nous n'avons rien à manger.
Sasha se mit à grogner, et la jeune femme sortit ses dagues d'en dessous sa robe, prête à nous tuer, ce qui provoqua notre fou rire. Je l'envoyais valser cinquante mètres plus loin pour pouvoir attaquer la femme restée à l'intérieur qui ne résista pas malgré ses cris déchirants.
-Que lui avez-vous fait ? Hurla la jeune femme, avant qu'elle ne lance ses dagues vers nous.
Je ne pus réprimer un rire face à la ridiculité de cet acte qui serait en vain.
-Cela ne nous fera rien, drahý. Nous sommes immortelles. Et venger ta maîtresse ne servira à rien,-Bon elle restera quand même morte.
-Qui êtes-vous ?
-Des vampires.
-Des vampires ? Ce n'est qu'un mythe, cracha t-elle.
-Mythe ou non, ta pani est morte, et c'est nous qui l'avons tuée.
-Meurtrières… Vous paierez pour ça !
-Tu aimerais devenir comme nous ? Tu sais, ça a de nombreux avantages… Immortalité, beauté, force, rapidité… Tu pourrais être notre pani… Tu pourrais nous protéger…
-Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne même pas… Vous êtes recherchées…
-Possiblement, oui. Alors, tu acceptes ?
-Non, je n'accepte pas.
-Tu refuserais l'immortalité au prix de la vengeance ? Tu ne sais même pas comment nous tuer, rit Sasha. Tes dagues ne suffiront pas, mais nous pourrions te l'apprendre, tu sais : nous te formerions sur tout ce que nous savons, et tu deviendrais un membre à part entière de notre clan. Réfléchis-y… Tanya, occupe-toi de la caravane. Il ne doit pas rester une seule trace de notre passage…
Je pris ma torche, libérais les chevaux de la caravane, et y mis le feu. La jeune femme était sur ses genoux, anéantie tandis que Sasha la 'consolait', ou plutôt la forçait à nous rejoindre.
-C'est d'accord, décida t-elle. Je veux devenir comme vous. Je vous protégerai.
-Entendu… Quel est ton nom ?
-Katrina… Mais on m'appelle Kate.
-Enchantée, Kate. Je suis Sasha, et voici Tanya. Je vais te transformer, mais je te préviens, tu auras mal, très mal. Tu voudras mourir dix mille fois après que je t'ai mordue…
-Ça en vaut sûrement la peine.
-Je pense, oui.
-Allons à ma maison, Kate. Je te transformerais là-bas.
Les chevaux n'étaient pas très loin, et nous nous en servîmes pour rentrer chez nous, avant de les attacher à un arbre pour ne pas qu'ils s'enfuient. On fit à manger à Kate, qui mourrait de faim, et Sasha lui expliqua comment elle allait la transformer pendant que je lavais nos affaires couvertes de sang.
-Je vais te mordre à trois endroits : poignets, creux de coudes, cou. C'est là où le sang afflue le plus… Tu vas avoir l'impression de brûler comme sur un bûcher, mais ce ne sera que de l'intérieur… Au bout de quelques temps, le feu partira de tes bras et tes jambes pour se concentrer sur ton cœur, qui finira par cesser de battre… Et tu seras comme nous… Immortelle, belle, forte… Et tu pourrais avoir un pouvoir aussi. Tanya n'en a pas, et moi non plus, mais nous avons entendu dire que certains vampires en avaient. As-tu peur ?
-Non, fit Kate. Je n'ai pas peur. Je n'ai jamais eu peur. Et je n'aurais jamais peur.
-Dobre, drahý. Dobre. Allonge-toi là et ferme les yeux… comme si tu allais t'endormir.
Kate s'exécuta, et Sasha la mordit une première, une seconde et une troisième fois. Au bout de quelques minutes, elle se mit à crier comme moi-même j'avais crié quand Sasha m'avait transformée quelques décennies auparavant. Les cris perdurèrent pendant de longues heures, et je finis par sortir de la maison pour prendre l'air, Sasha sur mes talons.
-Drahý… Que se passe t-il ?
-Je ne sais pas comment tu as fait pour supporter ces cris quand tu m'as transformée… C'est atroce, fis-je en m'asseyant sur une pierre.
-C'est atroce parce que tu sais ce que ça fait… Parce que tu l'as toi-même vécu…
-Mais toi aussi… Et on dirait que ça te fait ni chaud ni froid.
-Oh tu sais, drahý, ça fait longtemps que j'ai été transformée…
-Tu ne m'as jamais raconté comment ça s'était passé.
-Je ne me souviens pas de grand-chose. Il faisait froid et je venais de perdre mon bébé, une petite fille. J'allais mourir en couche, et quelqu'un qui passait par là m'a sauvée de la mort certaine qui m'attendait.
-Tu n'as jamais su qui t'avais sauvée ? Tu n'as pas essayé de chercher ?
-Non…
-Mais pourtant...
-C'est mieux comme ça. Je suis en vie, ou presque. Mais je ne suis pas morte pour autant, sourit-elle.
-Dis, teta… Je n'étais pas mourante, et Kate non plus… Pourquoi tu nous as choisies ?
-Je t'ai choisie parce que je ne voulais pas que ce qui est arrivée à ta mère et à moi ne t'arrive aussi. Et j'ai choisi Kate pour sa force de caractère...
Je lui souris, et on profita de l'air frais, avant de rentrer de nouveau dans la maison. Les cris de Kate s'étaient calmés, ce n'étaient plus que des gémissements de douleur. J'espérais pour elle que ça finisse vite pour qu'elle ne souffre plus. Je me rappelais le feu que la morsure de Sasha avait provoqué en moi, brûlant chaque parcelle de mon corps sans répit et sans préavis.
Elle gémit pendant une journée complète, et elle ne fit plus un bruit au coucher du soleil.
-C'est presque fini... Fit Sasha.
-Comment tu sais ?
-Ferme les yeux et concentre-toi sur les battements de son cœur.
Je fis comme elle avait dit et entendit un battement de cœur bien trop rapide pour être humain. Puis doucement, l'organe ralentit sa cadence, et ne fut plus qu'un simple murmure dans la pièce, avant de se taire à jamais. On attendit de longues minutes, et Kate ouvrit les yeux.
-Prends ton temps, drahý… Tu as tout le temps du monde, désormais.
Elle tourna la tête vers Sasha et moi, et s'assit sur le lit. Elle regarda ses mains, toucha ses doigts et son visage.
-Tout a changé…
-En effet. Tu as changé. Et tu es comme nous dorénavant. Vitajte, Kate. Maintenant, tu dois te nourrir. Nous t'avons trouvé de quoi satisfaire ta soif de sang, viens.
On l'amena dehors, où un homme – visiblement un vagabond – était étendu par terre. On vit ses prunelles rouges virer au noir, signe de soif, et elle sauta sur l'homme avant de planter ses dents dans son cou. Elle se retrouva rapidement à court de sang, et s'enfuit dans la forêt avoisinante à la recherche de plus.
-Drahý ! Kate ! Attends-nous !
Sasha réussit à la rattraper avant moi, et la stoppa. Elle lui apprit alors qu'elle devait éviter de s'enfuir comme ça pour attaquer des humains.
-Je te trouverai quelqu'un d'autre demain…
-J'ai soif !
-Je sais, drahý. Mais on ne doit pas attirer l'attention. Tu te rappelles ce que je t'ai dit avant de te transformer ?
-Vous êtes surveillées et je dois vous protéger…
-C'est bien, ma grande. C'est exactement ça… Tu dois nous protéger de ceux qui nous voudraient du mal…
-Demain, alors.
-Oui. Demain, tu auras de quoi boire de nouveau, je te le promets.
Les jours qui suivirent, nous découvrîmes que Kate avait développé un don - celui de donner des décharges électriques à ses adversaires - et elle s'entraîna à l'utiliser sans tuer toute personne qu'elle toucherait.
POV Kate –
Les jours et les semaines s'enchaînèrent et l'hiver termina sa course pour laisser place au printemps. Nous avions quitté notre petite maison et avions établi notre nouvelle maison à la sortie d'un petit hameau bordé d'une rivière. Je m'étais très bien habituée à ma nouvelle condition et j'étais complètement épanouie.
Pour le moment, je n'avais pas eu pour le moment à nous défendre d'une quelconque attaque, mais Sasha sentait que c'était pour bientôt. Cependant, elle avait repéré une jeune femme qui était exploitée par les paysans du village de l'autre côté de la rivière, et elle était certaine qu'elle serait mieux auprès de nous plutôt que de rester dans ce village.
J'étais chargée de surveiller notre potentielle sestra, Irina, vérifiant qu'elle était saine et sauve, mais une nuit j'entendis des cris provenir de sa petite maison. Sans hésiter, je courus la voir, et vis un homme sur elle, en train de la violer et de la frapper.
Gardant toujours mes dagues sur moi, je me jetais sur lui et lui enfonçais un des couteaux dans la jambe, avant de l'assommer. Je me jetais sur Irina, qui était en train de lâcher, et la mordis.
Elle se mit à hurler peu de temps après, alors que je sortais dehors pour alerter mes sœurs, qui ne tardèrent pas à arriver. Je bâillonnais Irina, et demandais à Sasha de la prendre tandis que je portais l'homme sur mon dos.
On retourna à notre maisonnette de l'autre bord de la rivière, et Sasha se chargea de transformer Irina. Tanya et moi nous nourrîmes de l'homme, le sang coulant dans nos gorges soulagea la soif de ces derniers jours.
J'entendis les cris d'Irina percer et je supposais que Sasha l'avait mordue et que sa transformation avait commencé. Trois jours passèrent, et nous nous étions habituées aux cris d'Irina bien qu'ils aient diminués au fur et à mesure que sa transformation progresssait.
-Tu entends ? Fit Sasha.
-Quoi ?
-Justement... Plus rien.
-Ce qui veut dire...?
-Elle est prête.
On se leva du rondin de bois sur lequel on était assises et on rentra dans notre petite maisonnette pour découvrir Irina, debout sur ses deux jambes et complètement perdue.
-Irina, drahý... Te voilà enfin réveillée, fit Sasha, doucement.
-Que s'est-il passé ?
-Tu as été attaquée, et nous t'avons sauvée. Plus personne ne te fera de mal, désormais. As-tu soif ?
-Oui, souffla t-elle dans un grognement rauque.
-Alors viens. Tu vas assister à ta première chasse...
-Ma première chasse ?
-Tu n'es plus tout à fait toi-même désormais.
Sasha lui expliqua le plus simplement du monde ce qu'elle était devenue, les avantages et inconvénients de son nouvel état, et Irina ne parut pas si perturbée que ça par la nouvelle.
Des années durant, nous avons sillonné les routes à la recherche d'un endroit où vivre à l'abri des humains, nous nourrissant d'eux quand la soif se faisait trop intense. Sasha, bien qu'elle nous aimait toujours autant et nous considérait comme ses filles - et nous la considérions comme notre mère - était devenue distante et chassait seule de temps à autres.
Mais jamais nous ne nous serions doutées de ce qu'elle nous cachait, malgré que des rumeurs dans le village disaient qu'un loup rôdait et tuait les gens à la nuit tombée. Les attaques faisaient penser plutôt à des vampires nomades - ou des nouveaux nés - mais quand un jour, un clan de vampires 'ennemis' arriva avec Sasha et un petit garçon, toutes les pièces du puzzle s'encastèrent pour ne laisser place qu'à l'impensable : notre matka avait créé un enfant immortel - pour dieu ne sait quelle raison - et nous avait toutes condamnées à la fin sinistre que réservait la haute instance vampirique plus connue sous le nom des Volturi.
L'enfant aux cheveux blonds comme les blés avait les iris rouges, de la commisure de ses lèvres s'écoulait du sang encore frais. Il devait avoir à peine trois ans, et souriait dans les bras d'une fillette blonde, elle aussi. Tanya, malgré le choc, tenta de comprendre pourquoi Sasha avait fait cela.
-Matka... Qu'as-tu fait ?
-Drahý, je ne sav...
Soudainement, elle se mit à crier et s'écroula de douleur, la fillette qui tenait l'enfant immortel fixant Sasha.
-Arrêtez ! Cria Irina. Ne la tuez pas, pitié.
-Tuez-les toutes... Et brûlez leurs corps, fit un des hommes en cape noire.
-Caius, laisse-les...
-Mais...
-Suffit ! Gronda Aro.
-Pitié, épargnez-les... Elles ne savaient rien de son existence... Je sais que vous pouvez vérifier... Sondez leur esprit ! Vous verrez !
Le fameux Aro s'approcha et nous tendit sa main. On donna la nôtre chacune à notre tour et une fois fini, il recula et retrouva ses congénères.
-Elles sont bel et bien innocentes, et seront par conséquent épargnées. Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour tout le monde. Tuez la mère et le fils.
-Elles sont coupables par association ! Rugit Caius. Elles doivent être brûlées avec leur mère et la créature.
-Et moi je dis qu'elles sont innocentes, fit fermement Aro.
On se mit à crier avant que les autres vampires nous retinrent de force et que les plus costauds s'occupent de Sasha et l'enfant immortel. Je détournais le regard et en quelques secondes, tout fut fini.
Au sol, des morceaux de ce qui fut notre mère et l'abomination qu'elle avait créée. Irina tomba à genoux, tandis que je regardais les vampires allumer un feu et jeter au feu les restes de Sasha et l'enfant.
-Que cela vous serve de leçon, lança Caius. Nous serons plus intransigeants la prochaine fois, alors faites en sorte qu'il n'y en ait pas une autre...
Et ils repartirent comme ils furent arrivés, dans une bourrasque de vent. Les mois suivants, Tanya était devenu leader du clan à la place de Sasha, nous avions repris la route, rencontré des gens, nous étions amusées, et j'avais découvert un nouveau mode d'alimentation - des animaux à la place des humains - et même si cela nous rendait moins fortes, ça nous rassasiait tout autant.
Après des années à nous distraire et oublier la mort de Sasha, nous avions quitté la Slovaquie pour le nord-ouest du nouveau monde. À proximité d'une réserve naturelle, nous avions ce qu'il fallait pour nous intégrer auprès des humains sans leur causer de soucis étant donné que nous nous étions sevrés du sang humain. Au détour d'une partie de chasse, nous rencontrâmes Carmen et Eleazar, un couple de vampires espagnols, et convaincus par notre style de vie, ils s'ajoutèrent à notre clan et s'y adaptèrent très bien.
Eleazar était né en Espagne un siècle auparavant, et avait été transformé durant la guerre d'indépendance qui a opposé la France et son pays natal, alors qu'il s'était pris une balle près du cœur, il avait été déclaré mort alors que ce n'était pas le cas. Un vampire du nom de Pedro l'avait transformé en découvrant que son cœur battait encore. Il avait rejoint la garde des Volturi - qui nous avaient laissés orphelines - parce qu'il avait le don de détecter les pouvoirs des autres vampires ainsi que les futurs et potentiels pouvoirs de simples humains. De son humanité, Eleazar avait gardé sa douceur malgré qu'il n'était pas complètement à l'aise avec les méthodes souvent barbares et violentes des Volturi.
Carmen, quant à elle, était de sang royal, et suite à la guerre d'indépendance, elle avait été la dernière survivante et avait tenté en vain de reconstruire l'empire familial. Une nuit, des opposants français avaient pénétré dans sa demeure et l'avaient violée et battue à mort. Un succube - attiré par l'odeur du sang - l'avait transformée et elle s'était réveillée seule, perdue et effrayée par sa nouvelle condition. Elle avait voyagé, à la recherche de compagnons, et avait croisé la route d'Eleazar en Italie.
Ils devinrent rapidement compagnons, essayant de trouver un équilibre entre leur couple et le travail d'Eleazar auprès des Volturi. Au bout de quelques années ensemble, Carmen avait réussi à convaincre Eleazar de tout arrêter et malgré une réticence de la part d'Aro, ce dernier lui avait donné sa bénédiction tout en espérant le voir revenir un jour dans leurs rangs. Ils en avaient profité pour sillonner le monde à la recherche de nouveaux compagnons, et nous avaient trouvé.
Après quelques mois ensemble, nous les considérâmes comme membres de notre famille et notre clan, et on chercha d'autres vampires, longeant la côte ouest du Canada et des États-Unis. Dans une petite bourgade près de Seattle, on tomba sur un clan. Le chef, Carlisle Cullen, après nous avoir présenté à sa «famille», nous initia à son alimentation, composée de sang animal.
-Ça va remplacer vos besoins nutritionnels sans diminuer votre force ou la teneur de vos pouvoirs... Ma famille et moi l'avons testé et approuvé.
-Pouvons-nous essayer ? Demanda Kate.
-Bien sûr, sourit Carlisle.
On partit chasser dans la forêt avec Carlisle accompagnés de sa femme, Esmé, et leur fils Edward. On trouva pas mal d'animaux, dont un ours sur lequel Kate utilisa son pouvoir pour pouvoir s'en nourrir. Carlisle et Esmé n'avaient pas de don particulier, tandis qu'Edward pouvait lire dans les pensées, ce qui me mit mal à l'aise étant donné que je l'avais trouvé extrêmement beau et avait pensé que nous aurions fait un beau couple. Le malaise passé, on se nourrit de l'ours, avant d'attraper un cerf et de rentrer. Edward partit directement au sous-sol, où se trouvait la salle de musique et notamment son piano.
-Il est très doué et je pense que s'il n'avait pas été sur le point de mourir, il aurait fait un excellent et très talentueux pianiste...
-Très très doué, sourit Esmé.
Je souris à Esmé et descendit dans la-dite pièce de musique, où ne trônait seulement qu'un magnifique piano à queue noire. Edward était assis devant, ses doigts caressant les touches ivoire, absorbé par la mélodie qui en sortait.
-C'est magnifique...
Il se tourna vers moi, et me regarda de ses yeux dorés, avant de me sourire poliment.
-Merci...
-Tu pourrais m'apprendre ?
-Il n'y a pas grand chose à apprendre. C'est l'instrument le plus facile à jouer. On peut faire ce qu'on veut, du moment que ce soit mélodieux, bien accordé, et qu'on connaisse la correspondance des touches...
-Et tu sais tout ça ? Fis-je en me rapprochant de lui.
-Oui. Viens essayer, si tu veux...
-Je ne voudrais pas casser ton piano, qui est d'ailleurs très beau.
-C'est très résistant...
Je m'approchais de l'instrument et m'assis sur le banc à côté d'Edward. Il me montra quelques notes et mélodies et je ne pus que sourire. Edward était quelqu'un de très bien élevé, sûrement de famille royale ou riche.
-Un peu, oui.
-Quoi ?
-Mon père biologique était banquier et il travaillait tout le temps, je le voyais rarement, mais il faisait ça pour qu'on vive comme il désirait qu'on vive, et c'était tout à son honneur. Je n'ai jamais manqué de rien, même en temps de guerre.
-Comment est-tu devenu ce que tu es ?
Il me raconta son histoire, les bons souvenirs comme les mauvais et je racontais ensuite la mienne, ce qui fit qu'on discuta pendant ce que je semblais être des heures. Son histoire était triste mais tellement belle que j'admirais Edward, rien que pour son humilité et sa force.
On repartit avec Kate, Irina et Carmen et Eleazar quelques jours plus tard, promettant aux Cullen de revenir les voir souvent tellement nous avions tissé des liens forts avec eux. Au fur et à mesure de voir les Cullen, je développais des sentiments envers Edward, qui avait désormais une « sœur » et un « frère » nommés Rosalie et Emmett et qui venaient d'être transformés. Un jour, alors que les Cullen nous rendaient visite, je décidais de parler avec Edward de mes sentiments pour lui, espérant qu'ils soient réciproques. Il était dehors, à regarder la neige tomber.
-Edward ?
-Tanya ?
-Je t'ai surpris ?
-Un peu... J'étais perdu dans mes pensées, excuse-moi.
-Tu es bien poli, souris-je.
Il se décala pour me laisser m'asseoir à côté de lui, et n'osa pas me regarder.
-Tu sais, je...
-Je sais...
-Oh...
-Écoute, Tanya, je... Fit-il avant de se racler la gorge,soupirer et passer une main dans sa crinière cuivrée. Bien que je sois très honoré par ton... intérêt envers moi, je crains que ce ne soit pas... Toi et moi, enfin je veux dire...
Il se tut et j'étais certaine que s'il avait pu rougir, il l'aurait fait. Je soupirais, baissais la tête et me levais.
-C'était idiot, on est comme des cousins. Mais je comprends tout à fait, souris-je pour cacher ma déception.
-Je suis désolé.
-Non, c'est moi qui le suis, Edward.
Le temps en tant que vampire - ou plutôt succube comme on nous appelait mes sœurs et moi - passait extrêmement vite, et le nouveau millénaire arriva. Pour nous, cela ne changea rien à nos habitudes, nous voyions toujours les Cullen, nous sillonnions le monde à la recherche de nouveaux compagnons, nous nous étions très bien adaptés au régime végétarien que Carlisle nous avait fait découvrir et nous vivions toujours en Alaska. Un jour, Edward arriva à l'improviste à la maison. Il semblait perturbé, confus, et était venu seul, ce qui m'avait paniquée.
-Edward...? Est-il arrivé quelque chose à Forks ?
-Oui, mais pas ce que tu crois.
-Entre, souris-je.
-Je préférerais aller chasser, si ça ne te dérange pas.
-Pas de soucis.
-Seul.
Il partit durant des heures, me laissant me faire un sang d'encre. J'espérais que rien ne soit arrivé à sa famille.
-Edward, que se passe t-il ?
-J'ai rencontré quelqu'un...
-Oh...
-Enfin... Je voulais te demander si je pouvais rester ici quelques temps...
-As-tu des soucis ?
-Tu te rappelles de la fable de la tua cantante ?
-C'est quand le sang d'un ou d'une humaine est tellement attirant que tu n'as qu'une envie : boire son sang jusqu'à la dernière goutte. Tu as trouvé ta tua cantante, c'est ça ?
-Possible.
-Explique-moi.
-Lors de mon premier jour au lycée de Forks, une nouvelle fille, celle du chef de la police, a croisé mon regard lors du repas de midi, et je pouvais sentir son sang dans ma bouche... J'ai pu me retenir parce qu'elle était loin de moi, mais quand je l'ai retrouvée en biologie et qu'elle s'est assise à côté de moi, j'ai lutté de toutes mes forces pour ne pas la tuer sur le champ... Je peux encore la sentir, sentir son parfum, sentir son sang dans ma bouche, même à des centaines de kilomètres de Forks...
-Edward...
-Je peux pas y retourner, je la tuerais. Je vais tout foutre en l'air ce que Carlisle m'a appris... Elle sera en sécurité tant que je reste ici, loin d'elle et loin de son parfum et son sang.
-Prends le temps que tu as besoin pour réfléchir ou autre, tu sais que tu seras toujours le bienvenu ici.
-Merci Tanya.
-De rien, bratanec.
-Bratanec ?
-Ça veut dire 'cousin' en slovaque.
-Et cousine, ça se dit comment ?
-Pareil, sourit-elle. Tu vois, ça va déjà mieux.
Les jours passèrent, et être avec les Denali firent du bien à Edward, même s'il n'était pas lui même. Il m'avait dit qu'Alice avait eu une vision d'elle, vampire et avec lui. Avec lui... Cousin ou pas, mes sentiments pour Edward étaient toujours les mêmes, et ça me brisait le coeur de les imaginer ensemble.
-Je suis tellement désolé Tanya, murmura Edward.
-Ne le sois pas, fis-je en prenant une grande respiration à la fois profonde et inutile. Tu as la chance d'aimer... Parce que oui, tu l'aimes. Même si tu ne l'as vue que très brièvement, tu l'aimes. C'est ce que la tua cantante fait aussi... Et je sais que la vision d'Alice se réalisera... Mais ce n'est pas grave. Tu as le droit au bonheur, c'est ce que j'ai toujours souhaité pour toi. Alors fais le plein de sang, retourne à Forks, et aime-la.
Edward resta une semaine chez nous et suivit mes recommandations envers sa tua cantante. Aux dernières nouvelles, lui et Bella filaient le parfait amour.
POV Irina -
Parfois, être une vampire est très ennuyeuse, surtout en Alaska, à part la chasse, et encore. Il manquait quelque chose à ma vie et voir Carmen et Eleazar si amoureux me donnaient envie de trouver mon compagnon pour le reste de l'éternité. Alors j'avais décidé de trouver parmi les humains un homme qui n'aurait pas peur de moi et qui m'aimerait comme je suis. Tanya souffrait elle aussi de cette solitude, surtout à cause de notre cousin Edward qui avait rencontré une humaine et transpirait le bonheur à ses côtés.
Un soir, alors que je lisais un livre pour la énième fois, j'entendis le téléphone sonner et Tanya alla décrocher et salua Carlisle, avant de se mettre à crier, tous nous appeler et de mettre le téléphone en haut parleur.
-Tanya, calme-toi, fit Carlisle. Nous avons rencontré un petit clan de nomades alors que nous jouions au baseball dans la clairière et Bella était avec nous.
-Bella ? Demandais-je.
-La copine d'Edward.
-Je disais donc, continua Carlisle, que le sang de Bella a chanté pour James, le chef du clan, et vu que c'est un traqueur obsessionnel, il a décidé de faire d'elle son jeu du moment...
-Et ?
-Je n'ai pas le temps de m'occuper de ta jalousie mal placée, Tanya. J'ai redirigé un des membres du clan de James, Laurent, vers vous, qui m'a dit qu'il aimerait essayer notre mode d'alimentation. Je lui ai promis que vous l'accueilleriez à bras ouverts et lui donneriez refuge tout en lui transmettant vos connaissances. Nous partons ce soir pour conduire James et Bella loin de Forks, tandis que Laurent se dirige vers vous. Il semble très désireux d'apprendre.
-Bien sûr, fit Carmen. Nous l'accueillerons comme toi et Esmé nous avez accueillis. Carlisle, fais attention à ta famille, d'accord ? Et passe-leur le bonjour.
-Merci, Carmen. Je vous donnerais des nouvelles quand tout sera terminé... À très bientôt.
Tanya explosa de colère après que Carlisle ait raccroché, à cause du béguin qu'elle avait eu pour Edward, et la jalousie qui l'animait à cause de l'humaine prénommée Bella qu'elle traitait d'humaine stupide et fragile. Elle ne comprenait pas la fascination qu'Edward avait pour son humaine, et vice versa, ni comment une humaine voudrait être avec un vampire, assurant qu'elle pouvait faire beaucoup plus pour lui que Bella.
Je finis par ne plus l'écouter, et pensais à l'homme que Carlisle nous envoyait. Depuis combien de temps était-il un nomade ? Qui était-il avant d'être transformé ? Deviendrait-il mon compagnon, comme l'étaient Carlisle et Esmé ou encore Carmen et Eleazar ? Je me surpris à rêver, et fus tirée de mes pensées par un bruit étrange : un coup donné à la porte d'entrée. Carmen et Eleazar se levèrent et allèrent ouvrir au nomade. On vit un homme à la peau colorée avec des dreadlocks et une tenue étrange rentrer dans notre maison.
-Bonsoir, je suis Laurent. Carlisle m'a conseillé de venir vous voir. Je suis très heureux de vous rencontrer, sourit-il.
Sa voix était veloutée avec un léger accent français qui me fit frissonner. Si j'avais été humaine, mon coeur aurait battu à la chamade au son de sa voix.
-Je suis Kate, la chef de ce clan, et voici Tanya, Irina, Carmen et Eleazar. Nous sommes heureux de vous accueillir chez nous, et nous vous enseignerons tout ce que vous désirez savoir sur notre mode de vie différent du vôtre. Je vous en prie, asseyez-vous.
Laurent nous raconta comment il avait croisé le chemin de nos cousins et pourquoi il avait décidé de ne plus faire partie de leur clan.
-Je savais que James était un traqueur, mais obsessionnel à ce point, je n'avais pas prévu ça... Il n'y a aucun moyen de l'arrêter. C'est pour ça que je suis allé prévenir Carlisle dans l'espoir de les aider et trouver une nouvelle façon d'exister loin de James et Victoria. Ils ne m'ont même pas retenu, ils étaient trop concentrés sur Bella...
Les jours qui suivirent l'arrivée de Laurent, il apprit non sans difficultés à s'adapter à sa nouvelle vie. Quelque chose s'était passé en nous quand nos regards s'étaient croisés pour la première fois et nous passions notre temps ensemble, comme si une force invisible nous attirait l'un vers l'autre. Malheureusement, boire du sang animal était difficile pour Laurent, à cause du goût spécial qu'a le sang humain quand il coule dans la gorge, encore chaud et savoureux.
Carlisle nous avait informé de la mort de James, l'ancien compagnon nomade de Laurent, et Edward avait dit que Victoria reviendrait sûrement pour demander à Laurent de l'aider à venger de la mort de James, ce qui se passa. Il ignora ses demandes et nous continuâmes notre petit bout de chemin ensemble jusqu'à ce que Laurent décide abruptement de quitter notre clan - et de me quitter - car il n'arrivait pas à se faire à ce mode de vie, sa soif de sang n'était pas entièrement comblée et préféra partir avant d'attaquer quelqu'un. Mais je savais au fond de moi qu'il était question d'autre chose : Victoria.
- Je serai de retour, Irina, je te le promets, fit-il. J'ai juste besoin de temps, tu sais combien c'est difficile pour moi...
-Si tu ne reviens pas, je te traque et te ramène par la peau des fesses, aussi sculptées soit-elles... Tu vas me manquer.
-Toi aussi tu vas me manquer.
Nous nous embrassâmes comme si c'était la dernière fois puis Laurent partit et disparut dans l'immensité de la forêt alaskienne. Les jours et les semaines se succédèrent et quelque chose manquait à ma routine.
Une personne vous manque et tout est dépeuplé, dirait le dicton. J'avais un mauvais pressentiment quant au départ de Laurent, et un jour, nos cousins débarquèrent sans préavis et sans Edward.
-Que se passe t-il ?
-C'est Jasper... Il a attaqué Bella, et Edward est parti... On a été obligé de quitter Forks...
-Rentrez, rentrez, fit Carmen.
Après avoir discuté un peu, on apprit qu'Edward était parti sans donner d'indication sur sa possible destination, tandis que Bella dépérissait à vue d'oeil. Tanya, jalouse au possible, ne la plaignit pas mais ne s'amusa pas non plus de la situation, étant donné qu'Edward était tout aussi mal en point avant qu'il ne parte. Alors que les jours passaient, Alice eut une vision de Bella et de Laurent, puis celui-ci disparut soudainement tandis que Bella était saine et sauve.
-Sam et sa meute ?
-Possible...
-Je vais appeler Billy pour confirmer...
-Confirmer quoi ? Demandais-je, craignant le pire pour mon compagnon.
-Si ce que je pense est arrivé, Laurent s'est rallié de nouveau à Victoria dans le but de tuer Bella...
-Et ?
-Et les loups, au courant de la menace pesant sur Bella, pourraient avoir...
-Pourraient avoir quoi, Carlisle ? M'énervais-je.
-Ils pourraient avoir éliminé Laurent si il a tenté de tuer Bella...
Les mots résonnèrent dans mon esprit, et je n'attendis pas que Carlisle passe cet appel pour connaître le sort de mon compagnon. Laurent avait été assassiné par les loups-garous, ce qui fut confirmé à mon immense tristesse. Je m'effondrais au sol, comme tuée à nouveau, le visage lisse et sans émotions, telle une pierre dans un désert d'inexistence.
J'étais tellement dévastée et vide de tout sentiments que je ne vis même pas les Cullen repartir et passais mes journées et nuits seule, regardant l'immensité de l'Alaska sans ressentir une once d'émotion. Laurent m'avait changé, et j'avais espéré le changer, mais il était revenu à ses anciennes habitudes et avait fini par être tué.
Nous n'eûmes plus de nouvelles des Cullen pendant un moment et quand nous reçûmes l'invitation d'Edward à venir à son mariage avec Bella, je décidais d'enfin exprimer la rage enfouie depuis la mort de Laurent.
-Je n'irais pas. Il en est hors de question ! Laurent est MORT à cause de cette stupide humaine qui ne sait rien faire d'autre que de se mettre en danger pour se sentir exister ! Je n'irais pas. Ils ont préféré s'allier à ceux qui ont tué mon compagnon alors désolée mais ce sera sans moi.
-Ils font partie de notre famille, fit Carmen. Nous devons faire la paix avec eux, Irina.
-Tu n'es pas le chef du clan, Carmen. Kate l'est. Et même si elle décide que nous devrions y aller, je ne peux pas... Non, je pourrais mais je ne VEUX pas. Vu qu'ils sont « alliés » avec les loups, il faudrait que je fasse l'impasse là-dessus et les laisser vivre pour le meutre qu'ils ont commis ? Non seulement ils ont pris sa vie, mais aussi une partie de moi ! La seule partie de moi qui se sentait encore vivante et qui avait réussi à oublier ce que je suis devenue.
-Les Cullen ont toujours été là pour nous... Et nous aussi... Ce n'est pas la faute de Bella... Laurent a toujours su qu'elle était de notre famille, et il voulait quand même la tuer, fit Kate fermement. Ton Laurent est resté celui qu'il était avant de te rencontrer... Tu ne changes pas la nature d'un vampire par l'amour ! Alors que tu viennes ou non, nous irons, que ça te plaise ou non. Je suis la chef de ce clan, et j'ai décidé que nous irons à ce mariage, un point c'est tout.
POV Tanya -
Le jour du mariage d'Edward et Bella arriva et j'étais contente pour eux deux, depuis le temps qu'Edward était célibataire. Même si nous n'avions pas encore rencontré sa future épouse, Edward et sa famille n'en avait dit que du bien. Nous fîmes chemin vers la maison des Cullen, et ce fut Esmé qui nous accueillis, toujours aussi charmante et aimable. On entendit des gloussements au premier étage - typiques d'Alice. Celle-ci descendit et vint nous saluer, tout comme le reste de la famille à part les principaux intéressés.
-Edward n'est pas là ?
-Oh euh... Il est en train de se préparer. Tout comme Bella.
-Oh si vous saviez combien je suis pressée ! Mon frère se marie ! C'est pas tous les jours que ça arrive !
-Ha ha ha...
-Quand on parle du loup...
Irina se tendit immédiatement et quand elle vit que c'était bien Edward, elle se détendit. Edward nous salua tous. Il était magnifique, vêtu d'un costume magnifique qui lui allait à la perfection, et ses cheveux étaient comme d'habitude en bataille.
-Suivez-moi, je vais vous montrer où ça se passe, fit Alice.
Tous les invités étaient arrivés et Edward alla se placer devant l'autel avec le pasteur derrière lui, attendant que sa future femme arrive. Nous discutâmes un peu, et il y avait beaucoup de monde pour un mariage comme celui-là. Sûrement un coup d'Alice.
Le pasteur nous demanda à tous d'aller rejoindre nos places car la cérémonie n'allait pas tarder à démarrer. La musique démarra et nous nous levâmes pour regarder le fond de l'allée et voir enfin celle qui allait être notre nouvelle cousine et qui avait volé le cœur d'Edward.
Bella était magnifique, avec une robe de mariée blanche à manches longues et une traîne interminable, alors que ses cheveux d'une couleur chocolatée étaient attachés en un chignon flou. Elle était exactement comme Edward l'avait décrit, et magnifique dans tous les sens du terme. Ses joues étaient rosies par l'émotion et ses yeux trouvèrent ceux de son bien-aimé. On s'assit, et Edward prit les mains de Bella dans les siennes, les yeux dans les yeux.
Nous étions tous assis et le moment Edward prit les mains de Bella dans la sienne, je laisse aller. Tous les sentiments que j'avais ressenti pour Edward s'envolèrent dans la seconde et fus heureuse que cette humaine face devant lui soit la meilleure personne pour lui. En un éclair, la cérémonie fut terminée, et après un baiser plus long mais tellement tendre, tout le monde applaudit les mariés, Bella n'osant pas regarder les invités. La réception commença dans la foulée et on alla féliciter les jeunes mariés.
-Bella ? Fit Carmen en lui faisant la bise.
-Félicitations, Edward, ajouta Eleazar.
-Eleazar et Carmen, c'est ça ? Fit Bella.
-Oui, et nos cousines d'Alaska, Tanya, Kate, ajouta Edward.
-On nous a beaucoup parlé de toi, sourit Kate.
-Bienvenue dans la famille, annonça Carmen.
-Merci.
Irina, qui avait finalement de venir, était pétrifiée en voyant des loups-garous au mariage, et les fixait avec une douleur visible sur son visage.
-Irina, fit Carmen. J'aimerai te présenter...
-C'est au dessus de mes forces...
-Tu avais promis, fis-je.
-Ils en ont invité un...
-Irina, c'est notre ami, fit Edward, en essayant de calmer la tension soudainement apparue.
-Ils ont tué Laurent...
-Il voulait tuer Bella.
-Je refuse d'y croire, grogna Irina. Il voulait devenir comme nous, vivre en paix avec les humains... Avec moi.
-Je suis navré, ajouta Edward.
Irina s'en alla et je m'excusais pour son comportement déplacé envers Edward et sa femme. On laissa la place à d'autres invités en allant nous asseoir à la table de la réception qui nous avait été désignée afin que la famille de Bella et Edward portent un toast, et on fit mine de boire la coupe de champagne qu'on nous avait donné et la soirée passa à une vitesse folle et quand Edward m'invita à danser, j'hésitais sérieusement à accepter son invitation.
-D'accord, souris-je.
Edward prit mes deux mains et on partit sur la piste de danse, nous faisant bouger lentement, ce qui nous permit de parler un peu.
-Je suis désolé, Tanya.
-Pourquoi t'excuses-tu ?
-Parce que je sais que tu m'aimes beaucoup et que je n'ai pas les mêmes sentiments pour toi... -Écoute... Oui, j'ai des sentiments pour toi, mais pour être franche, je suis très heureuse que tu sois avec elle plutôt qu'avec moi, car tu transpires le bonheur à cent bornes à la ronde et je préfère largement te voir comme ça. Tu mérites d'être heureux avec elle. Je n'ai jamais été rejetée par un homme avant, tu le sais, mais quand je vois la joie qu'elle te procure, je suis bien contente que tu m'aies rejetée. Alors ne sois pas désolée. Un jour, mon tour viendra aussi et je sais que tu seras tout aussi heureux pour moi que je ne le suis pour toi.
POV Irina -
Je décidais de quitter le clan provisoirement aorès ce qui était arrivé lors du mariage d'Edward. Je m'aventurais un peu partout entre le territoire américain et canadien à la recherche de distraction. Passant près de Forks, je découvris une clairière et entendis un bruit. Sûrement le rire d'un enfant s'amusant avec ses parents dans la neige. J'humais l'air, et ne décelais pas d'odeur particulière à part l'odeur des grands pins entourant la clairière à quelques mètres de moi. Je devais probablement être près du territoire des Cullen, et ce devait être eux qui jouaient dans la neige.
Mais quand je m'approchais de la clairière, ce que je vis me glaça le sang. Bella, la femme d'Edward, accompagnée d'une jeune enfant et d'un des loups garous ayant tué Laurent. J'hoquetais et toutes mes pensées se confusèrent. Bella et Edward avaient créé un enfant immortel. Étaient-ils ignorants à ce point alors qu'ils savaient les lois mieux que nous ? Si elle et Edward avaient eu un enfant pendant qu'elle était encore humaine, elle ne serait pas là aujourd'hui avec cet enfant immortel, cette abomination...
Réfléchissant au temps passé depuis le mariage, il était impossible qu'ils aient conçu cet enfant... Je pensais à ma mère, tuée sur le bûcher pour avoir créé un enfant immortel et nous avait laissées orphelines. J'en voulus à Bella d'avoir existé... S'il n'y avait pas eu cette fille, les Cullens ne se seraient pas alliés à des loups et Laurent serait encore en vie.
Je tournais le dos à cette scène et partis en un éclair en Italie. Je ne pensais plus à rien, et surtout je n'avais plus rien à perdre. Tout m'avait été pris injustement, alors autant me venger de la personne qui avait tout enlevé mes espoirs de famille, de compagnon et m'avait tuée au plus profond de moi. Bella Swan paierait.
POV Kate -
Après le mariage de Bella et Edward, la famille Cullen nous appris que Bella avait été transformée après avoir été malade. Entre temps, Irina avait quitté notre clan pour réfléchir, et nous n'avions plus de nouvelles. Un jour d'hiver, on vit Edward et Bella se garer devant chez nous, et Edward sortit, je vis que quelque chose n'allait pas dans son regard.
-Edward, est-ce que tout va bien ? Nous n'attendions pas ta présence...
-Est-ce à propos d'Irina ? Demanda Carmen. Nous n'avons plus de nouvelles d'elle...
-Indirectement, répondit Edward.
-Pourquoi ton épouse attend-elle dans la voiture ? S'inquiéta Eleazar.
-Et pourquoi tu as amené un loup avec toi ? Je peux le sentir d'ici...
-Ma famille est en danger et j'ai besoin de votre aide...
-Que se passe t-il, Edward ? Fit Carmen.
-C'est difficile et long à expliquer, mais j'ai besoin que vous soyiez ouverts d'esprit...
-Bien sûr, fit Tanya.
On vit Bella sortir de la voiture accompagnée du loup, Jacob, et d'une enfant. On eut un élan de recul en voyant l'enfant. Une immortelle. Comme Vasilii.
-Les Volturis viendront pour nous, murmurais-je. C'est immoral !
-Éloigne cet enfant de nous ! Cria Tanya.
-Elle n'est pas ce que vous croyez...
-C'est un crime !
Tanya se jeta sur Edward sans réfléchir et je défendis ma soeur en l'électrocutant. Bella s'en mêla et me projeta à des mètres d'Edward. Quand on voulut revenir à la charge, la femme d'Edward nous stoppa d'un geste de la main.
-Reculez !
-Elle a du sang qui coule dans ses veines, expliqua Edward. Vous pouvez sentir sa chaleur... Je suis son père biologique et Bella est sa mère.
-Impossible, répondis-je.
-C'est vrai, argumenta Bella. Elle est née quand j'étais encore humaine.
-Je n'ai jamais rien entendu de tel, ajouta Eleazar.
-Elle peut vous le montrer, si vous la laissez vous approcher.
Le loup prit la petite dans ses bras et les deux s'approchèrent de nous. Elle était si belle... Je pouvais entendre son coeur battre, la chaleur de son corps irradier à chaque mètre la rapprochant de nous.
-Tanya, tu nous dois ça, fit Edward. Nous sommes tous sur le point de mourir car ta soeur n'a pas voulu qu'on parle.
On se regarda tous, et Carmen hocha la tête. Je soupirais et en fis de même.
-Elle peut te montrer la vérité, fit Edward alors que l'enfant touchait la joue de Tanya.
-N'aie pas peur, exliqua Bella, c'est comme ça qu'elle communique.
Ma soeur parut absente un moment, avant de retrouver la raison et de nous regarder, un sourire aux lèvres. Ce fut mon tour, et dès que les mains de Renesmée touchèrent mes joues, je vis l'histoire de cette enfant à travers ss propres yeux. Bella était sur une table couverte de sang, et ses cris se turent quand elle vit son bébé. L'épouse d'Edward la tenait dans ses bras, puis elles furent séparées pour que l'enfant termine dans les bras de Rosalie. Les cris de Bella doublèrent, dûs à la douleur puis le silence. La dernière image était Bella, magnifique en tant que vampire, marchant timidement vers Renesmée.
-Un tel don ne peut venir que d'un père très doué, sourit Eleazar.
-C'est fascinant, renchérit Carmen. Rentrons à l'intérieur, nous avons un peu de nourriture pour Jacob et la petite.
Après avoir rassasié la faim du loup et de l'enfant, on discuta avec nos visiteurs d'Irina, qui avait été dénoncer l'enfant aux Volturi sans même avoir cherché à comprendre.
-Merci de nous avoir écouté, fit Edward, plus détendu qu'à son arrivée.
-Le grave danger, c'est les Volturi, c'est ça ? Demanda Tanya.
-Oui...
-Comment ont-ils su à son sujet ?
-Bella a vu Irina ce jour-là dans les montagnes, et Renesmée était avec elle...
-Irina aurait été vous dénoncer ? Irina ? Ma soeur ?
-Alice l'a vue y aller dans une de ses visions...
-Comment pourrait-elle faire une telle chose ? Fit Eleazar.
-Imaginez si vous aviez vu Renesmée sans qu'on ait eu le temps de vous expliquer...
-Peu importe... Vous êtes notre famille, sourit Carmen. Et on va défendre notre famille. Savez-vous quand ils arriveront ?
-Dans un mois selon Alice... Quand la neige tiendra au sol...
-Un mois ? C'est long.
-C'est pas tous les jours qu'ils se préparent à exterminer un clan tout entier...
-Edward, m'énervais-je. Vous n'avez rien à vous reprocher...
-Où sont les autres Cullen ? Demanda Eleazar.
-Partis chercher des alliés...
-Peu importe combien d'alliés vous rassemblez, nous vous aiderons.
-Nous ne vous demandons pas de mourir pour nous, Tanya. Carlisle ne demanderait jamais ça. Nous cherchons simplement des témoins. Pour attester que ce que nous disons est vrai...
-Je ne suis pas dangereuse, fit la petite. Je ne blesse personne, sauf Jacob, j'aime bien le mordiller, ça le fait rire. Et j'adore les humains... Ils sont gentils.
-Nous serons là. Nous nous battrons à vos côtés, souris-je.
-Moi aussi, ajouta Carmen. La famille avant tout.
-Moi aussi, renchérit Eleazar, je ferai ce que je peux pour protéger l'enfant.
Après deux jours chez nous, Edward, Jacob, Bella et Renesmée repartirent à Forks. Nous les rejoignirent quelques jours après afin de s'entraîner au cas où la bataille avec les Volturi serait inévitable. On avait rencontré différents clans que Jasper, Alice, Carlisle, Esmé, Rosalie et Emmett avaient été trouver aux quatre coins du monde. Dont un certain Garrett, qui me plaisait assez.
Eleazar avait le don de déceler les vampires avec un pouvoir spécial et de quel pouvoir il s'agissait et en découvrit plusieurs. Zafrina, du clan des Amazones, avait un contrôle total sur l'esprit de sa victime, et pouvait lui faire voir tout ce qu'elle désirait qu'elle voie. C'est ainsi qu'on découvrit le pouvoir de Bella, ou plutôt qu'Eleazar le découvrit.
-Je t'assure que si tu ne tenais pas ma main, je me croirais en Amazonie... Fit Edward.
-Je ne vois rien du tout, Edward...
-Tu ne m'avais pas dit que ta femme est un bouclier...
-Quoi ? Un bouclier ? Demanda Bella.
-C'est un don défensif, fit Eleazar.
-C'est pour cela qu'Aro et moi ne pouvions pas lire tes pensées, ajouta Edward.
Eleazar semblait tout à fait fascinée, et je décidais de tester son pouvoir en m'approchant d'elle pour lui donner un petit coup d'électricité.
-Dommage, je ne pourrais pas te botter les fesses...
-Ou alors ton voltage est exagéré, fit Garrett, taquin.
-Peut-être que ça ne marche que sur les faibles, après tout, répondis-je, amusée, et lui fis mine d'approcher.
Il approcha son doigt de ma main, et malgré la mise en garde de Carlisle, il ne tint pas compte de son avertissement. Quand son doigt effleura ma main, il reçut une décharge et tomba à terre sous le choc, ce qui provoqua les rires de tous les vampires présents.
-Kate Denali, tu es une femme vraiment extraordinaire.
On rentra ensuite chez les Cullen et j'appris à connaître Garrett, qui m'avait séduite par son répondant.
-Donc, tu n'as jamais fait partie d'un clan avant ? Demandais-je à Garrett alors que nous allions chasser rien que tous les deux.
-Non, je veux rester moi-même. Je décide de ce que je veux faire, quand je veux, où je veux... Je ne supporterais pas de vivre comme les Cullen...
-Pourquoi les aides-tu, alors ?
-Si je dois mourir, je veux décimer un peu de Volturi avant. Tous les vampires les détestent, alors si je peux en tuer quelques uns, ils seront moins nombreux et facilement tuables. Et toi, pourquoi ton clan aide Carlisle ?
-Parce que nous sommes une famille, et on se protège en tant que telle. Si nous étions en difficulté ils nous aideraient tout autant...
-Mais tu pourrais mourir.
-C'est un risque à prendre, en effet. Mais je n'ai pas peur.
C'est ainsi que pendant une bonne partie de la nuit, Garrett et moi on apprit à se connaître. C'était le premier homme avec qui je m'étais sentie à l'aise. Garrett m'observa alors que je chassais un cerf. Quand je fus assez près, je me jetais sur la bête et plantais mes dents dans son cou pour en aspirer le sang. Ensuite, je me relevais et il me regarda.
-Quoi ?
-Tu as quelque chose là...
Il essya de son doigt la goutte de sang encore frais et lécha le sang, avant de sourire.
L'entraînement continua les jours suivants et chacun fut enfin prêt à se battre. Bella avait étendu son bouclier et pouvait protéger plus de cinq personnes à la fois, elle comprise. Le jour J arriva, et on s'installa dans la prairie, selon les indications d'Alice, qui n'était toujours pas revenue avec Jasper. Face à nous, un nombre incalculable de vampires, tous alliés avec les Volturi, et Irina encerclée par la garde. Je pris la main de ma soeur et priais pour que personne ne soit tué.
Notre soeur semblait complètement perdue autour de ces vampires. On vit les loups nous rejoindre, ce qui fut la surprise pour le clan adverse. Aro enleva sa capuche, et nous regarda de ses yeux perçants. Carlisle s'avança prudemment.
-Aro. Et si nous discutions calmement, comme dans le temps ?
-Que de belles paroles, Carlisle... Mais sans doute déplacées vu le bataillon que tu as rassemblé contre nous, ironisa t-il.
-Je peux te promettre que telle n'a jamais été mon intention. Aucune loi n'a été transgressée.
-Nous voyons l'enfant, grogna Caius. Ne nous prends pas pour des simples d'esprit !
-Ce n'est pas une enfant immortelle ! Fit Carlisle. Ces personnes peuvent en attester. Regardez-la. Voyez l'abondance de sang humain dans ses joues.
-Artifice ! Proclama Caius, avant d'être interrompu par Aro.
-Je veux recueillir la moindre particule de vérité, mais d'une personne plus concernée par cette histoire... C'est à dire Edward. Puisque l'enfant s'accroche à ta compagne nouvellement née, je suppose que tu es impliqué, fit-il en tendant la main vers Edward.
Edward regarda Bella et Renesmée avant de s'avancer et de franchir les centaines de mètres qui séparaient notre groupe du clan des Volturi, avant qu'Aro ne prenne sa main. Des minutes s'écoulèrent, minutes pendant lesquelles personne n'osa prononcer un mot tant qu'Aro n'avait pas fini de lire en Edward.
-J'aimerai lui parler, demanda Aro.
Bella prit la main de la petite, et s'avança dans la neige, Jacob derrière elles. Quelque chose clochait, on l'avait tous senti. Emmett les rejoignit, et tous les quatre, ils s'avancèrent vers Aro.
-Ah jeune Bella, l'immortalité te réussit, fit-il, avant de se mettre à rire. J'entends son étrange coeur.
L'enfant s'avança vers Aro et le salua, avant de poser sa petite main sur la joue, ce qui surprit le chef de clan.
-Magnifico. Mi humaine, mi vampire... Conçue et portée par ce nouveau-né durant son existence humaine.
-Impossible ! Hurla Caius.
-Crois-tu qu'ils m'aient dupé, mon frère ?
-Faites avancer l'informatrice, fit le Volturi blond.
Irina nous regarda alors qu'elle s'avançait vers Caius Aro et Marcus. Je pouvais sentir sa peine et sa honte, même à des centaines de mètres de nous.
-Est-ce l'enfant que tu as vu ?
-Je n'en suis pas sûre, murmura t-elle après avoir regardé Renesmée.
-Jane... Ordonna Caius.
-Elle a changé ! Cria Irina Cette fille était plus petite...
-Tes allégations étaient donc fausses.
-Les Cullen sont innocents. Je me suis trompée et j'en assumerais la pleine responsabilité. Je suis désolée, fit Irina à notre égard.
À ce moment là, on comprit ce qui allait inévitablement se passer. Ils allaient tuer notre sestra pour s'être trompée. Edward tenta de les arrêter, mais Felix s'approcha dangereusement d'Irina, aidé par deux vampires, qui la démembrèrent et la brûlèrent.
Nous nous élançâmes dans la neige pour essayer de les arrêter et dans une rage folle, j'électrifiais quiconque voulait nous retenir mais on fut vite aveuglées par Zafrina, une des vampires du clan amazone.
-J'ai besoin de voir ! Criais-je.
-Tanya, ils n'attendent que ça, nous fit Edward. On mourra tous si vous attaquez.
On reprit nos esprits et on se calma. Aro donna l'ordre à Jane d'attaquer Edward, mais Bella activa son bouclier, ce qui permit à Edward de se relever et de ne plus être sous le joug de Jane, qui ne comprenait plus rien. Ce coup de surprise énerva tous les Volturi, Alec tenta d'utiliser son pouvoir mais fut stoppé par Aro lui-même.
-Aucune loi n'a été transgressée, comme je l'ai dit, fit Carlisle.
-Je l'admets mais n'y a t-il vraiment aucun danger ? Pour la première fois de toute notre histoire, les humains représentent un danger. Leur technologie leur a fait produire des armes capables de nous détruire. Préserver notre secret n'a jamais été aussi impératif. La seule chance de salut réside dans le savoir, et celui-ci est tolérable. Nous ne savons rien de ce que cette fillette peut devenir. On ne peut pas vivre dans une telle incertitude... Devons nous renoncer au combat aujourd'hui au risque de mourir demain ?
Aro changea d'expression faciale, passant de l'inquiétude à la surprise.
-Alice, fit Edward. Elle est revenue.
Une lueur d'espoir revit dans mon cœur et dans tous ceux de notre côté. Aro oublia son discours et s'adressa à Alice.
-Ma très très chère Alice, quel plaisir de te joindre à nous, en fin de compte.
-J'ai la preuve que l'enfant ne représente pas de risque pour notre espèce. Laisse-moi te faire voir, fit-elle en tendant la main.
Aro ordonna aux gardes de la laisser passer et elle s'avança jusqu'à lui, et il s'empressa de lui prendre la main. Le silence dura pendant un bon moment, avant qu'il ne lâche la main d'Alice, avant de regarder, hébété, vers notre direction.
-Tu sais, désormais, fit Alice. Tel est ton avenir, sauf si tu décides d'en changer le cours.
-On ne peut pas, gronda Caius. L'enfant reste une menace préoccupante.
-Mais si on vous certifiait qu'elle demeurera étrangère au monde des humains, pourrait-on vivre en paix ? Demanda Edward.
-Bien sûr, mais vous ne pourriez pas le prouver, fit Caius.
-Je crois bien que si, fit Edward, souriant à sa sœur.
On vit deux inconnus s'avancer vers les Volturi. Les deux personnes avaient la peau mate et étaient vêtus de simples tenues en tissu.
-J'ai moi aussi cherché des témoins digne de foi, argumenta Alice, parmi les Tikuna, une tribu du Brésil.
-On a assez de témoins, fit Caius, énervé.
-Laisse-les parler mon frère, gronda Aro. Qui es-tu ?
-Je m'appelle Nahuel. Je suis mi-humain, mi-vampire, fit le jeune homme. Comme l'enfant. Un vampire avait séduit ma mère qui mourut en me donnant naissance, et c'est ma tante, Huilen, qui m'a élevé comme son fils. J'en ai ensuite fait une immortelle.
-Quel âge as-tu ? Demanda Bella, intriguée.
-J'ai aujourd'hui 150 ans.
-À quel âge as-tu atteint la maturité ? Interrogea Aro.
-Sept ans après ma venue au monde. Et je n'ai pas changé depuis.
Bella se retourna pour sourire à sa fille, avant qu'Aro ne repose des questions.
-Régime alimentaire ?
-Sang ou nourriture humaine. L'un ou l'autre me convient.
-Ces enfants sont presque comme nous, fit Marcus, qui n'avait pas parlé depuis son arrivée.
-Vous oubliez que les Cullen fréquentent les loups-garous, ajouta Caius, qui sont par nature nos ennemis.
Aro posa fraternellement la main sur l'épaule de Caius, tout en secouant la tête, et je souris à Garrett et ma famille.
-Chers frères, il n'y a nul danger ici. Il n'y aura pas de combat aujourd'hui.
Plusieurs des sous-fifres d'Aro partirent, notamment Caius et Jane, et il partit également, nous laissant tous sains et saufs, à part Irina, qui avait péri pour sa trahison et son mensonge. La colère et la douleur que j'avais ressenti avant disparut, et je sautais dans les bras de Garrett, ma tête se posant dans le creux de son cou et resserra son emprise sur moi.
Me reposant par terre, il souleva mon menton avec son doigt pour que nos regards se croisent, et se pencha pour m'embrasser passionnément. Mon front se posa instinctivement contre son torse ensuite et je regardais tout autour de moi. Chaque couple s'embrassait ou s'étreignait, et je ne pus que sourire.
Je me retournais pour regarder Tanya et souris tristement avant de la prendre tendrement dans mes bras, après avoir embrassé sa joue. Elle soupira et enroula ses bras autour de moi.
-Irina... Fit-elle.
-Je sais, dis-je doucement. Mais nous nous avons les uns des autres, et Irina vivra à jamais dans nos cœurs. Nous ne pourrons jamais l'oublier.
Garrett serra fraternellement Tanya contre lui, et elle partit voir un peu tout le monde.
-Que dirais-tu de l'Alaska ? Demandais-je à mon compagnon.
-Je crois que je peux m'y faire... Surtout si tu es là, rit-il en jouant avec une mèche de mes cheveux blonds.
-Je ne compte pas partir loin de toi, c'est promis, souris-je.
On alla vers les Cullen, et Esmé nous serra contre elle.
-Vous aurez une belle vie ensemble... Je suis si heureuse que vous vous soyez trouvés.
-Donc, tu vas aller vivre avec Kate et son clan ? Demanda Carlisle.
-C'est le plan, jusqu'à ce qu'elle me mette dehors...
Je lui donnais un coup de coude, et on se mit à rire.
-Je suis heureux d'entendre que tu ne seras pas loin, sourit Carlisle.
-Tu as peut-être raté beaucoup de choses en Angleterre, mais je suis heureux que tu en sois parti, car tu as une famille magnifique.
-Si je devais repartir à zéro, je ne changerais rien.
Il embrassa le front d'Esmé avec amour et j'espérais vivre cela avec Garrett un jour. Le soir venu, on était tous rassemblés devant le feu de camp, j'étais lovée contre mon compagnon. C'était notre dernière nuit tous ensemble, et nous voulions profiter de ces derniers instants pour raconter des anecdotes sur notre passé. Tout le monde avait le sourire aux lèvres, parce qu'ils savaient que ce soir ne serait pas le dernier. Je fermai les yeux et m'appuyais contre Garrett, regardant Carmen et Eleazar, heureux eux aussi, et ils avaient, sans surprise, accepté Garrett comme nouveau membre de notre clan.
Cette journée avait été difficile. Ma sœur était morte, et j'avais vu ma vie défiler devant mes yeux. Mais maintenant je savais. Je pouvais passer toute l'éternité avec l'homme que j'aimais plus que tout dans le monde. Bien que j'aie vécu tant de choses aujourd'hui et ressenti tant d'émotions contradictoires, je ne pouvais pas imaginer une meilleure fin, assise avec mon compagnon, nos amis et la famille, à parler et rire sous les étoiles de Forks. Et le sourire que j'arborais ne quitterai plus jamais mon visage. Et franchement, je ne voulais pas qu'il parte un jour.
