Chapitre 11 : Les petits plats dans les grands
Harry était sur son balai. Le match contre les Poufssouffle était catastrophique. Malgré le fait que les Gryffondor menaient, la violence de l'orage empêchait de profiter pleinement du match. C'est avec regret qu'Albus s'était installé sur les gradins. Le match aurait dû être reporté, mais il ne voulait décevoir ni les élèves, ni Minerva qui attachait une grande importance à ce sport.
Seulement, voir ses élèves se faire emporter par le vent, sans parler des éclairs très proches, ne faisait qu'augmenter l'angoisse du Directeur. C'est de cette manière qu'il regarda Cédric Diggory et Harry Potter, les attrapeurs, s'envoler, pris par une bourrasque de vent, bien au dessus du stade, dans les nuages, l'orage. Sa peur s'accentua lorsqu'il ne vit descendre que Diggory. Où était passé Harry ? C'est alors qu'il s'aperçut d'un grand silence. Comment le stade pouvait être aussi silencieux ? Tout se passa très vite, il aperçu les détraqueurs au centre du terrain mais n'eut pas le temps de réagir ; des cris lui indiquaient autre chose, quelque chose de plus grave. Harry, devenu une masse rouge dans le ciel, dégringolait à toute vitesse, sous les regards choqués des élèves et professeurs. D'un geste, il réussit à freiner la descente de son élève sans toutefois arriver à le stopper. La présence des détraqueurs avait détruit le peu de résistance qu'il avait créé. De rage, il sortit sa baguette et invoqua un patronus. De sa baguette sortit un magnifique et impérieux phénix qui chassa les détraqueurs alors qu'Albus courait au centre du terrain, inquiet pour Harry.
Finalement, Harry s'en sortait avec quelques fractures, très vite réparées grâce à Madame Pomfresh. Cependant, jamais à Poudlard, Albus n'avait été aussi en colère. Les détraqueurs n'avaient pas l'autorisation d'entrer dans l'enceinte de l'école. Enfermé dans son bureau, il faisait les cents pas cherchant à faire tomber sa colère. C'est ainsi que Minerva le trouva après s'être assurée que son attrapeur était encore vivant. Malgré qu'ils soient mariés depuis un bon moment, elle ne l'avait jamais vu comme ça et ne savait pas vraiment quoi faire. Après avoir passé un quart d'heure à lui parler, à tenter de lui prendre la main sans réussir à le calmer, elle décida d'employer les gros moyens. Elle prit la direction de sa chambre, grâce à une porte dérobée qui l'entraina directement dans ses quartiers. Après avoir revêtu une robe médiévale rouge et blanche avec des motifs en or et lâché ses cheveux, elle retourna auprès de son époux. Pour bien marquer le coup, elle mit du parfum à la framboise et récupéra des bonbons au citron, ceux qu'elle n'arrivait pourtant pas à supporter.
Revenue dans le bureau du directeur, elle s'installa sur le canapé et fit semblant de manger les bonbons. Après quelques minutes, Albus, encore dans ses pensées, fut attiré par une odeur de citron et de framboise. Ne résistant pas, il se retourna et découvrit sa femme, un bonbon à la main.
- Mais tu manges mes bonbons, s'écria-t-il, horrifié.
Il n'eut pour réponse qu'un soulèvement de sourcil et un sourire ravageur. Après avoir fixé le paquet avec envie, il se décida et tenta de l'attraper sans succès. La chasse aux bonbons avait été déclarée et très vite, il se retrouva allongé sur Minerva sans trop savoir comment. Celle-ci, décida de lui accorder une clémence et attrapa un bonbon qu'elle lui glissa dans la bouche. Elle avait réussi à le détendre, et pour la remercier, il déposa des baisers dans son décolleté.
- J'adore ton parfum, lui susurra Albus.
- C'est la raison pour laquelle je l'ai mit, dit-elle en l'embrassant.
Il reposa sa tête contre sa poitrine avant de reprendre.
- Tu as réussi à me calmer alors que moi-même j'y arrivais pas !
- C'est pour ça que je suis ta femme ! souffla-t-elle alors qu'elle lui caressait les cheveux.
Sans même s'en rendre compte, ils s'endormirent, l'un sur l'autre. Ce fut Madame Pomfresh qui les découvrit ainsi quelques heures après, alors qu'elle venait faire son rapport habituel sur l'état des joueurs de quidditch. Sans les réveiller, elle referma la porte, et se promit de repasser plus tard, un sourire sur le visage. Albus étant comme un frère pour elle, elle était heureuse de son bonheur.
Un an plus tard, les rôles furent inversés. Cette fois, la directrice des Gryfondor claqua la porte du bureau directorial. Elle se demandait comment Albus pouvait dormir alors qu'Harry était en danger ? Comment il avait accepté le fait qu'Harry fasse partie du Tournois des Trois Sorciers sans broncher ? La deuxième épreuve venait à peine de se terminer. Déjà pour l'épreuve du dragon, elle avait failli perdre son sang froid, mais là, alors qu'il ne restait que quelques minutes avant la fin du temps imparti et aucune trace d'Harry, elle ne répondait plus d'elle. Alors qu'Harry sortant de l'eau, prit la 2eme place, elle fixa son époux d'un œil noir et partit d'une façon très Roguienne. Pour elle, Albus faisait trop confiance à Alastor Maugrey. Certes, il avait mérité sa réputation, cependant, ses réactions étaient à la fois bizarres et tordues. Elle était bien décidée à avoir une explication.
- Comment, commença-t-elle.
Toutefois, elle fut coupée dans son élan. Albus n'était pas dans son bureau. Où pouvait-il être ? Elle n'en savait strictement rien.
- Ce qu'il peut m'énerver des fois ! Harry a des problèmes et lui, il disparait sans rien dire. J'en ai plus qu'assez de ses enfantillages. Il faut arrêter le tournoi immédiatement, je ne veux pas perdre Harry pour une stupide quête de gloire éternelle. Et ces imbéciles de ministres qui se croient tout permis. Le Tournoi est un jeu dangereux, ils le savent pourtant, sinon il n'aurait pas été interrompu y a un siècle de cela.
Dans un long soupir, elle s'assit au bureau et se massa les tempes.
- Ça c'est mon fauteuil ma chérie ! déclara Albus qui fit sursauter Minerva. Désolé, mon amour, je ne voulais pas te faire peur, rajouta-t-il en lui massant les épaules.
- Tu sais de quoi j'ai peur ! souffla-t-elle.
- Je sais, ferme les yeux, lui murmura-t-il.
- Que…
- Ai confiance.
- Mais…
- Bon, tu ne me laisse pas le choix.
En disant cela, il prit un ruban de tissu violet et banda les yeux de sa femme en s'assurant qu'elle ne pouvait plus voir.
- J 'ai une surprise pour toi, mais tu dois rester calme. Maintenant ouvre ta bouche.
- Albus ?
- Tu verras, lui répondit-t-il, malicieux en souriant.
Il attrapa une fraise trempée dans du chocolat et la déposa dans la bouche de Minerva qui gémit de plaisir.
- Et ce n'est pas le meilleur, assura Albus.
Cette fois, il prit une cerise recouverte de chocolat blanc dont le noyau était en chocolat au lait et la déposa comme la fraise dans la bouche de sa chérie.
- Goûte moi ça !
- C'est… Je ne trouve pas de mots.
- Pour moi, j'ai la même sensation quand tu m'embrasses, chuchota-t-il alors qu'il approchait son visage pour l'embrasser. Saches mon amour, que je surveille aussi Harry et que même si quelque chose m'échappe, je ferai tout pour sauver Harry au péril de ma propre vie.
Il supprima le bandeau, lui sourit et déposa la boite avec les fruits sur les genoux de Minerva. Il y avait des fraises, des cerises, des framboises, des raisins, des quartiers de pommes et d'oranges, le tout était recouvert d'une couche de chocolat pour le plus grand plaisir de la directrice des Gryffondor.
