Verra t-on un jour la fin de ce tome ? (Ou comment puis-je trouver des journées de 48H ?)
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Les broderies incessantes de Mumuse vous voudront un chapitre supplémentaire, 15 au lieu de 14, mais c'est sur cette fois !
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Dédicace aux fidèles mousquetaires, merci de vos commentaires (et de votre patience) !
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Bonne lecture !
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Finch bailla et s'étira prudemment mais il avait pris soin de s'installer confortablement avec un coussin. Sur l'écran en face de lui Stanford venait juste d'émerger, tiré du sommeil par la sonnerie de son réveil. Il se leva et se tourna vers le coin chambre où John s'était retiré trois heures plus tôt. Il s'approcha silencieusement pour le regarder dormir. Il était allongé sur le côté, la joue contre l'oreiller et une main glissée dessous comme il aimait le faire. Il observa son air parfaitement détendu tout en sachant combien il était trompeur, il lui suffirait de quelques secondes pour être de nouveau prêt à se battre. Son regard voyagea des courts cheveux poivre et sel, en désordre, vers les paupières closes qui lui dérobaient momentanément son merveilleux regard bleu. Il savait qu'à l'instant où il se réveillerait il se ferait attentif pour s'assurer de ce qui les entourait, puis il se ferait douceur s'il croisait le sien. Il s'attarda sur les lèvres pleines, ces lèvres qu'il adorait sentir sur les siennes ou sur sa peau. Il suivit la courbe du menton, de la gorge puis de l'épaule, descendit jusqu'à la main qui reposait sur le drap. Cette main qui, avec sa jumelle, savait le rassurer, le défendre, l'aider, le caresser. Cette main qui, il le savait, le soutiendrait quoiqu'il arrive. Cette main où brillait son anneau, leur symbole. Il s'approcha un peu plus et entreprit de le réveiller avec précaution. Autrefois, au début de leur liaison, il avait appris à ses dépend qu'on ne réveille pas un ex agent de la CIA parfaitement entrainé comme un homme normal
-« Bonjour John » appela t-il doucement, en posant une main sur sa joue. Reese esquissa un sourire
-« Bonjour Harold. C'est l'heure ? »
-« En effet »
-« Vous pouvez m'aider à ouvrir les yeux ? » chuchota Reese en posant un baiser sur sa paume. Finch se pencha et posa ses lèvres sur les siennes un instant « C'est tout ? » grogna l'ex agent « Pour ça je n'ouvre même pas un œil » marmonna t-il. L'informaticien sourit, amusé, et se pencha à nouveau, lui accordant cette fois un véritable baiser. Reese avait passé une main derrière sa nuque pour le prolonger
-« Mieux ? » chuchota Finch
-« Un autre comme celui là et je me lève »
-« C'est du chantage » protesta l'informaticien qui pourtant ne chercha pas à résister. Satisfait, John s'assit au bord du lit mais posant les mains sur les hanches de son compagnon il l'attira contre lui et enfoui son visage contre son ventre
-« J'aime ce genre de réveil » chuchota t-il. Finch caressait doucement ses cheveux « Ca va votre dos ? Le fauteuil n'était pas très confortable »
-« J'étais bien installé »
-« Pas de migraine ? » interrogea John
-« Pourquoi ai-je l'impression de passer un contrôle technique ? » constata l'informaticien
Reese eut un petit rire
-« Un bon espion ne doit jamais négliger ses atouts » Il leva la tête et ajouta avec un petit sourire mutin « Et un bon patron ne doit jamais négliger son employé »
Finch se sentait fondre devant sa bonne humeur, son regard pétillant de malice, il prit son visage entre ses mains
-« Vous êtes un employé exigeant M Reese » remarqua t-il avant de l'embrasser
-« Mais vous êtes un patron compréhensif » répliqua John en continuant son baiser. Le téléphone de l'informaticien les interrompit. Finch le saisit et consultât l'écran
-« Si c'est Lionel je vais lui apprendre les bonnes manières » grogna Reese
-« Non c'est un numéro inconnu » répondit son partenaire avant de décrocher « Allo ? » lança t-il prudemment. Une voix joyeuse lui répondit :
-« Bonjour Oncle Harold »
-« Oh bonjour Will » répondit l'informaticien heureusement surprit. John voulu s'écarter par reflexe mais il le retint
-« Comment vas-tu ? »
-« Très bien » affirma l'informaticien les yeux rivés à ceux de son compagnon « Et toi ? »
-« Ca va. Je viens enfin d'arriver au dispensaire où je suis affecté pour les six prochains mois. Le voyage a été un peu chaotique »
-« Mais tu n'as pas de problème ? »
-« Aucun. Tu m'entends bien ? »
-« Oui. Comme si tu étais à côté »
-« C'est le téléphone de John. Cet appareil est génial. Il nous a sauvé la vie hier avec sa fonction GPS. C'est incroyable mais elle fonctionne même dans ce coin perdu »
-« C'est du matériel très performant » approuva Finch
-« Je t'enverrais un mail pour tout te raconter puisqu'avec ce téléphone je trouve toujours du réseau. Il faut juste que je le cache soigneusement : il pourrait faire des envieux »
-« Je comprends »
-« Tu remercieras encore John de ma part. Est-ce qu'il va bien ? »
-« Oui très bien. Et je le saluerai pour toi » murmura Finch en attirant le visage de son partenaire pour l'embrasser discrètement
-« Ok. On s'écrit alors ? »
-« Je te répondrais »
-« Salut Oncle Harold. Prends soin de toi. De vous. Et du chien »
-« A bientôt Will. Toi aussi prends soin de toi »
La communication fut coupée et Finch resta un instant à fixer son téléphone avant de se tourner vers son partenaire
-« Merci » chuchota t-il
-« Pourquoi ? »
-« Pour le téléphone. Pour être ce que tu es. L'homme qui offre un cadeau si important à son adversaire juste pour favoriser celui qu'il aime »
-« Will n'est pas mon adversaire. Nous poursuivons le même but » Finch secoua la tête
-« Je sais que tu n'admettras pas ta bonne action » jugea t-il. Reese se leva et l'enlaça
-« J'admets juste que je t'aime » chuchota t-il
-« Moi aussi »
Reese lui vola un baiser
-« Je vais me remettre au travail avant que mon patron ne me rappelle à l'ordre. Mais nous poursuivrons cette discussion plus tard » ajouta t-il taquin. Il le relâcha pour rejoindre la petite salle de bains. Finch retourna surveiller l'écran quelques minutes, jusqu'à ce que John revienne prêt à prendre son poste
-« J'y vais. Je vous appelle dès que possible. J'espère qu'aujourd'hui Marco aura moins de "soucis"»
-« Il ne tiendrait qu'à lui d'y remédier » remarqua Finch
-« Peut être. Mais Marco ne se décidera jamais à faire le ménage, il aurait trop peur de la réaction de sa femme quand elle se réveillera »
-« Si M Stanford prenait la peine de relire les termes de son contrat prénuptial comme je l'ai fait et s'il avait quelques connaissances en droit du travail il pourrait remédier à tout cela sans que son épouse ne puisse lui faire le moindre reproche »
-« Vraiment ? »
-« Oui et son avocat aurait d'ailleurs dû l'y aider je trouve »
-« Et bien dans ce cas je sais ce qu'il nous reste à faire. Dès que l'enquête sera résolue et la menace neutralisée je vous amènerais Marco et vous lui donnerez un cours de droit »
-« Oh, je ne suis pas sur… »
-« Bien sur que vous serez à la hauteur Finch et lui sera tranquille »
L'informaticien l'observa puis remarqua, taquin :
-« Dans ce cas je devrais peut être agir immédiatement ? »
-« Quand la menace sera écartée Harold ! Et seulement quand je serais certain que vous ne risquez plus rien ! » Répliqua fermement l'ex agent
-« Je vois » s'amusa Finch « Je suppose que M Stanford n'est plus à deux ou trois jours près »
-« Non ! En attendant je tacherais de l'aider » précisa Reese
-« Je ne vais pas tarder. Soyez prudent » répondit l'informaticien. John l'embrassa et quitta le logement pour rejoindre le manoir
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OoooooooooO
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John retrouva Stanford aux prises avec Simone. Visiblement la journée commençait mal
-« J'ai un important rendez vous demain matin ! Comment vais-je faire ? » Protestait-il
-« Je ne sais pas Monsieur » répondit la femme avec un sourire ironique
-« Mais enfin c'est votre travail ! »
-« Ah non ! Ce n'est pas à moi de choisir les fournisseurs Monsieur »
-« Que se passe t-il M Stanford ? » interrogea l'ex agent
-« Ah bonjour John » l'homme écarta les bras en signe de désespoir « J'ai une réunion importante demain matin et pas le moindre costume propre »
-« Comment cela se fait-il ? »
-« Le linge est envoyé au pressing d'habitude. Mais apparemment cela fait quinze jours que ce n'est plus le cas »
-« Ce n'est pas ma faute si le pressing a fermé Monsieur » remarqua la servante avec son insupportable petit sourire satisfait
-« Vous pouviez en trouver un autre ? » suggéra Reese
-« Choisir les fournisseurs ne fait pas parti de mes attributions »
-« Mais signaler ce genre de manquement à votre employeur en fait partie »
-« C'est ce que j'ai fait. Ce matin » se moqua la femme
-« Mieux vaut tard que jamais » répliqua Reese calmement « Ce n'est pas grave M Stanford. Il y a toujours une solution »
-« Vous croyez ? D'ici demain ? »
-« Je sais qui peut vous aider. Faites rassembler tout ce qui doit être nettoyé et nous lui déposerons tout en passant. C'est un artisan que je connais bien, vous ne serez pas déçu »
Marco hésita
-« Au moins ce serait déjà du secours » jugea t-il « Simone, vous allez emballer tout cela et charger le coffre »
-« Pardon ? Mais l'ancien pressing passait chercher le linge ! » protesta la servante
-« Vous auriez dû lui trouver un remplaçant aussi efficace alors » remarqua Reese
-« Nous partons dans dix minutes » précisa Marco
-« Mais… »
-« Appelez Anny pour qu'elle vous aide » l'interrompit Stanford d'un ton ferme « Mais pour une fois pressez vous ! » intima t-il
La femme le fixa, surprise d'une autorité qu'elle ne lui connaissait pas. Domptée, elle se mit au travail
Marco retourna chez sa fille
-« Vous avez une mauvaise influence sur moi M Randall » constata t-il
-« C'est une habitude chez moi M Stanford » L'homme lui adressa un regard étonné mais ne dit rien
Marco embrassa sa file et la laissa aux soins de sa nurse, rassurant la vieille dame sur le sort du linge de la fillette
-« C'est Betty qui m'a fait remarquer le problème. Tout serait plus simple s'ils étaient tous comme elle ou Luis »
-« Vous pourriez remédier à cela »
-« Je ne peux pas renvoyer ces gens. Elaine m'en voudrait »
-« Il existe peut être une autre solution ? » suggéra l'ex agent
-« Laquelle ? »
-« Mon compagnon pourrait vous renseigner. Il s'y connait un peu »
-« Ah oui ? Pourquoi pas » estima Marco « Il va falloir que je trouve une solution de toute façon, ou je ne sais comment tout cela finira avec la malveillance d'Elmer et de ses sbires. Justine finira par en pâtir ce que je ne veux à aucun prix »
-« C'est normal » approuva l'ex agent
-« J'ai pensé partir mais si j'abandonne la maison dieu sait ce qui se passera et ce qu'ils diront !. Certains journaux n'attendent que ce genre d'info et ces gens se feront un plaisir de leur en fournir»
-« Je comprends »
-« Je suis déjà épié constamment pour vérifier ma fidélité ». Ils étaient arrivés sur le perron et virent Simone et Anny qui chargeaient le coffre l'air mécontent. Elmer surgit avec un autre sac et fusilla l'ex agent du regard « Vous vous êtes fait un ennemi M Randall »
-« Ce ne sera pas le premier M Stanford » répondit Reese fataliste
Les deux femmes continuaient de caser les sacs dans le coffre. Elmer reçu un appel et s'isola. Quelques instants plus tard il fit brusquement volte face puis se dirigea d'un pas rapide vers le parc, l'air furieux. Reese fronça les sourcils avec un étrange pressentiment
Après quelques minutes Anny referma le coffre d'un geste brusque
-« C'est fini » grinça t-elle
Stanford approuva d'un signe de la tête et contourna le véhicule dont John lui ouvrit la portière. Un appel le stoppa
-« Monsieur, Elmer dit qu'il y a un intrus sur le domaine » affirma le chauffeur en désignant son téléphone
-« Un intrus ? »
-« Dans la maison du concierge » précisa le conducteur avec un regard perplexe vers l'ex agent. Stanford se tourna vers lui, étonné. Reese s'était raidi
-« Ce n'est pas un intrus c'est mon compagnon »
-« Montez ! » intima Marco « Nous y serons plus vite »
Le chauffeur les emmena et pila devant la porte du cottage. Reese bondit hors de la berline suivi de Stanford. Finch se tenait sur le seuil, les bras croisés sur la poitrine, toisant Elmer d'un regard glacial. Bear assit à ses côtés ne quittait pas des yeux le chef du personnel qui les invectivait, l'air furieux
-« Ca suffit Elmer ! » lança Marco
-« Cet homme refuse de me donner son identité ! Il est peut être dangereux M Stanford ! »
John s'était approché. Il calma d'un mot la nervosité de Bear et passa un bras autour de la taille de son partenaire
-« C'est mon compagnon » affirma t-il en s'interposant
-« Ah parfait ! » s'exclama Elmer outré « Non content de vouloir tout régenter Monsieur prend la maison pour un lupanar ! » s'étrangla t-il. L'instant suivant il gémissait, étendu au sol, le nez en sang, terrassé par la droite vengeresse de l'ex agent. Le coup avait été si rapide que Finch n'avait même pas eu le temps d'intervenir. Paul se précipita au secours de son complice pour le relever mais l'autre geignait et restait cloué au sol. Marco s'approcha
-« Ca c'est une droite ! » jugea t-il
-« Je suis désolé M Stanford. Mais je ne pouvais pas le laisser dire »
-« Oh mais je suis de votre avis » l'homme se pencha vers le couple « Et vous ne savez pas combien de fois j'ai rêvé d'en faire autant ! » Il tendit la main vers l'informaticien « Marco Stanford »
-« Harold Wren »
-« Et lui ? »
-« Notre chien Bear. Vous n'avez rien à redouter de lui » précisa Reese
-« Tant que je suis du côté de ses maîtres ? » suggéra Marco en risquant une caresse. Bear répondit en frottant son museau sur sa main « Tu m'as l'air bien brave toi »
-« En effet » approuva Finch
-« Je suppose que vous n'êtes pas ici pour espionner ou agresser quelqu'un M Wren ? »
-« Non. J'avais juste rejoint mon compagnon. Je sais que je n'aurais pas dû… »
-« Nous ne nous étions pas vu depuis plusieurs jours » intervint Reese
-« Je n'ai rien dit M Randall. Et cela ne vous a pas empêché de faire votre travail avec exactitude ». Marco se retourna, agacé « Paul ! Emmener Elmer à l'intérieur et appelez un médecin ou les urgences, mais faite cesser ses lamentations je vous prie ! C'est exaspérant ! »
-« Heu oui » bredouilla le jardinier qui avait réussi à relever le chef du personnel et entreprit de le trainer vers la maison
Stanford pinça les lèvres
-« Je crains que la soirée ne soit délicate » jugea t-il. Puis, résigné, il se tourna vers son garde du corps « A moins que ? » ajouta t-il « N'est ce pas là le compagnon qui pourrait avoir une solution pour moi ? » demanda t-il
-« En effet M Stanford »
-« Vous êtes avocat ? »
-« Je suis dans les assurances. Mais j'ai de bonnes notions de droit »
-« Et une bonne idée ? »
-« C'est possible »
-« Si vous veniez avec nous ? Vous m'expliqueriez cela à mon bureau ? »
Finch croisa le regard tendu de Reese
-« Cela ne prendra que quelques minutes je suppose. Mais j'ai ma voiture »
-« Dans ce cas je vous donne l'adresse et nous nous retrouvons là bas ? Nous devons juste faire un petit détour »
-« Entendu »
-« Bien. Allons-y »
-« Je serais prudent. Je ne resterais que quelques minutes et c'est pour la bonne cause » affirma Finch dès que Stanford se fut éloigné, ne laissant pas le temps à John de s'exprimer
-« Je sais » soupira l'ex agent « Mais si vous tardez trop je vous kidnappe pour vous ramener à la bibliothèque de force, compris ? »
-« Mais bien sur M Reese » s'amusa l'informaticien. Il lui donna un bref baiser et rejoignit sa voiture avec Bear tandis que John retournait à la berline
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En chemin ils firent un arrêt chez Phong dont Reese avait indiqué l'adresse au chauffeur. Celui-ci apparut dans la boutique dès que la clochette résonna et se réjouit en reconnaissant son client
-« Bonjour M John ! Bienvenue !» lança t-il selon son habitude
-« Bonjour Phong. Je vous présente M Stanford »
-« Enchanté » affirma le commerçant en s'inclinant
-« De même » répondit Marco en examinant la boutique avec curiosité
-« Phong j'ai un service à vous demander. Pourriez-vous vous occuper du linge de M Stanford ? »
-« Bien sur M John. Là pour ça »
-« Il y en a beaucoup » précisa Marco
-« Pas un problème. Juste me donner le temps de faire »
-« Vous aurez tout le temps mais M Stanford a besoin de l'un de ces costumes pour demain matin, c'est une urgence »
-« Urgence ? Juste un je peux faire M John ! »
-« C'est gentil Phong. J'étais sur que nous pourrions compter sur vous »
-« Bien sur ! » approuva le commerçant en s'inclinant à nouveau. Le chauffeur entra avec un sac
-« Je peux déposer les paquets ? » demanda t-il
-« Oui Markus allez y » John alla l'aider.
-« Beaucoup de sac » constata Phong en les regardant s'empiler
-« Oui. Quinze jours de retard » Soupira Marco
-« Pas un problème »
-« Vous êtes sur M Phong ? »
-« Sur. Amis de M John prioritaires ! » Affirma ce dernier
-« Merci. Mais je ne demande pas de priorité vous savez. Enfin juste pour mon costume »
-« Ce sera bien fait ! »
-« Je fais confiance à John. Je ne sais pas vraiment pourquoi en fait » ajouta Marco après un instant d'hésitation « Je ne le connais que depuis hier. Mais cela me semble comme évident… »
Phong tendit la main et la posa sur le bras de son client
-« Toujours confiance en M John et M Wren : eux braves » affirma t-il « Très brave, M Stanford » Marco observa son air assuré et approuva de la tête. Phong appela son employé « Quel costume demain ? »
-« Celui là si possible » précisa l'homme en saisissant un costume bleu marine dans le tas. Phong s'en empara et fit emporter le reste « Revenir chercher ou livrer ? »
-« Vous pourriez tout ramener au domaine ? »
-« Bien sur »
-« Dans ce cas je vous laisse mon adresse » Phong se tourna vers John
-« Le costume ce soir. Le reste deux jours ? »
-« Très bien Phong. Un grand merci »
-« Très content d'aider » répondit le commerçant avec un large sourire
Marco quitta la boutique enchanté
-« J'ai trouvé mon nouveau pressing » affirma t-il « Pas forcement dans les critères du domaine mais je m'en moque »
-« Phong sera ravi d'avoir un nouveau client »
-« Il a l'air de bien vous apprécier »
-« C'est un brave homme » affirma Reese
-« Il a dit la même chose de vous »
John ouvrit la portière à son employeur du moment. Il leva la tête, sentant une présence. Il scruta les alentours mais ne remarqua rien de particulier. L'esprit en alerte, il remonta dans le véhicule, perplexe. Lorsqu'ils arrivèrent devant les bureaux le véhicule de Finch était déjà garé devant et l'informaticien attendait sur le perron, Bear assit à ses pieds.
Stanford entra et les invita à le suivre
-« Quelque chose ne va pas ? » interrogea Finch « Vous êtes tendu ? »
-« J'ai la sensation que nous avons été suivi » répondit Reese « N'oubliez pas : dix minutes ! »
-« Promis » chuchota l'informaticien en serrant discrètement sa main
-« Voulez vous un café M Wren ? »
-« Non Merci M Stanford »
-« Il est bon vous savez »
-« Il ne boit que du thé » intervint John
-« Ah désolé ça j'ai pas »
-« Ce n'est rien » remarqua Finch
-« Je vais attendre à la porte » annonça Reese
-« Je ne peux rester très longtemps M Stanford je dois rejoindre mes bureaux, aussi irais-je à l'essentiel »
-« Bien sur M Wren »
-« Sans présumer de la teneur de votre contrat prénuptial » commença Finch, jouant l'ignorance « Il doit contenir une clause d'empêchement comme tout contrat de ce genre. Tout époux en retire le droit de gérer les biens de son conjoint si celui-ci se trouve momentanément dans l'impossibilité de s'en occuper lui même. Cela ne concerne d'abord que la gestion courante. Après une certaine période ce pouvoir de gestion devient applicable dans tous les domaines, il s'étend en fonction des besoins en quelques sortes »
-« Mon avocat y a fait référence lorsque je lui ai demandé à quel pouvoir décisionnaire je pouvais prétendre vis-à-vis d'Elaine face aux intentions belliqueuses de ma belle fille »
-« J'en ai entendu parler. Il a dû vous conforter sur le fait que vous avez plus de prérogatives qu'elle ? »
-« Oui et j'en suis soulagé puisque cela me permet de la préserver »
-« Il s'agit aussi de veiller sur votre fille. John m'a évoqué l'ambiance assez… tendue »
-« Tout les serviteurs sont contre moi. Entrainés par Elmer. Mais c'est Elaine qui les a choisit, je ne veux pas les licencier elle pourrait me le reprocher »
-« Il doit bien exister quelques preuves de leurs agissements ? »
-« Oui quelques unes »
-« Mais vous craignez qu'elles soient insuffisantes ? »
-« Je ne sais pas trop. Ma femme… Elle avait parfois des doutes ces derniers temps. Cela fait six ans que nous affrontons le regard des autres, c'est usant à la longue. Mais vous devez connaitre cela M Wren n'est ce pas ? »
-« Oui en effet. Mais étrangement je n'ai réellement eut à affronter ce problème qu'assez récemment »
-« Vraiment ? »
-« Cela fait plus de deux ans que mon compagnon et moi sommes ensembles pourtant » remarqua Finch « Mais nous sommes moins "médiatiques" que vous et votre épouse M Stanford »
-« Pour vivre heureux vivons cachés ! » soupira Marco « Je l'ai souvent dit à Elaine mais c'est son monde ! »
-« Alors il faut tenter de vous y intégrer »
-« J'ai essayé mais ça n'a pas été très concluant »
-« Insistez si vous l'aimez »
-« Mais vous ? Comment vivez-vous cela ? »
Finch réfléchit un instant
-« Au jour le jour » répondit-il finalement « Nous affrontons les problèmes lorsqu'ils se présentent. Ce n'est pas toujours évident je l'admets, mais il en est ainsi pour tout les couples je pense. Et aucun problème ne résiste à une bonne discussion. Et surtout nous gardons à l'esprit le plus important »
-« L'amour » supposa Marco
Finch approuva de la tête
-« Peut être que le réveil d'Elaine pourra être un nouveau départ » espéra Marco « Et cette solution ? »
-« En tant que gestionnaire vous devez agir au mieux des intérêts de votre épouse. Ainsi si vous décrétez qu'il vous suffit d'un cuisinier, d'une nurse et d'une femme de chambre pour le service, il vous est possible de placer tout les autres employés en disponibilité. Vous retenez les serviteurs dont vous avez besoin et vous placez les autres en chômage technique. Officiellement ils ne sont pas licenciés, ils toucheront des indemnités, mais ils devront quitter les lieux et vous serez libéré de leur présence. Et votre épouse pourra les rappeler si elle le souhaite lorsqu'elle sera en état de le faire. Toutefois le temps que Miss Stanford récupère et retrouve le sens de ce genre de préoccupations vous aurez l'opportunité de lui expliquer la réalité des choses »
-« C'est une idée. Je pourrais garder Betty et Luis. Appeler Margot qui est dans une résidence secondaire et qui est, disons, "de mon côté", cela nous suffirait amplement »
-« Choisissez bien. Vous ne pourrez plus embaucher pendant cette période »
-« Comment puis-je mettre cela en place ? »
-« Votre avocat devrait être en mesure de le faire »
-« Je vais aller le voir sans délai alors. J'ai besoin d'une vie normale pour moi et pour ma fille »
-« Et pour mieux veiller sur votre épouse ? » suggéra Finch
-« Oui aussi »
-« Bien. Vous voici renseigné M Stanford. Je dois vous quitter à présent, le travail m'attends»
-« Merci M Wren. Je suis chanceux de vous avoir rencontré vous et John » Finch songea qu'il n'imaginait pas à quel point cela pourrait se révéler vrai
-« Essayez de garder le cap » affirma t-il
-« Je ferais de mon mieux. Et vous aussi M Wren »
Finch eut un mince sourire
-« Je n'ai pas d'autre but M Stanford » Marco le raccompagna à la porte où John montait la garde
-« Au revoir M Wren. Au plaisir »
Reese prit le bras de son compagnon et l'entraina vers son véhicule
-« Je serais rassuré de vous savoir à la bibliothèque » murmura t-il
-« Est-ce que vous redoutez quelque chose ? »
-« Rien de précis. Une intuition »
-« John » murmura Finch inquiet
-« Tout ira bien…» l'interrompit son agent. Il l'embrassa et le poussa dans le véhicule « Je vous appellerais ce soir »
Il revint vers le bureau et redoubla de vigilance. Marco travailla pendant une heure puis décida de se rendre chez son avocat « Pendant que j'ai du courage pour agir ! » affirma t-il
Ils regagnèrent la ville et Marco se présenta au cabinet. Par chance l'avocat put le recevoir et ils discutèrent longuement. Il ressortit du bureau à la fois satisfait et inquiet
-« Mon avocat va faire le nécessaire dès aujourd'hui. J'ai un peu peur des conséquences »
-« Je suis certain que votre épouse comprendra »
-« J'espère »
Ils retournèrent au domaine où Marco prit son repas avec sa fille puis ils prirent le chemin de la clinique. Reese s'isola pour appeler son partenaire
-« Tout va bien M Reese ? » s'enquit celui-ci en décrochant
-« Pour l'instant »
-« Toujours votre pressentiment ? »
-« Je n'arrive pas à m'en défaire. Marco a rencontré son avocat. Cela risque de remuer bien des choses »
-« Vous croyez qu'un membre du personnel est impliqué ? »
-« C'est toujours une possibilité »
-« J'ai enquêté sur chacun d'eux. Ils n'ont pas de passé judiciaire »
-« Il ne serait qu'un complice de toute façon. Non je pense plutôt que cela va déchainer l'hostilité autour de Marco. Mais de cela il devrait pouvoir se protéger. La menace vient d'ailleurs »
-« Tout cela ne me rassure pas »
-« Tout ira bien »
-« Vous dites toujours cela mais vous n'en savez rien » répliqua l'informaticien
-« Non c'est vrai. Mais je ferais tout ce qu'il faut pour cela Harold, vous le savez bien et vous me faite confiance »
Cette affirmation calma son partenaire
-« Oui. Mais vous ne pourrez pas m'empêcher d'être inquiet »
-« Hélas non »
-« John. Je voulais vous dire… »
-« Oui ? »
-« J'ai trouvé ma convocation en rentrant ce matin »
-« Pour quelle date ? »
-« Le 4 »
-« D'accord. Prévenez la machine que je n'y serais pour personne le 4. Sauf pour vous. Et ce n'est pas négociable »
-« Entendu M Reese. Je lui passerais le message » se moqua l'informaticien « En attendant soyez prudent »
-« Toujours Finch »
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A 18H Marco quitta la clinique, fatigué
-« J'ai hâte de rentrer » murmura t-il en s'installant à l'arrière
-« Nous devons passer chercher votre costume M Stanford »
-« Ah oui c'est vrai. Allons-y »
Ils firent donc un détour par le pressing où Phong les accueillit avec son inébranlable bonne humeur
-« Costume prêt » affirma t-il en désignant la housse posée près du comptoir
-« Vous me sauvez M Phong ! » estima l'entrepreneur. Le commerçant s'inclina
-« Bien heureux M Stanford »
Reese fit un clin d'œil à l'artisan dont le sourire s'élargit un peu plus
Stanfrod regagna le véhicule, satisfait
-« Au moins demain je serais présentable face à mon client. Il est soigneux » estima t-il en examinant le vêtement
-« Je confirme » répondit Reese avec un mince sourire entendu songeant, que s'il ne l'était pas il ne serait pas en charge des costumes de son associé si pointilleux
-« Tiens j'ai oublié d'appeler Mike » remarqua soudain Stanford « C'est mon chef de chantier. Il me fait un rapport tout les soirs à 18H30. J'ai l'habitude de l'appeler en rentrant. Tant pis. Je verrais cela demain » ajouta t-il en consultant sa montre « Il doit être rentré chez lui à cette heure »
Ils arrivaient en vue du domaine et aperçurent alors deux véhicules de police, un fourgon de pompier et une ambulance stationnés devant la résidence. Marco bondit de son siège
-« Justine ! » s'exclama t-il inquiet. Il ouvrit la portière dès que la voiture s'arrêta. Reese le rattrapa
-« Restez ici M Stanford »
-« Non je veux voir ma fille ! »
-« Rien ne dit qu'elle a un problème, gardez votre calme ! » intima l'ex agent en le retenant
A cet instant Luis surgit de la maison du concierge
-« M Stanford venez ! Votre fille est ici » appela t-il
-« Justine » murmura Marco en se dégageant et cette fois Reese le laissa faire. Il se précipita dans le logement, suivit pas l'ex agent
-« Que s'est-il passé Luis ? »
-« Franchement j'ai pas tout compris John » répondit celui-ci en secouant la tête « J'étais dans ma cuisine puis d'un coup il y a eu une explosion. J'ai filé à l'étage pour la petite. Betty sortait de la chambre avec elle quand je suis arrivé. Je les ai amenés ici. Je sais rien de plus. La cavalerie a débarqué. Il y a même un inspecteur de la criminelle »
A cette affirmation Reese tourna la tête et se sentit soulagé en reconnaissant la voiture de leur complice. Il lui envoya un sms pour signaler sa présence.
-« Je crois que c'est le bureau de M Stanford qui a sauté » estima Luis
-« Est-ce que quelqu'un s'y trouvait ? »
-« Non. Y'a qu'Elmer qui y entre mais lui je l'ai vu après l'explosion, en pleine forme. Enfin sauf son nez » ajouta le cuisinier avec un clin d'œil
Fusco apparut dans l'allée
-« Salut Lionel »
-« Salut John »
-« Tu as des infos ? »
-« A priori c'était un paquet avec un engin explosif »
-« Une bombe ? » s'étrangla Luis
-« Pas assez puissante pour faire exploser l'immeuble mais assez pour tuer celui qui aurait ouvert le paquet ou se serait trouvé à proximité lorsqu'il a explosé »
-« Autrement dit pour me tuer » murmura Marco qui était revenu écouter
-« M Stanford est le maître des lieux » précisa Reese pour son comparse
-« Le jardinier a dit qu'un livreur avait apporté le paquet vers 16H et que le majordome était allé le déposer dans le bureau puisqu'il vous était adressé. Apparemment il portait l'adresse d'une entreprise. Donc le type… » Fusco consultât ses notes « Elmer, en a déduit que c'était un envoi professionnel et il a porté le colis dans le bureau. Les démineurs ont dit que l'engin était doté d'une minuterie. Quoi qu'il arrive il devait exploser à 18H30 précise »
L'entrepreneur pâlit
-« A cette heure là je suis toujours dans mon bureau, c'est l'heure où j'appelle mon chef de chantier »
-« Mais pas ce soir ? »
-« Nous avons fait un détour au pressing »
-« Celui qui vous a envoyé cet engin connait vos habitudes M Stanford. Et sans cet imprévu il aurait réussi son coup » estima Lionel
-« Je ne peux plus rester ici. Ma fille est exposée » paniqua l'entrepreneur
-« Il faudrait juste filtrer les paquets »
-« J'avais donné des ordres mais … »
-« Avec les dispositions que vous avez prise ce matin cela ne devrait plus se reproduire » jugea Reese
-« C'est vrai. Je suppose que vous avez raison » soupira Marco
-« Et la petite ? »
-« Elle n'a rien. Betty lui a fait croire que c'était un problème de chaudière en restant très vague et elle n'a rien vu »
-« Vous pouvez réintégrer l'immeuble, seul le bureau est interdit. La scientifique a terminé » affirma Fusco
-« Merci inspecteur »
-« Je vais vous laisser deux agents même si vous avez déjà une bonne protection » estima Lionel avec un regard pour son complice
-« Avec un personnel restreint ce sera plus facile »
Une dame d'un certain âge s'avança alors avec une valise
-« Qu'est ce qui se passe ici ? »
-« Oh Margot ! » s'exclama Luis en se précipitant vers elle l'air ravi
-« Bonjour Luis ! » s'exclama la femme en lui rendant joyeusement son étreinte
-« Qu'est ce que tu fais là ? »
-« J'ai reçu un courrier d'un avocat. Je dois venir prendre mon service ici avec Laly. Mais la petite arrivera demain c'était son jour de repos »
Stanford s'avança
-« Merci d'être venu Margot. J'ai procédé à quelques ajustements du personnel. Désormais le service sera assuré par vous trois, avec Betty auprès de ma fille et Markus pour me conduire »
-« Et les autres ? »
-« Je les ai fait mettre en disponibilité. Je n'ai pas besoin d'un personnel trop important. Alors j'ai fait des choix pour une meilleure gestion »
-« Et vous gardez que les fidèles » jubila Luis « Ca serait pas une idée de John ? »
-« Plus ou moins » avoua Marco
-« J'adore ce gars » affirma le cuisinier
-« Tu t'es encore fait des potes à ce que je vois » remarqua Fusco « une idée du coupable ? » ajouta t-il plus bas
-« J'aimerais bien mais pour l'instant c'est flou »
-« Si l'agresseur connait aussi bien les habitudes de sa victime c'est qu'il y a une taupe dans ces murs »
-« Le ménage que vient de faire Stanford va peut être la réduire au silence »
-« C'est bien possible mais l'autre risque de mal le prendre »
-« Dans ce cas j'interviendrais » affirma tranquillement l'ex agent
-« Evidemment. Bon. Je retourne au poste. Tu sais où me trouver ? »
-« Bien sur Lionel »
-« Tu devrais appeler Finch. S'il apprend ce qui s'est passé il va être aux cent coups »
-« Tu as raison je vais le prévenir » Il sentit alors vibrer son portable « Quoique… » Ajouta t-il « Il est peut être trop tard »
-« Bon courage ! » lança Fusco en regagnant sa voiture
Reese décrocha mais ne laissa pas à son compagnon le temps de s'exprimer :
-« Je vais bien Harold. Nous n'étions pas sur place » affirma t-il. Il entendit un soupir de soulagement
-« L'information passe en boucle sur les chaines de télévision »
-« Nous sommes rentrés en retard. L'engin a explosé lorsque nous étions chez Phong. Stanford va bien et moi aussi »
-« D'accord »
-« Harold ? »
-« J'ai compris John »
-« Alors vous pouvez respirer normalement »
-« C'était une bombe John ! » protesta l'informaticien
-« Et si j'avais été là elle n'aurait pas explosé »
-« Vous sentiez que quelque chose allait se produire »
-« Je vais être vigilant et… » L'ex agent s'interrompit brusquement « Attendez un instant » il se précipita vers le petit groupe qu'il venait de quitter et dans lequel Elmer venait d'apparaitre
-« C'est un scandale ! Une véritable honte ! » Bramait-il à plein poumons « Vous êtes un profiteur, un parasite ! » Marco se raidit sous l'insulte mais n'eut pas le temps de répondre, Luis avait bondit, répétant le geste de l'ex agent le matin même. Paul se pencha sur le majordome à nouveau à terre, le nez en sang
-« Cette fois c'est sur y doit être cassé » constata t-il platement. Un ambulancier qui avait aperçu la scène appela son collègue et ils vinrent embarquer le blessé « J'aime autant. Il est trop pénible quand il est amoché » remarqua alors le jardinier. Puis il fit demi-tour pour aller préparer ses affaires. Reese s'interposa devant les deux femmes
-« Mesdames vous avez reçu vos ordres vous feriez mieux d'aller faire vos valises »
-« J'ai pas d'ordre à recevoir de vous ! » gronda Anny
-« Vous avez jusqu'à 20H pour quitter ces lieux au-delà je vous ferais reconduire » intervint alors Marco d'un ton ferme
Les deux servantes le dévisagèrent, bouche bée, puis firent demi tour sans rien ajouter. Marco croisa le regard de l'ex agent qui lui fit un signe approbateur de la tête
-« Je fais des progrès » jugea t-il avec un haussement d'épaules. Il récupéra sa fillette et retourna à la maison escorté de Luis et Margot. Reese resta en arrière pour reprendre son téléphone mais se rendit compte que Finch avait raccroché. Il le rappela mais tomba sur la messagerie. Mi étonné, mi inquiet, il cherchait une solution lorsqu'il vit Bear se jeter dans ses jambes. Il le caressa tout en cherchant des yeux son partenaire. Finch avança jusqu'à lui et se cala dans ses bras
-« M Wren aurait-il à nouveau l'intention de jouer les squatteurs ? » se moqua t-il en refermant ses bras sur lui. Finch le fit taire d'un baiser et il sentit combien il avait dû s'inquiéter pour lui. Il l'embrassa tendrement
-« Rassuré ? »
-« Oui »
-« Allez m'attendre dans la maison. Je vous rejoins dès que possible »
-« D'accord »
-« Bear je te le confie » ajouta Reese. Le malinois jappa puis trotta jusqu'à la maison surveillant que son maître le suivait.
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Au domaine tout était redevenu tranquille. Luis s'activait aux fourneaux, Margot avait entrepris un état des lieux, outrée des négligences évidentes des deux autres servantes, et Marco jouait avec sa fille, s'assurant qu'elle n'avait pas été trop pertubée. Lorsqu'il revint s'installer dans la salle à manger il le remarqua
-« John, avez-vous appelé votre ami ? Il a pu voir les informations »
-« En effet. Je l'ai rassuré »
-« Vous pouvez l'inviter si vous voulez ? » suggéra l'entrepreneur « A moins qu'il ne se soit invité tout seul ? » ajouta t-il amusé
-« Je le crains M Stanford »
-« Je le comprends. Il peut rester. Et vous devriez aller le rejoindre. Luis, donnez un repas à John, pour deux » commanda t-il comme le cuisinier apportait le dîner
-« Tout de suite Monsieur »
-« Allez, bonne soirée John ! » ajouta Marco d'un ton joyeux
-« Merci Monsieur. A vous aussi » répondit l'ex agent avec un mince sourire
John rentra donc au cottage avec le repas. Il trouva son compagnon assit dans le fauteuil. Celui-ci leva la tête un instant puis baissa à nouveau les yeux comme s'il était gêné. Reese fronça les sourcils, interpellé par sa réaction. Il posa son sac et retourna à ses cotés
-« Harold ? Qu'est qui se passe ? » Demanda t-il en se penchant vers lui
L'informaticien ne répondit pas puis se leva toujours sans un regard pour son associé
-« Je suis désolé John » dit-il finalement
-« De quoi ? »
-« De la façon dont j'ai réagi, d'être venu jusqu'ici. Je n'ai pas réfléchi, les images aux infos … »
-« Harold » protesta John en prenant son visage dans ses mains pour le forcer à lui faire face « Qu'est ce que vous racontez ? C'est la réaction naturelle d'un homme inquiet pour son compagnon. J'en aurais fait autant »
-« C'était un peu trop démonstratif. Nous sommes en mission »
-« Et alors ? Vous m'aimez moins quand je travaille ? » Le taquina John
-« Ca ne fait pas sérieux vis-à-vis de M Stanford et des autres » répondit Finch sans se dérider
-« Ce n'est pas la première fois que vous agissez ainsi »
-« Pas aussi clairement »
-« Vraiment ? Voulez vous que je vous rappelle votre entrée dans une certaine chambre d'hôpital le jour où nous avions déjoué l'embuscade des complices de Cortez ? Lionel s'en souvient parfaitement j'en suis sur ! » Finch rougit à ce rappel « Ca vous ennui tant que ça de montrer vos faiblesses ? » Demanda John plus sérieusement
-« Cela vous rend vulnérable »
-« Moi je suis très fier d'avoir un compagnon qui se précipite au devant du danger parce qu'il s'inquiète pour moi plus que pour lui-même. Je ne dis pas que je suis d'accord, mais j'en suis fier »
-« Vous me faite agir de façon totalement inconsidéré »
-« Pourquoi ? Vous avez brulé un stop en venant M Wren ? »
Finch ne put s'empêcher de sourire
-« J'ai bien failli ! En plus vous allez me faire devenir mauvais conducteur! »
-« Et c'est encore de ma faute ! » remarqua Reese fataliste. Mais l'informaticien ne put répondre, réduit au silence par son partenaire « Maintenant allons diner avec ce que Luis nous a préparé sur l'ordre de Marco » l'invita Reese « Sinon c'est vous que je dévore parce que vous me provoquez encore en rougissant ! » ajouta t-il à son oreille
-« Il est au courant ? » répliqua Finch qui ne retint que cette information et rougit un peu plus
-« Que vous êtes là ? Oui et il trouve cela parfaitement logique »
-« Oh ! C'est encore plus gênant ! » protesta l'informaticien
-« Hum. Harold qu'est ce que j'ai dit ? Vous êtes encore plus tentant » murmura Reese en posant ses mains sur ses hanches pour l'attirer contre lui
-« N'en rajoutez pas John » protesta Finch en écartant ses mains
-« Je vous avais prévenu ! » constata son agent en le saisissant à nouveau. Finch recula
-« Stop ! Je vous promets de ne plus rougir ! »
John eut un rire joyeux
-« S'il y a bien une promesse que vous ne tiendrez pas c'est celle là c'est sur ! » se moqua t-il avant de l'embrasser « Bon. Je veux bien laisser passer pour cette fois. Nous dinons et nous nous partageons la surveillance ? Car je sais que vous m'y obligerez n'est ce pas ? »
-« En effet »
Reese l'attira vers la table en le tirant par sa cravate
-« Allons à table M Wren. Je vous jure que s'il n'y avait pas cette surveillance ce n'est pas le repas que je dévorerais ! »
Finch sourit puis pinça les lèvres car il se sentait à nouveau rougir sous l'allusion…ce qui n'échappa pas à son agent
-« Harold ? Qu'en est-il de votre promesse ? » Gronda t-il « Si vous continuez j'oublie tout et je ne serais même pas assez patient pour atteindre la chambre qui n'est pourtant qu'à quelques pas » lui chuchota t-il
-« Oh ! Un peu de tenue M Randall ! »
-« Un peu moins de couleur M Wren »
Finch préféra ne pas répondre. Et pas seulement pour éviter que son compagnon ne mette sa menace à exécution. Mais plutôt parce qu'il réalisait, perturbé, qu'il avait très envie qu'il le fasse !
Reese fit le service sans oublier son chien
-« Luis se débrouille bien en cuisine » jugea t-il
-« Oui c'est très bon »
-« Vous avez…. Ce qu'il vous faut ? »
-« Dans ma sacoche »répondit Finch le comprenant à demi mots. La conversation dériva sur les derniers événements
-« Celui qui a agit souhaite vraiment voir Marco disparaitre »
-« Et avoir le champs libre ? »
-« Marco est un obstacle entre la fortune de sa femme et ceux qui la convoitent » affirma Reese
-« Il y a Catherine aussi » objecta Finch
-« Elle est fragile. Quant à Justine elle ne compte pas »
-« Mais si nous suivons ce raisonnement tout désigne Nathalie. Vous la considérez donc comme notre principale suspecte ? »
-« Sans doute incitée par sa grand-mère »
-« Et le vrai mobile serait l'héritage ? »
-« Je n'en vois pas d'autre »
-« Pourtant Miss Mac Caan a réussi une belle carrière à Londres. Elle n'a pas de besoin »
-« Est-ce certain ? »
-« J'ai longuement étudié ses comptes. Ils sont bien remplis et elle ne semble pas avoir de soucis ou d'addiction »
-« Alors il doit aussi y avoir la rancune. Peut être une vengeance ? »
-« Admettons. Mais pourquoi agir maintenant ? Qu'est ce qui a put la décider ? »
-« Il a dû y avoir un élément déclencheur. Quelque chose qui l'a influencé »
-« Mais dont nous n'avons pas connaissance » compléta Finch
-« Pas encore » corrigea Reese « Il serait bon de chercher qui elle a pu employer. Je doute qu'elle ait confectionné la bombe elle-même »
-« Moi aussi. De même pour l'agression. Elle n'était pas à New York lorsqu'elle s'est produite »
-« Non elle a forcement un homme de main »
-« Je n'ai rien trouvé sur ses comptes dans les jours ayant précédé ou suivi l'attaque. Je vais vérifier pour ces derniers jours, éplucher ses contacts… »
-« Vous ferez cela demain. Pour ce soir repos »
-« Et surveillance » compléta l'informaticien
Reese pinça les lèvres
-« Eventuellement »
-« Assurément »
-« D'accord » concéda John « Je prends le premier tour » Il se leva et débarrassa la table. Finch l'imita et gagna la chambre. Il commença à se déshabiller
-« Je commence à m'habituer à ce genre de surveillance mais jamais je ne me ferais à l'absence de pyjama » remarqua t-il distraitement
-« Moi je m'y fais très bien quand vous n'en portez pas » rétorqua Reese
-« John ! » protesta Finch en se détournant car il sentait le rouge lui monter aux joues
-« Vous pouvez toujours rester en maillot et en caleçon tant que je ne vous vois pas » se moqua l'ex agent
-« Je ne serais pas prêt à réagir si je ne suis pas vêtu un minimum »
-« Ce n'est pas votre rôle ! »
-« Et si je dois vous appeler en pleine nuit ? » rétorqua l'informaticien
-« Alors vous n'avez pas besoin d'être en trois pièces. Sauf pour ma concentration évidement »
Finch marmonna quelques mots indistincts d'où ressortaient seulement quelques considérations sur le sérieux de son agent. Reese fit volte face et s'avança vers lui d'un pas décidé. Il eut juste le temps de lever la tête, surpris, que John l'attirait contre lui, serrant sa taille d'un bras tandis que sa main venait se caler sur sa nuque pour la soutenir et qu'il l'embrassait avec passion. Un baiser ardent, impatient, presque brutal, qui l'étourdit, le poussant à se raccrocher à son cou pour garder l'équilibre
-« Voilà ce qui est sérieux » haleta John lorsqu'il dû cesser le baiser, posant son front contre le sien, écoutant leurs respirations devenues plus courtes. Finch leva la main et caressa son visage. Il finit par poser un baiser sur ses lèvres puis le laissa l'allonger sur le lit « Et maintenant repos avant que je ne vous délivre une autre leçon M Wren ! » menaça John
Finch sourit
-« Bien professeur » approuva t-il docilement. Il le suivit des yeux comme il retournait prendre place dans le fauteuil et se blottit dans le lit, un peu frustré de n'avoir qu'une couette à serrer contre lui…
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OoooooooooO
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La nuit avait été calme. La matinée le fut tout autant, à cette différence que l'ambiance dans la maisonnée s'était considérablement améliorée. Marco était plus détendu malgré les récents événements. Même la petite Justine se montra plus joyeuse à la grande satisfaction de son père.
Alors qu'ils étaient en voiture, en route vers un chantier, Stanford reçu un appel sur son portable. Reese le vit décrocher avec réticence. Il eut à peine le temps de dire « Allo » qu'un flot d'invectives lui parvint d'où il résultait qu'il n'était qu'un arriviste et un voleur qui pensait sans doute avoir trouvé le moyen de s'approprier une partie de la fortune de sa femme en écartant ses plus fidèles serviteurs pour pouvoir piller le manoir à sa guise. L'entrepreneur laissa passer deux minutes puis raccrocha, incapable d'en entendre plus
-« Ma belle fille » soupira t-il « Je me doutais que je serais confronté à ce genre d'accusations. Surtout qu'elle est chez sa grand-mère, j'ai reconnu le numéro de la résidence. Je parie qu'Elmer s'est précipité là bas »
-« Vous devriez éviter de décrocher M Stanford. Leurs accusations sans fondement ne pourront que vous perturber » jugea Reese
-« Je sais. Mais chaque fois je me dis que c'est peut être important. J'ai déjà peur de la façon dont Elaine va réagir en se réveillant. Oh elle sait à quoi s'en tenir sur son ex belle mère ! Du temps de son mariage avec Patrick elle ne comptait pas pour elle. Elle sait aussi ce que pense sa fille ainée. Mais sans doute pas jusqu'où va leur haine. Même si ces derniers temps c'était très compliqué avec elles »
-« Ah oui ? » interrogea Reese
-« Surtout avec Esther. Elle lui téléphonait souvent. Elaine était exaspérée »
-« Mais pour quelles raisons puisqu'elles ne s'entendaient pas ? »
-« Je ne sais pas. Elle ne me l'a jamais dit. Mais il y avait une rivalité entre elles sur leurs œuvres. Elaine était plus douée qu'Esther pour dénicher des talents et l'autre le prenait mal »
-« Elles étaient en quelque sorte en concurrence ? »
-« On peut dire ça » jugea Marco « Enfin » éluda t-il alors que la voiture se garait devant les bureaux « Tout cela semble tellement futile »
Reese ne répondit pas réfléchissant à ces informations, perplexe.
Il passa la matinée à suivre l'entrepreneur puis ils retournèrent au domaine.
Reese appela son compagnon pendant le déjeuner. Finch n'avait pas trouvé d'informations supplémentaires concernant Nathalie. « Si elle est bien le commanditaire, elle n'a pas utilisé ses comptes » avait-il affirmé, agacé de ne pas trouver de solution. John l'avait rassuré, ils finiraient bien par découvrir un indice quelconque. Il avait ensuite repris sa surveillance, accompagnant Marco à la clinique comme chaque jour.
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OoooooooooO
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Reese entra dans la chambre et remis le gobelet de café à Marco
-« Merci John »
L'ex agent observa l'aide soignante occupée à changer la perfusion de la patiente. La jeune femme fit quelques vérifications puis quitta la chambre sans un mot. Marco aussi l'observait, attentif. Lorsqu'elle eut disparu il reporta son regard sur la forme pale allongée dans le lit, immobile. Il soupira
-« Est-ce que vous aviez entendu parler de ma femme avant que je vous embauche John ? » demanda t-il alors
-« Seulement à cause de l'agression Monsieur »
Stanford hocha la tête
-« Oui je me doute que vous n'êtes pas un adepte de la rubrique mondaine »
-« Pas vraiment non »
-« Elaine n'y était pas pour se faire remarquer ou pour de quelconques excentricités comme certaine femme de sa condition vous savez » continua Marco « Le plus souvent c'était pour évoquer ses bonnes actions. Les associations dont elle était membre, les artistes qu'elle parrainait. Ca c'était son grand objectif ! Elle rêvait qu'un jour l'un d'eux se révéleraient un nouveau Renoir ou un clone de Warhol. Elle avait ses préférences mais si elle jugeait qu'un peintre avait du talent elle ne le rejetait pas sous prétexte qu'il peignait comme Picasso et qu'elle avait horreur de ce style là »
-« Votre femme possède une grande ouverture d'esprit M Stanford » jugea Reese
-« Oui. Et beaucoup de générosité. La vraie. La plupart des ses "amies" font des dons pour pouvoir s'en vanter mais pas elle. Vous savez ce qu'elle faisait le premier mardi de chaque mois M Randall ? »
-« Non Monsieur »
-« Elle venait ici, au rez de chaussée, dans le laboratoire et elle donnait son sang. Et souvent elle m'entrainait avec elle en me rappelant combien cela peut être utile. Encore plus dans son cas puisqu'elle est o positif le groupe des donneurs universels »
-« Elle est donneur universelle mais ne peut pas recevoir de n'importe quel autre volontaire » murmura Reese qui réfléchissait
-« Oui c'est vrai. Mais Elaine menait une vie tranquille, elle n'aurait pas imaginée avoir un jour besoin de ce genre de soin » estima Marco « Moi en revanche, j'ai eu un accident de voiture peu de temps après notre mariage. Je me rappelle de son inquiétude « Si je te sauve tu devras me supporter pendant encore trente ans au moins » m'avait-elle dit. Et moi j'étais prêt même pour bien plus encore » Il secoua la tête « Je ne comprends pas pourquoi on s'en est prit à elle » ajouta t-il d'une voix brisée
-« C'était sans doute un terrible concours de circonstance » affirma distraitement l'ex agent accaparé par ses réflexions. Les paroles de Marco venaient brusquement de lui inspirer de nouvelles perspectives
-« Je n'ai rien fait vous savez. Certains m'accusent mais je ne lui aurais jamais fait le moindre mal »
-« J'en suis persuadé M Stanford »
-« Ah oui ? Merci M Randall » répondit Marco touché « Vous n'êtes décidément pas comme les autres vous et votre compagnon »
-« Non Monsieur. Et les différences sont souvent un enrichissement »
-« Ce n'est pas faux »
Après quelques minutes Reese s'éclipsa hors de la chambre. Il s'isola et appela aussitôt son associé :
-« Finch, je crois que je sais pourquoi on a agressé Elaine. J'ai besoin d'une ou deux petites vérifications et si j'ai raison nous pourrons alerter Lionel »
