E : « Non Derek, pas ça ! »

D : « Mais c'est super bon pourtant, je comprends pas pourquoi tu n'aimes pas ! »

E : « Lâche ça veux-tu, et cesse de faire l'enfant ! »

D : « Sinon quoi ? Tu vas me punir ? »

E : « Mais t'es idiot ou quoi ?! Pas ici ! »

D : « A la maison bien sur, ça va de soi. »

E : « Bon j'abandonne, tu es irrécupérable ! »

Poussant le caddie rempli de nourritures Emily préféra distancer un Derek taquin et gamin plutôt que de se donner en spectacle devant tout le monde.

D : « Hey, alors on les prend ou pas ? »

E : « Repose-moi ça où tu l'as trouvé ! »

D : « Quoi, t'aime pas la Jello ? »

E : « Non. »

D : « Mais c'est super bon pourtant ! »

E : « Ecoute Derek : je mets un point d'honneur à avoir une nourriture saine pour moi et Noah. On a pas besoin de tous ces trucs. »

D : « T'es vraiment pas marrante. »

E : « Noah a une santé fragile, il est hors de question que de la Jello lui coule dans les veines. »

D : « Comme tu y vas ! Il s'agit là de simples … Ouais bon …En tout cas, il est hors de question que mon fils ne goute pas au fameux Hot Dog de Stevens sur la 4ième ! »

E : « Comme tu veux … » soupira-t-elle, lasse

D : « Hey … Tu fais quoi pour Noel. »

E : « Noel ? Mais c'est dans un mois. »

D : « Justement … C'est le moment pour réserver les avions ! »

E : « Tu comptes venir ? »

D : « Ah non, je pensais que toi tu viendrais nous voir. Et puis … Tes parents … »

E : « Mes parents ? Depuis la naissance de Noah, aucun n'a dénié venir le voir. Tous les prétextes de la terre sont bons, alors je n'insiste pas. Pour Noel, nous aurons tous 2 un chèque mis sur notre compte, Noah en a un fraichement ouvert par les bons soins de ma mère à sa naissance … Je n'attends pas qu'ils viennent ici un jour, tout comme ils n'ont surement pas idée que je vienne les voir, ce que je n'avais, de toute façon, pas l'intention de faire. »

D : « Mais et moi ? Nous ? Tu n'as envie de revoir ta seconde famille ?! Garcia sera folle de Noah et puis il pourra s'amuser avec Henry ! »

E : « … »

D : « Il est hors de question que vous passiez Noel seuls. Viens dans ma famille ! Depuis le temps que ma mère me gonfle pour que je lui donne un petit-fils … Quand elle saura pour Noah … »

E : « Tu … Tu comptes lui dire ? »

D : « Evidemment ! Tu croyais quoi ? Que j'en aurais honte ? Je suis fier oui ! Je suis papa d'un petit homme si beau que je pense qu'il a été façonné dans du cristal ! »

E : « Quel poète … »

D : « Ouais, enfin tout ça pour dire que oui, je compte emmener Noah à Chicago pour que ma famille le voit. Je veux aussi qu'il sache qui est sa mère, sa merveilleuse mère … Celle que j'aime et avec qui j'ai eu un enfant. Celle avec qui je compte vivre et en avoir d'autres ! »

E : « Hein ? Quoi ? En avoir d'autres ? Tu plaisantes ? »

D : « Oui … Non … J'en sais rien, qui sait ? »

E : « Faisons les choses dans l'ordre d'abord. »

D : « Alors Noel : chez toi ou chez moi ? »

E : « Nous viendrons … »

D : « Sérieux ? »

E : « Oui. Après tout. Tu es venu, c'est à mon tour … »

D : « Alors, disons le 20 ? Ca te laissera le temps de … reprendre tes marques. »

E : « Reprendre mes marques ? Morgan, je ne viendrais que pour 15 jours maximum … Juste pour les fêtes. Ensuite, je repartirais. »

D : « C'est déjà mieux que rien. Bon … Et si on rentrait ? »

E : « Tu es blasé parce que tu n'as pas réussi à mettre dans ce caddie ce que tu voulais hein ? »

D : « Ah ah … Dis à ta mère qu'elle est méchante avec moi ! »

Noah regardait alternativement sa mère et son père, avant de faire un gazouillis souriant vers sa mère, ce qui rendit cette dernière très fière.

E : « C'est bien mon fils. »

D : « Favoritisme. Je demande réparation ! »

E : « Plus tard, passons à la caisse pour l'instant. »

Plus tard oui … Les heures puis les jours passèrent sans que Derek n'avance vraiment dans son entreprise de reconquête de la demoiselle : semblant froide et distante, il se heurtait souvent à un mur, ne lui arrachant que ça et là un ou 2 baisers, mais jamais sans plus. Pourtant, ce n'était pas faute de multiplier les situations qui s'y prêtaient assez : le soir au diner, ou encore lors des balades dans le parc … Mais à chaque fois, Emily refusait d'aller plus loin que de simples gestes affectifs ou de tendres baisers.

Et si Derek essayait de savoir pourquoi elle le repoussait autant, elle se refermait commune une huitre ! Il était désemparé : il partait après demain. Il ne lui restait donc plus que 2 jours et 2 nuits pour la convaincre.

Une fois encore, ils étaient tous les 2 dans le salon, après que Noah soit couché, et regardaient un vieux film en noir et blanc.

D : « Ah … Ca reste un classique hein ? »

E : « Oui, les Hitchcock restent une valeur sûre. »

Il piocha dans le saladier de pop corn encore tiède qu'Emily venait de faire. Noah dormait depuis une bonne heure et le film touchait à sa fin, dehors il pleuvait, laissant en fond sonore les cliquetis des gouttes sur les carreaux et un léger suintement du vent dans les arbres. Ils étaient assis l'un à coté de l'autre sur le canapé, une couverture sur leurs genoux, le saladier entre eux.

D : « Merci pour les pops corn. »

E : « De rien, ça faisait une éternité que j'en avais pas fait. »

D : « Alors … »

E : « Alors quoi ? »

D : « On fait quoi maintenant ? »

E : « Un autre film ? »

D : « J'avais pas ça en tête mais pourquoi pas. J'ai bien envie d'un film sanglant, pas toi ? »

E : « Sanglant, pas super romantique … »

D : « Je cherche pas à être romantique, je le cherche plus en tout cas. »

E : « … »

D : « Bon, alors, au programme : on a le célèbre Frankenstein … Ou le non moins mythique Dracula. Verdict ? »

E : « Frankenstein ! »

D : « Ah oui ? J'aurais pensé Dracula … »

E : « Pourquoi donc ? »

D : « Non, rien je te croyais plus vampirique que zombie. »

E : « Vraiment ? De toute manière, ce sont tous les 2 des cadavres. »

D : « Eh bah dis donc … Heureusement que tu as d'autres atouts charme que ta passion pour la nécrophilie. »

E : « Oui effectivement, il n'y a guère que les macabés qui m'excitent ! » dit-elle en riant

D : « Je devrais alors me tailler les veines pour que tu daignes te laisser toucher par moi ?! »

Emily perdit son sourire quand elle vit le regard sombre du jeune homme. Il était sensé plaisanter et pourtant dans son ton, rien n'était amusant. Elle savait très bien ce qu'il voulait dire : depuis son arrivée, il n'avait cessé de lui faire des appels du pied … Appels qu'elle feignait de voir ou alors qu'elle repoussait. Mais pourquoi ? C'était surement la prochaine question de Derek et elle-même n'avait de réponse claire.

E : « Très drôle … »

D : « Désolé, c'était pas très fin … J'ai plombé l'ambiance hein … »

E : « Non, on va dire que ça donne le ton de la soirée. »

D : « J'aimerais savoir … Pourquoi ? »

Et voilà, on y était …

E : « … »

D : « Ah non Emily, pas de ça hein, pas ce silence. J'ai besoin de savoir : je pars après demain, et j'ai l'impression que tu attends cette échéance … Pourquoi tu me fuis ? Enfin je sais pas moi, je sens que ça te plait : ces petits jeux de séduction, ces baisers, ces regards, je sais que tu n'ai pas insensible à tout ça mais dès que ça devient plus sérieux, tu coupes court à tout. Ca devient énervant et … frustrant aussi. »

E : « Derek … »

D : « Je sais que je n'étais pas prévu, que j'arrive comme un cheveu sur la soupe, mais tu as l'intention de me punir pour ça ? Quand ça devrait être à moi d'être furax envers toi de m'avoir caché ta grossesse ? »

E : « Ca n'a rien à voir avec une quelconque punition … Je crois que … Je crois que j'ai peur. »

D : « Peur ? De quoi ? »

E : « De nous … »

D : « Je comprends pas. »

E : « Je m'en suis rendue compte à notre premier baiser, non … Dès que j'ai ouvert la porte et que tu étais derrière. J'ai compris que rien ne serait plus comme avant, ni dans ma vie, ni entre nous. J'ai toujours eu peur de m'impliquer émotionnellement dans quoique ce soit : enquêtes, relations amoureuses … J'ai toujours eu du mal avec ce dernier point … Une marginale, voilà ce que j'étais. Je te l'ai dis, j'ai toujours mis derrière un épais rideau mon vrai moi devant les hommes : je jouais faussement les candides, mais il y a un moment ou ma vraie nature ressort et où je sors ma science. Finalement … Je crois que je me complaisais dans cette distance que j'instaurais avec eux. Mais avec toi, c'était différent. Je me sentais bien avec toi, j'ai compris que ça pourrait coller entre toi et moi … Et c'est ce dont j'avais peur. »

D : « Tu avais peur qu'on … s'entendent trop bien ?! »

E : « Je sais, ça à l'air débile dit comme ça mais … En un sens, je crois que je me suis laissée aller avec toi parce que je savais que je partais quelques jours plus tard. Je n'avais pas besoin de mettre de distance en étant une autre, les kilomètres et mon nouveau travail le feraient à ma place. Et je me suis rendu compte que … Qu'avec toi, j'étais vraiment moi-même, ce n'était jamais arrivé avant, et j'ai eu peur d'y prendre gout, d'entreprendre une vraie relation avec toi … »

D : « Je vois … »

E : « Et quand j'ai appris que j'étais enceinte, j'ai eu peur … Peur de ce qui est finalement en train d'arriver ici : que ça devienne si sérieux entre nous qu'on envisage une vie de famille, voire plus … »

D : « La peur de s'investir dans une relation … »

E : « Oui. Je le comprends maintenant mais ça n'a pas toujours été le cas. Adolescente, le métier de ma mère nous poussait à déménager souvent, et je mettais sur le compte de mes départs soudains pour ne jamais m'attacher vraiment. Puis plus tard, ce fut mon métier que je mettais en avant en prétextant n'avoir jamais de temps ou vouloir être à fond dans mes enquêtes … Puis il y a eu toi, et mon départ. Ca se goupillait si bien que je me suis dis que je ne risquais rien à tenter le coup. Et finalement, je me suis laissée avoir à mon propre jeu … Jusqu'à avoir un enfant de toi, et le garder. »

D : « Alors … Quoi ? Tu vas me fuir éternellement pour ne pas avoir à t'impliquer ? Mais tu l'es déjà, Noah le prouve ! Nous sommes à présent lié, que tu le veuilles ou non. Alors je peux comprendre que ce n'est pas ce que tu désirais au début mais … Si tu n'essais pas, comment tu peux dire si ça te convient ou pas ? »

E : « Mais essayer c'est déjà s'investir un peu trop. Qui sait si, si ça ne marche pas, on ne pourra pas revenir en arrière. »

D : « Mais qui te dit que ça ne marchera pas ? Ou qu'il faudra revenir en arrière ? En tout cas moi, je ferais tout pour que ça marche, et je sais que ça marchera. On s'aime, sans nul doute et on aime Noah. Je sais qu'on pourrait réussir. »

E : « … »

D : « Si tu nous laissais une chance au moins. »

E : « C'est prendre un risque. »

D : « Sans risque, on ne fait plus rien … Si tu te cantonnes à ce que tu as, ce que tu fais, tu n'iras pas loin. C'est ce que tu veux transmettre à Noah ? Renoncer avant même d'avoir essayé ? Fuir sans envisager de te battre ? »

E : « Bien sur que non ! »

D : « Alors, essayons … »

Emily était piégée par l'implacable vérité : Derek avait raison : elle avait peur mais ne faisait absolument rien pour annihiler cette peur.

Alors, quand Derek se pencha pour l'embrasser, elle ne le repoussa pas quand il posa une main sur sa cuisse, elle ne l'arrêta pas quand elle passa sous son débardeur, elle ne fuit pas … Et quand, il la coucha, dans un geste tendre et emprunt d'envie, elle ne protesta guère, au contraire, elle simplifia les choses en l'amenant à lui.

Ils ne prononcèrent aucun mot, tout se passant dans les gestes et le regard. Ils n'étaient pas inconnus l'un à l'autre, ils avaient déjà passés plusieurs nuits sous les mêmes draps, mais cette fois-ci revêtait un caractère plus symbolique, comme une renaissance.

Les baisers chastes du début devinrent de plus en plus fiévreux et curieux, les caresses étaient plus indiscrètes, plus charnelles …

Les vêtements volèrent, atterrissant sans bruit sur le sol, contrastant avec l'ardeur de leur ébat, de plus en plus difficile à contrôler mais le voulaient-ils vraiment ?

Finalement, ils ne regardèrent jamais Frankenstein, préférant passer leur ardente nuit dans les bras l'un de l'autre.

C'était contradictoire mais Emily se réveilla à cause du silence. Oui, tout était calme, trop calme. Elle ne savait quelle heure il était, mais le jour était levé. Elle s'éveilla, nue sous une couverture, couchée dans le canapé. La télé était éteinte et nulles traces de Derek aux alentours.

Elle se leva, et chercha du regard ses affaires elle fut surprise de les trouver pliées sur l'accoudoir du canapé. Elle enfila le tout avant de jeter un œil dans la cuisine : l'odeur du café fraichement fait embaumait la pièce, mais là encore aucune trace de Derek.

Elle monta à l'étage et se dirigea instinctivement vers la chambre de son fils. Doucement, elle ouvrit la porte et vit la plus belle des choses : Derek, assis dans le rocking chair, berçant dans ses bras un Noah somnolant. Elle s'approcha et vit que Noah suçotait le petit doigt que lui offrait son père, regardant amoureusement son fils.

Puis il releva sa tête, un large sourire sur son visage :

D : « Bonjour ma belle. »

E : « Bonjour. »

D : « Bien dormi ? »

E : « Oui … Je ne me souviens plus m'être endormie sur le canapé… »

D : « Parce que ça n'a pas été le cas, on s'est endormi par terre, au pied du canapé. »

E : « Ah ? Mais … »

D : « Je t'ai mise sur le canapé, j'ai dormi par terre. »

E : « Tu aurais pu me réveiller pour qu'on aille dormir dans la chambre. »

D : « Sans me vanter … Je pense que tu avais besoin de dormir pour te … remettre de la nuit. »

E : « Vantard ! »

Derek sourit, puis elle fit de même. Elle se sentait bien, sereine et heureuse.

E : « Je me disais bien que cette maison était trop calme. »

D : « Il a pleuré, mais je ne voulais pas qu'il te réveille. »

E : « Tu as fais du café aussi … Tu es parfait. »

D : « Je sais. » dit-il humblement

Elle s'agenouilla alors et caressa tendrement le petit crâne à peine chevelu de son fils. Elle contempla ce petit être qui deviendrait un homme séduisant, tout comme son père. Elle se voyait déjà dans une quinzaine d'années lorsque son fils ramènerait sa première copine à la maison …

D : « A quoi tu penses ? »

E : « A notre fils … Il est beau … »

D : « Ca c'est sur on a réussi notre coup. »

E : « Il aura les cheveux crépus tu crois ? »

D : « Ca dépend, les miens sont bouclés et pas vraiment crépus … »

E : « Bouclés ? Aurais-je l'honneur de les voir un jour ? »

D : « Surement pas ! Physiquement, le crâne rasé me va mieux. »

E : « C'est vrai. Il sera parfait quoiqu'il arrive. »

D : « J'aimerais une fille aussi … »

E : « Une fille ? »

D : « Qu'elle soit aussi belle que sa mère. Je crois qu'on formerait une famille de vrai top model. »

E : « On verra ça plus tard hein … Occupons-nous d'abord de notre fils. »

D : « Ca me désole de partir demain … Ca a été si court. »

E : « On se revoit pour Noel. »

D : « Tu vas reprendre le travail ? »

E : « Pas pour l'instant. Noah est encore petit et je tiens à être là … »

D : « J'aimerais être là aussi. »

E : « … »

D : « Bon ! Un café ? »

E : « Avec plaisir. Donne-le moi, je vais le changer et on te rejoint en bas. »

Ils échangèrent les rôles et Emily récupéra son fils au passage, Derek l'embrassa sur le front ainsi que sur celui de son fils. Avant de quitter la pièce, il se retourna et vit Emily allonger Noah sur la table à langer :

E : « Hey … Ouh qui sait qui va être tout propre hein ? »

Derek ne pu s'empêcher de sourire : ce rôle de mère allait comme un gant à Emily, et jamais, même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait pensé qu'elle serait la mère de ses enfants.

La journée passa sans encombre : Derek avait tenu a resté avec Emily et Noah une bonne partie de la journée. Il découvrit alors le monde des jouets d'enfants : Emily avait mis un point d'honneur à tout ce que touchait Noah soit ludique, coloré et utile : tapis de jeu, livres interactifs, hochets parlants …

Derek avait appris les gestes rudimentaires du parfait papa : préparer un biberon, lui donner, le langer, le baigner, le bercer … Aujourd'hui, si on le voyait pour la première fois avec Noah, on aurait peine à croire qu'il n'avait pas été présent les 2 premiers mois de sa vie.

Et tandis que le petit faisait une sieste, Derek profitait de ce moment calme pour partager quelques instants tendres avec sa belle :

Lovés dans le canapé, dans les bras l'un de l'autre, ils échangeaient quelques idées de cadeaux pour Noel.

D : « Hey et pourquoi pas un livre de cuisine ? »

E : « Rossi serait vexé, lui qui se dit être un grand marmiton italien. »

D : « Ouais … Alors … Quelque chose en rapport avec la cuisine ou pas ? »

E : « Un ustensile ? »

D : « On peut trouver quelque chose de sympa, en effet. Et pour Garcia ? »

E : « Pourquoi pas une autre babiole colorée pour son bureau ? »

D : « Facile à trouver, pour peu que ça soit estampillé UK, ça lui plaira ! »

E : « Et … Et toi, tu voudrais quoi ? »

Le ton presque timide et gêné de la jeune femme amusa Derek. Il lui caressa la joue et lui sourit :

D : « Toi, je te veux toi … Et Noah. »

E : « Mais tu nous as déjà. »

D : « Ah oui ? Vraiment ? »

E : « Bien sur. »

D : « Alors pourquoi j'ai encore cette petite appréhension … De ne pas savoir ce qui nous attend après Noel ? »

E : « … »

D : « Emily, j'ai bien réfléchi … Je ne veux plus vous quitter, ni toi ni Noah. Alors … S'il le faut, je viendrais vivre ici. »

E : « Quoi ? Tu … Tu es prêt à … Tout quitter ? »

D : « Oui. J'ai réfléchi et tu as déjà tout quitté une fois, pour venir vivre ici. Alors, ça serait égoïste de te demander, alors que tu es maintenant installer ici, de tout quitter une fois encore … Et puis, mis à part la bouffe, c'est agréable ici. » dit-il en souriant

E : « Derek mais … Et le FBI ? »

D : « Tu sais, j'ai passé le plus clair de mon temps au FBI, aujourd'hui j'ai près de 40 ans et il est temps que je pense à moi. J'ai mis largement de coté, et j'ai des capitaux un peu partout pour assurer un bel avenir à notre fils sans que je sois obligé de travailler. Je … Je resterais à la maison avec lui, si tu veux reprendre ton poste de direction. »

E : « Waouh … Mais, tu as l'air tellement décidé, comme si tu y avais pensé longuement. »

D : « A vrai dire, je me suis réellement décidé hier soir. »

E : « Hier soir ? »

D : « Après qu'on est … Enfin tu vois. En te regardant dormir sur le canapé, j'ai réalisé que je ferais n'importe quoi pour toi. Cette nuit ensemble n'a pas été une révélation, mais plutôt une confirmation de ce que je savais déjà : je t'aime comme jamais je n'ai aimé quelqu'un. Toi et Noah êtes la plus belle chose qui me soit arrivé depuis longtemps. Alors, il est hors de question que je fasse comme il y a 10 mois : il est hors de question que je te laisse filer encore une fois. Et si ça revient à tout quitter pour vivre avec toi et Noah alors, je serais heureux de le faire, vraiment. »

Emily ne savait plus quoi dire … Cette déclaration était la plus belle, la plus touchante, la plus sincère qu'elle ait entendu depuis longtemps. Derek avait ce regard empli de détermination qui, quand il le revêtait, lui apportait une conviction inébranlable qu'il était inutile de défier. Alors, elle savait qu'en prenant cette décision, murement réfléchie, il était inutile d'espérer lui faire changer d'avis.

D : « Et puis, c'est pas comme si on devait cohabiter chacun dans notre chambre … On est un couple ok on a eu quelques divergences mais aujourd'hui on est là et Noah a besoin autant de son père que de sa mère. »

E : « Je vois que tu as pensé à tout ça déjà. »

D : « J'ai pensé à nous. Et j'espère qu'après Noel, je pourrais venir m'installer ici. »

E : « Noel ? Vraiment ? »

D : « Trop tôt ? »

E : « Mais tu auras le temps de boucler toutes tes affaires d'ici là ? »

D : « Tu sais, je crois que Hotch s'en doute un peu … Savoir que mon fils et la femme que j'aime se trouvent par delà l'Atlantique, je n'aurais jamais plus l'esprit tranquille sur le terrain, toujours à me demander où vous êtes, ce que vous faites … Si je loupe les premiers pas de Noah, ses premiers mots … »

E : « Je comprends. »

Oui, elle comprenait, car dans sa situation, cela la rendrait folle aussi de savoir son fils ailleurs, à faire d'autres choses, à évoluer, grandir sans elle.