D'abord, je m'excuse vraiment auprès de vous pour le délai. Comme je le disais à certaines d'entre vous, je dois rogner sur mes heures de sommeil pour écrire.

Je ne fais pas mes remerciements habituels afin de poster au plus vite et comme j'ai été (très) vilaine, vous avez le droit de ne pas me faire de review.

Je fais juste un coucou à ma betâ, Lénérol qui corrige mes fautes. (La pauvre.)

Bonne lecture.


Résumé :

Bella vit avec les Quilleutes depuis que ses parents se sont fait tués alors qu'elle n'avait que 15 ans. Sa soeur, Alexandra, est transformée par le vampire qu'il les a attaqués mais elle réussit à s'échapper. Un jour, alors qu'elle était sur le point de se faire tuer dans un combat, Bella rencontre Edward qui lui sauve la vie. Bien que Bella comprit que ce dernier était de la race qu'elle s'était juré de détruire, il est trop tard. Elle tombe amoureuse de lui. Les Cullen sont des vampires végétariens et tente de conclure une trève avec Sam, le chef de la meute. Bella essaye de lutter contre ses sentiments mais en vain. Elle cède à la passion destructrice dans les bras d'Edward.

Ils entament une liaison secrète.


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« Peindre, c'est faire apparaître une image qui n'est pas celle de l'apparence naturelle des choses, mais qui a la force de la réalité. »

Raoul Dufy

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CHAPITRE 13 – Je veux plus

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Enfin.

Le grand jour était fixé.

La date avait été arrêtée.

Cinq jours.

Dans cinq jours, nous allions signer le traité. Un traité inédit. Nous nous sentions comme les Pères Fondateurs à l'aube de la signature historique de la déclaration d'indépendance, comme les députés des Tiers-États lors du serment du jeu de paumes, nous savions qu'un tel accord était… historique.

Sam avait l'air de porter le poids du monde sur les épaules. Je pouvais, sans aucun doute, deviner les doutes qui le tenaillaient même s'il ne voulait rien laisser paraître. Allait-il trahir la mémoire de nos ancêtres en faisant alliance avec des Vampires ? Avait-il pris la bonne décision ? Ce pacte n'était-il pas utopique finalement ? Ce serait les questions que je me serais posées si je n'avais pas eu confiance en Edward et son clan.

« A quoi tu penses ? » Demanda ce dernier en me caressant les cheveux.

Je continuais de fixer le plafond comme si c'était la chose la plus intéressante au monde.

« A samedi. »

« Ça va être dur. » Souffla Edward.

« Ouais. » Dis-je en calant ma tête un peu plus sur son ventre. « Espérons que ça ne se transformera pas en baston générale. Avec Jacob et son caractère de cochon… »

« Je ne parlais pas de ça. »

Je tournai la tête dans sa direction. « Non ? »

« Etre dans la même pièce que toi, te savoir si proche et ne pas pouvoir te toucher…. Faire comme si de rien n'était. » Expliqua-t-il d'un air sauvage.

Edward, en cet instant, était tellement aux antipodes de la personne qu'il avait décrite en parlant de lui – quelqu'un de vide, sans rêve, se contentant de laisser passer les années, attendant que les choses se produisent et n'allant jamais au devant d'elles – je ne pouvais pas croire qu'il s'agissait de la même âme. Quand il me regardait, comme maintenant, et que ses yeux brûlaient de curiosité, d'ardeur, d'enivrement, je pouvais affirmer qu'il était un être passionné.

« Tu me tiens contre toi là. » Répliquais-je en enserrant son bras contre ma poitrine nue.

« Je veux plus. »

« Edward… » Soupirais-je en détournant le regard et en fixant le plafond de nouveau.

« Je veux pouvoir sentir mon odeur sur toi. » Il se leva si rapidement que j'eus à peine le temps de le voir. « Tout le temps. Je veux pouvoir t'embrasser devant un million de personnes, je veux que tu sois à moi et que tout le monde le sache. » Il ouvrit la fenêtre de la chambre d'hôtel qui donnait sur une petite cour intérieure et vociféra dans sa tenue d'Adam. « Je veux pouvoir crier EDWARD CULLEN AIME BELLA SWAN… »

« Chuuuuut. Edward ! Descends de là. » J'essayais de l'attraper par le bras, horrifiée. « Tu es fou ! » Le grondais-je embarrassée que quelqu'un à sa fenêtre ait pu voir son kiki. (N/B: Ah bon, juste un kiki ? J'ai pourtant cru qu'il était plus imposant que la moyenne ! ;) / NA : kiki, je trouve ça mignon. C'est plus subtil que si j'avais écris ' anaconda' lol. )

Attends.

Rembobine un peu.

'A quoi tu penses ?'

Ah, non. J'ai rembobiné trop loin là.

"EDWARD CULLEN AIME BELLA SWAN" J'y suis...

Hein? Aime ? Comme dans aimer et aimer ? Comme dans je t'aime ?

Mon cerveau s'était déconnecté quelques secondes tel ce bon vieux Homer Simpson quand il se met à penser aux donuts (la bave au coin des lèvres en moins.) puis je sentis un brasier envahir mes joues et là, je devais sûrement ressembler à une betterave géante qui marche et qui parle.

A la vitesse de la lumière, il se retrouva sur moi et moi, dans le lit. Son visage était rempli d'une gravité silencieuse et me fixait sans un mot.

« Tu es si belle. » murmura-t-il au bout de quelques secondes interminables.

Je fermai les yeux et laissai mes lèvres goûter les siennes dans un baiser d'une douceur incomparable. Edward était un magicien, un être surnaturel qui à lui seul avait le pouvoir de transcender mon corps, me faire sentir si vivante, si réelle dans un monde où j'avais l'impression de n'être une ombre translucide qui errait sans véritable but - hormis rayer de la surface de la terre les vampires. Dans ses bras, j'avais l'impression d'avoir trouvé ce pour quoi j'étais née, d'avoir trouver un monde qui n'était pas fait de sang ou de traque. Je savais ce à quoi j'étais destinée.

J'étais faite pour l'amour.

J'étais faite pour aimer cet homme.

J'enviai Juliette. La pauvre. Elle, si douce, si innocente, inconsciente de la tragédie que son amour allait engendrer. Oui, j'enviai Juliette. Son inexpérience, sa candeur qui ne lui a jamais fait songer qu'elle n'allait devenir qu'une arme innocente forgeant elle-même son propre malheur. Finalement, et elle ne le savait pas, mais elle n'avait fait que creuser sa propre tombe. On peut blâmer le destin pour trouver une signification à l'adversité, il n'empêche que nous sommes le plus souvent responsables, de part nos choix, de nos propres souffrances.

Avec l'aveu de son amour, Edward nous avait hissé dans une sphère supérieure dans l'échelle de la tragédie. Est-ce que tout cela pouvait vraiment trouver une issue heureuse ?

« Tu es avec moi ? »

Je fus happée par ses pupilles ambrées et oubliai instantanément toutes mes divagations intérieures.

« Toujours. » Répondis-je en chuchotant.

Il enfouit sa tête contre mon cou et son souffle sur ma peau me donna une agréable chair de poule.

« Ne penses pas. » Supplia-t-il en embrassant ma gorge. « Pas maintenant. Pas quand tu es avec moi. »

« Je suis désolée. » Je posai mes mains sur chacune de ses joues et le forçai à me regarder de nouveau. « J'ai remarqué à quel point je peux être négative quand tout va bien, juste pour le plaisir de tout gâcher. »

Je lui fis une petite moue destinée à faire disparaître les sillons qui étaient apparus sur son front. Les moments passés avec lui étaient si rares et si courts que je m'en voulais de les gaspiller pour quelques pensées psychotiques.

Comme si cela avait un quelconque pouvoir d'apaisement, je l'embrassai subitement avec toute l'ardeur dont je pouvais faire preuve. Ses doigts glissèrent dans mes cheveux et je laissai échapper un gémissement étouffé. La friction de nos corps, aiguisée, en phase, lente mais où l'on pouvait deviner une frénésie naissante – cette frénésie qui dévorait mon corps lorsqu'il reconnaissait le toucher de son Maître – sa peau tiédie par la mienne comme si ma propre chaleur avait la faculté de le pénétrer. Même si nous n'étions que peau contre peau, j'avais l'impression de fusionner avec lui, à l'instar de l'instant où il était en moi.

« Tu la sens ? » Murmurais-je.

Il me fit son sourire en coin, une lueur d'amusement dans le regard.

« Il va falloir préciser parce que là, je sens plein de choses. » Sa voix était basse, douce et lisse.

Mes mains frôlaient lentement son dos mais sans vraiment en avoir conscience. Je restai focalisée sur la douceur rigide de sa chair que mes lèvres ne cessaient de caresser.

« La chaleur. »

Il me fit un sourire en coin. « C'est le phare qui guide mon corps. »

Ses lèvres virent rejoindre les miennes et je sentis mon être tout entier s'embraser. Sa bouche enveloppa un de mes tétons tandis que je me cambrai sous lui. Ses mains tentaient de me maintenir.

Je l'entendais haleter.

Je l'entendais exalter.

Je le sentais prendre possession de moi.

Soupir.

Cri.

Soupir.

Un « je t'aime » étouffé dans mes cheveux.

Cri.

Déferlante de mots incompréhensibles.

Sifflement.

Cri.

Et moi, au milieu des gémissements et des mots, je ne pouvais que m'abandonner comme jamais je m'étais abandonnée jusqu'alors. Je ne pouvais que suivre ses cris par mes propres cris qui explosaient de ma gorge.

Jusqu'à l'achèvement ultime.

Jusqu'au point culminant.

Jusqu'à la petite mort.

Car c'était cela. J'étais dans un état d'abandon de soi si fort que j'avais le sentiment de mourir littéralement. Déconnectée. Disloquée. Plongée dans le néant, pour revenir à la vie la seconde d'après, complètement transfigurée.

Et haletante.

C'était cela faire l'amour avec Edward. C'était naître, mourir et renaître. Une vie entière contenue dans quelques minutes d'abnégation.

J'étais jalouse qu'il me faille reprendre mon souffle alors qu'Edward, visiblement, ne laissait transparaître aucun signe d'effort physique. Son regard restait fixé sur ma poitrine montant et s'affaissant au rythme de ma respiration folle et irrégulière. Seul le sourire béât et idiot qu'il arborait pouvait laisser deviner qu'il venait d'avoir un incroyable orgasme.

« Alors ? » Me demanda-t-il au bout de quelques minutes. « Heureuse ? »

Je ris à gorge déployée et me redressai pour prendre mon oreiller afin de le taper avec. Il anticipa mon coup et, à la vitesse de la lumière, il sortit du lit, esquivant ainsi mon attaque.

« Tu triches. » M'insurgeais-je en essayant de repérer sa position dans la chambre. Il apparut finalement de mon côté du lit, se matérialisant de je-ne-sais-où et me piqua mon arme destructrice (l'oreiller) pour finalement me frapper avec une telle force que j'atterris par terre de l'autre côté.

« Oh merde ! » L'entendis-je jurer alors qu'il venait m'aider à me relever rapidement. « Pardon Bella. J'ai pas fait exprès, j'ai mal calculé ma force, je… »

Son visage reflétait l'affolement et une fois mon ahurissement passé, je poussais un cri de victoire et le frappai à mon tour de l'oreiller qui trônait encore au sol. Quand il me vit rire, il se détendit aussitôt. Il me lança un sourire diabolique et fonça sur moi en poussant un petit grognement de gorge. Je tentais une retraite stratégique mais il était finalement beaucoup trop rapide pour mes pauvres réflexes pathétiques.

Edward était beaucoup et de loin le plus rapide des vampires à qui j'avais eu à faire. Peut-être accepterait-il de s'entraîner avec moi. Lui, moi, sueur, tatami, contacts… Hummmmmm, petites images savoureuses…

« Tu m'as pris en traître. » Fit-il observer, l'air faussement outré, une fois que son corps eut emprisonner le mien au sol.

Je lui jetai un regard aguicheur.

« Je plaide coupable votre honneur. » Dis-je d'une voix que j'espérais très sensuelle.

Il commençait à prendre mon mamelon dans sa bouche divine et suça le téton durci. « Etes-vous prête à entendre le verdict de la cour ? »

« J'espère seulement être jugée avec impartialité et droiture. » Haletais-je sous ses coups de langue.

« Oh oui ! » Gloussa-t-il. « Ça tu peux y compter ! Je te promets que je m'évertuerai à exécuter ta peine avec un zèle très appliqué. »

Et c'était reparti pour un tour de Space Moutain… Et puis deux, trois, quatre. Non pas que faire l'amour avec Edward relevait de l'exploit olympique pour mon pauvre corps mais après mon quatrième voyage dans la stratosphère du plaisir, je déposai les armes et renonçai à une cinquième tentative (où alors, il aurait fallu que j'emprunte le corps de Steeve Austin, l'homme bionique). Evidemment, Edward ne ressentait ni la douleur, ni l'épuisement, ni même un sursaut de fatigue et je crois bien que je m'endormis alors qu'il était en train de prodiguer quelques attentions à mon clitoris sur le lit.

Je suppose que c'est pour cela qu'il affichait cette mine renfrognée lorsque je finis par me réveiller quelques heures plus tard. Une fille qui s'endort alors que vous êtes en train de faire des choses incroyablement érotiques à son vagin avec votre langue pourrait anéantir l'ego de n'importe quel mâle de la planète.

Je n'avais ouvert les yeux que très brièvement et les refermai rapidement, espérant gratter encore quelques heures de sommeil.

« Je sais que tu es réveillée. »

Merde. Grillée.

« Absolument pas. » Répliquais-je d'une voie rauque.

« Alors pourquoi tu réponds. » Je pouvais deviner le sourire dans sa voix.

« Je parle dans mon sommeil. » Marmonnais-je.

Je sentis son corps secoué d'un rire silencieux. « Tu ne parles pas dans ton sommeil Bella. Tu geins, tu cries, tu glousses, tu soupires mais je ne dirai pas que c'est parler. »

« Je ne geins pas !!! » M'offusquais-je.

« Tu fais des bruits incroyables avec ta bouche. » Je sursautai lorsque je sentis ses lèvres froides contre ma peau. « C'est fabuleusement chaud. »

Je soupirai. « Edward… Je n'arrive pas à croire que je suis sur le point de te dire ça mais… je suis fabuleusement fatiguée. » J'enterrai mon visage dans le moelleux de l'oreiller et gémis d'horreur. « Mon Dieu… C'est tellement cliché ! »

« Quoi donc ? » S'amusa-t-il tout en caressant mon dos de son doigt.

« Bin, disons que j'aurai très bien pu te dire 'non pas ce soir chéri, j'ai la migraine', ça aurait été pareil. C'est d'un banal. »

« J'aime la banalité. Surtout quand c'est avec toi. » Le matelas bougeait dans la manœuvre d'Edward pour me faire me poser sur lui. « J'ai tendance à oublier que tu n'es qu'une pauvre petite humaine fragile. »

« Je ne suis pas fragile. Je suis normale moi. » Répliquais-je, taquine.

Je le sentis se raidir tout à coup sous moi et me rendis compte presque aussitôt de ce que je venais de sortir. J'étais si bien dans ses bras, si détendue que j'en étais venue à faire des blagues sur nos conditions. Cependant, rappeler à Edward la sienne en sous-entendant que c'était lui qui ne relevait pas de la normalité, sachant parfaitement que la nostalgie de son humanité perdue était toujours présente chez lui, ne m'apparaissait pas comme l'idée la plus judicieuse que j'avais eu jusqu'alors.

« Pardon. Edward, je ne voulais pas… »

Il m'interrompit rapidement. « Je sais. »

« Je n'ai pas dit ça pour… » Insistais-je.

« Je sais Bella. Tu plaisantais. Je sais. »

« Mais tu l'as mal pris. »

Il soupira et se pinça l'arête du nez, visiblement concentré.

« J'essaie vraiment de faire abstraction de ce que je suis. C'est dur parce que quand je suis avec toi, des milliers de choses me rappellent que nous sommes différents. Je voudrais juste pouvoir t'aimer. Je voudrais pouvoir contrôler mon désir pour toi mais j'ai tout le temps envie de toi. Même quand tu dors j'ai envie de te sauter dessus. »

« Ah… Euh… » Balbutiais-je.

Allez. Courage Bella. Il n'y a que six voyelles dans l'alphabet. Plus quatre et tu les auras toutes.

« Je me sens comme un drogué quand je suis près de toi, j'ai besoin de me fondre en toi, de me sentir proche. Je voudrais tout savoir de toi, même les choses les plus insignifiantes. Je voudrais… Je voudrais ne plus à avoir à respirer un air qui n'est pas saturé par ta présence. Je suis fou je pense. »

Je posai mes deux mains sur sa poitrine et goûtai furtivement ses lèvres. « C'est exactement comme ça que je me sens Edward. »

« Sérieux ? »

J'hochai la tête. « J'aime parler avec toi, te découvrir, j'adore quand tu me parles de ce que tu ressens, quand tu ris en me racontant des histoires sur ta famille, ta vie est passionnante Edward et plus j'en découvre et plus je t'aime. Et mon corps… Mon corps sait à qui il appartient. »

Les yeux d'Edward s'assombrirent et le désir soudain que je pus lire dans son regard me fit frissonner. Bien que la fatigue était présente dans chaque fibre de mon être, cette perspective était secondaire. Seul comptait à présent le feu qui s'insinuait dans mes veines et qui semblait ramené mon corps à la vie. Seule la présence d'Edward, son souffle sur ma peau, le moindre mouvement perceptible contre moi, le resserrement infime de ses doigts autour de ma hanche avait ce pouvoir. Il me possédait. Ses pupilles ambrées étaient dilatées, son regard sur mon corps qui me jaugeait, perdu entre la convoitise et la raison, m'informait du dilemme qui faisait rage en lui. Il hésitait dans la douleur.

Je décidai de choisir pour lui et le saisit par la nuque pour lui offrir un baiser dans lequel j'y mettais tout mon désir ardent. Il gémit.

« Tu devrais te reposer. » Soupira-t-il, absolument pas convaincu de ce qu'il disait.

« J'ai tout le temps de me reposer dans la semaine. Je ne veux pas perdre une seule minute où je pourrai être près de toi. »

Lentement, il fit glisser ses mains sur mes cuisses afin de les écarter et me pénétra dans un gémissement. Il plongea sa tête dans mon cou, léchant la veine qui palpitait au rythme de mon cœur affolé. Il prit son temps. M'exigeant, me ravissant, me revendiquant, imprimant sa marque au plus profond de moi-même. Je basculais ma tête en arrière en lui offrant plus de surface à lécher. Il grognait. Luttait-il comme moi pour ne pas sombrer au désir de ses dents déchiquetant ma peau ? Fantasmait-il comme moi sur mon sang coulant dans sa gorge ?

Je pouvais l'avouer sans honte ni remords maintenant que j'étais plongée dans le havre du plaisir, j'avais le désir secret que son corps abrite une partie de moi tout comme mon corps accueillait une partie de lui. Je voulais tout lui donner.

« Tu sens si bon Bella. Je… Je ne peux pas… Je… Je ne pourrais jamais te faire de mal. Dis-moi que tu me crois. Dis-le moi. Dis-le moi… »

« Tu ne me ferais jamais de mal Edward. Tu ne… Oh mon Dieu !… Tu ne me fais que du bien. »

Il gémit et d'un coup de bassin, il me ramena sur lui de manière à ce que je le chevauche. Je basculais la tête en arrière. Mes cheveux vinrent lécher le bas de mon ventre tandis que sa main enserrait ma gorge imperceptiblement et que son sexe me remplissait.

« Regarde-moi mon amour ! Regarde-moi ! » Obéissante, je baissais mon visage jusqu'à atteindre ses yeux. « Je t'aime. »

Ma bouche chercha sa main posée sur ma joue et je déposais un baiser au creux de sa paume.

« Je suis à toi. » Murmurais-je. « Edward… Oh mon Dieu! Edward. Je vais venir... Je… Tu… »

Edward grogna et ferma les yeux, perdu dans son propre plaisir. « Laisse-toi aller. Je veux te sentir sur moi. Je veux te sentir partout sur moi. »

Le mélange de sa voix et de son toucher sur mon clitoris eut raison de moi et un cri résonna dans la chambre. Plongée dans mon orgasme que seul Edward avait le pouvoir de déclancher si violemment, je ne me rendis pas compte tout de suite que c'est moi qui hurlais ainsi. J'étais certaine que le pauvre gars dans le coma à l'hôpital situé à une dizaine de kilomètre de là m'avait entendu et s'était réveillé. Je posais une main sur ma bouche et ne pus m'empêcher de rire. J'espérais que la réception de l'hôtel n'avait pas prévenu le GIGN.

Mes rires diminuèrent sous la caresse qu'Edward me prodiguait et je m'endormis à nouveau.

Lorsque que je me réveillai, je sentis immédiatement le vide laissé par Edward dans le lit. Un fugace sentiment de peur s'insinua en moi presque aussitôt balayé par le soulagement du bruit de la douche dans la salle de bain.

Tandis que je pesais le pour et le contre pour savoir si oui ou non il serait judicieux de l'y rejoindre (Envie continuelle de lui Vs Courbatures et autres douleurs corporelles), mon dilemme fut tranché par le bip lumineux de mon téléphone qui indiquait un appel en absence.

Récapitulatif : 6 appels en absence. 4 messages sur ma boite vocale. Tous de Jacob.

Rappelle-moi. C'est urgent.

Bella. Décroche ton téléphone ou rappelle-moi.

Arrête de batifoler comme une ado, je te signale qu'on a plus urgent à faire. Rappelle-moi.

C'est ENCORE moi. Bon puisque que tu as décidé de ne pas me rappeler, JE te rappelle que Rachel arrive ce soir et j'espère que tu nous éclaireras de ta présence à moins que tu ne sois trop occupée à lécher les amygdales de quelqu'un en reléguant ainsi ta famille au second plan. Donc, si tu trouves le temps, rappelle-moi ou appelle à la maison.

Je fulminais. Quel con, mais quel con !!! Je vais t'en lécher moi des amygdales. Je vais te les arracher et te les faire bouffer au petit-déj ouais.

Je rappelai Jacob avec la fumée sortant de mes narines, furieuse, et n'attendis pas longtemps avant que ce dernier ne décroche.

« Ahhhh, enfin, je pensais que… » Commença-t-il d'un ton joyeux.

Je ne lui laissais pas le temps de continuer et vociférais dans le combiné.

« Comment ça je relègue ma famille au second plan ? T'es gonflé quand même. Et pour ta gouverne, ce que je fais de mon cul ne te regarde pas. Je lèche les amygdales de qui je veux, quand je veux, où je veux et tu n…. »

« Respire frangine, tu vas nous faire une syncope. C'est trop facile. » Pouffa-t-il.

« Parce qu'en plus, ça te fait rire. » Demandais-je choquée.

« Je savais qu'au moment où tu lirais mon message, je n'aurai pas à attendre trois plombes que tu me rappelles hi hi hi. »

Evidemment, Jacob me connaissait comme s'il m'avait fait. En me laissant un tel message, il avait parfaitement deviné ma réaction. Il se doutait bien qu'après m'avoir fait enrager, je n'allais pas attendre que ma fureur redescende avant de pouvoir déverser ma colère sur lui plus tard. La provocation marchait plutôt bien avec moi. Trop bien même.

« Tu n'es qu'un rat sournois et perfide. » Grognais-je.

« Moi aussi je t'aime. Bref. Je vais chercher Rachel à l'aéroport, tu veux venir avec moi ? »

« Bien sûr. A quelle heure ? » Demandais-je tout en jetant un œil à l'heure qu'il était.

« L'avion atterrit à 18h35, ça nous fait partir de la maison vers 17h30. »

Il me restait quatre heures et demie à profiter d'Edward. Un peu plus de quatre heures avant une séparation de plusieurs jours. Jusqu'à la signature du traité.

«D'accord. » Répondis-je vivement, désireuse de profiter du temps qui m'était imparti. « A toute à l'heure alors. »

Mais Jacob ne sembla pas être pressé.

« Bella ? » M'interpella-t-il.

« Ouais. »

« Si tu pouvais rentrer un peu plus tôt, il y a quelque chose dont il faut que je te parle. »

« Tu peux me le dire tout de suite Jake. » M'agaçais-je.

« Non, je préfère pas au téléphone. »

Je soupirai. « Tu fais des mystères maintenant ? Génial. Bien, comme tu veux mais je te préviens que si c'est encore pour me donner ton sermon fraternaliste sur les champignons et la syphilis… »

Jacob me coupa. « Ça n'a rien à voir. » Assura-t-il.

Sa réponse vague ne me satisfaisait pas et j'allais répliquer quand, soudain, j'aperçus l'objet de mes désirs apparaître dans la pièce. Des particules d'eau parsemaient son torse fin et glissaient sur sa peau pour venir s'échouer sur le haut de son jean. Je fus aussitôt renfrognée en le voyant ainsi, à demi vêtu, mais j'admis que même comme ça, il ressemblait à la tentation incarnée.

« Frangine ? Alloooooo. Tu m'écoutes quand je parle ? » Beugla tout à coup Jacob.

« Hein ? » Répliquais-je, rouge comme une tomate tandis qu'Edward souriait en me narguant.

« Tu as entendu ce que je viens de dire ? » S'énerva Jacob.

Edward mit soudainement son doigt dans sa bouche et traça une ligne imaginaire qui partait de sa poitrine à la braguette de son jean. Je déglutis péniblement.

« Quoi ? Heu… Oui… Non. » Bredouillais-je, complètement hypnotisée.

Je crois que je m'enfonçais encore plus.

Jacob grogna dans le téléphone. « Ok, laisse tomber. Je devine que cette déconnexion momentanée est due à la présence de… l'autre. »

« Pas du tout. » Dis-je rapidement.

« Je le savais. » Bougonna-t-il.

« Ok Jacob, je vais raccrocher maintenant. »

« Dis-lui que si il joue au con avec toi, je le buterai moi-même. »

Je roulais des yeux. « C'est ça. A plus. »

Je raccrochais et lançais un regard désolé à Edward. Celui-ci vint se poser dans le lit et me fit reposer sur sa poitrine.

« Il semble que ton frère ne me porte pas dans son cœur. »

Je frottai ma joue contre son torse et respirai son odeur. « Il n'est pas habitué à ce que je prenne une relation au sérieux. J'ai bousculé son petit monde. » Je gloussais intérieurement et ajoutais « …Petit monde dans lequel, je suis vierge, obéissante et absolument pas délurée. »

« Il t'aime et essaie de te protéger. J'ai l'impression d'avoir trouver l'alter ego d'Alice et de Rosalie. »

Je fronçai les sourcils. « Comment ça ? »

« Alice est heureuse pour moi mais elle a des réserves. Elle a peur que je souffre aussi. »

« Et Rosalie ? » Demandais-je bien que déjà, la seule idée que sa sœur me considère comme une source de souffrance pour Edward me contrariait.

« Rosalie désapprouve. Elle est assez maladroite dans ses… propos mais ses motivations sont louables. Elle ne fait pas dans la dentelle et n'a absolument pas de tact. » S'amusa-t-il.

« En gros, elle me déteste. » Résumais-je, plus sèche que je ne l'aurai voulu.

« Non. Rosalie aime bien se poser en martyr. Tu lui as donné une bonne occasion pour faire ce qu'elle adore faire : protester et sermonner. Ça la détend et la divertit. »

Je me redressai en position assise. « Ravie d'apprendre que j'amuse toute la famille. »

« Tu te trompes. » Commença Edward en suivant mon mouvement et en me prenant entre ses bras. « Ce qui se passe n'a rien d'amusant. Toi et moi souffrons de la situation, ma famille aussi. J'ai choisi de risquer leur sécurité pour être avec toi. Jamais je n'aurai pu faire une chose pareille. Pour personne. Si ton clan apprend pour toi et moi, nous pouvons dire adieu au traité. Et c'est primordial pour notre sûreté. Il y a trop de variables. Et Alice ne peut rien voir puisque qu'elle ne peut explorer l'avenir en présence des loups. Tout cela crée des tensions. Nous ne les prenons pas à la légère mais nous préférons minimiser l'impact sur nos émotions. »

Je pouvais imaginer à quel point tout le monde pouvait être sur les nerfs. Après tout, ils ne me connaissaient pas. J'étais une étrangère. Sur une situation aussi délicate, comment pourraient-ils me faire confiance ?

« Oui. » Répondis-je en essayant de me décrisper. « Je me doute que si ta sœur ne peut pas voir ce qu'il va se passer, ça vous met d'autant plus à cran. »

« Nous sommes habitués à nous reposer sur ses visions. Inutile de te dire dans quel état de frustration elle est. »

« Est-ce que… Est-ce que Alice nous a déjà… vu ? » Demandais-je d'une toute petite voix.

« Oui. Je parle avec elle. De toi. »

Je fermai les yeux et ressentis une profonde tristesse m'envahir. « Je ne parle avec personne de toi. J'aimerai pouvoir le faire avec Léah ou Emily. Parfois ça me bouffe de l'intérieur. Mais… » Je reposais ma tête contre son épaule. « Je me dis que ça en vaut la peine. »

« J'aime que tu aies assez confiance en moi pour me raconter ce que tu ressens. Même si ça risque de me briser le cœur. D'ailleurs…»

Il hésita un peu, cherchant ses mots puis reprit.

« Alice a eu une vision de toi quand tu étais à Calgary. Tu regardais une peinture… 'La femme sans reflet'…. Ton expression était si… triste. Tu semblais si perdue, si accablée. Troublée. Pourquoi ? »

« Je ne sais pas. » Répondis-je en me sentant étrangement mal à l'aise en y repensant. « J'ai ressenti une euphorie puis la seconde d'après, j'avais envie de me mettre à pleurer. Je suis trop sensible à l'expression artistique. Esmée est trop bonne artiste je suppose. »

« Ce n'est pas Esmée. » Dit-il au bout de quelques secondes. « C'est moi. »

« C'est toi ? » Répétais-je abasourdie. « C'est toi qui peint ? »

Mais bon sang, bien sûr. Les initiales sur le tableau. E.C… Ce n'était pas Esmée Cullen mais Edward Cullen.

« Oui. Je mets essentiellement en scène, dans mes peintures, ma famille. (Ça fait moins lourd)Il m'arrive de dessiner des paysages mais tout ressort, à chaque fois, plus ou moins sombre et désabusé. »

« Alors… Cette femme… sur le tableau, c'est… »

« Alice. J'adore peindre Alice. »

« C'est tellement… Tes peintures… elles sont mélancoliques mais elles sont tellement belles Edward. Pourquoi est-ce Esmée qui en est l'artiste reconnue ? »

« Il nous est plus facile de faire croire que ces œuvres proviennent de ma mère. C'est elle qui m'a poussé à exposer et elle est plus à l'aise avec les humains. Elle est sociable et discrète. Fréquenter des humains m'était… difficile. Déjà que je prenais sur moi sur le campus… J'étais un peu trop froid et agressif. » Il marqua une pause. « …Jusqu'à ce que je te rencontre… »

Je lui rendis son sourire. « J'ai maté le schtroumpf grognon en toi ? Il y a encore du boulot pourtant. »

Edward gloussa puis reprit son sérieux, fixant un point imaginaire sur le mur.

« Tu as réveillée des choses en moi Bella. Des choses dont je ne me serais jamais cru capable d'éprouver. Mes peintures ne sont plus le reflet de mon obscurité, de ma souffrance ou celles des autres. Tu m'as transformé. »

J'étais trop émue pour pouvoir dire quoi que ce soit pendant plusieurs minutes. Puisque que nous avions atteint ce point de non-retour dans ce que nous ressentions l'un pour l'autre, autant avouer tout haut ce que mon cœur exultait. Je n'avais pas envie qu'Edward pense que mes sentiments pour lui n'étaient pas aussi forts que les siens mais je n'allais pas me confier à lui seulement pour combler ses insécurités. J'allais le faire parce j'avais besoin de mettre des mots sur ce qu'il était, j'avais besoin qu'il sache.

Je me tournai vers lui mais fus incapable de soutenir son regard. Je me contentai de glisser mes jambes de chaque côté de ses hanches et de poser mon visage au creux de son cou.

« Toi aussi Edward, tu m'as changé. » Dis-je contre sa peau. « Tu m'as montré que j'étais capable d'amour. Tu m'as bouleversé, tu as ébranlé ma forteresse de solitude. Tu m'as fait comprendre qu'il faut prendre des risques, tu me fais me sentir… vivante.» Je le fixai droit dans les yeux avec détermination, en essayant de contrôler les battements frénétiques de mon cœur et continuai sur ma lancée tant que j'en trouvais le courage. « Je veux seulement que tu saches que même s'il ne restait de toi… que ton sourire… et que ton petit doigt, tu resterais pour moi le seul homme digne de ce nom.(1) »

Il posa sa main sur la mienne et la porta à ses lèvres. Il sourit.

« Ça c'est parce que tu sais comment je peux me servir de mon petit doigt... » (1)

Je souris à mon tour tandis qu'il me serrait contre lui aussi hermétiquement que possible. Je m'accrochai à lui comme une moule à son rocher et inspirai. « Je t'aime. »

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A suivre...

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(1) Réplique tirée de Casino Royale.

Note de l'auteure :

Dans le livre, Jacob a deux grandes soeurs qui sont jumelles : Rebecca et Rachel. Rebecca est mariée et vit à Hawaï. Quant à Rachel, vous pourrez en savoir plus au prochain chapitre...

N/A 2 :

Il n'y a pas que Bella qui est fatiguée. J'ai au moins 36 h de sommeil en retard.

Je vais essayer d'accélérer le mouvement pour le chapitre 14. Je profite d'un (rare) moment de solitude où Jules n'est pas dans mes pattes lol.