Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, excepté Diane.
Résumé: Et si Drina avait eu une fille de Damen, dont elle avait caché l'existence? Comment Damen réagirait-il en la rencontrant? Et Roman?
Note: si vous n'avez rien contre les OC et que vous appréciez Roman, cette fic est pour vous.
Note 2: Un peu avant la sortie du tome 4 de éternels, j'ai rêvé que Roman me serrait dans ses bras, c'était cool!
Le chemin doré
Chapitre treize
-Drina.
Ce nom me fait l'effet d'une douche froide. Je recule vivement.
-Qui est Drina?
Je me comporte comme une petite amie jalouse et possessive alors que nous ne sommes pas encore vraiment ensemble, Roman et moi, mais je m'en fiche.
Roman tressaille lorsque je lui pose la question.
-Je te demande pardon?
Je sens la colère monter en moi.
-C'est moi qui devrais te poser cette question, je réplique sèchement.
Roman semble sincèrement égaré.
-Pourquoi me parles tu de Drina?
Je me retiens pour ne pas le gifler.
-Tu te fiches de moi? C'est toi qui m'as appelée Drina.
Roman me regarde d'un air horrifié.
-C'est vrai?
-Oui, dis-je sur un ton glacial.
Il semble réaliser son erreur. Son énorme erreur.
-Je ne m'en suis pas rendu compte.
Je devrais me dire qu'il ne l'a pas fait intentionnellement, qu'il n'a pas voulu me blesser mais le fait est qu'il pensait à une autre femme que moi. C'est plus difficile à admettre que je ne l'aurais cru.
-Ok. Je m'en vais, je déclare.
Sur ces mots, je récupère mes affaires, ma serviette et commence à m'éloigner.
-Diane, attends!
Je voudrais l'ignorer mais malgré moi, je m'arrête. Roman me rattrape.
-Je suis sincèrement désolé.
Il semble sincère. J'ai presque l'impression qu'il tient vraiment à moi et que je ne suis pas le substitut de cette Drina. Le masque du garçon séducteur et moqueur est tombé, laissant place à un visage qui semble sincèrement épris. Mais peut-être est ce aussi de la comédie.
-Je ne veux pas te faire de mal. Je comprendrais que tu ne veuilles plus me parler mais je ferais n'importe quoi pour m'amender. Tout ce que tu voudras.
Je le regarde un instant en silence avant de répondre.
-Fiche moi la paix.
La douleur dans le regard de Roman s'agrandit. Elle rend ses yeux violets encore plus beaux. Puis il capitule et hoche la tête.
-Comme tu voudras, soupire-t-il.
Il reste immobile. Je lui tourne le dos et m'éloigne. Je ne regarde pas en arrière et pourtant, je sais qu'il est là, à me regarder partir. Lorsque je quitte la plage, je me risque à regarder dans sa direction et il est toujours au même endroit. Il s'assied et cache son visage dans ses mains, comme un enfant abandonné. Mon instinct me pousse à courir le retrouver et le réconforter mais je tiens bon. Je monte dans ma voiture et démarre. Je ravale mes larmes, qui m'aveugleraient et m'obligeraient à m'arrêter, alors que je n'ai qu'une envie, rentrer chez moi. Tout au long du trajet, le visage de Roman ne cesse de revenir sous mes yeux. Je réalise alors que je suis vraiment tombée amoureuse. D'un homme qui en aime une autre et qui ne voit qu'elle en moi, pour des raisons que j'ignore.
Quand je me gare devant ma maison, j'ai la surprise de découvrir quelqu'un assis devant ma porte. Je descends. Il s'agit d'Ever.
-Salut, dis-je. Qu'est ce que tu fais là?
Elle se lève et m'adresse un sourire.
-Je suis venue t'apporter les cours.
-Oh. C'est gentil. Je ne voudrais pas abuser de ta gentillesse.
Ever sourit de nouveau.
-Ne t'inquiète pas. J'avais l'habitude de sécher les cours, quand j'ai commencé à fréquenter Damen.
-Oh.
J'avais besoin d'être seule mais pourtant, j'étais contente de voir Ever. Après tout, si elle était bien ma mère, il serait naturel que je me confie à elle. J'ouvris la porte d'entrée et m'effaçai pour la laisser passer.
-Entre, je t'en prie.
-Merci.
Elle s'aventure à l'intérieur et je referme la porte derrière moi. Elle regarde autour d'elle.
-C'est...grand.
Sa remarque m'amuse.
-Presque autant que chez toi.
Ever se tourne vers moi.
-Oui mais toi, tu vis seule.
Je hoche la tête.
-C'est vrai. Mais quand on a les moyens, pourquoi se priver?
Ever acquiesce d'un signe de tête.
-C'est vrai. Damen est comme toi.
Je songe à l'expression « tel père, telle fille » mais je la garde pour moi. Je l'invite à s'asseoir dans le salon.
-Tu veux manger quelque chose? Oh, j'ai oublié. Tu ne manges pas beaucoup.
C'est une manière polie de dire qu'elle ne mange rien.
-Je veux bien quelque chose à boire, me dit Ever poliment.
Si manger semble être une épreuve pour elle, peut-être que boire est différent.
-Que veux tu? Jus d'orange, coca, lait chocolaté, milkshake?
-Je veux bien un coca.
-C'est comme si c'était fait.
Je me rends dans la cuisine et reviens peu de temps après, un grand verre de coca à la main, que je pose sur la table devant elle.
-Merci, dit Ever.
-Merci à toi. Tu m'as rapporté mes devoirs et puis ta visite me fait plaisir.
Ever avale une gorgée de coca avant de reprendre la conversation.
-C'est Roman qui t'a incité à sécher, n'est ce pas.
Entendre son nom ravive ma douleur.
-Oui, dis-je en détournant le regard.
Mon visage s'est sans doute fermé car Ever se rend compte de ma tristesse.
-Il s'est passé quelque chose, avec Roman? Tu n'as pas l'air très bien.
Je lui adresse un pauvre sourire.
-Cela se voit tant que ça?
-Un petit peu. Tu donnes bien le change mais pas tant que ça.
Je laisse échapper un sanglot. Ever m'attire contre elle. Nous restons un moment ainsi, blotties l'une contre l'autre. Sa chaleur me réchauffe et ses petits doigts caressent mes cheveux. Je sanglote le plus silencieusement possible.
-Je suppose que cela ne te surprend pas, que Roman m'ait blessée. Tu n'as pas une très bonne opinion de lui, dis-je lorsque mes sanglots cessent enfin.
Ever s'écarte de moi et m'observe.
-Je ne pensais pas qu'il te ferait du mal, à toi.
-En fait, il ne l'a pas vraiment fait exprès.
Ever me regarde d'un air intrigué.
-Que s'est-il passé?
Je lui raconte que nous sommes allés à la plage, que je lui ai fait comprendre ce que je ressentais et qu'au moment de m'embrasser, il m'a appelée Drina. Ever tressaille à ce nom.
-Drina? Répète-t-elle.
Je hoche la tête.
-Oui.
Elle me regarde d'un air impassible. Elle semble hésiter à me poser une question. Finalement, elle se lance.
-Est ce que tu sais qui est Drina?
-Absolument pas.
Quelque chose dans son regard me montre qu'elle s'attendait à ce que la réponse soit oui et elle semble surprise de ma sincérité.
-Tu la connais?
Ever hoche la tête.
-Oui. Crois moi, moins tu en sauras sur elle, mieux ce sera. Je peux toutefois te dire une chose. Roman était fou amoureux d'elle, si on peut appeler ça de l'amour. Cela ressemblait plutôt à de la vénération pour un objet inaccessible.
-Ce qui veut dire que c'était à sens unique.
Ever acquiesce de nouveau.
-Exactement. Excepté Drina, Roman n'a jamais pu aimer qui que ce soit, j'en suis certaine.
Je médite un instant ces paroles.
-C'est triste, dis-je finalement.
-Oui. Même si j'ai du mal à compatir, après ce qu'il nous as fait, à Damen et à moi.
Je fronce les sourcils.
-Que t'a-t-il fait?
Ever hésite, elle semble chercher ses mots.
-Il a ligué tout le lycée contre moi, à son arrivée. Et Damen a failli mourir à cause de lui.
Je la regarde d'un air horrifié.
-Ce n'est pas possible.
Ever hoche tristement la tête.
-Si.
Je me souviens de la souffrance que j'ai lu sur le visage tout à l'heure, de la façon dont il s'est recroquevillé par terre comme un enfant qui souffre. J'ai du mal à l'imaginer en dangereux marionnettiste. Pourtant, il a déjà agi ainsi avec Stacia.
-Comment fait-il?
J'ai posé la question en maîtrisant les tremblements de ma voix.
-Pour manipuler tous ceux qui l'entourent?
-Oui, et pour avoir blessé Damen gravement.
Ever sourit avec tristesse.
-Damen et moi ne sommes pas les seuls à avoir des ...talents.
-Oh.
Ever se lève.
-Bon, je dois y aller. J'ai un exposé à préparer.
-D'accord.
Je me lève pour la raccompagner.
-Merci d'être venue, Ever.
Elle me regarde avec inquiétude.
-Est ce que ça va aller, toute seule?
Je réussis à lui sourire.
-Oui. Ne t'en fais pas.
-Tu es sûre?
-Crois moi. Être seule me permettra de faire le point.
Ever sourit.
-D'accord. N'hésite pas à m'appeler.
Je referme la porte derrière elle et comme je porte encore mon maillot de bain sous mes vêtements, je cours piquer une tête dans la piscine. Je reste sous l'eau. Le silence m'aide à retrouver mon calme mais toutes mes pensées sont concentrées sur Roman. Je suis bouleversée par ce qu'Ever m'a dit. Il a fait du mal autour de lui. Pourtant, au lieu de le détester, j'ai envie de comprendre pourquoi. Damen et moi ne sommes pas les seuls à avoir des talents. Je repasse cette phrase en boucle dans mon esprit, jusque à ce que j'en mesure la portée. Si Damen, Ever et Roman sont pareils, alors cela signifie que...Je dois trouver des réponses à mes questions, tout de suite. Avoir la confirmation de ce que j'ai déjà compris. Cependant, je suis encore trop ébranlée pour retourner voir Roman et lui poser des questions. Je suis encore blessée par le fait qu'il ait prononcé le nom de la seule femme qu'il ait jamais aimée. Ce n'est pas grave. Je sais où trouver des réponses à mes questions.
Je ferme les yeux, fais le vide dans ma tête. J'y parviens, malgré mon trouble. Mon séjour à la montagne m'a appris à contrôler mes émotions et le fait de me retrouver sous l'eau contribue à m'apaiser. J'ouvre les yeux et, sans remonter à la surface, je matérialise un voile de lumière dorée. Le portail pour l'été perpétuel. Je le traverse et alors que j'étais sous l'eau, je me retrouve au sec, assise dans la prairie qui est aussi magnifique que dans mon souvenir. Les fleurs chatouillent agréablement ma peau nue. En effet, je suis encore en maillot de bain.
-Tu as un corps de rêve mais à ta place, je n'oserais pas me mettre en maillot de bain avec une peau aussi blanche, me dit une voix féminine.
Je me retourne et vois Riley. Une couronne de fleurs bleues orne ses cheveux blonds.
-Salut, Riley.
La jeune fille esquisse un sourire.
-Salut, Diane. Moi non plus, je n'ai pas oublié ton nom.
Je lui rends son sourire. La voir me suffit à me rendre ma bonne humeur.
-Je peux te poser une question? Me demande-t-elle.
Je suis surprise que cette petite chipie très curieuse me demande la permission.
-Vas y.
Elle me regarde de la tête aux pieds.
-Tu t'apprêtais à faire apparaître une plage? Pourtant, tu es à Laguna Beach, non? La plage n'est pas assez bien pour toi, là bas?
Je secoue la tête.
-Non.
Riley fronce les sourcils.
-Alors que fais tu dans cette tenue? Tu es venue me narguer avec les seins que je n'aurai jamais?
J'étouffe un rire tandis qu'elle croise les bras sur sa poitrine plate en me fusillant du regard.
-Non. J'étais dans ma piscine quand j'ai décidé d'aller dans l'été perpétuel. Mais je vais opter pour une tenue plus appropriée, si tu préfères.
Riley cesse de bouder et me sourit.
-Laisse moi faire.
En un clin d'oeil, je me retrouve enveloppée de tissu fin et léger.
-Merci, dis-je.
Le sourire de Riley s'élargit.
-Attends d'avoir vu à quoi tu ressembles, avant de me remercier.
Sur ces mots, elle fait apparaître un miroir.
-Regarde, m'ordonne-t-elle.
Je suis vêtue d'une longue jupe blanche vaporeuse et d'un corsage blanc imprimé à fleurs aux manches ballons. Une couronne de fleurs blanches et rouges orne mes cheveux noirs.
-Alors? S'enquiert Riley.
Je lui souris.
-Je ressemble à une princesse des champs.
-Pas n'importe laquelle.
Devant mon air perplexe, Riley pousse un soupir exaspéré.
-Blanche neige, bien sûr! Elle devait s'habiller ainsi, quand elle vivait dans les bois avec les nains.
-Aaaah! Je m'exclame.
Riley secoue la tête en soupirant de plus belle.
-Tu es longue à la détente.
Je soupire à mon tour.
-Tu as raison.
Elle hausse les sourcils devant mon air désabusé.
-J'ai toujours raison. Mais j'aimerais bien savoir pourquoi, cette fois ci.
Nous nous asseyons au milieu des fleurs et je lui parle de Roman. Je lui parle des sentiments que j'ai pour lui, de la peine qu'il m'a causé et de tous les éléments à son sujet qui auraient du me mettre la puce à l'oreille sur ce qu'il est vraiment. Quand j'ai terminé, Riley se redresse et cueille une fleur dont elle caresse les pétales d'un air songeur avant qu'elle devienne translucide et disparaisse.
-Je connais Roman, dit-elle finalement.
Je la regarde d'un air surpris, puis je me rappelle qu'elle connait aussi Damen.
-Je ne le connais pas personnellement mais je l'ai beaucoup observé. Il fait du mal aux gens que j'aime mais je ne peux pas m'empêcher de le trouver sympathique.
Je hausse les sourcils.
-Ah oui?
-Il est drôle et en plus, il est super mignon.
Sur ce point, je ne peux pas lui donner tort.
-Ton petit ami ne serait pas très content s'il t'entendait.
Riley rosit.
-Bodhi n'est pas mon petit ami!
Je lui adresse un sourire moqueur.
-Alors comment sais tu que je parle de lui? Pourquoi n'est-il pas avec toi, d'ailleurs?
Riley rosit de plus belle.
-Nous ne sommes pas des siamois. De plus, je suis en vacances. Tu veux que je t'accompagne au temple?
-Avec plaisir.
Riley sourit.
-Alors allons y.
Nous montons sur des chevaux et quittons la prairie pour retourner en ville et retrouver le temple. Encore une fois, je suis la seule à pouvoir entrer. À l'intérieur, le décor a changé. Il n'y a plus de bassin, plus de fontaine. Je suis dans une pièce carrée tapissée de miroir. Je m'aperçois que tous ces miroirs ne me renvoient pas mon reflet, ce qui me donne la chair de poule. Tous, sauf un. Rassurée, je m'en approche, sachant que c'est ce miroir qui me donnera les réponses que je cherche.
J'ai besoin d'en savoir plus sur Roman. Est-il...ce que je pense?
Mon reflet laisse place à plusieurs images différentes. Je vois un petit garçon aux boucles blondes et aux grands yeux pervenches, malingre, qui vit dans une église avec d'autres orphelins. Il semble malmené par eux, malgré ses tentatives pour s'intégrer. Cette scène a lieu il y a plusieurs siècles. L'image change et je vois cet enfant grandir, traverser les époques et devenir de plus en plus beau, fort et arrogant. Il ressemble de plus en plus au Roman que je connais. Il semble s'endurcir et plus il se fait aimer, aduler, moins il est capable de rendre la pareille. Nulle part je ne vois Drina, la femme qu'il a aimée et qu'il aime toujours. Cela me rassure car malgré ma curiosité, cela aurait aiguisé ma jalousie et m'aurait blessée.
Mon reflet réapparaît. Roman est riche, beau et doté de dons hors du commun. Il a traversé les époques sans vieillir. Lui et moi, nous sommes pareils. Nous sommes immortels.
