The scene, cadeau de la Reine des Sadiques :D ^^


Chapitre 13 : perturbations
Amy POV


La journée du mardi fut extrêmement longue. La chimie, l'histoire et même l'espagnol n'avaient pas réussi à me faire oublier la soirée à venir: ma soirée avec Jacob.

Tout ça pour pouvoir échapper au sport sans musique.

Adriel était repartit vers Seattle, sans oser me dire qu'il y allait pour une fille. Il ne pouvait donc pas me servir d'excuse pour échapper au diner.

J'avais passé ma pause du midi à la cafet'... Adriel s'était assuré, auprès de Bella, que je passe mes pauses à la cantine. J'étais donc entre elle et Alice Cullen. À la table des Cullen... Bien sûr !

Au moins, je n'étais pas avec les « Quilleutes ».

Je pense que mon frère avait quitté la ville sans vraiment savoir dans quelles circonstances mes « amis » avaient découvert mon petit secret, parce que sinon, il aurait tout fait pour pas que je m'approche d'eux.

Et j'étais vraiment gênée à cette table. Avec cette histoire de vampire qu'ils semblaient prendre à cœur... Sont graves quand même...

Le sons de mes cris suraigus et pitoyables du weekend raisonnaient encore à mes oreilles. J'aurais donné cher pour m'enfoncer dans un trou. Et encore plus cher pour remonter le temps et garder mon secret...

J'aurais préféré manger à la table des joueurs d'échecs... même si j'ai jamais vraiment réussi à y jouer.

Bref, tout ça pour dire que le resto avec Jacob, ça me faisait vraiment flipper.

J'étais déjà allée au resto avec des gens. Et même avec des gens qui ignoraient que je ne voyais rien. Mais je n'y étais jamais allée avec un homme à qui je plaisais et qui passait son temps à m'espionner, pour voir comment je me démerdais sans mes yeux.

Il pensait que je ne le savais pas... toujours à douter de moi...

Bon, d'un autre côté, je n'étais pas vraiment contre le baiser que je lui avais promis en fin de soirée, surtout après l'avant goût que j'avais eu la veille.

Je ne saurais l'expliquer, mais j'étais particulièrement attirée par lui. Même si je me sentais toujours incroyablement inférieure à lui, et j'aimais pas ça.

Bizarrement, la journée avait quand même finit par s'écouler et je me dirigeais vers le parking. Il était 16 heures et dans trois heures, Jacob serait derrière ma porte à attendre que je lui ouvre... Brrrr!

En revanche, pas de taxi sur le parking. Il se mettait toujours à la même place, toujours le moteur tournant, et là... rien!

Alors que je commençais à râler, deux mains se posèrent sur mes hanches et un torse s'appuya sur mon dos. L'odeur de Jacob emplit mes narines.

- « Mon taxi n'est pas là... » Confiais-je d'une voix lasse.
- « Je sais... je l'ai décommandé... » Il avait chuchoté, le visage dans mes cheveux, comme s'il avait eu honte... Et il y avait de quoi!
Je chaussais mes lunettes de soleil et me retournais vivement, toujours dans ses bras.

J'aimais pas lui faire face, en étant proche. Depuis qu'il savait pour ma vue, il faisait attention à tout. Et savoir qu'il fixait mes yeux égarés me foutait en rogne.

- « T'as fait quoi? »
- « Chuuut. Il posa son index sur mes lèvres, qui s'entrouvrirent à son contact. Je viens te chercher dans trois heures... alors autant faire des économies de carburant et aller directement chez toi, c'est meilleur pour la planète. Et comme ça, on se fera un film, ou un jeu... ou un truc quoi... Ce que tu fais quand t'as du temps libre – c'était vraiment mignon de le voir galérer avec mes loisirs... comme si je pouvais voir de films... - et à 19 heures, on décolle pour le restaurant. T'en dis quoi? »

- « Nan, pas possible... trois heures, c'est déjà trop court, j'aurai limite le temps pour faire mon brushing, alors si en plus tu me tournes autour... » J'essayais de garder mon sérieux... Comme si moi j'allais me faire un brushing pendant 3 heures...

Et sans plus de détails, je me dirigeai vers sa moto. Lui laissant comprendre que je me foutais de sa gueule...

Jacob POV...

Le retour à moto avait été très plaisant. Ses mains sur mes hanches m'avaient conduit à quelques écarts, mais pas assez pour nous mettre en danger.

J'avais roulé jusqu'à son appart, et le chemin n'était pas sans me rappeler la route prise l'avant-veille, pour m'excuser de notre comportement à la Push, et surtout, pour pouvoir lui parler. Qu'elle m'explique, posément.

Nous n'avions pas vraiment eu de discussion au sujet de ... d'elle. Pourquoi est-ce qu'elle cachait son handicap à tout le monde au lieu de l'assumer? (Surtout qu'elle avait assez de caractère pour se balader dans un couloir avec une canne blanche en gardant le menton bien haut!) Plus important, comment faisait-elle pour se déplacer sans canne blanche? Pourquoi mettait-elle ses lunettes à chaque fois qu'elle me parlait ?

Bref, plus j'en savais sur Amy, et plus j'avais de questions à lui poser.

Contrairement à ce qu'elle m'avait dit, elle ne passa pas trois heures à se coiffer. Il était 17 heures et nous étions entrelacés sur le canapé, devant 10 Bonnes raisons de te larguer. J'espérais juste que le titre ne soit pas un présage.
Nous étions allongés sur le canapé, moi derrière elle, nos têtes sur l'accoudoir. Mon bras gauche sous son cou, le droit sur ses hanches, ma main sur son ventre, sous son T-shirt à faire de petits ronds.

De temps à autres, j'embrassais son cou. J'étais bien comme ça, avec mon imprégnation. Même si je me doutais que ce qu'elle ressentait n'était pas aussi fort que mes sentiments.

- « Je peux te poser une question qui craint? »
- « Hum... »
- « Comment tu fais pour regarder un film? »
- « Jaaake... râla-t-elle en enfouissant sa tête dans mon bras. Au moins, c'était plus: Black. Je prends toujours des films où tout se passe dans les dialogues. Le suspens, l'action, c'est pas pour moi. Et j'ai de la chance, les films les plus récents ont une bonne prise de sons, ce qui fait que j'entends le moindre bruissement de tissus. T'as d'autres questions à la con? » Elle finit sa réponse en un rire ténu.

- « Nan... » Au lieu de ça, je laissai mon nez caresser la peau de son cou, alors que ma main placée sur son ventre l'attira encore contre moi.
- « Tu n'auras ma bouche que tout à l'heure, Black... »
A-t-elle seulement relevé le double sens de sa phrase...
- « Je saurai te le rappeler... »

Nous finîmes le film ainsi. Sensuellement, chaudement, avec une tension qui ne demandait qu'à être évacuée.

18H30: enclenchant la radio, elle me laissa dans le salon pour aller se changer.

J'en profitais pour me changer également. J'avais ramené mes fringues, ayant prévu à l'avance de trainer un peu chez elle. Je voulais l'amener dans un bon restaurant, alors pour ça, autant opter pour une vraie tenue qui change des shorts en jean coupés à la force des mains et des vieux t-shirts troués.

Je ne pouvais pas empêcher mon regard de vagabonder sur son bureau, avec une imprimante qui aurait semblé avoir quarante ans si je n'avais pas su qu'elle existait pour imprimer en braille, ses différentes étagères, pleines de livres aux couvertures blanches et aux côtes marquées par du braille, puis ses placards où les aliments étaient rangés précisément, comme dans les rayons des supermarchés, avec une petite étiquette sur la planche qui les supportait, comme les étiquettes de prix dans les magasins.

Son appart avait dû lui demander beaucoup d'arrangements pour pouvoir y vivre sans difficulté. Tout le travail qu'elle avait fournit m'impressionnait, et me fit la respecter encore plus. J'avais encore la tête fourrée dans ses placards quand elle sortit de sa chambre.

- « Tes parents t'ont jamais dit que ça se faisait pas de fouiller dans les affaires des gens? » Le ton froid qu'elle avait utilisé me fit bien comprendre qu'elle n'aimait vraiment pas que je touche à ses affaires. Ou alors, elle ne supportait pas que j'approche son handicap, de quelque manière que ce soit.

Toujours est-il que je me suis retourné brusquement et que quand je l'ai vu, je me suis retrouvé comme un con à pas savoir quoi dire...

- « En route Jacob, et on prend ma voiture, parce qu'on ne met pas une fille en jupe sur une moto. » Ok, là, elle était énervée, et moi, je trouvais pas les mots pour m'expliquer. Je préférais la regarder elle. Ses jambes, ses bras, son corps...

Quoi que, mon regard a légèrement dévié quand elle m'a amené dans son garage... ou m'attendait sagement une Lamborghini Gallardo dont Amy me tendait les clés.

- « Whaaa, jolie voiture! »
- « Ouais... - elle répondit en riant, visiblement, sa colère s'était un peu calmée- cadeau d'Adriel quand il a apprit que j'étais capable de conduire sa moto. On a fait un essai avec cette voiture... » Son visage s'est transformé en grimace. « Disons qu'il a vite reprit le volant et que j'ai plus tenté les voitures. Mais je l'ai fait rapatrier quand même, ce qui, de toute évidence, fut une bonne idée. »

Nous montâmes dans l'habitacle du saint Graal sur roues, moi derrière le volant, et je nous conduisis vers le restaurant le plus branché des environs. Celui pour lequel Alice Cullen, l'extralucide, a dû m'avancer quelques cents...

Nous étions tous les deux assis à notre table, à l'écart du reste des clients, comme je l'avais demandé en réservant. Mes pieds touchaient les siens, sous la table, mais elle ne disait rien. Peut-être ne s'en était-elle tout simplement pas aperçue.
Mes yeux fixaient les siens, alors que son regard naviguait un peu partout dans la pièce. C'était évident: elle n'était pas à l'aise.
J'allais lui prendre la main pour la rassurer mais un serveur s'approcha de nous en nous tendant les cartes.

Là, pour le coup, je me sentais vraiment con: comment Amy allait-elle faire pour commander sans sacrifier son autonomie qu'elle chérissait tant?

Elle se saisit de son menu, sans se démonter et attendit que le serveur reparte.

Une fois seuls, elle referma la carte et se pencha sur la table:
- « Raconte-moi tout, Jacob. »
- « Tout quoi? »
- « Je sais pas moi... raconte moi tout ce qu'il y a à savoir sur toi... »

Simple... je suis un loup-garou qui s'est imprégné de toi...

- « Ya rien à savoir... - je lui souriais même si elle ne pouvait pas me voir. Qu'est-ce qu'elle était belle. - Je m'occupe de mon père qui est en fauteuil roulant, je traîne avec mes potes de la Push, j'aime bien courir en forêt – si elle savait que quand je le faisais, je ressemblais plus à un loup qu'à autre chose...- Ya quoi d'autre à dire...? Ah oui, je t'aime bien. »

- « Tu m'aimes... bien? » Ses avant-bras étaient posés sur la table, à chacune de ses inspirations, sa poitrine frôlait le rebord de la table et ses yeux fixaient, j'en étais sûr, mes lèvres.

Comme elle était, j'aurais pu l'embrasser sans trop me pencher. Mais je voulais garder le baiser pour la fin de la soirée...

- « Ouais, je t'aime bien... » Répondis-je avant de souffler doucement sur ses lèvres... qui s'entrouvrirent doucement.

Elle était vraiment tentante comme ça!

Mais avant que je fasse quoi que ce soit, le serveur revint prendre notre commande, et c'est Amy qui parla la première:
- « En fait, je n'arrive pas à faire mon choix... - elle leva ses yeux vers le serveur – je voudrais bien un poisson, pas trop gras, pas trop gros...Vous me conseilleriez quoi? » Et c'est comme ça qu'elle passa sa commande.

On passa le repas à parler de tout et de rien. La Push, Séville. Son frère, mes sœurs. Ses parents, mon père. Quand elle voulut parler de Victoria, la vampire qui cherchait Bella, elle dû sentir la tension m'envahir parce qu'elle n'a pas cherché à approfondir la question...

Aussi bizarre que ça puisse être, la raccompagner commençait à m'angoisser.
La voir manger son sorbet me fit penser qu'elle n'était peut-être pas si inexpérimentée que ça... et j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Peur d'être rejeté. Peur qu'elle ne soit pas imprégnée...

Elle avait déjà fini sa glace, et moi, je trainais. Je prenais des toutes petites bouchées, et je mastiquais très lentement.

Cette fille était tellement impressionnante. Plus courageuse et plus forte que la meute réunie. Elle a assumé sa vie et ses emmerdes toute seule, sans rien demander à personne. Et moi, j'arrive avec mes grandes pattes et je l'oblige à lier sa destinée à moi.

Putain d'imprégnation à la con !

J'ai eu beau retarder les choses, nous voilà quand même devant chez elle, dans sa Lamborghini.
- « Rêve pas Jacob, tu ne repartiras pas avec, sors de là ! » Elle s'était exclamée avec la main sur sa poignée, avant de sortir.

Je sortis donc, et collai mes mains dans le fond de mes poches... et attendis, comme l'ado que j'étais, que quelque chose se passe.
Elle vint vers moi et... me prit le coude et me traina jusque sous le auvent.

- « Bouge-toi, c'est pas romantique si tu restes le cul appuyé à ma voiture. »
- « Ca va pas être romantique. C'est calculé. Je dois t'embrasser parce qu'on a passé un marché, tu trouves que c'est romantique toi? »

Elle me faisait face, le vent fouettait ses quelques mèches de cheveux qui s'étaient fait la malle. Ses yeux étaient posés sur ma bouche et j'aurai pu croire qu'elle me regardait vraiment.

- « On s'en fout, Jake. - Elle avait murmuré d'une voix douce et rassurante. - On en a envie tous les deux, alors qu'est-ce qui ne va pas? » Ses mains étaient posées sur mes joues et ses pouces caressaient mes lèvres, mes yeux, mon front. Je la soupçonnais de chercher à décrypter mon expression.

- « Rien – avais-je répondu d'une petite voix.- Tout va bien. »
Merde, après tout, elle était là, devant moi, le cœur battant à tout rompre, attendant que je l'embrasse.

Les secondes défilèrent et je posai mon front sur le sien.
D'une voix légère, pour ne pas percer notre petite bulle, elle ajouta en souriant:
- « Bien, parce que je te rappelle que, selon tes termes, c'est toi qui dois m'embrasser. »
- « Je sais. » Avais-je chuchoté.

Amy POV

Jacob Black, c'est quand tu veux...

J'allais commencer à trépigner quand il pencha enfin son visage. Son nez, qui jusque là touchait à peine le mien, vint le caresser en longeant le côté gauche.

Son souffle saccadé heurtait la peau de mes joues, de mes lèvres et de mon cou, et c'était particulièrement plaisant.

Sa main gauche vint se glisser dans mon cou, ses doigts atteignant ma nuque, son pouce calé devant mon oreille.

Je commençais sérieusement à avoir chaud... il était vital pour moi que je sorte une connerie. C'est en susurrant que je le taquinai:
- « Tu m'aimes bien hein ... » Insistant sur le « bien »... Ce petit mot qui changeait complètement le sens de la phrase.
- « On en reparle après si tu veux bien... »

En répondant, ses lèvres frôlèrent les miennes.
Avec le vent, et son visage si proche, je pouvais en distinguer chaque détail. Il était vraiment très beau.

Ses lèvres vinrent lentement embrasser ma lèvre inférieure. Il recula doucement son visage, puis recommença. Il embrassa ma lèvre inférieure à plusieurs reprises. Il la vénéra.

Il la prit entre ses lèvres et la suça lentement alors que sa main droite se posa sur mon cou, son pouce devant mon oreille.

Je posais mes mains sur ses hanches, et approchai son corps du mien.

Ses dents remplacèrent ses lèvres et il mordilla tendrement ma lèvre.

Il reposa son front contre le mien, pour prendre sa respiration, et me sourit avant de susurrer:

- « Peut-être que je t'aime plus que bien. »

Je plaquai mes mains sur sa nuque et rapprochai rapidement son visage du mien, le faisant rire. Ce baiser là était moins tendre, plus urgent.

Rapidement, ma langue caressa ses lèvres pour lui demander d'aller plus loin. Puis sa langue vint à ma rencontre. Elle était douce, chaude et lui, était tendre mais passionné.

Je le rapprochai de moi en enlaçant sa nuque, glissant mon avant-bras gauche dans son dos, afin de poser ma main sur son épaule. Mon autre main était fichée sur sa nuque, l'empêchant de se reculer, d'arrêter, ou encore de me repousser.

Ce moment était à nous. Il était magique.

Nos langues se caressaient, puis luttaient, alternant le rythme et la force de notre échange. Jake fit glisser ses mains jusqu'à mes hanches et m'étreignit.

Je ne pu réprimer un gémissement en sentant à quel point il aimait notre échange.

J'étais suspendue à son cou, et j'aurais pu y rester une éternité, ou deux.

Il caressa tendrement mon dos, passant ses mains le long de ma colonne, relevant quelques fois ma robe.

Lentement, il m'amena, sans séparer nos bouches, contre le mur extérieur de mon appart, et appuya légèrement son corps contre le mien.

J'avais besoin d'encore plus... je ramenai ma cuisse à hauteur de sa hanche, me frottant sans honte à lui.

Il se mit à grogner et descella nos bouches. Il enfouit sa tête dans mon cou et glissa sa main droite sous mon genou, maintenant ma jambe en place. Cette fois, c'est lui qui se frottait à moi.

- « Amy... » Sa voix était rauque, suave... Son souffle était saccadé, et j'étais aux anges.
- « Tu vas me dire que tu m'aimes beaucoup plus que bien? »
Il ria.
- « C'était pas vraiment ce que j'avais l'intention de te dire, mais si tu y tiens... -ses lèvres virent caresser mon oreille et il me susurra: Je t'aime Amy. »

J'embrassai sa joue, incapable de répondre à sa déclaration. J'avais les jambes tremblantes et la respiration difficile.

- « Et tu voulais me dire quoi? »
Il ne sembla pas vraiment vexé par mon manque de réponse et me répondit:
- « Que j'avais envie de toi... » Il appuya ses hanches contre les miennes pour illustrer sa déclaration.

J'allais passer ma seconde jambe autour de ses hanches quand quelque chose vint rompre notre petit moment...

Jacob POV

- « Jake? »
- « Hum... »
- « Tu sais, la fille de la Push... »
- « On avait dit qu'on n'en parlerait plus... »
- « Ouais, je sais, mais je me suis dis que t'aimerais bien savoir qu'elle est là... »