N/AEncore une fois, merci pour vos commentaires :) Et sans plus attendre, voici la suite. Ah, heu oui. Donc la chanson prévue pour cette suite : Blink par Revive. Enjoy :)
Castle refermait à peine la porte d'entrée que sa mère le harcelait de questions. Il n'avait pas du tout envie de cela. Il avait juste envie de s'enfermer, dans sa chambre ou son bureau, peu importait mais il avait juste envie d'être seul. Il retira sa veste de costume et la jeta sur le rebord du canapé et fila dans sa chambre. Alexis le regarda faire sans protester, et vint s'effondrer sur leur sofa, sa grand-mère en spectatrice.
« Peut-être que toi, tu vas m'expliquer. Les mariages ne se finissent pas si tôt, généralement. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Je ne sais pas. Il dansait avec la mariée et moi avec Esposito. Il est venu vers nous et m'a ordonné d'aller à la voiture. Il ne m'a donné aucune explication. Et quand j'ai voulu lancer une conversation, il a refusé de parler. »
« Oh.. Alors ce qui l'attend dans sa chambre ne va peut-être pas lui plaire, au contraire... »
« Tu lui as fait une surprise ? »
« Oh non, je n'y suis pour rien. Ta mère a débarqué et l'attend dans sa chambre depuis son arrivée. »
A cette nouvelle, Alexis couru jusqu'à la chambre de son père, elle entra sans frapper. Aucunement surprise de ce qu'elle trouva, elle devait tout de même les arrêter. Elle savait que son père et sa mère couchaient régulièrement ensemble, à chaque fois qu'elle se rendait à New-York, en fait. Mais cette fois, non. Il ne devait pas se laisser séduire. Non, pas cette fois, ni plus jamais en fait. Elle était persuadée que même si cette fois était la dernière, ça le condamnerait.
C'est donc enlacés et en plein baiser qu'Alexis surpris ses parents, Meredith lui sourit tout en continuant à jouer avec les boutons de la chemise de son père.
« Papa ? »
« Ma chérie, ton père est occupé. Et je suis tout aussi ravie de te voir, mais on parlera plus tard, tu veux bien. »
« Non, il faut que je parle à Papa, maintenant. »
« Alexis, ne soit pas jalouse. Je t'accorderais toute mon attention plus tard. Mais là, ton père et moi nous devons fêter mon retour. »
« Meredith, arrêtes deux minutes. Chérie, si c'est la même conversation que tu voulais avoir tout à l'heure, je t'ai déjà dit ce qu'il en est. Je ne veux rien savoir. »
« Mais tu ne comprends pas ? »
« Alexis, ça suffit maintenant. Tu ne peux pas comprendre et de toute manière, ce ne sont pas tes affaires. Maintenant, si tu veux bien nous laisser. »
« Bien sûr que ce sont mes affaires. Mais tu as raison, je ne comprends pas. D'ailleurs je ne comprendrais jamais pourquoi tu continues à faire ça. Parce que ce n'est pas comme ça qu'elle aura confiance en toi ! »
C'est sur ces mots lâchés avec colère qu'Alexis sorti de la chambre en claquant la porte. Meredith chercha bien à savoir ce qu'il se passait mais Castle n'arrivait pas à parler. La rouquine n'insista pas et se remit à embrasser son amant occasionnel et à lui défaire sa chemise. Castle la repoussa et lui demanda quelques minutes : il devait parler à Alexis. Si la jeune adolescente le prenait comme ça, c'est qu'il devait avoir manqué quelque chose. Il fallait qu'il en ait le cœur net. Et puis, il devait s'avouer qu'il n'avait aucunement envie de son ex-femme. C'était juste devenu habituel et il ne s'était pas posé de question quand elle lui avait sauté dessus à peine il avait franchi le seuil de sa chambre.
Meredith essaya bien de le retenir, mais c'était peine perdue. Castle n'avait plus qu'Alexis en tête, les sous-entendus de leurs conversations, et surtout la façon dont il lui avait parlé. Ils ne se disputaient jamais, il ne lui cachait presque rien. Il ne se comprenait pas, ce soir. Il agissait à l'envers de son habitude avec elle. Arrivé dans le salon, il trouva sa mère en train de préparer deux bols de glace.
« Je me suis dit que de la crème glacée t'aiderait à avoir accès à sa chambre. »
Il lui sourit et l'embrassa pour la remercier. Se saisissant des deux bols, il prit son courage à deux mains.
Arrivé à l'étage, devant la porte de la chambre de sa fille, il hésita, il écouta. Aucun son ne provenait de l'intérieur. Et il ne savait pas si c'était encourageant ou non. Il tenta cependant, et frappa attendant une réponse. Il n'attendit pas longtemps avant que la rouquine vienne l'ouvrir. Elle bloqua ses yeux dans les siens, lui demandant silencieusement ce qu'il voulait.
« J'ai pris ces deux bols de crème glacé en otage… mais je viens en paix, je le jure ! »
Elle ne dit rien et se contenta de regagner son lit, sur lequel étaient déposé sa robe et la house dans laquelle elle s'affairait à la ranger. Castle entra et alla déposer un des bols sur le bureau.
« Tu veux bien me parler ? »
« Je ne suis plus disponible. »
« Alexis, s'il te plaît. »
Alexis fit face à son père, le regard énervé, les traits tendus. Elle faillit craquer avec son air de petit garçon triste. Mais elle teint bon, et lui répondit le plus froidement possible avant de se retourné et de s'occuper de sa robe.
« J'ai voulu discuter, deux fois. Tu n'as pas voulu, deux fois. Maintenant, c'est moi qui ne veux pas. »
« Je sais, chérie. J'ai compris. Je suis désolé de ne pas avoir pris du temps et d'avoir refusé de t'écouter dans la voiture. »
Alexis s'énervait contre la house et sa robe. En fait, elle était trop appliquée à essayer d'ignorer son père, qu'elle n'était pas à ce qu'elle faisait. Elle se retourna, Castle posa le second bol sur le bureau.
« Non ! Non, tu n'es pas désolé. Tu m'as demandé de faire attention à toi et Kate. Tu m'as dit de t'interdire de faire quoi que ce soit que tu regretterais. Je n'ai eu droit à aucune explication. Le mariage n'est même pas fini et tu m'ordonnes de te suivre à la voiture. »
« Alexis, je suis vraiment désolé. »
Cette fois, Alexis jeta sa robe et la house sur son lit, quand elle se retourna son père pouvait clairement dire qu'il l'agaçait. Il s'avança pour la prendre dans ses bras : signe qu'il était vraiment désolé. Désolé de l'avoir obliger à quitter la fête, désolé de ne pas lui donner d'explication, désolé de ne pas l'avoir écouté, désolé de l'accueil de sa mère… Il allait lui dire, d'ailleurs. Mais il n'avait pas fait deux pas qu'elle l'arrêta d'un geste de la main. Le laissant la bouche ouverte mais silencieux : il savait qu'elle avait déjà une réponse à ses excuses.
« C'est pas ce que je veux. Tu peux bien être désolé, ça m'est égal ! Ce que je veux c'est que tu me dises pourquoi ? »
« Hé bien, j'allais le faire, mais tu ne me laisse pas le temps de m'expliquer. »
« Papa ! Je ne veux pas que tu me dises pourquoi tu es désolé. Je veux savoir pourquoi tu nous a fait quitter la réception. Je veux savoir ce qu'il s'est passé entre Beckett et toi. Mais par-dessus tout, pourquoi tu tombes dans les bras de maman ! »
« Chérie… »
« Je croyais que tu tenais à Kate ! »
Bien que cette fois, sa fille lui laissait le temps de répondre, il n'avait rien à dire. En fait, il était plutôt surpris de cette exclamation. Et en même temps, cela lui permettait de comprendre pourquoi elle était aussi en colère de trouver ses parents bouches collées. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait et jusqu'à présent, elle n'avait jamais protesté. Le silence régnait. Castle reprit contenance et s'approcha de sa fille avec attention et précaution. Il l'invita à s'assoir sur son propre lit, attitude qu'il venait lui-même de prendre. Une fois installés, il passa son bras autour de ses épaules et l'amena contre lui.
« Je tiens à elle, tu as raison. Et si tu le désires, je te donne toutes les explications que tu veux. Demande-moi, je te répondrais avec honnêteté et sans rien te cacher. »
« Je… Tout va s'arranger, pas vrai ? Avec Kate, vous allez vous réconcilier ? »
« Je ne sais vraiment pas. C'est compliqué, peut-être trop. »
« Je lui ai parlé, tout à l'heure. Quand je suis retourné chercher mes affaires. Elle a demandé à ce que tu l'as rappelle. Je suis sûre que si tu le fais, tout ira bien. »
« Je ne crois pas, je n'ai pas vraiment envie de lui parler pour l'instant. »
« Tu as dit sans rien cacher. »
L'écrivain desserra son emprise et lia ses mains. Comme s'il avait besoin de se concentrer sur ses doigts entremêlés pour s'expliquer.
« Hier soir, je n'étais pas seul, quand cette fan m'a abordé. J'étais avec Kate. Nous étions seuls et en train de nous embrasser. »
« Comment cette fille a pu se mettre entre ça ? »
Alexis souriait tendrement à son père. S'il avait réussi ce coup, comment tout pouvait être gâché maintenant ? Il tourna son visage vers elle, toujours cet air sérieux dans le regard.
« Je ne sais pas pourquoi, mais quand elle s'est adressée à nous, Kate s'est levée et nous a laissé. Elle m'a en quelque sorte, encouragé à continuer ma soirée avec cette femme. »
« Mais tu m'a dit que tu étais rentré directement après. »
« Je n'ai pas menti. J'ai joué à l'écrivain célèbre mais flatté, et j'ai décidé de m'éclipser. Je voulais rejoindre Kate, mais elle ne m'a pas lâché. Et puis j'ai pas insisté : je suis rentré au loft. »
« Est-ce que tu le lui as dit ? »
« Elle ne m'en a laissé aucunement l'occasion. Je l'ai vu pour la première fois de la journée avec toi, à l'église. Tu as bien vu qu'elle n'a pas cherché à discuter. Bien que je n'allais pas parlé de ça devant toi. »
« Et depuis ? »
« Je l'ai rattrapé après, et j'ai joué au même jeu qu'elle. Mais je ne lui ai pas dit. J'ai de nouveau tenté ma chance quand je l'accompagnais avant l'entrée de Jenny, mais elle refusait de nouveau de parler. »
« Et votre danse ? »
« Elle a évité le sujet. »
« Appelle-là. Dis-lui. Elle veut que tu l'appelles, elle est prête à t'écouter maintenant. »
« Je ne suis peut-être plus prêt à m'expliquer, maintenant. »
« Mais tu es prêt à coucher avec Maman, alors que c'est ce que te reprochais Kate aujourd'hui. »
« Je n'ai pas couché avec ta mère hier soir ! »
« Papa ! Ces derniers mois, tu n'as pas cessé de dire à grand-mère que Kate n'était pas prête. Tu devrais sauter sur l'occasion dès qu'elle lâche prise. Même si elle ne le fait qu'un court instant. »
« Il y a des jours où je regrette l'époque où j'étais celui qui avait la bonne parole. »
Alexis sourit à son père et lui déposa une bise sur la joue en guise de réponse. Il l'imita, en ce qui concerne le sourire. Puis il désigna de la main les deux bols de glace.
« Et maintenant, place à la glace ! »
« Je pense que c'est fondu. Mais on peut toujours descendre pour s'en faire deux autres ? »
« J'aime ton esprit, mon enfant ! Je suis désolé de t'avoir demandé de me protéger de moi-même avec Kate. Je n'aurai pas du te mettre au milieu de cette histoire. »
Alexis lui fit un clin d'œil et se leva attraper les deux bols puis attendit son père sur le pas de la porte pour descendre avec lui. Il lui avait vraiment donné envie de glace depuis qu'il était entré dans sa chambre.
Toute l'assemblée levait son verre pour porter un toast aux jeunes mariés. C'est après une petite gorgée de champagne qu'Esposito se leva, pour faire son discours de témoin.
« Hum, hum. Jenny, je suis désolé pour ce qui va suivre, mais je ne suis pas le mec le plus romantique qui existe. Kévin peut te l'affirmer, mais si tu as encore des doutes, demande à la femme que j'aime, qui malheureusement pour elle, approuvera ce que je déclare. »
Il avait lancé un regard tendre à sa bien-aimée, alors que des rires se faisaient entendre. C'était bel et bien un fait : Esposito n'était pas romantique, la plupart du temps. Même si Lanie pouvait avancer des actes romantiques de la part de son amoureux. Amoureux qui dirigea de nouveau son regard vers les mariés, prêt à faire son discours.
« Trêve de plaisanterie. Pour ne rien gâcher de ce jour, j'ai réfléchis, fais des recherches et… tout écrit pour ne pas me tromper. Donnez-moi une minute pour trouver ce petit papier ! Ah, voilà. Ah oui, ça commence comme ça : je voulais juste m'excuser, Kévin. Tu es mon partenaire, mon ami… Et malgré tout ce que j'ai pu te dire, il faut que tu saches que si je devais perdre espoir en l'amour, c'est vers toi que je me tournerais. Tu m'as montré que lorsque la vie devient dure et que les choses changent, le véritable amour reste inchangé. Peu importe les épreuves, quand une personne vous aime aussi fort que Jenny et toi vous vous aimé… Eh bien, je sais que dans ce cas-là, et donc le votre, rien ne viendra gâcher l'histoire. J'ai entendu dire, que lorsqu'un amour est votre vie, il n'y a pas de différence entre vivre ensemble et mourir ensemble. Je sais que parler de mort le jour d'un mariage n'est pas très gai, mais je veux juste vous souhaiter de tout avoir. Le début, le milieu et la fin : bref, en d'autre mots que cela dure toujours ! Mais je n'en ai aucun doute. »
Il leva son verre, imité par tous les invités, comme un instant plus tôt, pour porter un second toast aux mariés. Alors que Jenny et Kevin s'embrassaient, Esposito alla rejoindre Lanie et… Kate se sentie bien seule. Même si elle avait longtemps refusé de se lancer dans des relations sérieuses, elle avait toujours espoir en l'amour. Pour elle, un mariage devait être fait uniquement d'amour, aucune autre raison. Et elle n'espérait pas, mais savait que celui de son collègue et de son amie durerait. Pour ce qui était de Lanie et Esposito, elle s'amusait de les voir comme si le lendemain ne comptait pas, comme si le futur ne leur faisait pas peur, comme si l'amour au jour le jour était le mieux. Peut-être étaient-ils fait l'un pour l'autre mais qu'ils ne leur restaient plus qu'à le voir.
Elle reprit une gorgée de champagne et ça la frappa. Elle savait depuis un moment ce qu'elle ressentait pour son partenaire et ami, mais ce qui la surprit c'était les paroles d'Esposito. « Lorsqu'un amour est votre vie, il n'y a pas de différence entre vivre ensemble et mourir ensemble » Castle et elle étaient loin de vivre ensemble, mais mourir ensemble.. Ils en avaient eu un avant-goût et plus d'une fois ! Alors, qu'est-ce qui la retenait, finalement ? Ils avaient déjà connu la fin – avec toutes ces fois où ils avaient frôlés la mort ensemble - il ne leur manquait qu'un début et le milieu. Elle jeta un regard à Jenny et Kevin, et voyant qu'ils ne s'embrassaient plus s'approcha d'eux. Elle s'excusa mais elle ne pourrait pas rester plus longtemps. Son collègue lui demanda si tout allait bien, ce à quoi elle répondit avec un clin d'œil à la mariée, que tout allait bien, mais qu'elle devait faire en sorte que tout aille mieux. Jenny sourit à Kate et lui précisa qu'elle pouvait filer, ils ne la retiendraient pas mais surtout ne lui en voudrais pas. Ryan approuva sa femme, bien qu'il se sente en dehors du coup : Jenny semblait savoir la raison du départ de Kate alors qu'il n'en avait pas la moindre idée. Kate les remercia et se saisit de la coupe de champagne de Jenny, qu'elle vida en une seule fois. Ryan commençait à se demander si c'était vraiment une bonne idée de la laisser partir ainsi, Jenny, elle, avait eu un léger rire et l'avait regardé s'éloigner de leur table.
Elle était trempée, elle avait abîmée sa robe, ses larmes et la pluie avaient ruiné son maquillage... Mais elle s'en moquait, elle voulait juste qu'il sache. Elle avait juste besoin de lui dire. De tout lui dire. Ils se mentaient, ils se détruisaient, ils perdaient du temps. Elle salua à peine le concierge et appela un ascenseur. Celui-ci mettait bien trop de temps à arriver, selon elle, alors elle se dirigea vers les escaliers. Elle les montait à une vitesse incroyable, elle était portait par son besoin, son envie. Elle savait que c'était le moment, c'était leur moment. Elle se sentait ridicule à sourire alors qu'elle se fatiguait à monter des escaliers aussi vite.
Arrivée à son étage, elle cessa de courir, elle sentait une boule dans son ventre. Avait-elle peur ? Etait-elle anxieuse ? Elle n'aurait su dire et peu importait, elle ne se défilerait pas. Devant sa porte elle se stoppa quelques secondes, prenant une profonde respiration. Elle frappa, espérant que ce soit bien lui qui ouvre. Ce fut le cas, elle fut juste déstabilisé un court instant en voyant un Castle chemise à moitié ouverte, sortie du pantalon et pied nu qui était tout aussi surprit de la voir derrière sa porte.
« Beckett ? Vous êtes toute trempée. »
« Il y avait des bouchons, alors j'ai fini sous la pluie, à pied. »
« Et vous êtes essoufflée. »
« J'ai couru, en fait. Et aussi dans les escaliers. »
« Ne restez pas là. Entrez, je vais vous donner de quoi vous essuyer. »
« Non ! Il faut que je vous parle. Et si j'entre, je vais me dégonfler et je ne vais pas dire… » Elle marqua une pause, comme pour ménager le suspense mais reprit, un large sourire aux lèvres. « Ce que je suis venu vous dire. »
Castle se plaça donc bien en face d'elle et, avec la main qui ne tenait pas la porte lui fit un signe pour l'encourager.
« Très bien. Je vous écoute, alors. »
« J'étais entourée et il y avait un tas de conversation, mais tout ce que j'entendais c'était Esposito faisant son discours de témoin. Et je me suis toujours refusé d'être sentimentale comme ça. Mais je suis humaine, et j'aime les mariages et j'aime voir des personnes amoureuses. Et il disait toutes ces vérités, et je me suis rendue compte qu'il avait raison. Je veux faire partit de ceux qui ont quelqu'un dans leur vie, quelqu'un pour les accompagner. Et je sais que ce n'est pas mon genre de dire des trucs comme ça, je ne me montre pas souvent fleur bleue, mais… Je suis là, devant votre porte, renonçant à mon orgueil et… Je suis désolée. Désolée pour tout. Pour Demming, l'été aux Hamptons, Josh, la façon dont je vous ai traité, cette soirée au bar et mon changement d'avis, pour hier soir, pour la jalousie de tout à l'heure. J'avais tort. Pour chacune de ces choses, et vous aviez raison. Vous aviez raison ce soir-là dans mon appartement : j'ai le droit être heureuse. Et je veux l'être, oui, vraiment je le veux. »
Elle reprit son souffle, elle n'avait pas fait de pause dans sa confession, pas d'assez longue pour respirer du moins. Elle se sentait soulagée, elle ne lui avait peut-être pas dis avec les termes les plus simples mais le résultat y était. Elle lui avait dit qu'elle voulait être avec lui. Il le savait, et elle ne reculerait plus. Il avait la balle dans son camp, il n'avait qu'un mot à lui dire et elle respecterait son choix quel qu'il soit. Toutefois, elle ajouta dans un quasi chuchotement.
« Mais je refuse de l'être… sans toi. »
Il était surprit, cela se lisait sur son visage. Elle se sentit déstabilisée, et regrettait presque d'avoir fait tout ce chemin et de lui avoir fait ce discours. Mais il ouvrit la bouche, tout espoir n'était peut-être pas perdu. Ce n'était peut-être pas trop tard.
« Chaton ? »
Ce n'est pas la voix de Castle qu'elle entendit et bien qu'elle ne voie pas qui était la femme qui avait appelé, elle reconnaissait le surnom. Elle en avait joué avec lui : la mère d'Alexis l'appelait ainsi. Elle se sentit idiote, et elle reporta son regard sur la tenue débraillée qu'il avait : c'était évident maintenant. Il n'avait pas attendu qu'elle refuse de vivre sans lui. Il avait tourné la page, était retourné vers une valeur sûre. Elle sentit le rouge monté à ses joues et les larmes à ses yeux mais il était hors de question qu'il la voit ainsi, pas une nouvelle fois. Elle se maudit intérieurement de ne pas avoir pensé de regarder qui se trouvait dans le loft avec lui et de s'être exposée, ainsi.
« Oh mon dieu ! Je… je ne… Oubliez ce que je viens de dire. Bon… Bonne soirée, Castle. »
Elle partit en courant, et appela l'ascenseur. Castle resta les bras ballant, ne sachant pas quoi faire. Refermer la porte et la laisser seule face à la situation ou lui courir après et en discuter. Il sentit quelqu'un lui prendre le bras. Il baissa la tête pour voir le regard complice de sa fille.
« Ce n'était pas Beckett ? »
« Uhm, si. »
Ils furent rejoint par la mère d'Alexis.
« Alexis ! Ca fait des lustres que je t'appelle… Mais, qu'est-ce qu'il se passe ici ? »
Personne ne répondit, non au lieu de ça Alexis et Castle se souriaient et, comme avec Beckett, Castle laisser ses yeux parler.
« Richard ? »
Toujours pas de réponse, Castle avait le regard tourné vers Alexis. Un sourire naissant sur son visage, il n'avait pas besoin de lui parler pour se faire entendre.
« Alors ? Qu'est-ce que tu comptes faire ? »
« Je vais mettre mes chaussures, courir dans les escaliers et toi tu fais en sorte qu'elle soit retenue en bas. »
Il embrassa sa fille sur le front, alors qu'elle lui lâchait le bras et le regardait s'affairer pour prendre la poursuite de Beckett.
Pourquoi il insistait ? Ils parlaient pourtant la même langue, et jamais avant il n'avait insisté pour lui appeler un taxi. Ce n'était pas la première fois qu'elle quittait l'immeuble à pied, pourquoi ce soir ? Il attendant quoi ? De la voir encore plus minable qu'elle ne paraissait à tenir ses chaussures dans sa main, à avoir plus qu'abîmer sa robe, à avoir tout son maquillage qui avait coulé ? Que voulait-il voir d'autre ? Elle apprécier pourtant cet homme, généralement il avait toujours un sourire pour elle, il lui demandait souvent des nouvelles, semblant s'intéresser vraiment à elle. Voilà ce qui lui plaisait chez lui : il était prévenant, attentionné. Mais ce soir elle ne voulait pas d'attention, elle souhaitait pouvoir rentrer chez elle en paix, mêler ses larmes à la pluie pour qu'elles soient invisibles. Elle abandonna et accepta le taxi qu'il lui proposait. Il s'était à peine emparé du combiné que les portes de l'ascenseur s'ouvraient.
« Beckett ! »
Elle se tourna vers où l'appel provenait et se dit que la situation ne pouvait pas être pire. Lui non plus n'avait pas eu assez de spectacle, il lui avait couru après pour pouvoir étudier son état minable ! Mais qu'avaient les hommes de cet immeuble, ce soir ? Alors qu'il l'avait rejoint et qu'elle lui donnait toute son attention, se sachant sauver par un taxi très prochainement, lui s'intéressa à son concierge.
« Merci d'avoir réussi la mission ! Je suis sûre que ça n'a pas dû être chose facile ! »
« Quelle… Quoi ? Alors vous m'avez juste retenu ? On ne vous a jamais dit que dans votre métier, le mieux c'est de ne pas se mêler des affaires des clients ? »
Elle lui avait posé la question, mais l'homme face à elle savait pertinemment qu'elle n'attendait aucune réponse. Elle lança un regard noir au concierge et s'éloigna du comptoir pour rejoindre la sortie.
Une fois dehors elle reprit son chemin, comme si elle était persuadée qu'il ne la suivrait pas.
« On serait mieux à l'abri, pour parler. Même si vu votre état, un peu plus de pluie ou un peu moins, vous devez pas voir la différence. »
Il tentait de l'humour, mais c'en était fini. Elle ne se ferait plus avoir par ses blagues, par son sourire, son regard d'un bleu plus bleu que l'océan, par son air de petit garçon attendrissant. Non, plus rien n'y ferait, ce soir elle devenait immunisée. Elle ne se retourna pas, continua à marcher sur le trottoir. Ne vous y trompez pas, elle marchait relativement lentement en aucune façon pour qu'il l'a rattrape, non, c'est juste que pied nu, dans la rue, après avoir couru… Elle était simplement fatiguée, elle ne voulait pas qu'il l'a rattrape, non, elle ne voulait pas ça.
« Beckett ! C'est stupide, vous êtes trempée et vous devez être frigorifiée. On devrait rentrer. »
Elle se retourna mais ne revint pas sur ses pas, laissant ainsi une distance entre eux.
« Bien entendu que je suis trempée et frigorifiée : j'ai couru sous la pluie pour vous rejoindre, parce que Monsieur refuse mes appels et ne rappelle pas en retour ! Alors, oui, je suis trempée et j'ai froid mais c'est de votre faute ! »
« Stop ! Je n'ai rien fait ! Comment ça pourrait être de ma faute, hein ? »
« Pourquoi avoir quitté la réception ? Si vous ne l'aviez pas fait, on serait resté au sec et au chaud et j'aurai pu vous parler sans finir dans l'état où je suis. Alors, oui, c'est de votre faute ! »
« Tout est de votre faute, Beckett ! Si vous aviez réalisé plus tôt que vous aviez des choses à me dire, on n'en serait pas là. D'ailleurs pourquoi avoir attendu, hein ? Avoir attendu de voir qu'il était trop tard… Vous voyez, c'est entièrement de votre faute et si vous êtes venu ici pour me le reprocher, alors vous avez raison, rentrez et peu m'importe comment. »
Avoir attendu qu'il soit trop tard. Alors c'en était vraiment terminé, Jenny ne mentait pas : il abandonnait pour de bon. Kate essuya ses joues, bien que la pluie fût fine elle ne cessait pas, mais surtout, elle sentait ses larmes coulés. Elle avait attendu qu'il soit trop tard. La colère la prenait, non pas seulement contre Rick, mais contre elle-même. Elle était certaine qu'au fond, elle l'avait fait exprès, ainsi elle ne serait pas exposée à une histoire sérieuse. Elle n'y avait même pas goûté que c'était fini. Une manière de ne pas souffrir.
« Attendre qu'il soit trop tard ? Vous plaisantez ? Vous avez fait la même chose. A la différence que dans mon cas le trop tard signifie juste qu'une autre femme se trouve dans votre lit, vous ne frôlez pas la mort ! »
« C'est pas vrai ! Vous allez vraiment ramener cela sur le tapis ? »
« Vous me reprochez de parler quand il est trop tard, je ne fais que vous imiter. Maintenant, osez dire que c'est de ma faute ! »
« Ce n'est pas comparable : mon aveu et le votre. Non, rien de comparable. »
« Et pourquoi cela ? »
« Parce que moi je l'ai dit ! Je t'ai dit que je t'aimais ! Toi, tu viens juste pour dire que tu es désolée, rien de comparable. »
Que je t'aimais. Il utilisait le passé. Elle détourna le regard un instant, et essuya une nouvelle fois ses larmes. Ce qu'elle avait pu être stupide.
Il la regarda faire. C'était tellement attendrissant sa manière de détourner son regard pour essuyer les larmes, comme si de cette manière il ne les voyait pas. Mais il ne voyait que ça, il ne voyait que ses larmes depuis l'instant où il avait ouvert la porte du loft. De toute manière, il ne voyait qu'elle. Il avait envie de la prendre dans ses bras et lui dire que tout était oublié, et que si elle avait besoin de l'entendre dire qu'il l'aimait alors qu'elle était bien en vie, il le ferait toute la nuit s'il le fallait.
Il s'apprêtait d'ailleurs à le faire quand elle lui fit de nouveau face, croisant ses bras pour lui lancer sans un seul sanglot dans la voix.
« Et je suis bien heureuse de ne pas te l'avoir dit ! Je passe déjà pour une idiote, alors que je viens te demander de me pardonner et te dire que je suis prête et je te trouve en plein action avec l'une de tes ex-femmes ! Remarque, je devrais être habituée, ce n'est pas la première fois que tu me fais un coup pareil. »
« J'ai quitté le dîner seul, hier soir. Et je ne suis pas rentré pour rejoindre Meredith, je ne savais pas qu'elle serait là. »
« Ce n'est pas important, au final c'est toujours la même chose. Quand je me lance et qu'une autre femme se présente, tu l'as choisi elle. »
« C'est complétement faux ! La preuve : je suis sous la pluie avec toi, et non dans mon lit avec elle. Je n'avais pas du tout envie de passer ma soirée d'hier soir avec une autre que toi, et je n'avais pas non plus envie de passer ma soirée de ce soir à te regarder danser avec le cousin de Ryan – ou un autre - et rire à chacune de ses paroles. »
« Et je n'avais pas envie de passer ma soirée à danser avec un autre que toi ! »
Pendant tout cet échange, sans le réaliser, ils s'étaient rapprochés de l'autre comme aimantés. Castle la regarda, devait-il faire un cesser le feu ? Elle semblait comme étonné par tout ce qu'elle lui disait, comme si elle trouvait stupide de ne pas lui avoir dit avant. Comme si elle réalisait la facilité que c'était de dire ce que l'on ressentait, l'on voulait, l'on souhaité. Il prit une grande respiration, la fin de la conversation semblait être arrivée. Et maintenant ? Peut-être lui proposer de nouveau de remonter ? Avec Meredith en haut, ce serait amusant, tien ! Contre toute attente, alors que le silence paraissait s'être installé depuis une éternité, c'est elle qui prit la parole.
« Je t'aime, idiot ! »
Elle essuya une nouvelle fois ses larmes, n'ayant pas lâché son regard. Jamais encore elle n'avait fait cela. Il la laissa un moment seule face à ce qu'elle venait de dire, de faire. Comme pour lui laisser le temps de se reprendre sur ces derniers mots. Puis il sourit, comme timidement, et il s'approcha d'elle pour l'embrasser. Elle fut surprise, oui, mais tellement heureuse de la tournure que prenait leur dispute. Après tout : ils étaient fous l'un de l'autre. Et chacun le savait.
