Δ Chapitre 13 : Le début de notre fin
Blaise et moi nous faisions face, les yeux dans les yeux, dans un silence complet. Je devais lui parler, mais je n'y parvenais pas. Devais-je lui avouer ce qu'il s'était passé entre Drago et moi ? Mais quel genre de questions me poserait-il ? Où nous étions nous retrouvés pour faire l'amour ? Mentir en disant que j'étais chez lui et non dans une des chambres de ce château n'était pas un problème. Mais s'il me demandait comment j'avais pu m'intéresser à Drago du jour au lendemain, que pourrais-je lui répondre ? Pourrais-je lui dire qu'il m'attirait parce qu'il m'avait semblé dangereux et mystérieux ? Que pourrais-je lui répondre s'il me demandait des précisions ? Non. Je ne pouvais rien dire, il y avait beaucoup trop de risque pour Drago. Je ne devais pas parler de lui. Et de toute façon, Blaise ne méritait pas de souffrir à ce point. Mais méritait-il pour autant que je lui mente ?
- Est-ce que tu m'aimes ?
Ma question sembla le surprendre.
- Evidemment.
Bien sûr qu'il m'aimait. Mais et moi ? L'aimais-je toujours ? L'avais-je réellement aimé un jour ? Où était-ce simplement Drago qui m'avait mis le contraire dans la tête ? Que ressentais-je vraiment pour Blaise ?
- Et toi ? Me lança-t-il.
- Je ne sais pas, avouai-je d'une voix brisée.
Je crus que sa mâchoire allait se décrocher.
- Par Merlin... lâcha-t-il d'un air désemparé.
Je sentis les larmes me monter aux yeux, mais je me retins de pleurer. Je n'en avais pas le droit, pas alors que Blaise devait vivre pire que moi. Il se laissa tomber lentement sur le canapé et se prit le visage entre les mains.
- Je suis désolée, ajoutai-je. C'est juste que je ne sais pas bien où j'en suis...je...
Ma phrase resta en suspend. Que pouvais-je bien lui dire...
- C'est à cause de Drago ? Demanda-il en relevant les yeux vers moi
Mon cœur se mit à battre violemment dans ma poitrine. Savait-il que j'avais couché avec Drago ? Comment était-ce possible ? J'avais difficilement ma salive alors que Blaise ne me lâchait pas des yeux.
- Notre couple est-il si fragile que ça ? Poursuivit-il.
Aucun son ne sortit de ma gorge. J'étais paralysée. Tout bonnement paralysée.
- Il a suffit de quelques frasques de Drago pour mettre le bazar entre nous... Pourtant il a arrêté, insista-t-il. Il a dit qu'il stoppait tout. Il a arrêté n'est-ce pas ?
Je me contentai de hocher la tête. En fait, Blaise ne savait rien... J'aurais du sentir une vague de soulagement m'envahir, mais bizarrement, ce ne fut pas le cas.
- Le mal est déjà fait c'est ça ? Continua Blaise d'une voix tremblante. Je sais que je n'ai pas été à la hauteur Hermione, que je ne t'ai pas suffisamment fais confiance, mais c'est mon meilleur ami... Je lui ai toujours fais confiance. Je sais que ce genre de manipulation est son genre, mais jamais je n'aurais cru qu'il s'en prendrait à moi, à nous... Je ne suis même pas sur qu'il ait conscience du mal qu'il a fait, ajouta-t-il les yeux perdus dans le vide. Je sais que tu ne le connais pas, mais Drago adore s'amuser, faire ce genre de chose. Je suis sûr que ce n'était pas vraiment méchant, il... C'est de ma faute, je sais que tout est de ma faute, j'aurais dû...
Il ne termina pas sa phrase. Quant à moi, je me contentais de le fixer d'un air abattu. Dans le fond, j'aurais presque préféré qu'il sache toute la vérité au sujet de Drago et moi. Je ne méritais pas qu'il se mette dans un état pareil pour moi, après ce que j'avais osé lui faire. Je l'avais trompé avec son meilleur ami... Quel genre de personne étais-je devenue ? J'avais terriblement honte.
- Je suis désolée Hermione. Je t'aime tu sais et ...
- Ce n'est pas ta faute, déclarai-je. Tu n'y es pour rien. C'est moi.
- Tu ne vas quand même me sortir ça hein ?! S'exclama-t-il soudain. « Ce n'est pas toi, c'est moi ? » Hermione, tu ne me dis pas vraiment ça hein ? Tu es en train de rompre ou quoi ?
- Non ! Répliquai-je précipitamment. Je n'ai rien dis de tel, je suis juste un peu perdue.
Il émit un reniflement dédaigneux et se releva du canapé sur lequel il s'était assis.
- Laisse-moi une autre chance Hermione, je t'en prie ! Une dernière chance.
- Je ne suis pas en train de rompre avec toi Blaise, insistai-je en plongeant mon regard dans le sien.
Il s'avança jusqu'à moi et entreprit de me prendre dans ses bras. Je me laissai faire même si l'envie de m'écarter de lui me traversa l'esprit. Bientôt, nos visages se rejoignirent et Blaise m'embrassa avec douceur. Une douceur qui me paru extrêmement désagréable. Il fit lentement glisser ses mains dans mon dos, toujours de manière délicate, comme s'il essayait de ne pas me faire de mal. Comme s'il avait peur de me toucher. Comme si j'étais en sucre. En fait, il se comportait avec moi comme il l'avait toujours fait et cette réflexion me figea.
- Serre-moi fort, lui soufflai-je entre deux baisers. Serre-moi très fort Blaise, comme si tu ne voulais plus jamais que je parte.
Il resserra son emprise autour de mon dos, mais c'était loin d'être suffisant. Je me montrai alors plus insistante en m'accrochant à ses cheveux, comme j'avais pu le faire avec Drago. Cependant, il se dégagea brusquement de mon contact, en laissant échapper un petit cri de douleur.
- Mais qu'est-ce qu'il te prend ? Me lança-t-il abasourdis en se massant le cuir chevelu.
- J'ai besoin de te sentir Blaise, répondis-je. J'ai besoin de sentir que tu es là.
Il fronça les sourcils, d'un air perdu.
- Blaise... Murmurai-je en m'approchant de lui.
Je collai mon corps au sien et attrapai son visage entre mes mains. Je collai ma bouche à la sienne et reculai jusqu'au mur, l'entrainant avec moi.
J'avais envie qu'il me colle avec force contre ce mur, j'avais envie qu'il me porte contre lui, pour que je puisse enrouler mes jambes autour de sa taille. J'avais envie qu'il bloque tout son corps contre le mien, pour ne me laisser aucune chance de m'échapper. Mais au lieu de ça, Blaise resta doux, comme à son habitude.
La réalité m'atteint avec violence. Je n'avais jamais autant pris mon pied qu'avec Drago. Je n'avais jamais réellement pris de plaisir avec Blaise, j'avais juste trouvé nos moments intimes sympas. Cela ne provenait pas tout à fait de la douceur qu'avait Blaise à mon égard, car Drago avait su faire preuve de cette même douceur par moment. Blaise était juste incapable de rendre des gestes lents, sensuelles ou enivrants. Nous n'étions pas compatible sexuellement et je venais seulement de le comprendre.
Je sentis alors des larmes couler le long de mes joues. Blaise dû s'en apercevoir car il s'écarta quelque peu de moi et me fixa d'un air abattu.
- Hermione, qu'est-ce qu'il a ? Me demanda-t-il effrayé. Qu'est-ce qu'il se passe ?
Il tenta de porter sa main à mon visage, mais j'eu un mouvement de recul qui me choqua visiblement autant que lui. J'explosai alors littéralement en sanglot tandis que Blaise reculai de quelque pas, d'un air complètement perdu.
Je haïssais Drago. Je n'avais jamais autant haït quelqu'un que lui. Il m'avait volé mon bonheur avec Blaise.
J'avais dormis pour la première fois sur le canapé du salon. Blaise avait insisté à plusieurs reprises pour que je prenne la chambre, mais ce n'était pas à lui de céder son lit. C'était moi la fautive après tout. C'était moi qui avais couché avec son meilleur ami.
Je passai la journée du dimanche seule dans notre appartement. Blaise avait apparemment jugé que j'avais besoin d'être seule et de me retrouver avec moi-même. Je l'en aurais remercié si je n'avais eu aussi honte de moi, après ce que j'avais osé faire vendredi soir. Ainsi, je dormis de nouveau sur le canapé le soir arrivé et je fus heureuse de retourner travailler le lundi. Au moins, cela me permettait de penser à autre chose que ma culpabilité.
Lorsque je passai le pas de la porte du bureau que je partageai avec Becker, je remarquai que ma chef avait l'air particulièrement ennuyé.
- De mauvaises nouvelles ? M'enquis-je en fronçant les sourcils.
- Vous vous souvenez de M Clavin ?
- Le père de Serena Calvin ?
Elle hocha la tête.
- Il a été tué. Pas que sa mort me chagrine tant que ça, ajouta-t-elle. C'était un monstre à qui je devais beaucoup trop malheureusement... Néanmoins, c'est un nouveau meurtre étrange qui rentre certainement dans nos fameux dossiers.
Maintenant que je savais tout, j'avais l'impression de voir mon enquête d'un autre œil. Pourquoi avait-il été tué ? Pourquoi sa fille avait-elle été tuée avant lui d'ailleurs ? N'avaient-ils pas respecté les principes du Triangle du sang ? Avaient-ils agit à son encontre ? Je n'avais pas posé la question à Drago ! Il fallait absolument que je lui mette la main dessus !
Mon cœur se souleva soudain. J'avais passé le week-end à m'en vouloir, tout en accusant Drago de tous mes malheurs, mais je n'avais pas une seule fois repensé à son sort. Après tout, nous nous étions séparés d'en d'étranges circonstances... Dans d'effrayantes circonstances plutôt. Je me souvenais particulièrement de son visage déformé par la peur lorsqu'il m'avait poussé à l'extérieur de sa chambre. Lui était-il arrivé quelque chose ? Je n'avais eu aucunes nouvelles de lui depuis samedi matin. Je laissais échapper un ricanement dédaigneux. Drago et moi n'avions pas l'habitude de nous donner des nouvelles !
- Il y a quelque chose de drôle ? S'enquit Becker avec sévérité, en arquant un sourcil interrogateur.
- Non pas du tout, répliquai-je aussitôt.
- Vous avez du nouveau concernant l'enquête ?
- Non, pas depuis la semaine dernière.
Comment voulait-elle que j'ai avancé dans quoi que ce soit, alors que j'avais été en week-end ?! Malgré tout, quelque chose dans son regard attira mon attention. C'était comme une profonde déception, mêlé à de la mélancolie. C'était assez étrange. Cependant, je ne fis aucun commentaire supplémentaire et allais m'asseoir à mon bureau, triant le courrier que j'avais reçu durant le week-end.
A l'heure du déjeuné, Becker sortit du bureau tandis que je terminais de classer certains parchemins dans différents dossiers.
- Je peux te parler ?
Je levai aussitôt les yeux vers Harry qui entra dans mon bureau, après avoir jeté un bref coup d'œil à la chaise vide de ma chef.
- C'est au sujet de M Calvin.
- Nous ne devons plus en parler Harry, déclarai-je d'un ton qui se voulait sans appel.
Il me fixa quelques instants, d'un air décontenancé.
- C'est trop dangereux, ajoutai-je.
- Il s'est passé quelque chose ? Me questionna-t-il en refermant la porte du bureau derrière lui.
- Non. Mais ma chef à des soupçons. Elle m'a demandé si je travaillais seule, mentis-je.
- Eh bien, on va se montrer plus prudent.
- Je joue ma carrière Harry ! M'exclamai-je. Toi, si on te surprend à enquêter sur quelque chose, on se dira juste que tu fais bien ton travail d'Auror, mais moi je n'ai pas à faire ce genre chose ! Je n'ai pas l'autorité pour. Alors on arrête tout !
- Mais qu'est-ce qui te prend Hermione ? Insista Harry en me dévisageant. Je sais que tu as toujours accordé beaucoup d'importance au règlement, mais tu étais d'accord pour l'enfreindre lorsque cela en valait la peine. Ca a toujours été comme ça... Et là...
- Nous ne sommes plus à Poudlard Harry, insistai-je avec sévérité. Becker me fait confiance, donc tu retournes à ton travail d'Auror et moi au mien.
- Tu arrêtes l'enquête ?
- Non, je ne l'arrête pas, mais je vais travailler seule.
Harry me fixa quelques secondes en silence avant de rouvrir la bouche.
- Tu sais que je ne vais pas arrêter non plus, déclara-t-il.
Je soupirai d'agacement. Harry était fidèle à lui-même... Il n'abandonnait jamais. Ce qui me donnait une raison de plus de parler à Drago. Il fallait qu'il m'aide à arrêter Harry.
- Tu fais ce que tu veux Harry, répondis-je finalement, mais nous ne travaillerons plus ensemble.
Il m'adressa un regard remplit de reproches et je crus même apercevoir une petite lueur de méprise lorsqu'il me jeta un dernier coup d'œil avant de sortir de mon bureau.
Je perdais Blaise et maintenant je perdais Harry. Je savais que Drago n'était pas responsable de tous mes malheurs, mais je ne pouvais pas m'empêcher de lui en vouloir. Après tout, c'était pour le protéger lui que je me mettais mon meilleur ami à dos. Il avait intérêt à vite se montrer !
Cependant, je ne le vis pas de la journée, ni le lendemain, ni le surlendemain.
Alors que je me levais pour le cinquième matin consécutif du canapé de mon salon, ce fut avec une étrange boule au ventre. Etait-il arrivé quelque chose à Drago ? Le pire était de ne pas pouvoir demander quoi que ce soit, à qui que ce soit. J'avais beau être passé un nombre incalculable de fois devant le bureau des Aurors, il n'y avait eu aucune trace de lui. La seule chose qui me rassurait quelque peu, c'est qu'aucuns des Aurors ne semblaient inquiets. Ou peut-être qu'ils ne le montraient juste pas... En même temps qui s'inquiétait réellement pour Drago au ministère ? Avait-il des amis parmi les Aurors ? De véritables amis ?
Je sursautai soudain en entendant Blaise ouvrir la porte du couloir.
- Désolé, lâcha-t-il en me jetant un bref coup d'œil.
- Tu manges avec qui le midi ? Lui demandai-je.
Il tourna lentement la tête vers moi, surpris que je lui adresse la parole. Il fallait dire que nous ne nous étions échangés que quelques mots depuis quatre jours. Il finit par hausser légèrement les épaules et s'approcher quelque peu de moi.
- Je déjeune avec mes collègues, répondit-il.
- Avec personnes d'autres ? Insistai-je. Je veux dire, tu ne manges jamais avec tes amis ou je ne sais pas... Moi il m'arrive de déjeuner avec Harry.
Je me retins de rajouter « avant », car il était peu probable que cela se reproduire de si tôt.
- C'est quoi ta question exactement Hermione ? Me demanda Blaise en fronçant les sourcils.
- Rien, c'était juste comme ça, répliquai-je agacée par la mauvaise volonté qu'il mettait, sans même s'en rendre compte.
Je mourrais d'envie de lui hurler de me dire s'il avait mangé avec Drago ces derniers temps ! Je mourrais d'envie de lui demander s'il l'avait vu ces derniers jours. Mais je ne pouvais pas. Evidemment.
La boule qui s'était formée dans mon estomac, s'alourdit davantage. Quelqu'un avait-il eu des nouvelles de Drago ? Peut-être que oui. Peut-être que Blaise l'avait vu, sinon il aurait semblé inquiet, non ?
- Tu en veux à Malefoy ? Demandai-je le cœur battant en priant pour que ma question lui paraisse normale.
- Non. Enfin... je ne sais pas, avoua-t-il.
- Exprime-toi Blaise, c'est la seule manière pour nous d'avancer.
J'étais affreuse. Je prétextais vouloir communiquer avec lui, alors que tout ce qui m'intéressait, c'était de savoir s'il avait vu Drago ces derniers jours.
- Je sais que c'est lui qui a allumé la flamme, mais nous avions déjà ouvert le gaz.
Une incroyable vague de nostalgie m'envahit aussitôt. C'était exactement en l'entendant parler de cette manière que j'étais tombée sous son charme. Il essayait d'utiliser des expressions moldus pour me montrer qu'il tenait à moi et qu'il s'intéressait à mon monde. Je ne savais pas si cette fois, il l'avait fait expert, mais cela avait eu l'effet escompté. Une larme coula lentement le long de ma joue.
- Nous sommes peut-être tombés amoureux l'un de l'autre, parce que nous étions bien au chaud dans notre bulle. Nos trois ans d'études étaient peut-être comme de grandes vacances, je ne sais pas... Peut-être que c'est le retour à la vrai vie qui nous a réveillé.
Cette fois-ci, je lui adressais un regard surpris. Son discours était totalement différent du Blaise de samedi, de celui qui m'avait demandé de lui donner une seconde chance.
- Si je ne t'ai pas cru pour les histoires avec Drago, c'est parce que ça m'arrangeait, je souffrais déjà suffisamment.
- Tu souffrais ? Répétai-je d'une voix tremblante. Mais pourquoi ?
- Je serais constamment dans ton ombre Hermione, déclara-t-il avec sérieux. Durant Poudlard je m'en fichais complètement, puis durant mes études cela ne me gênait pas tant que ça, mais maintenant... Je t'en voulais Hermione, je t'en voulais vraiment. Je t'en veux toujours d'ailleurs. C'est peut-être pour ça que cela m'allait de te laisser te rendre folle avec les histoires avec Malefoy. J'avais l'impression de reprendre le dessus. Cela me contentait de voir que tu n'étais pas pleinement heureuse.
- Tu n'as jamais été dans mon ombre Blaise ! M'exclamai-je choquée par ses propos.
- Bien sûr que si Hermione. Demande à Ron Weasley, je suis sûr qu'il comprendra ce que je veux dire. C'est avec quelqu'un comme Potter que tu devrais être.
J'écarquillai les yeux de surprise.
- Peut-être que la plus belle preuve d'amour que je pourrais te donner, serait de te libérer et de te laisser être heureuse avec lui.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?
- Je sais que tu le vois beaucoup ces derniers temps... Je vous ais vu vous parler discrètement dans les couloirs du ministère à de nombreuses reprises, tu l'as même accompagné dans l'une de ses missions à Saint-Mangouste... C'est chez lui que tu étais les soirs où tu as disparu ? N'est-ce pas ?
J'avais le souffle coupé. Blaise pensait que c'était Harry que j'aimais. Je n'en revenais pas.
Je n'avais pas contredit Blaise au sujet d'Harry. Peut-être que j'allais le regretter, mais sur le moment j'avais trouvé préférable qu'il pense que je m'intéressais à Harry, plutôt qu'il ne découvre la vérité qui aurait été bien pire. Après ça, nous nous étions murés dans un silence pesant. Blaise avait dîné seul pendant que repassais dans ma tête, de mon côté, les paroles de Drago au sujet de notre couple. Drago avait tout compris en peu de temps. Il avait tout compris avant moi, peut-être même avant Blaise.
Le lendemain, il n'y eu de nouveau pas de trace de Drago au ministère. «T » avait-il apprit pour moi ? S'en était-il pris à Drago pour cette raison ? Mais dans ce cas, pourquoi étais-je encore vivante ? Et si je n'étais pas morte uniquement parce que j'étais « là où il fallait », comme me l'avait si bien dit Drago ? Que se passerait-il si je mettais officiellement fin à mon couple ? Et Drago ?... N'y avait-il pas un moyen que je m'assure qu'il aille bien ? Son adresse ! Il fallait que je trouve son adresse !
Je sortis en trombe de mon bureau pour rejoindre la salle des archives le cœur battant. La salle n'était pas vide, mais personne ne semblait se préoccuper de ma présence. Je me dirigeai alors vers la lettre « M » et entrepris de chercher le dossier de Drago. Quand je tombai enfin dessus, je sortis le dossier du grand carton poussiéreux et jetai de brefs coups d'œil autour de moi, pour voir si personne ne me regardait. Je tournai une nouvelle fois la tête en direction de la porte et je vis Harry qui se tenait dans l'encadrement. Son regard passa de mon visage, à ce que je tenais dans les mains, puis de nouveau à mon visage. Avant que je n'ais pu dire quoi que ce soit, il s'approcha de moi et m'arracha le dossier des mains. Je voulus aussitôt le récupérer mais Harry m'en empêcha d'un regard sévère.
- C'est donc ça... lâcha-t-il. C'est pour que ça que tu m'as écarté ! Tu soupçonnes encore Malefoy !
- Baisse d'un ton, le pressai-je à voix basse, en lançant des regards apeurés autour de nous.
- Tu m'as écarté, parce que tu savais que je n'étais pas d'accord avec tes suppositions, poursuivit-il d'un air médusé. Tu...
- Pas du tout Harry, la coupai-je d'une voix que je voulais assurée. Cela n'a rien à voir avec mes recherches.
- Alors peux-tu m'expliquer ce que tu fais avec son dossier entre les mains ?
- Cela ne te regarde pas. Becker voulait ce dossier, donc je lui apporte. C'est tout.
Harry me fourra brusquement les documents entre les mains, tout en me fixant d'un air suspicieux. Au même moment, je croisai le regard de Blaise. Il sortait d'une longue rangée d'étagères et déboula face à nous.
- Salut, lui lança Harry d'un ton particulièrement amical.
Blaise se contenta de le fixer en silence, puis de me regarder. Son regard n'était pas emplit de reproches comme je m'y étais attendu. Il semblait seulement abattu et impuissant. Il finit par hausser les épaules, non sans un profond soupire et passa devant nous, pour sortir de la salle des archives.
- Qu'est-ce qu'il a ? Demanda Harry en fronçant les sourcils.
Je tenais ma solution. Blaise !
- Il me soupçonne de le tromper avec toi, répliquai-je avec une fausse mauvaise humeur. Blaise et moi sommes à deux doigts de nous séparer...
- Quoi ? Mais tu plaisantes ?
- Il nous a vu plusieurs fois nous parler à voix basse dans les couloirs, il pense que le jour où je t'ai accompagné à Saint-Mangouste, c'était pour travailler avec toi en souvenir du bon vieux temps... Il me soupçonne de beaucoup de choses à vrai dire.
- J'irais lui parler.
- Surtout pas ! M'exclamai-je. Cela va encore plus le conforter dans son idée, si tu essayes de lui prouver qu'on ne ressent rien l'un pour l'autre. Voilà pourquoi je ne veux plus qu'on travaille ensemble Harry. Je tiens à mon couple.
- Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ? Insista Harry d'un air médusé.
- Je n'avais pas spécialement envie de parler de mes histoires de couple.
- Mais on peut toujours travailler en cachette, on se fera beaucoup, beaucoup plus discrets !
- Mais tu ne comprends pas ou quoi ? Blaise est hyper soupçonneux, s'il s'aperçoit qu'on se voit en cachette, là, ce sera vraiment finit. Je ne te mets pas à l'écart définitivement Harry, ajoutai-je. Je veux juste attendre que les choses se calment avec Blaise.
Harry semblait si mal à l'aise, qu'il n'insista pas et ne me reparla pas non plus du dossier de Drago. J'étais tellement soulagée, que l'idée de me sentir coupable pour mon mensonge, ne me traversa même pas l'esprit. Au moment où Harry s'rapprêta à sortir de la salle, il me donna enfin la réponse que j'attendais.
- Au fait, je vais partir en mission pendant une semaine complète. Quand Malefoy reviendra, il faut que tu lui mettes la main dessus pour un dossier, je ne sais plus lequel, mais lui, il saura.
- Parce qu'il est où en ce moment ? Demandai-je le cœur battant.
- Il est malade.
Je me contentai d'hocher la tête, pour que ma voix ne trahisse pas mon état anxiété.
Ainsi il était « malade »... Non ! Il lui était plutôt arrivé quelque chose ! Il était peut-être même mort à cette heure-ci ! J'ouvris son dossier, mémorisai son adresse et le refermai aussitôt pour le ranger. Je me rendrais chez lui dès ce soir.
- Il y a un problème Mlle Granger ? Me lança Becker, agacée de me voir gigoter sur ma chaise de bureau.
- J'ai un rendez-vous avec un médicomage et j'aimerais ne pas le louper, mentis-je en voyant qu'il était déjà dix-huit heures passées.
- Eh bien allez-y, qu'est-ce qui vous en empêche ?
- J'ai encore beaucoup de choses à faire et...
- Le monde ne va pas s'arrêter de tourner, allez-y, insista-t-elle en levant les yeux au ciel.
Elle replongea son nez dans ses propres dossiers, tandis que j'avais l'impression d'être une personne totalement indigne de confiance.
J'avais couché avec Drago Malefoy, j'avais laissé croire à Blaise qu'il se passait peut-être quelque chose entre Harry et moi, j'avais mentis à Harry au sujet de Drago et maintenant, je prétextais un rendez-vous chez un médicomage pour me rendre au domicile de ce dernier. Mais quel genre de personne étais-je devenue ?! Je ne me reconnaissais pas... Avant, je n'aurais jamais laissé de côté mon travail ou mes amis. Mais surtout, mon travail... Je faisais passer Drago avant. Mais en même temps, cela pouvait se comprendre non ? Et s'il lui était vraiment arrivé quelque chose ? S'il était mort ? Si « T » l'avait tué ?
Mon estomac se noua et je rangeai précipitamment mes affaires dans mon sac. J'attrapai mon manteau, souhaitai une bonne soirée à ma chef et sortis du bureau. Je me pressai en direction de l'ascenseur et l'appelai tout en jetant un coup d'œil nerveux à ma montre. Il fallait que Drago soit chez lui ! Il fallait qu'il soit vivant !
- Tu finis tôt, c'est bien. Je voulais qu'on parle ce soir.
Je tournai la tête vers Blaise qui venait de me rejoindre pour attendre l'ascenseur.
- Je ne rentre pas tout de suite, répondis-je la mort dans l'âme. Je dois allez récupérer un dossier pour Becker.
Et encore un mensonge.
- Où ça ? Tu veux que je t'accompagne ?
- Non, je n'en ai pas pour longtemps, je rentre dès que c'est fait.
Blaise me lança un regard suspicieux, mais n'ajouta rien. Finalement, son silence était encore pire que d'éventuelles accusations ou autres questions. Il savait que je mentais, mais ne disait rien pour autant.
L'ascenseur arriva enfin et nous montâmes à l'intérieur, toujours en silence. Lorsque les portes furent pratiquement refermées, une main bloqua l'ouverture et une tête blonde fit irruption face à nous.
C'était Drago.
Mon cœur fit un bon incroyable dans ma poitrine et je sentis mes mains trembler lorsqu'il nous lança un « salut » particulièrement amicale. Lorsque ses yeux se posèrent sur moi, j'eus l'impression qu'il me déshabillait littéralement du regard.
- Eh bien... Vous en tirez une tronche ! Lâcha-t-il amusé.
J'étais incapable de prononcer le moindre son, à l'inverse de Blaise.
- Je ne t'ai pas vu en début de semaine, tu étais où ?
- J'étais malade. Mais comme tu vois, ça va beaucoup mieux, répondit-il d'un air satisfait.
Il finit par entrer complètement dans l'ascenseur, s'insérant entre Blaise et moi et les portes se refermèrent sur nous trois.
- Tu veux aller boire verre ? Proposa-t-il à Blaise.
Il fit glisser, en même temps, sa main dans mon dos et une intense chaleur se diffusa dans ton mon corps. N'avait-il pas peur que Blaise le voit faire ? N'avait-il pas peur que les portes s'ouvrent à un autre étage et qu'on nous voit ainsi ? N'avait-il pas peur que...
- Désolée, je suis fatigué, je vais rentrer, répondit Blaise. Une prochaine fois.
- Eh bien, lâcha-t-il mi-amusé, mi-agacé. Vous faites un bon vieux couple !
Je vis Blaise serrer les mâchoires, tandis que la main de Drago se faisait de plus en plus pesante dans mon dos. Il n'avait aucune idée de l'état dans lequel j'étais. J'étais terrorisée à l'idée que Blaise voit cette main, mais j'étais également étrangement excitée par cet interdit que l'on franchissait sous ses yeux. L'ascenseur s'arrêta si brusquement à l'étage zéro, que la main de Drago quitta mon dos, provoquant une frustration immédiate.
- Vous ne sortez pas ? S'enquit Blaise en avançant d'un pas quand les portes s'ouvrirent.
- Je monte au deuxième étage, répondis-je le cœur battant.
- Et moi au troisième, ajouta Drago.
Blaise n'insista pas et Drago et moi le regardâmes sortir. Les portes me semblèrent mettre une éternité à se refermer, mais lorsque nous fûmes enfin seuls, Drago fondit sur moi, totalement fou. Il pressa ses lèvres contre les miennes et j'ouvris la bouche pour l'inviter à approfondir le baiser. Il me hissa contre son corps, m'appuya contre la paroi de l'ascenseur, tandis que j'enroulais mes jambes autour de son corps. Je laissai échapper un gémissement contre sa bouche lorsqu'il passa l'une de ses mains sous mon pull. J'entrepris de l'embrasser dans le cou, mais il me lâcha soudainement. Les portes venaient de se rouvrirent.
- Vous montez ? Nous demanda un vieil homme, qui tenait une pile de parchemin entre les bras, l'empêchant de voir qui était face à lui.
- Non, on va à l'étage 0, répondit Drago en me jetant un coup d'œil entendu.
L'homme entra dans l'ascenseur et nous sortîmes tous les trois au rez-de-chaussée. Sans nous concerter, Drago et moi nous dirigeâmes tous les deux vers l'extérieur du ministère. Une fois dehors, Drago m'attrapa brusquement le bras et transplana avec moi.
Nous étions étendus, complètement nus sur son lit et Drago faisait lentement glisser ses doigts le long de mon dos.
- Tu me rends fous... murmura-t-il.
- Tu étais où ? Lui lançai-je en m'appuyant sur l'un de mes coudes pour me redresser quelque peu et lui faire face.
- Je t'ai manqué ? S'enquit-il en plongeant son regard dans le mien.
Je ne répondis pas et remontai quelque peu le drap au dessus de mon corps, attendant sa réponse. Mais il ne dit rien. Au lieu de ça, je sentis sa main se frayer un chemin jusqu'à mon intimité. Je voulus m'écarter, mais de son autre bras, il m'attira davantage à lui, m'empêchant de bouger. Je laissai échapper un soupir, sous ses caresses. Je détournai presque aussitôt le regard, mais Drago m'attrapa le visage pour me forcer à le regarder.
- Tu es gênée ? Demanda-t-il. Gênée de quoi ? Prends ton pied Hermione. Laisse-toi aller, tu es magnifique.
Pour la première fois et sans quitter son regard, comme il me l'avait demandé, je pris l'initiative d'enrouler ma main autour de lui. Je vis son regard changer, devenir noir de désir et je compris pourquoi il avait tenu à me regarder. Un gémissement s'échappa de ma gorge lorsque je le vis prendre autant de plaisir qu'il m'en donnait.
