Eeeeeeeeeeeeeeettt... le voilà ! Le nouveau chapitre ! Oui il a été long à venir, je sais, et je m'en excuse, mais j'ai beauuuuuucoup de boulot à la fac depuis la rentrée et j'ai moins de temps pour écrire mais vous en faites pas, j'abandonne pas la fic^^
Comme d'hab, un énormissime merci à ma bêta d'amour à moi, Nowa Uchiwa, qui est la plus gentille des beta du monde !
Sur ce, bonne lecture, et hésitez pas à reviewer !
L'agitation régnait partout dans la forteresse, et tout le monde jusqu'à la plus humble des femmes de chambre s'entassait tant bien que mal dans la cour presque entièrement plongée dans l'ombre des tours de sable. Chacun avait délaissé son travail et attendait avec impatience que des nouvelles leur parviennent enfin. Une foule grossissante, grouillante, comme un énorme monstre, conglomérat de corps transpirant sous le soleil de plomb de cette fin d'après-midi, ne cessant de prendre du volume. L'origine de ce rassemblement massif ? Le retour du maître des lieux, l'Enfant du Désert en personne, que l'on n'attendait pas avant au moins deux semaines. Quelque chose n'allait pas, tout le monde en était pleinement conscient. Chacun essayait discrètement de pousser un peu son voisin de droite ou de gauche pour se faufiler plus en avant et ainsi découvrir quelque chose à propos de tout ce remue-ménage. Des murmures provenaient des premiers rangs, mais ils se perdaient dans le bruit de centaines de personnes se marchant dessus, trépignant sur place et échangeant des théories farfelues sur le retour anticipé de Gaara. Un palefrenier arrivé quelques mois auparavant avec une caravane de marchands affirmait à quiconque voulait l'entendre que le Maître avait été dominé par le démon et que celui-ci venait réclamer son lot de meurtres et de sang et une aide de cuisine rondelette lui répliquait qu'il était complètement fou et que l'héritier avait été kidnappé dans le désert par Orochimaru lui-même et que Gaara venait chercher son armée pour la mener dans les terres du Traitre et aller le délivrer. Bien d'autres histoires passaient d'une bouche à l'autre dans les rangs serrés et chacune semblait disparaître dès qu'une nouvelle se présentait pour peu que celle-ci soit un peu plus grandiose que la précédente.
Gaara avait marché longtemps au milieu de la nuit, jusqu'à ce que le soleil se lève, et même bien après. Il n'avait pas cessé d'avancer, pas même sous le soleil de plomb de midi, et il avait à peine pris la peine de grignoter un bout de viande séchée. Il aurait tout le temps de manger une fois arrivé à la forteresse. L'après-midi touchait à sa fin quand il avait enfin reconnu les barrières de dunes qui masquaient à la vue des voyageurs égarés l'emplacement de son monument de sable. Dès qu'il avait été assez près pour le faire, il avait envoyé le signal. Un geyser de sable d'une bonne dizaine de mètres avait jailli du sol quand son pied s'était enfoncé avec force dans le sable, comme si le désert lui-même avait craché ses entrailles, et en quelques minutes ses hommes sortirent de leurs cachettes pour le débarrasser de son fardeau inanimé qui reposait sur un brancard de sable bouillonnant.
Gaara avait bien essayé de porter Naruto, et il y avait réussi, mais après une dizaine de kilomètres il était devenu évident que le blond l'avait blessé un peu plus gravement qu'il ne le pensait d'abord. Il avait cru qu'ils allaient mourir tous les deux dans la lutte qui les avait opposé, et il avait dû faire appel à son propre démon qui s'était montré plus agressif que jamais, déchainé par la présence d'un autre démon majeur et sentant l'occasion de prendre définitivement possession du corps de son hôte. Le roux avait été poussé dans ses derniers retranchements, et même plus loin encore, mais il n'avait pas perdu le contrôle. Il avait réussi, après une lutte acharnée qui avait ravagé les alentours, à faire rentrer le Kyuubi, et il était certain que c'était simplement grâce aux entraves sur le sceau du blond, mais Naruto était mal en point. Il lui avait fait plusieurs bandages sommaires pour empêcher le blond de se vider de son sang, et il avait dû recoudre lui-même une plaie béante, déchirure impressionnante provoquée par un rocher aiguisé sur lequel Gaara avait envoyé valdinguer le blond dans la furie du combat. Il n'avait pas voulu le blesser aussi gravement, mais l'affaiblir avait été le seul moyen de faire rentrer le démon.
Une fois sûr que la bête ne sortirait plus avant un bon moment, une seule solution s'imposait, aussi n'avait-il pas hésité. Le ramener était la seule chose à faire. Il ne pouvait rien faire de plus pour lui au beau milieu du désert et Sasuke l'aurait traqué jusqu'à ce que mort s'en suive pour lui faire payer la mort du blond s'il n'avait pas agi.
La marche avait été pour lui longue et éprouvante, aussi fut-il extrêmement reconnaissant à ses hommes quand ils prirent en charge le brancard de sable. Un des soldats tendit une outre pleine d'eau au roux qui la vida d'une traite, puis, terriblement las, il emboita le pas aux soldats transportant Naruto à sa place. La forteresse n'était plus très loin, et heureusement pour lui car il se sentait faiblir de minute en minute. Il avait besoin de s'allonger, de boire, de manger autre chose que de la viande séchée, mais surtout de dormir. Il savait que le repos lui était refusé, mais en cet instant il aurait donné n'importe quoi pour simplement fermer les yeux et dormir des heures durant.
C'est donc avec assez peu d'aisance qu'il suivit les hommes et le brancard de sable dans les escaliers menant aux pieds des trois tours de sa forteresse. Gaara ne fut qu'à peine étonné de voir la foule rassemblée au pied de celle-ci. Un quelconque serviteur avait dû voir son signal – un geyser de sable passait relativement peu inaperçu – et s'était précipité pour répandre la nouvelle dans les couloirs, et, tout naturellement, tout le monde était sorti pour connaître les raisons de son retour. Il aurait certainement à faire taire beaucoup de rumeurs, mais plus tard. Il avait des choses plus urgentes à régler. Posant la main sur l'épaule d'un soldat à la peau tannée, il lui dit d'une voix calme mais ferme :
_Soldat, cours chercher l'Uchiha. Dis-lui que je lui ramène l'Héritier.
_Bien Gaara-sama.
L'homme ne se le fit pas dire deux fois. Dévalant les larges marches de sable qui disparaitraient une fois que plus aucun mage ne les soutiendraient, il se précipita, courant à en perdre haleine vers l'intérieur d'une des tours. Il n'y avait pas besoin de plus d'indications. Sasuke allait débouler en quatrième vitesse dès qu'il comprendrait que leur retour anticipé ne pouvait être qu'une mauvaise nouvelle.
Il ne savait pas où se trouvait le Protecteur, aussi préférait-il être prudent et l'envoyer chercher. Celui-ci était peut-être déjà quelque part dans la foule, peut-être avait-il eu vent de son arrivée et hurlait-il même déjà sur un médecin pour qu'on lui donne des informations précises sur l'état de santé de son protégé. Et dès qu'il serait sûr et certain que Naruto ne serait pas frappé d'une mort subite et prématurée dès qu'il détournerait le regard, il viendrait le chercher pour lui tirer les vers du nez et qu'il lui raconte l'incident dans les moindres détails.
Quand le petit cortège stoppa au pied d'une des tours, Gaara fit signe à ses hommes de poser le blond. Il ne donna pas d'autre ordre. Il savait que l'équipe médicale avait déjà été envoyée chercher, aussi se laissa-t-il tomber à genoux aux côtés du blond, feignant de vérifier son état de santé pour éviter de montrer la faiblesse de ses membres. Il était lui-même peu reluisant avec des bleus et des contusions un peu partout ainsi que quelques coupures sanguinolentes, mais il se devait de faire bonne figure. Ses genoux lui donnaient l'impression d'être en coton et des points noirs papillonnaient devant ses yeux, mais il réussit à ne pas flancher.
Gaara, un peu revigoré maintenant que ses jambes n'avaient plus à le soutenir, jeta un œil à Naruto. Celui-ci respirait avec peine et ses pansements avaient besoin d'être changés. Il était pâle comme la mort et faisait peur à voir, mais Gaara connaissait bien les effets des démons majeurs sur le corps humain, et il était persuadé que Naruto allait un peu mieux que ce qu'il laissait paraître. Oui, lui le savait, mais celui qui fendait la foule et qui se trouvait maintenant face à lui, le regardant comme s'il allait le déchiqueter à mains nues, n'avait aucun moyen d'être au courant.
Gaara regarda d'un air absent le brun s'agenouiller aux côtés du blond et passer un bras derrière sa tête. Il le vit lui chuchoter quelque chose à l'oreille, mais il n'entendit pas quoi, et il ne chercha pas à entendre. C'était leur affaire, pas la sienne. Une affaire qui semblait d'ailleurs aller bien plus loin qu'elle ne l'aurait dû, mais encore une fois, ça ne le regardait pas. Tout ce qu'il voulait pour l'instant, c'était un peu de repos.
Quand enfin l'équipe médicale déboucha au pied de la tour, les infirmières écartèrent avec vigueur les badauds curieux, et ils emportèrent l'héritier, suivi de très près par un Sasuke visiblement très inquiet. Gaara ne se préoccupa pas plus d'eux et se laissa tomber sur le sol les bras et les jambes en croix. Il avait bien mérité un peu de repos. Fixant le ciel bleu au-dessus de lui, il plissa les paupières pour protéger ses yeux de la lumière éclatante de cette fin d'après-midi dont quelques rayons pénétraient encore au fond du trou béant qui abritait son refuge. Il ne pouvait rien faire de plus pour l'instant, aussi resta-t-il là, écoutant le bruissement de la foule se dispersant peu à peu. Chacun retournait à ses occupations, le laissant là, seul et au calme.
Il resta allongé là un moment, écoutant le brouhaha en provenance de la forteresse diminuer doucement, laissant le soleil brûler sa peau. Il aimait sa morsure chaude et violente. Elle lui rappelait qu'en ce monde tout pouvait se montrer mortellement cruel et qu'il devait être continuellement sur ses gardes. Ce fut une ombre lui cachant le sujet de ses réflexions qui lui fit ouvrir les yeux.
_Bon retour parmi nous, petit frère.
_Que fais-tu là Temari ?
_Je suis venue te chercher, idiot. Tout le monde attend le retour du maître des lieux.
_Ils savent tous que je suis rentré non ?
_Oui, mais les rumeurs ne cesseront que lorsque tu seras en sécurité dans les tours. Et que tu seras un peu plus présentable que tu ne l'es. Tu sais que j'ai entendu un homme affirmer à un soldat qu'Orochimaru s'était caché dans un trou de sable pour te tendre un piège et qu'une armée de je ne sais combien de milliers d'hommes traversait en ce moment le désert pour venir nous attaquer ? Qui sait ce que seront devenues les rumeurs dans une heure ou deux.
_Tu as raison. Je vais rentrer.
Gaara attrapa le bras tendu de sa sœur qui le hissa sur ses pieds. Il était décidément bien plus affaibli qu'il ne le croyait, et même s'il pouvait le masquer jusqu'à un certain point, Temari était très perspicace.
_Tu as trop forcé, abruti.
_J'ai besoin d'un peu de repos.
_Tu serais rapidement en forme si tu dormais une heure ou deux.
_Ma veille habituelle suffira, dormir est trop risqué, tu le sais.
_Peut-être... mais tu es faible, et tu as besoin de calme et d'un vrai sommeil réparateur. Si tu voulais bien laisser Jiraya regarder tes sceaux peut-être que...
_Je survivrai Temari. Et nous avons déjà discuté de ça, c'est non tant que la guerre qui se prépare ne sera pas terminée. Allons-y maintenant, Sasuke doit me chercher partout pour tenter de me tuer à coup de regards noirs.
_Je crois qu'il est trop occupé à essayer d'entrer de force dans la salle de soins. J'ai cru comprendre qu'une infirmière mal embouchée lui avait expliqué avec fort peu de sympathie qu'on ne voulait pas de lui dans les pattes du docteur.
_Il l'a mal pris ?
_Bien sûr que oui. Le couloir où il attend est désert. Personne n'ose l'approcher.
_Tant mieux. Je doute qu'il ait besoin de compagnie pour l'instant, et je préfère éviter tout incident. Aide-moi, j'ai besoin de manger, de me laver et d'enfiler des vêtement propres.
Ils quittèrent à leur tour la cour à présent vide. Gaara aurait voulu marcher sans avoir à se faire aider par Temari.
OOOOOOOOOOOOOO
Sasuke était... comment dire ? Angoissé ? Non, pire que ça. Il était complètement terrorisé. Son estomac se tordait dans tous les sens et semblait noué par un millier de nœuds serrés si fort que jamais ils ne se déferaient. Il avait à peine aperçu Naruto alors que les hommes de l'enfant du désert le portaient jusqu'à la salle de soins et il ne savait même pas si le blond avait entendu ce qu'il lui avait chuchoté à l'oreille. Il avait tenté d'entrer de force dans la salle où le médecin s'occupait du blond, mais les infirmières s'étaient montrées assez dures et violentes. Et également très claires. Elles ne voulaient pas de lui dans la salle, un point c'est tout, et il était contraint d'attendre là, tournant en rond comme un abruti, totalement impuissant.
Il avait cru mourir quand il avait vu le corps inanimé de son ami passer sous ses yeux. Le garçon habituellement si énergique était pâle comme la mort. Son torse nu était maculé de tâches de sang séchées et un imposant bandage recouvrait son flanc droit. Un morceau de la tenue de Gaara servait également de garrot sur un de ses bras, et de multiples entailles de taille plus minime barraient son corps en tous sens. Naruto faisait vraiment peur à voir, et lui qui était censé le protéger n'avait pu que le regarder disparaître derrière les portes maintenant closes de la pièce où le médecin de la forteresse soignait ses patients. Étrangement, le couloir était complètement vide et plongé dans le silence, il était donc seul à ruminer sa colère et son désarroi. Le brun pensait que beaucoup seraient venus s'enquérir de l'état de santé de l'héritier. Ils étaient à la forteresse depuis peu de temps, mais une foule impressionnante de personnes s'étaient déjà attachées au jeune blond survolté. Naruto attirait l'affection des gens sans rien avoir à faire de particulier, c'était comme ça tout simplement. Il ferait un bon roi.
S'il survivait...
Sasuke s'en voulut à l'instant même où cette phrase traversa son esprit. C'était le genre de chose qui pouvait vous porter la poisse, et même s'il n'avait jamais été particulièrement superstitieux, le brun préférait ne prendre aucun risque. Sans réfléchir, il se mit sur ses pieds et entreprit d'arpenter le couloir de long en large. Naruto devait s'en sortir, il n'y avait pas d'autres solutions envisageables. Le démon ne le laisserait jamais mourir, ça, il en était certain, mais il ne savait pas dans quelles mesures il pouvait intervenir sur le corps du blond.
Naruto n'avait tout simplement pas le droit de mourir. Jiraya et Kakashi, et toute l'armée massée dans la forteresse comptaient sur lui, Tsunade, enfermée dans les cachots du Palais, l'attendait et lui... il avait tout simplement besoin de lui. Il s'était voilé la face bien trop longtemps. Il avait des choses à dire à Naruto, et si celui-ci mourrait, il ne les entendrait jamais. Il devait s'en sortir. Il le fallait.
Incapable de contenir sa rage et ça douleur, il enfonça son poing gainé dans son éternelle mitaine de cuir dans un mur. Celui-ci s'effrita sous la puissance du coup et une douleur sourde irradia dans la main du brun qui entreprit de la masser sans grande conviction tout en continuant de faire les cent pas.
C'est une main sur son épaule qui le tira de ses noires réflexions.
_Tu vas user le sol si tu continues.
_Shikamaru... tu m'as fait peur.
_Tu dois être vraiment inquiet pour ne pas m'avoir entendu arriver.
_Comment pourrais-je ne pas être inquiet ? Naruto est peut-être entre la vie et la mort et personne ne veut rien me dire !
_Laisse-les faire leur travail. Je suis sûr qu'ils viendront te prévenir dès qu'ils le pourront.
_Mais si jamais Naruto...
_Il s'en sortira. Je ne pense pas que le démon laisse notre cher héritier y passer. Et puis Naruto est très fort. Cesse donc de te ronger les sangs. Naruto va vivre.
_Il le doit. J'ai beaucoup de choses à lui dire. Et des excuses à lui faire.
_Commence par t'asseoir. Tu me donnes la migraine à tourner en rond comme ça.
Sasuke hésita, puis obtempéra. Rester assis ne servait à rien, mais tourner en rond non plus. Il reprit donc place sur son siège tandis que Shikamaru s'installait sur la chaise voisine. Tous les sièges étaient dépareillés, ensemble hétéroclite de divers sièges et tabourets bas en bois alignés le long du mur de sable, mais Sasuke s'en fichait bien.
Il observa son compagnon du coin de l'œil. Il ne comprenait pas comment il pouvait paraître si calme alors que son monde était peut-être à deux doigts de s'écrouler. Shikamaru était toujours comme ça. Il avait l'air flemmard, et il l'était sans conteste, mais cela cachait aussi une attitude réfléchie et une très grande intelligence. Un peu trop peut-être, il se montrait parfois légèrement trop perspicace au goût de Sasuke. Quoi qu'il en soit, depuis qu'il participait aux réunions stratégiques, il donnait toujours d'excellents conseils que l'Uchiha aurait été bête de ne pas prendre en compte. Neji Hyûga, malgré une apparente arrogance était aussi d'excellent conseil. Il avait grandi en baignant dans les intrigues du Palais et des hautes familles nobles, et même si c'était à sa cousine Hinata que l'on destinait la succession de leur famille à présent détruite, ils avaient suivi les mêmes enseignements et il en connaissait tout autant qu'elle sur la façon de gérer une armée. La jeune fille laissait donc son cousin participer aux réunions à sa place, préférant aider à l'accueil des réfugiés qui affluaient de plus en plus souvent à mesure que les rumeurs circulaient et que des hommes les rejoignaient.
Shikamaru ne disait rien et Sasuke était de plus en plus tendu, ainsi tenta-t-il de continuer la conversation. S'il restait dans ce silence à attendre, il allait tuer quelqu'un.
_Tu es venu prendre de ses nouvelles toi aussi ?
_Je suis surtout venu voir comment tu allais en fait. Je me suis douté que tu serais d'assez mauvais poil et j'ai pensé que tu apprécierais un peu de soutien.
_Hum.
_Sasuke ?
_Quoi ?
_C'est ta faute hein ?
_Quoi donc ?
_Votre dispute. Celle qui a fait qu'il est parti sans toi dans le désert. Je suppose qu'il a tenté de te faire part de ces choses qu'il y a entre vous et que tu ne sembles pas disposé à accepter pour l'instant. Mais je pense qu'il y a aussi quelque chose de plus grave, parce que tu l'aurais probablement suivi si ce n'était qu'une question de sentiments, et tu ne serais pas dans un tel état. Je pense que tu t'en veux terriblement pour quelque chose. J'ai entendu dire que vous ne partagiez plus la même chambre avant que Naruto ne partes avec Gaara dans le désert. Je ne sais pas quelle est la chose que tu as à te faire pardonner, mais je suis sûr qu'il acceptera que tu retournes à ses côtés. Et tu pourras aller t'excuser puisqu'il va survivre. C'est un dur à cuire.
Sasuke était bouche bée. Shikamaru était vraiment terrifiant.
_Je... Tu es un monstre Shikamaru.
_On me le dit souvent.
_J'ai mal agi envers Naruto, c'est vrai, mais ça n'arrivera plus. Je ne le laisserai plus jamais seul.
_Je n'en doute pas.
Le silence se réinstalla et Sasuke ne tenta plus de le briser. Il n'avait pas envie de parler. Tout ce qu'il désirait, c'était voir Naruto. Et le voir en vie. Il lui sembla que les minutes étaient des heures et que jamais on ne viendrait lui donner des nouvelles du blond.
« De mon blond. »
Il se sentit rougir à cette pensée et détourna la tête. Il fut reconnaissant à Shikamaru de faire comme s'il n'avait rien remarqué. C'était la première fois qu'il avait une telle pensée, et, à en juger par la couleur de ses joues et l'emballement de son cœur, ce ne serait certainement pas la dernière. Les rougeurs s'attardaient encore sur ses joues quand la porte de la salle de soin s'ouvrit enfin. Un médecin lui fit signe d'entrer et il se précipita dans la pièce. Il fut reconnaissant à Shikamaru de ne pas le suivre. Il avait besoin de parler avec Naruto. Seul. Et longtemps.
Le docteur se sécha les mains qu'il venait visiblement de laver avec un linge propre et conduisit Sasuke devant une rangée de lit isolés les uns des autres par des rideaux. Naruto était étendu sur l'un d'eux. Sa poitrine se soulevait au rythme de la lente respiration du sommeil, et Sasuke laissa échapper un soupir de soulagement. Naruto était vivant, et il semblait même moins pâle que lorsque Gaara l'avait ramené. Certaines de ses coupures disparaissaient sous des pansements et le bandage de la blessure sur son flanc avait été changé.
_Comment va t-il ?
_Relativement bien. Il était surtout faible. Certaines de ses coupures semblaient impressionnantes mais elles commencent déjà à se refermer. Il a besoin de quelques jours de repos. Il a l'air de récupérer assez vite. Il sera sur pieds dans moins d'une semaine. Je n'avais jamais vu quelqu'un cicatriser à cette vitesse...
_Je peux rester avec lui ?
_Hum ? Oui, oui, mais ne le fatiguez pas.
Sasuke laissa le médecin retourner à ses patients. Il prit un tabouret qui trainait devant une table, l'installa devant le lit du blond et tira le rideau afin d'avoir un peu d'intimité. Le brun prit place sur le tabouret qui s'avéra assez peu stable et après un instant d'hésitation, il prit la main du garçon dans les siennes. Il allait attendre qu'il se réveille, et après, il lui dirait toutes ces choses qui tournaient encore et encore dans sa tête depuis si longtemps. Et alors, plus jamais il ne le quitterait.
OOOOOOOOOOOOOO
Naruto se sentait comme hors de son corps, comme si son esprit était dedans, mais qu'il n'avait plus aucun contrôle, qu'il était tout juste capable d'être conscient qu'il existait. Tout était noir et il n'y avait plus rien à part des flash colorés, des images trop floues pour qu'il ne soit capable d'y voir quelque chose. Il était comme écrasé, dominé par quelque chose de plus gros et de beaucoup plus puissant que lui, et parfois cette chose l'étouffait tellement qu'il sentait sa conscience vaciller, presque à deux doigts de disparaître. Il s'était accroché, difficilement, mais il l'avait fait, et après une lutte interminable la chose qui voulait l'annihiler avait simplement disparue, mettant fin à la lutte. Il avait réintégré son corps et reprit conscience quelques instants, juste assez pour voir le visage couvert de sang de Gaara dans la lumière tremblotante d'un feu. « Le Démon est sorti. Je te ramène ». C'est tout ce qu'il avait entendu avant de sombrer dans l'inconscience.
Il s'était senti balloté, trainé, porté dans ses rares moments de lucidité. Il était extrêmement fatigué et son flanc le faisait souffrir à chaque mouvement. Son corps était comme une écorchure géante. Tout ce dont il se rappelait du trajet de retour c'était le ciel bleu, le crissement du sable, des voix, une voix...
Sasuke, son visage, flou, mais il savait que c'était lui. Et un chuchotement. Puis plus rien à nouveau. Il avait voulu lui sourire, mais il ne savait pas s'il y était parvenu. Il l'espérait. Si Sasuke était avec lui, tout irait bien, il en était sûr depuis le jour où l'Uchiha avait prêté son serment.
Naruto tenta de bouger. Rien. Son corps lui donnait l'impression d'être complètement englué, mou et flasque, et la tête lui tournait. Il visa plus petit et tenta d'ouvrir les paupières, mais, découragé par la lumière un peu trop forte à son goût, il décida que faire bouger un doigt ou deux serait déjà respectable. Sa main n'avait pas l'air prête à obéir, mais après quelques efforts, elle répondit enfin et il sentit son index et son majeur se soulever légèrement. Aussitôt une pression légère se fit sentir sur eux en les entourant et une voix l'appela.
_Naruto ? Naruto tu es réveillé ?
Il connaissait cette voix mieux que nulle autre. Il sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine puis se serrer douloureusement. Tout, absolument tout lui revînt en mémoire, comme un coup de fouet cinglant meurtrissant son cœur et son âme. Les sceaux, les entraves et le démon qui avait causé la disparition d'Itachi. L'abandon. Les rêves dans le désert... le rêve de trop, celui où il avait vécu mille et une fois la mort de ceux qu'il aimait. La mort de Sasuke, donnée de ses propres mains encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne le supporte plus. Le Kyuubi en avait profité et il avait pris le dessus. C'est à partir du moment où sa conscience avait été presque dévorée par celle du renard que ses souvenirs étaient flous et discontinus et il ne se souvenait clairement que de la voix de Sasuke lui renouvelant son serment.
Naruto, après plusieurs tentatives infructueuses, ouvrit péniblement les yeux, luttant contre la lumière pourtant peu vive de la pièce. Il devait y arriver. Sasuke s'inquiétait sûrement pour lui, il fallait lui dire qu'il allait bien. La main qui tenait la sienne serra un peu plus ses doigts et une autre passa sur son front, sa joue puis dans ses cheveux. Naruto appuya sa tête contre la main de Sasuke pour prolonger le contact et profiter un peu plus de celui qui lui avait tant manqué.
_Sas'ke..
Sa voix était rauque et sa gorge sèche et lui fit presque peur. Il était sûr qu'il pourrait boire un tonneau entier d'eau si on lui en laissait la possibilité. Sasuke sembla comprendre et porta un verre d'eau claire et fraiche à sa bouche, le renversant avec lenteur pour laisser à Naruto le temps d'avaler. Celui-ci manqua malgré tout de s'étouffer à plusieurs reprises et le brun l'aida à se mettre dans une position semi-assise, le dos appuyé contre un gros coussin.
Puis Sasuke reprit place sur son tabouret et replaça machinalement la main du blond dans la sienne, visiblement trop troublé pour se rendre compte de son geste. Il avait l'air pensif, et ses sourcils froncés montraient bien qu'il était en train de réfléchir intensément.
_Pas la peine de préparer de grands discours Sas'ke.
_Hein ?
_Tu...as l'air pensif. Je te connais. Tu es en train de te prendre la tête sur toute cette histoire. Sauf qu'il n'y a pas de quoi.
_Je t'ai abandonné Naruto !
_Et j'ai parfaitement compris pourquoi tu l'as fait. Je porte en moi la créature qui a causé la mort de tout ton clan. Tu es fort Sasuke, tu es la personne la plus forte que je connaisse, mais si tu penses que tu peux apprendre ça et rester impassible, c'est que tu es complètement débile. Je ne peux pas t'en vouloir pour ça.
_Moi je m'en veux. Je ne me le serais pas pardonné si...
_On s'en fiche puisque j'ai survécu. J'allais pas me laisser faire par un renard à la con !
Sasuke ne put réprimer un sourire. Il reconnaissait bien là Naruto et son optimisme, son entrain, sa manière de ne pas se laisser abattre, ou tout du moins, pas devant les autres. Naruto lui sourit en retour et serra un peu plus la main qui étreignait la sienne. Ce n'est qu'à ce moment que le brun sembla se rendre compte qu'il tenait la main du blond dans la sienne. S'il ne retira pas sa main, ce qui était pour le blond un très bon signe, une légère rougeur apparut sur ses joues et il détourna légèrement la tête.
Le blond se sentait bien en cet instant, même si son corps était encore plutôt douloureux. Le kyuubi s'était retiré dans un coin reculé de son esprit, ses blessures guérissaient à un rythme hors du commun et, le plus important, Sasuke était avec lui. Il n'était pas dupe, des moments compliqués les attendaient puisqu'il allait devoir faire comprendre à Sasuke qu'il ne tolèrerait plus de sa part qu'il nie ce qu'il y avait entre eux. Et puis il n'avait toujours pas assez de contrôle sur la force du kyuubi et il allait devoir trouver une solution à ça aussi. Mais pour l'heure, il se sentait las et il avait besoin de quelques heures de sommeil réparateur. Avec un sourire malicieux qui ne dit rien de bon à Sasuke, il s'allongea sur le côté et dit d'un ton innocent au brun :
_Sas'ke, je voudrais dormir un peu.
_Et bien dors, baka.
_Tu restes avec moi ?
_Bien sûr. Je... Je ne te laisse plus.
_Je suis donc condamné à te voir me suivre comme mon ombre partout où j'irai ?
_Hn.
_Tu comptes rester sur ce tabouret tout le temps où je vais dormir, Sas'ke ? C'est pas confortable.
_Tu es aussi subtil que Jiraya quand il va se rincer l'œil dans les bains des femmes.
_Tu viens oui ou non ?
_Oui, Usuratonkachi.
_Baka.
Sasuke se leva, poussant un soupir à fendre l'âme, et contourna le lit d'un pas lent. Il n'était pas sûr que c'était une bonne idée, mais il savait que refuser ça à Naruto n'en était pas une. Et de toute façon, il savait qu'il devait arrêter de se voiler la face, car même s'il trouvait toujours ça extrêmement étrange d'avoir envie de contact physique avec le blond, il ne désirait plus se retenir. Il s'allongea sur le lit et colla son torse contre le dos de Naruto, passant un bras par dessus la taille de celui-ci.
_Si quelqu'un me voit comme ça, tu es mort.
_Mais oui Sasuke.
Quand Naruto glissa ses doigts dans ceux du brun en poussant un soupir d'aise Sasuke sentit ses roues virer complètement au rouge et, gêné, il enfouit son visage dans le cou du blond et attendit que celui-ci trouve le sommeil.
Sasuke n'avait bougé que plusieurs heures plus tard. Naruto dormait encore, mais il commençait à gigoter dans son sommeil, signe qu'il allait bientôt se réveiller. Sasuke se glissa hors du lit et, ôtant sa cape, il en couvrit le blond qui était en train de s'enrouler consciencieusement autour des draps d'un blanc immaculé. Sasuke était persuadé qu'à son réveil le blond serait affamé. Il se dirigea donc d'un pas rapide vers les cuisines, espérant être de retour avant le réveil de la marmotte sous sédatif qui lui servait de... De plein de choses, peut-être un peu trop, mais il ne pouvait plus faire marche arrière et nier cette attirance qu'il éprouvait pour ce blond survolté que le suivait depuis son enfance.
Il savait qu'il voulait Naruto de cette façon-là, et même si l'admettre lui avait pris plus longtemps qu'au blond, ses sentiments avaient évolué, et il allait être obligé de mettre sa fierté de côté même si ça lui plaisait moyennement.
Au détour d'un couloir, le Protecteur fut tiré de ses pensées par Jiraya et Kakashi qui revenaient apparemment des cuisines puisqu'ils avaient avec eux du pain chaud et un bout de fromage. Ce fut le vieil homme qui l'interpella.
_Hoy Sasuke ! Comment va le gamin ?
_Il va bien Jiraya-sama Il cicatrise plus vite que nous d'après ce que j'ai vu.
_Oui, j'ai parlé avec le médecin. Ses blessures sont déjà pratiquement refermées. C'est sûrement l'œuvre du Kyuubi. Si son porteur meurt, il disparaît avec lui. Il doit accélérer la guérison du gosse.
_Hun.
_Tu es venu lui chercher à manger ?
_Oui, il ne va pas tarder à se réveiller et comme je le connais, il sera affamé.
_Comme c'est gentil et prévenant de ta part « Sas'ke ».
Sasuke lança un regard noir à Kakashi. Il avait nettement senti la moquerie qui était à peine dissimulée et il serra les dents pour ne pas lui renvoyer une réplique cinglante. Il leur tourna le dos pour continuer son chemin, mais les deux hommes n'en avaient visiblement pas terminé.
_Je suppose que maintenant que vous vous êtes retrouvés vous allez, comment dire... aide-moi Kakashi...
_Passer à l'étape supérieure ?
_Oui tout à fait ! Essayez de rester discret.
_C'est pas possible, tout le monde est au courant de ça ou quoi ?
_Tous ceux qui ont un peu de jugeote et voient plus loin que le bout de leur nez.
_Et bien, Jiraya-sama, si ces gens plein de « jugeote » pouvaient s'occuper de leurs affaires, ça m'arrangerait.
Entendre les deux hommes ricaner dans son dos après une nouvelle plaisanterie un peu déplacée n'arrangea pas l'humeur de Sasuke qui fit la peur de sa vie à la cuisinière à qui il soutira un plateau de nourriture.
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Jiraya se tenait encore les côtes à cause de son fou rire quand Kakashi et lui aperçurent l'Uchiha chargé d'un plateau débordant de nourriture qui retournait vers l'infirmerie. Il savait que le brun était susceptible, mais il n'avait pas pu s'empêcher de le taquiner un peu. Il était passé par l'infirmerie avec Kakashi une heure plus tôt et ils avaient trouvé Naruto et Sasuke endormis l'un contre l'autre, et il en avait déduit que l'Uchiha était enfin devenu raisonnable. Il savait qu'il n'aurait pas dû se moquer de lui, mais il le méritait bien. Il avait abandonné le gamin quand il avait le plus besoin de lui et n'avait pas été là pour le protéger contre le démon. Il comprenait sa décision, et c'était une mauvaise foi dont il était parfaitement conscient qui lui faisait se dire que l'Uchiha aurait pu être plus fort et rester auprès de Naruto.
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Quand Naruto ouvrit les yeux, il comprit tout de suite qu'il manquait quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. La cape de Sasuke était posée sur lui, mais son propriétaire avait déserté les lieux. Repoussant la cape et les draps qui étaient enroulés autour de son corps, Naruto se mit en position assise, vérifiant qu'il n'avait pas de vertiges et qu'il pourrait tenir debout tout seul. Il avait des décisions à prendre, et pour ça, il devait avoir les idées claires. S'étirant, il se gratta le crâne et constata que ses cheveux étaient atrocement emmêlés. Il avait besoin d'une douche. Et d'un repas à en juger par le cri de douleur et d'agonie poussé par son estomac. C'est alors que Sasuke apparut avec de quoi lui sauver la vie. Mais ce n'est pas le plateau de nourriture qui attira son regard, mais plutôt celui qui le transportait. Sasuke était beau. Ça le frappait comme une évidence de plus en plus souvent. Il était beau avec ce torse et ces bras finement musclés mis en valeur par les tuniques noires près du corps qu'il portait et avec cette peau si pâle et ces cheveux noirs qui encadraient son visage. Son cœur rata un battement quand Sasuke s'approcha de lui pour poser le plateau au bout du lit puis prit place sur le tabouret, frôlant le blond au passage.
Naruto se souvenait de la première fois où son cœur s'était emballé après un simple regard, un simple contact avec Sasuke. Il avait environ douze ans. C'était l'époque où il aurait dû courir après les filles de son âge pour leur voler un baiser et en apprendre éventuellement un peu plus sur l'anatomie féminine, et pourtant, c'était la période où il avait passé le plus de temps avec le brun. Il regardait souvent Sasuke à cette époque, car après tout, « Sas'ke » était toujours le plus fort pour lui et l'admiration qu'il ressentait pour son protecteur étant enfant n'avait pas disparu. Il regardait l'adolescent plus vieux et désespérément plus grand que lui d'au moins vingt centimètres – il se mesurait chaque matin pour guetter le moindre signe de croissance qui le ferait rattraper Sasuke – plus fort aussi, plus puissant. Il regardait Sasuke comme un ami, comme son frère, mais aussi, depuis peu, comme un adversaire.
Et puis un jour, il l'avait regardé comme un homme.
Si Naruto ne lâchait plus son « Sas'ke » d'un pouce c'est parce que sa mère avait enfin accepté, après des mois de demandes suppliantes, que son « tout petit » apprenne l'escrime et le combat au corps à corps. C'était tout naturellement l'Uchiha qui avait été désigné pour accomplir cette tâche. Sasuke s'entrainait donc avec le petit blond dans une des cours intérieures du palais, maniant une épée en bois légère mais solide que les jeunes soldats inexpérimentés utilisaient à leurs débuts. Sasuke était un mage puissant pour son âge, mais il savait aussi bien se battre avec une lame qu'à mains nues.
Naruto avait une fois de plus fini en sueur et couvert de bleus et après un énième coup cinglant sur son derrière de la part de son ami, il était finalement allé s'assoir pour reprendre son souffle en s'efforçant de ne pas grimacer et avait regardé le brun s'entrainer seul, certifiant à l'Uchiha qu'il se reposait juste un peu et qu'il n'abandonnait pas. Il détestait perdre face à Sasuke.
Naruto attendait l'air de rien que la douleur qui le lançait dans la fesse droite diminue un peu pour reprendre le combat. Sasuke était un bon professeur, certes, mais il était dur et intransigeant, comme son père l'avait été avec lui quand il lui avait donné ses premières leçons.
Naruto apprenait vite, mais il était d'un caractère vif et emporté et oubliait toujours de réfléchir avant d'attaquer. Sasuke prenait son mal en patience et le laissait le charger comme un abruti, laissant une quantité d'ouvertures incroyable pour sa lame de bois. Naruto était aussi têtu et le brun savait que quand il en aurait assez d'être couvert de bleus de la tête aux pieds il se déciderait enfin à faire un peu attention.
Il cherchait une solution pour se masser la fesse sans que Sasuke ne s'en aperçoive quand étaient arrivées trois servantes du Palais, transportant des draps propres pour une des innombrables chambres de l'imposant bâtiment. Elles s'étaient arrêtées derrière une colonne non loin du blond, tombant en pâmoison devant l'Uchiha torse nu et en sueur qui exécutait quelques mouvements de base en attendant que l'héritier se décide à revenir le défier. Elles avaient passé un long moment à détailler et à commenter ses muscles bien dessinés, sa peau délicate, ses beaux cheveux et ses yeux si noirs et combien il serait plaisant pour elles d'être étreintes par ces bras puissants.
Naruto n'avait jamais regardé Sasuke. C'était Sas'ke, il le connaissait depuis toujours. Il était avec lui depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait. Le brun avait toujours été avec lui, et, quand il y réfléchissait, il ne l'avait jamais vu avec une fille. Une pointe de jalousie lui pinça le cœur quand il s'imagina devoir partager l'Uchiha avec une de ces filles niaises. Sasuke était à lui, il était là pour lui. Seulement, il ne l'avait jamais vraiment regardé.
Alors il l'avait fait. Et il s'était demandé comment il avait pu passer à côté de ça aussi longtemps. Sasuke avait un visage très fin qui le rendait vraiment beau et il comprenait que son corps musclé fasse envie aux jeunes filles.
Troublé, Naruto se leva pour reprendre l'entrainement. Il n'y avait rien de tel qu'un peu d'exercice pour lui remettre les idées en place. Étrangement les trois filles avaient détourné leur regard de Sasuke et le fixait maintenant lui. Ne s'en préoccupant pas, il laissa Sasuke leur lancer un regard noir qui les fit retourner à toutes jambes à leur travail, accompagnées sur un commentaire acide de Sasuke.
Il manqua étrangement de concentration durant le reste de l'entrainement.
Naruto sourit à l'évocation de ce souvenir et ignora l'air interrogatif de Sasuke devant sa soudaine gaieté. Il attaqua avec entrain le plateau de nourriture, bénissant le brun d'avoir pensé à aller lui chercher quelque chose à manger. En était à peine à la moitié de son repas quand un jeune homme se glissa dans l'entrebâillement du rideau entourant son lit qui était resté ouvert au retour de Sasuke.
_Uchiha-sama, on vous demande. Gaara-sama a organisé une réunion et votre présence est nécessaire.
_Merci. Vous pouvez disposer.
L'homme se retira aussi discrètement qu'il était arrivé. Sasuke fixait Naruto et avait l'air ennuyé. Il hésitait visiblement à se rendre à cette réunion.
_Vas-y, je ne vais pas m'envoler.
_Je ne veux pas te laisser.
_Je reste là, j'ai encore besoin de repos. Et je dois réfléchir à certaines choses à propos du Kyuubi. Nous parlerons quand tu auras fini.
_Tu es sûr ?
_Bon... Envoies quelqu'un me chercher si tu as besoin de quoi que ce soit.
_Je ne suis pas en sucre Sasuke. Je ne vais pas fondre si tu me laisses une heure ou deux.
_Tss, abruti.
_C'est toi l'abruti. Dépêche-toi, ils t'attendent.
_Hn.
Sasuke se leva et récupéra sa cape qu'il plaça soigneusement sur ses épaules. Vérifiant d'un coup d'œil que Naruto ne manquerait de rien, il se dirigea vers le rideau entourant le lit, puis s'arrêta, semblant hésiter sur quelque chose. Brusquement, il fit demi-tour et revînt vers Naruto, toujours assis sur le lit, un bout de pain dans la main à mi-chemin de sa bouche. Il eut à peine le temps de comprendre ce qu'il se passait. Une des mains de Sasuke vint se poser en un léger frôlement tandis que ses lèvres se pressaient sur sa tempe. Naruto eut à peine le temps de voir les joues complètement rouges de Sasuke avant que celui-ci ne disparaisse derrière le rideau. Un immense sourire ne le quitta plus tandis qu'il terminait son repas. Il lui tardait que Sasuke revienne de sa réunion. Ils avaient visiblement énormément de choses à se dire.
