Trois avis, je suis comblée :D ça fait vraiment plaisir à un auteur de voir son travail récompensé, même sur des points négatifs ^^

La personnalité de Yûna se dévoile davantage... et je ris encore après relecture ^^"

Un an plus tard (mars-avril 1953)

La vie suivait tranquillement son cours au Seireitei. Tandis que Rukia se préparait à entamer sa scolarité à l'Académie et retrouvait sa complicité avec Renji qui venait de réussir l'examen d'entrée après un échec, Yûna et Asahi attendaient Shinobu et son résultat au Kidô. La brune se montrait beaucoup plus anxieuse que sa voisine, même si son ami avait progressé tout au long de l'année et qu'elle ne pouvait désormais plus rivaliser avec lui.

Elle voyait d'un très mauvais œil les tentatives de rapprochement d'Hikari avec Shinobu, d'autant plus qu'il ne semblait pas la repousser. Sa défaite au tournoi de Zanjutsu ne l'avait pas changée : elle s'imaginait toujours que tout lui était dû à cause de son appartenance au clan Kasumiōji, une famille du rang suivant immédiatement celui de la haute noblesse, et ses vues sur le garçon lui faisaient penser qu'il céderait vite à ses avances.

Yûna sentait la rage monter en elle à chaque fois qu'elle voyait son ennemie attendre Shinobu à la sortie des cours. Plusieurs fois, Asahi dut la retenir pour éviter qu'Hikari se retrouve à l'hôpital suite à un sort de Kidô ou une bagarre.

- Je crois que tu es jalouse, Yûna, dit soudain Asahi.

- Doushite ?

- Tu as peur de perdre Shinobu, c'est pour ça que tu détestes Hikari encore plus qu'avant.

- J'vois pas de quoi tu parles.

Mais la rougeur de son visage trahissait ses émotions : depuis quelque temps, en voyant parfois Eriko et son petit ami ensemble, elle se disait que sa relation avec Shinobu ressemblait énormément à la leur.

Elle ne savait pas exactement quand ses sentiments pour son ami étaient apparus. Ils passaient tellement de bons moments ensemble et partageaient tant de choses que Yûna ressentait un vide lorsqu'ils étaient séparés.

Même si elle refusait de voir la réalité en face par crainte que les choses changent, depuis plusieurs mois elle savait plus ou moins où les choses en étaient. Depuis ce jour des vacances de Noël, où Shinobu avait dévoilé son talent au Kidô en terrassant à l'aide d'un Soukatsui un petit Hollow qui menaçait son amie...

Ne sachant pas comment s'y prendre, elle ne réussissait pas à en parler avec le principal concerné. Mais Asahi qui la connaissait bien à force de la fréquenter n'avait pas mis longtemps à comprendre le problème.

- Tu vas encore dire que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, reprit Asahi, mais tu devrais lui avouer ce que tu ressens avant qu'Hikari l'ait complètement attiré dans ses filets. Vous vous tournez autour depuis si longtemps ! Je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'il a aussi des sentiments pour toi.

Yûna n'eut pas le temps de répliquer : un bruit de pas familier lui fit redresser la tête, et elle se releva au moment où son ami franchit la porte du jardin.

- Shin, ici !

Il se précipita vers les deux filles avec un grand sourire et reprit son souffle.

- Troisième, dit-il finalement.

Le visage de Yûna s'illumina aussitôt, et une fois encore elle se jeta presque dans les bras de son ami. Il l'étreignit doucement, et elle sentit des papillons voleter dans son ventre.

- Je savais que tu réussirais haut la main.

Les yeux du garçon sur elle la firent rougir à nouveau. Elle tourna la tête vers Asahi et comprit immédiatement le message silencieux de la blonde.

Lance-toi !

Elle ne fit pas attention à Hikari qui la dévisageait d'un air furieux, reporta son attention sur Shinobu et n'hésita qu'un bref instant.

Bien qu'Asahi dise plus tard que tout s'effectua en moins d'une minute, leur premier baiser parut durer une éternité. Yûna se rapprocha encore un peu et posa son front contre celui de Shinobu, jusqu'à ce que leurs nez se frôlent. Elle entoura de ses mains le visage du garçon et vint finalement poser ses lèvres sur les siennes, resserrant ensuite sa prise sur la nuque de son ami pour qu'ils se retrouvent totalement l'un contre l'autre. Elle n'avait jamais rien vécu d'aussi intense que ce moment où leurs lèvres se caressèrent et s'apprivoisèrent. Rien n'était plus important à cet instant, que ce soit les murmures des autres élèves présents, les jurons étouffés d'Hikari ou l'acclamation d'Asahi. Yûna fut surprise de constater qu'il se débrouillait mieux qu'elle l'avait imaginé, et un doute qu'elle s'efforça de repousser s'insinua dans son esprit. ( Ok, je reconnais que j'aurais pu faire mieux pour un premier... mais c'est le genre de scène que j'ai toujours du mal à écrire) .

Ils reprirent lentement contact avec la réalité, même s'ils ne s'étaient pas lâchés et que Shinobu continuait de lui caresser les cheveux. Finalement, il souffla :

- Je n'y croyais plus... Mais même en commençant à désespérer, je m'accrochais encore dans l'espoir que tu remarques mes réactions vis-à-vis de toi. Autant te le dire maintenant, j'ai eu une relation courte avec une fille de ma classe, et... nous sommes allés jusqu'au bout. Elle a ensuite regretté et ça n'a pas duré. Ne m'en veux pas...

Yûna se crispa mais ne fit aucun commentaire. Elle ne s'était pas trompée... et non, elle ne pouvait pas lui reprocher quoi que ce soit.

- Nous sommes des idiots...

- Je ne vous le fais pas dire !

Le nouveau couple s'assit dans l'herbe, Yûna revenant vite contre le garçon sous la mine réjouie de la petite noble.

- Ce que vous avez pu être stupides pour ne rien voir ! J'ai souvent eu envie de vous crier d'enlever les œillères qui vous masquaient la réalité ! Je la prends dans mes bras mais c'est tout à fait normal, j'agis comme ça avec tout le monde, je souris bêtement dès que je le vois... Navrant.

Yûna ne put qu'approuver. Toutes ces années perdues à se chercher sans oser faire le premier pas... Les vacances tombaient à pic, ils auraient quelques semaines pour se découvrir autrement. Pour la première fois, les deux anciens d'Inuzuri décidèrent de ne pas bouger de l'Académie. Asahi comprit leur décision et assura qu'elle préférait qu'ils restent ensemble. De toute façon, elle devait faire acte de présence aux réunions du clan pour annoncer la venue d'un second héritier.

- Tu aimes mieux avoir un frère ou une sœur ?

- Peu importe, tant qu'il ou elle choisit de prendre la direction du clan plus tard ! Je n'ai pas l'intention d'abandonner mes études à l'Académie, d'autant plus que l'année prochaine nous commencerons les stages dans une des divisions !

Les trois élèves sourirent en même temps. Enfin un peu de pratique aux côtés des Shinigamis ! Pour le moment, ils ignoraient dans quelle division ils iraient : ce serait aux gradés de choisir...

Une autre raison poussait la noble à vouloir ce stage, et Yûna étouffa un petit rire. Comme elle ne rentrerait pas à Jurinan pendant plusieurs mois, elle éviterait ainsi d'entendre les pleurs incessants d'un nouveau-né braillard. (non, j'ai rien contre les gosses)

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Janvier 1954

Tous les étudiants de quatrième année se trouvaient dans le grand amphithéâtre où se déroulaient habituellement les cours d'histoire. Assis sur le même banc, Shinobu et les trois filles attendaient l'arrivée des officiers supérieurs du Goteijûsantai. L'impatience gagnait sérieusement Yûna et Asahi lorsque les formateurs présents ordonnèrent le silence.

- Les élèves faisant partie de l'élite seront directement placés sous les ordres d'un capitaine ou d'un lieutenant. Par conséquent, vous serez les premiers à être répartis.

Yûna sentit son visage se décomposer. Elle se leva en même temps que ses amis quand le commandement entra mais évita soigneusement de regarder Kuchiki. Pourvu qu'il ne la choisisse pas... Elle aimait bien Hisana et Rukia, mais le capitaine l'impressionnait trop. Quoiqu'en y réfléchissant, elle préférait aller dans la sixième division et ne pas tomber chez le capitaine le plus moche de toute l'histoire de la Soul Society, ou pire encore : avec la responsable de l'unité de soins et son faux sourire sympathique !

Bon alors, vous vous grouillez ? J'en ai marre de rester debout !

Pour patienter, elle fixa les capitaines l'un après l'autre. Unohana la flippante, elle connaissait, Kuchiki aussi. Le type aux longs cheveux blancs avait l'air gentil, et Yûna fut plutôt contente d'apercevoir Kaien derrière lui. Son vice-capitaine à en juger par l'emblème accroché à son bras gauche... Elle poursuivit sa revue et se fit rapidement un avis sur chaque présent :

- Le commandant. Peu d'étudiants dans sa division étant donné qu'il s'agit de celle du commandement. Logique.

- La chef des forces spéciales... Possible pour les doués en combat rapproché. Rivalise avec Kuchiki niveau iceberg. Ne pas l'énerver sous peine de représailles douloureuses.

- Le type au sourire encore plus faux que celui d'Unohana. Pas digne de confiance.

- L'homme brun à lunettes qui sourit presque bêtement. Visage trop avenant pour que ça soit honnête.

- Le géant masqué : pas moyen de se faire un avis.

- Le barbu au chapeau de paille et au manteau rose à fleurs. Regarde un peu trop la poitrine de certaines filles. Pervers détecté, s'en méfier si on tient à sa chasteté.

- Le black aux tresses et aux lunettes. Peace and love ?

- Dixième et onzième : capitaines absents. Se référer à la rousse et au chauve (Hitsugaya n'a intégré l'Académie qu'en 1958) .

- Et enfin, celui à éviter d'urgence : Kurotsuchi. Parler davantage de lui en vaut-il la peine ?

Au final, tomber dans la neuvième ou la dixième serait très bien. En ce qui concernait la huitième, il suffirait de passer le plus de temps possible hors du bureau du capitaine.

Yûna soupira et saisit la main de Shinobu sous la table. Ils seraient sûrement séparés, alors autant en profiter tant qu'ils le pouvaient...

- La promotion élite, descendez !

- A bientôt Shin.

- Hai... Prends soin de toi.

Asahi partit bientôt rejoindre la vice-capitaine de la dixième dont les yeux ne quittaient pas le gradé à tête de renard. Hikari fut envoyée chez les bourrins - normal pour une psychopathe adorant le combat- en compagnie de quelques autres. Yûna remarqua sans surprise que son ennemie était l'unique fille pour la onzième, puis reporta son attention sur le gratin du Seireitei... et découvrit sa fiche dans la main d'un brun coiffé du Kenseikaan.

OK, à trois je fuis.

- Osadani, tu pars avec Kuchiki-taichô.

Allez, la douzième doit être bien pire que la sixième !

...

Ou pas.

- Yûna.

La jeune fille releva les yeux vers Kuchiki et découvrit qu'elle était la seule de l'élite à intégrer la sixième sous le commandement direct du capitaine.

- Hai ?

- Suis-moi.

Ils quittèrent calmement l'Académie, mais à peine furent-ils sur la place que le capitaine partit en Shunpo. Yûna sentit tout de suite la frustration monter en elle et commença à exploser intérieurement. ( oui oui, déjà ^^" )

Bon, on va utiliser la méthode la plus efficace...

- KUCHIKI-SAN, REVENEZ ! JE NE MAÎTRISE PAS LE SHUNPO ! cria-t-elle suffisamment fort pour être entendue à l'autre bout du Seireitei.

Le noble réapparut dans les secondes qui suivirent.

Ouah, les sourcils froncés. Y a de l'amélioration !

- Soit, mais qu'en est-il du Hohou ? ( méthode des pas, le déplacement rapide enseigné aux apprentis Shinigamis) .

- Je me débrouille.

- Alors allons-y à cette allure.

Vont être géniaux ces trois mois, j'le sens.

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Après quelques semaines passées à côtoyer au quotidien le capitaine, Yûna revint sur son jugement. Elle avait en effet compris que sa double responsabilité de chef de clan et de capitaine lui pesaient et le faisaient passer pour un homme froid, hautain et sans émotion. Yûna savait pourtant que ce masque tombait lorsqu'il était en compagnie d'Hisana. Il l'aimait vraiment, ça se voyait dans sa façon d'agir. Il faisait toujours attention à elle et veillait à ce qu'elle ne manque de rien. Evidemment, certaines mauvaises langues la jugeaient indigne du rang qui lui était offert, mais personne n'aurait osé s'élever ouvertement contre le mariage du plus haut noble du Seireitei et d'une femme du lointain Rukongai. Pour être resté sur ses positions et avoir bravé un interdit, il en paraissait plus sympathique et moins coincé.

Yûna n'avait évidemment pas parlé du lien qui l'unissait à la première femme du clan, afin d'éviter d'être harcelée. Par précaution, elle utlisait des chemins détournés quand Hisana l'invitait à prendre le thé au manoir.

A la moitié de sa période de stage, elle accepta de remplacer exceptionnellement le vice-capitaine de la division pour la rédaction des dossiers. Sans être une experte, elle en connaissait assez sur le contenu des papiers et l'écriture en kanjis pour se débrouiller seule.

- Et si le taichô te demande, raconte n'importe quoi sauf la vraie raison de mon absence !

- Yoshi, Shirogane-san !

Comme elle s'y attendait, Kuchiki se figea en la voyant assise au bureau de son subordonné.

- Yûna, dit-il d'un ton qui déconseillait le mensonge. Où est Ginjirō ?

La jeune fille eut du mal à ne pas rougir.

- Il m'a dit qu'il devait régler une affaire importante et qu'il s'excusait de son absence.

Voilà, comme ça elle ne se mouillait pas en disant seulement une partie de la vérité : que l'officier se trouvait avec sa femme pour la naissance imminente de leur fille. A son grand soulagement, le capitaine n'insista pas et gagna son propre bureau.

Silencieuse au début, Yûna finit par demander :

- Dites... Est-ce que deux membres du Goteijûsantai peuvent avoir une relation sans que quelqu'un y trouve quelque chose à dire ?

Si la question le surprit, Kuchiki n'en montra rien. Il eut plutôt l'air de sonder les pensées, et elle ne soutint son regard inquisiteur que par miracle.

Alleluia.

- Je suppose que tu es concernée, mais je vais faire comme si ce n'est pas le cas.

Kuso.

- La femme de Shiba Kaien, le vice-capitaine de la treizième division, n'est autre que le lieutenant de cette même division. Ai-je répondu à ta question ?

- Hai.

Alleluia bis.

Aucun des deux ne voulait se cacher complètement ni s'afficher en permanence lorsqu'ils auraient terminé leurs études. Il tardait donc à Yûna d'annoncer la bonne nouvelle à son ami. D'ailleurs, elle devrait lui parler d'autre chose... Presque un an qu'ils se fréquentaient plus intimement, mais à cause de son appréhension ils n'étaient pas jamais allés jusqu'au bout. Il n'insistait jamais, et elle était extrêmement reconnaissante de la patience qu'il avait. Depuis quelque temps, elle songeait de plus en plus à franchir le pas. Encore fallait-il qu'elle trouve le courage nécessaire pour lui dire.

Penser à lui lui serra le cœur. Ce qu'il pouvait lui manquer... Depuis le début de la période de stage, ils ne s'étaient vus que deux fois. La division de la sécurité intérieure et celle des archives historiques n'avaient malheureusement rien en commun.

La voix de Kuchiki la tira brutalement de ses songes.

- Lorsque tu auras fini de rêver, tu porteras à son destinataire le dossier que tu es censée rédiger.

- A qui est-il adressé ?

Une ombre de sourire se dessina sur le visage du capitaine.

- Il est pour une de mes collègues que tu apprécies beaucoup.

Iie... Il parle quand même pas de qui je pense ?

- Qui ça ? demanda-t-elle d'une voix mal assurée.

- Unohana-taichou, bien sûr.

La tempe de Yûna fut barrée d'une énorme veine. ( comme Hitsugaya quand Matsumoto l'énerve)

L'enfoiré... Qu'il soit maudit jusqu'à la centième génération !

- ... Hai, Kuchiki-san.

La voix de son supérieur provisoire l'accompagna tandis qu'elle sortait.

- Et profites-en pour t'entraîner au déplacement rapide !

Ouais, ça m'évitera de perdre mon temps en allant à l'hôpital...

Même si elle tenait de Kuchiki la façon d'utiliser le Shunpo, elle imagina toutes sortes de fins divertissantes pour se débarrasser d'un certain homme exaspérant... Jusqu'à ce qu'Hikari fasse irruption dans son esprit et que Yûna se dise que le capitaine n'était peut-être pas si énervant comparé à son ennemie.

Elle ne fit qu'entrer et sortir une fois à la quatrième, juste le temps de jeter le dossier à la fille de l'accueil. Débarrassée de cette tâche indésirable, elle se dépêcha de rentrer dans l'espoir de faire quelque chose de plus intéressant.

C'était compter sans l'humour particulier d'un certain gradé qui avait profité de l'absence de la jeune fille pour disparaître, non sans oublier de déposer un paquet sur le bureau du vice-capitaine.

A apporter d'urgence au capitaine du Bureau de développement technologique.

Ce fut la goutte d'eau en trop.

Je... vais... le... tuer...

- KUCHIKI, VOUS N'ÊTES QU'UN... UN... UN TYPE IGNOBLE !

- Plaît-il ?

Yûna se pétrifia à l'entente de la voix dans son dos et se retourna lentement. Il n'était pas si loin en fait...

Le capitaine se tenait devant elle, les bras croisés, et pour une fois son visage exprimait un semblant d'émotion : un agacement visible et un rictus.

Kami-sama, à l'aide.

- Ano... Excusez-moi, je crois que j'ai du travail qui m'attend !

Elle saisit le paquet et s'enfuit plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait. Mieux valait croiser Kurotsuchi-le-dingue qu'être découpé en morceaux par Senbonzakura.