Ca fait une semaine.

Et j'ai pas vu le temps passer.

J'ai l'impression que ma vie se résume à courir en ce moment. Courir pour le taff, courir pour les amis, courir pour la famille, courir pour éliminer... D'ailleurs, je ne garanti pas le post de la semaine prochaine : Déjà parce que le manque de retour, ça n'aide pas à se souvenir que je suis censé poster ici. Ensuite parce que cette fiction me prend un temps fou : entre les nouveaux chapitres qui font 11 pages chacun et la réparation des caractères spéciaux... j'ai une vie aussi.

Enfin parce que, comme je l'ai dit, j'ai une vie IRL et qu'il se trouve qu'elle est assez intense en ce moment.

Donc voilà, j'essaierai de poster lundi prochain mais cette fiction vient de passer en bas de ma liste de priorité.


... ... ...


Résumé : Les parents d'Hermione sont morts dans un accident de voiture et les Malefoy ont été désignés comme tuteurs.
Voldemort, qui souhaite transformer Harry Potter en baguette humaine a décidé d'utiliser Hermione comme cobaye. Il a chargé Narcissa et Severus de veiller sur elle.
Quatre femmes semblent vouloir tirer parti des plans du Lord et commencent à agir de façon étrange.
De son côté, Narcissa a contact son notaire Mr. Sunslice pour s'assurer qu'on ne puisse pas lui reprendre la garde d'Hermione.
Mr. Sunslice s'est arrangé pour qu'Hermione puisse aller voir le corps de ses parents avec ses grands-parents. Visiblement ces derniers se méfient des sorciers.


Chapitre 12 : La Tombe Blanche


Mardi 11 juillet 1995

Hermione se sentait mal.
La visite du funérarium étant clairement reliée l'enterrement, Vous-savez-qui avait accepté sans rechigner qu'elle y aille.
Il avait néanmoins pris la peine de lui expliquer que si, par malheur, elle s'avisait d'essayer de retourner chez ses grands-parents, elle aurait un nouveau double enterrement à organiser.

Hermione se préparait donc aller retrouver des grands-parents qu'elle mettait en danger par sa simple existence, pour se rendre dans une pièce où était exposé le corps de ses parents.
C'était... trop d'un coup.

Elle posa la main sur la petite carte de chocogrenouille qu'elle avait glissée dans sa poche. La carte représentait un des joueurs des Canons de Chudley. Elle s'était sûrement glissée dans sa valise par erreur et ne pouvait appartenir qu'à Ron.
Du coup, elle avait un peu l'impression de l'emmener avec lui et cette sensation lui faisait du bien.

Elle regarda une dernière fois dans le miroir et soupira.
Elle avait mis des vêtements sobres qui plairaient à ses grands-parents et portait au poignet un bracelet Minie qu'elle avait retrouvé dans ses affaires.
Le bracelet était vieux et si petit qu'elle avait eut du mal le mettre. Mais, tout comme la carte, il la rassurait.

Enfin, Hermione attrapa un petit sac dans lequel elle avait fourré des affaires que les moldus avaient généralement avec eux et se dirigea vers la porte.

La journée allait être difficile mais, malgré la peur, elle voulait en profiter :
Elle allait voir sa famille.

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Assise sur une petite chaise un peu trop basse, Narcissa se sentait gênée. Comment devait-elle se comporter avec les moldus ?
Il paraissait évident que Mr. Sunclice ne laisserait jamais ces rebuts sans magie lui prendre Hermione mais elle ne pouvait pas s'attaquer à eux directement, au risque de perdre la confiance de sa protégée.

La confrontation allait être difficile.
Et s'ils utilisaient des mots moldus qu'elle ne connaissait pas ?
Raaaa...

Comment éviter l'impair ?

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"Papy ! Mamidou !" hurla Hermione en courant vers eux.

Elle leur sauta au cou et s'accrocha à eux comme si sa vie en dépendait.
Elle sentit ses grands-parents refermer leurs bras sur elle pour prolonger l'embrassade.

"Ma chérie, murmura son grand-père. Nous nous faisions du souci pour toi.

-Tout va bien, je vous assure, murmura Hermione, les larmes aux yeux. J'ai juste... mal réagi à la nouvelle. Alors les médecins disent qu'il vaut mieux que... que je reste en observation quelques temps.

-Oui, ton notaire nous en a parlé, souffla Papy. Nous avons eu l'impression que l'on s'occupait beaucoup de toi."

Hermione fronça les sourcils. Elle était heureuse que ses grands-parents se préoccupent de sa santé et, d'une certaine façon, elle était également heureuse qu'ils aient remarqués que quelque chose n'allait pas.
Mais elle ne pouvait pas les laisser enquêter.
Parce qu'ils n'avaient absolument pas conscience du danger auquel ils s'exposaient. Parce que l'enjeu dépassait de loin la simple garde d'une petite orpheline.
Et parce qu'elle ne pouvait tout simplement pas les laisser défier le Seigneur des Ténèbres.

Ses menaces qui résonnaient encore aux oreilles d'Hermione et elle savait qu'elle connaissait son devoir : mentir.

"Tu sais Hermione... commença doucement sa grand-mère ...quand les gens vivent une période difficile, il arrive que des personnes mal-intentionnées tentent d'en profiter.

-Ce que veut dire Mamidou... reprit son grand-père... c'est que nous avons déjà vu ce genre de choses arriver. Tu étais trop petite pour t'en souvenir mais quand ton oncle paternel est décédé, il y a une dizaine d'années, des gens sont venus et ont essayé d'embarquer ton père dans... de drôles d'histoires.

-Alors nous sommes un peu prudents, compléta Mamidou. Nous sommes vraiment inquiets pour toi. D'abord cette histoire de crise de nerfs...

-...tout fait normale étant donné la situation... tempéra Papy.

-...et maintenant ton notaire qui ne nous laisse pas t'approcher." siffla Mamidou en jetant un regard noir à Mr. Sunslice qui discutait un peu plus loin avec Mrs. Malefoy.

Hermione baissa les yeux, terrifiée.
Elle les aimaient. Et elle aimait qu'ils prennent soin d'elle.
Mais...
Vous ne voudriez pas perdre le peu qu'il vous reste de famille, n'est-ce-pas ?
... Elle ne pouvait pas risquer de les perdre.

Il fallait qu'elle mente.
Et vite.

"Ecoutez... commença-t-elle. Je crois que... le notaire à surtout voulu ne pas vous inquiéter... et qu'il s'y est mal pris.

-Mais.. tenta Papy.

-Je... le coupa Hermione... j'ai agressé les policiers. Quand on est venu me prévenir. Et...je..."

Hermione cherchait désespérément ce qu'elle allait pouvoir inventer pour que ses grand-parents acceptent de rester loin d'elle... et loin de Vous-savez-qui.
Fort heureusement, ils la regardaient avec douceur et semblaient prendre son hésitation pour de la prévenance.

"Tu peux tout nous dire, ma chérie, l'encouragea Papy.

-J'ai perdu la mémoire, fut la première chose qu'Hermione trouva à dire. Le choc a provoqué une amnésie temporaire. Il m'a fallu trois jours pour... retrouver mes souvenirs. Et... j'ai toujours des pertes de mémoire. Les médecins disent que c'est mon cerveau qui... qui ne veut pas accepter... qui ne veut pas voir que..."

Hermione cacha son visage dans ses mains, forçant ses épaules à se soulever en cadence pour mimer les sanglots. Heureusement, ses yeux laissèrent échapper quelques larmes et, bien que faibles, celle-ci suffirent à faire réagir ses grands-parents, qui s'approchèrent pour la prendre dans leurs bras.

"La...la... ça va aller, ma chérie." murmura la voix douce de sa grand-mère.

Au bout que quelques minutes, Hermione se redressa et s'écarta légèrement d'eux.
Elle les aimaient.

Elle les sauverait.

"Ca ira mieux bientôt, affirma-t-elle. Les médecins ont ordonné deux mois d'observation. Deux mois, ce n'est rien.

-Oui, sourit son grand-père. Nous allons nous renseigner pour pouvoir rester en contact avec cet institut dans lequel on t'a placé. Et nous ferons tout pour que tu reviennes bientôt la maison.

-D'ailleurs, en parlant de rentrer la maison... murmura sa grand-mère. Il faudrait qu'on regarde pour te faire changer d'école. On devrait pouvoir trouver quelque chose de bien pas trop loin. Ça nous permettrait de te garder un peu plus avec nous ta sortie."

Hermione sentit la peur enfler en elle.
Quitter Poudlard pour habiter chez ses grands-parents ?
Cela voudrait dire perdre ses amis et se mettre à la portée du Seigneur des Ténèbres.

Elle ne devait pas laisser ça arriver...

La porte s'ouvrit et un homme entra. La trentaine, blond, de petites lunettes sérieuses et des vêtements sombres, l'homme s'approcha d'eux.

"Vous devez être la famille Granger, supposa-t-il. Permettez-moi, au nom de la Tombe Blanche, de vous présenter nos plus sincères condoléances pour la douleur qui vous afflige. Je suis Yama Izanami et c'est moi qui me suis occupé des soins funéraires. Vous pourrez rendre un dernier hommage aux défunts en salle 18 dans un instant mais j'aimerais que nous prenions le temps de régler une ou deux formalités auparavant."

D'un geste de la main, Mr. Izanami invita la famille d'Hermione à s'asseoir sur les chaises prévues à cet effet et alla se poser derrière son bureau.

"De quoi s'agit-il ? demanda calmement Papy, une fois installé.

-De l'enterrement, déclara simplement Mr. Izanami. Il me faudrait le lieu de l'enterrement : cérémonie et cimetière, les détails de la cérémonie : fleurs, bougies, cercueils... et bien sûr, la date. Nous avons fait notre maximum pour conserver les corps étant donné les... disponibilités de Mademoiselle Granger, mais il faudra néanmoins que la cérémonie ait lieu d'ici la fin de la semaine. L'embaumement a ses limites.

-Nous avons pris contact avec notre paroisse et nous pensions réaliser la cérémonie vendredi cet endroit... déclara Mamidou en tendant un prospectus avec l'adresse de l'église à l'homme. Ce n'est pas très loin.

-Je vois, commenta Mr. Izanami en prenant délicatement le prospectus et en le posant devant lui. Je prendrais contact avec votre paroisse dès cet après-midi pour régler les détails. Avez-vous une heure de préférence ?

-Nous pensions faire la cérémonie à trois heures, expliqua Papy. C'est l'heure de naissance d'Elisabeth."

Pour la première fois, Hermione vit son Papy chanceler. Il eut du mal continuer et porta sa main ses yeux, pour essuyer des larmes qui ne coulaient pas.

"Bien, reprit Mr. Izanami, en écrivant sur une feuille placée devant lui. Trois heures donc. Avec le trajet... la mise en bière se fera à une heure trente. Si vous vous en sentez le courage, il faudrait maintenant que vous décidiez des dernières dispositions funéraires : le cercueil, les fleurs, les plaques et la tombe. Vous pouvez choisir maintenant ou décider de prendre notre catalogue et de réfléchir au calme chez vous. L'expérience m'a néanmoins appris qu'il valait mieux, pour le bien-être des proches, faire cela rapidement et en famille."

Mr. Izanami jeta un regard gêné Hermione et, même s'ils n'avaient pas reçu la vraie version de l'histoire, les grands-parents d'Hermione comprirent immédiatement où il voulait en venir.

"Nous allons faire ça maintenant." se décida Papy.

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Narcissa regardait Hermione. La jeune fille était assise entre ses deux grand-parents et il paraissait évident que sa place était avec eux. N'importe qui pouvant la voir à cet instant en aurait conclut la même chose : La gamine ne saurait être bien qu'au sein de sa famille.
Il était donc vital que le Ministère ne voit jamais ça. Ou, en tout cas, pas avant la fin de l'été.
Parce que sinon on lui retirerait Hermione et le Seigneur retournerait sa colère contre les Malefoy.

La petite famille était à présent en train de choisir les cercueils et Narcissa se demanda quel genre de parents les Granger avaient été.

Avaient-ils été aimants, toujours aux petits soins ? Ou, au contraire, exigeants, en demandant toujours plus leur à fille jusqu'à ce que celle-ci devienne la meilleure élève de Poudlard ?

Les moldus étaient inférieurs aux sorciers. Mais même les animaux aiment leurs petits. Il y avait sûrement eut de l'amour entre eux...
Mr. Sunslice lui avait dit que les parents d'Hermione étaient dentistes. Autrement dit, qu'ils s'occupaient des dents des autres personnes. Quelle drôle d'idée...

Que pouvaient bien faire les dentistes, en définitive ? Collectionnaient-ils les dents de lait des enfants pour les revendre à ceux qui n'en avaient plus ? Peignaient-ils les dents ? Les réparaient-ils avec des techniques moldues que Narcissa ne connaissait pas ?

Narcissa imagina deux animaux balourds voler des dents aux enfants pour les vendre à un vieux monsieur. Elle dû se mordre la joue pour ne pas rire.
Dentiste, ça devait être un métier drôle.

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Papy avait pris le goupillon posé devant les corps et fait le signe de la croix devant ses parents.
Hermione ne croyait pas mais elle avait aussi fait le signe. Ses parents y croyaient. Et c'était peut-être la seule chose qui comptait.

Ils lui manquaient terriblement.
Ils auraient dus être debout ses côtes, pas allongés devant elle.
Hermione s'était beaucoup demandé s'ils étaient réellement mort dans un accident de voiture.
Peu importait pourtant la réponse. Ils étaient partis, voilà tout.

Izanami avait fait du bon travail et ses parents avaient l'air de dormir. Juste dormir.
Pourtant, juste au niveau de leurs lèvres, discrètement cousues, on pouvait voir la couleur de la mort.
Rouge striée de gris. Une couleur un peu étrange, ni vive, ni terne.
Ca voulait seulement dire qu'ils n'étaient plus là.

Etrangement, Hermione ne pleura pas.
Elle se sentait déconnectée du monde.
Peut-être que ses larmes s'étaient elles aussi déconnectées du monde.

Elle n'arrivait pas à dire qu'ils étaient ...
Parce que prononcer ou même penser ce mot, ce n'était pas possible.
Parce que les mots ont du pouvoir.
Parce que le dire, c'était l'avouer.
Parce que le penser, c'était le reconnaître.

Alors ses parents étaient là sans l'être.
Mais ils n'étaient pas...

Il y avait une rose blanche piquée dans les cheveux de sa mère. Un des pétales était plié. Ce n'était laid mais un peu bizarre.

Papy était assis côté du corps de sa fille et il murmurait à voix basse.
Sûrement des prières. Lui qui ne ratait jamais la messe le dimanche, pouvait-il transmettre son amour travers la mort ?

Hermione savait qu'il y avait quelque chose après la mort. Les fantômes le lui avait dit.
Mais quoi ?

Ses parents ne reviendraient jamais. Ils étaient moldus et les moldus ne deviennent pas fantômes.
Peut-être étaient-ils avec Diggory. Hermione n'avait jamais bien connu Diggory mais s'il était dans l'après, peut-être aiderait-il des moldus perdus à trouver leur chemin. Harry avait dit qu'il était généreux...

Peut-être.

Hermione aurait aimé avoir la foi.
Elle aurait voulu croire qu'il y avait quelque part une lumière douce et chaleureuse où des grandes portes ouvertes accueilleraient ses parents.
Peut-être étaient-ils avec Tonton Baptiste, cet oncle partit trop tôt et dont Hermione n'avait que peu de souvenirs.

Hermione les regardaient.
Deux corps qui s'étaient aimés, deux âmes qui n'étaient plus là pour elle.

Et une rose blanche, avec un pétale plié, dans les cheveux de sa mère.

Mamidou posa sa main sur son épaule et Hermione tressaillit.
Elle posa un regard perdu sur sa grand-mère.

Ils étaient là sans l'être, présent mais inaccessibles.
Pourquoi est-ce qu'ils restaient là sans bouger alors que leur fille unique avait besoin d'eux ?

Rationnellement, Hermione savait.

Elle savait que ces parents n'avaient pas voulu l'abandonner.
Mais ça ne devait pas se passer comme ça.
Les parents sont parents pour la vie. Ils n'ont pas le droit de partir. Où alors pas si tôt.

Ils n'avaient pas le droit de la laisser.
Ils avaient le devoir de rester.

Et pourtant, elle était orpheline dans cette pièce froide.
Perdue avec des grands-parents qui ne comprenaient pas plus qu'elle pourquoi ils étaient là.

Sa grand-mère passa devant Hermione et alla s'arrêter devant le corps de celle qui avait été sa fille.
Hermione tourna la tête.

Son père était seul.
Les parents de papa étaient morts quand Hermione avait un an. Elle ne s'en souvenait pas.
Quand à son frère, qui était également l'oncle préféré d'Hermione, il n'était pas là.
Alors papa était seul.

Hermione s'approcha et, par réflexe, posa sa main sur le costume de son père pour lisser un pli.
Il était froid.

Même travers le tissu, Hermione le savait.
Il avait perdu sa chaleur.

Hermione sentit une boule se créer dans le fond de sa gorge.
Mon Dieu... Il était froid.

Elle recula, gênée.
Sa main était froide mais elle avait l'impression de brûler.
Il était froid.

Son père.
Froid
Son pè...
Elle n'osa pas regarder sa main.
C'était comme une malédiction qui pesait sur tout son bras.
Froid.

Je t'aime papa.
Il était froid
Papa...
Pourquoi ?

Elle détourna la tête et tout ce qu'elle pu voir fut le visage de sa mère : Une beauté mortuaire, bien faîte par le service des pompes funèbres.
Et sur ces cheveux, une drôle de rose blanche, au pétale plié

Et plus rien n'avait de sens...

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Assis sur un des bancs du parc, Drago regardait avec méfiance la scène qui se déroulait un peu plus loin.

Loevoro, la drôle de mangemorte, discutait avec deux moldus qu'elle avait présenté comme étant les grands-parents de Granger.
Et elle leur faisait maintenant visiter le manoir, déblatérant au sujet de malades et d'instituts de soin imaginaires.

Drago avait du se retenir d'exploser quand il l'avait entendu expliquer aux moldus qu'il se prenait pour un grand sorcier en devenir.
Mais il avait suffit d'un seul regard de la part de la femme pour qu'il sache qu'il devait se taire.

Alors maintenant il la regardait faire.
Les moldus, qui étaient très nerveux au début, paraissaient plus détendus à mesure que le temps passait.

Drago les vit finalement rentrer l'intérieur du manoir et il supposa qu'ils devaient aller voir Granger.
A moins qu'ils ne continuent faire du tourisme chez lui.

Drago soupira.

Il n'aimait pas voir ces moldus chez lui. Mais il supposait que c'était un mal nécessaire.
Sales moldus, quand même.

Même quand elle servait les plans de sa famille, Granger arrivait lui pourrir la vie.
Bon, au moins, elle ne faisait pas partie de l'équipe de Quiddicht de Gryffondor... c'était déjà ça.

Drago soupira et se laissa aller contre le dossier du banc.
Weasley ne lui avait pas réécrit depuis qu'il lui avait envoyé une photo de Granger et cela le désolait presque.
Il manquait de distractions et il fallait bien admettre qu'il adorait mettre Potter et ses toutous en colère.

Peut-être qu'il devrait écrire Weasley.
Juste pour s'amuser encore un peu...

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Devant les grilles du Manoir Malefoy, Hermione se sentait perdue.
Ses grands-parents venaient de partir et elle se sentait... seule.

Ils avaient passé l'après-midi à faire le tour du Manoir avec Mr. Sunslice et en avait finalement conclut qu'elle serait bien ici... jusqu'à sa guérison.
En un sens, c'était mieux. Ainsi le Seigneur des Ténèbres ne risquait pas de s'en prendre eux.

Mais Hermione se sentait seule sans eux.

"Je sais ce que vous ressentez, déclara Mrs. Malefoy en posant sa main sur le bras d'Hermione. On n'oublie pas la mort de ses parents."

Hermione tourna la tête pour regarder la femme.

"La douleur s'apaise avec le temps, expliqua Mrs. Malefoy. Mais ils ne partent jamais vraiment. C'est... comme une image en toile de fond. Des souvenirs qui reviennent quand on ne s'y attend pas. Ca ne fait pas forcément mal. C'est comme un sourire triste. Il y a de la tendresse, un peu de douleur et beaucoup de nostalgie."

Hermione ne dit rien. Elle écoutait.
Les paroles de Mrs. Malefoy résonnaient étrangement en elle.
Est-ce que c'était ça, le deuil ?
Aimer ce qui a été comme si c'était encore.

"On n'oublie jamais, on vit avec, continua Mrs. Malefoy. L'enterrement vous ferra du bien, vous verrez. Pour l'instant, vous êtes triste et c'est normal. Mais l'enterrement fait beaucoup de bien. C'est là qu'on dit au revoir. C'est là qu'on comprend. Et qu'on réapprend vivre.

-Vous croyez ? fut tout ce que réussit à dire Hermione.

-Oui, sourit Mrs. Malefoy. C'est une dure leçon de vie... mais le temps ne s'arrête pour personne. Le deuil, ce n'est pas quelque chose qui vous bloque à perpétuité. C'est plus une douleur sourde, qui est là sans qu'on y pense. Et parfois elle revient vous voir, un peu plus forte que ce quoi à vous vous attendiez. Ca vous prend aux tripes et vous ne pouvez pas faire grand chose. Parce que nous ne sommes pas taillés pour lutter contre l'absence."

Hermione avait les yeux secs.
Pourtant elle sentait son coeur se morceler en coutant la mère Malefoy.
Elle savait, elle sentait déjà que c'était vrai.
Parce que parfois, elle oubliait qu'ils étaient partis. Devant un chocolat chaud ou dans la bibliothèque, quand elle pensait protéger Harry.
Et puis la vérité revenait toquer à la porte et plus rien ne la protégeait.

Nous ne sommes pas taillés pour lutter contre l'absence.
La phrase était bien trop vraie.

Hermione sentit Mrs Malefoy la prendre dans ses bras et, encore une fois, elle se crispa légèrement sans repousser l'étreinte.

"Mrs Malefoy... murmura-t-elle.

-Narcissa, rectifia la femme.

-Narcissa." répéta Hermione.

C'était joli comme nom. Ca sonnait bien :
Narcissa.

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Assis son bureau, Drago hésitait.
Quels mots feraient le plus enrager Weasley ?

Fallait-il reprendre une photo ?

"Tu t'amuses bien ?" demanda une voix essoufflée.

Drago sursauta et releva la tête.

Loevoro.
En pyjama recouvert de petites licornes clignotantes.
Avec un bouquet de fausses fleurs fushias à la main.

Ne pas chercher à comprendre...

"Vous... tenta Drago, avant de renoncer à commenter l'aspect de la mangemorte. Qu'est-ce que vous faîtes là ?

-Je viens voir si tu peux répondre à mes questions, annonça Loevoro en s'asseyant sur le bureau. Alors... qui en veut à ta mère et qu'est-ce qui s'est passé en 1978."

Drago hésita. Il savait ce qu'il avait appris et cette femme pouvait l'aider à y voir plus clair. Mais il ignorait totalement qui était Loevoro.
Il aurait peut-être dû demander à son père de faire des recherches finalement.

"Eleg Fesog. Voilà ce qui s'est passé en 1978." cracha-t-il.

Loevoro sourit.

"Tu siffles, bébé Dragon." l'informa-t-elle.

Drago eut un rictus crispé. Pour qui se prenait cette chose ?

"Mais c'est bien vu, continua la mangemorte, imperturbable. Donc tu sais ce qu'elle a fait à ta famille. Et tu dois bien deviner ce qui se passe aujourd'hui."

Drago cligna des yeux. Il ne voyait rien du tout. Mais il supposait que la mangemorte ne l'avait pas envoyé fouiner pour rien.

"Elle...recommence ?

-Exactement, approuva Loevoro. Mais elle sera plus prudente cette fois. Moins de cobayes mais une expérience bien plus poussée.

-Et ma mère dans tout ça ? tenta Drago. Vous avez dit qu'elle était en danger. Vous avez dit qu'il faudrait sacrifier... quelqu'un à qui Granger tient."

Drago s'arrêta net. Le Seigneur des Ténèbres avait confié à sa mère la mission de gagner la confiance de Granger. Si elle échouait, elle serait certainement punie. Et si elle réussissait...

"Non." frémit-il.

Le visage de Loevoro était peu expressif mais, pourtant, Drago aurait juré qu'elle était triste.

"Je ne crois pas qu'il faille réellement sacrifier ta mère pour mener l'opération à bien, affirma Loevoro. Mais Fesog a beaucoup de griefs contre ta famille. Et le projet a beaucoup de valeur aux yeux du Seigneur des Ténèbres. Si Fesog dit qu'il faut un sacrifice, il en fera un.

-Mais il y a une solution, demanda Drago, plein d'espoir.

-Je crois, répondit Loevoro. Fesog et son équipe vont manipuler Hermione pendant les deux mois que dureront l'été. Et juste avant la rentrée, il procéderont au rituel qui est le fondement de leur projet. D'après ce qu'elles ont affirmé à Tom, le sortilège final nécessite la mort d'une personne qui est liée de façon très proche au cobaye. Mais j'ai eu le temps de jeter un petit coup d'oeil dans leur espr... euh, leurs notes, et j'ai dans l'idée qu'elles ont menti sur le sortilège final.

-Et ma mère n'est pas censée mourir." re-demanda Drago, sans s'attarder sur le lapsus de Loevoro.

Connaître les plans du Seigneur des Ténèbres et l'avenir de Granger était intéressant mais, pour le moment, Drago ne parvenait pas se concentrer sur ce genre de détails. Il devait d'abord sauver sa mère.

"Non, sourit Loevoro. Je ne crois pas que sa mort soit nécessaire pour réaliser ce que nous voulons faire. Mais Fesog a beaucoup insisté. Ce qui ne peut signifier que deux choses : soit Fesog veut tuer ta mère et se sert du projet Granger pour ça. Soit elle a autre chose derrière la tête et c'est le Seigneur des Ténèbres qu'elle a décidé d'arnaquer."

Loevoro regarda Drago avec un grand sourire. Elle avait l'air étrange et, il fallait bien l'avouer, la situation échappait complétement à Drago.
Ne t'en fait pas...
Drago secoua la tête.
Il ignorait comment Loevoro faisait pour pratiquer la télépathie mais il n'aimait pas du tout ça.

"Alors, Drago, tu veux bien m'aider à mener l'enquête ?" demanda Loevoro.

Drago cligna deux fois des yeux.
Etait-elle sérieuse ?
Il avait envie d'aider sa mère, bien évidement.
Et il voulait voir à quoi ressemblait cette Fesog qui osait menacer sa famille.

Il voulait protéger les siens.
Et aussi, un petit peu, il était fier d'avoir été choisi par une mangemorte, même folle, pour participer à une mission importante aux yeux du Seigneur des Ténèbres.


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Yama est le roi et le juge des morts, dans le bouddhisme tibétain et chinois. Izanami est une déesse japonaise qui règne sur le monde des morts.

Bonne semaine :)