DÉSOLÉE! je viens de voir que j'ai oublié de poster mon avant dernier chapitre! Du coup je vais en poster deux à la suite.

Bonne lecture à tous!


13 : Premier face à face.

Castle ne répond pas, reste dans la même position et observe l'homme avec intérêt, il peut enfin mettre un visage sur ce fameux Docteur. Petit pour un homme, à peine 1,70m, un certain embonpoint, les cheveux blancs, coupés en brosse, le teint pâle, le nez aquilin et une bouche étroite aux lèvres charnues. Quant à ses yeux, ils étaient cachés derrière des verres ronds et fumées cerclés d'une monture métallique. Un albinos, de quoi ajouter un côté inquiétant à ce type. L'écrivain se décide enfin à parler à celui qui l'observe avec tout autant d'intérêt. Même si son intention première était de n'en rien. Il a changé d'avis, après tout il en avait appris beaucoup de Magnus et de son équipe grâce à son don et cela tout en discutant. Autant le mettre aussi à profit avec ce cinglé.

- Plaisir non partagé comme vous devez vous en douter.

- En effet, sourit-il. Vous savez, je désespérais de pouvoir vous capturer. Attaquer le Sanctuaire est certes une chose possible mais tout de même difficile à réaliser. Et je dois avouer que votre fuite a été une chance inespérée pour moi de vous avoir.

Rick ressent immédiatement son soulagement, comme s'il y avait eu une urgence dans sa capture, ce qui éveille sa curiosité. Peut-être en connaîtra-t-il la raison plus tard.

- À ce propos, j'aimerai bien savoir ce qui vous a poussé à fuir le Sanctuaire avec votre fils. Vous deviez vous sentir en danger, non ? Sinon pourquoi prendre le risque de quitter un endroit aussi bien protégé ? Mais je suppose que vous ne me le direz pas, n'est-ce pas ?

- Vous supposez bien en effet. Je n'ai, et ne veux rien vous dire à ce sujet…

- Ce n'est pas vraiment nécessaire en fait, je crois en avoir deviné une des principales raisons. C'est l'instinct qui vous a fait agir, je ne connais pas énormément de chose concernant les homos-panthérinae, tout comme cette chère Helen d'ailleurs. Mais ce je sais par contre c'est que les mâles ont une attitude très protectrice envers leur progéniture.

- Sur ce point au moins nous sommes d'accord, mais le fait que j'ai changé n'y est pour rien, je suis un père avant tout. Je donnerai ma vie sans hésiter pour protéger mon fils. Et, il me semble que j'ai réussi, même si cela implique ma présence ici.

- C'est là où vous commettez une grossière erreur Richard, je peux vous appeler Richard, n'est-ce pas ?

- ! Il n'y a que ma mère qui m'appelle comme ça, pour vous c'est Castle. Réplique-t-il dont ton sec.

- Eh bien, Castle, il sourit amusé par l'attitude de l'écrivain, vous vous trompez en pensant que votre fils est en sécurité, croyez-moi. Il sera bientôt ici, avec vous et j'attends ce moment avec impatience. Je suis certain que son étude me fera faire d'énormes progrès dans mes recherches.

Rick faillit ne pas réagir car il sait que Liebermann ment. Bien au contraire, il est loin de pouvoir atteindre Alex maintenant. Le professeur n'est pas aussi serein qu'il le laisse paraître. Il manque de temps apparemment, il se demande pourquoi et compte bien le découvrir. Il pourrait peut-être en tirer profit, mais pour l'instant il doit jouer le jeu et donner une réponse adéquate à ce type pour ne pas éveiller ses soupçons. Il se lève donc brusquement, l'air menaçant, ce qui fait automatiquement se précipiter les gardes qui le mettent aussitôt en joue, trois avec des fusils hypodermiques, le dernier avec une arme bien réelle.

- Espèce de salopard ! Vous n'aurez pas mon fils comme ça ! Vous l'avez dit, attaquer le Sanctuaire est difficile !

- Mais pas impossible Castle. Et je vous suggère de vous calmer si vous ne voulez pas que mes hommes vous neutralisent.

- Pourquoi ? Demande-t-il en restant debout tout en prenant une pose plus détendue.

- Excellente question ! dont vous avez le droit de connaître la réponse. C'est la moindre des choses puisque vous allez participer, bien malgré vous je le concède, à l'accomplissement de mon œuvre. Vous allez avoir droit à une petite visite guidée avant que nous passions à la partie désagréable de votre séjour.

Rick n'en revient pas, Liebermann est vraiment content de pouvoir lui expliquer son œuvre comme il dit. Comme s'il recherchait l'approbation d'un tiers pour ses actes. Il voit l'homme faire un signe de tête aux gardes, deux baissent leur fusil et sortent pour revenir avec des chaînes.

- Ces messieurs vont vous entraver autant pour notre sécurité que pour la vôtre. Je vous suggère donc d'obtempérer, je n'aimerai pas que ces derniers vous blessent si vous tentiez une action inconsidérée.

Castle se laisse faire, son idée première était de se transformer dès que la porte s'ouvrirait, de neutraliser les gardes, libérer Tesla et fuir. Mais il a abandonné celle-ci car sans connaître les lieux, ni savoir à combien d'hommes armés ils auraient à faire face, c'était voué à l'échec. Alors que maintenant il a la possibilité d'avoir une meilleure vue de la configuration de cet endroit.

Lorsque le premier garde se baisse pour lui passer les bracelets d'acier autour des chevilles, il ressent sa méfiance, alors que chez ceux qui le tiennent en respect c'est plutôt de la détermination. Aucun doute qu'ils tireraient sans aucun remords. Dans le même temps le deuxième lui passe des menottes d'un genre spécial. Ce sont deux anneaux d'une largeur d'environ 5 cm, liés entre eux par une partie rigide si étroite qu'elle donne l'impression qu'ils sont soudés l'un à l'autre et la fermeture est apparemment magnétique.

Il est prêt, la visite guidée comme l'a appelé Lieberman, va pouvoir commencer, le garde munit du M16 se place derrière lui.

- Bien, je constate avec plaisir que vous êtes coopératif.

- Pour…

- Non, ne dites rien Rich…pardon, Castle, inutile. J'ai vu votre désir de nous sauter dessus lorsqu'on vous a attaché. Et je sais que nos futurs face à face seront beaucoup moins… courtois. Tout du moins quand je vous étudierai.

- Et vous pouvez être certain que je ne vous faciliterai pas la tâche.

- Parfait, puisque ce point est éclairci entre nous. Venez.

Il prend le bras de l'écrivain pour lui faire comprendre de marcher à ses côtés. Le savant lui dit même de faire attention, lui rappelant qu'avec ses chaînes, il ne peut marcher normalement. Ce qui surprend le romancier, c'est la sincérité de l'avertissement, décidément ce cinglé est surprenant et il lui tarde de le sonder un peu plus.

Ils quittent la cellule, Rick avec son ombre sur ses talons, les autres juste derrière, prêts à tirer. Ils sont maintenant dans un couloir pas très long qui tourne sur la droite. De chaque côté deux portes et, devant celle se trouvant du même côté que sa chambre, ungarde. Le groupe se met en marche et longe le couloir qui se poursuit sur une vingtaine de mètres, dans cette partie aussi, Rick note la présence d'autres cellules. Aucune parole n'est échangée, pour l'instant le docteur reste silencieux. Ils arrivent devant un ascenseur y entrent, Castle se retrouve coincé contre la paroi du fond mais peut voir un des gardes glisser une carte magnétique dans la fente d'un boîtier électronique puis appuyer sur le premier bouton S-3.

Où que se trouve ce complexe, il est de toute évidence immense et profondément enfoui sous terre, puisqu'ils se trouvaient au niveau S-5, l'écrivain en déduit un total de cinq niveaux en plus de celui donnant à la surface. Lorsqu'ils quittent la cabine, les six hommes se trouvent maintenant dans un hall d'où partent trois couloirs, plus large que celui du quartier d'emprisonnement. Lieberman sort enfin de son mutisme, montrant celui qui leur fait face.

- Par ici Castle.

- Si je vous demande où nous sommes, je suppose que vous ne répondrez pas ?

- Non, en effet. Même si je me donnai cette peine, cela ne vous aiderait pas. Sachez seulement que ce lieu se situe dans un endroit sûr et totalement isolé. Et sous la surface mais ça, vous l'aviez deviné, n'est-ce pas? Affirma-t-il.

Rick a sa réponse, il est au Nouveau-Mexique, sous une mesa. Autant dire que cela n'est pas vraiment fait pour le rassurer. Comment Kate et Magnus vont-elles pouvoir les trouver ? Tout à coup il prend conscience de son isolement. Mais la question de l'albinos l'empêche de se perdre dans ses pensées.

- Dites-moi Castle que savez-vous sur moi ? Magnus a dû vous donner un dossier à mon sujet, non ?

- Effectivement, vous avez un QI de 158 ce qui fait de vous un génie. Vous avez plusieurs doctorats, un en médecine avec une spécialisation en génétique, un en chimie organique et deux autres dont j'ai oublié la spécialisation. Vous parlez six langues couramment en plus de celles de vos parents qui sont l'allemand et l'américain. Je sais aussi que vous apparteniez à une organisation appelée la Cabale qui vous a recruté il y a quinze ans après que l'université où vous faisiez vos recherches en génétique vous ait viré suite à vos tentatives sur le clonage humain.

- Pas mal, je vois qu'Helen est bien renseignée sur moi, même si cela reste incomplet. Mais j'aurai l'occasion de combler vos lacunes. En voici une, je suis un de vos fans, j'ai tous vos romans et ceux de beaucoup d'autres. Voyez-vous les histoires policières ont la faculté de me détendre et de mettre mon cerveau au repos…. Ah ! nous y voilà !

Ils viennent d'arriver devant une double-porte sécurisée après avoir suivi plusieurs couloirs, aux murs blancs et sans aucune issue, un vrai labyrinthe, qui démontre à Rick s'il y en avait encore besoin, qu'une évasion est pour ainsi dire impossible. Ce dernier voit Lieberman arborer un large sourire quand il déverrouille les portes et l'invite à le suivre. Il entend aussi les mots : mes bébés, fierté, réussite, futurs enfants. Il se demande ce qu'ils signifient cependant, en voyant ce qu'il a sous les yeux, il stoppe net, stupéfié.

L'espace devant lui est tellement gigantesque, que quatre terrains de football y logeraient très facilement et d'une bonne trentaine de mètres de haut. De part et d'autre de cette salle, se trouvent deux bassins entourés d'un muret en béton d'un mètre environ. Chacun d'eux fait au moins une fois et demi la taille d'une piscine olympique. Le sol est recouvert d'un carrelage antidérapant.

Ce qui surprend le plus Castle est l'odeur iodée, comme s'il se trouvait au bord de la mer. Sur sa droite il y a trois portes, sur lesquelles il peut lire les noms peints au pochoir : RESERVE – MAINTENANCE – SECURITE et droit devant une plus grande en acier, l'équivalant de quatre porte de garage et le mot MONTE CHARGE inscrit dessus. Rick porte ensuite son intérêt sur la galerie qui court tout autour de la salle à une quinzaine de mètres à laquelle on accède par l'escalier qu'il aperçoit sur sa gauche. Chaque côté est relié aux autres par trois passerelles qui se croisent et où une demi-douzaine de gardes patrouillent. L'étage est tout aussi intéressant, tout du long, l'écrivain dénombre un total de huit double-portes donnant accès à des pièces qui sont pourvues de grandes vitres. Mais elles sont trop hautes pour qu'il puisse voir ce qu'i l'intérieur.

Sauf, peut-être dans la salle située face à lui où deux hommes sont assis devant des consoles, surveillant ce qui semble être des écrans de contrôle. Il ne met pas longtemps à repérer les dizaines de caméras, identiques à celles placées dans les couloirs et l'ascenseur. Il est sorti de son observation par Lieberman qui vient de poser sa main sur son épaule.

- Maintenant Castle je vais vous montrer le résultat de plusieurs années de recherches génétiques. Qui grâce à vous sont prêtes à faire un énorme bond en avant ! Suivez- moi.

Ce qu'il fait, piqué par la curiosité, ils s'arrêtent devant l'un des bassins. Rick s'approche avec méfiance et regarde vers la surface, c'est de l'eau de mer ce qui explique l'odeur, s'interrogeant sur le sentiment de fierté encore plus exacerbé que l'homme à son côté éprouve. Sur le moment il ne voit rien de spécial jusqu'à ce qu'un type, en combinaison blanche identique à la sienne, arrive précipitamment avec un seau dont il vide le contenu dans le bassin.

Il y a subitement des remous et Rick les distingue enfin, nageant dans tous les sens pour se saisir de la nourriture. Il est comme hypnotisé, tout son corps est parcouru d'un frisson d'effroi. Ce qu'il voit dépasse l'entendement, comment peut-on faire des monstruosités pareilles. Il doit se tenir à la rambarde pour ne pas tomber tellement le choc est brutal. Il se sent nauséeux, dégoûté par le sort des créatures nageant dans cet aquarium hors normes.

- Je vous présente mes enfants Castle ! Ne sont-ils pas magnifiques ? Des hybrides première génération, le fruit d'années de labeur ! Le mélange parfait entre l'Homme et le Carcharodon carcharias ! S'enflamme-t-il.

- Vous êtes fou ! Comment avez-vous pu faire subir ça à des êtres humains ! Hurle Rick se redressant et avançant d'un pas vers l'albinos.

- Ne bouge pas ! S'écrient aussitôt les gardes en pointant leurs armes sur lui.

- Calmez-vous Castle, dit Lieberman toujours avec le sourire. Je ne prends pas des humains auxquels j'injecterai de l'ADN de requin ! C'est ridicule ! Ah les néophytes ! Si je les appelle mes enfants ce n'est pas pour rien comprenez-vous. C'est parce que je les crée dès le début de leur conception. Bien… je vois que vous commencez à saisir le concept. Je vais vous montrer comment je fais, c'est la prochaine étape de notre visite.

- Mon Dieu, vous êtes pire que je ne l'imaginais, dit l'écrivain s'appuyant de nouveau contre le parapet. C'est ce que vous comptez faire avec moi ? Créer des hybrides à partir de mon ADN ? L'avez-vous tenté avec d'autres phénomènes ?

- Que de questions tout à coup. S'exclame Lieberman, satisfait. Oui, c'est bien ce que je veux faire, mais il s'agira d'une autre approche, moins rustre. N'êtes-vous pas déjà un hybride vous-même ? Mi-homme, mi-félin ?

- Pour mon plus grand malheur, je le crains.

- Ne dites pas ça, voyons ! Vous allez être le père génétique de mes futures hybrides 2ème génération ! Vous devriez en être honoré !

- Honoré ? Alors que vous allez faire de moi un animal de laboratoire pour jouer à Dieu et créer votre propre espèce !

- Regardez-les, ne sont-ils pas extraordinaires ? La force et la férocité des requins liées à l'intelligence humaine, s'exalte-t-il.

Il se tait pour admirer ses enfants. De son côté Rick fait le tri dans les informations qu'il vient d'obtenir, bien malgré lui, de Lieberman. À l'époque de la Cabale, ils étaient trois à travailler sur ce projet d'homme-requin. Maintenant, il fait ses recherches seul. Ses enfants comme il dit ne sont en fait qu'une commande spéciale. Voilà pourquoi il est si pressé par le temps, ceux qui fournissent les capitaux veulent des résultats et vite.

Castle craint le pire en pensant à ce qu'il va encore découvrir comme monstruosités commises par cet homme. Une de ces pauvres créatures nage vers lui, sort la tête de l'eau et le fixe un instant avant de replonger. Il est aussitôt bouleversé par ce regard qui vient de croisé le sien. L'hybride à la forme d'un requin, du moins complètement pour la partie inférieure de son corps. Pour la partie haute, on reconnait bien une tête humaine quoique d'aspect plus plate. Le front, le nez, les yeux, les oreilles sont là. Mais la bouche est plus large et se fond avec le cou qui court en s'évasant jusqu'à ce qui peut être considéré comme des épaules d'où partent deux bras normaux qu'il garde près du corps pour nager. Sans s'en rendre compte, il s'adresse à eux mentalement.

- Comment a-t-il pu vous faire ça ?

- Parce que cet homme n'en est pas un…. C'est lui le monstre.

Castle est si surpris, qu'il a du mal à maîtriser son sursaut, mais il se reprend très vite. C'est l'homme requin qui l'a dévisagé qui lui répond.

- Vous m'entendez et me comprenez ?

- Oui, parfaitement, une conséquence de ses manipulations sans doute.

- C'est comme cela que vous communiquez entre vous ?

- Oui, mais ça il ne le sait pas. Toi aussi, il t'a créé ?

- Non, c'est un phénomène qui m'a transformé et Lieberman m'a capturé.

- Fuis si tu le peux et si tu pouvais aussi le tuer, tu rendrais un immense service à bien des créatures.

- Je ne sais pas encore comment, mais c'est bien mon intention. Pourquoi vous a-t-il créé exactement ?

- Pour faire de nous des armes, certains de ses sbires nous entraînent à manipuler toutes sortes d'armes et de matériels.

- Mais pourquoi leur obéissez-vous ?

- Nous n'avons pas le choix, quelque chose dans notre tête nous fait mal quand nous ne voulons pas le faire. La douleur est terrible et puis, ce sont eux qui nous nourrissent.

- Je comprends, il veut faire de vous une armée aquatique.

- Oui…. Attention, il nous observe.

L'homme requin plonge et disparait dans les profondeurs du bassin avec ses frères. Castle quant à lui se retourne vers le savant.

- J'ai presque eu l'impression que vous vous parliez tous les deux, s'amuse-t-il. Continuons, nous avons encore beaucoup de travail qui nous attend.

- Par nous je puis vous affirmer que vous vous trompez, réplique Rick d'une voix sourde.

- Eh bien, nous verrons cela, le moment venu. Allons-y je vous prie.

Ils prennent la direction de l'escalier, mais l'espoir de Castle de découvrir ce qu'il y a dans les salles fait long feu, lorsque Lieberman ouvre la première porte.

Encore une fois ils s'engagent dans un dédale de couloirs, mais cette fois-ci ils sont plus larges et ils croisent plusieurs personnes en blouse blanche, entrant ou sortant de pièces dont Castle peut voir l'intérieur grâce aux vitres. Ce ne sont que des laboratoires de recherche. Lieberman qui remarque l'intérêt de l'écrivain, lui fournit quelques explications.

- Comme vous pouvez le voir, la génétique n'est pas le seul domaine de recherche effectué dans ce complexe. Bien d'autres sont à l'étude.

- Vous avez recréé la Cabale ? S'enquit Rick.

- Non, pas exactement, bien que certains de ces savants en faisaient partie. C'est moi qui ai eu l'idée de ce laboratoire géant. J'en suis l'unique instigateur. Dit-il avec orgueil.

- Et vous vendez vos services aux plus offrants je suppose ?

- Tout à fait, vous ne pouvez imaginer combien il m'a été facile de convaincre d'anciens associés, ainsi que de nouveaux, d'investir dans ce projet, mentit-il.

Ils viennent de déboucher sur un hall, en face d'eux, un couloir, sur la droite la porte du monte-charge, à gauche un ascenseur. Une fois à l'intérieur ce n'est pas un garde mais Lieberman qui insère la carte magnétique, ainsi qu'une petite clé dans la serrure du bouton S-2. L'écrivain en déduit que l'étage où ils se rendent est uniquement réservé au savant. Ce que ce dernier confirme lorsqu'ils sortent de l'ascenseur.

- Bienvenu chez moi, Castle. C'est ici que je vis et travaille, trouve-t-il utile de préciser.

- Je vois que vous ne vous êtes rien refusé, note Rick.

Le groupe foule maintenant une épaisse moquette beige, les murs sont recouverts avec un tissu de couleur ocre et décorés de toiles de maîtres. Au milieu du hall trône une sculpture d'Auguste Rodin l'éternel printemps, pour le romancier il ne fait aucun doute que c'est l'originale. Ils prennent le couloir de droite, lui aussi tout aussi chaleureux et richement paré. Ils stoppent devant une porte étanche qui dénote dans le décor. Lieberman la déverrouille et elle s'ouvre dans un chuintement, il invite Rick à entrer le premier, qui frissonne à cause du froid qui y règne. À moins que ce ne soit la vision d'horreur qu'il a devant lui qui en soit la raison.

- Voici, ce que j'appellerai… la nurserie. Suivez-moi Castle, ordonne-t-il en s'éloignant.

- Mon Dieu… vous êtes… l'écrivain est incapable de parler ou de marcher.

- Le professeur t'a dit d'avancer ! Aboie le garde en lui donnant un coup de crosse dans le dos.

Poussé brutalement en avant, Castle n'a pas le choix et rejoint Lieberman qui l'attend, le sourire aux lèvres à mi-chemin de l'allée centrale. Il ne peut détourner son regard des cylindres transparents qui la bordent, chacun d'eux fait un mètre de diamètre et deux mètres cinquante de fixe les incubateurs, ils contiennent des fœtus à différents stades de développement. Toujours sans prononcer un mot il suit l'albinos, il a subitement envie de vomir, le dégoût, l'effroi, la colère et la haine envahissent tout son être.

Ils s'arrêtent bientôt à hauteur du dernier, l'homme-requin immergé dans un liquide épais et bleuâtre est au stade final de son développement. Castle dévisage Lieberman, il le sent tellement heureux et fier de son œuvre et il s'amuse aussi énormément de ses propres réactions, la seule pensée de Rick est que cet homme ne mérite pas de vivre.

- Nous aurons prochainement un nouveau-né, plaisante le savant en montrant l'incubateur. D'ici une semaine il ira rejoindre ses frères, les autres le suivront plus tard…Bientôt grâce à mes recherches et à votre aide, tient-il à préciser, je pourrai leur transmettre les caractéristiques génétiques des hommes-félins.

- À votre place je me méfierai que mon orgueil et ma trop grande confiance en moi ne cause ma perte.

- Et la vôtre en Helen et sa clique est tout à fait extraordinaire Mr Castle !

- Vous vous trompez de personne Lieberman, c'est en ma femme, Kate, que je crois. Elle me retrouvera j'en suis certain ! Lance-t-il, le défiant du regard.

- Nous verrons cela, continuons, voulez-vous ? Par ici.

Lorsqu'ils franchissent une nouvelle porte, Castle a l'impression de se retrouver dans la salle d'autopsie de Lanie. Ce qui est en une, mais plus grande et avec des tas d'appareils d'analyses. Ils s'approchent des frigos, Lieberman ouvre l'un d'eux et fait glisser le tiroir puis, tout en découvrant le corps qui s'y trouve.

- Prenez donc un peu de temps pour vous recueillir devant la dépouille de votre père Castle. Il éclate de rire et continu, il m'a beaucoup aidé mais je pense que son fils m'aidera bien d'avantage !

Cette fois-ci s'en est trop pour l'écrivain qui perd tout contrôle, oubliant les mises en garde de ce fou, il prend sa forme intermédiaire et bondit en poussant un grognement de haine. En moins de deux secondes il atteint le savant et le renverse, le maintenant au sol il n'a qu'une idée en tête, le tuer. Mais ses crocs n'ont pas le temps d'atteindre son cou, les gardes réagissent tout aussi rapidement.

Il sent plusieurs aiguilles pénétrer sa peau ainsi de violents coups de crosse portés dans son dos, puis un premier à l'arrière du crâne, suivi d'un second qui l'étourdit. Moins d'une minute après son attaque, il gît dans un état de semi conscience sur le sol, à moitié assommé et endormi.

L'albinos se relève et hurle à ses hommes.

- Amenez-le dans le labo, déshabillez-le et attachez-le solidement à la table d'examen !

New York, aéroport de la Guardia, dimanche 19h53.

Esposito stoppe sa voiture devant le hangar privé n° 27. Il en descend, imité par Ryan et tous les deux vont prendre leurs bagages dans le coffre. Une femme en tenue d'hôtesse vient à leur rencontre.

- Messieurs Esposito et Ryan ?

- Oui, répond l'hispanique en souriant à la jeune femme.

- Bonsoir, je suis Déborah, veuillez me suivre s'il vous plait.

- Mais avec plaisir, s'empresse-t-il d'accepter.

- Eh, je te rappelle que tu as Lanie, lui murmure Ryan, alors tu te calmes.

- ! Je fais rien de mal ! Je peux être gentil, non ?

- Ben voyons, allez ! Marche plus vite.

Ils suivent la jeune femme jusqu'à un Falcon, une fois à bord, les deux hommes ne peuvent retenir un sifflement d'admiration. L'hôtesse les débarrasse de leurs sacs et les invite à prendre place dans les luxueux fauteuils.

- Attachez vos ceintures messieurs nous décollons dans cinq minutes. Soyez les bienvenus à bord.

- Merci, répondent-t-ils en chœur.

- Combien de temps va durer le vol ? Demande Ryan.

- 1h10, une voiture vous attendra à l'arrivée.

- Parfait, merci.

Elle va à son tour prendre place dans un fauteuil à l'arrière, décroche un téléphone et peu de temps après les moteurs de l'appareil se mettent en route et l'avion commence à rouler. Une fois en vol les deux hommes se détachent et acceptent le rafraîchissement proposé par Déborah.

- Il n'y a pas à dire, les riches savent vivre, constate Ryan.

- Ouais, je me demande bien comment Castle a pu résister à s'acheter un de ces joujoux, sourit Espo.

- parlant de ça, tu as une idée sur ce qui lui arrive et pourquoi ce type l'a enlevé ?

- Non, mais Beckett est vraiment restée assez vague, mais il est en danger et Alex aussi, alors ça me suffit…pour l'instant.

- Ça doit être sérieux, tu l'as entendu, sa voix tremblait légèrement.

- T'as raison, c'est pas bon signe.