Hello All !
Chapitre 10 online !
Suite directe du précédent. Je vous laisse donc l'apprécier :D
Review :
Silver Highwind chapter 12 . Aug 30
Aaaah, ça valait la peine d'attendre . Quand je lis ce chapitre, je remarque à quel point les réactions de Issei par rapport à certaines situations dans l'anime était assez illogique, après c'est l'auteur qui a fait le personnage ainsi, le pervers typique qui veut son petit harem sans réfléchir au reste ce qui est dommage avec une oeuvre qui avait un si grand potentiel selon moi.
En tout cas, avec tous ces événements je me demande comment va finir Rias vu la position du héro, c'est très intéressant .
Ha ha ha ! Je suis tellement d'accord avec tout ce qui a été dit dans ce premier paragraphe \(^o^)/
La réponse dans ces lignes ;)
Chap 10 : Ce que je veux te dire
Le soleil s'est couché depuis peu de temps et le ciel reste encore d'une couleur rouge orangée qui apaiserait sans doute beaucoup de personnes mais ce n'est pas mon cas. Je suis assis en direction de l'horizon voilà maintenant des heures. Je regarde le ciel perdre sa coloration vive pour se remplir d'un noir profond et uniforme. D'ordinaire cette vision me calme pourtant cette fois je suis bien trop ballotté par des émotions contradictoires.
Je n'arrive pas à décolérer tant l'empressement avec lequel Rias Gremory a oubliée sa promesse me reste en travers de la gorge. Mon cœur est agité et des pensées de destruction me harcèlent en permanence. Il n'en faudrait pas beaucoup pour que je m'emporte de nouveau et que je recommence à frapper avant de réfléchir malgré que je sache que cela n'apporte rien de bon. Je connais ma tendance à me laisser entraîner par mes accès de violence.
En présence de mon père cela n'arrivait pratiquement jamais tant il savait comment me canaliser et me détourner de ma fureur. Quoique que lui n'a jamais manqué à sa parole. Pas par peur mais par respect pour ses convictions et pour moi bien sûr. J'aimerais tellement qu'il soit là, à mes côtés, pour me dire ce que je dois faire. Je sourie tristement en me souvenant de ce qu'il pouvait faire quand il l'avait décidé. Plusieurs fois je l'ai pris pour un fou mais j'ai compris plus tard qu'il ne faisait rien par hasard.
Je regarde mes mains qui reflètent la lueur du coucher de soleil maintenant que mes gants ont été réduits en charpie. Conséquence du sort que m'a lancé l'héritière aux cheveux écarlates mes habits ont prit un sale coup et passer a toute vitesse entres des arbres a finit de les arracher, quoique mes autres vêtements ne sont pas tellement en meilleur état. Les yeux rivés sur le symbole qui me rappelle ma différence par rapport aux autres je sens une autre émotion prendre le pas sur les autres... La honte...
J'ai honte d'avoir cédé à mes pulsions violentes. Les deux [Pions] de Riser ont choisit de défendre le pourri qui leur sert de maître mais elles n'avaient rien fait qui puisse justifier que je sois aussi cruel avec elles. Quand le bruit des os qui se brise de la première à m'avoir attaquée, Mira si je me souviens bien, me revient en mémoire je suis dégoûté de mes propres actions. Quand à la deuxième je n'ai pas été plus tendre...
Viennent ensuite les membres du Club de Recherches Occultes. Je me souviens sans peine du conflit qui se lisait dans leurs regard. Il voulait protéger leur [Roi] mais ils me considéraient déjà comme suffisamment proche pour hésiter à m'agresser. J'esquisse un sourire sauvage et satisfait en me remémorant de l'expression apeurée de la démone. Je n'éprouve pas le moindre remords pour ce que je voulais lui faire, c'est elle qui m'a trompée, et pourtant ma satisfaction disparaît aussi vite qu'elle est venue... j'étais tellement obnubilé par l'idée de lui faire du mal que j'en ai oublié une personne importante...
Asia était encore dans la pièce lorsque je m'apprêtais à faire feu et le contrecoup aurait très bien pu la blesser grièvement... Si ce n'est pire... Quand à mes condisciples de l'Académie Kuoh, eux aussi aurait probablement été pris dans les dégâts collatéraux... Tout ça ne m'avait même pas effleuré l'esprit... Mais le pire de tout reste l'expression de terreur sur le visage de celle que j'ai osé appeler ''mon amie''... Je pousse un rire sans joie qui résonne sur les arbres alentours.
« Avec un ami comme moi... pas besoin d'ennemi... » Je déclare dans le vide.
Un larme roule sur ma joue tandis que la tristesse m'étreint. Asia ne voudra plus jamais m'approcher maintenant qu'elle a vu ce que je suis vraiment. J'ai torturé Raynare sans le moindre état d'âme pour ce qu'elle a fait mais est-ce que je suis vraiment si différent d'elle ? J'ai failli tuer une personne qui m'est chère tant j'étais aveuglé par ma haine... Je suis pathétique...
J'en connais qui pourraient me dire que je la connais depuis à peine plus d'un mois alors la qualifier ''d'amie'' est présomptueux. Mais c'est ce que je ressens sans aucun doute. Elle me rappelle mon père : honnête, dévouée et pleine de compassion. Cependant je ne l'aime pas que pour ça. Elle m'a rappelée que malgré que la plupart des gens sont des égoïstes qui sont portés sur la discrimination il y a en certains qui sont prêts à écouter les gens et à les accepter peu importe ce qu'ils sont.
Mais maintenant... Je ne sais plus... Je suis toujours resté à ses côtés car je voulais la protéger. Qu'elle soit toujours heureuse et puisse toujours sourire... Mais si en fin de compte n'était-ce pas moi qui avait peur ? Pour la première fois depuis longtemps quelqu'un me regardait sans être dégoûté et voulais bien rester près de moi. C'est sans doute pour ça que je cachais ma facette violente. Je ne voulais pas qu'elle ai peur de moi et finisse par s'éloigner. J'étais égoïste... Je ne pensais qu'à moi en fin de compte et c'est peut-être pour ça que je n'ai pas réussi à me contrôler bien qu'elle était là... Alors si.. Si je lui parle... Peut-être que...
« Non... » Je parle encore tout seul après un long silence. « Mais qui je crois tromper avec ce raisonnement complètement débile... ? »
Pitoyable... Même après tout ça je suis encore en train de me chercher des excuses... Je fais une marque profonde de mes cinq doigts dans le tronc de l'arbre sur lequel je suis appuyé. Je dois m'en aller. Ce qui vient de se passer aujourd'hui n'est qu'une preuve de plus que je ne peux pas rester au milieu des autres. Je vais rassembler le peu d'affaires que je possède puis je partirais. Plus vite je disparaîtrai mieux se sera.
Je prends une impulsion pour redescendre au niveau du sol. Ma chute n'est pas très longue et j'atteins le plancher des vaches en peu de temps. Quand j'atterris je fronce les sourcils de contrariété. Il y a une personne qui se trouve à moins de cinquante mètres de moi et qui est surprise de me voir soudain débouler de cette manière. Cependant le plus gros problème c'est que je la connais. Impossible de confondre une européenne aux cheveux blonds avec quelqu'un d'autre dans cette ville. Nous restons un court instant à nous regarder sans faire de geste ni parler puis je tourne les talons et je m'élance pour la distancer. Je ne veux pas avoir à supporter des adieux en plus du reste.
« Attend ! » S'écrie l'ancienne nonne. « Ryûichi-san ! Je veux te parler ! »
La jeune démone continuer à s'époumoner en courant aussi vite qu'elle le peut mais il est bien trop rapide pour qu'elle puisse le rattraper. Elle finit par se prendre dans une racine et s'affale sur le sol la tête la première. Une dizaine de secondes plus tard alors qu'elle est en train de masser son front endolori elle sent deux mains la relever gentiment. Le [Fou] redresse la tête tombe alors nez à nez avec son ami qui la soutient pour qu'elle puisse se remettre sur ses pieds.
Une fois qu'elle est debout l'ecclésiastique déchue n'a pas le temps de lui dire merci qu'il lui tourne le dos à nouveau. Il va partir sans rien dire mais elle l'attrape par une manche, où ce qu'il en reste, et se cramponne de toute ses forces pour l'empêcher de s'éloigner. Il tente de se dégager mais il ne peut pas. Enfin il pourrait sans trop de difficultés cependant il ne veut pas brusquer la lycéenne qui s'accroche désespérément à lui.
« Lâche moi Asia. » Je demande en essayant d'être le plus détaché possible.
« Je refuse. » Répond-t-elle, catégorique, avec empressement. « Si jamais je te lâche tu vas t'enfuir. »
Je voudrais tellement m'échapper mais mes jambes sont comme collées au sol. J'ignore ce qui me retiens. Je dois partir, je le sais, alors pourquoi je ne peux même pas faire quelque chose d'aussi simple ? Je reste sans bouger pendant un moment qui me semble à la fois trop long et trop court puis je finis par lui faire face de nouveau. Je contemple son visage minutieusement cette fois et je remarque qu'elle n'est pas dans son assiette.
Ses yeux sont rouges et enflés. Elle a dû beaucoup pleurer, sans doute à cause de ce que j'ai fait. Sa main qui tient les fripes qui me couvrent tremble et l'autre est serrée fermement. Une autre vague de dégoût me submerge et je me détourne une fois de plus. Je ne supporte pas de voir ça. Elle prend alors la parole d'une voix qui me surprend par son calme.
« Viens avec moi Ryûichi-san. » Me demande Asia, affable. « Rentrons chez nous. »
« Il n'y a pas de ''chez nous''. » Je réplique, froidement. « Je ne peux pas rester près de toi. Je suis beaucoup trop dangereux. »
« Ce n'est pas vrai ! » Affirme-t-elle avec conviction. « Je sais que tu es quelqu'un de gentil. » Ajoute la jeune européenne, non moins convaincue. « Tout ce que tu désires c'est me protéger. »
Non.. S'il te plaît ne me dit pas ça. Je ne mérite pas ta loyauté. Je me suis laissé emporter par mes plus vils instincts et je ne me serais rendu compte de mon erreur que lorsque je t'aurais découverte morte au milieu du bain de sang que j'aurai provoqué. Je suis un monstre, rien de plus et surtout rien de moins. Il faut que je m'éloigne le plus possible de tout le monde et surtout de toi avant de faire quelque chose que je ne pourrais jamais réparer.
Je parviens à me remettre en marche et les loques qui m'habillent finissent par se rompre. Je vais bondir quand je sens ses deux mains m'enserrer le poignet gauche avec toute la force qu'elle peut avoir. Je tente de me dégager deux fois de suite mais ma résolution s'effrite de nouveau encore plus rapidement que précédemment. Je finis par rester debout, droit comme un piquet et encore plus silencieux qu'une pierre tombale.
Il me faut un moment excessivement long avant de parvenir à tourner la tête de nouveau. Je la vois me sourire maladroitement, ne sachant que dire, pour que je reste là. J'ai envie de hurler... Mais je ne sais pas quoi... Que je suis désolé ? Ridicule... Il fallait y penser avant... Pardon ? Pitié... Il y a des limites à ce que l'on peut demander tout en restant crédible...
Finalement nos yeux restent rivés les uns dans les autres. Ses pupilles vertes émeraude me supplient de ne pas partir et pourtant il y a une détermination sans faille qui brille dans son regard. Il n'y a pas le moindre doute c'est bel et bien la personne résolue et profondément respectueusement qu'est Asia qui se trouve devant moi. Pas une jeune fille apeurée en présence d'un monstre.
Une nouvelle peur me noue l'estomac. Si elle est inconsciente au point de ne pas voir la menace que je représente alors ça ne fait que justifier davantage mon choix de déguerpir. Je pose ma seconde main sur la sienne qui me tient fermement pour lui faire signe que je voudrais qu'elle me laisse partir. Pourtant elle ne fait que serrer encore plus fort.
« S'il te plaît Ryûichi-san, » Dit-elle une fois encore. « Rentre avec moi. »
« Je ne peux pas Asia. » Je fais d'une voix neutre. « Tu n'es pas en sécurité avec moi. »
« Ce n'est pas... » mon interlocutrice va répéter mais je l'interrompt avant.
« Si c'est vrai ! » Je contre, inflexible. « Tu m'as vu Asia ! » J'affirme, véhément. « Tu sais ce que j'allais faire ! J'étais tellement emporté par ma colère que je t'avais oublié ! Je t'aurais peut-être blessée, ou pire, là-bas ! »
« Mais finalement tu n'as rien fait ! » Rétorque l'ancienne nonne sans sourciller. « C'est toute la différence. »
« Peuh... » Je fais, méprisant envers moi-même. « Je n'y suis pour rien... Si Ddraig ne m'avait pas retenu alors... » Ma voix se brise, je ne peux pas raconter la suite...
Je baisse les yeux en direction du sol, honteux. Il y a un instant de silence quand je sens la main de la nouvelle-née démone se poser sur le dos de la mienne. Je relève la tête et elle effleure du bout de ses doigts le dos de ma main, là où se matérialise la gemme qui orne le Boosted Gear. Elle sourie doucement.
« Merci à vous Ddraig-sama, » Déclare-t-elle paisiblement. « De veiller sur Ryûichi-san... »
[Tout le plaisir est pour moi, jeune demoiselle.] Répond le dragon divin sur un ton séducteur.
Je lui dis de rester en dehors de ça d'une manière cassante et il réplique par un grognement de dédain puis se retire. Un sourire amusé se forme sur les lèvres de Asia qui m'avoue qu'elle trouve que nous allons très bien ensemble. Je me gratte la joue de gêne avant de me rendre compte que l'ambiance lourde d'il y a moins d'une minute s'est pratiquement envolé à mon grand dam. Je tente donc encore une fois de me libérer sans plus de succès.
« Je t'en prie Asia. » Je lui demande, la voix tremblante. « Laisse moi m'en aller. »
« Non. » Dit-elle, un peu moins sûre. « Je veux que tu restes avec moi. »
« Ce n'est pas possible et tu le sais. » Je fais, manquant d'assurance. Je suis à un rien de changer d'avis.
Nous restons une dizaine de secondes à nous observer, les yeux dans les yeux, sans rien dire de plus. Puis, à mon grand étonnement, elle finit par me lâcher. Elle baisse la tête en signe de défaite et je sens les mots me brûler la gorge pour lui dire quelque chose... Rien qu'un ''adieu'' suffirait mais il ne veut pas sortir... Je tente de lever le bras pour lui adresser un dernier geste de compassion pourtant là non plus je n'y arrive pas... En fin de compte je tourne les talons et je m'éloigne dans le silence le plus complet...
Je n'ai pas fait trois pas que j'entends des sanglots venir de derrière moi et je me fige dans mon élan... Elle est triste... Bien sûr qu'elle est triste ! Je vais l'abandonner sans même une dernière parole... Je vais lâcher... Je me répète ''ne te retourne pas ! Ne te retourne pas !'' en boucle dans ma tête car je sais ce qui va se passer si jamais je le fais. Mais quand elle se remet à parler, ce que j'entends me fait réagir par réflexe.
« Pardon Ryûichi-san... » Se lamente-t-elle. « Tu as raison de partir... De ne pas vouloir de moi... » Ajoute la jeune femme, se blâmant elle-même. « Je ne te mérite pas... »
Je sens mon cœur couler dans ma poitrine encore plus vite qu'une brique dans un lac et sans pouvoir m'en empêcher je fais volte-face et je me rue à ses côtés. J'arrive tellement vite et tellement prêt que je manque de la percuter. Je lui saisis les épaules et quand son visage est assez haut pour que je puise la voir clairement mon état empire encore. Ses joues sont inondées de larmes et son expression ne montre que du désespoir.
« Mais qu'est ce que tu racontes !? » Je m'exclame, en proie à la panique. « C'est moi le responsable de tout ça ! Tu devrais me détester, pas te sentir coupable ! »
« Mais... » Ses sanglots sont tellement violents qu'elle n'arrive plus à parler. « Mais... C'est moi qui t'ai trahi... »
Que... !? Quoi !? Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire !? Mes pensées fusent dans ma tête sans que je puisse en saisir une avant qu'elle ne soit expulsée par la suivante. Je reste comme une poule devant un couteau pendant le long moment nécessaire pour qu'elle puisse m'expliquer le pourquoi de sa dernière phrase.
« Je t'ai dit... Que j'étais ton amie... Et pourtant... » Commence l'ecclésiastique, pleine de remords. « Quand tu t'es battu... Contre Buchou-san... Pour ma liberté... J'avais peur... Si peur... » M'avoue-t-elle dans une honte immense.
« Mais c'est normal Asia ! » Je réplique du tac au tac en essayant de la réconforter. « N'importe qui aurait peur en voyant quelqu'un devenir aussi violent que je l'étais ! »
« Non... » Affirme mon interlocutrice malgré ses larmes. « Je... J'étais ton amie... Je n'aurais pas dû... Avoir peur de toi... Mais... J'étais... Terrorisée... » Elle plonge sa tête dans ses mains et se remet à pleurer de plus belle. « J'ai... Tellement... Honte... Pardon... Ryûichi-san... Pardon... »
Je suis là et je n'arrive pas à comprendre... J'ai manqué de la tuer il y moins d'une journée et elle est en train de fondre en larmes dans mes bras en pensant que ce que j'ai fait est de sa faute... Mon égoïsme me saute alors à la figure et me frappe avec la force d'un train lancé à pleine vitesse... Je voulais fuir pour me mettre, moi, à l'abri et non pas pour protéger les autres comme je le pensais...
Je ne suis qu'un crétin finit et si je m'écoutais je me frapperais jusqu'à que je finisse par m'assommer pour ma propre bêtise... J'entends un commentaire sardonique de Ddraig qui se demandait pendant encore combien de temps encore j'allais m'apitoyer sur mon sort. J'ai bien envie de lui envoyer une réplique dans les dents mais il a tellement raison que je ne parviens pas à trouver quoi que se soit.
Je sens Asia qui se remet à bouger et je recentre mon attention sur elle. Avec un sourire affligé elle prend ma main dominante et l'emmène caresser son visage avec douceur. Ses yeux semblent me demander de la punir pour son ''crime''. Toujours dans un geste lent et empli de tristesse elle descend lentement et elle arrête la pointe acérée de mes doigts à gauche de son torse juste au dessus de sa poitrine... Juste en face de son cœur...
Je suis horrifié par ce que son action signifie... Elle joint son autre main à la première en un geste de prière sans pour autant lâcher mes doigts... Elle me laisse seul juge de ses actes... J'ai son autorisation pour disposer de sa vie si j'estime que c'est le prix qu'elle doit payer pour se racheter... Elle ferme les yeux et attend paisiblement que vienne la sentence... Elle ne tremble absolument pas... Je la revois encore une fois allongé sur le banc de cette église... A patienter sereinement que ce qui doit être... Soit...
Je libère ma main des siennes et je l'enserre avec tendresse. Elle pousse un petit cri de surprise en sentant mes bras l'entourer brusquement et elle ouvre grand les yeux pour voir ce qui se passe. Elle comprend aussitôt que je ne désire pas le moins du monde la punir et elle reste sans réagir tout le temps de mon étreinte. Quand je me détache d'elle je prends aussitôt la parole à la fois réconforté et en colère.
« Je ne veux plus jamais que tu fasses ça Asia. » Je lui dis sans détour. « Tu n'as pas à payer pour mes conneries. »
« Mais... Je... » Bafouille-t-elle, incrédule.
« Non. » Je rétorque, toujours aussi ferme. « Tu ne m'as pas trahi, sors toi ça de la tête. » Je sourie avec douceur. « C'est moi qui te dois des excuses. » Mon amie me regarde sans comprendre. « Je t'ai montré la partie la moins reluisante de ma personnalité et au lieu de chercher à me racheter j'ai fuit comme un abruti. C'est moi qui aurait dû faire le premier pas et pourtant c'est toi qui est venu me chercher. » Je reste un court instant sans rien dire. « Pardonne moi Asia. »
Je m'incline très bas en signe de repentance et je l'entends pousser une exclamation de surprise en réaction à mon geste. Il se passe une dizaine de secondes qui semble durer une éternité puis finalement elle me saisit délicatement le visage pour me relever. J'ai une certaine appréhension tandis que je me redresse mais en voyant le large sourire, celui qu'elle arbore d'habitude, éclairer son visage je me sens profondément soulagé.
Je la contemple pendant encore un instant et la jeune femme vient se caler contre moi pour trouver encore un peu plus de réconfort. Je l'accueille sans la moindre hésitation et je réalise soudainement que toutes mes inquiétudes se sont envolées et que je me sens vraiment beaucoup mieux. J'ai encore fait une boulette et c'est un euphémisme. J'espère que je vais réussir à m'améliorer si je fais attention. Elle le mérite.
« Pardonne moi Asia. » Je dis à nouveau, toujours un peu honteux. « Je ne suis pas le meilleur des amis. »
« Ce n'est pas vrai. » Répond la nonne déchue avec douceur. « Tu es mon premier ami et j'aurais dû être là pour toi. » Elle me regarde dans les yeux. « Excuse-moi. »
« Écoute nous. » Je fais en souriant, moqueur, au bout d'un instant. « On a l'air de deux idiots à se demander pardon chacun à notre tour depuis cinq minutes. »
Elle rigole, amusée, et se libère de moi avant de me dire combien elle est contente d'avoir pu me retrouver. Nous discutons, où plutôt je me fais sermonner, à cause de ma tenue vestimentaire pendant quelques minutes puis revient fatalement le sujet qui fâche.
A la lisière de la forêt tous les membres restant du Club de recherches Occultes attendent, en rongeant leur frein, de voir qui va sortir de la forêt qui se trouve à la périphérie de Kuoh et surtout comment. D'après leur nouveau [Fou] c'est à cet endroit qu'il y a le plus de chance de retrouver celui qui s'est enfui après avoir pratiquement pulvérisé l'ancienne école et ses habitants.
Une fois remise de ses émotions et sans laisser le temps à Asia, toujours à moitié en état de choc, de guérir la brûlure sur son cou Rias Gremory a ordonné à Kiba et koneko de le suivre pour savoir où il allait. Mais ayant déjà dix bonnes minutes d'avance il s'est simplement volatilisé. Sentant un lourd remord lui nouer le ventre davantage que sa peur elle entendit le Conseil Étudiant au grand complet entrer par la porte de la salle de réunion.
Ils venaient de lancer une annonce comme quoi une fuite de gaz menaçait la sécurité près du bâtiment et venaient maintenant voir ce qu'il s'était passé en réalité. Une fois des explications assez difficiles à comprendre terminé, l'envie de Sona de faire un sermon à son amie était bien lisible sur son visage mais cette dernière savait déjà qu'elle était responsable de cette situation. La Présidente déclara donc simplement qu'ils allaient s'occuper de régler le problème ici et que Rias, ainsi que [Peerage], étaient libre d'aller à la poursuite de Kurohito.
Remerciant son homologue pour sa compréhension la démone et son groupe se mirent aussitôt au travail. Cependant malgré des fouilles intensives à touts les endroits qu'il connaissaient ils durent se rendre à l'évidence qu'il ne le retrouverait pas si facilement. Finalement c'est la recrue la plus récente, sortant de son mutisme pour la première fois depuis les événements, qui proposa une dernière possibilité. N'ayant rien à perdre ils essayèrent. Une fois sur place Asia demanda à pouvoir y aller seule. Ce à quoi sa maîtresse consentît malgré une réticence très facile à deviner.
Voilà plus d'une heure qu'ils attendent. Et cela commence à devenir interminable. L'héritière aux cheveux écarlates est debout face aux arbres et n'a pas quitté sa position depuis leur arrivée. Elle a les bras croisés et paraît calme pourtant ce n'est qu'une façade. Elle sait qu'elle vient de commettre sa première grosse erreur en tant que Présidente du Club mais surtout en tant que personne.
Akeno est posément debout derrière son [Roi], une expression des plus sérieuses sur son visage. Elle regrette de ne pas avoir su tempérer son amie afin qu'elle ne se jette pas toute seule dans un guêpier. Malheureusement ce qui est fait est fait et il est inutile de pleurer sur le lait renversé. Maintenant il faut juste patienter. Malgré ses angoisses elle sait que l'ancienne sœur est la plus à même de réussir à le raisonner.
Kiba fait des cercles sans pouvoir se persuader de retirer sa main de la garde son épée qu'il garde constamment matérialisée. Il s'en veut de ne pas avoir su prévoir un tel débordement venant de leur nouveau camarade. Son calme et sa gentillesse ce dernier mois lui ont trop vite fait oublié qu'il n'était pas l'hôte d'un des deux dragons divins pour rien. On dit qu'il ne faut jamais marcher sur la queue d'un tigre... Malheureusement c'est ce qu'il s'est passé.
Quant à Koneko elle passe son temps à embêter un gros scarabée qui se cache dans une souche morte. Elle a bien emmené des sucreries mais son esprit est trop ailleurs pour qu'elle s'en souvienne. Elle n'a pas oublié la douceur avec laquelle celui qu'ils cherchent maintenant l'a prit pour la protéger lors de la chasse au démon errant. Cependant quelqu'un qui est aussi déterminé à secourir devient un adversaire effroyable quand vous venez à le retourner contre vous.
Encore une minute plus tard le [Fou] sort enfin du bois, ce qui attire tous les regards sur elle. A leur grande déception elle est seule mais lorsque Rias Gremory remarque qu'elle sourie largement alors elle sait que tout n'est pas perdu. La guerre est loin d'être gagnée mais elle sait que, peu importe ce qu'ils se sont dit, cette bataille là a été gagnée.
En poussant la porte d'entrée de la maison qui m'a été prêtée par la Présidente j'ai une hésitation mais coucher dehors ne me mènera à rien alors je rentre, sans entrain. Je pose mes chaussures et je me dirige aussitôt vers la salle de bain. J'ai attendu la nuit avant de revenir pour ne pas avoir de problèmes à cause de mes habits en loques et j'ai vraiment très envie de me laver. Pourtant un détail m'arrête dans mon élan.
Sur la table du salon il y a une boite qui fait la taille d'un carton à chaussures et appuyé dessus se trouve une lettre cacheté à la cire avec l'emblème des Gremory. Je ne suis pas très sûr à cause de l'obscurité mais j'ai l'impression qu'il y a mon nom écrit sur le papier. Poussé par la curiosité je change de direction, allume la lumière et je vais prendre l'enveloppe. Je reconnais sans mal l'écriture de ma ''supérieure''. Je craque le cachet et commence à lire le contenu. Il n'y a qu'une phrase.
Kurohito-san,
Je vous prie d'accepter ce modeste présent de ma part, d'après une idée de Asia, pour vous féliciter de votre adhésion au Club de Recherches Occultes.
Rias Gremory
Je repose la lettre et j'ouvre le paquet. Assez surpris je trouve une paire de gants d'un noir uniforme qui me font penser aux miens. Je les prends et dès que ma peau entre en contact avec eux je comprends qu'ils sont spéciaux. Je ne reconnais pas la matière mais ce n'est pas du cuir ni un quelconque tissu. Ensuite il y a des parties beaucoup plus dure, qui forment comme des plaques articulées, aux niveau du dos, du creux et des premières phalanges de la main.
J'en enfile un pour voir ce que cela donne. Ils sont étonnement confortable et légers malgré que je sente les renforts dans la doublure. C'est là que je comprends. Ils sont prévus pour être utilisé au combat mais restent suffisamment agréable pour être porté touts les jours. Le kanji que je brode d'ordinaire est là aussi, dans la couleur habituelle.
Je comprends maintenant ce que mon amie entendait par ''cadeau'' pendant notre conversation dans la forêt. Heureusement que Asia m'a dit que ce colis devait arriver aujourd'hui sinon j'aurais pu croire que cette maudite démone cherche à m'acheter. Je reste un long moment à observer cette paire en me demandant ce qu'il faut que je fasse. Ne trouvant pas je décide d'aller prendre mon bain en premier.
Une fois lavé je m'assoie dans la baignoire sans pour autant réussir à me détendre ne serait-ce qu'un peu. Mon esprit reste en balance entre les mots empli de gentillesse de mon amie et la promesse effrontément rompue de l'héritière. Le seul son audible est celui des gouttes qui tombes de mes cheveux dans le bain tandis que mes pensées défilent trop vite pour que je parviennes à les retenir. Mon regard finit par se porter sur ma main droite. L'envie de demander conseil à Ddraig me tiraille mais finalement je me ravise. Ce problème est le mien et je dois le régler seul.
Je reste si longtemps que l'eau en devient froide sans pour autant que ma colère diminue. Je sors d'un coup et je ne me sèche que grossièrement. Moins de deux minutes plus tard j'entre dans ma chambre et je me dirige vers mon placard. Rapidement j'en sors tout ce dont j'ai besoin. Cela fait longtemps que je n'ai pas eu besoin d'en fabriquer. J'espère que je ne vais pas me tromper dans la préparation car je n'aurais pas de temps pour recommencer en cas d'erreur.
Huit jours sont passés à une vitesse folle et quand je franchis l'entrée de l'Académie pour la première fois depuis plus d'une semaine je sens un grand nombre de regards se poser sur moi. Sans leur prêter la moindre attention je file directement vers le bâtiment principal. Je pensais que rien n'interromprait ma marche cependant je me suis trompé. En fait deux choses me stoppent dans mon élan. Ou pour être plus exact, deux personnes... Le duo de pervers est en train de profiter d'un trou dans le mur du vestiaire féminin du club de kendo pour reluquer.
Poussant un grognement de dédain et de colère si menaçant que les gens les plus proches se figent en frissonnant je change de trajectoire. L'accident avec Riser est toujours frais dans ma mémoire et cette fois je suis trop furieux pour qu'ils échappent à un châtiment. Sans faire de bruit en particulier j'arrive derrière eux sans qu'ils me voient tellement ils sont concentrés sur ce qu'ils regardent.
J'enfonce la tête de Matsuda au travers du fin mur en bois d'un coup de pied ce qui lui fait perdre connaissance. Motohama pousse un cri de peur qui arrive à couvrir celui des filles dans le vestiaire alors que je l'empoigne par le col de son uniforme. Je casse ses lunettes sur son visage, avec le nez en prime, d'un direct. Je le lâche sans le moindre respect sur le sol et il s'écroule comme un vulgaire sac de pommes de terre, inconscient.
Le petit groupe qui s'est formé pas loin pour observer se disperse tel un vol de moineaux en me voyant me retourner pour reprendre ma route d'origine. Je vais récupérer ma réputation de départ et sans doute me faire expulser mais je m'en contrefiche. Je file tout droit vers la salle du Conseil Étudiant.
En montant la dernière marche de l'escalier je tombe nez à nez avec Genshirou-san qui semble m'attendre. Il tente de de sourire en me voyant mais on dirait davantage une caricature qu'autre chose. Sans y prêter attention je continue à avancer vers la porte qui se trouve à sa droite. Quand je suis à moins d'un mètre de ma destination il avale sa salive avec difficulté pour finalement prendre la parole.
« Kai... Kaichou... vous attend... Kurohito...-san... » Parvient-il à articuler malgré son appréhension.
En l'entendant je me fige. Il a peur ça se sent mais il y a autre chose que je ne parviens pas à cerner. La première fois que je l'avais vu il était sur ses gardes, replié sur lui-même, comme pour se protéger d'un monstre. Cette fois, malgré l'évidente peur, son intonation me donne l'impression qu'il reste ouvert à la conversation et non qu'il m'a mit dans le dossier ''a éviter absolument''. Je me tourne vers lui, mû par une sincère curiosité.
« Vous ne me voulez pas vous enfuir ? » Je lui demande d'un voix brusque mais assez calme. « Je suis dangereux pourtant. »
« Et bien... » Il joue nerveusement avec ses mains pour canaliser son stress. « J'ai... Pensé ça... La première fois... » Avoue le [Pion], pas vraiment à l'aise. « Mais... J'ai promis... De ne pas recommencer... Alors... »
Je vois... Il sait ce qu'il s'est passé entre Gremory-sempaï et moi pourtant il respecte la promesse que nous nous sommes faites dans la salle du Club de prendre le temps de nous connaître avant de porter un jugement sur l'autre. Je sens une vague de respect envers lui me traverser et je sourie maladroitement. Il ouvre grand les yeux à cause de ma réaction et paraît se détendre un peu. Je passe à côté de lui et j'ouvre la porte d'un geste large. Au moment de franchir le seuil je lui réponds.
« Merci... »
Le battant se referme et Saji croit pouvoir respirer normalement pour la première fois depuis un long moment. La phrase sortit par la Présidente lors de leur première rencontre lui revient en mémoire... On dirait que tous les dragons ne sont pas à craindre si on ne les méprise pas. Se retournant il garde quand même une certaine incertitude quand à ce qui va se passer maintenant entre sa supérieur et l'hôte du Boosted gear.
Je fais face aux deux responsables du conseil étudiant qui m'attendent dans une position qui me rappelle quelque chose. Shitori-sempaï est assisse à son bureau, la tête posée sur ses mains jointes, elle m'observe au travers de ses lunettes. Shinra-sempaï est debout derrière elle à attendre telle un valet de chambre. Elle pose sur moi le même regard analytique que son [Roi]. Je remarque qu'il n'y a que nous trois dans la pièce. On dirait que le reste de son [Peerage] a été ''mis de côté'' pour cette conversation. Mesure de précaution où juste envie de parler en privé ? Je ne sais pas et en toute franchise je m'en contrefiche.
En revanche puisqu'elles s'attendaient à ma visite voilà qui va me faciliter la tâche. Je ne perds pas de temps à chercher des raisons et je comble la distance qui nous sépare encore. Les deux femmes ne me quittent pas des yeux. Puis quand je me trouve finalement à moins d'un mètre de la seconde responsable démoniaque de cette ville je marque un arrêt pour la toiser à mon tour. Dix secondes d'un silence pesant s'écoule avant que je rompe le mutisme ambiant.
« Je pense que Gremory-sempaï vous a expliqué ce qui s'est passé alors je vais être clair... » Je commence, cassant.
Je m'appuie sur le bureau et je me baisse en direction de son visage. En me voyant m'approcher d'un manière aussi menaçante la [Reine] amorce un pas. La Présidente lui fait un geste autoritaire qui la coupe dans son élan. Nos deux visage sont à moins de trente centimètres l'un de l'autre et pourtant ça ne la fait pas sourciller. Elle a des tripes je dois le reconnaître.
« ...N'essayez même pas de la défendre. » Je termine, glacial.
« Ce n'est pas mon attention Kurohito-san. » Répond-t-elle, nullement intimidée, avec une certaine diplomatie. « Je devine le pourquoi de votre venue. » Poursuit la démone, toujours diplomate. « Cependant, avant que nous ne parlions de cela, je voudrais vous rappeler que vos camarades ne sont pas des exutoires à votre frustration. »
« Par pitié Sitri-sempaï, » J'appuie lourdement sur ce mot. « gardez vos leçons de psychologie pour quelqu'un qui veut les entendre. »
« Peu importe le nom que je porte, » Contre l'intéressée, intraitable. « Je reste responsable du corps étudiant de l'Académie Kuoh et je ne cautionne pas votre comportement. » Ajoute-t-elle en soutenant mon regard.
« Dans ce cas renvoyez-moi, Kaichou, ça ne me fait ni chaud ni froid. » Je réplique sans la moindre hésitation. « Mais pour l'instant j'ai besoin de savoir où je peux trouver Rias Gremory. »
« J'ai peur de ne pas pouvoir vous donner de réponse. » Fait l'héritière Sitri d'une voix neutre au bout d'un court instant. « Sa famille possède de très nombreuses propriétés dans la région et il m'est impossible de savoir laquelle a été choisie. »
Un silence lourd s'installe. Je suis porté à croire qu'elle me cache la vérité mais au bout de deux secondes de réflexion je me dis que c'est stupide. Ça n'a pas de sens de me cacher l'endroit où elle s'entraîne alors qu'ils m'ont cherchés pendant toute une journée avant de partir. C'est étonnant que la démone aux cheveux écarlates ne lui ait rien dit mais peut-être qu'elle s'imaginait que j'allais agresser son homologue pour lui faire dire où elle se trouve et que ne rien lui révéler la protégerait.
Je me redresse lentement et je la toise d'un regard froid qui la laisse de marbre. Au bout d'une dizaine de seconde de contemplation réciproque je croise les bras. En réaction mon interlocutrice se contente de réajuster ses lunettes d'un geste nonchalant. Je reprends la parole juste après d'un ton un peu moins inquisiteur.
« Dans ce cas je voudrais que vous preniez contact avec une autre personne. » Je dis sans cérémonie. « Je suis certaine qu'elle saura me renseigner. »
« Transmettre un message pour vous est tout à fait dans mes possibilités. » Acquiesce poliment la Présidente. « Qui souhaitez-vous joindre ? » M'interroge-t-elle de la même façon.
« L'intendante de la famille Gremory, Grayfia Lucifuge. » Je réponds.
Cette fois une surprise prononcée est visible sur le visage des deux démones qui n'en croient pas leurs oreilles. Une fois que la jeune femme en face de moi a reprit une expression neutre elle veut sûre si je suis bien conscient de ce que je demande. On ne convoque pas la [Reine] d'un Maou comme on hèle un taxi.
Je lui dit simplement que si elle a vraiment à cœur les intérêts de la famille qu'elle sert alors elle se déplacera. Une courte réflexion plus tard l'héritière Sitri accède à ma requête et décroche le téléphone à sa droite. Une voix féminine se fait entendre à l'autre bout du fil et je ne sais pas pourquoi mais le visage de la Présidente devient rouge sans prévenir. Son expression faciale se trouve à mi-chemin entre la colère noire et la honte... A qui peut-elle bien parler pour terminer dans cet état en moins de cinq secondes ?
Une fois une conversation quelque peu surréaliste, durant laquelle je me demande plusieurs fois si la démone n'est pas en train de se moquer de moi, terminée elle raccroche brutalement en claquant le combiné. Pour faire bonne mesure elle tire sur le fil et débranche le câble de la prise dans la mur... Je lève un sourcil perplexe en la voyant reprendre son souffle de la même manière que si elle venait de faire un court sprint...
Elle me confirme dans un calme retrouvé que j'ai rendez-vous dans la salle du Club de Recherches Occultes dans moins d'une demi-heure.
La plus puissante [Reine] de l'Underworld se matérialise devant un bureau dans une pièce faiblement éclairée. Assis dans un fauteuil en face d'elle se trouve un homme aux longs cheveux d'un rouge éclatant qui lui tourne le dos. Sur son espace de travail se trouve de nombreuses piles de papiers plus ou moins bien rangées. Cependant au centre du tout il y a une seule lettre, ouverte de façon grossière, dont le contenu est visible en partie. C'est un faire-part pour une réception de fiançailles.
« J'ai amené le porteur du Boosted Gear auprès d'Ojou-sama comme vous me l'aviez demandé. » Informe-t-elle, en faisant fi du désordre ambiant, sur un ton protocolaire.
« Le penses-tu capable de vaincre un Phenex ? » Se contente de demander son seigneur sans se retourner.
« Il en a les capacité. » Répond Grayfia avec une voix similaire à avant. « Cependant, je ne peux certifier qu'il en aura le désir. »
« Si j'avais su que Rias se mettrait à dos l'hôte du Dragon Empereur Écarlate... » Commente l'homme en s'enfonçant davantage dans son siège, l'air las.
« Créer une relation avec le détenteur d'un tel pouvoir est un pari que Ojou-sama a cru trop rapidement gagné. » Déclare l'intendante sur le ton de la conversation.
« Je sais... » Avoue le Maou, apathique. « Pour l'instant restons spectateurs et voyons comment se déroulent les choses. » Termine-t-il.
La téléportation s'achève en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire et j'ai un léger vertige qui dure une fraction de seconde. C'est assez difficile de décrire cette sensation de déplacement mais j'ai eu l'impression de me trouver dans un tube trop étroit qui tourne sur lui-même. Il a fallu près d'une heure à mon ''guide'' pour modifier le sceau de transport de leur clan pour me permettre de parvenir jusqu'ici. Le paysage est vraiment passé du tout au tout.
Je me trouve dans une vallée encadrée de montagnes recouvertes de forêts d'un magnifique vert clair. Il n'y a pas le moindre signe de la civilisation humaine partout où je regarde. Il y a une maison à moitié montée sur pieds qui ressemble à un chalet à environ deux kilomètres. Une légère jalousie s'empare de moi l'espace d'un instant. C'est le genre d'endroit dont je rêve pour échapper à la grande majorité de l'humanité.
Je me mets en route sans attendre. Il fait presque nuit et je ne crois pas que je pourrais me diriger dans le noir. Je marche pas loin d'une heure à cause du relief mais je finis par arriver dans la clairière qui entoure le logement de l'héritière Gremory. La lune éclaire l'herbe tandis que des rectangles lumineux dû à l'éclairage de l'habitation se découpent sur le sol. A l'une des fenêtres je remarque Himejima-sempaï qui observe le ciel étoilée avec un air rêveur mais sans se départir de son habituel sourire. Un bruit sur ma gauche me fait tourner la tête.
Kiba se tient là, à environ une cinquantaine de mètres, figé dans son mouvement. Je distingue à peine sa silhouette dans l'obscurité mais je reconnais sa chevelure blonde et surtout il porte encore une épée à la ceinture. Plusieurs bûches roulent à ses pieds. Il vient de les lâcher sous le coup de la surprise en me voyant. J'imagine que la vision nocturne des démons l'a bien aidé. Il reste immobile pendant environ deux ou trois secondes puis il se met soudain en action.
D'un geste fulgurant il attrape la garde de son arme et se met en position. Il commence à tirer la lame du fourreau mais s'arrête brusquement dans son élan. Pour ma part je me aussi mit sur mes appuis pour parer à une agression et je me tiens prêt à matérialiser mon Sacred Gear. Un quart de son épée, déjà en dehors de sa protection, reflète la lumière ambiante et je crois qu'il tremble. Mes yeux s'étant habitué à l'obscurité je comprends que ce n'est pas de peur. Il bataille contre son réflexe de sortir le reste de son épée. On dirait qu'il a compris que je ne suis pas venu me battre.
Il s'écoule un moment de silence durant lequel nous sommes entre deux envies différentes. Lui me sait dangereux mais ne veut pas m'attaquer tant que je n''ai pas prouvé que je suis une menace. De mon côté je suis partagé entre m'en aller et faire du grabuge pour attirer l'attention. Au final mon condisciple de Kuoh se détend un peu et rengaine. Je fais de même après qu'il ait dématérialisé son moyen de défense.
Nous restons à nous regarder sans rien faire d'autre pendant encore plus d'une minute. Je veux que se soit lui qui engage le dialogue mais je devine sans trop de soucis qu'il ne sait pas quoi dire. Fatalement un des membres du Club de Recherches Occultes finit par sortir pour voir pourquoi la personne chargé d'aller prendre le bois pour la cheminée n'est pas encore revenu. Une jeune fille aux cheveux blancs qui fait environ un mètre quarante sort par la porte principale et jette un coup d'œil aux alentours. Elle trouve celui qu'elle cherche presque aussitôt.
« Yuuto-sempaï ? » Demande Toujou-san de sa petite voix en le voyant immobile, les bûches à ses pieds. « Que se pass... » Elle me remarque enfin. « Kurohito-sempaï !? » S'exclame la [Tour] en ouvrant grand les yeux sous l'effet de la surprise.
Je vois la Vice-présidente qui sort d'un pas pressé pour confirmer qu'il s'agit bien de moi. Elle m'adresse un sourire chaleureux qui ne me fait pas grand chose. Le [Chevalier] commence à ramasser son bois pendant que je me mets en route pour rejoindre l'entrée du chalet. Au bout de quelques secondes il y a la personne que je suis venu rencontrer en particulier qui émerge de l'encadrement de la porte.
Elle porte des habits moins stricts que d'ordinaire et ses lunettes. Je marque un arrêt plus ou moins involontaire en la voyant. Ça ne leur échappe pas mais je reprends ma marche dans la seconde. C'est ridicule d'hésiter maintenant. Arrivé au bas de l'escalier je laisse Kiba-san passer devant et je monte à sa suite. Il passe sans s'arrêter au milieu de la foule et entre tandis que je me stoppe sur le palier en face des trois jeunes femmes. C'est la Présidente qui prend la parole.
« Bon... Bonsoir Kurohito-san. » Me dit-elle avec un sourire fébrile.
« Ne vous réjouissez pas trop vite, Gremory-sempaï. » Je réplique sans chercher à être spécialement poli. Son expression devient d'un seul coup bien moins heureuse. « Je n'ai pas oublié ce qu'il s'est passé avec Riser. »
La tension ambiante devient encore plus lourde à cause de ma réponse. Koneko-san a un visage difficile à interpréter mais elle est aussi mal à l'aise que sa supérieure. Du coin de l'œil je remarque le seul membre du Club masculin qui n'a fait que deux mètres à l'intérieur pendant tout l'échange. Les murs ont des oreilles on dirait. Il disparaît derrière une porte et je recentre mon attention sur les personnes devant moi qui ont vue ce que je regardais et aucune d'entre elles n'ose prendre la parole.
Le silence se prolonge et je commence à perdre le peu de patience que j'ai récupérée ces derniers jours. Je pourrais entrer de suite mais je ne vais pas forcer le passage, c'est à elle de me dire que je peux et deuxièmement inutile que la situation dégénère encore une fois. Des bruits de pas précipités se font entendre et des cheveux blonds passent à toute vitesse dans mon champ de vision. L'instant qui suit on me saute presque dans les bras.
« Ryûichi-san ! » S'écrie mon amie, des larmes de joie aux bords des yeux. « Je suis tellement contente que tu sois venu ! »
« Bonsoir Asia. » Je réponds d'une voix douce en la serrant contre moi. « Moi aussi ça me fait plaisir de te voir. »
Nous restons une dizaine de secondes l'un contre l'autre pour profiter de nos retrouvailles. J'ai un élan de sympathie pour les autres démons quand ils ont la délicatesse de s'en aller pour nous laisser apprécier cet instant. L'ancienne nonne reste un long moment collée à moi comme pour rattraper le temps perdu et finalement ça en devient presque gênant. Finalement au moment où je vais lui parler il y a autre chose qui me vient à l'esprit. Ou au nez pour être plus exact.
Une forte odeur âcre et franchement désagréable m'envahit les narines et un mince filet de fumée sort de la pièce où est allé Kiba moins de deux minutes auparavant. Cela finit par arriver jusqu'à mon amie qui se décolle de moi et reste sans comprendre. Elle écarquille les yeux sous l'effet de la surprise et s'exclame bruyamment en comprenant la raison.
« Aaaaah ! J'ai oublié les légumes sur le feu ! »
Quinze minutes plus tard une fois que l'alerte est passé je me retrouve seul à seul avec la principale intéressée. J'entends toujours les excuses de l'ancienne ecclésiastique qui fusent au rez-de chaussé alors que nous sommes sur le toit, deux étages au-dessus. Il y a un gloussement qui vient de Himejima-sempaï puis enfin le silence.
Le sommet de cette maison est un véritable jardin botanique avec un espace central en forme de cercle au milieu, là où nous nous trouvons. Un ensemble de colonnes surmontées par un chapeau plat lui aussi en marbre décrivent un cercle. Des lierres aux feuilles étranges s'enroulent jusqu'au plus haut. Au dessus de nous il n'y a rien d'autre que le ciel d'un noir d'encre constellé d'étoiles. La lumière de la lune éclaire doucement notre lieu de rencontre.
En face de moi la jeune démone observe la voûte céleste avec l'air pensive et je la laisse dans ses pensées. J'attends patiemment qu'elle baisse enfin les yeux sur moi. L'héritière m'adresse un autre sourire mal assuré qui me montre qu'elle réfléchit à tête reposé ce qui aussi mon cas. Je garde une envie certaine d'être agressif et menaçant mais je sais que ça ne mènera à rien alors je prends mon mal en patience.
Sur la table devant laquelle je suis assis se trouve un grand nombre de papier et de livres empilés pêle-mêle. Il y a des ouvrages de stratégie militaire démoniaque, des rapports de batailles entre Piliers et pour finir plusieurs dessins de placements de pièces sur un plateau d'échec. On dirait qu'elle ne s'est pas entraînée de son côté. La Présidente s'est penchée exclusivement sur la mise au point d'un plan d'attaque pour vaincre son opposant.
Elle remarque que je fixe ses notes avec attention et me laisse faire aussi longtemps que je le désire. Une fois que j'ai fait à peu près le tour je me redresse contre le dossier de ma chaise. La démone retire ses lunettes et les pose sur un des livres. L'instant d'après elle inspire profondément pour se lancer.
« J'ai étudiée avec attention touts les Rating Games de Riser. » Commence mon interlocutrice. « Pour l'instant il a disputé dix matchs et obtenu huit victoires... » Me dit Gremory-sempaï avec une frustration facile à deviner. « Ses deux seules défaites sont dues à des arrangements décidés avant. »
« Ce gars, même si c'est un crétin, sait bien que la légendaire immortalité du Phénix lui confère un avantage écrasant. » Je commente sur le ton de la conversation.
« Il n'est pas invincible pour autant. » M'assure la jeune femme aux cheveux écarlates. « Ses capacités de régénérations sont liées à son état d'esprit. » Révèle-t-elle. « Si nous pouvons lui faire perdre l'envie de se battre alors nous pourrons le vaincre. »
« Ce qui veut dire que toute votre stratégie est basé sur une seule chose : Asia. » Je fais d'un ton cassant. « Vous voulez écarter toutes les servantes de votre cher prétendant avec les vôtres et vous retrouver seule, accompagnée de mon amie, contre Riser. » Je me penche dans sa direction en la fixant droit dans les yeux. « Vous pariez votre victoire sur un concours d'endurance entre ce salaud, aussi arrogant que borné, contre une ancienne membre de l'Église qui serait incapable de faire du mal à une mouche. »
Elle ne me répond rien malgré son envie de ne pas rester cloîtrée dans son silence. Je sens déjà la colère revenir au galop mais je la garde au loin dans mon esprit. Pendant que je préparais ma mixture j'ai eu largement le temps de penser à comment la démone pourrait remporter la victoire et je n'ai vu que ce moyen là aussi.
Ce qui m'a fait entrer dans un colère noire car je me suis dis qu'elle était peut-être mêlée à la venue de Asia à Kuoh à l'origine et que sa mort n'était qu'une machination. Ce qui concordait avec le fait qu'elle n'ai pu retrouver les anges déchus qu'un fois le massacre dont je suis responsable à l'église n'est commencé. J'aurais été roulé sur toute la ligne.
Cependant au bout d'une heure de rage très difficile à contenir je me suis dis que mon raisonnement ne tenait pas la route et ce pour plusieurs raisons. Premièrement prendre le risque de déclencher une guerre entre les trois factions qui sonnerait probablement le glas de son espèce pour échapper à un mariage était vraiment une idée saugrenue. Deuxièmement, conséquence de la première raison, cela équivaudrait à un suicide et les personnes égoïstes ne sont pas assez courageuses pour ça. Pour finir Gremory-sempaï n'aurait pas accepté le temps donné par son fiancé pour s'entraîner si elle était si sûre de pouvoir échapper à son engagement.
Mais pour être totalement honnête il lui reste une autre possibilité quoique je pense qu'elle n'a pas la puissance requise pour le faire. Cependant si j'en crois mon amie elle n'est pas assez violente pour y recourir et c'est surtout suite à son argumentaire que j'ai consenti à lui accorder mon aide encore une fois.
« Votre pouvoir vous permet de détruire tout ce qu'il touche, n'est-ce pas ? » Je l'interroge, à moitié convaincu déjà. Elle acquiesce en hochant de la tête. « Dans ce cas pourquoi ne pas juste désintégrer ce gigolo purement et simplement ? » Je lui demande avec un sourire sadique. « Je suis certain que l'idée vous a traversée l'esprit. »
« Je refuse de faire ça ! » Déclare l'héritière, l'air horrifiée. « Riser n'est peut-être qu'un méprisable pervers pour vous Kurohito-san mais même lui ne mérite pas ça... » Sa voix s'éteint. « D'autant que... Je n'en serais pas capable... »
Voilà la confirmation que je voulais mais ça ne change pas grand chose au final. Je reprends ma position assisse originelle et pousse un soupir. Ce qui n'échappe pas à ma voisine d'en face qui ne comprend pas ma réaction. Je pousse une pile de livre pour libérer un petit espace afin de poser mon colis. Avant il faut encore aborder un dernier point.
« Laissons ça de côté pour l'instant. » J'annonce le plus sérieusement du monde. « Je dois d'abord être totalement franc avec vous Gremory-sempaï. » Ma façon de l'appeler la met mal à l'aise. « Si cela ne tenait qu'à moi je vous aurais laissé entre les mains de ce ''méprisable pervers'' et sans pour autant me réjouir je ne vous aurais pas pleuré non plus. »
A son expression faciale je ne m'avance pas trop en disant que ma remarque vient de la blesser profondément. Ce qui me fait ni chaud ni froid. Quand j'ai quelque chose à dire je le fais entre la personne concerné et moi. Pas besoin de grands mots ni d'ambiance. Juste la vérité et rien d'autre. Tant pis si ça ne plaît pas.
« Vous savez déjà pourquoi je pense de cette manière et pour l'instant je n'ai rien vu ou entendu qui soit suffisant pour me faire changer d'avis. » Je lui jette ce que je pense à la figure sans ménagement.
« Je suis dés... » Répond la Présidente mais je l'interrompt d'un geste autoritaire de la main.
« Je m'en contrefiche. » Je réplique, glacial. Elle se recroqueville en partie dans sa chaise. « Arrêtez moi si je me trompe mais je pense que vous avez deviné pourquoi j'évite les gens autant que possible ? » Une fois de plus elle me dit que oui silencieusement. « Depuis que mon père est mort et que j'ai perdu de vue la seule amie que j'avais jamais eu Asia est la première personne avec qui j'ai pu enfin être moi-même, la première personne à qui j'ai pu faire totalement confiance. »
Je marque une pause pour laisser le temps à mon interlocutrice d'assimiler les informations que je lui révèle. Franchement une partie de moi refuse toujours de lui avouer tout ça pourtant il faut que je le fasse. Je ne pourrais plus regarder l'ancienne nonne dans les yeux si jamais je mens maintenant.
« Ces maudits anges déchus me l'ont arraché et lorsque je l'ai cru perdu vous êtes apparu de nulle part pour me dire que vous pouviez la ramener à la vie. J'étais plus que sceptique mais pourtant vous avez tenu parole. » Elle m'écoute attentivement. « Lorsque vous m'avez avoué le véritable usage des [Evil Piece] j'ai pensez que vous n'étiez qu'une égoïste qui voulais agrandir sa collection de serviteurs et je voulais vous obliger à libérer Asia tout de suite mais... J'ai choisi de vous laisser le bénéfice du doute... » Elle ouvre grand les yeux en comprenant ce que je veux dire.
« Je ne savais pas... Je... » Fait la jeune démone avant de s'interrompre toute seule.
« Mais en acceptant le défi de Riser vous avez jeté cette confiance que je vous avais accordé par la fenêtre sans aucune hésitation. » Je poursuis sans relever cependant la honte se lit de nouveau dans les yeux de l'héritière Gremory. « Je sais que ce salaud ne vous veut que pour votre corps et le titre que vous portez. » Je lui dit pour montrer que j'ai pris en compte sa position. « Le nom que je porte ne définis pas ce que je suis et bien qu'à la base il vient d'une blague de mon père, pour rien au monde je ne m'en séparerais. Et je sais que vous êtes pareille : le nom de votre famille est à la fois un fardeau et une fierté. »
Un lourd silence s'ensuit et nous restons un long moment à nous fixer sans rien dire ni bouger. Je vois que la gêne lui donne l'envie d'esquiver mon regard pourtant par respect elle continue à le soutenir. Je sort une petite boite en bois sculpté de ma poche intérieure et je la pose sur la table. Je relance la discussion juste après.
« Malgré tout cela je n'arrivais plus à voir autre chose en vous qu'une traîtresse. » Elle quitte le nouvel élément sur son espace de travail des yeux et ouvre la bouche pour contester. Elle se retient pourtant et attend que je reprenne. « C'est à ce moment que Asia a commencé à vous défendre avec autant d'ardeur que si c'était moi qu'elle voulait protéger. Elle m'a dit que je devais vous pardonner car bien que vous ayez commis une faute grave envers moi ce n'était pas intentionnel et qu'elle ne voulait pas voir ses deux sauveurs, des personnes extraordinaires selon ses propres termes, s'entre-déchirer pour un malentendu. »
On dirait que la démone vient de prendre un coup en pleine figure. Je pense que je devais faire la même tronche en entendant les arguments de mon amie. Nous savons tous les deux qu'elle est d'une infinie gentillesse mais là s'en était presque impossible à croire.
« Elle a été jusqu'à vous comparer à elle. » Je lui avoue ce qui ne fait qu'étonner l'héritière davantage. « Asia m'a dit qu'avant que je n'accepte de l'aider elle se sentait tellement désespérée par son avenir que si une proposition comme celle qui vous a été faite venait à elle mon amie aurait probablement sautée sur l'occasion de la même manière que vous l'avez fait. » Un sourire difficile à interprété se lit sur mes lèvres. « J'ai eu beau tenter, pendant près d'une heure, de lui faire comprendre que tous les gens ne sont pas aussi gentil qu'elle mais au final c'est moi qui me suis laisser convaincre. »
Je pousse la boite entre deux piles de livres et la faisant pivoter. Elle termine sa course en face de sa destinataire qui l'observe plus en détail. Au bout d'une dizaine de secondes de contemplation elle lève les yeux vers moi sans comprendre.
« Asia m'a persuadée de vous laisser une dernière chance de prouver que vous n'êtes pas comme je le pense toujours en ce moment. » Je croise les bras. « Voici donc la seule aide que vous aurez de ma part. »
Je fais alors un geste en direction du petit coffret pour la pousser à l'ouvrir puisque son visage m'indique qu'elle suit de moins en moins. Dans un luxe de précaution elle saisi le couvercle et l'ouvre avec appréhension. Rias Gremory découvre une petite fiole en verre de forme ronde scellée à la cire et enroulée dans un linge blanc. A l'intérieur se trouve un liquide transparent qui n'a rien de particulier mais qui pourtant arrache un frisson presque instinctif à la démone lorsqu'elle saisit le flacon. Elle réalise subitement ce que ça signifie.
« Mais... C'est... » Bafouille la jeune femme aux cheveux rouges.
« Oui c'est bien ce que vous pensez. » Je lui confirme, une certaine satisfaction dans la voix. « La seule arme humaine capable ''d'éteindre'' la flamme d'un Phenex. De l'eau bénite. »
« Comment vous en êtes vous procuré !? » M'interroge l'héritière une fois la surprise initiale passée. « Seuls les exorcistes et les saints en possèdent. »
« Je l'ai fabriquée. » Je réponds sur un ton désintéressé tandis qu'elle en a la mâchoire qui se décroche pratiquement. « Mon père était sous les ordres direct de l'archevêque responsable de l'archidiocèse de Naples. » Je continue après pour ne pas avoir à entendre une autre question. « J'ai été ''obligé'' d'apprendre comment. »
L'expression sur le visage de Gremory-sempaï peut se lire comme ''on va de surprise en surprise'' et elle a une envie presque symptomatique de m'en demander plus mais elle garde le silence et se contente de ranger le précieux atout que je viens de lui donner. Elle me remercie avec les larmes aux yeux et me promets de ne plus jamais manquer à un de ses engagement. Je déclare simplement que j'attends des preuves et la jeune femme sourit d'une façon plus détendue qu'auparavant puis accepte.
J'entends alors un bruit dans mon dos. Nous nous tournons tous les deux vers la source et je remarque Asia qui vient de faire tomber un pot de fleur. Je n'avais même pas remarqué qu'elle était là et on dirait que ma voisine d'en face non plus. Mon amie est statufiée à tel point qu'on dirait qu'elle a été frappé par la foudre. Je devine sans mal la raison.
« Tu écoutes aux portes maintenant Asia ? » Je la taquine avec un grand sourire goguenard. « La curiosité n'est-elle pas un vilain défaut ? »
« Je suis désolée ! » S'exclame-t-elle d'un coup en se ressaisissant. « Je venais pour vous dire que le repas était prêt et... » Elle se sent gênée mais c'est autre chose qui occupe ses pensées et elle y vient de suite. « Je ne savais pas que ton père était un homme de Dieu ! » Dit l'ancienne nonne, émerveillée. « J'aurais tellement aimé pouvoir vous rencontrer tous les deux en Italie lorsqu'il était encore en v... »
Elle se plaque les deux mains sur la bouche d'un seul coup comme pour tenter d'étouffer le dernier mot mais malheureusement le mal est déjà fait. Un silence lourd s'installe instantanément et je sens que la Présidente dans mon dos ne sait pas où se mettre. Je me lève lentement et l'ecclésiastique aimerait pouvoir disparaître dans un trou de souris. Elle baisse d'ailleurs la tête quand je me trouve en face d'elle. Je pousse un soupir et lui met une petite tape amicale sur le dessus de la tête.
Elle pousse une petite exclamation de surprise et se masse la tête plus de perplexité qu'autre chose. Derrière nous la Présidente pousse un petit rire moqueur tandis que Asia me regarde de ses grands yeux verts, confuse. Au bout d'un court instant je sourie gentiment avant de lui adresser la parole.
« Ne prend pas cet air là Asia... » Je dis, serein. « Gremory-sempaï est déjà au courant. » Je lui avoue ce qui semble la détendre un peu. « Je ne sais pas me retenir mais tu ne sais pas davantage tenir ta langue on dirait. » Je déclare en levant un sourcil interrogateur.
« Je suis vraiment désolé Ryûichi-san... » S'excuse-t-elle encore une fois.
« Il n'y a pas de quoi Asia. » Je la rassure tendrement. « Tu t'es juste précipitée, je ne vais pas en faire un fromage. »
De son côté Rias Gremory observe la scène qui se joue devant elle avec un visage rayonnant de joie. Sa relation avec l'hôte du dragon divin n'est pas encore au beau fixe mais elle vient d'obtenir une seconde chance et elle jure intérieurement de ne pas la gâcher. Elle remarque alors que son [Peerage], caché au sommet des escaliers et invisible aux deux amis, a entendu toute la conversation et sourie largement.
« N'oubliez pas votre promesse Gremory-sempaï.» Dit Ryûichi avec toujours Asia dans ses bras, sans se retourner. « Vous n'aurez plus d'autre chances et croyez moi sur parole quand je vous dis que j'ai une bonne mémoire. »
« Soyez rassuré Kurohito-san. » Affirme l'interpellé, un peu surprise d'une telle phrase mais pas tellement mal à l'aise. « Je ne manquerai plus à un de mes engagements. »
Dans deux jours la démone jouera son avenir et bien que des appréhensions s'attardent dans son esprit elle entrevoit vraiment une lueur d'espoir pour la première fois en plus d'une semaine.
Fin du chapitre 10 !
Et petite surprise le 11 est juste après ! Enjoy :D
