Encore une long chapitre aujourd'hui, je me suis un peu emballé et j'avais pas le courage d'arrêter.
Merci à ceux qui ont commenté le dernier chapitre :)
Réponse à MayKeyna : Merci beaucoup pour ton commentaire ! J'ai dû user de tout mon talent (Google Traduction) pour te comprendre, haha. L'Argentine ? La classe de te compter parmi mes followers. Ravi que l'histoire te plaise, surtout la relation entre les deux garçons. C'est quand je lis des commentaires comme les tiens que je me motive pour écrire et continuer ce projet de fiction alors encore merci et ne t'inquiète pas, je compte bien aller au bout ! Bonne lecture et à bientôt :)
Faire une déposition fut bien plus éprouvant que l'aurait imaginé Hiccup. Il savait qu'il allait devoir donner certains détails dont il n'avait pas du tout envie de parler, vraiment pas devant Jack, ni devant son avocat, l'inspecteur North, deux agents de police et une caméra. Mais il avait dû tout détailler et puis, le compte-rendu médical ne pouvant pas mentir, l'inspecteur North le confronta à toutes les remarques faites par les médecins. C'était logique et compréhensible ; ça n'en restait pas moins une torture supplémentaire.
Cela étant, il avait mis sa souffrance et sa honte de côté pour tenter d'être le plus précis possible : il fallait tout faire pour qu'Ivan soit rendu coupable. Durant son récit, il avait fait de très longues pauses, pour boire, pour réprimer ses larmes – il n'y était pas toujours arriver, pour ne pas croiser de regards. Il aurait littéralement voulu s'enterrer mais ne cessait de répéter qu'il parlait pour ne plus que ça arrive. Plus jamais.
Jack eut droit à peu de choses près au même exercice : son dossier médical à lui aussi fut passé au peigne fin et il eut l'impression de devoir expliquer et justifier chacune de ses cicatrices. Et il avait vraiment beaucoup de cicatrices. Il comprenait un peu pourquoi Hiccup avait utilisé le mot « dégradant » pour désigner son examen par les médecins, parce qu'il ressentait plus ou moins la même chose maintenant.
Il du également parler de son père, de la relation qu'il avait avec eu et avait avec lui. Jack s'énerva un peu : il n'était pas psychologue et ne pouvait décemment dresser un portrait objectif d'Ivan, surtout après entendu Hiccup parler si longtemps de ce qu'il lui avait fait subir la veille – un des policiers l'avait fait sortir à un certain moment parce qu'il ne se sentait pas bien du tout. Oui, il pensait que son père était un psychopathe obsédé et violent, mais non, ça n'était pas un jugement à porter dans une plainte officielle.
Ce fut interminable. Épuisant. Parfois, Charles – qui avait spécifiquement demandé aux garçons de l'appeler par son prénom – leur donnait certaines directives : répondre ou pas à une question, expliciter ou encore se taire. Jack et Hiccup le suivait aveuglément : ils avaient entièrement confiance en Rapunzel et savait que son père n'allait pas mal les conseiller.
L'interrogatoire se termina enfin ; on congédia les garçons, Charles Corona restant discuter de détails avec l'inspecteur North. L'un des policiers les conduit dans une des salles de repos, où il leur proposa de se reposer dans un des canapés ou de servir thé ou café à leur guise. Puis il les laissa seuls.
Jack s'assit dans un fauteuil. Il n'avait pas décroché son regard azuré d'Hiccup, qui faisait tout, lui, pour ne pas le regarder. Des choses avait été dites. Des choses qui ne pourraient être oublié et qui tournaient dans l'esprit de Jack, lui donnant la nausée. Son ami avait été obligé de donner beaucoup de détails sur l'agression d'hier matin. Certains, pas les pires, à vrai dire, avait complétement mis l'albinos hors de lui dans un mélange hideux de rage et de désespoir. Un en particulier.
Ivan avait eu des attentions.
Ça n'était rien comparé à tous ce qu'il avait fait, mais pour Jack, c'était la pire chose qu'il aurait pu faire. Et visiblement, vu sa façon d'en parler, ça avait plus que bouleversé Hiccup. Des attentions. Des baisers délicats posés çà et là sur la peau du brun, des caresses dans les cheveux, sur la taille, des tendresses déplacées. C'était déjà ignoble d'imaginer Ivan forcer Hiccup, mais savoir qu'il l'avait câliné comme si c'était consentant était monstrueux. Jack en était venu à se demander si Ivan n'avait pas une réelle attirance pour le brun, et pas seulement sexuelle. Une attirance… amoureuse, même si c'était abject de le concevoir.
Au fond de lui, et il savait qu'il avait raison, Jack pensait que c'était ça qui avait le plus blessé Hiccup. Qui l'avait le plus dégouté, le plus brisé. Plus il y réfléchissait, plus il était persuadé que le garçon associait l'amour à ce genre d'horreur. Jack était inconscient la première fois qu'Ivan avait violé Hiccup ; il n'avait jamais su ce qui s'était réellement passé. Jusqu'à aujourd'hui, où il avait appris qu'Ivan avait déjà eu ce genre d'attentions ignobles. Comment, après ça, le brun aurait-il pu concevoir ce genre de petites affections autrement que comme une méprisable façon d'assujettir l'autre ? Une façon de lui montrer qu'on avait les pleins pouvoirs sur lui.
Jack se souvenait qu'il arrivait souvent à Jonathan d'en avoir pour le garçon, alors que l'inverse n'était jamais arrivé, en sa présence, du moins. Est-ce que, tout ce temps, Hiccup les avait… subies ? Mais alors… Jack lui en donnait toujours ! Des baisers sur le front, des caresses sur la joue ou dans les cheveux, des câlins. Est-ce que… pourquoi Hiccup ne le lui aurait pas dit s'il détestait ça, si ça l'embarrassait ou que ça lui faisait peur ? Il ne le lui avait jamais fait sentir non plus…
Jack se sentit soudain détestable.
L'albinos se rendit compte que cela faisait quelques minutes qu'il s'était perdu dans ses pensées. Hiccup en avait profité pour se servir une tasse de café et s'était allongé dans le canapé en face de lui, pelotonné contre un des gros oreillers, ses lunettes sur la table.
- Hic ?
- Jack, je… j'ai pas envie de parler maintenant, répondit faiblement l'autre en fixant d'un regard vide son mug brulant posé sur la table à quelques centimètres de lui.
- Hiccup, s'il-te-plait, regarde-moi.
En entendant la voix tremblante de Jack, Hiccup se décida à lever les yeux vers lui. Son ami avait une expression torturée et semblait sur le point de pleurer. Le brun fronça les sourcils mais il ne dit rien. Au bout d'un moment, il ne put plus supporter le regard de Jack et baissa le sien, se redressant doucement en position assise, en tailleur, gardant le coussin tout contre son torse. Il déglutit et finit par soupirer, se préparant à ce qui allait arriver, peu importe ce que ça allait être :
- Quoi ?
Jack l'avait interpellé pour ça. Mais comment il allait tourner sa question ? Ça n'était pas approprié. Le sujet n'était pas approprié. En fait, sa vie entière était inappropriée depuis un moment déjà.
- Est-ce que… t-tu as dit tout à l'heure qu'Ivan avait eu des… des gestes affectueux – Jack sentit les mots lui brûler la gorge – envers toi quand… quand c'est arrivé. J'aimerais… enfin, je… pourquoi tu ne m'as jamais dit de ne pas avoir ce genre d'attentions pour toi si ça te rappelait Ivan ?
Il ajouta avant qu'Hiccup assimile sa phrase, parlant rapidement :
- Enfin pas que depuis la première fois mais aussi depuis hier. J'ai pas arrêté de te prendre dans mes bras, de te câliner, de t…
- Jack, le coupa le bun d'une voix sombre alors que l'albinos se triturait les mains, anxieux et troublé. C'est d…
- Ne dis pas que c'est différent avec moi, interrompit l'autre. Ça ne l'est pas.
- Ça l'est, reprit sèchement Hiccup.
- Non, Hic, j…
- Jack, tais-toi.
- Je veux j…
Hiccup le coupa à nouveau et ses yeux vers brillèrent d'irritation lorsqu'il les planta dans ceux de son ami :
- Jack. Quand Ivan venait en moi, il collait son corps au mien en me déposant des baisers aux endroits où il m'avait mordu au sang et me caressait tendrement en me soupirant qu'il aimait me faire l'amour. Quand il me forçait à le sucer, il venait m'embrasser avec tendresse et prenait mon visage entre ses mains pour me câliner en me disant que j'étais merveilleux. Quand je le suppliais d'arrêter, les rares fois où je n'étais pas bâillonné, il me prenait dans ses bras en disant que j'étais la chose la plus belle qu'il n'ait jamais vu, qu'il adorait me voir soumis à lui, répondre au moindre de ses désirs. Quand il finissait, il venait parfois sur mon ventre ou mon dos pour me nettoyer doucement avec un mouchoir, frottant ma peau pour la débarrasser du sperme et du sang qui restait. Quand il jouissait, il me murmurait qu'il m'aimait. Alors Jack, est-ce que tu as l'impression que tes attentions ressemblent aux siennes ? Est-ce que tu ne vois vraiment aucune différence entre les deux ?
Jack avait inconsciemment arrêté de respirer avant même le début de la tirade qu'Hiccup avait déclamé d'un ton monocorde, ce qui avait empiré le poids de ses mots. A peine la première phrase prononcée, Jack avait eu envie de lui dire de se taire, mais il avait été complétement paralysé par les paroles et le visage impassible du brun, dont seul les yeux trahissaient la souffrance et la colère. Au début de la seconde phrase, l'albinos avait laissé un sanglot s'échapper de ses lèvres en amenant ses mains devant sa bouche dans une expression douloureuse et choquée.
Maintenant qu'Hiccup avait enfin fini de parler, Jack s'était penché en avant à tel point que sa tête touchait presque la table sur laquelle reposait le café de l'autre garçon, dont il sentait les yeux verts sur lui. Il ne retenait pas les larmes qui coulaient de ses yeux, ses mains cachant toujours son visage brûlant. Ses épaules se secouaient doucement à mesure qu'il pleurait. Il n'avait pas voulu entendre ça. Il n'avait pas voulu faire dire ces mots à Hiccup. Il n'avait pas voulu savoir ça. Il n'avait pas pu supporter son discours plus tôt, lors de la déposition ; on l'avait accompagné à l'extérieur pour qu'il reprenne ses esprits, pendant un long moment, et aussi pour qu'Hiccup finisse sa description sans qu'il n'ait à l'écouter.
Sauf que là, il avait parfaitement tout entendu. Et dire qu'il en avait la nausée aurait été un euphémisme. Hiccup savait manier les mots, même dans de telles conditions, où Jack aurait préféré ne pas imaginer les scènes décrites. Il sentit Hiccup se lever du canapé et marcher dans la pièce mais il n'eut pas le courage de relever la tête, sentant toujours sa gorge le brûler et ses yeux s'inonder de larmes, qui étaient autant de haine que de détresse. C'était… il se sentait si mal en ce moment qu'il aurait voulu disparaitre. Il ne voulait pas qu'Ivan ait pu faire ça à Hiccup.
- Jack…
La voix d'Hiccup, plus lointaine, s'était adoucie. L'interpellé laissa filtrer un grondement sourd et rauque alors qu'il essayait de calmer ses larmes, secouant vainement la tête. Il n'y arrivait pas.
- Jack, je… je suis désolé.
Il savait qu'Hiccup avait essayé de le calmer mais au lieu de ça, l'entendre s'excuser pour ça fit redoubler le malheur et la rage de l'albinos. Il prit plusieurs longues inspirations puis finit par se passer les mains sur tout son visage pour arriver dans ses cheveux et sur sa nuque. Il garda ses yeux fermés fortement pendant un moment. Il relevait la tête quand Hiccup parla à nouveau, appuyé sur le meuble, à l'autre bout de la pièce, les yeux toujours un peu brillants.
- J'aime quand tu me prends dans tes bras, quand tu m'embrasses ou que tu me câlines, parce que ça me rappelle que… ça me rappelle qu'on n'est pas censé vouloir mourir quand ça arrive. Parce que ça fait du bien de recevoir des attentions comme celles que tu me donnes. Ça me fait me sentir mieux, me sentir aimé et protégé. C'est pas difficile de ne pas faire l'amalgame entre ton affection et… et sa folie. Vous n'avez rien à voir, Jack. Même si des j'ai cette peur ridicule que la génétique te fasse devenir un psychopathe à l'image de ton père, je te connais. Je sais que tu n'es pas ce genre de personne. J'ai qu'à te regarder maintenant pour m'en souvenir.
Jack ne prit pas la peine d'essuyer son visage sillonné de larmes. Leurs yeux s'étaient à nouveau trouvé – Jack sentait que les siens étaient boursouflés – et il vit bien qu'Hiccup, derrière son air fatigué, était désolé de l'avoir fait pleurer.
- Ça… réussit à articuler Jack d'une voix enrouée. T-tu promets que tu ne te f-forces pas ?
- Jamais, Jack. Pas avec toi. Bien au contraire. J'ai trop besoin de toi.
Jack fronça les sourcils. Il hésita un instant avant de poser la question.
- Tu t'es forcé avec Jonathan ? Il… il t'a forcé à quelque chose ?
L'albinos eut soudain envie de fracasser le crâne de l'ex petit-ami d'Hiccup avant même que celui-ci ne réponde. Rien que de l'imaginer toucher le garçon le rendait fou. Mais le brun secoua la tête :
- Il ne m'a forcé à rien du tout. Je… je ne me sentais pas toujours à l'aise lors de certains contacts. Mais il n'a jamais tenté quoi que ce soit ; j'avais mis les choses au clair dès le début.
Jack secoua la tête à son tour en entendant les paroles d'Hiccup ; il fallait qu'il réprime ce genre de colère subite. Ça n'aidait pas. Personne. Le jeune homme baissa à nouveau la tête, la reposant dans ses mains, ses coudes appuyés sur la table.
- Je suis désolé de t'avoir dit tout ça, Jack, mais j'avais besoin que tu comprennes la différence entre vous deux, s'excusa doucement Hiccup.
- Je… je sais, Hic. Je sais. C'est plus dur pour toi que pour moi.
Il ajouta sans bouger :
- Si t'as besoin de parler, je suis là. Toujours.
Hiccup allait répondre mais Charles Corona entra dans la pièce. Jack renifla et s'essuya rapidement le visage et le nez, bien qu'il sache pertinemment que ses yeux étaient rouges et gonflés. Ça n'avait pas vraiment d'importance : il avait abandonné sa fierté depuis un moment déjà. Il se leva et vint se placer instinctivement à côté d'Hiccup.
L'homme ignora avec beaucoup de tact la tension qui électrifiait encore l'air de la pièce. Il les invita à aller s'asseoir dans le canapé, alors qu'il prenait place dans le fauteuil où était assis Jack quelques secondes plus tôt.
- Bien, messieurs, commença leur avocat. Nous avons là un dossier très complet, ce qui va nous faciliter la tâche. Le seul obstacle sera la défense d'Ivan Frost. Je sais d'avance qu'il ne lésinera pas sur les moyens et qu'il misera surement tout son votre état de santé, monsieur Frost. S…
- Jackson et Hiccup, intervint l'albinos. Appelez-nous Jackson et Hiccup s'il-vous-plait.
Charles se contenta de lui sourire, toujours aussi bienveillant.
- Si j'étais l'avocat de votre père, j'appuierai ma défense sur les évaluations psychologiques qui ont été faites sur vous lorsque vous étiez plus jeune, Jackson. Votre dossier médical est réellement la seule chose que pourront exploiter les avocats d'Ivan Frost. Je peux d'ors et déjà vous prévenir qu'il faudra probablement endurer des accusations visant à vous faire passer pour un marginal et je pèse mes mots. Pour ce qui est de vous, Hiccup, vous allez donner plus de fil à retordre, ce qui joue en notre faveur et qui m'embête un peu.
- Pourquoi ? Demanda le brun en fronçant les sourcils.
- Je ne sais pas sur quoi ils vont vous attaquer ; j'aurais voulu préparer une défense solide mais je ne peux pas prévoir à l'avance leur défense à eux. Mais nous auront le temps d'en reparler. Pour l'instant, je vais travailler de mon côté, avec vous quand j'en aurais besoin, pendant que l'affaire remonte aux oreilles du juge. Oh, une chose également : êtes-vous sûr de ne pas vouloir lier votre plainte à celle de Sarah Overland ?
Jack hocha la tête.
- Oui. Je l'ai déjà dit à l'inspecteur North, mais je ne suis pas certain que ce que dit ma mère soit vrai alors je ne veux pas prendre le risque de foutre en l'air notre dossier pour elle.
Il ajouta vite :
- Désolé pour la formulation.
- Pas de mal, sourit en retour Charles Corona. Sachez quand même que je vais prendre contact avec son avocat afin de voir si oui ou non, elle a des preuves que l'on pourrait utiliser. Si c'est bon pour vous, évidemment.
- C'est vous le maître, intervint doucement Hiccup.
- C'est ce que je répète tous le temps à Punzie mais elle n'est pas aussi réceptive, rit l'homme, faisant sourire les deux amis.
Il se passa un temps où l'avocat sembla réfléchir à certaines choses avant qu'il ne parle à nouveau :
- En ce qui concerne votre logement, l'inspecteur North va vous attribuer un des appartements de la police prévus à cet effet. Ils ne sont qu'à quelques kilomètres d'ici et des agents seront en surveillance non-stop devant ceux-ci. Vous n'avez rien à craindre lorsque vous êtes à l'intérieur. En revanche, on ne peut rien faire pour vous lorsque vous sortez, donc évitez le plus possible d'être seuls, passer par des rues fréquentées et évitez les rames de métro presque vides. Enfin, ce genre de choses.
Jack et Hiccup hochèrent la tête de concert. C'était logique. Cela dit, c'était les vacances et tous les deux étaient censés travailler. La veille, lorsqu'ils avaient été conduit à l'hôpital, les garçons avaient appelé leurs collègues respectifs pour échanger leur jour de congé afin d'avoir la journée pour porter la plainte et pour se reposer un peu, avant de repartir travailler. Du coup, ils travailleraient tous les deux jusqu'à samedi inclus.
Jack avait insisté plusieurs fois auprès d'Hiccup pour être sûr que celui-ci était à l'aise avec l'idée d'aller à la librairie dans son état ; ses poignets étaient encore vraiment moches et ses bras le lançaient. Sans compter les marques. Mais Hiccup avait été clair : il avait besoin de ça pour ne pas devenir paranoïaque. Ne passer ses journées à ressasser les évènements dans l'appartement. Jack avait compris ça, même s'il ne voulait en aucun cas laisser le brun s'éloigner de lui une seconde.
Comme s'il avait suivi le cours de sa pensée, Charles intervint :
- Oh, l'inspecteur postera également des hommes devant vos lieux de travail respectifs et vos facultés, à la rentrée. Juste le temps que les choses se mettent en place.
- Merci, Charles, répondit sincèrement Jack, qui avait l'impression que l'homme était la solution à tous leurs problèmes.
Hiccup le remercia également. Finalement, l'avocat parti et les deux garçons furent emmené à leur appartement temporaire par l'inspecteur North, qui avait personnellement tenu à le faire. Dans la voiture, il leur expliqua :
- Vous ne logerez ici que pendant quelques jours, deux semaines au maximum. C'est une simple précaution ; tant que l'affaire est inconnue du juge, je préfère ne pas prendre de risques. Avez-vous des affaires à aller chercher dans votre appartement ?
- Non, nous avons pris le nécessaire, répondit Jack en montrant les sacs qu'ils avaient posé à côté d'eux.
- Bien. Il y a déjà de quoi manger et des produits d'hygiène dans le logement mais il vous faudra surement acheter de nouvelles choses. Sentez-vous libre de changer l'agacement si vous le voulez. Et n'hésitez pas à contacter mes gars s'il y a quoi que soit : je vous ai laissé un portable avec le numéro d'urgence des agents qui seront de surveillance ainsi que le mien.
Il n'ajouta plus rien après cela, conduisant en silence. Alors qu'ils arrivaient déjà à destination, Hiccup demanda doucement :
- Inspecteur, peut-on faire venir des amis ici ? Pour les tenir au courant de la situation avant que cela soit rendu public ?
Le géant fronça les sourcils en se garant puis en se retournant vers eux.
- Vous pouvez toujours porter plainte de façon anonyme si vous le désirez mais il faut me prévenir maintenant.
- Non, inspecteur, merci. Nous ne voulons pas… nous cacher. Je ne suis pas un fervent croyant de la notion d'anonymat de toutes façons.
L'inspecteur hocha simplement la tête en sortant de la voiture et en guidant les deux jeunes gens dans leur appartement de fortune. Hiccup s'était – Dieu sait pourquoi – attendu à un taudis. Mais, finalement, l'habitat ressemblait un peu au leur actuel. C'était lumineux et spacieux, pas autant que leur appartement à eux mais c'était déjà bien. Plus vétuste, aussi.
Nicholas North ne s'attarda pas : il leur fit très rapidement un tour des lieux et reparti travailler. Hiccup se dirigea au fond de l'appartement. Les deux chambres étaient éloignées de l'entrée et côtes à côtes, communiquant entre elles, ce qui était un soulagement ; on ne savait jamais. Savoir que Jack pourrait être en quelques secondes vers lui si besoin le rassurait un peu. La salle de bain était, elle, minuscule et simplement pourvu d'une douche ridicule, d'un lavabo et d'un meuble avec miroir. Bon, après tout, ça n'était qu'une salle de bain, donc ça n'était pas important.
Le brun choisit une chambre au hasard – celle de droite – et posa son sac sur le lit. Un lit simple. Voilà qui allait le changer. Et il allait détester ne pas avoir de place pour dormir. Il grogna pour la forme et entendit un petit rire clair, un poil moqueur, derrière lui. Il se retourna et vit Jack, appuyé nonchalamment contre l'embrasure de la porte ouverte.
- Tu grognes contre le lit ? Railla l'albinos.
- La ferme, Frost, ronchonna Hiccup, même s'il sourit un peu en se faisant la réflexion que Jack le connaissait beaucoup trop bien.
Le garçon rit à nouveau puis reprit assez vite son sérieux :
- J'ai pensé… on pourrait appeler les copains et Rapunzel, pour qu'il vienne manger ici. Comme ça, on leur dira.
Il était 10h. Hiccup réfléchit : ça leur laissait à peu près deux heures pour se préparer mentalement.
- Zel peut venir maintenant ou ça te dérange ?
- Tu sais bien que non, lui sourit tendrement Jack.
Hiccup eut soudain un élan d'affection pour son meilleur ami : il s'approcha et l'amena contre lui, enserrant son cou dans ses bras. Jack mit un instant avant de placer les siens autour de sa taille.
- Ça va ? Murmura-t-il quand même, un peu inquiet.
- Ça va, répondit Hiccup d'un souffle sur la peau lisse de son cou.
Aussi brusquement qu'il était venu l'enlacer, le brun se recula, plantant un baiser sur la joue pâle de Jack avant de se remettre à ranger ses habits dans la petite armoire de la chambre sous le regard attendri, un peu inquiet de l'autre.
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Rapunzel ne mit pas longtemps à arriver après le coup de fil que lui passa Hiccup. Elle frappa à la porte en criant un petit « C'est Zel ! » mélodieux pour ne pas effrayer les garçons, qui se regardèrent en souriant devant la prévenance de la petite blonde. Hiccup lui ouvrit et elle faillit se jeter à son cou avant de se figer, n'étant pas sûre que le brun accepte le contact. Faisant un peu la moue, le garçon l'attira contre son torse en lui tapotant l'arrière du dos un peu maladroitement.
La jeune femme n'attendit pas d'autre signal pour lui rendre l'étreinte en se pendant à son cou. Jack regarda la scène, voyant Hiccup se crisper. Assez vite, le brun mit fin à l'embrassade et Rapunzel lui sourit, rayonnante. Elle tenait dans sa main un sac de voyage, en plus de son sac à main. Elle s'avança vers Jack, qui s'était levé pour se poster derrière eux et vint l'enlacer brièvement, ce qui surprit le garçon. La spontanéité de la blonde était tout bonnement merveilleuse. Rapunzel était un rayon de soleil.
Elle virevolta vers le canapé ou elle s'assit, appelant Hiccup pour qu'il vienne vers elle. Le jeune homme resta un instant immobile et seul Jack vit sa mine chagrinée avant qu'il ne le remplace par un sourire en rejoignant son amie.
- Je me suis dit que vous alliez surement vous ennuyer. Du coup, je vous ai apporté des films, des jeux de sociétés et des livres pour que vous passiez le temps.
- Mais Zel, commença doucement Hiccup en la voyant déballer ses affaires, on n'est pas prisonniers ici, tu sais. On peut sortir. Et puis tu sais bien qu'on travaille, Jack et moi.
Ses mots firent se figer Rapunzel. Elle lança, abasourdie :
- Vous allez vraiment aller travailler ? Avec ce taré dans la nature ? Mais ça va pas !
- Ça nous fera du bien à tous les deux, argumenta le brun. Pour nous changer les idées.
- Mais… mais… c'est hyper dangereux, Hic…
L'air malheureux de la blonde serra le cœur des deux garçons. Hiccup répondit tendrement :
- Rien ne nous arrivera ; il y aura des agents pour nous protéger, Zel. Ne t'inquiètes pas pour nous.
- Mais Iva…
- Rapunzel, ça ira, coupa Jack. Ton père ne nous aurait pas autorisé à travailler s'il pensait vraiment qu'Ivan allait tenter quelque chose, tu ne crois pas ?
Rapunzel baissa la tête en grimaçant, ses sourcils froncés par la concentration. Au bout d'un moment où Jack finit par trouver sa mimique presque drôle, elle dit d'un ton boudeur :
- Mon père va avoir de mes nouvelles.
Finalement, ils racontèrent à Rapunzel certaines choses concernant les évènements de la veille, sans trop entrer dans les détails. Jack appela ses amis en leur donnant l'adresse, leur disant de venir pour 12h30, sans leur expliquer quoi que ce soit. Rapunzel accepta l'invitation des garçons de rester avec eux. Elle semblait avoir le pouvoir incroyable sur Hiccup, qui s'étendait maintenant à Jack aussi, d'illuminer la vie. Il arriva aux deux amis d'oublier pendant quelques instants les quatre derniers jours. Les onze dernières années.
Jack l'avait adoré au premier regard et son cœur rata un ou deux battements quand elle éclata de son rire si sincère et étonnant en même temps qu'Hiccup riait doucement. Il pensa une fois à Anna, pour se déculpabiliser, sûrement ; il n'aurait jamais pu lui raconter tout ce que savait déjà Rapunzel. Son cœur se serra à peine quand il s'en fit la réflexion et, bien qu'il se sentit cruel d'avoir de telles pensées, il se dit qu'il avait mal jugé les sentiments qu'il avait cru avoir pour Anna. De toute façon, elle était partie sans un regrets pourquoi se fatiguerait-il, lui, à en avoir pour elle ?
Midi sonna et bientôt, on frappa à nouveau à leur porte. Jack, assis par terre en face d'Hiccup et Rapunzel, eux dans le canapé alors qu'ils jouaient tous les trois au Dixit, prit une grande inspiration avant de se lever. Hiccup attrapa son poignet en l'empêchant de marcher plus loin ; il ne dit rien cependant, le fixant simplement, une expression soudain incertaine. Jack se pencha vers lui, glissant sa main dans la sienne, venant posant son front sur le sien puis un baiser sur son nez tandis que le brun fermait les yeux, se calmant. Il ne dit rien, les gestes valant plus que les mots, quand il alla ouvrir, souriant à son ami.
A peine cela fait, il se prit un coup de poing dans l'épaule et leva des yeux choqués vers ceux d'Aster.
- Eh ! Mais ça va pas de me frapper comme ça ! S'offusqua l'albinos.
- Mec, répondit le plus naturellement du monde le grand garçon en haussant les épaules, entrant tranquillement, ça fait depuis hier que je me ronge les sangs à votre propos.
Finalement, il se retourna :
- Wow, qu'est-ce qui t'es arrivé ?
Aster attrapa le menton de Jack en fronçant les sourcils, l'obligeant à lever la tête pour exposer les marques d'étranglement toujours présentes. Jack fit un léger mouvement de tête pour se débarrasser de la main du garçon. Hiccup et Rapunzel se levèrent après avoir rangé les cartes et aussitôt qu'Aster regarda le premier, son visage s'illumina de colère. Le pull au large col que portait le brun laissait voir beaucoup de stigmates équivoques. L'australien gronda férocement :
- Est-ce qu'il y a quelqu'un que je dois tuer ?
Alors que Rapunzel souriait en répondant joyeusement un « Ah ça serait bien !», Jack secoua la tête en refermant enfin la porte.
- Non, Bunny, pas dans l'immédiat.
Il ajouta avant que l'autre ne réponde :
- On attend tout le monde. Je te présente Rapunzel, une amie d'Hic.
- Est-ce que Bunny, c'est ton prénom ? Demanda, curieuse la blonde en le saluant de la main.
Aster avait toujours la mâchoire serrée et le regard noir – Hiccup se sentait un peu mal à l'aise vu que ses yeux étaient dirigés précisément vers lui – mais finit par relâcher un peu ses traits en se tournant vers la jeune femme :
- Je m'appelle Aster. Mais tout le monde m'appelle Bunny.
Il avait parlé vite pour en venir aux faits, reprenant d'un ton faussement détendu :
- Qui vous a fait ça ?
- Bunny, prévint Jack, tu n'auras personne à tuer. Et tu sauras en temps voulu.
Nouveau froncement de sourcils de la part de l'australien. Qui finit par dire, en enlevant sa veste :
- Toute la clique arrive, ils sont passé prendre des pizzas.
A la notion de nourriture, Jack et Hiccup se firent la réflexion qu'ils mourraient de faim, ayant à peine grignoter quelque chose depuis lundi soir. Aster secoua la tête :
- Putain, les filles vont grave flipper en voyant vos gueules et… ça. Et puis c'est quoi cet appart ? Qu'est-ce que vous avez foutu ?
- Aster, dit doucement Hiccup, on s'expliquera quand tout le monde sera là.
Le grand garçon prit une inspiration agacée mais n'ajouta rien. Hiccup reprit d'un ton amusé pour détendre l'atmosphère – et penser à autre chose :
- Alors comme ça on couche avec mon ex ?
Aster prit une mine mortifiée en gronda un « Jackson », le fusillant du regard. L'albinos ne fit que hausser les épaules.
- Attends, il a couché avec Jonathan ? Intervint Rapunzel en le détaillant. Mais c'est pas son genre du tout !
- On était bourrés, grommela l'australien, puis plantant son regard vers Hiccup : je suis vraiment désolé, Hiccup, je n…
- Aster, le coupa le brun, en levant un bras pour le rassurer – et exposer ses bandages au poignet, ce qui fit encore gronder le grand garçon – je m'en fiche. On a rompu ; il fait ce qu'il veut, vraiment. C'est franchement la dernière de mes préoccupations.
Le garçon grimaça quand même, un peu mal à l'aise mais comme le brun semblait sincère, il n'ajouta rien. De toute façon, il n'aurait pas eu le temps puisqu'on frappa à nouveau à la porte. Jack, juste à côté, ouvrit pour tomber nez à nez avec Eret qui plissait le sien :
- Me dites pas que vous avez abandonné votre superbe appartement pour ce trou ?
- Avance ! Ronchonna Astrid derrière lui.
Jack secoua la tête et les fit tous rentrer, le pauvre Sab chargé de porter les nombreux cartons de pizzas. Aster vint de suite le décharger pour les poser sur la table du salon. Tooth planta un baiser bruyant sur la joue de l'albinos qui sourit tendrement en retour tout en refermant la porte derrière eux.
- Tout le monde, c'est Rapunzel, une amie d'Hiccup, commença-t-il avant que les questions ne fusent. Et ça c'est Tatiana – Tooth –, Sandy – Sab –, Astrid et Eret.
Ils se saluèrent brièvement.
- Tu as eu des nouvelles d'Anna ? Demanda Tatiana en penchant la tête, un peu inquiète.
- Non, ell…
- Qu'est-ce qui vous est arrivé à vous deux ? Dit à son tour Astrid en fronçant les sourcils.
- On mange avant, décida Hiccup d'un ton ferme qui surprit Jack mais qu'il comprit.
Aster grogna à nouveau : on lui avait promis des réponses. Tout le monde était là, et maintenant, ils devaient manger d'abord. On se fichait de lui. Sab n'osa rien dire mais avait une mine très inquiète. Tatiana intervint à nouveau, à toute allure :
- Est-ce que quelqu'un vous a fait du mal ? Vous vous êtes fait agressés ou quoi ? C'est le mec qui t'a tiré dessus, Jack ?
- Après manger, Tooth, s'il-te-plait.
Lui et Hiccup se regardèrent et se sourirent avant de s'asseoir à table avec les autres. Rapunzel, comme à son habitude, fut fantastique : elle dévia la conversation en demandant ce que faisait tout un chacun, parlant beaucoup elle-même pour que l'attention ne soit pas concentrée sur les deux garçons. Une fois le repas fini, Hiccup se leva et quitta la pièce. Jack le suivit presqu'aussitôt. Personne n'avait manqué leur départ.
- Tu sais, n'est-ce pas ? Demanda Aster à Rapunzel d'un ton sombre.
Celle-ci perdit son air jovial un instant. Elle hocha la tête.
- Est-ce qu'ils ont été agressé ? Dit Tatiana. C'est pour ça qu'ils sont ici ?
- Ça n'est pas à moi de vous le dire, répondit calmement la blonde. Mais soyez préparé à ce qui va suivre. Et tâcher de ne pas les juger. Ils auront besoin de support.
- On leur donnera évidement, intervint pour la première fois Sab d'une voix claire.
Astrid et Eret hochèrent la tête pour signifier leur accord.
- Rapunzel, dis-moi juste, reprit Aster, est-ce que la police à attraper le type qui leur a fait du mal ?
Elle secoua la tête :
- Ça n'est pas si simple, Bunny.
L'australien fronça les sourcils il ne supportait pas qu'on fasse souffrir ses amis. Le garçon avait grandi dans un orphelinat ; il avait toujours été considéré comme le frère des plus jeunes. Il était grand, costaud et bagarreur. Il avait un instinct protecteur très développé et ne portait pas vraiment dans son cœur les brutes qui s'attaquaient aux autres sans raison. De très nombreuses fois, il s'était battu pour défendre ses petits frères et sœurs, pas toujours dans le cadre de l'orphelinat. Et Aster n'était pas le genre de garçon à retenir ses coups quand il savait qu'ils étaient mérités. S'il devait donner une leçon à l'homme qui avait osé s'attaquer à Jack et Hiccup, il y prendrait du plaisir. Il avait dans ses anciens amis certains gars qui pouvaient être encore plus dangereux que lui ; le genre qui n'hésitait pas à tuer.
Il soupira pour se calmer, se levant lui aussi, n'y tenant plus, rejetant les protestations de Rapunzel d'un revers de la main. Il frappa à la porte de la chambre dans laquelle s'était enfermé Jack et Hiccup. Et ouvrit sans attendre de réponses. Il trouva les deux garçons enlacés le faciès du brun était tordu de douleur, tandis que Jack semblait vouloir rester fort pour l'autre. Ils entendirent Aster entrer, mais mirent un moment à bouger. L'albinos se recula légèrement, gardant Hiccup contre lui pour poser son front sur le sien un instant, chacun fermant les yeux pour se calmer.
Aster se sentit à la fois attendri et confus ; ces deux-là agissaient comme des amants. Jack le lui aurait dit, non, si ça avait été le cas ? C'était ça, la base du mystère du changement d'appartement, de l'agression ? Pourquoi ne l'avaient-ils simplement pas dit ? Jack ne l'assumait surement pas, vu qu'il avait été en couple pendant 3 mois avec Anna et qu'elle venait seulement de disparaitre. Mais quand même, Aster se sentirait bête d'avoir dit à Jack qu'Hiccup lui plaisait si ces deux-là étaient vraiment ensemble. Mais il était presque sûr que Jack le lui aurait dit si ça avait été le cas.
- Bunny ?
Aster releva la tête vers Jack, maintenant à côté d'Hiccup, qui l'avait appelé doucement et se rendit compte que ça devait faire plusieurs fois qu'il l'interpellait. Il se recomposa une face impassible.
- On vous attend.
Il allait partir mais ajouta d'un ton inquiet :
- Ça va aller ?
Sa question allait plus vers Hiccup, qui semblait justement ne pas bien aller mais les deux hochèrent la tête. Ils le suivirent pour rejoindre les autres, Aster reprenant sa place. Hiccup s'assit dans le canapé, face à la table où chacun déplaça sa chaise pour pouvoir le voir Jack se posa sur l'accoudoir à côté de lui.
- Ok, souffla enfin l'albinos après avoir pris une grande inspiration. Hum… Rapunzel est déjà au courant de tout. On n'a pas changé d'appart : on va juste rester là pendant quelques temps parce qu'on a… on a engagé un procès contre mon père.
Plusieurs faces étonnées, choquées pour certains le regardèrent. Aster, qui était le seul à avoir déjà rencontré son père, demanda un peu confus :
- A cause des entreprises ?
- Attends, quelles entreprises ? S'étonna Eret et Astrid dit en même temps d'un ton idiot :
- Frost ? Mais… Jack !
Hiccup ne put s'empêcher de sourire devant leur mine ahurie à mesure qu'ils comprenaient.
- Mais t'es riche mon pote ! S'écria-t-elle alors.
- Aucun de vous n'a jamais fait le rapprochement ? Demanda doucement Sab.
Tooth se tourna vers lui en haussant les sourcils :
- Tu le savais ?
- Bah oui… enfin « Frost », c'est pas courant comme nom.
Eret réfléchit un moment avant de lancer :
- Non mais oui, c'est pas f…
- Jack, reprit Aster d'un ton sérieux.
- Ça n'a rien à voir, répondit le concerné. Et non, Astrid, je n'accepte pas d'argent qui vienne de lui ou des entreprises.
- En même temps t'as pas l'air en bons termes avec lui si tu portes plainte, ajouta, toujours aussi pragmatique, Eret.
- Pourquoi alors ? Questionna Tooth avec un gentil sourire.
- Est-ce que lui qui vous a fait ça ? Intervint Aster en pointant les deux garçons. Parce que tu ne veux pas reprendre sa suite ?
Jack fit la grimace c'était compliqué.
- Non plus, non. Enfin, … c'est… une très longue histoire.
Il se tourna vers Hiccup, un peu perdu :
- Par… par où je commence ?
Le brun lui sourit tendrement :
- Par le début, quand ta mère est partie ?
- Oui, déclara l'albinos en hochant la tête. Oui. Bon, ma mère est partie quand j'avais neuf ans. Elle s'est tiré parce que, je l'ai appris récemment, elle menait un genre de double vie et qu'elle était enceinte de ma demi-sœur. Bref. A partir de là, mon père a… il est devenu violent. Il a commencé à me frapper. J'ai jamais rien dit parce que j'étais convaincu que c'était de ma faute. Sauf qu'il n'utilisait pas toujours ses poings ; quand il en est venu aux lames et aux cigarettes, c'est devenu de pire en pire. L'année de mes 13 ans, j'ai bien faillit y rester. Je… je suis allé chez Hiccup ; on était meilleurs amis depuis tout petits, d'ailleurs on n'avait pas beaucoup d'autres amis. Donc j'ai pensé qu'il pourrait m'aider. Il m'a sauvé la vie en m'emmenant à l'hôpital. Je…
Il se tourna vers Hiccup en faisant la moue. Le brun comprit et continua :
- Son père a fait en sorte que les médecins croient que Jack était dépressif et qu'il avait essayait de se suicider. Que toutes ses vieilles blessures venaient d'automutilations. Il a passé presque un an à avoir chaque semaine un ou plusieurs rendez-vous avec des psys pour contrôler sa santé mentale et son père continuait de le battre.
- Et tu continuais de venir m'aider, intervint Jack qui sourit doucement, de la tristesse dans le clair de ses yeux.
- Et je continuais à venir le soigner chaque fois qu'il en avait besoin, dans le dos de son père, sourit en retour Hiccup. Mais un jour, environ quatre ans après, Ivan nous a surpris. Il… il était furieux. Il a frappé Jack jusqu'il s'évanouisse sans que je ne puisse rien faire. Et… et il est passé à moi. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué ou si vous en avez déjà parlé entre vous, mais je suis amputé de la moitié de ma jambe gauche. C'est à cause d'Ivan. Il m'a passé à tabac à coups de batte de baseball et s'est tellement acharné que j'ai littéralement fini en miettes.
Hiccup baissa la tête ; trop de fois en trop peu de jour il reparlait de ce moment et c'était comme s'il sentait encore la douleur insupportable. Aucun de leurs amis ne parlait, attendant la suite. Jack laissa un instant à son ami avant de l'appeler doucement :
- Hic ?
- Je… ça va, je vais continuer, Jack, répondit d'une voix forte mais tremblante le brun en se mordillant la lèvre inférieure. Il ne m'a pas que frapper. Il…
C'était plus dur que devant l'inspecteur ou l'avocat. Beaucoup plus dur. Il essayait mais n'y arrivait pas et ne voulait pas que Jack le fasse pour lui.
Personne ne s'y attendait quand Tatiana prit la parole d'un ton monocorde :
- Il t'a violé, n'est-ce pas ?
Hiccup fronça les sourcils et redressa vivement la tête vers la jeune femme haute en couleur. Leur regard se captèrent et il sut instantanément qu'elle comprenait.
- Qui était-ce ? Il demanda douloureusement.
Tooth répondit calmement :
- Un collègue de ma mère, quand j'étais petite. Tout le monde le sait. Enfin, pas Jack ni toi – ni toi Rapunzel évidemment.
- Que s'est-il passé ? Questionna Rapunzel, un peu inquiète alors que Jack grimaçait.
- J'en ai parlé à mes parents parce que, même à 12 ans, j'avais compris que c'était mal. Le type a été arrêté et a fait de la prison.
- Et maintenant, il est sorti ?
- Aucune idée et je m'en fiche pas mal. C'est du passé.
Elle leur sourit puis, lorsqu'elle planta ses yeux dans ceux d'Hiccup, elle le perdit.
- Qu'est-ce qui s'est passé pour toi ?
Aucun des garçons n'avaient réagi, peu à l'aise avec le sujet. Étrangement, savoir qu'il n'était pas la seule victime de ce genre d'agressions facilita la tâche du brun d'en parler.
- Jack a fini par se réveiller et le mettre KO. Il m'a emmené à l'hôpital où on a fait croire à une agression de rue, sans jamais mentionner le viol. Jack est parti de chez lui et on a passé un an chez mon oncle, là où j'habitais, sans qu'Ivan ne nous cherche. On avait décidé de laisser le passé derrière nous et d'avancer. On avait bien trop peur pour parler. Quand on a été majeur, on a déménagé pour faire nos études. Et on a réaménagé ici pour les continuer.
- Sauf qu'il est là. Ivan Frost a fait construire une firme ici, dit Eret.
- Je l'ai croisé quand je buvais un café avec Jack, une fois, ajouta Aster.
- Il vous a retrouvé ? C'est lui qui vous a fait ça ? Demanda Astrid.
Jack reprit le récit :
- On l'a revu la première fois en décembre, sans qu'il ne fasse rien. Je le voyais parfois mais l'évitais. Sauf que… ma mère, Sarah, a débarqué en ville ; elle voulait trouver un moyen de récupérer l'argent des entreprises. Comme elle savait qu'Ivan pouvait être violent, elle a misé sur le fait qu'il m'ait battu pendant mon enfance pour porter plainte et gagner un procès qui lui rapporterait gros. Ivan a été mis au courant que Sarah complotait contre lui. C'est lui qui a engagé quelqu'un pour me tirer dessus, pour me faire peur. Et puis il est venu une nuit à l'appartement. C'était la veille du départ d'Anna, vendredi. Il nous a menacé, m'a fait ça – Jack montra son bras et désigna son cou – et s'est tiré en nous faisant comprendre qu'on n'avait pas à porter plainte sinon il reviendrait pour de vrai. On n'a su que le lendemain que c'était à cause de ma mère. Le dimanche, je l'ai rencontrée pour lui dire que je ne comptais rien dire du tout. Et cette folle a placé un micro dans la poche de ma veste ; elle a appris ce qu'Ivan nous avait fait à Hiccup et moi. Du coup, elle est allée porter plainte dans l'après-midi en nous citant. Mon père a su qu'elle savait.
Il fit une pause dans son récit. Puis déglutit avant de reprendre :
- Je suis parti bosser hier matin. Et le midi, quand j'ai compris qu'Hiccup n'était pas venu travailler, je suis rentré. Et Ivan était là. Il m'a menacé avec un flingue en me prévenant que si on ne niait pas tout en bloc, si on ne prétendait pas que Sarah était folle, il… ferait pire.
- Sauf qu'il avait déjà fait pire toute la matinée, continua Hiccup d'un filet de voix, sa tête baissée.
Le regard de leurs amis se posèrent sur Hiccup et sur les marques sur sa peau qui témoignaient en effet du cauchemar qu'il avait dû vivre la veille. Pendant un moment, personne n'osa rien dire. Ce fut Hiccup lui-même qui reprit la parole, fixant toujours le sol :
- On a décidé de parler à la police. C'est pour ça qu'on est ici, on est placés sous protection pendant un moment, le temps que le procès se mette en place – il leva enfin le regard –. On était à l'hôpital hier quand tu as appelé, Aster. C'est le père de Raiponce qui est notre avocat dans l'affaire et il est sacrément doué. On compte bien faire enfermer Ivan Frost pour de bon. On… on voulait que vous soyez au courant parce que vu la notoriété du père de Jack, il est clair que quand ça va se savoir, on va faire la une des journaux. On préférait vous en parler nous-même.
Il se tut et à nouveau, personne ne parla. Jack et Hiccup se tournèrent l'un vers l'autre en se souriant doucement : c'était fait. Rapunzel souriait elle aussi tendrement aux deux garçons. Aster avait serré ses poings et semblait sur le point de hurler ou de frapper. Sab et Tooth se tenaient la main, le garçon donnant du courage à la jeune femme, l'inverse étant juste également. Astrid grimaçait, les yeux brillants d'émotions tandis qu'Eret avait baissé la tête. Jack, les regardant un par un, finit par souffler :
- On n'attend rien de vous, les copains, on voulait juste que vous le sachiez.
- Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt Jack ? Demanda d'un ton accablé Aster.
- Bunny, je t…
- J'aurais pu aider, tu le sais bien, le coupa l'australien. J'aurais pu au moins appeler quelques potes et le menacer.
- Bunny, reprit Jack plus fermement, c'est non. Surtout maintenant qu'on a lancé un procès contre lui. Ça ne ferait que l'aider.
- Et tu ne sais pas qui est Ivan Frost, ajouta d'une voix douce Hiccup. T'as pas idée de ce qui serait prêt à faire. On ne voulait – veut – mêler personne à cette affaire. C'est notre problème.
- Je… Bordel, j'aurais vraiment pu aider, souffla douloureusement le garçon.
- Aster, il y a des dizaines de choses qu'on aurait pu faire pour éviter qu'hier matin n'arrive. Crois-moi, je les ai toutes décortiquées et chacune d'elle aurait eu une chance de marcher. On a essayé de faire profil bas et ça a échoué. Peut-être que tout ce qu'on aurait fait n'aurait rien changer au résultat final. Peut-être même que ce qu'on fait maintenant ne servira à rien et qu'Ivan va de nouveau nous tomber dessus. Ça ne sert à rien de ressasser ce qu'on aurait pu faire et qu'on a pas fait, parce que tout ce qui est arrivé est arrivé. Rien de ce qu'on pourra dire ou regretter d'avoir fait ou non n'y changera quoi que ce soit. On ne veut pas que vous vous sentiez coupable de n'avoir rien vu ou que vous tentiez quoi que ce soit pour nous venir en aide : soyez juste là pour Jack comme vous l'avez été depuis septembre, c'est tout ce que je vous demande.
Jack sentit con cœur chauffer dans sa poitrine aux mots d'Hiccup mais se tut. Il se passa un moment avec que Tooth finit par dire d'une voix chargée d'émotion :
- Pour toi aussi, Hiccup. On sera là pour vous deux.
Astrid et Eret hochèrent vivement la tête et Sab renifla.
- J'en reviens pas… soupira Aster qui aurait voulu se trouver face à Ivan pour lui faire comprendre son point de vue. Comment vous avez fait pendant toutes ses années ?
Jack et Hiccup se regardèrent à nouveau, longtemps. Quand le brun détourna le regard, Jack tourna le sien vers ses amis en souriant un peu :
- On était là l'un pour l'autre, c'est tout.
Il y eut encore un blanc, jusqu'à ce qu'Astrid demande doucement :
- C'est pour ça que tu ne voulais pas coucher avec Anna, Jack ?
Jack eut un sourire triste en hochant la tête, évitant le regard de la blonde.
- Elle aurait compris, tu sais, si tu le lui avais expliqué.
- Je sais, répondit l'albinos d'une voix rauque. Mais je n'ai jamais eu envie de le faire. Je ne veux pas paraitre sans cœur ou égoïste mais… je m'en fiche un peu maintenant qu'elle est partie. Elle peut faire ce qu'elle veut, c'est plus mes affaires.
Eret intervint avec qu'Astrid ne réplique :
- Je comprends, mon pote. Mais les filles le vivent mal.
- On la connait depuis toujours, Eret, le rabroua Tooth. C'est normal qu'on s'inquiète pour elle.
- Mais elle n'a donné aucunes nouvelles depuis elle, elle n'a pas l'air de s'inquiéter pour vous.
- Elle a juste besoin de temps, dit à son tour Aster. Mais je comprends ce que Jack ressens. Moi aussi je lui en veux de s'être tiré comme une voleuse.
- Elle avait de bonnes raisons, fit Astrid.
- Peu importe, coupa Tatiana en voulant mettre fin au débat récurrent.
Le silence retomba, un peu gênant.
- Je suis désolé pour ce qui vous ai arrivé vous méritez mieux, amena gentiment Sandy. Vraiment.
Les garçons sourirent faiblement.
- Comment ça va se passer alors à partir de maintenant ? Interrogea Astrid.
- Charles, notre avocat, va travailler sur notre défense et un juge va examiner les faits, répondit Jack. Les flics vont surement convoquer Ivan… enfin, je suppose.
Finalement, leurs amis posèrent beaucoup de questions mais Hiccup fut vite fatigué, son corps tout engourdi et une migraine pointant à l'horizon. Il s'éclipsa pour aller s'allonger devant le regard attentif de Jack, celui peiné des autres. Quand la porte se referma derrière lui, Tooth soupira :
- J'ose même pas imaginer ce qu'il a vécu hier…
La mâchoire de Jack se contracta quand il revit la scène où il avait trouvé le brun. Il ferma les yeux un instant pour la chasser.
- T'as aucune idée de ce qu'il lui a fait, il finit par murmurer sombrement. De l'état dans lequel je l'ai retrouvé.
Il expira puis posa ses coudes sur ses jambes pour que sa tête repose entre ses mains.
- Mec ça va ? Demanda doucement Aster en tendant une main.
Jack n'avait pas pour habitude de montrer ses faiblesses. Mais Hiccup partit, il se sentait soudain vide et inutile. Il secoua la tête, sentant un sanglot lui serrer la gorge quand il luta pour le retenir. L'albinos releva la tête et planta ses yeux brillants de larmes dans ceux d'Aster. Il avait dans son expression un mélange de haine absolue et tourment insupportable. Il eut du mal à articuler :
- Je veux le tuer, Aster. Je veux vraiment le tuer. Pas pour ce qu'il m'a fait. Pas pour m'avoir infligé tout ça – ce faisant, il remonta son pull, exposant sa peau recouverte de cicatrices et de brûlures, autant qu'on aurait dit qu'il avait des écailles ; les trois filles et Sab hoquetèrent en amenant leurs mains devant leur bouche et les deux autres garçons grimacèrent –. Je veux qu'il meurt pour ce qu'il osé faire, ce qu'il osé dire à Hiccup. Vous êtes à des kilomètres d'imaginer ce qui s'est passé hier matin et je suis sûr qu'il m'en cache encore. Vous n'avez pas idée à quel point… Hiccup est fort pour avoir enduré tout ce qu'il enduré et arriver à sourire aujourd'hui. Je veux tuer mon père. Et je veux qu'il comprenne que je le fais pour Hiccup. Et bordel, j'ai envie qu'il souffre le martyr. Qu'il me supplie d'arrêter. Qu'il souhaite mourir pour que la douleur stoppe. J'ai envie qu'il ressente tout ce que j'ai toujours ressentis quand il m'attaquait. J'ai envie qu'il ressente tout ce qu'Hiccup a ressenti hier. Je…
- Jack… souffla prudemment Aster pour le calmer.
Le garçon serra des dents en baissant la tête pour éviter leur regard. Quand il la releva, sa rage s'était un peu dissipée. Il jeta un coup d'œil à Rapunzel, qui lui sourit comme pour l'encourager.
- Mais ça ne serait toujours pas assez. Tout ce qu'on peut faire sans gâcher encore plus nos vies, c'est de l'envoyer en prison et de le rouler le plus dans la boue possible. Et c'est ce qu'on va essayer de faire.
- Vous allez y arriver, Jackson, intervint d'une voix confiante Rapunzel. Mon père ne m'a rien dit parce qu'il n'a pas le droit mais je connais son air quand il tient une affaire qu'il peut gagner.
Jack lui sourit un peu en retour, le remerciant silencieusement. Il inspira pour ne plus que les larmes lui remplissent les yeux puis se reprit :
- Merci d'être là, tous. Ça compte beaucoup pour moi, et je sais qu'Hiccup est content de vous savoir au courant, même si c'était pas facile.
- On sait, Jack, déclara Tatiana. On aurait juste voulu faire plus.
- Vous ne vous en rendez pas compte mais vous avez déjà beaucoup fait.
Jack fit une pause avant de reprendre d'une voix plus douce :
- Dans l'ancienne ville où on était, on n'a jamais eu d'amis. Pendant trois ans, on s'est concentré sur nos études et nous-mêmes. On n'avait pas de thunes alors on bossait comme des dingues pour payer le loyer et les factures, c'était… c'était vraiment galère.
- Je peux poser une question ? Intervint Astrid et continua aussitôt quand Jack hocha la tête : les parents d'Hiccup sont morts ?
- Ils ont eu un accident de voiture quand Hic avait 12 ans. C'est son oncle qui l'a recueilli. C'est un bon gars mais il n'avait pas le temps de s'occuper d'un gamin, il était souvent à l'étranger, du coup Hiccup s'est élevé tout seul ; il a vite appris à être indépendant. C'est pour ça que quand j'ai fugué de chez mon père après… On a passé l'année entière reclus chez son oncle. Lui s'en fichait un peu, il n'était quasiment jamais là on ne lui a jamais rien demandé, surtout financièrement parlant. Au lycée, c'était horrible et les autres gosses étaient affreux avec nous, surtout avec Hiccup, à cause de sa prothèse et de son homosexualité. Finalement, après nos trois premières années d'études, on s'était fait des sacrées économies à force de travailler et on réussissait à tenir bon à la fac. Mais on ne voulait pas se mêler aux autres ; aucun de nous deux n'est doué pour les relations sociales et on essayait juste d'avancer. On a toujours été seuls, lui et moi. Ça nous convenait très bien. Sauf qu'on a compris qu'il fallait qu'on fasse des efforts si on voulait sortir la tête de l'eau. C'est pour a qu'on a encore démangé pour venir ici, pour recommencer à zéro. Et… et je suis vraiment content de vous avoir trouvé. J'aurais jamais pensé que ça puisse être aussi agréable d'avoir des amis.
Tous sourirent devant la déclaration de Jack, malgré la tristesse de l'histoire. Sab demanda délicatement :
- Comment vous vous êtes rencontré ? Tu ne nous l'as jamais dit.
Jack sourit sincèrement en y repensant.
- On avait 5 ans. Ma mère m'avait emmené au parc pour jouer parce qu'il neigeait et que j'adore la neige. Il y avait plusieurs gosses sur place, certains que je connaissais un peu de vue parce qu'ils étaient dans la même école que moi. Mais moi j'étais hyperactif et aucun des autres enfants ne m'appréciait vraiment. Il se lassait vite de moi. Alors j'ai commencé à jouer tout seul. Et puis j'ai remarqué un petit gars, tout chétif, avec un blouson vert beaucoup trop grand pour lui. Il ressemblait à une tortue, à rentrer sa tête dans son cou quand les autres gamins passaient devant lui. Personne ne lui parlait ou ne jouait avec lui. J'étais curieux. Je me suis approché un peu ; il jouait avec deux figurines de dragons. Il avait l'air complétement absorbé dans un monde imaginaire. Alors j'ai fait une boule de neige et je lui ai jeté dessus – Jack rit en se souvenant – : il est tombé en arrière sous le coup de la surprise parce que j'étais une vraie petite brute. J'ai couru vers lui pour me répandre en excuse. Il me regardait avec ses grands yeux verts comme si j'allais l'attaquer à nouveau. J'ai ri en remarquant la ressemblance avec la tortue avec laquelle je l'avais comparé plus tôt. Je lui ai tendu la main en lui souriant à pleines dents, lui donnant mon nom. Et c'est comme ça que ça a commencé, tout simplement. Après ça, on est devenu inséparables. Il était là quand ma mère est partie. Quand mon père a commencé à me battre ; même s'il n'était pas au courant, il était la raison pour laquelle je continuais à faire semblant que tout allait bien. J'étais là quand ses parents sont morts. Quand il a compris qu'il était gay. Il était là quand j'ai eu mon premier chagrin d'amour. J'étais là quand on l'emmerdait à cause de sa sexualité et il était là quand on me harcelait à cause de la notoriété de mon père ou de ma soi-disant tendance dépressive. On était dans notre petit monde à nous. Ça a été encore plus évident quand il a été au courant pour ma situation.
- C'est mignon, sourit tendrement Rapunzel, à l'instar de tous les autres.
Jack le lui rendit ; ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas rappelé de cette scène et elle lui réchauffa le cœur quand il se remémora la bouille d'Hiccup. Il resta un instant perdu dans ses pensées jusqu'à ce qu'il se rende compte que la nuit n'allais pas tarder à tomber, déjà. Ce fut Eret qui le fit remarquer et aussitôt, Astrid déclara :
- On va vous laisser.
- Vous êtes sûr que c'est sans danger ici ? Questionna vivement Aster. Que vous êtes bien protégés ?
- L'inspecteur North nous l'a promis. Et on lui fait confiance.
Un peu rassuré, les jeunes gens, Rapunzel comprise, se levèrent et partirent, non sans leur recommander la prudence et en promettant de revenir bientôt. Une fois seul dans la pièce principale, Jack profita une minute du calme qui y régnait. Il finit par souffler puis se dirigea vers sa chambre. Hiccup n'avait pas fermé la porte qui liait les deux pièces, si bien que l'albinos put le voir, couché dans son lit, sa prothèse posée contre la table de nuit. Jack regarda un moment le visage paisible du garçon, sa poitrine qui se soulevait doucement, souriant affectueusement, soulagé qu'il ait réussi à s'endormir. Avec un dernier regard pour Hiccup, le jeune homme se détourna, attrapant dans son sac son carnet, ses crayons, ses pinceaux et son aquarelle.
De retour au salon, il s'assit à la table débarrassée pour dessiner. Le souvenir de sa rencontre avec Hiccup, frais dans sa mémoire, lui donna envie de repeindre la scène. Au bout d'un moment, il perdit la notion du temps au fur à mesure que deux petits personnages apparaissaient sur le papier, deux jouets de dragons échoués entre eux, la neige les entourant et virevoltant autour d'eux. Jack prenait plaisir à détailler le visage du petit Hiccup, le constellant de tâches de rousseurs, créant des constellations en tout genre. Il passa longtemps à essayer de reproduire au mieux le camaïeu vert de ses yeux. Il était en train de peaufiner les détails des arbres derrière eux lorsqu'il entendit la porte de la chambre s'ouvrir.
Levant le regard, il avisa le brun, les yeux embués, une de ses mains grattant l'un d'eux. Il portait son short de pyjama et un T-shirt vert. Il poussa un soupir fatigué quand il avança paresseusement vers Jack, sa jambe prosthétique trainant derrière l'autre.
- Salut Sleepyhead, souffla Jack.
- Ils sont partis ? Demanda le brun d'une voix endormie, ignorant le surnom, se laissant mollement mais prudemment tomber dans le canapé.
- Depuis un moment déjà, répondit doucement l'autre en reprenant son dessin.
Hiccup bailla en se roulant en boule, les yeux fermés.
- C'était bien, de leur parler.
Jack hocha la tête, abandonnant soudainement la peinture de son souvenir pour croquer son ami qui se rendormait doucement, ses traits détendus. Le garçon se concentra, son regard naviguant entre son modèle et le croquis qui prenait peu à peu forme. Il commença à foncer les lignes et esquisser les ombres.
- Jack ?
L'albinos lâcha un « Hn » mais, relevant la tête, il vit que son ami le regardait ; il était grillé.
- Ne bouge pas, lui dit simplement l'artiste en continuant comme si de rien n'était.
Hiccup fronça les sourcils d'une manière enfantine qui fit sourire Jack quand il remarqua la différence entre sa reproduction et le vrai Hiccup, qui n'avait plus du tout ce petit air groggy qu'il lui avait dessiné. Soupirant, le brun décida d'obéir docilement et referma les yeux, amenant une de ses mains contre son cou. Il entendait les crayons de Jack gratter le papier et il adorait ce bruit. Parfois, l'albinos claquait sa langue ou émettait un son satisfait.
Au bout d'un moment, il finit quand même par s'ennuyer, le sommeil le fuyant.
- Jack ? Il répéta en ouvrant les yeux, mais sans bouger.
Le garçon ne dessinait plus, cela dit. Il le fixait simplement, faisant tourner son crayon de papier entre ses doigts. Il lui souriait tendrement, la tête légèrement penchée.
- Est-ce que tout va bien ? Demanda d'une voix douce Hiccup.
Le garçon hocha la tête puis attrapa son carnet pour tendre son croquis à son meilleur ami. Celui-ci se redressa en position assise pour s'emparer du cahier. Il laissa une expression émue s'emparer de son visage il était magnifique. Lui. Il secoua un peu la tête :
- Je ne comprendrais jamais comment tu réussis à rendre tout si beau et si simple.
Jack émit un petit rire et reprit son carnet. Il rangea tout son matériel et se leva. Mais il se stoppa avant de partir. Il hésita un instant puis retendit son carnet à Hiccup en l'ouvrant à la page précédant le croquis. Le brun le reprit et ses yeux s'illuminèrent quand il vit la peinture de leur rencontre. Ses sourcils se froncèrent de manière à lui donner une mine attendrie comme il se retenait de sourire à pleines dents.
- Je l'adore, il dit alors faiblement. Petit Jack et petit Hiccup sont trop mignons.
En fait, voir la scène lui donnait envie de pleurer. Parce que eux avaient encore leurs deux parents respectifs et ceux-ci les aimaient et les choyaient. Parce que la seule préoccupation de ses enfants était de savoir avec qui ils allaient jouer. Parce qu'ils étaient heureux de s'être trouvé. Hiccup amena ses doigts caresser la peinture fraiche sur le visage du jeune Jack, que l'albinos avait représenté mort de rire tandis que sur le visage du brun se mêlait de l'étonnement et de l'amusement. C'était tellement eux. Enfin, ça l'avait été, un temps. Il y a longtemps.
Il sentit une main délicate lui faire relever la tête et son regard tomba dans les orbes bleus de Jack qui lui souriait encore :
- Eh, je ne l'ai pas fait pour te rendre triste.
- Je… je sais, répondit Hiccup, ému. Ces petits gars me manquent sacrément.
Jack comprit. Evidemment, qu'il comprit. Il posa un petit baiser sur le nez d'Hiccup.
- Peut-être qu'on les retrouva. Moi j'y crois.
Puis il s'éloigna, allant définitivement ranger ses affaires. Quand il revint, le brun s'était levé et avait ouvert le placard. Il le vit grimacer puis ouvrir le frigo. Et faire à nouveau la moue.
- Des restes de pizzas, pour le repas, ça te va ?
Jack fut surprit : Hiccup aimait normalement bien manger. Pas qu'il était soucieux de sa ligne, mais il aimait la bonne bouffe. Qui ne donnait pas de cancer et des milliers de calories en une bouchée, c'était bien aussi. Il devait vraiment être fatigué.
- Tu veux que je cuisine ? Proposa-t-il gentiment.
- Il n'y a pas grand-chose dans le frigo et je ne veux pas que tu sortes, répondit du tac au tac le garçon.
Jack fit la moue à son tour en remarquant qu'il fuyait son regard.
- Hic… On est en sécurité ici.
Le jeune homme le regarda enfin et baissa la tête.
- Je sais, Jack. Je le sais vraiment. Mais je ne veux pas rester tout seul. S'il-te-plait.
- Je ne te laisserai pas, Hiccup.
Oui, dans une autre vie, je serais probablement amoureux de Rapunzel ; je vous jure que j'essaye d'être objectif mais il y a certains personnages avec lesquels je ne peux juste pas (comme si vous ne l'aviez pas déjà remarqué avec Hiccup, Jack, Bunnymund,... oh. La liste est longue. et va s'agrandir dans les lointains chapitre à venir je seeeens !)
