Helloooo ! ..

Je suis contente de vous retrouver ! Comment allez vous ? :]

Bonne année à tous, bonne santée, et tout les autres trucs que les gens arrêtent pas de souhaiter le 1er janvier !

Je voulais vous remercier pour vos reviews ! & Vos messages de gentillesse, merci beaucoup ! On a atteint, et dépassé les 1,000 reviews ! Wow.. Je dois avouer qu'avant de mettre cette histoire en ligne, j'ai jamais pensé qu'elle aurait un tel succès. Apparemment je ne suis pas la seule à apprécier le fait qu'Emmett soit important, ou du moins, que la fraternité entre deux personnages soit si importante. Donc je vous remercie, mille fois !

Je pense vous avoir tous répondu, depuis le temps que je disais que je le ferai ! Voici d'ailleurs les réponses à mes anonymes préférés ;

Popo : Coucou Miss ! :] Tes reviews m'ont fait rire, tu sais .. Arrêtes de pleurer, va ! Ca sert à rien ] Mais.. Si si, le sang qui coule de la voiture, c'est bien le sien .. Désolée de briser tes illusions ^^ Quoi qu'il en soit, je te remercie de me lire ! Bonne lecture Miss, et prends soin de toi !

Laeticia : Hey ! :] Moi ? Sadique .. ? :O Naaaaaan.. Loin de moi cette idée .. *Regarde ses ongles avec un air innocent* Mais, de toute façon, je trouve que vous persécutez ma fin de chapitre ! Nah ! C'est limite de la discrimination .. :] Tu verras bien, la suite est là ] Prends soin de toi Miss, et bonne lecture ! ]

Marion : Hm.. Est-ce que Bella va mourir .. ? Euh .. Je te propose de lire, et tu verras ] En tout cas, je te remercie, ta review m'a fait plaisir, et je suis heureuse que cette fic te plaise :] Bisous Miss, et prends soin de toi ! Bonne lecture ! ]

Ronnie : Haha, t'inquiètes, apparemment, t'es loin d'être la seule à avoir pleurer ! Vraiment ! Je pensais pas qu'il faisait autant appel à vos émotions, ce chapitre .. Comme quoi ^^' .. & Puis, je suis pas sadique d'abord, disons que j'aime laisser planer le doute sur la vie que nous menons :] Bref ! Je te souhaite une bonne lecture Miss, et prends soin de toi ! ]

Bibine : Je suis réellement touchée que mon histoire te plaise, Miss ! J'espère que ça continuera ainsi :] Une bonne année à toi aussi, tout mes meilleurs vœux ! ] Bonne lecture !

Diana : C'est vrai que le bonheur de notre fratrie préférée à été court. Edward.. & Bien, qui sait c'qu'il pense de tout ça ? Tu verras bien, tu n'as plus qu'à lire :] Bonne lecture Miss, et prends soin de toi ! ]

Ilonka : Je suis contente que mon cadeau t'ai plu :] Bonne année à toi aussi, meilleurs vœux ! Bonne lecture Miss et prends soin de toi ]

Admiratrice secrète : Mon Cœur, comme je viens de te le dire sur msn, tu peux pas savoir à quel point je t'aime. Tu es sûrement l'une des personnes les plus merveilleuses que j'ai jamais rencontré. Je te remercie d'être là, vraiment. Bisous, je t'aime.

Nana : Heureuse que ce chapitre t'ai plu, Miss !

BEA : Ha ! Je suis contente que ce chapitre t'ai plu Miss ! C'est sûr qu'Edward aurait pu essayer de comprendre d'avantage Bella. Mais bon .. C'est plus drôle pour moi après :] T'inquiètes, ça va « rouler » pour notre Bella ] Bonne lecture Miss et prends soin de toi ]

Lul : Désolée du retard que j'ai pris, et la répercussion que ça a eu sur ma fic. Mais oui, pour le moment, ça c'est quelque peu arrangé. On verra bien ! Je suis contente que le chapitre t'ai plu.. Du moins le début, car apparemment la fin.. :] Tu vas bien voir ce qu'il advient de Bella ] Bonne lecture !

Celestin : T'excite pas, mdr ! Tu vas bien voir si elle est morte, ou non. La suite est là ] Bonne lecture, M'sieur ! & Prends soin de toi ]

Léa : Rho .. Ma fin est pas si sadique que ça .. Si ? Je suis contente que quelqu'un comprenne la réaction d'Edward ! :] Voilà ta suite ! Bonne lecture Miss ! & Prends soin de toi ]

Lily : Miss.. Je crois que c'est ton « J'espère que tu me répondras ! » qui m'a décidé à tous vous répondre ^^ Tu vas bien voir si Bella va s'en sortir. Mais tu m'as fait rire avec ta review ! Pour ce qui est d'Edward, la question est : « Est-ce qu'il a tourné la page ? », mais pas tout de suite. On entend pas beaucoup parler d'Eddy ici :] Oui oui, je plaide coupable .. Je hais Renée ! En tout cas, tous ces commentaires sur ma fic, tout ce que tu en penses, m'a fait vraiment plaisir. Je te remercie de me lire, réellement :] & .. Franchement ? Plus irrégulière que moi, tu meurs. Donc j'peux pas te dire tout les combien. On va dire que je laisse le suspens :] Bisous Miss et prends soin de toi ] Bonne lecture !

Love-Vampire888 : Haha ! Heureuse que ça te plaise toujours autant ! Vraiment ! Je te remercie d'être là. J'espère que tes fêtes ce sont bien passées :] Bonne lecture Miss, et prends soin de toi ]

Luna : Je suis contente que le fait que je sois revenue te plaise. Je suis ravie de voir que vous n'avez pas toutes abandonné cette fic, à cause de mon temps à poster :] Moi ? Sadique .. ? :O Du tout .. C'est pas moi, je t'assure. Ne sois pas si remontée contre Edward. Moi je le comprends, c'est d'la faute de Bella si elle a eu un accident, il l'a pas obligé à monter en voiture, tu sais :] Quoi qu'il en soit, je te souhaite une bonne lecture, et prends soin de toi ]

Aussidagility : Correction .. J'ai tous les droits dans la mesure où le contexte de cette fic m'appartient :]

Bella050 : Heureuse que cette fic te plaise, Miss ! J'espère que ça va continuer ainsi.. Voilà ta suite ! Bonne lecture et prends soin de toi ]

Cullen : Salut Ma Belle ! Mes poèmes sont bidons, foutrement bidons même ! T'inquiètes, j'ai pas été aidé pour une telle nullité ^^' Non, je compte pas arrêter ma fic, du moins, pas pour le moment. La preuve, voilà la suite. Une sadique dans l'âme ? Carrément ? .. Pauvre de moi, tout le monde me persécute, moi et ma fin. *Met la coquille d'œuf de Caliméro* Cependant, je suis contente que la relation qu'entretient notre fratrie préférée te plaise :]

Pour ce qui est de ma mère .. Je vais te faire comprendre simplement. Ma mère s'appelait Béatrice.. Comme Béa, la mère de Bella :] Sauf que moi, c'était ma vraie mère ] Donc voilà ! Je te souhaite une bonne lecture ! :] Bisous Miss ]

Cassy : Heureuse que cette fiction te plaise toujours ! Réellement ! Pour ce qui est de l'accident, auquel personne ne s'attendait, en voici les conséquences.. Bonne lecture Miss ! & Prends soin de toi ]

L : Je ne suis pas sadique :] Si elle a eu un accident, c'est parce que ça me permet de faire plus de chose ] Mais je suis contente que ça te plaise ! ] Bisous Miss, bonne lecture et prends soin de toi !

Vanillejulie : & Bien .. Je viens de relire ta review, et elle me touche beaucoup. Tout ces compliments .. Je crois pas que je les mérite, tu sais. Mais je suis contente que ça te plaise, réellement, et je te remercie de la gentillesse dont tu fais preuve. J'espère avoir de tes nouvelles ! & Dis toi que je suis honorée de t'avoir comme nouvelle lectrice :] Bisous Miss, prends soin de toi, et bonne lecture !

Angelik : Je dois avouer que mes chapitres ne s'arrêtent pas de la meilleure manière qui soit à tout les coups. La fin de celui-ci n'est pas vraiment frustrante, tu verras. & Tu verras aussi pour la retrouvaille des esprits de Edward ^^ Bonne lecture, et prends soin de toi ! ]

Vero : Fantastique ? C'est un peu beaucoup pour mes simples textes, je crois, nan ? En tout cas, je suis contente que ça te plaise Miss ! Je te souhaite une bonne lecture, et prends soin de toi ]

Hana : Je ne suis pas sadique .. Du tout :] Mais .. Voilà la suite que tu attendais ] Bonne lecture !

Angy : Ne pleure plus, voici la suite Miss ] Je te souhaite une bonne lecture, et prends soin de toi ! =]

Donc voilà !

Ensuite je tiens à remercier ma Bêta, Delphine ! Qui fait un travail super, et qui arrive à me supporter en prime, comme quoi, elle assure vraiment !

Un coucou à mes chéries, Aurore, Floriane, Ninie, Docteur Ju' & Wissam, car elles sont toujours là pour moi :]

Sans oublier ma p'tite Caro ! Merci de m'aimer toujours ma Belle ;P

Un coucou à Yasmine, aussi, ainsi qu'à ma chère détentrice de la moue Made in Simba :]

Je vous souhaite une bonne lecture, en vous rappelant que les persos ne sont pas à moi, que seul le contexte de cette histoire clandestine m'appartient :]

& N'oubliez pas d'écouter les musiques, que je vais mettre sur mon profil de suite !

Sur ce ..

HAKUNA MATATA ! =D


Point de vue Emmett

- BELLA !

Tout ce sang, tout ce sang...

L'espace d'une seconde, je revis ce que nous avions fait la veille.

Sa main dans la mienne, nos sangs se mélangeant. Son sourire, son rire, ses yeux illuminés par cette lueur de bonheur dont elle seule connaissait le secret. Ses larmes, son rire, son sang...

Je baissai les yeux, et mon cœur sembla s'accélérer, comme s'il pompait plus vite, mais aussi plus fort, me laissant ce sentiment, cette sensation. Celle-là même qui me soufflait d'agir, ou plutôt qui me hurlait d'agir.

L'adrénaline...

Tous mes sens analysèrent les alentours. Jasper et Alec n'étaient pas très loin, ne sachant pas quoi faire. Alice, se tirait les cheveux, les joues striées de larmes alors qu'elle expliquait la situation à la personne qu'elle avait au téléphone. Rose n'était pas encore là. Je la cherchai du regard, mais au lieu de ça, je croisai celui d'Edward. Mes yeux se reposèrent rapidement sur ma petite sœur. Mes paumes étaient trempées de sang, et la neige avait pris une teinte horriblement rouge par endroit, grandissant de plus en plus, comme si elle voulait me narguer.

Je n'avais plus qu'une seule idée en tête. Sauver Bella.

Je calai sa tête avec ma veste que j'avais rapidement enlevé. Mes mouvements durent sortir Edward de sortir de sa transe et il s'affola :

- Elle est pleine de sang ! Tes mains sont pleines de sang ! Il faut l'emmener à l'hôpital !

Je me remis debout et il essaya d'approcher ma petite sœur. Restant sur mon idée, je le poussai, l'éloignant.

- Qu'est-ce que tu fais ? Il faut l'emmener ! Dit-il en attrapant le poignet de ma sœur.

Je le pris par les épaules, l'obligeant à me faire face.

- Ne la touche pas, prévins-je.

- Mais Em...

Sans me retenir plus longtemps, mon poing droit partit, s'écrasant dans toute sa puissance sur le visage d'Edward. La lèvre de celui-ci se fendit alors qu'il jurait, crachant du sang en se reculant.

- Mais t'es con ou quoi ?

- Vas te faire foutre ! Je t'interdis de l'approcher ! Menaçai-je.

- Mais faut te faire soigner ! Toi et elle ! Toi tu crains et elle, elle est en train de mourir ! Tu prendras ton rôle de grand frère à cœur plus tard ! C'est pas comme si on avait pas l'habitude que tu la calcules pas ! En attendant on va à l'hôpital ! Faut la sauver !

A ses derniers mots, je le frappai encore plus violemment, le faisant tomber sous la puissance de mon coup. Il atterrit par terre, hébété. Je n'attendis pas et pris Bella dans mes bras, la portant comme une jeune mariée.

Elle semblait si petite et si fragile quand je la tenais comme ça.

- C'est ce que je fais, je la sauve, en l'éloignant le plus possible de toi, Edward, répliquai-je.

Je n'attendis pas de réponse. Écoutant, ressentant et évaluant tous mes sens, je me mis à courir.

L'adrénaline coulait dans mes veines comme le sang de ma sœur à travers mes doigts.

Si je me débrouillais bien, je serai à l'hôpital dans moins de dix minutes.

J'allai vite, plus vite que jamais. Je respirai difficilement, mais pas à cause de l'effort, à cause de la peur qui comprimait mes poumons. Mes yeux couvaient Bella, attendant une réaction de sa part, mais rien ne vint.

- Rappelle toi, Bella. Toi et moi c'est pour toujours, nous sommes un. Je t'interdis de me laisser comme ça et maintenant. Sur tout ce que j'ai de plus cher au monde, je te l'interdis ! On est un !

Je courus plus vite encore, écrasant la neige sous mes foulées, faisant battre le vent sur mon visage. Soudain, j'entendis une voiture et la porte arrière passager de la M3 de Rosalie s'ouvrit à ma gauche en même temps que ma belle me dit :

- Monte Chéri, dépêche !

A peine eus-je claqué la porte derrière nous que Rosalie redémarra en trombe. Elle ne chercha pas à comprendre et coupa à travers bois. Elle emprunta des sentiers que moi-même je ne connaissais pas, slalomant entre les arbres avant de déboucher sur une route déserte. Elle accéléra davantage, faisant quelque peu glisser la voiture sur la neige qui recouvrait la route. Elle fit un demi-tour à l'aide d'un coup de frein à main avant de se retourner, regardant à travers le pare-brise arrière. Elle enclencha la marche arrière et nous emmena comme ça sur plusieurs mètres, esquivant les voitures garées sur le bas-côté. Elle se gara ensuite et quand je tournai la tête, je reconnus l'entrée des urgences de l'hôpital.

- Depuis quand tu conduis comme ça ? Questionnai-je alors que je sortais déjà de l'habitacle.

- Depuis que ta sœur me l'a appris, dit-elle, tout simplement.

Je ne relevai pas, en y réfléchissant c'était vrai que Bella conduisait comme ça.

Je pris ma sœur rapidement et la soulevai de la banquette arrière pour la reprendre dans mes bras. Je remarquai quand même que le cuir blanc de notre banquette avait viré au rouge. Je regardai Rose alors que celle-ci attrapai son sac à main.

- Ne m'attends pas ! Vas-y, je te rejoins !

Je ne cherchai pas plus et traversai la route, ma sœur dans les bras. Les portes de l'hôpital s'ouvrirent sur nous et je priai de toutes mes forces pour rencontrer un médecin compétent. Par je ne sais quel miracle, le premier que je vis fut Carlisle.

- Carlisle !

Celui-ci tourna la tête vers nous et écarquilla les yeux.

- Emmett ? Tu es..

Il s'arrêta de suite en voyant du sang couler à mes pieds.

- Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Demanda-t-il immédiatement.

- Accident de voiture, le secours ne se magnait pas, je l'ai amené ici. Elle perd trop de sang, Carlisle, beaucoup trop de sang !

Ce dernier s'activa, et prit, sans que je ne vis rien arriver, Bella, la portant à son tour avant de se retourner, et de marcher rapidement.

- Suis moi, dit-il.

Nous croisâmes une femme, qui s'arrêta, choquée.

- Docteur Cull..

- Chelsea, trouvez moi un brancard. Bipez Carmen et dîtes lui de préparer le bloc 1. Nous avons une blessée grave, accident de la route. Dépêchez-vous ! Cette gamine fait partie de ma famille !

La fille partit en courant et Carlisle fit un rapide demi-tour, ouvrant de grandes portes battantes avec son dos avant de continuer son chemin jusqu'à un ascenseur. Je le suivis et entrai à mon tour dedans. Les portes allaient se refermer quand une main s'interposa, Rosalie. Celle-ci monta et examina ma sœur du regard.

- Que s'est-il passé ? Questionna Carlisle. Bella conduit très bien, d'habitude !

- Je crois qu'elle était troublée... Edward vient de lui briser le cœur, répondit Rose.

- Edward ? Répéta-t-il, nous lançant un regard interrogateur.

- Exactement...

- Bella est inconsciente depuis combien de temps ? Nous demanda-t-il, après quelques secondes.

- Dix minutes, répliquai-je.

Les portes s'ouvrirent et la dénommée Chelsea nous attendait avec un brancard. Carlisle y déposa ma sœur avec délicatesse, et reprit la route plus rapidement encore. Nous étions tous en train de courir quand Carlisle s'arrêta devant de nouvelles portes.

- Je suis désolé, mais vous ne pouvez pas aller plus loin tous les deux.

- Quoi ? Mais...

- Je sais, Emmett. C'est ta sœur... Mais fais moi confiance, je m'occupe d'elle. C'est comme si c'était ma fille, et tu le sais.

- Carlisle...

Il me prit rapidement dans ses bras.

- Elle va s'en sortir, sois fort gamin. Prévenez tout le monde, et allez dans la salle d'attente qui se trouve un peu plus loin dans le couloir, rajouta-t-il, se replaçant à côté de l'infirmière, prêt à partir.

Je regardai une dernière fois ma sœur et déposai mes lèvres sur sa joue en lui chuchotant un « je t'aime », avant que le brancard ne reprenne sa course. Les portes battantes se refermèrent, provoquant un courant d'air, soufflant par la même occasion toute l'adrénaline qu'il me restait. Me laissant là, loin de ma sœur, de ma force... Totalement vulnérable.

Mes yeux se posèrent sur Rose, alors que les larmes coulaient sur ses joues. Je m'appuyai sur le mur, avant de me laisser glisser, m'asseyant par terre. J'avais du sang partout, sur mes mains, sur mon maillot... Partout. Je fixai mes mains et les frottai énergiquement sur mon jeans. Le sang ne partit même pas, restant là, me narguant.

Rosalie s'accroupit en face de moi.

- Tu devrais aller te laver les mains, Bébé. Je vais appeler les parents...

J'examinai le visage de Rose, et sans que je ne me contrôle plus longtemps, éclatai en sanglot.

- Rose...

- Hey...

Elle me prit délicatement dans ses bras.

- J'ai peur, Rosalie. Et si elle s'en sortait pas ? Et si elle y restait ? Tout est de ma faute !

- Rien est de ta faute, Em. C'est de la faute à personne. Bella va s'en sortir, elle est très forte. Tout va bien se passer, ne t'inquiètes pas...

- J'ai si peur, Rose...

- Je sais, j'ai peur aussi. Mais je suis là... Allez, calme toi, chuchota-t-elle.

J'essayai de respirer plus calmement. J'avais l'impression que réprimer ma peur et mes larmes me bloquaient de l'intérieur, mais je me le devais. Je nous le devais, à Rose, à Bella, et à moi.

Quand je fus enfin calmé, Rosalie m'observa, examinant mon visage et me fit un petit sourire qu'elle voulait rassurant. Nous nous levâmes doucement et je la pris dans mes bras, embrassant sa tempe, laissant le temps couler quelques secondes dans cette étreinte.

- Allez, va te laver les mains, mon Cœur, j'appelle les autres en attendant, me dit-elle.

- Pas Edward, hein...

- Em, commença-t-elle.

Je la regardai, et elle comprit.

- D'accord, céda-t-elle.

Je l'embrassai une dernière fois avant de parcourir un bout de l'hôpital, pour trouver les sanitaires. J'entrai dans ceux-ci et tombai sur mon reflet. J'avais encore des larmes sur les joues. Baissant les yeux de honte, je les essuyai du bout des doigts, rapidement. Quand je me relevai les yeux de nouveau, mes joues étaient rouges, rouges de tout ce sang. Je hoquetai, presque horrifié.

Je me jetai sur le robinet, l'ouvrant au maximum, ce qui m'éclaboussa sous la pression. L'eau s'écoulant dans l'évier après être passée entre mes mains me dégoûtait. Elle était si colorée... Je me recourbai, pour pouvoir asperger mon visage d'eau, encore et encore. Frottant toujours plus fort.

Ça ne partait pas !

Aucune de ces traces ne partait ! Le sang de ma sœur, le sang de ma petite sœur ne partait pas ! Ma respiration se fit plus difficile, alors que je frottai toujours mes mains de manière énergique.

- Tout est de ma faute, me dis-je. Tout, je le sais... Mais le sang ne doit pas rester là... Nan, il ne peut pas rester là... Je sais que tout est de ma faute, tout tout tout... J'en suis désolé, ok ? Mais ce sang ne peut pas rester là !

Ce n'était pas de l'énervement, ni même un simple monologue. C'était beaucoup plus dévastateur que ça. J'avais l'impression de perdre toutes mes forces, une à une.

J'étais en train de tout perdre. Mais ce sang, lui, restait encré sur moi ! Me narguant, me prouvant que j'avais tort d'être revenu, que j'avais failli en tant que grand frère ! Alors que ça faisait à peine 24 heures que ce titre m'était accordé.

Tu n'as pas su la protéger, Emmett ..

Je sais .. Je devrais.. J'aurai dû.. faire mieux.

- Emmett ?

Je me tournai, et fis face à Rosalie. Elle me regardait, depuis l'entrebâillement de la porte, alors qu'elle tenait toujours la clenche de celle-ci.

- Qu'est-ce que tu fais ? Me questionna-t-elle, doucement.

- J'essaie de faire partir tout ce sang ! Désespérai-je.

- Em...

Elle s'approcha de moi, prenant mes mains dans les siennes. Je voulus les retirer, pour ne pas la salir, mais elle accentua sa prise.

- Y a plus rien, dit-elle en passant son index sur ma paume.

Je la regardai, les sourcils froncés, avant de poser de nouveau les yeux sur mes mains. Plus rien..

Il n'y avait plus rien...

- Allez viens ! Alice, Jasper et Alec sont arrivés. J'ai prévenu les parents, et ils sont tous en route.

- Même Charlie ? Tu... Tu lui as dit que... j'étais rentré ? Demandai-je, appréhendant le jugement de mon père.

Rosalie me scruta, visiblement soucieuse de ce qu'elle voulait me dire :

- J'ai pensé qu'il avait le droit de savoir. Ce n'est pas vraiment de toi dont on parle, là... Mais de ta sœur. C'est peut-être sa fille, Emmett, alors il a le droit de savoir...

Je n'avais même pas pensé à cette option...

- D'accord, tu as raison... J'arrive !

Elle acquiesça et sortit. Ah Rosalie...

Je me regardai une dernière fois, histoire de vérifier que je n'avais vraiment plus aucune trace, avant de la suivre. Je trottinai quelque peu avant d'attraper sa main et d'entrelacer ses doigts aux miens. Ses yeux rencontrèrent les miens et j'essayai de me montrer rassurant. A peine nous étions arrivés dans la salle d'attente que Stella vint me prendre dans ses bras.

- Oh mon Chéri... Tu m'as tellement manqué... J'étais tellement inquiète... Tu m'as fait peur à vouloir partir comme ça ! Surtout avec ta mère ! Et puis Rose m'a appelé pour me dire que Bella avait eu un accident ! Vous avez de ses nouvelles ?

- Aucune, Stella...

Ma marraine me scruta davantage et son regard se posa sur ma chemise.

- Tu saignes, dit-elle horrifiée.

Je baissai les yeux sur mon vêtement, et mon cœur rata un battement.

- Ce n'est pas le mien, répondis-je en l'enlevant, me laissant en simple débardeur. C'est... C'est celui de ma sœur, finis-je.

Stella ouvrit la bouche, sans qu'un seul son puisse en sortit, alors qu'elle attrapait mon vêtement, mesurant la quantité de sang qui s'y trouvait. Elle la porta à son visage, alors qu'elle pleurait déjà.

- C'est si grave que ça ? Souffla-t-elle.

Je ne répondis pas. Je ne voulais pas que ce cauchemar devienne réel, et c'était ce qui se passerait si je venais à dire ça tout haut. Jasper attira sa mère à lui, et Stella, respirant toujours la chemise, éclata en sanglot dans le cou de son fils. Je regardai Jazz. Celui-ci avait le visage strié de larmes aussi, alors qu'il caressait les cheveux de ma marraine d'un geste doux et rassurant. Ses yeux croisèrent les miens et je compris...

Je n'étais pas le seul qui ne voulait pas rendre ça réel en l'exprimant à haute voix, et ça m'inquiétait encore plus.

Nous entendîmes l'ascenseur s'ouvrir et nous nous tournâmes vers Nina et Stefan. Ils se précipitèrent vers nous, mais j'étais comme déconnecté. À partir du moment où j'avais vu les yeux de Jazz - Jasper, le plus posé et sensé de mes amis - avoir les mêmes craintes que moi, je ne suivis plus rien.

En fait, je crois que ça rendait ce cauchemar encore plus réel que si j'avais crié la vérité du haut des toits.

Esmée et Josh étaient arrivés peu de temps après.

Moi, j'étais là, assis sur ma chaise, dans cette salle d'attente remplie par la quasi-totalité de ma famille. Alors que ma sœur était en train d'essayer de survivre à un accident de voiture.

Est-ce que j'étais sensé ressentir quelque chose ?

Je voulais dire... Si son cœur s'arrêtait, ou si elle se portait bien ? Si elle était debout face à Carlisle, en train de lui expliquer pourquoi sa voiture était entrée en collision avec cette vieille Chevrolet, je le sentirais ? Y avait pas un truc par rapport aux chromosomes qu'on avait en commun qui m'avertirait ?

Si elle venait à me quitter, ici et maintenant, dans ces conditions, je ne savais même pas ce que je ferais. Peut-être que je me laisserai mourir à mon tour. Je ne savais pas si je pouvais survivre sans elle, désormais.

On dirait une grosse connerie, dit comme ça.

Beaucoup penserait que j'avais su vivre avant elle, pendant 18 ans, donc que je pouvais très bien recommencer. Beaucoup penserait que ce n'était pas pour les quelques heures que j'avais passé en sa présence tout en sachant qui elle était réellement par rapport à moi et à notre sang qui pourrait changer ma vie et ma vision des choses.

Mais beaucoup se tromperait...

Elle était un nouveau tout. C'était comme quand les gens avait un bébé. Ils ne savaient pas exactement pourquoi ni comment, mais ce bébé devenait leur bien le plus précieux. Avec Bella, j'avais ressenti pareil. Elle était devenue cette fille que je ne connaissais pas avant et qui ne me sera plus jamais donné de connaître. Celle-là même qui avait su me faire voir les choses autrement, qui avait réussi à me faire ouvrir les yeux sur certaines personnes. Elle était une grande partie de mon bonheur... Non, en fait, elle était un bonheur à elle toute seule. C'était comme si elle était un bonheur à part, et que même si tout allait mal dans ma vie, avec elle tout irait parfaitement, je serais heureux. Elle était unique.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent à nouveau et je tournai la tête pour apercevoir mon père. Charlie était là...

La tête baissée, le regard perdu sur le sol, les mains sur les hanches, pensif.

Il releva la tête et son regard croisa le mien, ce qui me fit comme un électrochoc. A lui aussi apparemment. Il n'esquissa pas un mouvement, se contentant de me regarder, totalement figé. La porte de l'ascenseur commença à se refermer et il disparut peu à peu. Il n'allait pas venir. Ma gorge se serra de chagrin à cette idée. Mon père m'en voulait. D'être parti, de l'avoir laissé, d'avoir été manipulé... Je l'avais déçu. Je tenais peut-être trop de ma mère...

Puis, juste avant que l'acier des portes ne claquent à nouveau, je vis sa main stopper le processus, les obligeant à se rouvrir. Je me levai, alors que mon père avançait d'un pas décidé. Le voir m'entraînait à aller plus vite. J'arrivai à sa hauteur, et la seule chose que je pus dire fut :

- Je suis désolé, Papa...

Il m'attira à lui, me prenant dans ses bras alors qu'il me serrait contre lui avec force.

- J'ai peur, Papa... Elle va tellement mal. Elle a perdu trop de sang...

Les larmes revinrent et je ne les empêchai pas. J'étais à la source même de tout le réconfort que je pouvais trouver sur cette planète, dans les bras de mon père.

Même quand on faisait 1m90 et 94 kilos, qu'on avait 18 ans et que tout le monde vous craignait par rapport à votre musculature... On se sentait en sécurité dans les bras de son père.

Et à ce moment, j'avais tellement peur, que c'était le seul à pouvoir canaliser ça, outre Bella.

- Je sais, fils. Je suis là, ça va aller. Elle va s'en sortir, dit Charlie en embrassant mon front d'un geste réconfortant.

Je n'avais plus qu'à essayer de le croire...

[…]

Les minutes passèrent, devenant des heures, et nous étions toujours là. J'étais assis par terre, dans la salle d'attente, les jambes repliées alors que Rosalie se trouvait entre celles-ci. Je tenais sa main, caressant sa bague de fiançailles. Tout le monde avait bien pris la nouvelle, mais les réjouissances se feront plus tard. Tout le monde était un peu ailleurs. Il manquait seulement Carlisle et Bella, si on excluait Edward. D'ailleurs, Esmée n'avait pas vraiment compris la réaction de son fils, comme aucun d'entre nous. Stella pleurait toujours, silencieusement. Je crois que c'était celle qui considérait le plus Bella comme sa fille.

Les portes battantes s'ouvrirent et je reconnus la tête blonde de Carlisle. Nous nous levâmes tous comme un seul homme.

- Carlisle, Chéri, que se passe-t-il ? Questionna Esmée.

- Est-ce que Bella va bien ? Demandai-je.

- Elle va s'en sortir ? Quémanda Stella.

- Doucement, doucement... J'ai réussi à arrêter l'hémorragie, mais elle a perdu beaucoup de sang. Elle n'a aucune fracture, que des hématomes…

- Ca va alors ? Se rassura Charlie.

- Non, pas vraiment. Il semblerait que l'hémorragie provienne du bas de son dos, de sa moelle épinière pour être exact. Elle a été touchée, et plutôt fortement. Il lui faut une greffe dans les plus brefs délais. J'ai essayé de la placer en tête de liste mais apparemment un cas est aussi urgent que le sien, ce qui devient compliqué à gérer. Il va falloir attendre et voir.

- Il y a un risque pour qu'elle reste paralysée ? Demanda Alec.

- Je le crains, et ces risques pèsent gros... Mais au-delà de ça… Elle a des chances de ne pas survivre... Nous l'avons placée dans un coma artificiel pour le moment, car la douleur serait insupportable, aussi forte soit elle. Au vue de la situation, son cœur ne pourra pas tenir bien longtemps. Je sais, je suis médecin et cette gamine est comme ma fille mais...

Carlisle fit une pause et je vis à quel point il était désemparé.

- Je ne peux rien faire de plus, pour l'instant !

- Je peux être le donneur ? Après tout, c'est ma sœur et une partie de son sang est aussi une partie du mien...

- Oui, mais je devine que tu as le même tatouage que Bella ? Qui, à vue de nez, n'est pas plus vieux que ce matin ?

- Ca pose problème ?

- Disons que ce n'est pas réellement bon pour toi, surtout s'il est en bas de ton dos. Mais si je n'ai pas d'autre possibilité, tu seras ma roue de secours. Tu vas faire quand même les tests, et tout ce qui va avec, je dirai à Toby qu'il s'occupe de toi.

- Pour une greffe, il faut juste un groupe sanguin qui correspond ? Se renseigna Stella.

- Oui, mais quand le sang provient d'une personne ayant un lien de parenté c'est encore mieux. Bella est AB-, ce qui complique les choses car ce groupe est assez rare. Mais tous les groupes sanguins qui sont de rhésus négatif sont compatibles.

- Je suis O+, dit Esmée, désemparée.

- Je sais, répliqua Carlisle. Je le suis aussi.

- Nina et moi le sommes également, ce qui fait qu'Alice y est sûrement aussi, rajouta Stefan.

- Je suis A-, moi, dit Stella.

- Et moi B+, affirma Josh.

- Je suis B-, c'est marqué sur mon dossier d'adoption, nous révéla Alec.

- Je ne sais même pas ce que je suis, ajouta Jazz.

- Moi non plus, avoua Rose.

- Dans ce cas on va vous faire une prise de sang, si vous êtes d'accord, et nous verrons ça après, conclut Carlisle. Charlie, tu te souviens de ce qu'était Renée ?

- Outre une menteuse et une manipulatrice ? Elle était A-.

- Bien... Nous n'avons plus qu'à voir... Les jumeaux, vous venez avec moi. Emmett tu me suis aussi, le temps qu'on trouve Toby. Stella et Alec, étant donné que vous êtes un minimum compatible, vous ferez les mêmes tests qu'Emmett. Charlie ..

Mon père fit un signe de la tête, ce qui dissuada Carlisle de continuer.

- On peut rendre visite à Bella pendant ce temps ? Demanda Esmée, qui n'avait visiblement pas vu ce petit échange.

- D'ici vingt minutes, je ferai en sorte que la chambre vous soit accessible. En attendant, soyez patients...

- Je vais essayer de contacter Benjamin et Tia, annonça Alice.

- Bonne initiative. L'hôpital a déjà appelé la base de San Francisco pour James et Jacob...

- Pourquoi ? Comment ?

- C'était sur la fiche d'urgence de Bella. Ces deux-là et Béatrice Grey, fit Carlisle. Mais Béatrice Grey est...

- Décédée, conclut Esmée. Je me rappelle que Bella nous l'avait dit, quand elle était venue dîner chez nous avec Edward.

- Oui. Quoi qu'il en soit, James et Jacob sont au courant. Bon, on est parti ! Suivez-moi ! Ajouta Carlisle.

J'emboîtai le pas à Carlisle, et je sus que ce que j'allais faire était décisif pour ma sœur. Il ne nous restait plus qu'à espérer...

[…]

Nous avions finis tous les tests, maintenant nous n'avions plus qu'à attendre les résultats. La chambre de Bella était la 323. J'étais là, dans ce couloir, partagé entre l'envie d'entrer pour la voir et la peur de constater qu'elle allait vraiment mal. Stella était partie à la machine à café et les jumeaux étaient entrés, je n'avais pas voulu retenir Rosalie.

Je me sentais tellement coupable, par rapport à l'accident, mais aussi dû au fait que je n'avais pas la force d'entrer. Mais... j'avais tellement peur !

Je n'avais jamais eu autant envie de pleurer de ma vie. Des tas de questions me tournaient dans la tête, sans réponses. Je savais que j'obtiendrais une partie d'entre elles si j'entrais dans la chambre, mais j'étais terrifié. Trop peur pour bouger, pour pouvoir la soutenir.

J'étais un lâche...

- Tu sais, je n'ai pas forcément envie d'entrer non plus, me dit Stella, d'une voix sombre. Mais je sais que j'ai besoin de la voir, de me faire une idée. Bella c'est... c'est comme ma fille ! Je donnerai ma vie pour qu'elle soit sauvée, sans aucun doute. Et la savoir là, dans un lit d'hôpital, entre la vie et la mort, ça me tue...

Je regardai Stella, qui pleurait à nouveau. Je m'approchai d'elle et alors qu'elle avait toujours la chemise ensanglantée dans les mains, elle se cramponna à moi, crochetant ses bras à ma nuque. Je sentis ma marraine sangloter dans mon cou et ça me brisa le cœur un peu plus.

Stella avait toujours été là pour me réconforter... Je ne l'avais vu pleurer que très peu de fois.

Nous restâmes dans cette position encore quelques minutes, elle pleurant toujours et moi essayant de me montrer fort. Quand Stella s'éloigna, elle s'essuya les yeux d'un geste vif.

- Emmett... Quoi qu'il arrive... Quoi qu'il puisse lui arriver, ça se passera, que tu sois ou non dans cette chambre. C'est juste que... Je pense que si elle peut sentir que nous sommes tous là, à l'attendre, à la soutenir et à lui prouver qu'elle fait partie de notre famille, ça l'aidera. Alors quitte à souffrir personnellement, je préfère qu'elle sache que je suis là pour elle...

Je fixai ma marraine. Ses yeux argentés étaient encore tous rougis, et elle avait ses joues humides, mais je savais intérieurement qu'elle était déterminée à entrer, avec ou sans moi. Je remis une mèche de ses cheveux en place et elle me fit un petit sourire triste et compatissant. Je la vis lever la main, et me la tendre en une invitation silencieuse.

J'hésitai.

Puis, doucement, je laissai mes doigts rejoindre les siens et ma main se referma sur la sienne, la réchauffant.

- Tous ensemble, nous serons plus fort, affirma Stella. Car même si nous sommes tous différents, nous sommes une famille, et nous sommes un.

Je continuai à l'observer et acquiesçai. Nous sommes un...

Elle nous emmena vers la porte et pressa une dernière fois ma main. Elle me consulta du regard, avant de me laisser à l'embrasure et de pénétrer à l'intérieur. Il ne me fallut que quelques secondes, pour trouver la force.

Juste le temps de me rendre compte que ma force n'était autre que Bella. C'était donc dans cette chambre qu'il fallait que j'aille.

Prenant une grande inspiration, j'entrai.

Mon père était près du lit. Jasper et Rose était de l'autre côté, ainsi qu'Alice et Alec. Josh était en retrait, perdu dans son monde alors que son visage était vide de toute expression. Stefan et Nina se tenaient près des fenêtres, avec Esmée, et Stella était près du lit, tenant la main à mon père. Je m'avançai d'un pas, puis deux. Essayant de tenir le même rythme, j'arrivai près du lit, et je la vis.

Sous perfusions et monitoring, elle était là.

Elle semblait si blanche, ses cheveux d'un brun, qui encore ce matin paraissait plus clair, entourant son visage d'ange, comme si elle dormait.

Je m'approchai encore, prenant place sur une chaise libre. Je me déplaçai pour être le plus proche d'elle possible. J'attrapai sa main, et ne pus m'empêcher de constater qu'elle était froide. Trop froide. Je ne savais pas comment prendre cette information. J'aurais tellement voulu qu'elle réagisse, qu'elle bouge, qu'elle me dise qu'elle allait bien et qu'elle n'allait pas me quitter. Ni aujourd'hui, ni demain, ni même dans un mois. Mais elle ne le fit pas...

J'étais resté là, longtemps, très longtemps.

Petit à petit, la salle s'était vidée, et quand j'avais pris conscience de ce qui nous entourait à nouveau, la nuit était déjà bien entamée. La seule autre personne qui restait était mon père. Il s'était endormi sur une chaise, la tête appuyée contre le mur. J'avais toujours la main de Bella au creux des miennes, mais la sienne me paraissait toujours aussi froide, comme si elle ne voulait pas se réchauffer. Mon index parcourra l'avant-bras de ma sœur, pour le trouver affreusement froid également. Je lançai un regard à mon père, toujours endormi, et me levai. Décalant ma sœur avec toute la précaution du monde, je vins me blottir contre elle, entourant sa taille de mon bras gauche. J'aurais voulu faire davantage, lui donner mes vêtements et la noyer sous milles et une couvertures, mais je n'avais que mon simple débardeur, avec la veste que j'avais mise par-dessus. Ne sachant pas vraiment quoi faire, ni même quoi dire, je me rappelai de cette musique, cette chanson qui passait à la radio quand nous étions sur la route de Seattle. Doucement, chuchotant à son oreille sans réfléchir, je commençai :

[ ~*. Lifehouse ; You and me ]

What day is it? And in what month?
[ Quel jour sommes-nous ? Et quel mois ? ]

This clock never seemed so alive
[ Le temps ne m'a jamais semblé être aussi court ]

I can't keep up and I can't back down
[ Je ne peux rester debout et je ne peux tomber ]

I've been losing so much time
[ J'ai perdu tellement de temps ]

'Cause it's you and me and all of the people with nothing to do
[ Parce que il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque ]

Nothing to lose
[ Nous n'avons rien à perdre ]

And it's you and me and all other people
[ Et il y a toi et moi et le reste du monde ]

And I don't know why, I can't keep my eyes off of you
[ Et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux cesser de te regarder ]

One of the things that I want to say just aren't coming out right
[ Et toutes les choses que je veux dire ne sorte pas correctement ]

I'm tripping on words
[ J'écorche mes mots ]

You've got my head spinning
[ Tu me fais tourner la tête ]

I don't know where to go from here
[ D'ici je ne sais ou aller ]

'Cause it's you and me and all of the people with nothing to do
[ Parce que il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque ]

Nothing to lose
[ Nous n'avons rien à perdre ]

And it's you and me and all other people
[ Et il y a toi et moi et le reste du monde ]

And I don't know why, I can't keep my eyes off of you
[ Et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux cesser de te regarder ]

[ Il y a quelque chose en toi ]

There's something about you now

I can't quite figure out
[ Que je ne peux pas expliquer ]

Everything she does is beautiful
[ Tout ce qu'elle fait est magnifique ]

Everything she does is right
[ Et tout ce qu'elle fait est juste ]

'Cause it's you and me and all of the people with nothing to do
[ Parce que il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque ]

Nothing to lose
[ Nous n'avons rien à perdre ]

And it's you and me and all other people
[ Et il y a toi et moi et le reste du monde ]

And I don't know why, I can't keep my eyes off of you
[ Et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux cesser de te regarder ]
and me and all other people with nothing to do
[ Il y a toi et moi et tous ces gens dont on se moque ]

Nothing to lose
[ Nous n'avons rien à perdre ]

And it's you and me and all other people
[ Et il y a toi et moi et le reste du monde ]

And I don't know why, I can't keep my eyes off of you

What day is it?
[ Quel jour sommes-nous ? ]

And in what month?
[ Et quel mois ? ]

This clock never seemed so alive

[ Le temps ne m'a jamais semblé aussi court ]

Les larmes avaient coulé aux creux de mes yeux, mais je ne pouvais plus m'arrêter de parler.

- Bella, tu peux pas me laisser maintenant. J'ai tellement besoin de toi. Je suis désolé de ne pas avoir su te retenir, ou t'avoir évité cet accident, mais s'il te plait, tu peux pas me laisser comme ça.

Je regardai ma sœur, alors qu'elle était toujours inconsciente. J'avais l'affreuse impression qu'elle m'entendait, mais qu'elle ne faisait rien. J'avais l'impression que je la perdais, petit à petit. Mon cœur se comprima et j'eus la sensation que tout dépendait de ce moment. Je repris la parole, comme affolé.

- Princesse, tu crois que c'est toi qui a besoin d'une famille, mais c'est moi ! Dis-je. Tu peux pas savoir comme j'ai besoin de toi maintenant. Si tu me laisses, je sais même pas ce que je vais devenir, ni même si ça vaut le coup de voir ce que je vais devenir ! Ne me laisse pas, je t'en prie ! Pas maintenant, pas comme ça, jamais ! T'as pas le droit.

Je pleurai maintenant, j'étais désemparé. Perdu, je ne pouvais plus m'arrêter de parler.

- Tu crois être faible et avoir besoin de moi, mais c'est moi. J'ai beaucoup plus besoin de la famille que tu représentes pour moi que celle que je représente pour toi. J'ai besoin de toi, Bella. Tu peux pas me laisser, non, je veux pas !

Je m'accrochai à elle comme un noyé s'agripperait à une bouée.

- Ne me laisse pas, je t'en prie. Il faut que tu te réveilles, que tu me dises, que tu me promettes que tu ne le feras pas ! J'ai besoin de l'entendre ! J'ai besoin de toi pour vivre, Bella ! Besoin de la famille que tu représentes... Je t'en prie.. Ne me fais pas devenir orphelin à mon tour. Si tu me prives de toi, c'est comme me priver d'oxygène ! Je ne pourrais pas survivre ! BELLA, J'AI BESOIN DE TOI !

Les bips du monitoring se firent plus rapprochés, comme plus violent, alors que j'agrippai toujours ma sœur. J'avais besoin qu'elle vive !

- Emmett...

Mon père m'attira à lui, mais je résistai, m'accrochant désespérément à Bella.

-Arrête Emmett ! Tu vas lui faire mal !

A ces paroles, je lâchai tout. Mon père me tira de nouveau et je tombai par terre. Il me releva et me prit immédiatement dans ses bras.

- Je ne voulais pas lui faire de mal, soufflai-je. Je veux pas qu'elle parte, Papa. J'ai besoin d'elle, je l'aime tellement...

Les larmes poursuivirent leurs courses sur mas joues, tandis que mon père me serrait contre lui.

- On a tous besoin d'elle, Em'. Elle va pas mourir, t'inquiètes pas, ça va aller...

- Il lui faut un donneur, sinon son cœur survivra pas, je le sais...

- Elle en aura un, je te le promets...

Je relevai le visage et fixai mon père droit dans les yeux.

Charlie tenait toujours ses promesses...

[ … ]

( Le lendemain matin... )

- Monsieur ?

J'ouvris un œil, mais le refermai aussitôt, n'ayant pas la force de le laisser ouvert.

- Monsieur ?

Depuis quand on m'appelait Monsieur ?

Charlie m'appelait Emmett, Renée aussi, ainsi que Rosalie, et tous mes amis. De même que Bella ... Bella...

J'ouvris les yeux, et observai la source de la voix. Une infirmière, semblait-il. Non non... Une femme de ménage.

Je regardai autour de moi et constatai que le lit de Bella était vide, et que Charlie avait déserté la pièce.

- Où est ma sœur ? Questionnai-je en relevant brusquement mon torse.

- Je ne sais pas, Monsieur. Je sais juste que la personne occupant cette chambre est au bloc depuis plus de trois heures et que je dois avoir nettoyé la chambre d'ici une heure...

- Quoi ? Au bloc ? Répétai-je.

- Vous devriez aller demander à l'infirmière de garde, me conseilla la femme.

J'acquiesçai et me levai difficilement, encore tout embrumé. Je pris ma veste et filai dans le couloir, allant vers le bureau des infirmières. Arrivé à celui-ci, je reconnus l'infirmière d'hier, Chelsea, si je me rappelais bien.

- Excusez moi ? Vous êtes bien Chelsea, n'est-ce pas ?

- C'est exact, et vous, vous êtes Emmett Swan, c'est bien ça ? Dit-elle en s'approchant de moi.

- Voilà... Est-ce que vous savez où est ma sœur ?

- Miss McCarthy ?

J'hochai la tête. Nous n'avions pas le même nom, et alors ? Elle n'en restait pas moins ma sœur !

- Le Docteur Cullen l'a emmené au bloc très tôt ce matin, il semblerait qu'il ait trouvé le donneur qu'il attendait. L'opération devrait bientôt se finir...

- Un donneur ? Mais... J'étais le plus apte à cette greffe...

- Le Docteur Cullen n'a pas donné plus de détails. Mais je pense que s'il a décidé d'opérer Miss McCarthy, alors qu'il la considère comme sa fille, c'est qu'il y a de gros espoirs pour que cette opération soit une réussite.

J'essayai d'assimiler tout ce qu'elle venait de me dire...

Je faisais confiance en Carlisle mais... j'étais le plus apte à répondre aux attentes de cette greffe, non ? Outre ce tatouage, nos sangs se ressemblaient...

- Et... Vous savez où est mon père ? Quémandai-je.

- Il m'a juste dit de vous dire qu'il était retourné au poste, car il avait du travail, et qu'il reviendrait plus tard.

Suuuuper... Mon propre père me lâchait pour le haut taux de criminalité de Forks...

Alors quoi ? Y avait eu un attentat ? Des gamins avaient braqué la boulangerie et avaient bouffé tous les pains au chocolat ?

N'importe quoi...

- Je peux attendre dans la chambre de ma sœur ?

- La chambre de Miss McCarthy ? Répéta l'infirmière.

- Oui ! Miss McCarthy est ma sœur, oui ! M'emportai-je.

- Oooh...

Calme, cool, zen. Respire cet air si pur et si nettoyé que t'offre l'hôpital... Imagine une belle clairière, une petite source d'eau fraîche qui serait survolée par quelques libellules paisibles… A côté de cette petite source d'eau se trouveraient de grandes poignées d'herbes, parsemées de coccinelles... Ne pense à rien d'autre qu'à ta respiration et le bruit de cette rivière si...

- Bon, je peux oui ou non !

Chelsea sursauta face à mon agressivité avant de répondre.

- Bien sûr... La cafétéria se trouve un étage plus bas, si vous avez besoin de quoi que ce soit...

- Okay, merci...

Je partis, quelque peu renfrogné. Une fois revenu dans la chambre, le lit de ma sœur avait déjà été changé et refait par cette femme de ménage. Je m'assis sur le fauteuil de cuir bleu, une sorte de grand chaise confortable où l'on pouvait s'allonger, et fermai les yeux.

Il ne me restait plus qu'à attendre... Et à prier pour que tout se passe bien au bloc...

[…]

Point de vue Bella

C'était fou comme tout pouvait changer en une minute... en une seconde, ou même moins.

Si je devais citer toutes les fois où ma vie avait changé en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, on s'en sortirait pas.

Bien sûr, j'en avais rayé quelques uns de ma mémoire, mais les plus importants avaient gardé leur place.

Comme le jour où je m'étais rendue compte que ma mère ne reviendrait pas... C'était d'ailleurs ce jour-là que j'avais arrêté de la nommer comme ça, préférant la désigner comme la femme qui m'avait mise au monde.

Il y avais aussi la fois où James m'avait juré qu'il serait toujours là pour moi, de même que Jacob. Ce moment était resté gravé dans ma mémoire car je savais d'ores et déjà que ma vie venait de prendre un certain tournant, et qu'un semblant de famille m'était donné. Ce jour avoisinait celui où Béa m'avait appelé « Ma fille » pour la première fois, faisant battre mon cœur d'une manière inédite.

Le jour où James et Jacob avaient été condamnés avait changé ma vie aussi. Je savais pertinemment que sans mes frères, la vie serait beaucoup moins aisée. S'ajoutait à ça toutes les fois où la justice s'était occupée de moi, me détenant en garde à vue plusieurs heures... Ca avait changé ma relation avec Benjamin et Tia, car la plupart du temps, c'était Benjamin qui venait me chercher, et c'était Tia qui s'occupait de me trouver une excuse auprès de Béa.

La première lettre que j'avais reçu de James m'avait changé. Il était au front, combattant des idées qui n'étaient pas les siennes, tuant des gens qui étaient peut-être dans le même cas que Jake et lui. Cette lettre m'avait fait beaucoup réfléchir, me laissant me remettre en question.

Après tout, moi j'étais à Seattle, mes frères étaient en Irak, et c'était moi qui faisait les conneries. Quand James était avec moi, ou plutôt derrière moi, me canalisant, il m'apprenait beaucoup. Même s'il faisait des imbécillités lui aussi, Jacob n'étant d'ailleurs jamais bien loin, il m'apprenait à connaître les limites, et à ne pas les dépasser.

J'avais arrêté beaucoup de choses après la réception de cette lettre, aidée de Benjamin.

Je me rappellais aussi du soir où, pour la toute première fois, j'avais fait ma course de voiture en solitaire. Bien que Jacob m'ait appris à conduire dès mes 13 ans, je n'étais derrière un volant qu'en de très rares occasions. Tia avait parié sur moi, elle était la seule d'ailleurs avec Benjamin, et je crois qu'à ce moment-là, nous savions tout trois que ce geste était plus par amitié que par confiance en moi. Benjamin m'avait prêté sa voiture, et j'avais gagné, haut la main, raflant tout le butin au passage. Je crois qu'après ça j'étais devenue dépendante à l'adrénaline que m'apportait l'illégalité de mes soirées de week-ends.

J'avais vécu dans un certain bonheur, pendant un certain temps. Je ne demandais rien à Béa, me contentant d'être digne de son amour lorsqu'elle était en face de moi, et limitant les dégâts lorsqu'il s'agissait des bêtises que j'étais amenée à faire.

Seulement, la vie prenait souvent des tournant auxquels on ne s'attendait pas. Et l'annonce de la maladie de celle que je considérais comme ma mère avait été un virage fatidique.

Après ça, plus rien n'avait été pareil. Béa n'avait pas voulu être soignée, et égoïstement, j'avais même cru qu'elle le faisait pour me punir, pour me priver du peu de famille imaginaire qu'il me restait. Mais la manière dont la seule femme que je considérais comme ma mère m'avait traité jusqu'à son dernier souffle m'avait prouvé le contraire.

Elle m'aimait, bien plus que je ne pourrais le considérer, ni même qu'une quelconque femme pourrait le prétendre. Si, aujourd'hui on me demanderait le nom de ma mère, je répondrai que celle-ci se nommait Béatrice Grey, et qu'elle était décédée en laissant derrière elle de quoi bâtir ma vie.

Vie qui ne cessait de changer, de s'approfondir, et qui, avec l'aide de Béa, m'apprit que j'avais un frère, et une génitrice plus qu'horrible.

James m'avait toujours dit qu'en apprenant quelque chose, qu'importe soit la nature de cette nouvelle, il fallait examiner chaque détail, voir si cela valait vraiment la peine de se lancer...

Ce que je n'avait pas réellement fait.

Quand j'avais réalisé mes recherches, sur mon frère et sur sa vie, j'avais volontairement exclu Renée de celle-ci à partir du moment où j'avais su qu'elle habitait à Jacksonville. Je n'avais pas su penser qu'elle pouvait agir comme une mère envers lui, et lui rendre visite. Je n'avais pas su envisager le fait que nous pourrions être amenée à nous rencontrer, au détour d'un virage... d'un de ces nombreux virages auxquels la vie me soumettait.

Le fait était que je n'avais pas voulu envisager que cette femme, la femme qui m'avait mise au monde pour m'y abandonner, pouvait être une mère. Qu'elle pouvait être une mère avec quelqu'un d'autre alors qu'elle n'avait jamais joué ce rôle pour moi. Alors qu'elle n'avait jamais pu égaler Béa.

En effet, je pouvais citer ainsi tous les jours où ma vie avait pris une nouvelle destination, une nouvelle vision des choses. Comme lorsque j'avais rencontré mes amis, Edward, et Emmett. Comme lorsqu'Edward m'avait dit qu'il m'aimait, ou comme lorsqu'il me l'avait prouvé pour la première fois... Tous ces jours étaient inoubliables... intouchables...

Mais ceux dont je me rappelais le plus pour le moment, car ils étaient encore neufs et pour certains douloureux, c'étaient ces deux derniers jours.

D'abord mon frère, qui avait promis de remplir pleinement ce rôle désormais. Emmett avait mélangé son sang avec le mien, me promettant présence, amour et dévouement. Je pense que c'était le plus beau cadeau qu'on ait pu me faire... Un frère de sang.

Toutes ces fois où j'en avais rêvé...

Bien sûr, j'avais James et Jacob, mes deux meilleurs amis d'enfance, mes deux confidents, mes deux repères... mes deux frères de cœur.

Ils étaient mes frères autant que l'étaient Jasper et Alec, ou encore Benjamin. Je ne dénigrai pas notre relation, loin de là, je la chérissais autant que celle que j'entretenais désormais avec Emmett. Mais savoir que j'avais un vrai frère, avec un vrai lien de parenté changeait beaucoup de choses, dont la manière d'en voir certaines. Tout ça avait rendu la journée d'hier, une journée exceptionnelle.

Et puis...

Il y avait tout à l'heure, où la seule chose dont je me souvenais réellement, c'était la déception, et la peine dans les yeux d'Edward. Le refus, et l'éloignement que m'annonçait ses lèvres, et sa voix qui me montrait à quel point il se trouvait loin de moi et de notre amour désormais...

Une journée douloureusement fatidique...

Je me rappelais aussi avoir refroidi mon frère de tout acte réconfortant, et d'être montée à toute hâte dans la seule chose qui pouvait cacher les sanglots que je ne pouvais retenir, ma voiture.

Voilà tout ce qu'il me restait.

Je ne savais pas quoi faire, si ce n'était continuer de respirer pour pouvoir espérer savoir un jour. Et c'était ce que je m'efforçais de faire, essayant d'évaluer la pièce dans laquelle je me trouvais en tendant l'oreille. Bip... Bip... Bip...

Un téléphone ?

C'était peut-être un message d'Emmett... Ou d'Edward !

Il fallait que j'ouvre les yeux, pour savoir, sérieusement ! Si ça se trouve, mon frère avait besoin de moi.

Et s'il avait besoin de moi ?

Il fallait absolument que je sois présente.

Avec beaucoup de mal, je tentai de rassembler mes forces, une à une. Gardant une seule idée en tête... Mon frère.

Le plus difficilement du monde, j'ouvris les yeux. Me laissant le temps d'examiner la pièce dans laquelle je me trouvais, je me rendis compte que ce n'était pas ma chambre. Ni même une chambre que je connaissais.

Une grande fenêtre était sur ma droite, laissant voir que la nuit était tombée à travers les stores qui n'avaient pas été fermés convenablement.

Quelle heure était-il ?

Je ne me rappelais définitivement de rien.

Je regardais de nouveau la pièce, quand j'entendis quelqu'un baragouiner quelque chose d'incompréhensible... Cette voix !

Emmett.

Je baissai les yeux, et constatai que deux têtes brunes se trouvaient sur le bas de mon corps. Emmett dormait, la tête appuyée sur ma cuisse gauche, alors que Charlie l'avait sur la droite.

Bip... Bip... Bip...

Je tournai doucement la tête pour me rendre compte que ce bruit n'avait rien à voir avec un téléphone ou un quelconque message, mais plutôt un monitoring. Je regardai mes bras, et constatai que j'étais sous perfusion. A mon index se trouvait une pince qui captait mes fréquences cardiaques. J'essayai de bouger, mais une douleur dans le dos m'arrêta en même temps que le souvenir des deux Swan dormant sur moi.

Qu'est-ce que c'était de cette douleur ?

Mon tatouage ?

Je ne pensais pas, même ce matin je n'avais pas eu aussi mal.

J'arrêtai de réfléchir à quoi que ce soit et observai mon frère, le seul pour lequel j'avais voulu ouvrir les yeux. Passant une main dans ses cheveux, je ne pus m'empêcher de sourire. Ne réfléchissant pas, je passai ma main dans ceux de Charlie également.

Oups...

Ce dernier marmonna quelques paroles inintelligibles avant de relever la tête et de s'asseoir. Il me regarda une minute, constatant que j'étais réveillée également, avant de réagir :

- Bella ? Chuchota-t-il en s'approchant.

- Désolée, je ne voulais pas te réveiller, m'excusai-je, gênée.

- Je suis si soulagé, dit-il avant de m'enlacer.

Quelque peu surprise, je passai cependant mon bras droit dans son dos, répondant maladroitement à son étreinte. En effet, mon lit d'hôpital, visiblement, avait été réglé de manière à ce que je sois presque assise.

- Ca va ? Me questionna Charlie, en s'éloignant.

- Hm... Oui. Mais pourquoi est ce que je suis sous perfusion ? Et sous monitoring ? Et pourquoi est ce que j'ai l'impression que le bas de mon dos me brûle beaucoup plus que ce matin ?

- Que ce matin ? Répéta Charlie. Bella... Tu ne te rappelles de rien ?

Je regardai le père de mon frère, quelque peu déconcertée. Quand je ne répondis rien, il reprit.

- Quelle est la dernière chose dont tu te souviens ? Me demanda le Shérif.

Je n'eus pas à réfléchir plus de deux secondes.

- D'Edward, quand il m'a dit préférer rester loin de moi. Et de moi, qui suis montée dans la Mini...

Charlie m'observa, m'offrant une moue compatissante.

- Tu ne te rappelles pas de la vieille Chevrolet orange ? Devant le lycée ?

Je réfléchis, essayant de voir clair à travers l'épais brouillard que représentait mes souvenirs à cet instant. La Chevrolet...

- Si, je me rappelle... Devant le lycée... Je me souviens juste avoir entendu le klaxon, rien de plus, répondis-je.

Le Chef Swan frotta son visage de ses grandes mains avant de plonger ses yeux dans les miens.

- Bella... Tu as eu un accident de voiture. Tu as été plus que blessée. Emmett était sur le parking, avec les autres, quand c'est arrivé.

- Qu… Quoi ?

- Emmett a essayé de voir si tu allais bien, Alice était déjà en train d'appeler du secours mais ça n'allait pas assez vite à son goût alors il t'a dégagé de dessous la Mini Cooper pour t'emmener en courant jusqu'à l'hôpital, voyant que tu saignais beaucoup trop. Rosalie l'a rejoint, et elle a fait en sorte que tu arrives à temps pour que Carlisle puisse te prendre en charge.

Je fixai Charlie, examinant ses yeux, essayant d'y desceller un quelconque mensonge.

- Carlisle a stoppé l'hémorragie, et c'est là qu'on a su que ta moelle épinière a été touché.

- Quoi ? Mais comment tout ça a pu se passer ce matin ? Je ne m'en rappelle même pas !

- Chérie... Ca fait une semaine et demie que tu n'as pas bougé de ce lit... Il y a 10 jours que c'est arrivé ..

Qu… Quoi ?

J'ouvris la bouche, choquée.

- Tes amis, Benjamin et Tia ont écourté leur voyage. Ils dorment chez toi pour le moment, et ils viennent te voir tous les jours. Il y a également James et Jacob qui ont quitté la base à toute hâte après avoir appris ce qui t'étais arrivé. Tu as la plus grande chambre de tout l'hôpital, car chaque jour, il y a tout le monde ici. Stella, Josh, les jumeaux, Alice et ses parents, Esmée, Carlisle, tes amis... Et ça fait 10 jours qu'Emmett n'a pas quitté cette chambre.

Ma respiration se fit plus désordonnée.

Bip… Bip… Bip… Bip… Bip...

Charlie attrapa ma main, l'emprisonnant dans l'étau des siennes.

- Hey... Calme toi, tout va bien... Je suis là...

J'essayai de respirer plus calmement, tout en assimilant ce que je venais d'apprendre.

- Carlisle est le meilleur médecin de cet hôpital, et sûrement le meilleur médecin de tout le pays. Il a pris soin de toi. Au début, il t'avait mis sous coma artificiel pour ne pas que ce soit trop douloureux, et puis après l'opération, tu n'as pas voulu te réveiller. Ça faisait maintenant 8 jours que tu étais dans le coma.

- Une opération ? Quelle opération ?

- Ta moelle épinière était en mauvais état. Carlisle t'a fait une greffe, avec l'accord de James, car Alice nous a dit qu'il était sûrement celui qui devrait décider...

- Emmett s'est fait opéré ? M'inquiétai-je.

Je regardai instantanément mon frère. Ils l'avaient quand même pas coupé pour moi ?

- Non, Carlisle était réticent vis-à-vis du tatouage. On t'a trouvé un autre donneur... Avec les mêmes chances de réussite...

- Vous n'avez tout de même pas appelé Renée ? Parce que si c'est le cas j'aurais préféré...

- Renée est à Jacksonville, Bella. Je suis celui qu'on a opéré... Je suis le donneur...

L'espace d'une seconde, j'arrêtai de respirer. Evaluant tout ce qui se trouvait autour de moi, mes yeux tentèrent de se poser sur la télé allumée, avant de retomber sur le visage de Charlie. Non, en réalité, mes yeux ne pouvaient se détacher du visage de Charlie alors que ses paroles raisonnaient encore dans mon esprit.

Je suis le donneur...

- Carlisle disait que tu avais besoin d'un donneur qui avait le même groupe sanguin que toi, quelqu'un qui soit AB-, ce que je suis... Il a dit aussi à Emmett qu'il était bien placé par rapport à votre lien de parenté... Mais, si je suis ton donneur Bella, c'est parce que cette opération avait autant de chance de réussite que si Emmett l'avait été... Mon sang est aussi proche du tien qu'il l'est avec celui d'Emmett, avec celui de mon fils.

A cet instant, plus rien ne comptait à part les mains de Charlie qui entouraient la mienne et ses paroles qui ne cessaient de se faire entendre. Je demandai alors :

- Comment as-tu su que... ? Tu as fait des tests ?

Charlie ferma les yeux un instant, avant de répondre.

- J'ai su qui tu étais pour moi, dès la première seconde où je t'ai aperçu. Tout s'est mis en place dans ma tête lorsque j'ai vu à quel point tu prêtais importance aux jugements de mon fils... aux jugements de ton frère.

Mes yeux fixèrent Charlie, alors qu'il ouvrait de nouveau les siens, accrochant son regard au mien. Des larmes coulèrent inévitablement sur mes joues alors que j'assimilai tout ce que le père de mon frère était en train de m'avouer. J'avais pourtant quelques points à éclaircir.

- Comment as-tu su exactement ? Ma ressemblance avec Emmett n'est pas frappante à ce point...

- Non, certes. Une partie de moi aimerait penser que c'est l'instinct paternel, qui est magique... Mais...

Charlie lâcha mes mains pour sortir son portefeuille de la poche d'une veste qu'il avait abandonné sur le dossier de sa chaise. Il ouvrit l'objet en question, et en sortit une vieille photo. Il l'examina quelques secondes, esquissant un sourire, avant de me la tendre.

J'attrapai le cliché vieilli par le temps. La photo jaunissait et les coins se dégradaient, mais l'image, elle, était intacte. J'examinai la photo...

Incroyable...

- En effet, reprit le Chef Swan, ta ressemblance avec Emmett n'est pas frappante, mais celle que tu as avec ma sœur est plus qu'irréaliste... Je ne pouvais pas ignorer une telle chose. Je t'aurais reconnu parmi milles. Tu étais exceptionnelle depuis le début, Isabella.

J'observai la photo. Sur celle-ci se trouvaient deux ados, un gars et une fille.

J'identifiai sans mal le garçon comme Charlie, car celui-ci n'avait pas vraiment changé, si ce n'était qu'il n'avait pas encore de moustache. La fille, quant à elle, et bien...

On aurait dit moi.

On aurait pu me confondre sans mal avec elle.

Elle avait un visage enfantin, alors que son sourire resplendissait, deux grands yeux d'un chocolat intense et une cascade de boucles brunes qui lui tombait dans le bas du dos.

Elle se tenait à droite de Charlie, alors que celui-ci avait passé un bras protecteur sur ses épaules, riant visiblement.

Je relevai les yeux vers celui-ci et l'interrogeai du regard. Il prit une grande inspiration, regardant le dos de la photo, comme s'il y trouvait sa force.

- Savana, ma sœur, était plus vieille que moi d'un peu moins d'un an. J'étais tellement proche d'elle… Et tu lui ressembles tellement. La première fois que je t'ai vu j'ai cru la voir elle... Aussi belle, aussi souriante... Exactement comme elle était...

- Comme elle était ? Répétai-je.

- Savana s'est fait tué lors d'un braquage à main armé il y a plus de vingt ans... Nous... Nous avions voulu nous arrêter à une station service, enfin... Je l'avais saoulé à force de lui demander de s'arrêter, et c'est ce qu'elle a fait, pour pouvoir m'acheter une bouteille de soda et un paquet de chewing-gum.

Le visage de Charlie se crispa de douleur alors qu'il continuait.

- Elle est descendue, et est partie dans la station. Moi, j'étais resté dans la voiture, comme elle me l'avait demandé. Trois jeunes sont entrés et ont commencé à brutaliser le vendeur, lui ordonnant de vider la caisse. Savana n'a pas bougé, se contentant d'attendre sans bouger, comme le demandait les trois hommes. Ils sont sortis de la station, argent en poche, et se sont dirigés vers moi... ou plutôt vers la voiture dans laquelle j'étais. Savana a compris rapidement, et a couru vers moi. Quand elle a commencé à s'agiter, l'un des gars lui a tiré dessus, deux fois.

Charlie eut un spasme violent, mais il poursuivit.

- Ma grande sœur a attendu les secours pendant 10 minutes, dans mes bras. Elle arrivait encore à sortir des phrases emplies de sarcasmes, me disant à quel point il fallait renforcer les unités de police et d'ambulance, car ils ne se battaient pas pour venir à sa rescousse. Elle a réussit à me faire rire... Mais elle est morte, dans mes bras... En me faisant promettre d'avoir une fille et un fils... Car elle chérissait notre relation au moins autant que tu chéris celle que tu as avec Emmett... Tu sais, j'ai grandis avec un frère, et deux sœurs. Je suis le troisième, après Savana et Garrett et devant Sheryl... Mais Savana était de loin ma meilleure amie... Elle était comme toi, en tout point... Le même caractère, le même rire... Mais ma sœur est morte, tuée par trois criminels que la justice n'a pas su punir convenablement...

Il prit la photo et j'aperçus des larmes rouler sur ses joues.

- Vingt années sont passées, et il ne me reste que cette photo, mon statut de Shérif, car ma sœur aurait eu besoin de quelqu'un, elle... Et mes deux enfants... Car même si tu ne me considères pas comme un père, Emmett te considère comme sa sœur, et votre relation est magique. C'est ce que ma sœur m'avait demandé... Elle serait fière de vous voir. Elle serait heureuse de savoir que j'ai fait ce qu'elle me demandait en ayant deux merveilleux enfants...

Charlie releva les yeux et posa la photo sur le matelas, à côté de moi. Je l'attrapai, traçant les traits de cette femme à qui je ressemblais tellement du bout des doigts.

- Tu dois sûrement te demander pourquoi je n'ai rien dit, ni même cafter à Emmett, depuis le temps que tu es ici... Et bien, la réponse est là. J'ai su ton histoire, je me suis renseigné... Ce qu'a fait Renée est loin d'être respectable ou même compréhensible, surtout quand on sait que je suis bien ton père mais... Tu t'en ai bien sorti, très bien même... Et tu es venue jusqu'à Forks, te rapprochant de manière inexplicable d'Emmett... sans rien dire. Je savais très bien que ce n'était pas une coïncidence... Que tu faisais ça par choix... Et en étant aussi proche de mon fils, tu faisais en sorte que le dernier souhait de ma sœur soit réalisé... Tu avais besoin de temps, j'ai préféré te laisser faire tes choix, comme tu l'as fait depuis ta naissance... J'ai préféré que tu prennes ton temps. Je n'ai pas voulu influencer tes choix ou ta vie... Je ne voulais pas que tu sois triste si Emmett venait à le prendre mal, ou même te faire souffrir... Parce que je t'aime Bella, beaucoup plus que tu ne peux l'imaginer... Les seules choses que je regrette depuis que je te connais, c'était de ne pas pouvoir être ton père, comme il se devrait, et aussi de savoir que la femme que j'aimais n'a pas su te protéger comme j'aurais aimé le faire... Elle n'a pas su te protéger comme notre fille... Comme ma fille...

J'observai Charlie, alors qu'il laissait ces derniers mots en suspens. J'éclatai en sanglots, épuisée, et lui ouvris les bras, demandant silencieusement qu'il m'étreigne...

Il s'approcha de moi et me serra contre lui avec force. Je refermai mes bras sur lui, faisant attention à ce que les fils auxquels j'étais reliée ne m'empêchaient aucun mouvement avant de le presser contre moi. Je pleurai dans ses bras alors qu'il embrassait ma tempe de manière répétée, caressant mes cheveux. J'étais toujours en train de pleurer quand la télé qui était restée allumée nous fit écouter une nouvelle musique.

[ ~*. Shawn Hlookoff ; She could be you ]

I'm haunted by this photograph

[ Obsédé par cette photo ]
And Don't know why

[ Ne sachant pas pourquoi ]
Everytime I look, I get shivers down my spine

[ A chaque fois que je la regarde, j'en ai des frissons ]
You're such a beautiful face

[ Il y a un si beau visage ]
I know those eyes

[ Je connais ces yeux ]
They take me back in time

[ Qui me ramène dans le passé. ]

Je regardai la photo, toujours dans les bras de Charlie. Cette femme avait l'air d'être quelqu'un de bien .. Et Charlie semblait si souriant ..

She could be you
[ Elle pourrait être toi ]

I wouldn't even know

[ Je ne pouvais pas savoir ]
She could be you

[ Elle pourrait être toi ]
But that was long ago

[ Mais c'était il y a si longtemps ]
She could be you

[ Elle pourrait être toi ]

I wish that I could tell you

[ J'espère que je puisse te le dire ]
What she don't know

[ Mais tu ne sais pas que ]
I dream about that day
[ Je rêve de ce jour ]

But it's impossible
[ Mais c'est impossible ]

In another world,
[ Dans un autre monde ]

I'll be yours tonight
[ Je serais à toi cette nuit ]

But i can't break free from this life
[ Mais je ne peux pas m'échapper de cette vie. ]

She could be you
[ Elle pourrait être toi ]

I wouldn't even know

[ Je ne pouvais pas savoir ]
She could be you

[ Elle pourrait être toi ]
But that was long ago

[ Mais c'était il y a si longtemps ]
She could be you

[ Elle pourrait être toi ][ Je le vois tout le temps ]

I see it all the time

I know it's true
[ Je sais que c'est vrai ]

A picture doesn't lie
[ Une image ne peut pas mentir. ]

Me voir, moi qui ressemblait tellement à cette femme qu'il avait tant aimé, avait dû lui faire si mal.. Je n'avais été pour lui que source de malheur, et ce depuis le début. Lui rappelant des souvenirs douloureux et lui apprenant que la femme qu'il avait aimé l'avait trahis, et m'avait abandonné, voulant cacher la bêtise que je représentais .. Charlie m'avait laissé l'approcher, m'avait laissé entrer chez lui et dans sa vie… malgré tout ça…

She could be you
[ Elle pourrait être toi ]

I wouldn't even know

[ Je ne pouvais pas savoir ]
She could be you

[ Elle pourrait être toi ]
But that was long ago

[ Mais c'était il y a si longtemps ]
She could be you

[ Elle pourrait être toi ]

She could be you
[ Elle pourrait être toi ]

She could be you..
[ Elle pourrait être toi.. ]

Charlie caressait mes cheveux avec douceur alors que j'avais la tête dans son cou, et que son bras libre me serrait fort contre lui. Charlie avait une odeur rassurante... Je me sentais en sécurité dans ses bras, comme si rien ne pouvait m'arriver, comme si personne ne pouvait me faire de mal.

Après tout, je m'étais toujours trouvée une mère de substitution... En toute circonstance. Il y avait Béa, bien que celle-ci soit ma mère, ma vraie mère... Mais je considérais la mère de mes amis, et surtout Stella, comme des mères pour moi.

En effet, j'avais toujours eu une mère, mais jamais de père. Je n'avais jamais considéré personne comme mon père. Tous les hommes que je côtoyais je les estimais comme mes frères, ou comme mes amis... Edward mis à part...

Charlie... De par sa présence et l'affection qu'il me portait, et qu'il venait de me prouver, venait de prendre cette place en quelque sorte.

Oui...

Au fond, je savais que j'aimais Charlie comme un père, comme mon père... Et ce depuis le début.

A cette pensée, j'embrassai l'épaule du Chef Swan, comme pour me rassurer de sa présence. Je m'éloignai de lui, et il me sourit, avant d'effacer toutes traces de larmes de sur mes joues. Il me fixa ensuite, comme s'il examinait tous les traits de mon visage, un à un. Puis, il dit :

- Tu sais Chérie... Même si je te considère comme ma fille à plus d'un titre, je ne te demande pas de me considérer comme ton père, ni même de m'appeler « Papa ».. Je veux juste continuer à te voir, et pouvoir prendre soin de toi. Pouvoir te prendre dans mes bras sans que tu trouve ça bizarre ou quoi que ce soit...

Je le regardai, et esquissai un sourire.

- Je suis d'accord, et puis... Tu sais, Charlie, ça prendra peut-être du temps, pour que je m'habitue à tous ces trucs de « Papa » et tout mais... ca viendra, j'en suis sûre.

Il me fit un clin d'œil en entrelaçant ses doigts aux miens et je m'efforçai de garder le sourire aux lèvres. C'était juste une impression...

- Sinon, comment va ma voiture ? Demandai-je.

- Mal, semble-t-il... Mais tes amis, Benjamin et James, l'ont pris en charge.

- Bien... Et... Est-ce qu'Edward est venu ? Soufflai-je.

Charlie grimaça et je sus que la réponse me ferait plus mal qu'autre chose.

- Ce n'est pas grave, coupai-je. Mon frère est là...

Je caressai les cheveux de mon frère, quand celui-ci commença à bougonner, ouvrant un œil précautionneux. Quand il vit que mes yeux étaient posés sur les siens, il se releva rapidement.

-Hey ! Princesse !

Il me prit dans ses bras sans attendre et je souris. Il embrassa mes joues longuement, mes tempes aussi, avant de me regarder, tenant mon visage en coupe.

- Tu m'as fait une de ces peurs ! T'imagine même pas ! J'ai cru que t'allais m'abandonner !

- Jamais, susurrai-je.

- Oui, mais quand Carlisle s'est pointé avec toutes ses mauvaises nouvelles et ses formules incompréhensibles, j'ai flippé ! Heureusement que Papa était là parce que le doc' était moyen vis-à-vis du tatouage...

Je notai que le « Papa », ça sonnait frère et sœur, comme quand les gens parlent de leur père. De leur père qu'ils ont en commun.

- Dis Chérie, reprit mon frère. T'as pas fait exprès, hein ?

- De ? Questionnai-je.

- D'avoir un accident ?

Je plongeai mes yeux dans ceux de mon frère, et constatai que cette question le torturait depuis pas mal de temps, la tristesse s'étant fait reine dans ses yeux chocolats.

- Bien sûr que non, soufflai-je. Je... J'avais des larmes plein les yeux et... Et... je n'aurais jamais fait ça volontairement. En tout cas pas en sachant que mon frère était là pour moi.

Et c'était la pure vérité.

Je n'aurais jamais attenté à ma vie en sachant que mon frère en faisait partie, et pleinement.

Emmett soupira avant de me serrer contre lui de toutes ses forces. Il embrassa mon front longuement, comme pour se rassurer. Je respirai son odeur et lui soufflai :

- "Cause it's you and me and all of the people with nothing to do. Nothing to lose. And it's you and me and all other people."

Il me regarda, comme choqué alors que son regard s'allumait de cette lueur magique.

- Tu m'as entendu ?

- Sache que j'ai autant besoin de toi, que tu as besoin de moi, si ce n'est plus.

Il me sourit et me pressa un peu plus contre lui.

Tout ce que je voulais c'était oublier ce que je ressentais... Ou ne ressentais pas, plutôt.

Mon frère attrapa ma main libre et la posa sur ma cuisse gauche. Du moins c'était ce que je voyais...

A cette pensée, j'éclatai en sanglot.

- Que se passe-t-il ? S'inquiéta Charlie.

- Mon cœur ? Me demanda Emmett en s'approchant.

- Mes jambes, sanglotai-je. Je... Je sens plus mes jambes !

Mon frère lança un regard à son père, effrayé, et effrayant. Charlie tapota ma jambe, assez fortement, mais je ne sentis rien, je voyais juste.

- Appelle Carlisle, dit-il à Emmett.

Mon frère se leva en vitesse, lâchant ma main pour sortir en courant dans le couloir. Charlie me regarda avant de me prendre dans ses bras et de me chuchoter.

- Chut ma puce... Ca va aller...

[…]

Le jour se levait à travers le rideau, mais je n'y faisais guère attention. Non, mes yeux étaient posés sur Carlisle, qui parlait depuis tout à l'heure.

- Ta paralysie est peut-être simplement reliée à l'opération. C'est peut-être temporaire. Je ne peux pas vraiment faire grand chose pour le moment, si ce n'est te dire d'attendre, Ma Chérie. Je sais que c'est dur, mais je peux faire en sorte que d'ici une heure tu aies un très bon fauteuil… Là où ça se complique c'est le fait que tu habites au cinquième étage d'un bâtiment sans ascenseur.

- J'peux la porter, proposa mon frère.

Je souris en entendant Emmett.

Le nul.

- Ce n'est pas la meilleure option, répondit Carlisle. Il faut quelqu'un pour veiller sur elle.

- Je ne veux pas devenir dépendante de quelqu'un, argumentai-je.

- Tu ne le seras pas... C'est juste qu'il faut que quelqu'un soit là en cas de besoin.

- Je peux habiter avec elle, dit Emmett.

- Cette option me plait, avouai-je.

Mon frère et moi échangions un sourire complice. Mes yeux se posèrent sur Charlie et j'étais sûre d'avoir vu la tristesse passer sur son visage pendant une seconde.

- Mais... repris-je. Je viens à peine de te rendre à ton père... Je ne voudrai pas...

- Notre pè...

- Je pense que la meilleure solution serait que Bella vienne vivre chez nous quelques temps, coupa Charlie. Emmett pourra la monter à l'étage sans problème, ou même moi.

- J'y ai pensé, avoua Carlisle. Ou alors chez moi...

- Non, dis-je, rapidement. Trop rapidement.

Carlisle me regarda fixement alors que mon frère serrait les dents.

- Je préfère ne pas être...

- ... en contact avec Edward, lança Emmett.

- ... ne pas être séparé de ce nul, finis-je en le poussant légèrement.

Bien que je ne voulais pas être en contact avec Edward non plus...

- C'est comme vous voulez... Au pire, il reste toujours Stella. Jasper ou Josh peuvent t'aider sans problème, et Rosalie aussi.

- Rosalie compte déjà l'aider, dit mon frère. Tu sais comment elle est...

- Donc, on s'arrange comme ça. Bella, tu vas chez Charlie le temps de voir si ta paralysie est temporaire et... après, on avisera.

J'hochai la tête.

- Maintenant, je vais faire entrer tout le monde. Ils attendent dans le couloir depuis plus de vingt minutes.

- Tout le monde ? Répétai-je.

- J'ai dû avertir Stella, Esmée et Nina que tu étais réveillée, sinon je me serais fais tuer, se défendit Carlisle.

- Pas cool, commenta mon frère.

Carlisle allait ouvrir la porte quand je l'interpellai.

- Oui ? Quémanda-t-il.

- Merci, lui dis-je.

- C'est normal Ma Puce. J'allais pas te laisser filer comme ça.

Je souris et il ouvrit la porte.

Ma famille entra rapidement, et j'eus droit aux étreintes de tout le monde. Souriant à l'odeur réconfortante de Jazz, à la douceur de Rosalie, au soulagement d'Alice, à la gentillesse de Nina et Stefan, au bonheur d'Alec et de Josh, à la tendresse d'Esmée et à l'amour de Stella. Je souris plus amplement en voyant mes frères, pour la première fois depuis plus de deux mois. Je les serrai un à un dans mes bras, les pressant contre moi de toutes mes forces.

- Tu nous a fait peur, Pitchoune, me révéla James.

- Plus que ça même ! J'ai cru que t'allais nous laisser, Beauté ! Me fit Jake.

- Non, je suis là, leur soufflai-je.

Ils embrassèrent mes joues et je souris en les voyant laisser place à Benjamin et Tia. Tia fut la première à me sauter dessus, me serrant très fort dans ses petits bras avant d'embrasser mes joues.

- Tu m'as fait flipper, Poupée ! Quand j'ai vu l'état de la Mini, j'me suis dit qu'il fallait absolument que tu t'en sortes !

- Ma voiture va si mal que ça ? Questionnai-je.

- Plus pour longtemps, dit Benjamin. Tia s'est arrangée pour qu'on reçoive la peinture dans la semaine.

Je regardai mon ami, son regard pesait lourd sur moi.

- Tu m'as fait peur, mon Cœur. J'ai cru que...

- Ne crains rien, Benjamin, je suis là...

Il me prit à son tour dans ses bras, embrassant mes tempes avec soulagement et tendresse. Je crois qu'il avait vraiment flippé, sur ce coup là... Je le serrai fort contre moi. Il m'avait manqué, depuis le temps. Il m'avait tellement soutenu depuis la séparation de mon frère.

D'ailleurs, il regarda celui-ci et frappa son poing contre celui d'Emmett en signe de salut. Je souris en les voyant faire. Je ne leur connaissais pas une telle complicité.

Sûrement parce que ça faisait 10 jours que je dormais...

Je regardai ma chambre pleine de toutes ces personnes que j'aimais plus les unes que les autres.

Elle était là, ma famille.

Bien qu'Edward me manquait horriblement.

Je vis Emmett caresser ma jambe, ne ressentant toujours rien. Il me lança un regard lourd de tristesse et de regret mais j'attrapai sa main, ainsi que celle de Charlie.

Ils étaient là...

J'avais une famille alors... Tout ira pour le mieux, même si je devais arrêter de marcher pour ça.


J'espère que ça vous a plu .. Moi pas vraiment, je pense que ce chapitre n'est pas super ..

Quoi qu'il en soit, j'espère avoir vos avis par review ! J'essaie de répondre à tout le monde encore une fois :]

& Puis .. J'espère que personne ne s'arrêtera de lire parce qu'on sait enfin qui est le père de Bella. Sachez que j'ai encore une suite pour cette histoire, donc ..

Enfin voilà !

Le chapitre suivant est en cours d'écriture, je sais pas quand je le finirai. Mais j'hésite à mettre un point de vue Edward, ou un point de vue Charlie. Je verrai bien ! De toute façon, nous verrons ces deux là dans la suite, car Bella retourne au lycée, tout en habitant avec son frère chez le Chef Swan :] Qui dit retour au lycée dit retour d'Irina .. :]

Bisous les enfants, et prenez soin de vous et de vos proches ! ;]

On se dit à plus tard, dans les reviews ;]

Lisaa..*