Libertinage au crépuscule - 13

Je n'aurais jamais imaginé qu'une femme si affirmée que Bella ait connu le traumatisme d'un viol. Quel être courageux ! Des envies de meurtres me vinrent tout de suite à l'esprit.

- Qui, Bella ? Qui t'a souillé? Je la pris dans mes bras, la berçais en la caressant.

- Je…ne …sais pas. Des hommes masqués. Des nobles. Des libertins ignobles ! Finit-elle par articuler.

- Comme moi, c'est cela ? Je comprenais comment elle avait pu se prêter à cette supercherie, tout était bon pour se venger des hommes en général, je supposais.

- Non, non, pas comme vous. Je me suis trompée. Vous n'êtes pas comme cela.

- Je suis mille fois désolée, Bella. Je suis odieux. Vous n'avez pas à vous justifier. Votre corps vous appartient et il était complètement cavalier de ma part de vous invectivez de la sorte sur ce sujet. Toutefois, si vous souhaitez prendre des mesures de rétorsion contre ces scélérats, je suis à vos ordres.

- Si vous saviez de qui il s'agit, je n'en suis pas sure. Peut-être est-ce de vos connaissances.

- Il n'y aurait pas d'amis qui tiennent, le sexe se doit d'être un plaisir partagé, comprenez-vous? J'ai déjà troué la panse de porcs pour de tels agissements.

- Vraiment?

- Oui, vraiment. En doutez-vous?

- Les libertins se soucient de leurs plaisirs avant tout.

- Non pas. Ceci est le credo d'un petit nombre. Comment pourrais-je continuer cette profession si je ne faisais pas crier mes partenaires de plaisir? Pouvons-nous parler de ce qui s'est passé?

- Je ne préfère pas. Me pria-t-elle.

- Souhaitez-vous que je me retire? Je commençais à me lever en l'installant sur le côté.

- Non, surtout pas! Elle s'accrocha de plus bel à mon cou. Son parfum, sa peau nue recommençait à avoir leur attrait sur ma personne ce que Bella ne manqua pas de sentir vu la nudité qui était la notre et la proximité de son séant sur mes cuisses.

-Je suis désolé de ce traitre qui ne sait pas se tenir devant une dame, je vais remettre ma culotte.

- Non! Je vous l'interdis!

- Pourquoi donc?

- S'il ne se passe rien ce soir, ils auront gagné. Vous comprenez? Reprenons je vous en prie. Et nous reprîmes. Toujours assis au bord de la banquette, je la gardais dans mes bras et la caressait de mes mains expertes pendant qu'elle me couvrait de baisers soyeux. Ma langue m'aida dans mes actions préparatoires. Son foutre ne tarda pas à couler. Quand je le jugeais opportun, je la fis se tourner pour me faire face et s'assoir en tailleur, ses jambes m'entourant, nos bouches se joignant, nos bassins se frictionnant langoureusement, ses bras prenant appui sur mes épaules. Mes mains empaumèrent ses fesses quand je me souvins d'un détail important. Il fallait que je mette un condom (14). Bella me regarda avec curiosité fouiller dans les poches de ma veste et le positionner sur mon vit.

- Désolé pour l'interruption mais ceci permet d'éviter une grossesse non désirée. Expliquais-je plus pour remplir le silence qu'autre chose. Bella était suffisamment intelligente pour deviner son utilisation par elle-même. Je ne lui laissais pas dire un mot et la présentais de bonne manière pour que nous puissions être enfin réunis charnellement. Je manifestais mon contentement par des soupirs et des grognements lorsqu'elle retomba sur mon membre engorgé. Ses cris furent plus aigus. Dans cette position elle pouvait régler notre tempo facilement, elle tirait sur mes épaules et s'appuyait sur ses pieds joints derrière mon dos pendant que je l'aidais en soulevant son fessier dès qu'elle en manifestait le désir. Tout était caresse avec elle, lent, tendre. Elle m'embrassait et je lui répondais du mieux que je pouvais. Des flots de paroles incontrôlés sortaient de ma bouche. Des paroles d'adoration à n'en pas douter mais je n'avais aucune prise sur ce qui était prononcé. Nous continuâmes jusqu'à ce que je sente ses jambes trembler.

- Nous allons changer de position amour, vous vous épuisez.

- Oui, je le sens. Je l'allongeais alors et me positionnais face à elle sur le coté, pris sa jambe pour la mettre au dessus de ma hanche pendant que je repliais la mienne dessous et recommençais mon va et vient. Les sensations en étaient décuplées et Bella devint plus excitée si cela était possible. Je caressais son clitoris en insistant et elle ne manqua pas de partir vers l'endroit où je la voulais. Je ne tardais pas à la rejoindre, savourant ce moment intense. Nous étions en sueur et à bout de souffle. Je voyais dans ses yeux à quel point je l'avais contenté et j'en fus fier. Je réalisais que nous nous étions unis comme des amants et non comme des libertins. Cette découverte me laissa stupéfait.

- Merci amour. Merci. Je ponctuais mes paroles de baisers fiévreux. Il avait fallu que j'attende huit ans de débauche avant de découvrir ce type de sensations. Pourquoi fallait-il que ce soit avec cette femme-piège ?

- Non, c'est moi qui vous suis reconnaissante chevalier. Je suppose que vous n'étiez pas sérieux?

- Comment ma douce?

- Par rapport à ce que vous m'avez dit à l'instant.

- J'avoue que je ne maitrise pas tout quand vous êtes concernée, ma colombe. Qu'ai-je dit? Je me traitais de tous les noms intérieurement, cela devenait une habitude.

- Rien, rien d'important. Parlez-moi plutôt de cette poche bizarre et visqueuse dont vous vous êtes revêtu?

- Pour tout vous dire, c'est du boyau de mouton. J'espère qu'il ne vous a pas causé de désagrément.

- Non, du tout. Je suis étonnée d'en découvrir l'existence.

- Cela s'est généralisé depuis peu, mais il existe depuis deux siècles (15). Il contribue à se prémunir des maladies vénériennes en plus d'éviter toute grossesse.

- C'est très ingénieux.

- Oui et totalement interdit par notre gouvernement (16). Malheureusement. L'Église reste le grand ennemi de nos pauvres personnes. On ne peut séparer la contraception de la protection concernant des infections.

- Édouard, avant que tu ne me quittes, peux-tu encore me prendre dans tes bras? Je lui obéis et la cajolais comme elle le souhaitait.

- Mais Bella, je ne vais que te laisser pour ce soir, nous nous reverrons, n'est-ce pas?

- Je ne sais pas. Mon père souhaite me marier. Dès qu'il me trouvera un parti convenable, bien sûr. Une sensation de malaise m'étreignit le ventre puis la gorge. Et puis, vous avez eu ce que vous souhaitiez, n'est-ce pas? Vos grandes promesses ne m'ont pas trompée. Dit-elle résignée.

- Qu'ai-je dit à la fin Bella?

- Que vous ne pouviez pas vivre sans moi entre autre. Soupira-t-elle en baissant les yeux.

- Ce que je peux vous assurer en tout cas, c'est que les sensations que j'ai découvertes avec vous sont nouvelles. Vous êtes spéciale Bella. Belle, courageuse et intelligente. Tout homme serait fier de vous avoir pour femme. J'envie celui qui aura la chance de pouvoir vous appeler sienne. Qui vous fera découvrir le monde. Si je pouvais nous irions à la Comédie ensemble, fréquenterions les salons. Vous seriez ma femme, mon amie, ma maitresse.

- Avez-vous beaucoup de maitresses ? Ses questions ne cessaient de me désarçonner. Je lui parlais d'une vie commune et elle me renvoyait à mes débauches.

- Si c'est le sens de votre question, je n'ai pas de relations suivies. J'ai des amantes passagères ou éventuellement des amants d'ailleurs ou des connaissances à qui je rends service. J'aime le plaisir, le recherche et n'en fait pas mystère. Pourquoi ?

- Vous êtes toujours aussi franc?

- J'ai confiance en vous. Elle s'empourpra et se leva pour rassembler ses affaires éparpillées.

- Je ne suis pas digne de votre confiance. Percevrais-je un début de repentir? Je ne suis pas celle que vous croyez.

- Qu'importe qui vous êtes, qui je suis, cela ne change rien aux qualités qui sont les vôtres. Si j'avais une chance de réussir, je me jetterai aux pieds de votre père pour lui demander votre main.

- Non ! Je vous en prie renoncer à cette folie ! Dit-elle affolée.

- Je sais que je ne suis pas digne de vous, je m'abstiendrai. Avait-elle peur que j'apprenne la vérité ou souhaitait-elle me protéger? Ma feinte avait fait son effet en tous cas. Mais était-ce vraiment une ruse ?

- C'est moi Monsieur, qui ne suis pas digne de votre noblesse. Séparons-nous je vous prie. J'ose croire que le paiement de votre leçon a été dûment acquitté. Elle avait passé ses vêtements de dessous avec des gestes saccadés et en profita pour se diriger vers la sortie.

- Bella, attendez! Quand nous reverrons-nous?

- Jamais, Monsieur. Il ne le faut plus. Pour vous comme pour moi. Sur ce, elle ferma la porte.

(14) Une des théories la plus répandue est celle qui dit que l'origine du mot préservatif serait son inventeur Monsieur Condom ou Conton, qui travaillait à la cour du Roi Charles II.

(15) C'est l'anatomiste et chirurgien italien Gabriel Fallope, né à Modène en 1523, qui est l'inventeur du "fourreau d'étoffe légère, fait sur mesure, pour protéger des maladies vénériennes". Mais en fait, on trouve des traces de contraceptifs dans l'histoire depuis 6000 ans avant JC. Casanova utilisait des préservatifs non seulement pour se protéger des infections mais surtout pour éviter que ses "partenaires" ne tombent enceintes. Ce serait lui, qui, en 1718, grand consommateur bien évidemment, baptisa ce petit bout de boyau de "capote anglaise"

(16) En 1750, un colporteur nommé Jardin fut condamné à la relégation après sept mois d'emprisonnement pour avoir été trouvé porteur de "28 Condoms de vessie bordés d'un petit ruban rouge".

21/02/11 - Excuse pour mon erreur chronologique du chapitre 2, maintenant rectifiée. Sade était déjà allé en prison en 1768. Dans ce chapitre, pas beaucoup plus d'explication, je sais mais Bella est timide. En plus, elle n'est pas libre de tout dire. Ce sera pour plus tard. Tout ne peut pas tomber rôti dans le bec du chevalier parce qu'il a de beaux yeux, non?

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