Pour mieux me détruire
Epilogue
Drago se tenait debout sur le quai 93/4 aux côtés de l'éblouissant Poudlard Express. C'était la première fois en dix-sept ans qu'il revenait ici. L'endroit n'avait pas changé, il y régnait toujours cette même ambiance, pleine de magie et d'excitation. Des centaines d'enfants se pressaient pour embarquer, d'autres serraient leurs parents dans leurs bras, ou encore riaient avec leurs amis, mais tous avaient les yeux remplis d'étoiles, pétillants, à l'idée d'aller à Poudlard. Drago se souvenait avoir ressenti cela durant les premières années, puis bien vite, ce sentiment de joie et d'excitation s'était estompé afin de laisser de la place à l'angoisse et la peur. Au moins, ces enfants ne connaîtraient pas cela, ils ne verraient pas Voldemort gagner en puissance, ils ne le verraient pas détruire leur école. Maintenant qu'il était proche de la quarantaine, Drago se rendait compte à quel point il aurait voulu avoir une enfance normale, sans soucis, sans Voldemort...
Le blond sentit qu'on tirait sur le bas de sa veste. Il baissa les yeux et vit Scorpius, son fils, âgé de onze ans, son portrait craché au même âge, qui le regardait, des larmes plein les yeux. Pourquoi pleurait-il ? N'était-il pas heureux d'aller à Poudlard, de marcher dans les pas de ses parents ?
« Papa, et si je n'allais pas à Serpentard ? » demanda le petit garçon.
Drago soupira. Il s'était attendu à cette question bien évidemment. Dès qu'il avait été en âge de comprendre, le blond avait expliqué à son fils que tous les Malefoy avaient été à Serpentard, la plus noble de maisons de Poudlard. Et bien sûr, Scorpius avait certainement peur de ne pas suivre, de déshonorer sa famille en allant ailleurs qu'à la maison au serpent vert et argent. Mais ce que Drago ne lui avait pas dit, c'est que peu importe où il irait, lui et sa mère seraient fiers de lui. L'ancien Serpentard s'accroupi pour être à la même hauteur que son fils et posa ses mains sur ses petites épaules.
« Scorpius Hyperion Malefoy, commença-t-il, si tu ne vas pas à Serpentard ce n'est pas grave. Imaginons que tu ailles à Gryffondor, et bien c'est que tu es un jeune homme courageux. Maintenant, si tu vas à Serdaigle, c'est que tu es très intelligent et enfin si tu vas à Poufsouffle et bien…c'est que tu es gentil et compréhensif et ce sont des qualités que je n'avais pas à ton âge. Alors dans tous les cas je serais fier de toi mon fils. C'est d'accord ? »
Scorpius hocha la tête et sourit à son père.
« Bien maintenant dépêche-toi avant que le train ne parte sans toi. »
Drago se releva et serra son fils dans ses bras, avant que celui-ci n'aille enlacer sa mère. Il le regarda ensuite monter à bord du train rouge écarlate et chercher un compartiment. Pendant un instant il le perdit de vue et lorsque la tête blonde de Scorpius refit son apparition, c'était assise en compagnie des enfants d'Harry Potter et de Ginny Weasley. Si Drago avait eu à nouveau dix-sept ans, il n'aurait pas apprécié que les premiers amis que son fils se fasse à Poudlard soient les descendants de son vieux rival, mais aujourd'hui, il s'en moquait, tout ce qu'il voulait c'était que Scorpius soit heureux, peu importe sa maison, peu importe ses amis.
Soudain, la cheminée du train se mit en marche annonçant son départ imminent. Alors que jeune Malefoy commençait à lui faire de grands signes, imité par tous les autres enfants, Drago sentit que l'on pressait doucement son épaule. Il posa son regard sur la main parfaitement manucurée de sa femme, sa femme qu'il aimait tant. Il avait traversé tellement d'épreuves, et à chaque fois elle était là pour lui. Elle l'avait sorti de beaucoup de mauvaises phases, et c'était pour cela qu'il l'aimait. En plus de tout cela, elle lui avait donné un magnifique enfant, qui faisait ce jour-là sa première rentrée à l'école de sorcellerie la plus célèbre d'Angleterre.
« Je suis tellement fière de lui ! Notre bébé rentre à Poudlard.
-Ce n'est plus un bébé Astoria, s'amusa Drago en l'embrassant chastement, mais moi aussi je suis fier de lui. »
Drago était heureux d'être ici, avec sa femme, en train de regarder son fils partir vers une grande aventure, mais il l'aurait été encore plus si elle avait été là. Il ne manquait plus qu'elle pour parfaire son bonheur. Malgré l'amour qu'il portait à Astoria, souvent il s'imaginait que la mère de son fils c'était elle, Hermione Granger, il s'imaginait que c'était avec elle qu'il avait fait sa vie, que c'était elle qu'il avait épousé. Pas une seule journée ne passait sans qu'il ne pense à elle. Pas un jour sans qu'il ne la revoit le supplier, le supplier de la tuer…
La bataille de Poudlard avait enfin pris fin, Harry avait vaincu Voldemort. Drago et Hermione étaient enlacés dans les ruines de la grande salle, transformée en hôpital à la suite des évènements.
« C'est fini Hermione, tu y crois à ça ? demanda Drago. Toute cette foutue guerre est finie ! »
Il embrassa tendrement la jeune femme qui lui rendit son baiser. Cela faisait plusieurs mois désormais que Narcissa les avait sauvés et depuis cela leur relation n'avait fait qu'évoluer. L'affection qu'il portait à la sorcière s'était petit à petit transformée en amitié et l'amitié en amour. Lorsqu'il s'était rendu compte qu'il l'aimait, il n'avait d'abord pas voulu l'admettre, mais il avait vite dû se rendre à l'évidence : il était fou d'elle, fou de celle qu'il avait sauvée et qui l'avait fait changer. Tout ce qu'il avait pu ressentir pour elle avant, toute la haine qu'il lui portait lorsqu'ils étaient à l'école n'existaient plus. Il aurait donné sa vie pour elle désormais. Ainsi, durant des mois, ils s'étaient battus pour retrouver Harry et détruire les horcruxes et ils s'étaient aimés, passionnément, presque trop. Et maintenant que la guerre était terminée, ils allaient pouvoir profiter, consumer leur amour et s'aimer librement. Drago était heureux, il ne l'avait pas été depuis longtemps, beaucoup trop longtemps.
« Je t'aime… » murmura-t-il à la jeune femme en l'embrassant à nouveau.
Elle ne lui répondit pas, se contentant de l'embrasser en retour. Soudain, elle se leva et pris le blond par la main.
« Viens, lui dit-elle, suis-moi. »
Il se leva à son tour, intrigué. La sorcière l'entraina à l'extérieur du château. Drago fut sous le choc de ce qu'il voyait. Poudlard n'était plus du tout le majestueux château qu'il avait connu. Après la bataille, ce n'était plus que des ruines dans lesquelles se trouvaient des cadavres. Des cadavres de mangemorts, d'inconnus, d'élèves… Jamais il ne pourrait oublier ce qu'il s'était passé ce soir, cela le hanterait toute sa vie.
Hermione s'arrêta sur le pont en pierre. Elle lui lâcha la main et vint se poster en face de lui. Elle se hissa sur la pointe des pieds, accrocha ses bras autour du cou du blond et l'embrassa. Celui-ci enserra sa taille de ses bras et approfondit leur baiser tout en faisant courir ses mains sur le corps de la Gryffondor. L'avait-elle emmené ici pour être plus tranquilles ? Si c'était le cas elle avait eu une excellente idée. Alors qu'il devenait plus entreprenant, elle le repoussa soudainement. Mais que faisait-elle ?
Draco s'écarta d'elle, totalement confus. Quant à Hermione, elle avait baissé la tête et le blond vit des larmes tomber sur le sol à moitié détruit.
« Hermione qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda le Serpentard
-Je…commença la sorcière….Drago, je t'aime.
-Moi aussi je t'aime, affirma-t-il, n'en doute pas une seule seconde. Cela fait plus de six mois que nous nous sommes enfuis ensemble et presque autant de temps que je t'aime. Tout ce qu'il s'est passé pendant notre scolarité est derrière nous maintenant! J'ai été le pire des cons envers toi mais je ne suis plus le même. Je t'aime ! Je veux oublier tout ça, je veux passer ma vie avec toi. Je te veux toi Hermione, toi et personne d'autre. »
C'était la première fois qu'il lui faisait une telle déclaration d'amour. Il n'avait pas encore osé lui dire ce qu'il ressentait vraiment. Mais c'était le bon moment, ils étaient passés à deux doigts de la mort, il ressentait le besoin de lui dire.
« Je t'aime, reprit Hermione, mais je ne me sens toujours pas capable de rester…Tu te souviens de la promesse que tu m'as faite ? J'aimerai que tu le fasses maintenant Drago…Je ne pourrais pas vivre, être heureuse, en sachant que Ron n'est plus là, même avec toi Drago… S'il te plait…Tues-moi. »
Non. Il ne tuerait pas. Il en était incapable, totalement incapable. Lui qui pensait qu'il lui avait enfin redonné une raison de vivre, qu'il lui avait fait abandonner l'envie de mourir, il s'était trompé. Elle désirait toujours partir. Il trouvait cela égoïste. La jeune femme ne pensait qu'à elle. Comment ferait-il sans elle ? Si elle mourrait, il se retrouverait seul, sans personne à aimer, sans personne pour l'aimer.
« Hermione…Je t'en prie…Laisse-moi t'aider. Tu peux y arriver, je serai là. Je ne peux pas te tuer.
-Mais tu me l'as promis ! pleura la sorcière. Tu me l'as promis !
-A ce moment je n'étais pas amoureux de toi ! Maintenant plus rien n'est pareil ! Je ne peux pas ! Je t'aime, je ne peux pas !
-Si tu m'aimes vraiment, alors fais-le ! Si tu m'aimes c'est que ne veux pas que je souffre, alors tues-moi ! Je t'en prie… »
Elle le suppliait. Cependant il ne pouvait toujours pas. Elle était la première femme dont il était tombé amoureux, elle était la première femme à l'avoir aimé, il ne pouvait pas mettre fin à ses jours, c'était impossible, c'était impensable.
Le blond s'approcha doucement de la jeune femme et tenta de la prendre dans ses bras, mais celle-ci le repoussa violemment. De grosses larmes roulaient sur ses joues. Il aurait tellement voulu pouvoir les arrêter mais il savait qu'il ne pouvait pas. Hermione pleurait son premier amour décédé, jamais Drago ne pourrait les arrêter. La seule façon de faire cesser ces pleurs était de donner à la sorcière ce qu'elle désirait, mais jamais il ne le ferait.
« Si tu ne le fait pas, je le ferai moi-même Drago… »
Alors, sans pouvoir bouger la moindre parcelle de son corps tellement il était sous le choc, Drago vit la brune s'approcher du bord du pont, à quelques centimètres du vite. Elle se tourna vers lui et il vit toute sa douleur, tout son chagrin à travers ses petits yeux noisette baignés de larmes. Ce regard lui serra les entrailles. La sorcière murmura quelque chose qu'il ne put entendre à cause du vent et avant qu'il ne puisse esquisser le moindre geste, se laissa tomber dans le vide.
Il poussa un hurlement à s'en déchirer les poumons et se précipita à l'endroit où la jeune femme se tenait quelques secondes plus tôt à peine. Il tomba à genoux et hurla de plus belle. Hermione était morte. Elle s'était suicidée. Drago avait l'impression qu'on venait de lui arracher une partie de lui tellement il avait mal. Jamais il n'aurait cru que l'on pouvait avoir aussi mal physiquement, ressentir de la pure douleur, sans être blessé ni malade. Il frappait le sol et les pierres qui avaient atterries là, de toutes ses forces jusqu'à avoir les poings en sang. Elle était morte. Morte…
Plus tard, Harry l'avait retrouvé, errant sans but et en larmes, dans les couloirs détruits de l'école. L'Elu avait tout de suite compris que quelque chose n'allait pas et Drago lui avait, tant bien que mal, expliqué ce qui était arrivé. Harry s'était alors mis à le frapper, y mettant toutes ses forces, hurlant qu'il était un traitre, qu'il n'avait rien fait pour aider la sorcière, que tout était de sa faute. Et le Serpentard s'était laissé faire. Il l'avait mérité, et puis, plus rien ne comptait de toute façon. Harry l'avait roué de coups jusqu'à ce que Drago soit au bord de l'inconscience, puis avait arrêté, sa colère étant passée. Il s'était effondré au sol et avait fondu en larmes lui aussi. Ils avaient pleuré ainsi tous les deux pendant des heures et des heures.
Depuis ce jour, depuis la mort de Voldemort, depuis la mort d'Hermione, Drago n'avait pas revu Harry une seule fois. Ils avaient souffert chacun de leur côté, Drago plus que tout. Suite à la mort de celle qu'il aimait, de celle qui lui avait fait comprendre qu'il était capable d'aimer et de faire le bien autour de lui, le blond avait perdu la tête. Il avait été à la limite de devenir fou. Presque tous les jours, il se rendait à Poudlard, cherchant la jeune Gryffondor, certifiant aux professeurs qu'elle était là, quelque part à l'attendre et qu'ils pourraient enfin être heureux. Un jour, plus de six mois après, alors que le château avait complétement été restauré Drago avait réussi à pénétrer dans la bibliothèque. Minerva Mcgonagall qui avait été alertée par des élèves, l'avait trouvé courant entre les rayons remplis de livres et criant le prénom de la défunte jeune fille. Suite à cela, il avait été interné à Sainte-Mangouste pour cause de troubles psychologiques. Là-bas on lui avait fait comprendre que la jeune femme était morte, qu'il ne servait à rien de la chercher partout, qu'il ne la trouverait pas. Il avait suivi des thérapies et petits à petits avait retrouvé l'esprit.
C'est là qu'il avait rencontré Astoria, qui était son infirmière. Il n'était pas tout de suite tombé amoureux d'elle, mais elle l'avait aidé, elle l'avait sauvé et de fil en aiguille Drago s'était attaché à elle, puis ils étaient devenus amis, et enfin il s'était rendu compte qu'il l'aimait. Leur relation avait évoluée exactement de la même façon que celle qu'il avait eue avec Hermione. Hermione…elle lui manquait tant…
« Drago, appela Astoria le sortant ainsi de ses douloureux souvenirs, on y va ? »
Il avait été tellement absorbé par ses pensées, qu'il ne s'était pas rendu compte que le train était partit, que son fils était partit. Après avoir essuyé la larme qui coulait sur sa joue, il prit la main que lui tendait sa femme et ils se dirigèrent vers la sortie du quai. Là, loin devant lui, Drago aperçut un visage familier. Harry Potter. Celui-ci était avec Ginny Weasley et riait comme des adolescents. Lorsqu'il passa près d'eux, Harry tourna la tête vers lui. Le brun lui sourit et le blond fit de même, seulement il y avait que de la tristesse dans ce sourire. Revoir le meilleur ami d'Hermione lui serrait le cœur, même après tant d'année. Comme s'il avait lu dans ses pensées, le survivant lui attrapa le bras pour le faire s'arrêter et lui lança :
« A moi aussi elle me manque. »
Drago acquiesça, incapable de prononcer un mot, alors Harry ajouta :
« Je sais qu'avec toi elle aurait été heureuse Malefoy. »
Fiiiiiiiiiniiiiiiii ! C'est triste comme épilogue je sais, mais je savais depuis le début de cette fiction comment allait être le dernier chapitre, seulement je ne pensais pas qu'il viendrait si vite...Tant pis. J'espère que vous avez aimé cette fic, autant que j'ai aimé l'écrire. Je dois aussi vous remercier, vous mes petits lecteurs d'amour, d'avoir montré tellement d'enthousiasme à chaque nouveau chapitre, sans cela j'aurais bien plus vite abandonné. J'espère que vous ne la trouvez pas « bâclée » à cause de cet arrête soudain, j'ai fait de mon mieux pour que l'épilogue colle au mieux avec les autres chapitres afin de ne pas obtenir un effet « bâclé » justement. Aussi je veux dédier ma fiction à ma meilleure amie Marianne (je sais que tu vas te reconnaitre mouahahah) avec qui j'ai « suivi » cette fic, sans qu'elle ne sache que j'en était l'auteur.
Encore merci pour toutes vos gentilles reviews et à bientôt pour d'autres aventures ! –Plume224.
