Helloooooo ? Il reste des gens, ici ? Nan, je demande, parce que comme ça fait quasiment un an que le chapitre précédent est sorti...
Un an, bordel... Sans rentrer dans les détails, disons qu'auparavant, j'avais pas des masses de temps libre... Ben l'année dernière, encore moins. -.-' J'espère que ça s'améliorera par la suite sinon je suis pas dans la merde pour finir mes fics, moi.
Bref, pour ceux qui n'ont pas quitté le navire, j'espère que ce chapitre vous plaira... et que vous n'aurez pas à attendre un an pour lire le suivant...
Et bien sûr, un grand merci à celles et ceux qui ont laissé des reviews, ça fait toujours plaisir. ^^
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Précédemment, dans 'Corridors of Time'…
Dans quelle mouise intersidérale on s'est fourrés ?
Depuis le début, cette histoire pue les emmerdes à plein nez. Sérieux, enquêter sur un meurtrier en cavale et un scientifique victime d'un attentat à la bombe chez lui, c'était obligé que ça parte en vrille tôt ou tard.
Pirater le système informatique d'un labo aussi sécurisé qu'Asclepius, c'était déjà couillu, voilà qu'on prévoit d'y pénétrer par effraction et de faire pareil avec la maison de Konan. Même avec l'aide de Kin, Dosu et Zaku qui se sont révélés être d'anciens cambrioleurs hors pair, ça reste une énorme prise de risques.
En prime, Kankurô qui nous appelle, complètement affolé, en nous demandant de rappliquer en quatrième vitesse à l'hosto où Sasori est en ce moment même entre la vie et la mort. Il n'est pas rentré dans les détails mais je mettrai ma main à couper que l'explosion qu'il a mentionné au téléphone n'était pas un regrettable accident.
Galère…
J'espère juste qu'Hidan est vraiment aussi doué comme ninja qu'il le prétend parce qu'à ce rythme-là, dans une semaine, on va se retrouver avec toute une palanquée d'assassins au derche.
Et maintenant, place au chapitre 13 !
Comme d'habitude, les notes sont en bas de page. N'oubliez pas non plus les schémas disponibles sur mon profil. Bonne lecture !
À l'hôpital Trafalgar de Dentech, c'était une nuit plutôt tranquille qui se déroulait. Aucun problème à signaler chez les patients en observation, peu de visiteurs dont une majorité de cas sans gravité, seulement deux appels d'urgence pour des ambulances… Pour le personnel habitué au branle-bas de combat permanent, le calme si rare qui régnait en ce moment sur les lieux était une véritable bénédiction.
Celui-ci fût néanmoins quelque peu perturbé par le débarquement d'une vingtaine de jeunes arborant tous une mine plus anxieuse les uns que les autres. À peine le temps pour les premiers arrivés de demander leur chemin à l'accueil que la troupe de l'Alba Madonna s'engouffrait dans ce dédale de couloirs. Ils ne tardèrent à atteindre au bloc opératoire indiqué devant lequel Kankurô attendait, assis sur une banquette, l'air anéanti et rongé par l'angoisse et la culpabilité.
En tête de cortège, Kiba se précipita pour étreindre son amant dans un effort bienvenu mais vain pour le réconforter, bientôt imité par Gaara et Temari.
— Comment va-t-il ? s'enquit cette dernière lorsqu'ils se séparèrent.
— J'en sais rien, répondit son frangin d'une voix fragile qui détonnait avec la force et l'assurance qui le caractérisaient d'ordinaire. Personne n'est encore sorti, pas moyen de savoir s'il va s'en tirer ou si…
Il n'acheva pas sa phrase. Il n'en avait guère besoin de toute manière.
S'ensuivit en lourd silence qui aurait pu durer une éternité si Shikamaru ne s'était pas résolu à mettre sa compassion en veille. Que Kankurô soit sous le choc, rien de plus compréhensible, et en d'autres circonstances, il l'aurait soutenu comme tout bon ami qui se respecte. Cependant, lui ne pouvait pas se permettre de poireauter ici les bras croisés des heures durant alors même que la situation était en train d'évoluer, que les coupables, qui qu'ils soient, étaient toujours dans la nature et que d'autres victimes pouvaient suivre à tout moment. Il devait rester focalisé sur l'enquête et poser les questions qui brûlaient bien des lèvres.
— Kankurô, désolé de faire chier avec ça maintenant mais j'ai absolument besoin que tu me racontes ce qu'il s'est passé.
Comme prévu, à peine avait-il ouvert la bouche que Kiba et Temari le fusillaient du regard le plus noir qu'il ne leur ait jamais connu mais qu'il soutint pourtant sans ciller. En revanche, il aurait parié que les pires foudres proviendraient de l'intéressé mais à sa grande surprise, celui-ci fit preuve d'une compréhension étonnante, ayant semble-t-il réalisé que le Nara n'endossait pas le rôle du connard insensible de service par plaisir mais par obligation.
Non sans difficulté, la voix chargée d'émotion, il relata sa discussion dans la voiture à propos de l'affaire et la réaction de Sasori aux dernières découvertes, leur visite surprise chez Deidara et la révélation du rôle de ce dernier. Il expliqua comment, suite à l'explosion, il avait fouillé en panique les décombres et avait par miracle réussi à vite les trouver, tous deux blessés et inconscients mais vivants, puis comment il avait appelé les secours et les avait accompagnés ici avant de contacter l'équipe pour leur dire de rappliquer au plus vite. Depuis, plus rien, sinon une attente aussi éprouvante qu'interminable.
Si en apparence, Shikamaru demeura imperturbable tout au long du récit, il était en réalité plus préoccupé que jamais. Il n'était d'ailleurs pas le seul ; à la première mention de Deidara, il n'avait pu s'empêcher d'échanger un coup d'œil avec Hidan, et il était clair que l'albinos partageait son état d'esprit. Et pour cause, l'entrée en scène du blondinet renforçait un peu plus encore l'hypothèse d'un lien entre les évènements actuels et l'antique Akatsuki, ce qui n'avait hélas rien de rassurant, bien au contraire.
Une fois le maximum de détails extirpés de la mémoire de Kankurô, il laissa celui-ci en paix avec un sourire mélangeant gratitude, excuses et compassion tandis que son cerveau surhumain tâchait d'analyser ces nouvelles données et d'élaborer le meilleur plan possible.
— Donc, résuma-t-il tout en réfléchissant, le poseur de bombes est désormais neutralisé. Maintenant, il faut qu'on se magne d'identifier qui l'a engagé avant que la liste des victimes ne s'allonge.
— On peut toujours tenter de chercher dans les décombres de l'usine, proposa Karin, l'une des rares capables de faire preuve d'assez de détachement pour participer activement à la réflexion en dépit des circonstances. Puisqu'il habitait et travaillait là-bas, il devait aussi y entreposer ses documents, son ordi ou je ne sais quoi d'autre. Avec du bol, on mettra la main sur quelque chose dans ses affaires. Du moins, ce qu'il doit en rester.
— Trop tard, l'endroit doit déjà grouiller de flics à l'heure qu'il est, sans parler des journalistes. Dès qu'ils apprendront qu'un autre scientifique d'Asclepius est impliqué, si ce n'est déjà le cas, ils feront le rapprochement avec Orochimaru et il est probable qu'ils déblayeront et inspecteront la zone afin de déterminer s'il s'agissait d'une nouvelle bombe ou d'un simple accident. On ne pourra pas y accéder tant qu'ils n'auront pas fini, ça risque de durer un long moment et va savoir s'ils auront laissé quoi que ce soit derrière eux. Bref, on ne pourra rien en tirer dans l'immédiat. Par contre, plutôt que chez Deidara, c'est chez Sasori qu'il faudrait aller.
Malgré le profond émoi qui était le sien, cette dernière phrase n'échappa pas à Kankurô qui le coupa illico, intrigué et surtout un poil énervé d'entendre son ami ainsi mis en cause.
— Pourquoi Sasori ? Qu'est-ce t'espères trouver chez lui ? Je te rappelle que c'est nous qui l'avons embarqué dans cette merde, il a rien à voir avec tout ça!
— Je sais, je ne l'accuse pas, le rassura Shikamaru en passant sous silence ses réserves à l'égard du rouge. L'important n'est pas ce qu'il y a chez lui mais ce que d'autres pourraient espérer y trouver
Le Nara interpréta les nombreuses expressions déroutées autour de lui comme une invitation à développer ses propos.
— Il y a un truc qui me dérange depuis l'autre jour. Si Deidara a pu s'introduire aussi facilement chez Orochimaru pour poser la bombe, alors ceux qui l'ont engagé pouvaient aisément fouiller la maison de fond en comble pendant qu'il était occupé à Asclepius avant de l'éliminer. Dans ce cas, pourquoi faire d'abord sauter la baraque d'abord et venir seulement après au risque que la police ait déjà tout nettoyé ? Ça ne fait aucun sens.
— Sauf si les flics en question sont sous tes ordres, contesta Sasuke, un argument irréfutable même pour le petit génie.
— C'est une possibilité, en effet. Mais ça ne change rien au fait que si Pein était complice des meurtriers, il serait venu avant l'explosion, pas après. On peut donc supposer qu'il joue en réalité un tout autre rôle dans cette histoire. Si tel est le cas, alors il y a des chances pour que tôt ou tard, il vienne fouiner chez Sasori comme chez Orochimaru. Bien sûr, ce n'est qu'une théorie, il se peut très bien que Pein ne pointe jamais le bout de son nez. Par contre, si jamais j'ai raison, ce sera une occasion en or de le coincer et d'en appr…
Shikamaru arrêta subitement de parler lorsque s'ouvrit la porte du bloc, révélant un homme d'une cinquantaine d'années vêtu d'une tenue d'opération, vraisemblablement un chirurgien. Il n'avait pas fait deux pas que Kankurô se ruait vers lui pour s'enquérir de l'état de son ami. La bonne nouvelle, c'est qu'il était en vie et qu'aussi graves étaient ses blessures, aucune n'était critique. La mauvaise, c'est que son pronostic vital était toujours engagé à cause d'un problème au niveau de son cœur. Pressé sur ce sujet, le médecin se contenta de répondre qu'un spécialiste venait d'arriver pour les assister, refusant toutefois de leur donner plus de détails au motif qu'il ignorait s'il y était autorisé ou non.
Tandis qu'il méditait sur cet étrange dernier point, des paroles chuchotées à son oreille par son immortel amant tirèrent le Nara de ses pensées.
— Shika, regarde qui est là.
Une tête qu'eux seuls connaissaient au sein de la bande venait en effet de surgir au bout du couloir, et se dirigeait vers eux à vive allure, un air sévère sur le visage.
Nagato…
S'ils jugèrent évidemment sa présence aussi rapide en ces lieux comme suspecte, ils eurent néanmoins une explication à celle-ci dès qu'il arriva à leur hauteur.
— Docteur Law ? Nagato Ishtar, d'Asclepius.
— Ah, merci d'être venu aussi vite. Le matériel de visioconférence que vous avez demandé est prêt, l'informa le chirurgien en l'invitant à entrer dans la salle d'opération.
— Parfait. Ma femme est en route pour le centre, elle nous contactera dès qu'elle aura trouvé les documents dont nous…
La porte refermée et le duo désormais trop éloigné, leurs voix ne parvenaient plus à l'équipe.
— Tu penses la même chose que moi ? enchaîna illico Hidan à l'adresse de Shikamaru.
— Ouais, mais il va falloir qu'on se magne.
— Qu'on se magne de faire quoi ? l'interrogea Sasuke, le plus vif à poser cette question que tous se posaient.
— Le type qui vient d'entrer est le compagnon de Konan Ijuuin, la directrice d'Asclepius. Or, si lui est ici et elle là-bas, ça signifie qu'il n'y a personne chez eux.
— Ok, pas besoin d'en dire plus, on a compris, intervint Zaku.
— Ça vous dérange pas qu'on y aille à l'aveugle, sans repérage ni préparation ni rien ?
L'intéressé échangea un regard avec Dosu et Kin, ses irremplaçables partenaires de crime qui confirmèrent ce qu'il savait déjà d'un haussement d'épaules. Le trio n'avait pas pour habitude de reculer face à un défi.
— On se débrouillera. C'est pas comme si c'était notre première fois. On passe récupérer notre matos et on fonce là-bas.
Réprimant tant bien que mal son impatience et son envie de les suivre, Shikamaru leur donna rendez-vous sur place, profitant du temps que leur prendrait de ce détour afin de régler les autres points du plan, à commencer par l'appartement de Sasori.
Shino se porta volontaire pour surveiller l'endroit, accompagné par Hinata qui refusait de le laisser y aller seul. Lorsque Neji voulut s'y opposer au motif qu'elle ne devait pas se mettre en danger, tous eurent le privilège d'assister à l'une de ses rares séances où la jeune fille timide se rebelle au point de faire taire toute objection de son cousin surprotecteur. Comprenant qu'il était vain d'insister, ce dernier décida donc de partir avec eux, arguant que si l'opportunité de capturer Pein se présentait, mieux valait qu'au moins l'un d'entre eux sache se battre. Par prudence, Lee et Tenten complétèrent l'équipe afin d'épauler le Hyûga en cas d'affrontement.
Kankurô accepta de leur confier la clé ainsi que le code l'immeuble au prétexte que tendre une embuscade à l'intérieur serait plus discret et efficace que de le faire au beau milieu de la rue. Si officiellement, il s'agissait uniquement d'un problème de tactique, officieusement, le Nara comptait bien en profiter pour s'assurer que Sasori n'était pas en train de les mener en bateau.
Loin d'être un pur délire paranoïaque, cette hypothèse était tout à fait plausible car basée sur des faits avérés. En effet, Deidara avait démontré qu'il possédait l'expertise nécessaire pour calibrer une explosion afin qu'elle n'endommage que le salon d'Orochimaru. Par conséquent, il était tout à fait envisageable que la destruction de son atelier était elle aussi contrôlée, qu'il savait comment en réchapper sans trop de dommages, et que tout ceci n'était qu'un immense tour de passe-passe destiné à mieux les embrouiller.
N'en déplaise à Kankurô, et malgré toute la sympathie qu'il avait pour le rouge, il n'était pas encore prêt à baisser sa garde ; pas tant qu'il existait un doute non négligeable à son sujet. L'idée de se retrouver avec un couteau planté dans le dos pour cause d'excès de confiance ne l'attirait guère.
De son côté, Karin se proposa d'aller faire un tour à l'usine, au cas où les prédictions du Nara s'avéraient inexactes ou que quelque chose de suspect s'y déroulait. Faisant fi de ses protestations, elle emmena Suigetsu avec elle ainsi que Juugo.
Quant à Hidan, il hésita longuement entre se joindre à l'équipe de Shino et celle de Shikamaru. L'une comme l'autre était susceptible de croiser le chemin de Pein, auquel cas ses talents de ninja seraient un atout considérable pour le capturer. Au final, il jugea que la première équipe serait plus à même de se défendre sans son aide face à un Pein dépourvu de ses pouvoirs, en particulier avec la présence parmi eux de Neji et Lee qu'il ne fallait pas sous-estimer, surtout en duo. Lui aurait pour mission d'escorter son amant et leur trio de cambrioleurs professionnels.
Le reste de la troupe ne bougerait pas de l'hôpital, d'une part pour soutenir Kankurô dans cette épreuve mais aussi pour surveiller, noter les éventuelles allées et venues louches et les prévenir de toute évolution de la situation.
Quelques minutes plus tard, plusieurs voitures quittaient le parking, chaque groupe se dirigeant vers l'objectif qui lui était attribué.
La nuit s'annonçait longue et mouvementée…
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Il fallut moins d'un quart d'heure à l'équipe B pour rejoindre la ville de Deen.
L'immeuble dans lequel résidait Sasori était situé dans l'un des quartiers résidentiels bâtis ces dernières années. Le sien en particulier, de par son loyer modéré, sa facilité d'accès ainsi que sa proximité avec nombre d'écoles supérieures et d'universités mais aussi de bars et de boîtes de nuit, était très prisé par les étudiants. Il n'était par conséquent guère étonnant que les rues soient encore animées sachant qu'il n'était même pas minuit passé. En revanche, ils avaient l'avantage de se fondre à merveille dans le décor si bien que nul ne prêtait attention à eux.
Par chance, ils purent se garer à quelques mètres du bâtiment. Il était convenu que Shino et Hinata, agissant aux yeux des passants comme un jeune couple en train de roucouler, feraient le guet depuis le véhicule pendant que les autres iraient à l'intérieur.
Le trio monta donc au quatrième étage et déverrouilla l'appartement du rouge, un logis plutôt modeste au vu du poste et du salaire qui étaient les siens. En entrant dans le vestibule, une porte droit devant menait à la cuisine tandis qu'une arche sur la gauche débouchait sur le salon. Un mini-couloir connectait celui-ci tel un carrefour aux trois dernières pièces : à droite, la chambre ; en face, la salle de bain ; et enfin à gauche, un atelier de bricolage, de toute évidence celui où le rouge fabriquait ses marionnettes.
Dès la porte refermée derrière eux, Neji fit signe à ses partenaires d'être le moins bruyants possible fin de ne pas alerter les voisins. Après une exploration rapide afin d'établir la configuration des lieux, ils se séparèrent et entreprirent de fouiller chaque coin et recoin en quête d'indices compromettants.
Cette tâche serait d'autant moins pénible que Sasori était un tantinet maniaque sur les bords, si bien que tout était propre et rangé avec soin. Seules exceptions à la règle, les verres et petites assiettes sales sur la table basse du séjour ainsi que les copaux de bois et la poussière sur le sol de l'atelier. Sans doute lui et Kankurô n'avaient-ils pas jugé urgent de nettoyer au moment de se mettre en route pour l'Alba Madonna plus tôt dans la soirée.
Toutefois, au bout de plusieurs minutes, ils avaient effectué la moitié du boulot et n'étaient pas bredouilles mais presque. Hormis l'ordinateur fixe posé bien en évidence sur son bureau sur lequel ils avaient branché la clé USB fournie par Shikamaru afin d'en pirater le contenu, ils n'avaient rien découvert. Aucune preuve, aucun document suspect, rien qui relie le rouge de près ou de loin à l'enquête si ce n'est quelques photos incluant Deidara mais entre leur amitié et ses sentiments à son égard, cela n'avait dans l'absolu rien d'anormal.
Dans la chambre, Lee en avait terminé avec le bureau, l'étagère, les tiroirs sous le lit et s'attaquait maintenant à la penderie. À l'intérieur, des chemises, des costumes, une tenue traditionnelle noire de marionnettiste… mais aussi une tête connue.
Pein, l'intrus filmé chez Orochimaru, dont l'index posé sur la bouche lui intimait l'ordre de se taire. Et au cas où la politesse ne suffirait pas à faire exaucer sa requête, il avait déballé un argument imparable : un pistolet Glock braqué droit sur son cœur.
Lee avait certes la réputation d'être le roi incontesté des têtes brulées, néanmoins même lui avait assez de jugeote pour se rendre compte qu'à une telle distance, ses chances d'esquiver une balle frôlaient le zéro. Et entre son regard froid et son self-control absolu, il était clair que son agresseur était un pro qui n'hésiterait pas à appuyer sur la gâchette. Impuissant, il se résigna donc à la seule option disponible : lever les mains en l'air.
D'un geste, Pein le somma de s'écarter afin qu'il puisse sortir de sa cachette, suite à quoi il vint se placer derrière lui et lui glissa à l'oreille pour consigne d'appeler le ou les autres gêneurs qui l'accompagnaient avec la promesse d'une mort expresse à la moindre entourloupe.
— Euh, Tenten, bégaya-t-il de la voix la plus naturelle possible. Tu peux venir m'aider une seconde vite fait, s'il-te-plaît ?
— J'arrive ! Quel est le problème ? s'enquit l'intéressée qui se figea net dès qu'elle aperçut l'intrus qui tenait son ami en joue.
— Pas de bêtise, prévint le roux avant qu'elle n'ait le temps de réagir. Les mains bien en évidence. Obéissez sans broncher, répondez gentiment à mes questions et tout le monde rentrera chez lui vivant et en bonne santé. Un cri, un geste brusque, quoi que ce soit qui me déplaise et vous irez servir d'engrais à la forêt voisine. Est-ce bien clair pour tous les deux ou ai-je besoin d'être plus… démonstratif ?
À sa dernière phrase succéda le clic caractéristique de l'armement du chien d'un pistolet, avertissement sans équivoque du sort qu'il leur réservait s'ils tentaient de jouer au plus malin. Le duo opina donc du bonnet, n'ayant de toute manière pas d'autre choix que d'obtempérer.
Pein les invita à poursuivre la conversation dans le salon où ils seraient plus à l'aise et où il lui serait plus simple de les tenir en respect, surtout une fois que Lee serait ligoté à grand renfort de ruban adhésif qu'il envoya Tenten chercher dans l'atelier.
Prenant ses précautions, il leur fit ouvrir la marche et maintint une distance de sécurité entre eux, suffisante pour contrer toute offensive et trop courte pour leur permettre de fuir sans finir avec une balle entre les omoplates.
Leur unique espoir résidait en Neji qui avait eu l'intelligence de se faire discret lorsqu'il avait compris ce qui se tramait. Dissimulé derrière la porte, son esprit déjà en mode combat, il se tenait prêt à tendre une embuscade au mystérieux enfoiré qui osait menacer sa petite-amie et son meilleur pote.
À l'instant précis où l'arme entra dans son champ de vision, sa main droite fila tel un missile vers celle de son adversaire, déclenchant ainsi la bataille.
Hélas, Pein était loin d'être un débutant du genre à baisser sa garde si facilement. Au contraire, de par son expérience, l'éventualité d'un tel piège n'avait pas échappé à celui-ci et il était paré à réagir en conséquence. Dès qu'il perçut le mouvement et vit son intuition se confirmer, il écarta illico son pistolet et délivra de son autre bras un vigoureux coup de coude dans l'estomac du Hyûga. Ce dernier, croyant à tort bénéficier de l'effet de surprise, se retrouva trop abasourdi et incapable d'éviter cette contre-attaque.
Son ennemi désormais neutralisé pour l'espace de quelques précieuses secondes, Pein le poussa en arrière à l'aide de sa main libre, puis ramena son Glock vers lui. Il n'eut toutefois pas l'opportunité d'appuyer sur la détente, stoppé par un puissant coup de pied sauté au niveau de son poignet qui fit s'envoler l'arme. Un sauvetage in extremis signé Lee, venu dare-dare à la rescousse de son partenaire.
À peine eut-il touché le sol que le brun initia un autre coup de pied, rotatif celui-là, avec comme cible la tête de ce rouquin de malheur. Cependant, malgré une vitesse d'exécution impressionnante, celui-ci parvint à bloquer sa jambe entre ses bras et enchaîna aussitôt avec une balayette qui faucha la deuxième, faisant ainsi chuter Lee à terre.
Sentant une nouvelle offensive approcher, Pein lâcha celui-ci et reporta son attention vers Neji qui revenait à la charge. Il esquiva de si peu le poing qui le visait qu'il sentit l'air se déplacer près de sa joue. Pourtant, cela ne parut pas le perturber d'un iota. Son visage demeurait serein et concentré, exempt de toute peur ou hésitation.
Dans une magistrale démonstration qui témoignait de sa redoutable maîtrise du judo, il attrapa le bras du Hyûga au passage puis usa de la force de celui-ci contre lui-même en le faisant voler et s'écraser lourdement au sol.
Il s'apprêta à lui asséner un coup supplémentaire quand il remarqua du coin de l'œil Lee, toujours au sol, en train de ramper avec précipitation vers son Glock qui traînait à proximité. Conscient qu'il devait coûte que coûte l'empêcher de s'en emparer, il fonça vers lui à toute allure et shoota dans l'arme qui traversa la pièce pour aller se fourrer sous une armoire, là où nul ne pourrait aisément la récupérer. Il voulut ensuite attraper le brun à l'arrière du crâne mais celui-ci roula promptement sur le côté tandis que Neji se relevait lui aussi.
S'ensuivit une brève pause au cours de laquelle tous trois se remirent en garde, chacun évaluant la partie adverse dans l'espoir d'y déceler une faille exploitable lors du prochain assaut. Guère plus de trois secondes s'écoulèrent avant la reprise des hostilités mais elles semblèrent durer une éternité.
Après un échange de regard doublé d'un signe à son partenaire qui hocha la tête en réponse à ce message silencieux, Lee ouvrit ainsi le deuxième round. L'exceptionnelle prudence dont il faisait preuve était la meilleure preuve qu'il prenait au sérieux cet ennemi qui possédait clairement un niveau équivalent sinon supérieur au leur dans un ou plusieurs arts martiaux.
Contre toute attente, lorsqu'il déclencha son attaque, plutôt que de se défendre, Pein se détourna subitement de lui pour se ruer vers Neji. Déstabilisé par cette curieuse initiative, ce dernier tenta de l'arrêter mais une fois encore, le rouquin esquiva sans difficulté en se baissant, le bras venant frôler sa chevelure hérissée. Sans ralentir, le rouquin le happa alors à hauteur du cou et l'embarqua dans sa course, le faisant décoller du sol pour ensuite le fracasser contre la table basse dont la surface en verre explosa en mille morceaux.
Voyant son ami en très mauvaise posture, Lee abandonna toute prudence et fonça à son secours. Son poing vengeur fila vers le dos de Pein avec une force décuplée par la colère. Hélas, une fois encore, il manqua sa cible. Ayant prévu cette réaction, celui-ci s'était servi du miroir pour connaître la nature de l'attaque et ainsi déterminer quand et comment le contrer au mieux.
Au moment opportun, celui-ci fit volte-face tout en s'écartant d'un pas sur le côté, para l'attaque du brun avec son bras et riposta d'un violent coup de genou dans le ventre pour enfin le projeter contre le mur le plus proche. Loin d'en avoir fini avec lui, il s'approcha avant qu'il n'ait l'occasion de se relever, le souleva avec aisance au point que ses pieds ne touchent plus le sol – preuve supplémentaire que ses muscles n'étaient pas là pour faire joli – et le plaqua contre le mur.
Luttant pour ne pas céder à la panique, Lee tenta en vain de se libérer mais son adversaire n'était pas seulement costaud, il était également robuste et doué, encaissant sans broncher les quelques coups qu'il ne parvenait pas à esquiver. À l'expression du rouquin, il devina que le poing serré était destiné à sa figure, il ferma les yeux et se prépara mentalement au choc.
Pourtant, au lieu d'une vive douleur, il sentit l'étreinte autour de son cou faiblir tandis qu'un hurlement de souffrance résonnait dans la pièce. D'instinct, sa jambe vola aussitôt vers les côtes de son ennemi qui le lâcha pour de bon et s'écarta en titubant, une lame plantée dans le bras.
C'est en apercevant Tenten sous l'arche, un couteau de cuisine dans une main et toute une réserve dans l'autre qu'il comprit à qui il devait son salut.
— C'est perdu ! s'exclama-t-elle d'une voix pleine d'aplomb. Peu importe à quel point vous êtes fort, vous ne pourrez pas à la fois vous battre seul contre ces deux-là et éviter mes tirs. Et au cas où vous vous imagineriez que j'ai juste eu du bol parce que vous étiez immobile, sachez que ma mère m'a enseigné le lancer de couteaux depuis que je suis gamine. Même si vous remuez sans arrêt, je ne vous raterai pas. Rendez-vous, vous ne faites pas le poids !
Comme pour appuyer ses propos, Lee avait profité du discours pour aider Neji à se remettre sur pied et tous deux se tenaient à présent de part et d'autre de leur amie, prêts à en découdre à nouveau, leur vigueur et motivation restaurées par la tournure positive que prenait enfin l'affrontement.
Face à eux, à défaut d'abandonner la partie, Pein avait au moins l'air plus hésitant. Il devait avoir conscience de son désavantage car ses yeux d'azur faisaient moult va-et-vient entre les trois jeunes qui se dressaient devant lui, semblant les jauger et chercher une faille, un moyen de renverser la situation.
Soudain, son visage recouvra toute son assurance. Le trio avait commis l'erreur de négliger la main de son bras blessé, trop occupé à suivre son regard pour la voir disparaître lentement dans son dos pour y récupérer un objet qu'il jeta vers eux en un éclair.
Craignant une grenade ou toute autre arme de ce type, Lee et Neji plongèrent illico chacun d'un côté, le Hyûga embarquant Tenten avec lui. Cette dernière avait pour sa part réagi en lançant un second couteau. Hélas, déséquilibrée par l'initiative protectrice de son petit ami, la lame ne fit qu'égratigner la joue de sa cible.
Comme prévu, le projectile détonna. Cependant, il s'agissait en réalité non d'une grenade classique mais d'une flashbang, ce qu'ils comprirent lorsqu'ils furent assourdis et aveuglés par l'explosion. Pein, lui, avait bien sûr pris soin de se protéger les yeux, et ils l'entendirent aussitôt détaler vers la porte et quitter l'appartement.
Quelques secondes furent nécessaires pour que Lee se lance à sa poursuite, dévalant quatre à quatre les marches de l'escalier, bientôt imité par Tenten. Neji, le plus lent et mal en point des trois, préféra rester en arrière afin de terminer en vitesse la fouille au cas où la police rappliquerait d'ici peu, alertée par un voisin que le raffut aura inquiété.
En bas de l'immeuble, le couple guetteur bavardait tranquillement tout en surveillant l'entrée comme convenu quand ils eurent soudain la surprise de voir Pein en surgir et partir à toute hâte vers l'arrière du bâtiment, lui dont ils étaient pourtant censés guetter l'arrivée. L'espace d'un instant, ils furent partagés entre le poursuivre et vérifier que leurs amis étaient sains et saufs. Leurs craintes se dissipèrent heureusement quelques secondes plus tard avec l'émergence à son tour de Lee à qui Hinata indiqua la ruelle par laquelle le rouquin s'était enfui avec instruction de rester en contact par téléphone tandis que Shino allumait le moteur avec l'intention de faire le tour.
Lee traqua Pein jusqu'à une rue voisine où celui-ci montait déjà à bord d'une voiture. Malgré une accélération finale désespérée, il fût incapable de l'atteindre à temps pour l'empêcher de démarrer à toute blinde. Néanmoins, il n'avait pas encore tourné que Shino et Hinata les rejoignirent, prenant à peine le temps de ralentir pour laisser monter leur ami avant de le prendre en chasse.
Bien qu'il n'était ni un pilote chevronné, ni un abonné de la conduite furieuse comme Kiba ou Suigetsu, l'éternel sang froid de l'Aburame lui permit de ne pas perdre de vue leur cible qui, contrairement à lui, avait de l'expérience dans le domaine. Hélas, l'écart entre eux avait plus tendance à se creuser qu'à diminuer, et au bout d'une dizaine de minutes, une manœuvre un poil téméraire – pour ne pas dire suicidaire – de Pein au niveau d'un carrefour bondé mit fin à leur course-poursuite, le trio se retrouvant coincé derrière nombre de véhicules à l'arrêt alors que leur cible disparaissait dans ce labyrinthe urbain.
Sans grand espoir, ils tentèrent de retrouver sa trace une fois la route dégagée mais en vain. Maigre consolation, Shino avait mémorisé le numéro du véhicule de Pein mais il aurait mis sa main au feu soit que celui-ci était volé, soit que la plaque était fausse et ne mènerait donc à rien.
Frustrés, ils ne purent que rebrousser chemin pour récupérer Neji et Tenten avant de rejoindre les autres à l'hôpital.
Ne restait plus pour eux qu'à espérer que l'équipe de Shikamaru rencontrerait plus de succès qu'eux.
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Dans le même temps, à Dentech, le trio de cambrioleurs passait à l'action sous l'œil attentif de leurs complices d'un soir.
Par chance, ils n'eurent pas à patienter longtemps avant qu'il n'y ait plus un chat à l'horizon. Dès qu'ils eurent le champ libre, tous les cinq s'introduisirent dans le jardin et contournèrent la maison visée jusqu'à atteindre la porte arrière.
Premier obstacle, des volets roulants bloquaient l'ensemble des accès à l'exception évidente de l'entrée principale hélas trop exposée car située du côté rue. Shikamaru et Hidan imaginaient déjà leurs amis en train de forcer le passage à grands renforts d'outils dont ils avaient le secret. Au lieu de ça, ils furent étonnés de les voir chercher quelque chose aux alentours, un objet qu'ils repérèrent en une dizaine de secondes tout au plus : un petit boîtier électrique à l'intérieur duquel se trouvaient quatre extrémités de fils dont ils commencèrent à tester les diverses combinaisons possibles. La quatrième fut la bonne et provoqua l'ouverture du volet de la porte de la cuisine.
Etape suivante, déverrouiller la porte maintenant dégagée. Un jeu d'enfant pour Zaku, le maître-crocheteur du groupe. Les réflexes de la vieille époque n'avaient pas disparu, si bien qu'il eut raison de cette serrure en un rien de temps.
Vint alors ce qui s'annonçait comme la partie la plus tendue de la mission. En effet, à travers les carreaux de la porte, ils pouvaient distinguer dans la pénombre tout une série de lasers qui quadrillaient l'intérieur du bâtiment. Le trio reconnut illico ce modèle d'alarme très particulier et plutôt haut de gamme auquel il s'était déjà frotté par le passé, heureusement toujours avec succès. Le principe était simple : au moindre rayon coupé, le système déclenche la sirène et prévient la police. Seul point rassurant : un tel dispositif implique au mieux l'absence d'animaux de compagnie potentiellement gênants, au mieux que ceux-ci sont enfermés dans une pièce précise où ils ne risquent pas de provoquer une fausse alerte.
En règle générale, les alarmes de ce type sont fournies avec une série de télécommandes permettant de les activer et désactiver depuis l'extérieur. Néanmoins, afin d'éviter aux propriétaires de se retrouver coincés hors de chez eux en cas de perte ou de panne technique desdites télécommandes, un panneau de contrôle est également installé près d'une des entrées. Hélas, aucun signe de celui-ci dans la cuisine. Restait donc deux emplacements probables : la porte principale et le garage.
Le challenge allait donc être d'explorer la maison et localiser ce panneau sans toucher un seul laser en chemin, puis s'en servir d'éteindre le système.
La partie acrobatie serait du ressort de Kin, la championne incontestée du groupe question agilité. Le temps pour elle d'attacher sa longue crinière à sa tenue, de s'équiper d'un casque conçu autrefois par leurs soins et muni entre autre d'une lampe-torche, de récupérer le matériel dont elle pourrait avoir besoin pour la suite et elle s'aventura dans le dédale de rayons rouges.
Très vite, elle comprit que le trajet le plus direct était inenvisageable et dût donc se résoudre à faire le tour. Elle se faufila donc d'abord jusqu'à la porte sur sa droite et pénétra dans le salon, là où ses amis ne pouvaient plus la voir. Avec un sang-froid à toute épreuve, elle traversa la longue salle, rampant, enjambant, se contorsionnant, progressant centimètre par centimètre, évaluant à chaque pas la route la plus prometteuse. Au terme d'une durée interminable qui mit à rude épreuve les nerfs de ses partenaires plus que les siens, elle atteignit l'autre bout de la pièce, juste à côté de l'entrée principale. Manque de chance, toujours rien en vue. Sans se décourager, elle poursuivit son périple au milieu des lasers et s'enfonça dans un couloir tout au long duquel elle examina porte après porte jusqu'à enfin trouver celle qui menait au garage. Plus que quelques mètres à franchir et enfin, elle se tenait devant son objectif.
Ce fut au tour de Dosu, le spécialiste en informatique, électronique et autres gadgets technologiques, d'entrer en jeu. À l'aide de la caméra, du micro et de l'oreillette intégrés au casque porté par Kin, il pouvait à loisir analyser le panneau, déterminer comment le pirater et la guider dans cette manœuvre. Et à en juger par l'aisance avec laquelle ils agissaient de concert, il était clair que ce n'était pas une première pour eux.
Au total, une dizaine de minutes s'écoulèrent entre le départ de Kin et l'arrêt du système d'alarme ; une prestation brillante qui épata Hidan et Shikamaru mais un poil longuette au goût du trio comparée à leurs anciens exploits, même s'ils n'étaient pas peu fiers de constater qu'ils n'avaient presque rien perdu de leur expertise.
La voie à présent dégagée, l'équipe put commencer à passer les lieux au peigne fin.
Le Nara fut à la fois ravi et contrarié de découvrir que l'ordinateur trônant dans le bureau à l'étage n'était pas protégé. Certes, cela lui facilitait la tâche pour en examiner le contenu mais d'un autre côté, cela sous-entendait qu'il ne renfermait probablement aucun document intéressant. Et en effet, les seules données un tant soit peu sensibles qu'il y dénicha étaient la comptabilité du couple qui n'avait rien de suspect au demeurant.
Il n'avait pas encore terminé qu'Hidan, occupé de son côté à fouiller la chambre, l'appela pour lui montrer quelque chose. Une photo sur laquelle apparaissait trois personnes d'une vingtaine d'années aux visages familiers : Konan entourée à sa gauche de Nagato et à sa droite d'un garçon semblable à Pein mais sans la collection de piercings, tout sourire devant un célèbre monument étranger. Une annotation au dos datait ce voyage d'une douzaine d'années, toutefois des clichés similaires confirmèrent par la suite que le trio s'était formé dès l'école primaire.
Un détail interpella Shikamaru. Au vu du nombre élevé de photos où ils étaient réunis, il était évident que tous trois se fréquentaient très régulièrement. Pourtant, le plus récent remontait à plus de deux ans et demi. Depuis, plus de Pein, comme s'il s'était volatilisé. Que s'était-il produit ? Etaient-ils en bisbille ? Cela avait-il un rapport quelconque avec leur affaire ?
Tant de questions et si peu de réponses. Ça en devenait désespérant.
L'équipe poursuivit ses recherches pendant près d'une heure, inspectant et ré-inspectant chacune des pièces pour être sûr de ne rien oublier mais en dépit de leurs efforts, ils ne mirent la main sur aucun autre élément digne d'intérêt, pas même dans le coffre-fort électronique ouvert par Dosu. Conscient qu'il était inutile de s'éterniser en vain, le Nara déclara alors qu'il était temps de mettre les voiles, non sans programmer la réactivation du système d'alarme, verrouiller la porte et refermer le volet derrière eux afin de ne laisser aucune trace de leur visite. De retour dans leurs voitures, ils prirent la direction de l'hôpital.
Déçu par ce succès en demi-teinte même s'il s'attendait un peu à ce résultat, il ne baissait cependant pas les bras.
La nuit n'était pas finie. Peut-être la chance serait-elle plus clémente envers leurs amis.
. . . . . . .
Trente minutes plus tard, l'équipe entière était de nouveau réunie devant la salle d'opération.
Un silence de mort planait sur les couloirs. Au doute qui planait quant à l'état de Sasori étaient venus s'ajouter l'échec de la capture de Pein, le triste bilan de l'infiltration chez Konan ainsi que l'absence d'activité louche dans les ruines de l'usine. Difficile d'envisage soirée plus merdique et cela se ressentait dans l'atmosphère qui se dégageait d'eux.
Lorsqu'enfin, au terme d'une angoissante éternité, les portes du bloc s'ouvrirent, révélant le rouge qui gisait inanimé sur un brancard, Kankurô se précipita aussitôt vers l'infirmière qui l'amenait jusqu'à sa chambre et la bombarda de questions. Celle-ci, probablement coutumière d'un tel accueil à la sortie d'une opération sensible, ne parut guère le moins du monde et poursuivit son chemin tout en l'informant d'un ton maternel qu'a priori son ami était hors de danger mais qu'ils devraient le maintenir en observation pendant minimum deux ou trois jours. Le rétablissement total serait en revanche plus long en raison de sa jambe fracturée et de ses côtes cassées. Elle s'abstint en revanche de tout commentaire au sujet de son cœur, préférant les renvoyer vers les chirurgiens ou le consultant qui seraient selon elle bien plus en mesure de leur répondre.
Une fois le transfert effectué, elle voulut les mettre dehors au motif qu'il fallait du calme et du repos à son patient mais elle céda néanmoins face à l'insistance du brun et accorda quelques minutes à une poignée d'entre eux, sous sa surveillance constante. Les autres devraient attendre les horaires de visite réguliers, ce qui ne les dérangeait pas trop vu que la plupart étaient moins présents pour Sasori lui-même que pour soutenir Kankurô dans cette épreuve. Parmi eux, Shikamaru et Hidan qui observaient à travers la fenêtre.
Une troisième personne vint bientôt se planter à côté du Nara en s'adressant à eux d'une voix qui ne leur était pas inconnue.
— Vous êtes toujours là ? Vous connaissez bien Sasori ?
Tournant la tête, ils reconnurent Nagato, les traits tirés, gobelet de café fumant à la main. Tous deux eurent tous deux une seconde de blocage face à l'ironie de la situation, discuter avec le type dans la maison duquel ils avaient pénétré par effraction un peu plus tôt. Conscient qu'il valait mieux laisser son petit génie d'amant gérer la situation et éviter de commettre une bourde, l'immortel resta muet.
— Un peu mais pas tant que ça. C'est surtout Kankurô qui est très proche de lui, répondit Shikamaru en désignant l'intéressé du doigt.
— Ah oui, son fameux ami marionnettiste. J'ai cru comprendre que c'est lui qui a appelé les secours.
— Hnn, confirma le Nara d'un indescriptible bruit de gorge. Il attendait dans la voiture quand l'explosion a eu lieu.
Alors qu'il achevait sa phrase, le petit groupe autorisé à rester un peu sortit de la chambre. Kankurô se dirigea aussitôt vers eux et interpella Nagato.
— Docteur Ishtar, c'est ça ? Qu'est-ce qui se passe avec le cœur de Sasori ? S'il-vous-plaît, j'ai besoin de savoir. Le chirurgien et l'infirmière n'ont rien voulu nous dire.
La mine déjà anxieuse du rouge s'assombrit. Plus étonnant, on pouvait aussi y lire de la compassion ; feinte ou sincère, mystère.
—Sasori ne t'a donc rien dit à propos de ça ?
L'air dérouté de Kankurô suffit à lui confirmer que non. Poussant un profond soupir, il reprit la parole.
— Bon, tu sais que sa spécialité est la cybernétique ? Pour faire simple, ses recherches visent à mettre au point des prothèses capables de remplacer des membres ou des organes du corps humain qui ne fonctionneraient plus. Le fait est que ce n'est pas par hasard s'il s'est orienté vers ce domaine. S'il s'investit tant là-dedans, c'est parce que lui-même en a besoin.
— Un cœur artificiel, déduisit Shikamaru à voix haute, l'air incrédule face à sa propre conclusion. Mais je croyais que cette technologie était encore au stade expérimental.
— C'est le cas, celui de Sasori n'est qu'un prototype. Il n'a jamais voulu raconter comment ça lui est arrivé mais quand on s'est rencontrés, il avait un éclat de métal logé dans le cœur qui risquait de le tuer à tout instant. C'est pourquoi, quand Asclepius a souhaité l'embaucher, il a négocié ferme : en échange de son travail, il réclamait de pouvoir mener ce projet de cœur artificiel en toute liberté et avec tous les moyens existants à sa disposition. Nous avions tous à gagner à ce qu'il survive donc l'accord a vite été validé. Etant donnée l'urgence et l'incroyable complexité de la tâche, un petit groupe dont je fais partie l'a assisté, et dès le premier prototype fabriqué, il a insisté pour que nous le lui greffions.
— Ce qui explique pourquoi l'hôpital a fait appel à vous. C'est du jamais vu pour eux.
— Précisément. Il fallait s'assurer que la prothèse n'avait pas été endommagée dans l'explosion. Je suis donc venu ici pendant que ma compagne se rendait au labo chercher les schémas techniques dont j'aurais besoin.
— Et donc, tout va bien, il va s'en sortir ? demanda Kankurô, la voix chargée d'espoir.
Nouveau soupir de Nagato, partagé entre prudence et optimisme.
— A priori oui. Je n'ai rien repéré d'anormal, tout semble fonctionner à merveille. Par sécurité, ma femme est actuellement en train de contacter les différents collègues qui ont participé à la conception et à la greffe afin que nous l'examinions à nouveau tous ensemble dès demain. Et au cas où un problème surviendrait, nous allons amener le prototype de réserve ici et j'ai déjà donné des instructions au personnel de l'hôpital pour le maintenir en vie le temps que nous soyons en mesure de procéder à remplacement d'urgence. Bref, je ne tenterai pas le diable avec une promesse mais je pense qu'il est bien parti pour s'en remettre.
Le soulagement fut perceptible sur le visage de Kankurô qui remercia le rouge pour sa franchise.
— Tout ceci reste entre nous, d'accord ? s'empressa de préciser ce dernier. Sasori est un ami, j'apprécierais beaucoup qu'il ne me fasse pas la gueule pour vous avoir révélé son secret. Et tant qu'à faire, ça nous épargnera à tous des emmerdes avec ces casses-burnes d'avocats de la boîte qui sont du genre très tatillons sur tout ce qui est secret professionnel, clauses de confidentialité et j'en passe.
Une fois obtenue l'assurance qu'ils n'en piperaient mot à personne, il s'excusa auprès de l'équipe et partit se reposer histoire d'être frais si jamais son aide était à nouveau requise. Tout en s'éloignant, il les invita à en faire de même ; de toute manière, l'anesthésie allait maintenir le rouge aux pays des rêves pour encore plusieurs heures minimum donc autant qu'ils rentrent dormir et qu'ils viennent lui rendre visite demain.
La suggestion gagna peu à peu le groupe durant les minutes qui suivirent. Le départ s'annonçait imminent lorsqu'un blondinet désormais tristement familier surgit de la chambre adjacente, l'air affolé, appelant le nom de Sasori dont il semblait être à la recherche. Celui-ci avançait avec peine en trimballant un pied à transfusion dont il s'aidait pour tenir debout, le corps recouvert de quelques bandages qui paraissaient anecdotiques comparés à ceux dont le rouge était bardé.
À sa vue, le sang de Kankurô ne fit qu'un tour. La mine abattue qu'il arborait depuis son arrivée en ces murs s'évapora. De tout son être n'émanait plus qu'une irrépressible envie de meurtre à laquelle il succomba plus vite que Naruto face à un bol de ramen.
— Enfoiré, tout ça c'est à cause de toi ! hurla-t-il en se ruant vers lui, course qui s'acheva par un violent plaquage au sol façon rugbyman.
Sa volonté de lui refaire le portrait fut avortée au bout du troisième coup de poing grâce à la prompte réaction d'Hidan – sur demande expresse de Shikamaru – qui parvint à le maîtriser avec moins de difficulté qu'il n'en donna l'impression. Malgré le torrent d'insultes dont il était la cible, Deidara ne se décontenança pas et s'adressa à Kankurô.
— Sasori est en danger, il faut l'emmener loin d'…
— On est au courant, connard ! Tu lui as fait péter un bâtiment sur la tronche, et maintenant tu veux finir le boulot !
— C'était pas moi !
— Te fous pas de ma gueule ! J'étais là, ducon, je t'ai vu actionner…
Puisant dans un soudain regain d'énergie procuré par la rage, le blond se releva, fit face au brun d'un air de défi et l'interrompit avec encore plus de fureur dans la voix que n'en avait celui-ci.
— Non, tu n'as rien vu, tu étais dehors, espèce d'abruti ! Ce n'est pas moi qui ai déclenché l'explosion, bordel !
Fin du chapitre 13 !
Vous pensiez que Sasori et Deidara étaient morts ? Ben non. Pas encore, du moins... 3:D
Que s'est-il donc vraiment passé dans l'atelier de Deidara ? Réponse au prochain épisode !
Je viens de constater que les liens vers les schémas sur mon profil ne fonctionnent plus, merci à ce cher site de participer à me compliquer la vie. -.-' Bref, je vais tâcher de régler ça au plus vite.
Le titre de ce chapitre est une référence à une musique de "Castlevania - Dawn of Sorrow", un épisode DS de la superbe série de jeux Castlevania.
Merci d'avoir lu et de laisser une review. À bientôt (j'espère) pour le chapitre 14 !
