Bonjour à toutes.
Voici la seconde partie du chapitre que je vous avais prommi. Finalement elle est tout aussi longue que la première et je ne regrette pas de l'avoir coupé en deux.
Je suis vraiment désolée pour l'attente mais j'avais tout un tas de révisions à faire pour mes examens et j'ai seulement décidé aujourd'hui de faire une petite pause pour corriger ce chapitre.

Dans ce chapitre, Atsuko fait la connaissance avec d'autres membres du Gotei13 mais tous ne sont pas amicaux envers elle. Vous pourrez aussi voir le quatrième et dernier arrancar adorpté par les shinigamis auquel je faisais allusion dans le chapitre présédent.
Vous vous rendrez aussi compte de la présence en fin de texte d'une note explicative qui avait rapport avec le chapitre 12 et que j'ai totalement oublié de remettre à sa place quand je l'ai coupé. Je suis vraiment désolée si vous l'avez cherché sans la trouver.

Bon, assez de paroles, place au chapitre.
Bonne lecture.

Chapitre 13:

UNE JOURNÉE EN VILLE.
Seconde partie.

A la fin du repas, on leur apporta du thé. Atsuko veilla à ce que Gin prenne son médicament, ce qu'il fit avec un soupir de résignation. Ils quittèrent le restaurant une fois que Gin se fut occupé de la note. Quand ils se retrouvèrent dans la rue, ils constatèrent qu'il neigeait à nouveau. De petits flocons cotonneux flottaient doucement dans le vent, mais ils fondaient dès qu'ils touchaient le sol. Atsuko s'enroula dans son manteau blanc et resserra l'étole de fourrure autour de son cou et de ses épaules. Du coin de l'oeil, elle vit Momo remonter son col de manière à camoufler la moitié de son visage. Elle se demanda si c'était pour se protéger du froid et de la neige ou des regards hargneux.

- Bon sang, il aura beaucoup neigé cette année, râla Gin.
Atsuko se tourna vers lui et le vit fermer son manteau sur son torse. Des flocons de neige s'accrochaient déjà à ses cheveux et à ses longs cils.

Ensemble, ils remontèrent la rue commerçante où se trouvait le magasin de kimonos que les filles avaient visité un peu plus tôt. La neige n'avait pas dissuadé les badauds de flâner devant les boutiques. Des regards curieux suivaient Gin. Bien que son haori ne soit pas visible sous son manteau, toute le monde savait qui il était, les capitaines étaient largement connus en ville et aussi très admirés, la plupart du temps. Izuru, suivant son habitude, marchait quatre pas derrière son capitaine, comme tous les vice-capitaines devaient le faire lorsqu'ils accompagnaient leur supérieur. Rangiku et Momo marchaient à coté de lui, laissant Gin et Atsuko seuls en avant. Après sa discussion avec la blonde, la veille, Kira essayait de décrypter le comportement de Gin envers Atsuko. Il était vrai que quand elle était près de lui, le jeune-homme se montrait beaucoup plus agréable et plus doux. Si seulement les autres shinigamis pouvaient le voir comme ça!

Trop occupés à discuter entre eux de leur matinée, Gin et Atsuko ne remarquèrent pas que les trois autres restaient en retrait. Atsuko marchait en regardant Gin qui se tenait sur sa gauche, et ne faisait pas attention où elle mettait les pieds. Elle buta sur le bord d'une dalle mal scellée et perdit l'équilibre. Elle poussa un petit cri de surprise. Avec une promptitude étonnante, due à ses réflexes aiguisés de shinigami, Gin la rattrapa et la soutint un instant.

- Ça va? Demanda-t-il, les bras entourant la taille de la jeune-femme. Tu t'es pas fait mal?
Elle secoua la tête.

- Ça va! C'est juste ma fierté qui en prend un coup.
Elle lui sourit.

- Merci, sans toi j'aurais mis le nez dans la neige.
Il relâcha son étreinte mais la tint un instant par le bras. Atsuko réajusta ses zori avant de faire quelques pas avec lui. Elle ne semblait pas boiter et l'incident la fit rire. Tandis qu'ils marchaient à nouveau cote à cote, la main de Gin glissa lentement le long du bras de la jeune-femme et atteignit sa main. Sans qu'aucun d'eux ne s'en rende compte, leurs mains se serrèrent et leurs doigts s'enlacèrent étroitement. Ce geste ne passa cependant pas inaperçu pour tout le monde. Derrière eux, Rangiku donna un coup de coude à Izuru, l'arrachant à ses pensées, et lui désigna le couple d'un geste de la tête lorsqu'il lui lança un regard intrigué. D'abord le jeune-homme ne vit pas ce que sa collègue et amie lui désignait puis sa bouche s'ouvrit pour former un "o" bien rond lorsqu'il remarqua leurs mains jointes. Momo, ayant assisté à l'échange entre les deux vice-capitaines, lança un regard intrigué vers Gin et Atsuko.

- Oh! C'est ...
Izuru la fit taire en posant doucement l'index sur ses lèvres et lui lança un regard signifiant "chut, ne dis rien!" . Elle hocha simplement la tête en réponse.

Lorsqu'ils arrivèrent au bout de la rue, ils firent une pause devant une pâtisserie. Gin et Izuru devaient regagner la troisième division, c'était le jour de l'entraînement pour toute la caserne et ils étaient toujours là pour le superviser et y participer. Gin lâcha à regret la main de Atsuko et la vit rougir un peu. Ça l'amusa.

- Bien, c'est ici que nous nous séparons, annonça-t-il. Amusez-vous bien.
Il embrassa Atsuko sur la joue.

- On se revoit ce soir à la maison, murmura-t-il à son oreille.
Elle hocha la tête.

- Sois prudent et ne laisses pas ce capitaine aux cheveux bleus te faire de mal.

- Aucun risque.
Il lui lança un sourire amusé.

- Toi, trébuches plus sur le pavage!

- Méchant, fit-elle en lui collant une petite claque sur l'épaule.
Il rit doucement puis s'éloigna en lui faisant signe.

- Tu viens Izuru! Appela-t-il.
Le blondinet embrassa Momo avant de s'élancer derrière son capitaine;

- A ce soir, Atsuko, lança Gin.
Il disparu rapidement en utilisant un shunpô étourdissant. Kira le suivit.

Pendant un instant, les trois jeunes-femmes restèrent immobiles sous la neige, observant dans la direction qu'avaient pris les deux shinigamis. Rangiku fut la première à se réveiller.

- Bon, on continue cette journée de shopping, les filles.
Atsuko et Momo se tournèrent vers elle.

- On pourrait faire quelques boutiques avant d'aller prendre un thé au Salon d'opale pour nous réchauffer. Qu'est-ce que vous en dîtes?
Momo ne répondit pas, comme si donner son avis était quelque de dangereux pour elle. Atsuko, quand à elle, regarda Rangiku lui sourire.

- Qu'est-ce que c'est, ce Salon d'opale? Demanda-t-elle alors.

- Un salon de thé absolument fabuleux, répondit la blonde avec enthousiasme. Ils font venir des pâtisseries et toute sortes de thé du monde des humains.
Atsuko fronça les sourcils.

- C'est légal, ça?

- Oui, avec les bonnes autorisations. Alors, qu'est-ce que vous en dîtes?
Atsuko approuva d'un signe de tête tandis que Momo se contenta de suivre le mouvement.

Rangiku prit une nouvelle fois la tête de l'expédition. Elle demanda à Atsuko quelle genre de boutiques elle aimerait visiter, puis fit une liste des endroits où il leur faudrait aller durant l'après midi. Elles décidèrent de descendre la rue jusqu'à la place en faisant les boutiques placées sur leur droite avant de faire celles de gauche en remontant vers la caserne de la troisième division.

Le premier magasin dans lequel la blonde les fit entrer s'avéra être une bijouterie. Atsuko resta bouche bée devant la splendeur et l'élégance des bijoux, mais elle refusa de se laisser tenter. Rangiku essaya bien de la convaincre en lui faisant présenter certaines pièces personnellement mais rien n'y fit et les trois jeunes-femmes quittèrent le magasin les mains vides, à la grande irritation des propriétaires. Rangiku songea qu'il lui faudrait en toucher deux mots à Gin. Une jolie jeune-femme comme Atsuko, qui plus est fiancée à un capitaine, devrait avoir plus que quelques épingles à cheveux en argent dans sa boite à bijoux.

Elle visitèrent ensuite un magasin de chaussures où Rangiku parvint à convaincre Atsuko d'acheter des zori pour aller avec ses nouveaux kimonos. Encore une fois, Rangiku ordonna que l'on livre les paquets aux quartiers du capitaine de la troisième division, ce qui stupéfia les employés de la boutique.

- Cette pauvre Fumiko va crouler sous les paquets sans comprendre pourquoi, remarqua Atsuko en sortant.
Les jeune-femmes remarquèrent qu'il ne neigeait plus. Ça les encouragea pour la suite de leur après midi. Passant devant une librairie, Atsuko insista pour y entrer, à la surprise de Rangiku.

- J'adore les livres, annonça-t-elle en poussant la porte.

- Ça vous fait encore un point commun avec Gin, remarqua la blonde en se grattant le front.
Atsuko était curieuse de voir quel genre de livres lisaient les habitants du Seireitei. Elle parcouru la boutique de long en large pendant que Rangiku et Momo l'attendaient en consultant quelques ouvrages qui les intéressaient. Quand Atsuko les rejoignit, elle avait les bras couverts de livres, traitant principalement des shinigamis, de leurs techniques et du Seireitei. Rangiku en conclut que la jeune-femme voulait en apprendre plus sur le monde qui l'entourait à présent.

En sortant, Rangiku montra à Atsuko une boutique qui vendait les meilleurs alcools de la ville. Elle n'y allait qu'une fois par an pour acheter une bouteille du meilleur saké du Seireitei, le jour du nouvel an. Elle ajouta avec un air de conspiratrice qu'elle comptait dorénavant y aller aussi pour la fête de la Victoire ce qui sembla choquer Momo. Les trois jeunes-femmes passèrent au large et Rangiku n'essaya même pas d'entrer dans ladite boutique.

Elles enchaînèrent avec une visite dans une herboristerie où le propriétaire utilisait les plantes et les fleurs pour confectionner parfums et des onguents cosmétiques très prisés des membres de la noblesse. Il fabriquait aussi divers parfums en mélangeant des essences entre elles. Les filles firent le tour de la boutiques en reniflant les contenus de toutes les fioles qui leurs passaient sous la main. Atsuko se demandait quel genre de parfum Gin pouvait utiliser. Il sentait toujours la menthe poivrée et elle trouvait ça vraiment sensuel et agréable. Elle se demandait si c'était dans cette boutique qu'il trouvait son parfum. Rangiku la tira de ses pensées en l'attrapant par la main et en l'amenant devant le boutiquier auquel elle demanda de trouver le meilleur mélange pour Atsuko. La jeune-femme se retrouva alors examinée par l'homme qui lui posa des questions sur ses préférences. Il finit par tirer de sa collection une fiole en verre bleu clair et la présenta à Atsuko. Elle contenait une eau de Cologne aux subtiles touches boisées de cèdre et de bois de santal. Ça plu tout de suite à la jeune-femme qui l'adopta aussitôt à la satisfaction de Rangiku.

Au moment où elles sortaient de la boutique, Rangiku entra presque en collision avec un gamin qui voulait y entrer. Il avait d'étranges cheveux blancs, en bataille, et de grands yeux verts au regard glacial. Atsuko fronça les sourcils en remarquant que non seulement il portait le shihakushô des shinigamis mais aussi un haori de capitaine semblable à celui de Gin. Il était accompagné d'une gamine de son âge qui portait un kimono et un hakama bleu foncé sous un haori aussi noir que ses cheveux.

- Aaaahhh! Capitaine, s'écria la blonde avec bonne humeur. Que venez-vous faire ici avec Karin-chan!
Le gamin lui lança un regard irrité tandis que la fille qui se tenait derrière lui rougissait un peu.

- Ça ne te regardes pas, Matsumoto, grogna-t-il
Il jeta un regard noir vers Momo. La jeune-fille recula d'un pas et baissa la tête. Elle semblait vouloir disparaître sous terre. Atsuko fronça les sourcils plus fort et se plaça devant la jeune-fille. Aussitôt, le regard froid et irrité du gamin se posa sur elle.

- J'ai entendu Abarai et Hisagi raconter à Kuro ... Shiba et à Rukia Kuchiki que tu te promenais avec la fille qui couche avec Ichimaru.

- Nous ne couchons pas ensemble, nous dormons ensemble, encore faut-il comprendre la subtile différence entre les deux.
Le gamin lança vers Atsuko un regard furieux.

- Je suis Ayamori Atsuko, fit-elle en s'inclinant. Aurais-je l'honneur de connaître votre nom, jeune capitaine.
Il serra la mâchoire pendant un instant, comme si le fait de donner son nom à la jeune-femme était un acte dégradant.

- Hitsugaya Tôshirô, capitaine de la dixième division de Gotei 13, répondit-il d'un sec.
Sa voix claquait comme un fouet.

- Je ne dirais pas que c'est un plaisir, capitaine, cingla Atsuko.
Ce qui n'arrangea pas l'humeur du gamin.

- Franchement, Matsumoto, j'attendais mieux de ta part, grogna-il à l'intention de la blonde. Te promener avec une traîtresses.
Son regard foudroya Momo qui sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Et une criminelle.
Il lança un regard dégoûté vers Atsuko.

- Je vous demande pardon, fit celle-ci avec un calme désarmant. Une criminelle? En quoi le fait de vivre avec Gin fait de moi une criminelle?
A la mention du nom de Gin, le gamin s'était mit à grincer des dents si violemment qu'on pouvait certainement l'entendre à l'autre bout de la rue.

- Ce n'est pas ça, fit Rangiku, visiblement nerveuse. En fait, nous supposons que l'effacement de votre mémoire soit du à une sentence pour un crime quelconque que vous auriez commit durant votre vie sur Terre.

- Oooh!
Atsuko resta songeuse un instant, semblant analyser l'information.

- Une criminelle? ... Peut-être en étais-je une effectivement, qui peu le dire. Mais regardes moi, petit capitaine, je ne l'étais visiblement pas suffisamment pour devenir un hollow, ni pour être envoyé en Enfer. Alors oui, peut-être que j'étais une criminelle mais ça n'a aucune importance. Qui j'étais et ce que j'aurais pu être n'ont aucune importance. Ce qui importe, c'est qui je suis maintenant et ce que je veux devenir plus tard.
Hitsugaya fronça les sourcils, visiblement désarçonné par cette tirade.

- Maintenant, dis moi en quoi Momo est une traîtresse, petit capitaine.

- Un peu de respect! Gronda le gamin en la foudroyant du regard.

- Désolée, mais de ma part, tu n'auras que le respect que j'estime que tu mérites. Et pour le moment, mon estime pour toi ne vole vraiment pas haut.
Un grognement de rage se fit entendre.

- Ouais, tu vas bien avec Ichimaru, vous ne valez pas mieux l'un que l'autre.

- J'ai beaucoup d'estime pour Gin,et il en a autant à mon égard.
Hitsugaya semblait totalement abasourdi par ce qu'il venait d'entendre.

- Nous n'avons besoin de rein de la part des autres, mentit la jeune-femme avec un aplomb stupéfiant.
Le gamin lui lança un regard où la stupéfaction remplaçait à présent la colère.

- Maintenant, si tu veux bien nous excuser, nous n'avons pas terminé notre promenade.
Atsuko prit Momo par les épaules et la poussa doucement pour la faire marcher devant elle. Rangiku se tourna vers Hitsugaya.

- Je suis désolée capitaine mais vous vous trompez. Atsuko-san est une femme vraiment extraordinaire et vous vous êtes comporté comme un goujat.
Elle tourna les talons sans laisser au gamin le temps de répliquer mais son grondement de colère la rattrapa au moment ou elle rejoignait Atsuko et Momo. Elles s'éloignèrent tranquillement sentant encore le regard furieux du petit capitaine peser sur elles.

- Je suis désolée, fit Atsuko après une minute. C'est rare quand je perd patience comme ça mais ce gamin m'a vraiment agacée. J'espère que ça ne vous posera pas de problème, Rangiku-san. Il est votre supérieur, je crois.

- Oui, il l'est, mais ne vous inquiétez pas pour moi, Atsuko-san. J'ai l'habitude de sa mauvaise humeur. Il se sera calmé demain. Enfin, si personne ne commet l'erreur de prononcer le nom de Gin devant lui.
Atsuko lança un regard interrogatif vers elle.

- Parmi les choses qui mettent le capitaine Hitsugaya en colère, le nom de Gin est certainement la plus efficace. Celui de Momo vient en second dans sa liste ... Et je suppose que le votre va être bien classé aussi, à présent.
Atsuko s'arrêta de marcher un instant, l'air soudain ennuyé.

- J'espère que je n'ai pas causé d'ennuis à Gin.
Ça fit rire Rangiku.

- Oh, non, ne vous inquiétez pas pour ça. Gin à l'habitude de traiter avec un Hitsugaya furieux. Ils ne se sont jamais entendus, ils se détestent ... Non! En fait, c'est le capitaine Hitsugaya qui déteste Gin. Gin, lui reste plutôt indifférent. Sauf quand il s'amuse à faire tourner Hitsugaya en bourrique juste pour le plaisir de le voir exploser de colère.
Atsuko haussa les sourcils avant de se dire que, quelque part, ça n'avait rien d'étonnant. Ça ressemblait bien à Gin.

- Que faisons-nous, maintenant? Demanda Rangiku.
D'un signe de tête, Atsuko désigna Momo qui marchait seule devant elle, le dos voûté et la tête baissée. Au tressautement de ses épaules les deux autres se rendirent compte qu'elle pleurait.

- On devrait faire une pause, proposa Atsuko à voix basse.
Rangiku approuva d'un signe de tête.

- Viens Momo-chan, on va au Salon d'opale.
Momo leva la main et s'essuya rapidement les yeux avant de se tourner vers elles.

- D'accord, fit-elle d'une voix tremblante.
Malgré ses efforts, elle ne pouvait empêcher sa lèvre inférieure de trembler. Les deux autres firent comme si de rien n'était et Rangiku prit Momo bras dessus, bras dessous avant de s'élancer vers le salon de thé d'un pas sautillant.

Le salon d'opale était un endroit vraiment charmant et accueillant. Lorsqu'elles entrèrent, les jeunes-femmes furent accueillis par une servante portant, non un kimono comme partout ailleurs, mais un uniforme de soubrette avec une robe noire et un grand tablier blanc orné de dentelle. Atsuko ouvrit des yeux ronds et Rangiku éclata de rire en voyant son air stupéfait lorsqu'elle lui dit que c'était la mode sur Terre. Elles furent ensuite installées à une table dans un petit box bordé de jeunes bambous plantés dans des jardinières de terre cuite. La petite table ronde était décorée d'un dessins représentant la ville et les chaises à l'occidentale étaient vraiment confortables avec leurs petits coussins rouges. Lorsque l'une des servantes en tabliers blanc vint prendre leur commande, Rangiku se chargea de demander ce qu'elle avait l'habitude de prendre quand elle venait.

- Vous allez voir, ça va vous plaire, assura-t-elle à Atsuko.
Momo regardait autour d'elle, ses yeux rougis semblaient plus morts encore que auparavant.

- Ça fait longtemps que je ne suis pas venue, fit-elle d'une voix enrouée.
Atsuko l'observa un instant.

- Tu veux bien me dire ce qui se passe, à présent, Momo-chan? Demanda-t-elle d'une voix douce. Pourquoi tous ces gens te regardent de travers? Pourquoi ce gamin aux cheveux blancs t'as qualifié d e traîtresse? Pourquoi es-tu aussi déprimée?
La jeune-file la regarda un instant puis de grosses larmes coulèrent de ses immenses yeux mornes. Atsuko ne la pressa pas de répondre, elle se contenta d'attendre qu'elle se décide toute seule.

- C'est ... parce que ... parce que je suis une ... Une garce.
Elle avait soufflé ce dernier mot avec tristesse et dégoût.

- Ça n'en a pas l'air, pourtant.
Momo semblait sur le point de fondre en larmes à nouveau.

- Je ... je ... j'ai ... j'ai couché avec lui ... Sosuke Aizen.
Atsuko reconnu ce nom, c'était celui de l'homme qui avait infligé cette cicatrice à Gin.

- Tu veux dire, le traître? Demanda-t-elle de sa voix douce.
Momo hocha lentement la tête avant d'enfouir son visage dans sa serviette et d'éclater en sanglots. Atsuko lança un regard vers Rangiku qui semblait peinée. Après quelques minutes, la jeune-fille se calma et, rassurée de n'avoir pas entendu Atsuko la traiter de salle garce comme les autres l'avaient fait, elle enchaîna d'elle même.

- J'étais le vice-capitaine de la cinquième division, à ce moment là, et il était mon supérieur. Je n'imaginais pas qu'il puisse être un traître, personne ne pouvait l'imaginer. Le capitaine Aizen était toujours si gentil, doux et prévenant. Il m'avait protégé quand nous avons eu cet accident à l'académie, Abarai, Izuru et moi. J'étais sous son charme, parce que du charme, il en avait. J'ai redoublé d'efforts pour être diplômée de l'académie et entrer dans sa division. Quand ce jour est arrivé, quand j'ai lu "incorporée à la cinquième division" écrit sur mon affectation, j'étais si heureuse, mon rêve se réalisait enfin. Et puis, il s'est intéressé à moi. Il m'a aidé à progresser et à devenir plus forte, jusqu'à ce que je puisse devenir son vice-capitaine, quand le capitaine Ichimaru a été promu capitaine de la troisième division. J'étais vraiment heureuse.

"Cette nuit là, le Seireitei était en état d'urgence suite à l'invasion de ce que nous appelons des Âmes errantes, qui étaient entrées sans permission afin de sauver Kuchiki Rukia de l'exécution qui l'attendait. J'ai toujours détesté me battre et je détestait les situations de crise. J'étais particulièrement nerveuse. Je n'arrivais pas à dormir alors je suis allé demander conseil au capitaine Aizen. Sa présence m'a toujours rassuré. Il était en train d'écrire une lettre qui allait plus tard m'obliger à me retourner contre mon meilleur ami, le capitaine Hitsugaya.

- Quoi, Hitsugaya, le gamin de tout à l'heure? Interrompit Atsuko. Il m'a semblé qu'il ne t'aimait pas vraiment.
Momo baissa la tête et serra les poings sur son kimono.

- C'est parce que je l'ai trahi. J'ai trahi la confiance qu'il avait en moi. Cette nuit là, lorsque j'ai rejoint Aizen dans sa chambre, je l'ai aussi rejoint dans son lit.

"Je l'aimais depuis des années, depuis la première fois que je l'avais vu en fait et je croyais qu'il m'aimait. Il m'avait dit qu'il m'aimait, mais c'était faux. J'ai couché avec lui et le lendemain, il se faisait passer pour mort pour mieux nous piéger. Il avait mit son propre assassinat en scène. En voyant son corps ensanglanté épinglé au mur de la tour principale de la première division par son propre zanpakutô, je suis devenue comme folle. Les soupçons se tournaient vers le capitaine Ichimaru. Dans un moment de folie, je l'ai attaqué et Izuru s'est interposé entre nous. Au début j'ai cru qu'il voulait protéger le capitaine Ichimaru mais en réalité, c'est moi qu'il protégeait. Gin-san est si puissant. Il aurait pu me pulvériser rien qu'en claquant des doigts s'il l'avait voulu, mais il n'en a rien fait. Il a laissé Izuru régler l'affaire. Même plus tard, quand Aizen lui a ordonné de me tuer, il ne l'a pas fait. Il aurait pu nous tuer Hitsugaya et moi, mais il ne l'a pas fait. C'est seulement maintenant que je réalise à quel point il lui aurait été facile de se débarrasser de nous, mais lui aussi nous protégeait.

"Le jour où Aizen a révélé son véritable visage, le jour où il est partit pour Hueco Mundo, il a essayé de m'assassiner. Il m'a poignardé avec son sabre et il a aussi gravement blessé Hitsugaya. Lui s'est remit facilement, grâce au capitaine Unohana, mais moi, j'étais plongé dans un tel état de désespoir que j'avais perdu toute envie de vivre. J'ai faillit mourir. Unohana s'est occupée de moi jour et nuit pendant des semaines jusqu'à ce que je me réveille enfin, mais je n'étais plus rien sans lui. Je ne voulais plus vivre. Je ne voulais pas croire que c'était vrai que mon capitaine adoré avait trahi tout le monde après avoir essayé de m'assassiner. Tout mon monde s'effondrait autour de moi.
Elle marqua une pause, essuya ses yeux d'où coulaient encore de grosses larmes.

- C'est à ce moment que le capitaine Unohana m'a appris que j'étais enceinte.
Atsuko ouvrit des yeux immenses mais ne dit rien. A ce moment, la serveuse revint avec la commande. Momo resta silencieuse le temps qu'elle installe les tasses et les plats sur la table et s'en aille de son pas léger. La jeune-flle jeta un coup d'oeil à ce qu'il y avait devant elle. Rangiku lui servit une tasse de thé au jasmin et lui conseilla de boire. Elle obéit et la chaleur du breuvage lui fit du bien. Il apaisa un peu le froid qu'elle ressentait au fond d'elle.

- Enceinte d'Aizen? Soupira Atsuko.

- Oui, admit la jeune-fille en baissant la tête.
Pendant un instant personne ne dit rien mais Momo n'osait pas relever la tête de peur de voir le dégoût dans les yeux de Atsuko.

- Après tout a commencé à s'effondrer. Tout le monde était furieux contre moi. La veille j'étais encore la fragile et naïve petite victime du traître. Le lendemain, j'étais devenue sa putain, une traîtresse tout comme lui. Tous mes amis m'ont tourné le dos, à commencer par Hitsugaya. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée toute seule, complètement désespérée. Les capitaines ont décidé que dans ces conditions je ne pouvais plus être une shinigami. Ils m'ont retiré mon grade et mon rang de shinigami et m'ont pris mon zanpakutô. Ils ont scellé mon reiatsu et m'ont placé sous surveillance. Mais les lois du Seireitei interdise à quiconque n'est pas un shinigami ou un membre de la famille d'un shinigami ou d'un clan de la noblesse de rester au Seireitei. Il fallait trouver un moyen de me garder. Ils ont alors eut l'idée de me marier à un shinigami mais personne ne s'est présenté, sauf Izuru. Notre mariage n'a rien de romantique. C'est une ruse de Yamamoto.

"J'ai sombré dans une dépression dont je n'arrive toujours pas à me sortir. J'ai essayé de me débarrasser du bébé, j'ai faillit mourir à cause de ça. Quand j'ai appris qu'Aizen avait été vaincu et tué par le capitaine Ichimaru, j'ai voulu mourir. J'ai essayé de me suicider mais je n'ai pas réussi. Pendant que j'étais à l'hôpital, j'ai profité de l'état de faiblesse du capitaine Ichimaru, qui était gravement blessé, pour essayer de l'assassiner. J'ai eu de la chance qu'il refuse qu'on me poursuive pour mon geste. Depuis, je m'enferme chez moi pour ne plus croiser les regards mauvais et dégoûtés des autres. Je sais qu'ils me haïssent et qu'ils seraient vraiment content si je disparaissais avec l'enfant que je porte.
Elle se tut. Il y eut un long silence. Momo sentait que le regard de Atsuko était posé sur elle. Elle leva lentement la tête pour la regarder et fut surprise de voir que dans les yeux de saphir de la jeune-femme, il n'y avait ni colère, ni haine, ni dégoût. Juste de la tristesse. Elle tendit les bras et attira la jeune-fille contre elle.

- C'est une affreuse histoire, Momo-chan. Je comprend pourquoi tu a l'air si déprimé. Mais tu n'y es pour rien.
Momo fut stupéfaite par ces mots.

- Tu aimais sincèrement cet homme et tu n'avais aucune raison de te douter que le capitaine doux et attentionné n'était qu'une façade. Tu as été trompé par un salaud, tu n'es pas la première à qui ça arrive.
Elle relâcha son étreinte et la jeune-fille se redressa.

- Ce sont les shinigamis qui sont des imbéciles. Je m'en doutais déjà à la façon dont ils traitent Gin, mais là, c'est une confirmation. Des tas de jeunes-filles sont piégées par des salauds qui se servent d'elles avant de les abandonner. Il en a partout dans Rukongai, et aussi sur Terre, j'en suis certaine. Ce n'est pas une raison pour les mettre en prison ou les traiter comme les shinigamis t'ont traité. Ce sont eux qui devraient avoir honte de leur comportement. Ils auraient dû t'épauler et non te rejeter. Mais la lucidité n'est pas leur principale qualité, c'est certain.

- Merci dame Atsuko.

- Je t'en pries! Si tu as besoin de parler à quelqu'un, je suis là pour t'écouter.
De nouvelles larmes coulèrent sur le visage de la jeune-fille. Elle se rendait compte que déballer ainsi une partie de tout ce qu'elle avait sur le coeur lui avait fait du bien. Ça apaisait un peu sa tristesse et son dégoût d'elle même. Ça parvenait même à adoucir la douleur d'avoir vu Hitsugaya avec cette fille.

Pendant un moment, elles restèrent silencieuses. L'ambiance joyeuse de leur début d'après midi s'était soudain envolée. Il fallait dire que le récit de Momo n'avait rien de réjouissant. La jeune fille sembla s'en rendre compte.

- Je suis désolée. J'ai brisé l'ambiance avec mon histoire.

- Ce n'est rien, fit Atsuko avec un sourire rassurant. Il y a des choses qui doivent être racontées, même si c'est désagréable à dire ou à entendre.
Momo baissa la tête et et fixa les yeux sur ses mains posées sur ses genoux.

- N'y pensons plus, ordonna Atsuko. Manges quelque chose, tu es toute pale.
La jeune-fille hocha silencieusement la tête et prit la fourchette posée prés de son assiette de pâtisseries.

A la surprise de Atsuko, tout était vraiment délicieux. Le thé parfumé et sucré était merveilleux. Il réchauffa agréablement les jeunes-femmes encore transies de froid. Les pâtisseries se révélèrent être un véritable régal, Atsuko n'en avait jamais mangé de telle dans sa vie. Peu à peu, la morosité provoquée par le récit de Momo s'évapora et la bonne humeur revint. Rangiku riait de bon coeur à l'une de ses propres blagues lorsqu'un homme arriva derrière elle et lui saisit les épaules de ses mains. Elle se retourna vivement, soudain sur la défensive.

- Alors, on s'amuse bien, Rangiku-chan?

- Capitaine Kyoraku!
Le visage de l'homme était à moitié camouflé sous un chapeau conique mais Atsuko pouvait voir sa bouche et son menton couvert d'une légère barbe. Il portait aussi un kimono bleu parsemé de roses blanches posé sur ses épaules par dessus son shihakushô et son haori de capitaine à manches longues (2). Il avait vraiment l'air d'un original.

- Je ne vous ai pas sentit approcher, fit Rangiku. Vous camouflez encore votre reiatsu pour échapper à Nanao?
L'homme ne l'écoutait pas. Il était tourné vers Atsuko et un petit sourire s'étalait sur ses lèvres.

- Tu ne me présentes pas ton amie, Rangiku-chan?

- Bien sûr!
La blonde se tourna alors vers Atsuko.

- Kyoraku Shunsui, capitaine de la huitième division du Gotei 13, voici Ayamori Atsuko.

- Enchantée de faire votre connaissance, capitaine, déclara Atsuko en inclinant la tête.

- Pas tant que moi.
Il se jeta à genoux près d'elle et prit galamment l'une des mains de la jeune-femme dans la sienne avant d'y déposer un baiser.

- Mademoiselle, vous êtes charmante!
Atsuko ouvrit des yeux immenses et bafouilla quelque chose d'incompréhensible. Elle n'eut cependant pas à chercher un moyen de se débarrasser du dragueur invétéré, Rangiku s'en chargea pour elle. La blonde bondit sur ses pieds et attrapa le chapeau de paille pour coller une petite claque sur le dessus de la tête de Kyoraku.

- Pas touche, s'écria-t-elle. Atsuko est la fiancée de Gin.

- Quelle dommage, fit l'homme au kimono bleu.
Il se releva et récupéra son chapeau.

- Vous êtes vraiment la fiancée de Ichimaru?

- Oui, mentit la jeune-femme. Mais ce n'est pas encore officiel.

- Les meilleures choses vont toujours à ceux qui les méritent le moins, soupira Kyoraku.
Le regard rieur et bienveillant qu'il posa sur Atsuko laissèrent comprendre à cette dernière qu'il plaisantait. Ce Kyoraku ne semblait pas homme à détester les autres, même quand tout le monde semblait l'y pousser. Il n'était pas comme ce gamin aux cheveux blancs.

- Que faites-vous ici, capitaine? Demanda Rangiku en se rasseyant. Ce n'est pas le genre d'endroit où vous venez habituellement.
Le curieux personnage préféra ne pas répondre. Il se tourna vers un autres shinigami qui arrivait derrière lui à pas lents.

- Bonjour, capitaine Stark, fit Rangiku avec un sourire.
Elle se tourna de nouveau vers Kyoraku.

- Je comprend pourquoi vous ne voulez pas que Nanao vous retrouve. Elle vous a interdit de paresser avec Stark, pas vrai?
Le nouveau venu étouffa un bâillement d'une main gantée de blanc. Il ressemblait à Kyoraku d'une façon frappante, sauf en ce qui concernait ses cheveux plus courts, qu'il laissait tomber sur ses épaules, et son air plus ennuyé et endormi que vraiment bienveillant. Atsuko remarqua qu'il portait un fragment de mâchoire sous le menton et ça lui rappela immédiatement le type au cheveux bleus croisé le jour de sa sortie de l'hôpital.

-Stark est le capitaine de la neuvième division, annonça Rangiku. Atsuko est ...

- Oui, oui, j'ai entendu, interrompit-il d'une voix traînante. Mademoiselle est la fiancée de Gin-sama.
Atsuko se demanda pourquoi il appelait Gin par son prénom et y accolait le suffixe honorifique alors que tous les autres l'appelaient "Ichimaru" ou "capitaine Ichimaru" avec un dédain évident.

- C'est un honneur, déclara Stark en s'inclinant.
Un peu surprise, Atsuko se contenta de hocher la tête.

- Gin-sama a bon goût, remarqua-t-il en observant la jeune-femme.
Elle se sentit rougir.

- Arrière, dragueur à deux yens, intervint Rangiku.
Kyoraku éclata de rire. Rire qui s'étrangla dans sa gorge lorsqu'il sentit un reiatsu furieux qui s'approchait du salon de thé.

- Aaaaahhhh! Nanao-chan! S'écria-t-il.
Il se tourna vers la tablée.

- Désolé mais je dois vous quitter. Mademoiselle Atsuko, au plaisir.
Et il s'éclipsa si vite qu'il sembla disparaître comme par magie, laissant les autres un peu ahuris. Moins d'une minute plus tard la porte de l'établissement s'ouvrit, laissant passer une jeune-femme en uniforme de shinigami. Son regard scanna la salle avant de s'arrêter sur la table où se trouvaient les trois jeunes-femmes et le capitaine. Elle s'avança aussitôt vers eux, d'eux pas décidé, les sourcils froncés derrières ses lunettes cassées.

- Bonjour, Nanao-chan, lança Rangiku avec bonne humeur.
La nouvelle venue se planta face à eux et les fixa d'un regard furieux. Atsuko remarqua qu'elle avait une coupure à l'extrémité du sourcils droit et sur la pommette, juste en dessous, un bleu qui datait de plusieurs jours.(3)

- Bonsoir, répliqua la jeune-femme d'un ton sec. Où est le capitaine Kyoraku?

- Je ne l'ai pas vu depuis hier, mentit la blonde. Tu veux prendre un thé avec nous?
Sans répondre, Nanao Ise tourna son regard acéré vers Momo qui se perdit un instant dans l'intense contemplation du fond de sa tasse. Lorsque les yeux accusateurs de la jeune-femme se posèrent sur elle, Atsuko se contenta de lui sourire amicalement. Enfin, la vice-capitaine de la huitième division se tourna vers Stark qui ne perdit pas pour autant son air ennuyé et endormi.

- Où est le capitaine Kyoraku?

- Sais pas, mentit l'arrancar sans rougir. Je ne l'ai pas vu de la journée.
Nanao leur lança à tous un regard suspicieux.

- Si vous le voyez, dites lui de rentrer immédiatement à la caserne. Il a le planning des missions et des entraînement à vérifier et le budget annuel de la division à établir. Ça fait trois jours qu'il remet son travail au lendemain.
Ça semblait irriter la jeune-femme au plus haut point. Elle tourna les talons et s'en alla à la poursuite du fuyard.

- Kyoraku l'a échapper bel, soupira Stark.
Il lâcha un long bâillement qu'il camoufla derrière sa main.

- Bon, je dois vous laisser, annonça-t-il. Nanao m'a fatigué. J'ai besoin d'une sieste.
Et il s'en alla sans un mot de plus.

- Une sieste?

- Stark et Kyoraku passent pour être les capitaines les plus faignants du Gotei 13, révéla Rangiku. A croire qu'ils font un concours de celui qui fera la plus longue sieste, pendant leurs heures de travail, bien sûr.

- Bien sûr, répéta Atsuko avec un petit sourire. Sinon ce ne serait pas drôle!

- Depuis qu'ils ont sympathisé, Nanao devient complètement chèvre. Il n'y en pas un pour rattraper l'autre!

- Ils ne sont pas frères? Il y a comme une ressemblance.

- Non, il n'y a aucun lien entre eux, répondit Rangiku. Kyoraku appartient à l'une des plus importantes familles noble du Seireitei et Stark est un arrancar.
Atsuko haussa les sourcils.

- Ils ne sont pas nos ennemis?

- Plus maintenant. Ils se sont alliés à nous quand ils ont découverts que Aizen avait l'intention de les trahir, eux aussi et de les détruire tous pour réaliser ses plans bancals. Quatre d'entre eux ont survécu et sont restés au Seireitei.
Atsuko se contenta de hocher la tête en silence.

La lumière commençait à baiser sérieusement à l'extérieur et Rangiku décida qu'il était temps de renter. Les jeunes-femmes quittèrent le salon de thé et revinrent vers la caserne de la troisième division. Il neigeait à nouveau et les badauds avaient déserté la rue. Quelques shinigamis se promenaient ça et là ou faisaient leurs rondes dans les rues. Le froid était plus intense que durant la journée et un vent tranchant balayait la ville. Elles furent soulagées de voir la masse sombre et les fenêtres lumineuses de la caserne. Lorsqu'elles passèrent la grande porte frappée du 3 et qu'elle se retrouvèrent dans le hall, elle se sentirent soulagées d'échapper au vent glacial. Même s'il ne faisait pas encore très chaud dans les couloirs du bâtiment, le chauffage venant juste d'être rétabli, il était quand même agréable de ne plus sentir ce vent.

Elles marchaient dans les couloirs, en direction des appartements de Gin, lorsque Rangiku attrapa Atsuko par la manche de son kimono. La jeune-femme se retourna et interrogea la blonde du regard. Celle-ci resta muette un instant avant de demander:

- Vous sentez ça? Le reiatsu de Gin, je veux dire.

- Ce serait difficile de ne pas le sentir.
L'énergie du jeune-homme se faisait ressentir dans toute la caserne avec une telle intensité qu'elle était presque palpable. Elle couvrait presque un autre reiatsu que Atsuko ne connaissait pas mais qu'elle trouvait vraiment déplaisant dans sa rudesse, sa violence et son étouffante puissance.

- A qui appartient l'autre reiatsu? Demanda-t-elle.

- Le capitaine de la onzième division, Grimmjow Jaggerjack, répondit Rangiku.
Atsuko reconnu le nom du type aux cheveux bleus, celui qui voulait affronter Gin.

- Lui aussi c'est un arrancar, ajouta Rangiku pensive.
Cette nouvelle n'était pas pour rassurer Atsuko.

- Venez, fit soudain la blonde, on va aller voir.
Et elle entraîna Atsuko par le bras vers des couloirs de la caserne que celle-ci ne connaissait pas. Elles ne croisèrent personne sur leur chemin, tous les shinigamis de la troisième division avaient suspendu leurs occupations habituelles pour se regrouper dans la salle d'entraînement ou leur capitaine affrontait celui de la onzième division. Même si ce n'était que pour s'entraîner, leur combat intéressait tous les shinigamis de la caserne. Depuis qu'il avait vaincu Aizen, Gin n'avait pas souvent donné d'occasions à ses hommes de le voir en action.

Atsuko fut stupéfaite pas la taille de la salle d'entraînement qui occupait toute la surface de la caserne mais en sous-sol. Les lieux étaient éclairés par de nombreuses lampes qui produisaient une lumière dorée un peu tremblotante. Les tatamis étendus sur le sol étaient usés, des déchirures dues à des coups de zanpakutô avaient été réparé sur la plupart d'entre eux et ça et là des taches de sang brunies étaient encore visibles. Il régnait une odeur étrange et désagréable, mélange de sang et de sueur. Des shinigamis de la troisième division et quelques uns venus de la onzième s'entassaient dans les gradins décorant trois des cotés de la salle mais beaucoup plus restaient debout dans les coins en essayant de se tenir aussi loin que possible des deux combattants qui s'affrontaient au centre de la salle. Un brouhaha incroyable parvenait à couvrir les tintements des zanpakutô s'entrechoquant et les paroles que les deux adversaires échangeaient. Atsuko entendit même trois shinigamis à l'allure de brutes épaisses passer des paris sur l'issue du combat.

- Kira est là bas, annonça Rangiku en forçant la voix pour se faire entendre.
Elle entraîna les deux autres dans un coin ou Kira se tenait en compagnie de trois autres shinigamis. Le blondinet, assit sur un banc, avait la petite vice-capitaine aux cheveux roses installée sur ses genoux. Elle léchait une sucette d'un air ravi et le nombre de papiers de bonbons jonchant le sol autour d'eux laissait imaginer qu'elle n'en était pas à sa première sucrerie de la soirée. Debout à coté d'eux, Atsuko put voir deux personnages étranges. Un grand chauve qui tenait son zanpakutô dans son fourreau posé sur son épaule et un homme ... Une femme? ... Non, non! C'était bien un homme, à la coupe au carré ayant des plumes collées sur le visage. Malencontreusement, Yachiru fut la première à remarquer la présence des trois femmes.

- Yaaahhh!s'écria-t-elle. Ma copine!
Elle se leva d'un bond et se jeta sur Atsuko avant que Izuru ait le temps de la retenir. Elle sauta dans les bras de la jeune-femme avec tant d'exubérance que Atsuko serait certainement tombée si Rangiku ne l'avait pas retenu.

- T'es venue jouer avec moi? Demanda la gamine en lui faisant de grands yeux implorants.

- Je crains que non, répondit Atsuko avec douceur. Je suis juste venu pour voir Gin.
La gamine eut une moue boudeuse.

Un fracas de bois brisé se fit entendre. Distrait par les cris de Yachiru, Gin avait momentanément oublié le combat pour regarder la gamine se jeter dans les bras de Atsuko. Il n'eut pas le temps de se maudire. Profitant de sa distraction, Grimmjow fondit sur lui et le projeta au travers d'un panneau de bois. Il entendit aussitôt Atsuko crier son prénom. Il se releva en pestant silencieusement. Du sang coulait de son front, le long de son visage, et souillait son haori.

- Ta copine a l'air de s'inquiéter pour toi, nargua Grimmjow.
Gin ne répondit et revint à la charge, histoire de faire taire cet insolent arrancar.

Atsuko plaqua la main sur sa bouche lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait crié. Quelques regards se tournèrent vers elle et elle devient bientôt le centre d'intérêt des shinigamis les plus proches. Certain d'entre eux se désintéressèrent du combat pour observer la jeune-femme qui avait osé appeler leur capitaine par son prénom.

- T'en fais pas pour Foxy-san, intervint Yachiru. Il va bien. Kitty-kun ne va pas lui faire de mal. Il fait juste ça pour s'amuser.
Ça n'était pas vraiment pour rassurer Atsuko.

- Tais-toi, tu va lui foutre la trouille, intervint le chauve. Elle a vraiment pas besoin de tes remarques idiotes!
La gamine se tourna vers lui l'air furieuse.

- On t'as rien demandé boule de billard! S'écria-t-elle.
Le chauve sembla se gonfler de colère.

- Du calme Ikkaku, intervint l'autre. Tu sais comment elle est!
A ce moment, Izuru tira un sachet de papier de son shihakushô.

- Kusajishi-chan, regardez, j'ai encore des caramels!

- Des caramels, où ça! S'écria la gamine en se ruant vers lui.
Elle attrapa le paquet et s'enfourna une telle poignée de bonbons dans le bec qu'elle faillit s'étouffer.

- Good timing Kira-kun, remarqua Yumichaka Ayasegawa avec un clin d'oeil vers le blond.

- Ouais, grommela Madarame. Elle va se tenir tranquille maintenant.
Atsuko ne fit pas attention à leur manège, elle était trop occupée à observer Gin pendant qu'il se battait face à cet autre capitaine. Ça avait beau n'être qu'un entraînement, aucun deux ne semblait vouloir laisser l'autre prendre l'avantage. Gin bougeait avec rapidité, aisance et légèreté, il parait les attaques de son adversaire sans difficulté et répliquait aussitôt. L'arrancar aux cheveux bleus semblait avoir du mal à suivre le rythme que lui imposait le jeune-homme. Il y avait quelque chose de félin dans leur façon de se battre mais Gin était vraiment impressionnant. Atsuko n'en revenait pas. Elle était subjuguée.

L'échange dura encore un quart d'heure avant que les deux adversaires ne rendent les armes. Bien que Grimmjow clama qu'ils avaient fait jeu égal, il était évident pour tout le monde, tout du moins pour toute la troisième division, que Gin l'avait aisément surpassé, en dépit de sa coupure au front. Les deux adversaires se concertèrent un instant, puis Gin abandonna Grimmjow et s'approcha de Atsuko, Rangiku et Momo. Izuru lui amena une serviette avec laquelle Gin put s'éponger le visage et le cou et se débarrasser du sang qui souillait son visage et poissait se cheveux.

- Vous êtes là depuis longtemps, demanda-t-il en frottant ses cheveux humides.

- Depuis le moment où Yachiru s'est mise à hurler, fit Rangiku avec un sourire en coin.
Gin fit comme s'il n'avait pas remarqué son regard moqueur. Il se tourna vers Atsuko et fut surpris de constater qu'elle semblait en colère.

- Ça va pas?

- Ce serai plutôt à moi de te poser cette question, répondit-elle. Tu es vraiment imprudent. Tu n'aurais jamais dû te démener comme ça après avoir été si malade hier.
Elle posa la main sur son front. Gêné, il se hâta de lui saisir la main et de l'obliger à la baisser.

- Atsuko, fit-il d'un ton sec. Qu'est-ce qui te prend? Tu veux me faire passer pour un gamin devant mes hommes?
Autour d'eux, des shinigamis les regardaient avec des yeux ronds et quelques rires moqueurs se firent entendre, surtout au sein de ceux de la onzième division. Gin était furieux.

- Vous remontez à la maison? Demanda-t-il d'une voix où perçait la colère. Je vous y rejoins dans cinq minutes, j'ai encore quelques trucs à régler.
Il tourna les talons et s'en alla d'un pas vif.

- Il est en colère, remarqua Rangiku.

- Pas tant que moi, répliqua Atsuko.
Sous le regard de la blonde, elle se tourna vers l'escalier et quitta la salle d'entraînement sans se retourner.

- Première querelle d'amoureux, fit la blonde avec un sourire. C'est si romantique.

- Je trouve ça plutôt inquiétant, fit Momo, le regard toujours tourné vers les escaliers.

- Ne t'inquiètes pas, Momo-chan, il ne lui fera rien.
Momo se tourna vers la blonde.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, Rangiku-san. Ce serai vraiment dommage qu'ils se disputent et se séparent.

- Ça n'arrivera pas, tu peux me faire confiance.
Sur ces mots, Rangiku quitta la salle d'entraînement, Momo sur ses talons.

Atsuko avait parfaitement su retrouver son chemin dans les couloirs de la caserne et se retrouva rapidement devant la porte des appartements de Gin. Fumiko vint lui ouvrir et la fit entrer dans la salle après l'avoir débarrassé de son manteau blanc et de son étole de fourrure.

- Votre journée c'est bien passée, dame Atsuko?

- Oui, très bien, répondit la jeune-femme un peu plus sèchement qu'elle aurait voulu.
La gouvernante nota le ton mais ne dit rien, elle rangea le manteau tandis que Atsuko se rendait dans sa chambre. D'un geste sec, elle dénoua son obijime et le laissa tomber sur le sol.

Elle était vraiment furieuse. Comment pouvait-il lui reprocher de s'inquiéter pour lui? Comment pouvait-il faire passer le regard des autres avant sa propre santé? Était-il stupide? Ou simplement orgueilleux?

Elle entendit la porte d'entrée et des voix dans la salle principale. Elle ne voulait même pas savoir de qui il s'agissait. Elle laissa tomber son obi et son obijime pêle-mêle sur le sol et retira le kimono. A ce moment quelqu'un frappa à la porte. N'espérant pas que ce soit Gin venant s'excuser, Atsuko ne répondit pas.

- Dame Atsuko, fit la voix de Fumiko, dame Rangiku et dame Momo sont là.

- J'arrive dans cinq minutes, répondit-elle.
Elle entendit les pas de la gouvernante sur les tatamis. Elle se dirigea vers ses malles et y prit un yukata gris orné de petits papillons bleu clair qu'elle enfila rapidement. Lorsqu'elle arriva dans la salle, Rangiku et Momo étaient toutes deux assises à table et attendait que Fumiko leur amène un pichet de saké pour l'une et une tasse de thé pour l'autre.

- Déjà prête à aller au lit? Remarqua Rangiku avec un sourire en coin. Vous planifiez une réconciliation sur l'oreiller?

- Certainement pas! Rugit Atsuko.

- Du calme, je disais ça pour plaisanter.
Atsuko se laissa tomber sur un coussin entre la blonde et la brune.

- Excusez-moi, je n'aurais pas du m'emporter contre vous.

- C'est rien, répondit Rangiku en agitant la main. Je sais que les querelles d'amoureux sont irritantes et frustrantes.
Il y eut un instant de silence.

- Gin peut-être un parfait idiot parfois.

- J'ai cru remarquer, répondit Atsuko.
Fumiko entra et déposa un plateau sur la table avant de retourner en cuisine. Elles entendirent la porte d'entrée s'ouvrir à ce moment là et Fumiko accueillit Gin. Le jeune-homme ne tarda pas à faire son apparition dans la salle. Les trois jeune-femmes se tournèrent vers lui mais il ignora Rangiku et Momo pour se planter près de Atsuko. Elle leva la tête vers lui et son regard se posa aussitôt sur la compresse pliée plaquée sur sa coupure au front. Le jeune-homme n'y fit pas attention.

- Ne fais plus jamais ça devant mes hommes, ordonna-t-il d'un ton sec.
Atsuko se leva pour lui faire face.

- Et pourquoi ça?

- Je n'ai pas besoin d'être materné devant ma division. De quoi j'ai l'air? Tu m'as humilié.

- Oh, excuses-moi! Répliqua Atsuko d'un ton qui indiquait clairement qu'elle ne comptait pas du tout s'excuser.
Gin fut surpris par sa véhémence.

- J'ignorais que ta stupide fierté avait plus d'importance que ta santé, continua Atsuko sur le même ton. Je m'en souviendrai la prochaine fois que je m'inquiéterai pour toi.
Sur ses mot, elle tourna les talons et se réfugia dans sa chambre en claquant les portes derrière elle. Gin fixa la porte fermée avec stupéfaction, les yeux grands ouverts.

- Tu n'es qu'un idiot, assena Rangiku. Elle a essayé de le cacher mais elle s'est inquiétée pour toi toute l'après midi. Je pense qu'elle ne voulait pas que tu affrontes Grimmjow après avoir été malade hier.
Il ne fit aucun commentaire. Il ouvrit la porte et entra dans la chambre. L'autre porte était fermée elle aussi mais un peu de lumière filtrait par l'embrasure. Il la fit coulisser et trouva Atsuko occupée à étendre le kimono gris sur sa tringle. Elle lui tournait le dos mais elle savait parfaitement qu'il était là. Elle ne daigna cependant pas se tourner vers lui.

- Tu t'inquiètes vraiment pour moi? Demanda-t-il d'une voix plus douce.

- Evidemment, quelle question! Répondit-elle sans se retourner.
Gin s'approcha d'elle et passa les bras autour de sa taille avant de l'attirer contre lui et de la plaquer contre son torse. Il enfouit son visage dans le cou de la jeune-femme. Atsuko aurait bien voulu se retourner pour lui coller une bonne gifle mais elle ne pouvait pas. Elle était comme paralysée.

- Je suis désolé, avoua-t-il d'une voix sourde. Je n'ai pas l'habitude que quelqu'un puisse s'inquiéter pour moi. Habituellement, on m'ignore, dans le meilleur des cas.
Ce simple aveu suffit à faire tomber d'un seul coup la colère de la jeune-femme. Avec un soupir, elle se cala contre lui. Il resserra son étreinte.

- J'essaierai de faire en sorte que tu ne t'inquiètes plus pour moi, murmura-t-il.

- Idiot! Tu sais bien que c'est impossible. Les shinigamis savent trop bien se mettre en danger.
Il ne pouvait pas le nier.

- Tu es encore fâchée?

- Non.
Même sans le voir, elle su qu'il souriait. Il releva la tête avant de lui embrasser la joue. Elle sentit ses bras se desserrer et ses mains glisser le longs de ses bras.

- Viens, fit-il en lui prenant les mains. Rangiku et Momo nous attendent.
Avec un soupir, Atsuko se retourna et se retrouva nez à nez avec lui. Il lui adressa un sourire auquel elle ne pu s'empêcher de répondre. Ils retournèrent dans la salle principale.

- Vous êtes déjà réconciliés, demanda Rangiku en les voyant arriver.

- On peu dire ça.
Gin s'assit en tailleur sur un coussin pendant que Atsuko s'agenouillait face à lui. Pendant un moment, tous les quatre sirotèrent leur boisson en discutant de ce qui c'était passé durant l'après midi. Gin ne put retenir un grognement au récit de la rencontre avec Hitsugaya mais il ne fit aucun commentaire. En revanche, savoir que Nanao poursuivait encore Kyoraku dans tout le Seireitei pour le remettre au travail l'amusa beaucoup.

Ils discutaient de l'entraînement lorsque quelqu'un frappa à la porte. Pendant un instant, leur conversation cessa et ils purent entendre Fumiko se hâter d'aller ouvrir. Elle vint aussitôt dans la salle pour annoncer l'identité du visiteur.

- Le vice-capitaine Kira, maître Gin, et le capitaine Jaggerjack.
Atsuko remarqua qu'elle n'était pas la seul à trouver que le nom de l'arrancar aux cheveux bleus était imprononçable. Gin se demanda ce qu'ils venaient faire chez lui tout en faisant signe à la gouvernante de les faire entrer. Celle-ci s'exécuta aussitôt.

- Bonsoir, annonça Izuru en entrant. Excusez moi de vous déranger, capitaine. Je viens chercher Momo, il est temps de rentrer.
La jeune-fille rougit avant de se lever.

- Moi, chuis venus te rendre ça, fit Grimmjow. Yachiru l'a chipé dans ton bureau, je crois.
Il lança un objet vers Gin qui l'attrapa au vol. Atsuko ne put voir ce dont il s'agissait car le jeune-homme le posa sur ses genoux, sous la table.

- Vous voulez boire quelque chose? Proposa-t-il.

- J'aimerai bien, répondit Grimmjow, mais c'est au risque de voir débarquer Yachiru chez toi. J'pense pas que ça te plairait!

- Effectivement, soupira Gin.
L'arrancar se tourna vers Rangiku.

- Je vous ramène chez vous, vice-capitaine Matsumoto? C'est sur ma route.

- Volontiers, fit la blonde en se levant.
Atsuko remarqua la légère teinte rose qu'avaient soudain pris les joues de Rangiku et, à en juger par le froncement de sourcil que Gin arborait, elle n'était pas la seule.

- Bonne soirée à vous deux, lança la blonde d'un ton joyeux. Ne vous disputez plus.

- Salut! Fit simplement Grimmjow en passant la porte.

- Les réconciliations sur l'oreiller sont très efficaces après des disputes d'amoureux, conseilla Rangiku avec un clin d'oeil évocateur. Vous devriez essayer.

- Ran-chan, soupira Gin.
Mais elle était déjà parti avec Grimmjow.

- Eh bien, nous allons y aller nous aussi, annonça Izuru.
Il s'inclina devant Gin et Atsuko.

- Capitaine, Ayamori-san, bonne soirée à vous.
Il tendit la main vers Momo et elle le rejoignit. Elle s'inclina à son tour.

- Bonne soirée, Gin-san. Merci pour tout Atsuko-san.

- Je t'en prie, répondit la jeune-femme en comprenant qu'elle ne parlait pas uniquement de la journée. Si tu as besoin de parler à quelqu'un, je suis là. Tu peux venir me trouver quand tu veux.

- Merci, fit la jeune-fille en s'inclinant à nouveau.
Elle se tourna vers Izuru qui passa un bras autour de ses épaules avant de sortir.

- Je vais prendre un bain en attendant le repas, annonça Gin.
Atsuko répondit d'un hochement de tête et le regarda quitter la salle. Pendant que Fumiko s'occupait de la préparation du repas, Atsuko retourna dans sa chambre. Elle commença par replier et ranger le juban blanc ainsi que le obi et tous les accessoires qu'elle avait utilisé sur son kimono. Elle replaça correctement le vêtement sur sa tringle puis elle ouvrit ses bagages et en sortit une boite en bois laquée ainsi qu'un petit sac de toile contenant son miroir et divers produits pour la peaux. Après s'être installé près de l'une des lampes, elle entreprit de se démaquiller. Elle dénoua ses cheveux et les brossa soigneusement avant de les attacher sur sa nuque à l'aide d'un ruban blanc. Elle rangea dans sa boite laquée ses épingles à cheveux et remit tout son matériel dans ses malles.

- Il faudrait vraiment penser à installer tout ça dans les placards, tu ne penses pas?
Atsuko sursauta et se tourna vers la porte. Gin se tenait sur le seuil et l'observait. Il portait un yukata d'un vert d'eau sans ornement et ses cheveux étaient humides.

- Tu veux bien m'aider à soigner ça? Demanda-t-il en désignant sa coupure au front.

- Bien sûr!
Elle le suivit jusqu'à la salle de bain et vit qu'il avait préparé tout ce qu'il fallait sur la petite table près du casier ou étaient rangées les serviettes. Il s'assit sur le bord de la baignoire et la laissa faire. Elle repoussa doucement les cheveux qui tombaient sur la blessure et la nettoya avec un peu d'alcool. Elle plaça ensuite un pansement dessus.

- Il faudrait peut-être aller voir le capitaine Unohana pour qu'elle te pose des agrafes ou quelque chose comme ça.

- J'irai demain. Aujourd'hui je suis trop crevé.
Lorsqu'ils revinrent dans la salle principale, la table était mise et Fumiko attendait pour servir le repas. Ils s'installèrent à leurs places et dînèrent tranquillement.

Leur soirée fut courte. Tous les deux étaient fatigués et ils ne tardèrent pas à aller se coucher. Cette fois encore, ils partagèrent le même futon. Atsuko éteignit les lumières et se pelotonna contre le corps chaud et rassurant du jeune-homme.

- Et si on suivait les conseils de Rangiku à propos des réconciliations? Proposa-t-il.

- Gin! S'écria Atsuko, outrée.
Il éclata de rire.

- C'était juste pour plaisanter.
Il passa un bras autour de la taille de la jeune-femme et l'attira contre lui. Il enfouit son visage dans le cou de Atsuko et ferma les yeux.

- J'adore ton nouveau parfum, murmura-t-il dans un soupir.

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NOTE

1- La taille des manche d'un kimono varie selon l'âge et le statut social de la femme qui porte le kimono en question. Je sais aussi qu'il existe plusieurs façons de nouer un obi mais j'ignore en réalité si elles ont cette même signification. J'ai imaginé qu'au Seireitei, et dans le reste de de la Soul Society, un obi pouvait effectivement être noué de façon à donner ce genre de "renseignements" à qui le regarde. (note venant du chapitre 12, mais comme il a été coupé en deux, j'ai oublié de la remettre à sa place dans le chapitre précédent. Désolée). ^^'

2- Je sais que le kimono de Kyoraku est rose, mais j'ai pensé qu'il pouvait en changer selon la saison.

3- Ceux qui ne se souviennent pas pourquoi Nanao a des lunettes cassées et un bleu au visage devraient relire dans le chapitre quatre le passage avec Ichigo. ^^

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Voilà pour ce long chapitre.
Gin et Atsuko ont eu leur première dispute mais il semblerait qu'Atsuko soit incapable d'en vouloir à Gin. C'est fou ce charme qu'il a. ^^
J'aime bien les interventions de Rangiku!
Je sais que le passage sur le passé de Momo peut être ennuyeux, puisqu'il relate des évènements que tout le monde connait, mais il fallait bien que Atsuko comprenne les problèmes de Momo.

Dans le prochain chapitre, Rangiku et Kira (mais surtout Rangiku) préparent quelque chose mais Gin doit rencontrer la fille que Yamamoto aimerait lui imposer.

Comme j'ai pas mal d'exams à passer cette semaine, la suite risque d'avoir un peu de retard, excusez moi.
Bon week-end à tous et à la prochaine fois.
Bises.