Note de Jilano : Salut ! On repasse sur des longueurs plus raisonnables de chapitres ! (Enfin, pour vous, parce que pour nous c'est nettement plus long. T_T Surtout que celui-ci a été une vraie galère à traduire) Bref, un petit saut dans le temps, histoire que vous voyiez ce qui est arrivé à nos petits Mello, Matt et Near ! Bonne lecture, enjoy !

Note de Caela : Bonjour ou bonsoir à tous, petits enfants ! Les cours, c'est pas cool. Ça nous prend beaucoup trop de temps, et je suis toujours très frustrée quand je ne peux pas terminer tout ce que je veux. T_T Enfin bon, cessons ces plaintes ennuyeuses, et voici pour vous le nouveau chapitre d'End Transmission ! Enjoy. :D


Réponse à la review anonyme :

x-neko-x : Merci pour ta review ! Ne t'inquiète pas, comme je l'ai dit plus haut, on repasse à des longueurs plus décentes, mais ces chapitres de transition étaient essentiels à la compréhension de l'histoire. En tout cas, merci beaucoup pour ta review ! :) En espérant que ce chapitre te plaise.


Chapitre 10 : Agitation.

oOo

Il y eut un léger bâillement dans la pièce plongée pour la majeure partie dans l'obscurité, dont le seul occupant, assis devant l'écran lumineux, étira ses muscles endoloris. Il était là depuis presque quarante-huit heures, même Near était parti dormir, n'ayant plus envie d'attendre.

Matt, cependant, n'irait pas dormir tant que Mello n'était pas revenu.

Ce qu'il faisait, actuellement, n'était pas nécessairement dangereux, bien qu'être un chef de la mafia soit dangereux même dans les bons jours.

Après s'être échappés d'Angleterre plus ou moins en un seul morceau, ils s'étaient cachés dans divers états pendant un moment, avant de s'enfuir en Russie, et de tomber dans les bras de la mafia du pays.

Matt eut un sourire narquois, en allumant une autre cigarette, en se rappelant la tête des hommes la première fois que le petit Mello maigrichon de quatorze ans leur avait donné des ordres, après avoir réclamé sa légitime place de chef.

Une grande partie d'entre eux avait été incrédule et n'avait pas voulu croire qu'une personne aussi jeune et frêle tentait de s'immiscer dans la mafia. Il avait seulement fallut une boutade à propos de ses cheveux, lesquels n'avaient pas vraiment eu le temps de repousser après avoir été rasés sur un côté, et Mello s'était énervé et avait fait feu avec l'arme que Near avait achetée pour lui.

Ce que le blond avait tiré avait atteint l'idiot qui avait rigolé dans la jambe. Leurs expressions s'étaient faîtes horrifiées après que Mello avait admis qu'il avait loupé l'endroit qu'il visait réellement. Ah, pensa Matt, quels jours heureux ç'avait été.

Jusqu'à ce que Mello se renferme sur lui-même, et commence à cacher des choses à Near et lui. Matt savait de quoi il s'agissait; c'était les choses que Mello était forcé de faire en tant que chef de la mafia. Near et lui ne parvenaient pas, honnêtement, à ne pas se soucier de ce que Mello faisait, et ils n'étaient pas assez naïfs pour ne pas en avoir une idée.

Mais il semblait que Mello s'était rentré dans la tête qu'ils avaient besoin d'être protégés de toutes les horreurs, comme si Mello était bien plus vieux et était beaucoup plus apte à gérer la situation par lui-même.

Depuis, Mello les avait gardés lui et Near à l'écart de la mafia autant qu'il était possible sans complètement les abandonner. Et cinq ans, c'était long.

Matt savait que Mello avait tué des gens, qui pouvait faire partie de la Mafia sans faire une telle chose ? Il espérait que le blond sente qu'il pouvait leur faire confiance, se reposer sur eux, car Matt savait très bien à quel point pesait... le premier meurtre. C'était une chose qu'on ne pouvait qu'éternellement se rappeler, peu importe combien de temps pouvait passer...

Il n'avait jamais voulu que Mello sache ce qu'il avait fait pour leur permettre d'entrer aux États-Unis, mais il aurait à présent souhaité l'avoir fait, car peut-être qu'alors, Mello lui aurait permis de partager le fardeau qu'il portait alors qu'il n'était pas sien.

Matt se frotta le visage d'une main gantée, et bâilla une nouvelle fois. Il attrapa une autre pilule, et la prit avec sa boisson.

Les pilules cafféinées et les boissons énergisantes étaient pratiquement tout ce dont il vivait ces derniers jours. Ça et les cigarettes. Mello était seulement au courant pour les dernières. Mais ce que Mello ne savait pas ne plongerait pas Matt dans les ennuis.

Pas que Matt aurait arrêté, de toute façon. Matt écoutait Mello pour les choses importantes, la plupart du temps, et faisait ce qu'il voulait quand le blond n'était pas là. Ce qui représentait beaucoup de temps. Lui et Near avaient pris sur eux de surveiller les arrières de Mello autant qu'ils le pouvaient sans se faire attraper par ledit blond.

Grâce au génie de Mello, la Mafia avait été largement améliorée, de façons qu'ils n'avaient même pas crues possibles. Mello avait même donné une seconde vie à leur réseau interne et à leur système, bien qu'il n'ait pas autorisé Matt à l'aider, pour ce qu'il considérait comme « boulot de la mafia. »

C'est là que Near et lui entraient en scène.

Matt avait subtilement modernisé le système tout au long des années, tout en repoussant les hackers, les empêchant d'obtenir une quelconque information sur eux. Le système de Mello était bon, meilleur que ce qui pouvait déjà exister, mais il était loin de la perfection, puisque Mello n'était pas aussi bon en informatique qu'il ne l'était.

Et Matt était devenu bon. Très bon. Il ne pouvait pas dire qu'il était le meilleur au monde, mais il ne craignait plus que L ne les trouve s'il piratait. Il pouvait couvrir ses traces d'une façon dont il avait seulement pu rêver avant. Et il avait lentement appris à Near à faire la même chose.

Ils se relayaient généralement pour surveiller le système, louant leurs services à la Mafia qui les employait. Mello n'avait jamais su que c'était eux. Et Matt voulait que ça continue comme ça. Au moins jusqu'au jour où ils pourraient aller au-delà de l'image insensible que le blond de presque dix-huit ans s'était créée.

Mello n'avait été de tout repos cinq ans plus tôt, et c'était pire maintenant. Il n'était qu'armes et cuir et chocolat et colère. Cependant, il y avait des moments où son expression glissait vers quelque chose de proche de l'égarement.

Habituellement, quand le nom de L était mentionné.

Ils se cachaient toujours de L, et il y avait des rapports qui mentionnaient qu'il avait trouvé deux nouveaux potentiels héritiers, rien concernant un numéro trois. Mello avait toujours une expression sombre à chaque fois que l'homme était mentionné, et Matt comprenait. Ils avaient tous été marqués à cause de la Wammy.

Ils avaient survécu bien sûr, Mello gardant des cicatrices de l'incendie, et Near ayant perdu un œil à cause de ses blessures. Matt supposait qu'il était le seul à qui la Wammy n'avait pas laissé de cicatrice, puisque sa jambe avait guéri, bien qu'elle le fasse souffrir quand le temps devenait trop froid. Du moins, pas une marque physique.

Il s'était mis à fumer ces dernières années. Alors peut-être que c'était, d'une certaine manière, une cicatrice physique laissée par la Wammy. Ou peut-être émotionnelle…

Il se demandait souvent ce qui serait arrivé si leurs familles n'avaient pas été tuées, s'ils ne s'étaient pas rencontrés tous les trois, ou s'il n'avait pas découvert ce complot de dingue, ou s'ils n'étaient pas partis.

Il trouvait ces pensées stupides, puisqu'aucun de ces « et si ? » n'avait d'importance. Il n'aurait jamais rencontré Mello sans cette histoire sordide, et Mello était vraiment la personne qui signifiait le plus pour lui.

Matt savait qu'il aimait le blond, depuis deux bonnes années. Il savait aussi que ce n'était pas le bon moment pour le lui dire; bien qu'il se demandait également s'il y aurait jamais de bon moment. Comme un moment où Mello ne prendrait pas ses sentiments pour un amour d'adolescence, un espèce de culte du héros, de l'amour fraternel, ou ne le repousserait pas, simplement pour le protéger.

Ce qu'il ressentait pour Mello… C'était une douleur lancinante. C'était du désir. Ça le blessait si profondément d'être si proche de celui qu'il aimait, mais de ne pas pouvoir être 'avec' lui. Mais Matt savait qu'il perdrait, même s'il le disait à Mello à l'instant.

Il prit une longue bouffée de cigarette et laissa ses yeux fatigués scanner les lignes de code sur l'écran. Un léger mouvement vint d'une des chambres, mais il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que c'était Near.

« Tu n'as pas dormi du tout ? » Demanda l'albinos en s'asseyant étrangement, à sa manière, modifiant sa pose pour s'accommoder à la hauteur du canapé. Sa hanche l'incommodait toujours, la plupart du temps, et Matt doutait que l'albinos soit un jour libre de toute douleur.

« Tu sais bien que non. » Il savait que Near savait, et pourtant, à chaque fois que Mello était absent, il demandait. Matt pressentait que Near suspectait quelque chose de ses sentiments pour le blond, le petit albinos étant plutôt perspicace malgré ses propres défauts émotionnels.

Il sourit tendrement pendant une seconde. Ils étaient tous les deux devenus des amis proches durant les dernières années. Et bien que Near soit silencieux, il était de bonne compagnie. Pour Matt, c'était une sorte de silence différent, qui avait seulement surgi après la perte de son œil droit. Même si Near ne la laissait pas beaucoup ll'affecter lors de l'exécution de ses tâches habituelles, Matt savait qu'il était gêné. La façon dont ses doigts s'attardaient parfois autour du cache-œil en attestait.

C'était un accord tacite entre eux de ne jamais le mentionner à moins que Near n'en parle le premier. Matt n'en était pas dérangé le moins du monde. Il y avait des choses dont il préférait ne pas parler non plus. Pourquoi il avait commencé à fumer, par exemple. Ou comment il tenait l'alcool.

Ou pourquoi Mello sentait parfois le parfum bon marché…

Il laissa échapper un léger soupir et sentit le regard de Near sur lui. Matt doutait que Mello soit vierge, pas avec son apparence et son pouvoir. Bon sang, Matt lui-même ne l'était plus. Il l'avait perdue quelques années auparavant, bien qu'il ne se rappelle plus grand-chose de son expérience, puisque c'était une expédition dans les toilettes d'une boîte de nuit, ivre. Il s'était assuré que ni Near, ni Mello ne le sache. Le fait d'aller dans les boîtes de nuit; il se fichait pas mal que Near ou Mello sachent qu'il avait couché avec un complet étranger.

Enfin, ça l'intéressait peut-être de savoir ce que Mello en pensait… Mais il ne poserait jamais la question.

Il commençait à penser qu'il y avait une multitude de choses qu'il ne demanderait jamais.

C'est à ce moment là que le verrou de la porte fut ouvert, et qu'il entendit le son de l'alarme qui était désactivée. Mello était un putain de paranoïaque, après tout. Pas que ce ne soit pas justifié dans la situation actuelle. Mello était un leader de la mafia, et ils se cachaient tous les trois de L.

Matt sut que quelque chose n'allait pas, à la seconde où le blond trébucha dans le salon. Ce qui n'allait pas, c'est qu'il avait trébuché. Ses yeux se posèrent sur la large entaille sanguinolente sur la clavicule de Mello.

Quoi que ça ait été, ç'avait été suffisamment tranchant pour déchirer la veste en cuir. Et bien que Matt veuille se diriger vers Mello et exiger de savoir ce qui s'était passé cette fois, il ne bougea pas et laissa Near prendre l'initiative, comme il le faisait habituellement dans ce genre de circonstances.

C'était les seules fois où Mello les autorisait à l'aider d'une quelconque façon.

A savoir, quand il était blessé. Matt s'imaginait que c'était parce que Mello savait qu'il ne pourrait pas l'emporter dans une dispute dans ce genre de situation, et n'avait même pas pris la peine de se défendre.

Matt détestait quand Mello revenait blessé. Il se sentait toujours tellement inutile. Near était toujours celui qui le soignait, puisqu'il était meilleur. Bien sûr, Matt avait des mains rapides, mais elles tremblaient; bien que ça vienne peut-être de toutes les substances qui se baladaient dans son système sanguin en ce moment.

Mais les mains de Near ne tremblaient jamais, ce qui expliquait pourquoi il était capable d'empiler des cartes et de concevoir des structures avec ses jouets dont Matt pouvait seulement rêver. Matt se fichait de qui soignait Mello, pourvu que ce soit fait par l'un d'entre eux.

Ou dans le pire des cas, un des médecins de la mafia. Matt ne leur faisait cependant pas vraiment confiance. Mais, encore une fois, il ne faisait pas confiance à quiconque concernant Mello à part Near et lui-même…

Vu l'aiguille et et le fil que Near avait sortis, il pouvait se douter que ça finirait avec une cicatrice. C'était toujours le cas si Near devait lui faire des points de suture. Pas à cause de ce que Near faisait; ça voulait juste dire que la blessure était profonde. Matt estima mentalement le nombre de cicatrices que Mello avait à vingt, sans compter ses brûlures.

Il pouvait se rappeler chaque fois que Mello avait été assez gravement blessé pour nécessiter des points de suture. Et il savait lesquels avaient formé une cicatrice, certaines étant tellement minuscules qu'elles étaient presque invisibles si vous ne saviez pas où regarder.

Mais Matt n'oublierait jamais.

Il sentit un bâillement se former mais l'étouffa alors que Mello jetait un coup d'œil dans sa direction. Le blond savait probablement qu'il le regardait, malgré le fait que les lunettes de Matt l'empêchaient de voir; et cela seulement parce que lui et Near le connaissaient trop bien.

Assez bien pour s'inquiéter pour lui de temps en temps.

Matt essaya de ne pas tressaillir alors que les yeux bleus se rétrécissaient à la vue de la poubelle débordante de canettes. Ses boissons énergisantes vides. Ou de la façon dont Mello fronçait les sourcils, qu'il avait oublié de vider. Eh bien. Soit Mello dirait quelque chose, ce qu'il ferait probablement après avoir dormi un peu, soit il se renfrognerait à chaque fois qu'il verrait un des objets.

Matt espérait que ce soit la dernière option.

Quoique ce serait de sa faute si c'était la première. Il savait que Mello rentrerait bientôt, et il n'avait toujours pas arrêté le piratage pour se débarrasser des preuves. Les preuves qu'il était resté sur l'ordinateur bien plus longtemps qu'il n'aurait du.

Il ne pouvait rien faire pour le moment, alors Matt alluma simplement une autre cigarette et ramena son regard et son attention sur le piratage. Mello irait bien si Near prenait soin de lui. Il entendit une brusque inspiration, un sifflement faible, et sut que Near avait commencé à recoudre Mello.

Et même si Mello allait bien à présent, il ne pouvait s'empêcher de se demander dans quel genre de problème le blond s'était fourré cette fois. C'était seulement supposé avoir été un rendez-vous entre Mello et une personne haut placée qui voulait faire quelques affaires avec la mafia.

De ce qu'il pouvait en voir, Matt doutait qu'il y ait de futures affaires avec cette personne, si elle était seulement encore vivante. Ce serait bien fait pour elle si ce n'était pas le cas. Matt n'aimait pas vraiment la violence en dehors de ses jeux, principalement parce qu'il en voyait les effets trop souvent sur Mello, mais il y avait des cas où ça ne le dérangeait pas.

Il savait qu'il n'était pas objectif parce qu'il aimait le blond.

Peu importait.

Matt supposait que ça n'avait pas vraiment d'importance, d'une façon ou d'une autre.

« Matt... » Il leva les yeux au son de la voix de Mello. Elle était fatiguée, lasse même, et emplie de douleur. Il pencha presque la tête sur un côté, interrogateur, même s'il savait que ça rendait Mello dingue, qu'il ne réponde pas. Appelez ça une revanche, pour s'être laissé blesser. Mello fronça les sourcils, si légèrement que Matt sentit ses lèvres former un sourire narquois.

« Dégage ce putain de truc et nettoie ce foutu bordel avant que ça n'attire des cafards. » Mello le fixait, les yeux plissés, mais il pouvait dire que le blond n'était pas vraiment énervé. Ou du moins pas à cause de lui. Pas encore.

Matt lui donnait jusqu'à midi le lendemain avant que l'information ne fasse son chemin dans la tête du blond. Alors, Matt aurait probablement des ennuis. Il haussa une épaule et aspira pratiquement la cigarette dans sa bouche; une dernière bouffée avant qu'il ne l'écrase.

Il était réellement surpris d'avoir été en mesure de la mettre ici, avec tous les autres mégots qui débordaient du cendrier. Et vu le regard que Mello lui lança, il l'était aussi. Il en entendrait définitivement parler le lendemain matin.

Dans un sens, ça voulait dire qu'il passerait du temps avec Mello. Même s'il ne faisait que lui hurler dessus. C'était triste, et il le savait, mais avec Mello qui partait tout le temps pour ses affaires, il prendrait ce qu'il pourrait.

Il savait que Near ressentait la même chose. Leur ami leur manquait à tous les deux.

« Dans une minute. » Répondit-il finalement, ses doigts se déplaçant rapidement sur le clavier. Mello renifla.

« Tu dis ça mais tu vas simplement continuer à jouer à je ne sais pas trop quel jeu. » Matt fut désorienté pendant une seconde, avant de se rappeler que Mello n'était pas au courant de ses activités supplémentaires avec Near, enfin, de ce qu'ils faisaient en plus de toute façon, et sourit.

Mello les tuerait s'il s'en rendait compte. Ou au moins les mutilerait. Et enlèverait probablement chaque petit fragment d'élément technologique de l'appartement. Lui et Near travaillaient dur pour que ça reste un « si ».

Il haussa une épaule et il écouta Mello soupirer profondément. Il entra les dernières lignes de code, dégagea l'enfoiré qui avait tenté de rentrer dans le réseau de la mafia, et vola toutes ses informations avant de supprimer tout ce qu'il avait sur son ordinateur.

Pas mal si on prenait en compte qu'il était incroyablement fatigué. Il avait tenu plus longtemps que ça sans sommeil, mais il avait fait cela depuis quelques semaines non-stop, et la fatigue l'avait finalement rattrapé. Tout ce qu'il faisait l'épuisait, une simple tâche lui prenait toute la nuit, et il savait que ce ne serait qu'une simple question de temps avant qu'il ne s'effondre.

Il ne voulait pas voir la tête de Mello le jour où ils ne pourraient pas le réveiller, puisqu'il dormirait jusqu'à ce que son corps récupère s'il s'effondrait.

Ça ne finirait pas agréablement.

« Matt- »

Il soupira doucement et s'étira de nouveau avant de pousser la chaise derrière lui et de saisir le cendrier plein, ainsi que la poubelle. Il avait déjà fermé tous ses programmes, et même Mello ne serait pas capable de remonter son historique, donc il n'était pas inquiet que le blond puisse trouver quoi que ce soit, même s'il cherchait dans ses documents pendant qu'il n'était pas là.

Pas que Near l'aurait laissé faire pour l'instant. L'albinos était en train de déboucher la crème préventive, le genre de crème chère qui empêche les blessures de s'infecter, quand il passa à leur hauteur.

Une fois que Near aurait fini, il mettrait probablement un bandage fait à la va-vite sur la plaie et enverrait le blond au lit qu'il le veuille ou non. Near, même sans dire un mot, pouvait être convaincant quand il le voulait.

Matt souhaitait juste qu'ils n'aient pas besoin d'être convaincants avec Mello. Mais avec des années en tant que chef de la mafia la tête pleine d'horreurs, aussi bien que sa résistance, ne lui permettaient pas de se comporter d'une autre manière avec lui, tout comme Mello ne cèderait rien sans ça.

Il aurait aimé revenir à des temps plus simples, quand Mello se contentait de s'allonger contre lui quand il déprimait, ou jouait avec lui et Near. Si seulement les choses avaient pu rester comme ça.

Mais Matt savait qu'il était stupide de souhaiter quelque chose d'impossible.

Il vida les déchets et rinça le cendrier dans l'évier, puisqu'il avait l'air relativement dégoûtant avec toutes les marques de cendres, alors qu'il sortait un nouveau sac pour la poubelle.

Matt fut de retour dans la pièce juste au moment où Near en avait fini avec le blond et était occupé à ranger les fournitures médicales. L'œil sans expression de Near rencontra le sien brièvement, et Matt sut que la blessure de Mello n'était pas trop grave.

Il était devenu très bon pour lire Near. Avec rien d'autre à faire, et nulle part où aller, ils n'avaient que l'autre comme compagnie pendant que Mello était occupé.

Mello ouvrit la bouche, comme s'il allait dire quelque chose, au moment où il l'avait vu, mais la ferma tout aussi rapidement et se dirigea vers sa chambre. « 'Nuit Mello. » Dit-il doucement, bien qu'il fut sûr que, de la façon dont Mello avait hésité, il l'avait entendu.

Matt supposait que c'était déjà quelque chose, qu'il avait même eu droit à une réaction. Il soupira à la légère sensation de vide dans sa poitrine. Il aurait aimé, parfois, ne pas être amoureux.

Il alluma une autre cigarette et fit un signe à Near en éteignant son ordinateur.

Mello était à la maison, et relativement hors de danger, donc maintenant il pouvait dormir.

Peut-être.


Note de Jilano : Et voilà pour ce dixième chapitre ! Avis, please ? :D