Hello!
Cela fut difficile, et après une lutte acharnée avec un agenda plus que plein, voici le chapitre. Rien à dire de spécial, mis à part un grand merci à tous du soutien ou même de votre patience et de votre tolérance.
(juste pour l'anecdote, je m'y suis reprise à trois-quatre fois pour vous proposer les quelques lignes suivantes...Dieu de la créativité, prenez pitié de moi, pauvre pêcheuse...) Voici donc une petite 'play-list', même si je n'aime pas ce mot ou ce genre d'introduction, pour ce chapitre.
The misery - Sonata Arctica
Snuff - Slipknot
Send me an angel - Scorpions
We don't need another heroe - The Northern King
Bon, et je vais m'arrêter là pour le moment, car ça devient une play list tout court, et plus vraiment de chapitre... (elles 'marchent' donc pour l'histoire globale plus que ce chapitre précis...)
Ah et oui, petit mot général quant à une remarque dont on m'a fait plusieurs fois parts... La chanson 'Angels' de Within Temptation - très belle par ailleurs - ne m'a en aucun cas servi d'inspiration, même s'il se trouve qu'effectivement, ça aurait pu convenir. Mais ce n'est que 'pure' coïncidence.
Bonne lecture
Quand elle pénétra de nouveau dans la pièce, un lourd silence s'instaura, durant lequel Bella put s'apercevoir que tout le monde s'était installé dans les canapés. Carlisle, qui s'était assis à côté d'Edward, se leva à l'arrivée de la jeune fille, pour rejoindre Esmee dans un autre canapé, laissant la place à Bella auprès du chanteur. Celui-ci lui fit signe, l'incitant à le rejoindre, et posa son bras sur ses épaules, la serrant contre lui en réconfort quand elle finit par prendre place sur la canapé, les jambes repliées contre sa poitrine. Le silence persista, tous les regards inquiets et compatissants étant posés sur elle.
"Ce n'est pas encore la version définitive" finit par proposer Edward pour tenter, maladroitement, de mettre fin à ce mal aise qui planait. "La voix féminine que tu entendais..." Celle qui jouait son rôle, comprit la jeune fille, remerciant silencieusement le jeune homme de ne pas l'avoir fait remarquer "..était celle de Rosalie, à défaut pour le moment d'avoir trouvé autre chose..."
"Pourquoi?" coupa Bella, intriguée. "Elle a une jolie voix, et elle chantait définitivement très juste, je trouve..."
"Merci Bella, mais je suis mannequin, pas chanteuse." rigola Rosalie, avant de reprendre plus sérieusement. "Je sais que nombreuses seraient celles qui voudraient pouvoir être dans ma position, mais mon métier me suffit amplement...Et puis moi, Rosalie Hale, chantant du métal avec ces brutes?" conclut-elle, mimant le dédain, ce à quoi tout le monde rit.
"Oui, enfin ce n'est pas vraiment du métal métal, c'est du métal symphonique..." défendit Bella, provoquant une nouvelle vague de rire.
"On est en train de chercher une autre chanteuse, en tout cas, pour que la chanson soit prête à temps." reprit Edward. "On avait pensé à Tanya, tu sais, celle que tu as entendu, tout à l'heure, en voiture... On doit essayer de la contacter la semaine prochaine..."
"NON!" ne put s'empêcher de s'exclamer la jeune fille, le silence retombant une nouvelle fois.
"Non? demanda, intrigué, Jasper, sous les regards du reste de la salle.
"Non, pas elle, pas Tanya..." répondit-elle dans un murmure, soudainement gênée de sa réaction.
"Et pourquoi pas Tanya? Tu n'aimes pas ce qu'elle fait?" questionna le jeune chanteur, déplaçant légèrement Bella à côté de lui pour pouvoir mieux la regarder, étudiant attentivement son visage.
"Si, si, au contraire... Elle a une voix magnifique... Intense, profonde, puissante..." murmura-t-elle, en pleine réflexion. "Oui... Puissante. Très puissante...Trop puissante" reprit-elle d'une manière qu'elle voulait sûre. "Trop puissante et technique pour cette chanson, pour cette mélodie, pour...ses paroles." finit-elle par chuchoter, de nouveau perdue dans ses pensées, se remémorant la voix de Rosalie, et les mots qu'elle chantait.
Il y eut un énième silence, dans lequel elle put presque entendre chacun réfléchir à ses mots.
"Je n'y avais pensé..." commenta Edward, l'air presque fautif, coupable. "C'est un bon point..."
"Et tu proposerais qui, alors, puisque tu refuses Tanya?" reprit Emmett, avant qu'une absence de son désormais trop connue sous le nom de silence n'ait le temps de s'installer.
Bella se rendit alors compte de l'arrogance et de la prétention qu'elle avait du véhiculé ces dernières minutes, bien malgré elle, et tenta immédiatement de se rattraper.
"Non, je ne sais pas, je n'y connais rien, je suppose, ce n'est pas à moi de vous dire quoi faire, ou de décider...Je donnais juste mon avis." s'excusa-t-elle en balbutiant.
"Et nous t'en sommes reconnaissants... Sinon, nous ne te l'aurions pas demandé" la rassura Jasper.
"Et puis toi plus que quiconque a le droit de ton avis quant à cette chanson, surtout quand à la personne qui chante tes mots..." Et à peine ces derniers mots furent sortis qu'Edward s'en voulut, son visage se tordant en ue grimace tandis qu'un énième silence s'annonçait.
"Et bien heureusement que vous n'avez pas encore contacté Tanya" conclut joyeusement Rosalie, pour détendre l'atmosphère, ce qui se révéla efficace puisque la grimace d'Edward devint un sourire.
"Enfin, ça ne résout pas notre problème... On n'a toujours personne pour le poste. A moins que tu aie quelqu'un sous la main à nous proposer." répondit Emmett d'un ton inhabituellement sérieux.
"Vous avez encore du temps devant vous, non? Près de deux mois, si je me souviens bien..." proposa Bella, pour tenter de rassurer.
"On n'a jamais assez de deux mois dans ce genre de situations, Bella, crois-moi" la contredit amèrement Edward. "Sauf si tu as une solution à nous suggérer..." rajouta-t-il malicieusement.
La jeune fille préféra ignorer, dans le doute, le regard soudainement éclairé que se partagèrent les trois frères. "Non non, je me renseignais, c'est tout... C'est vous les pros, àprès tout..."
Une discussion commença alors au sujet des différentes chanteuses, plus ou moins connues, auxquelles ils pourraient penser, quand Edward dut s'absenter, son téléphone sonnant. N'écoutant que d'une oreille les débats entre Jasper et Emmett, leurs parents et Rosalie se concentrant davantage sur la dernière réforme instaurée par le chef de l'état, Bella regarda la forêt qui s'étendait à perte de vue au dela de la fenêtre, et remarqua que les nuages laissaient maintenant place à un peu de ciel bleu, et même à quelques rayons de soleil. Elle jeta un rapide coup d'oeil à sa montre, et s'aperçut qu'il était déjà près de 17 heures. Le temps pour moi de tirer ma révérence, pensa-t-elle à regret. Elle attendit donc un silence entre Emmett et Jasper pour intervenir.
"Je voulais savoir où vous auriez mis mes affaires..." commença-t-elle, et comme ils ne répondaient pas, elle continua. "L'orage s'est calmé, pour l'instant, j'allais en profiter pour rentrer chez moi, histoire d'éviter la pluie..."
Comme les deux frères ne bougeaient toujours pas, elle décida de prendre les choses en mains, et explora l'étage à la recherche de son sac et de sa veste. Elle ne voulait pas vraiment rentrer à pieds, mas elle se refusait à demander à la famille Cullen de la reconduire. Ils avaient été plus que généreux et hospitaliers avec elle, elle n'allait certainement pas en abuser. Et puis, elle n'aurait jamais le courage de demander. Mais ça, elle ne l'avouerait pour rien au monde.
Trouvant enfin l'objet, ou plutôt les objets, de sa quête, veste qu'elle enfila, et sac qu'elle glissa sur son épaule, elle retourna auprès des canapés.
"Bon bah..." eut-elle le temps de dire avant de se faire interrompre par un Jasper au sourcil haussé.
"Tu nous explique ce que tu comptes faire, là?"
"...Rentrer chez moi?" Était-ce si difficile à comprendre? La jeune fille en doutait.
Emmett explosa de rire, et Jasper affiche un sourire, secouant la tête, comme affligé.
"Tu ne croyais tout de même pas qu'on allait te laisser filer comme ça?" Elle allait l'interrompre quand Jasper reprit, l'interrompant alors rudement avant même qu'elle n'ait eu le temps de le faire. Quelle impolitesse, eut-elle envie de s'exclamer... " Ce n'est pas parce que Edward s'est momentanément absenté que tu vas t'échapper ainsi!" Elle tenta une nouvelle fois de le couper, mais de nouveau, sans succès. " Edward nous a dit qu'il était venu te chercher à l'autre bout de la ville pour que tu n'aie pas à faire le trajet à pieds, quelqu'un va donc te reconduire! Et oui, je te l'avais dit - on se dit tout!" conclut-il avec un clin d'oeil.
Cette fois-ci, la bouche de la jeune fille s'ouvrit, mais se referma aussitôt, sans qu'aucun son ne s'en échappe.
Ce fut le moment que choisit le chanteur pour revenir.
"Ba, tu vas où comme ça?" demanda-t-il intrigué, à Bella, ce qui fut à l'origine d'un nouvel éclat de rire pour Emmett.
"C'est bon, c'est bon, pas besoin de me faire la moral, tes frères l'ont déjà fait..." marmonna-t-elle. "... mais c''est vraiment pas nécessaire, je pourrais rentrer à pieds..."
"Et puis quoi encore!" s'exclama le jeune homme. " C'est nous qui t'avons fait venir ici, en plein milieu de nulle part, on ne va pas t'imposer une telle chose, surtout quand c'est avec plaisir qu'on te propose de te ramener!"
Bella préféra ne rien répondre, et entreprit de saluer tout le monde. Elle remercia chaleureusement Esmee pour son accueil, qui lui assura une nouvelle fois que c'était avec plaisir, et la jeune fille dut promettre qu'elle reviendrait une autre fois avant d'être relachée de l'étreinte de la mère de famille. Elle finit, après ce qui lui parut être comme une éternié, par se retrouver dans la voiture, le chanteur prenant sa place derrière le volant.
"Alors, ça s'est bien passé finalement, n'est-ce pas?" demanda-t-il après un moment, pour détendre l'atmosphère.
"Oui" soupira-t-elle, soulagée, un sourire s'étalant sur son visage. " C'était même très agréable... Remercie encore tout le monde de ma part!"
"Tu craignais vraiment ce repas?" finit-il par murmurer, inquiet, voire triste.
Bella se tut quelques instants, réfléchissant à sa réponse. "Oui...non...Ce n'est pas que je craignais quelque chose...pas le repas..." balbutia-t-elle, avant de respirer profondément. "C'est juste très déconcertant..." reprit-elle, faisant face au sourcil maintenant haussé du jeune homme. "Mets-toi à ma place, essaye de comprendre..." le supplia-t-elle presque "Déjà, je ne vous connaissais pas vraiment...Vous avez toujours été très gentils, ta famille et toi, mais de là à m'inviter chez vous pour déjeuner après seulement deux rencontres, en tant que serveuse, qui plus est! Et puis, il y a ça, aussi..." Elle détourna le regard, pour le perdre dans le paysage qui défilait. "Ce n'est pas comme si vous étiez la famille banale du coin de la rue. Bien sur, vous êtes une famille comme les autres, mais tellement plus en même temps...Ton père, Rosalie, tes frères et toi...Toi..." répéta-t-elle, ailleurs. "Et je ne suis que Bella...Alors bien sur que je ne me sentais pas forcément à l'aise avec cette idée" conclut-elle, reprenant ses esprits.
"Essaye de nous voir uniquement comme cette famille banale dont tu parles, puisque c'est ce que nous sommmes, après tout, ça aidera..." suggéra-t-il "sauf qu'au lieu de ce coin de rue, c'est en pleine forêt!" plaisanta-t-il.
"Oui, c'est ce que je fais, et ça marche plutot bien" rigola-t-elle "sauf quand le fils de cette famille te fait écouter son dernier morceau, fruit d'une longue discussion s'étant déroulée dans des circonstances des plus complexes" le réprimenda-t-elle malicieusement.
Il eut un petit sourire d'excuse, mais ne répondit pas. Le reste du trajet se fit dans un silence qui convenait aux deux. Edward finit par garer le véhicule en bas de chez elle, mais elle ne sortit pas tout de suite de la voiture.
"Tu comptais vraiment partir sans me dire au revoir, tout à l'heure?" La voix du jeune homme était teintée de déception et de tristesse.
"Je ne sais pas trop... Je ne pensais pas vraiment...Juste que je devais m'éclipser."
Il y eut un petit silence, et il se pencha alors pour la prendre dans ses bras. Elle lui rendit son étreinte, se sentant bien trop confortable dans cette position à son goût, et finit par le relâcher. Edward lui caressa doucement la joue, la regardant dans les yeux avant de se redresser.
"Au revoir, Bella...A bientôt, j'espère"
Elle entreprit d'ouvrir la portière et de sortir de la voiture, réunissant toutes les forces qu'elle avait, avant de se repencher vers l'intérieur de l'habitacle.
"A très bientôt, Edward...Et merci encore!" Et avec un sourire, elle referma la portière.
Bella grimpa l'escalier la menant jusqu'à son studio, et fut soulagée quand la porte s'ouvrit. Elle se laissa imédiatement tomber sur le lit, autorisant son corps à récupérer de ses émotions. Ce n'avait été que sa main sur sa joue, mais que de sensations! Le contact avait été si doux, alors qu'il avait la peau si chaude... Elle frissonnait rien que d'y repenser. Et ses yeux! Elle n'avait pas pu détacher.
Elle passa la fin de son après-midi à traîner, et quand enfin elle se coucha, ses rêves furent consacrés à ce genre de choses que l'église réprouve en dehors des liens sacrés du mariage entre Edward et elle, mais dont elle ne parvenait pas à se repentir. Elle ne put donc que regretter de se réveiller le lundi matin, le souvenir des lèvres fantômes du chanteur chatouillant encore sa peau frémissante.
Un profond sentiment de honte et de gêne remplaça alors sa béatitude quand Alice lui téléphona pour s'enquérir du déroulement du repas de la veille, immédiatement effacé par le souvenir de sa virtualité. Elle eut alors pleinement le loisir de supporter l'interrogatoire de son amie, la haïssant, silencieusement, du plus profond de son être d'être ainsi la cause d'un tel tourment, et taisant fortuitement certains épisodes de l'après-midi, tel la présentation exclusive de la chanson, mais surtout sa réaction. Elle pria alors tous les saints pour que Jasper reste discret à ce sujet. Elle écouta alors longuement son amie lui parler du bassiste en question, comme pour la faire agoniser davantage, avec lequel Alice semblait bien s'entendre par ailleurs. Elle ne put retenir un sourire, puis une grimace quand Alice lui expliqua que le bassiste la tenait au courant de l'avancement de l'album, même s'il cachait la nature de certains bonus, ce qui ne plaisait pas du tout à la jeune fille, à en entendre le ton de sa voix. Elle enchaîna ensuite sur la prochaine journée shopping qu'elle programmait, au cas où un rendez-vous avec le musicien ne devienne d'actualité.
Quand Alice décida qu'il était temps pour elle de faire un énième inventaire de sa garde robe, et q'elle mit fin à leur conversation téléphonique, Bella s'aperçut avec horreur qu'elle devait rejoindre son arrêt de bus dans la demi heure si elle ne voulait pas être en retard au Twilight. Après une douche express et un trajet des plus barbants, elle se trouvait enfin derrière le bar.
"Alors, bon week end?" lui demanda Aro qyand il passa en salle quelques instants, une pointe de fierté et de malice dans la voix.
"Depuis quand on passe des informations sur le personnel aux clients?" répondit la jeune fille, tentant de mettre un peu de rancune dans sa voix, ne voulant pas lui donner une quelconque satisfaction, même si elle n'e identifiait pas l'origine.
"Ce ne sont pas des clients, ce sont mes amis." se justifia-t-il, se posant un moment à côté d'elle, les coudes sur le bar. "J'ai rencontré Carlisle en Italie, lorsqu'il étudaità travers le monde. On s'était perdu de vue, pour se retrouver, il y a quelques années, à cet endroit même." Et il indiqua d'un geste de la main la salle devant lui. "Depuis, on se voit réguilèrement, presque toutes les semaines" sourit-il. "Enfin, quand ses fils ne sont pas...absents" ajouta-t-il, réticent, l'observant du coin de l'oeil.
"Oui, je sais pour eux." soupira la jeune fille, roulant des yeux à la réaction de son patron, qui l'observait curieusement.
"Ce sont de bons amis, en tout cas, des gens biens." confirma-t-il solennellement. "Je te souhaite plein de bonnes choses avec eux!" Et sur cette déclaration qui la laissa plus que perplexe, Aro repartit jeter un coup d'oeil en cuisine.
Bella passa donc ses moments de pauses suivants à réfléchir, jouant machinalement avec son bracelet. Elle voyait ce que son patron voulait dire. Les Cullen étaient fondamentalement des gens généreux et attentionnés. Parfaits, même, en somme. Des gens qu'il était bon de connaître. Mais une partie d'elle ne pouvait que ressentir de la honte car elle savait que leur bonté n'était pas sa seule motivation à les connaître. Il y avait Edward aussi. Elle savait que c'était mal, mais elle se devait d'admettre que l'idée de s'approcher ainsi de son rêve, la clé de ses tourments, l'obsession qui à la fois lui maintenait la tête hors de l'eau et la tirait vers le fond, cet espoir avait un atrait qu'elle ne pouvait nier ou ignorer. Elle ne pouvait que reconnaître par avance sa future défaite d'avec sa conscience.
Elle sortit de ses pensées quand elle entendit la cloche sonner, indiquant qu'un client, Edward en l'occurence, venait d'entrer. Elle lui sourit depuis l'endroit où elle se tenait, derrière le comptoir, donc, et le laissa s'installer. Ne sachant plus trop où ils en étaient, dans la carte comme dans leur 'relation' - et elle frissonna en pensant ce dernier mot-, elle décida d'aller lui demander ce qu'il désirait plutôt que de se tromper. Et elle ne pensait qu'à la carte, dans cette dernière décision.
"Qu'est-ce que je peux vous - t'apporter" se reprit-elle devant le sourcil haussé et le regard moqueur du jeune homme. "aujourd'hui?" finit-elle avec un sourire.
"Où en étions nous arrivé?" Il se redressa, attendant sa réponse, la tête légèrement penchée.
"J'ai justement légèrement perdu le fil..." avoua-t-elle d'une petite voix, le regard à terre.
Il rigola doucement à son expression, ce à quoi elle répondit d'un sourire timide.
"Je pense avoir testé toutes les crêpes, et comme c'est l'été...attaquons directement les glaces! Qu'en dis-tu?" Il affichait maintenant un sourire taquin qui avait bien quelque chose de charmeur.
"Ca me paraît judicieux" commenta-t-elle "même si ce n'est pas à moi d'en juger" finit-elle en inscrivant la commande. "Une glace ce sera donc!" Et avec un sourire, elle repartit s'occuper d'autres tables. Elle ne tarda pas à lui amener sa coupe glacée, ne préférant pas prendre le risque de la laisser fondre.
Le reste de son service fut aussi calme que d'habitude, et le petit napperon ne fut une nouvelle fois pas une surprise. Ce qui étonna davantage la jeune fille, cependant, fut le contenu du message. Si message il y avait. Car sur le papier qu'elle tenait dans ses mains hésitantes se trouvait une série de chiffres. Un numéro de téléphone. Dans la calligraphie edwardienne - oui, elle méritait au moins une appellation spéciale, cette écriture. Elle n'arrivait qu'à une conclusion, mais qui ne lui paraissait pas logique. Ca devait être le numéro d'Edward. Le numéro privé d'Edward, puisqu'il s'agissait d'un portable.
Une fois ce fait établi, ce fut là que ça coinca. Que devait-elle faire? Certainement pas le revendre. Elle se ferait sûrement beaucoup d'argent avec ça, mais elle était bien trop morale pour être à l'origine d'une telle trahison. Devait-elle le contacter? N'était-ce pas normalement le contraire, l'homme demandant à la femme son numéro pour la recontacter? Quand il s'agissait de drague, lui rappela sa petite voix, alors pourquoi t'aurait-il demandé ton numéro?
Pourquoi me donner le sien? eut-elle envie de se répondre, mais elle savait que ce n'était pas vraiment une bonne idée. Elle se contenta donc, pour le moment, de mettre ce problème de côté et ce napperon dans sa poche, et décida d'y réfléchir plus tard. Ce ne fut que rentrée chez elle, la main dans sa poche à la recherche de ses clés, que la jeune fille se rappela de l'existence de ce détail embarrassant. Elle se laissa mollement tomber sur le lit, dépliant le papier pour le lire une nouvelle fois.
Comment ces quelques chiffres pouvaient-ils avoir une telle influence? Pourquoi tout devait-il toujours être si compliqué? C'est toi qui complique tout, lui répondit son éternelle petite voix. Et pour une fois, Bella sut qu'elle avait véritablement et indéniablement raison. Elle renonça donc à développer la question, et fit la seule chose qu'elle pouvait faire dans une telle situation: elle composa le numéro de téléphone. Quand elle y réfléchit, à savoir pendant que la communication s'établissait, elle regretta immédiatement son geste, se réprimendant d'une telle folie. Mais il était trop tard déjà, et elle ne pouvait plus faire marche arrière. L'idée même d'annuler l'appel n'eut pas le temps de la traverser que quelqu'un décrocha.
"Allo?" Elle n'eut pas besoin qu'il s'identifie pour reconnaître la voix de son interlocuteur. "Allo? Il y a quelqu'un?" répéta Edward comme elle ne répondait toujours pas.
"Hum....euh...oui...C'est...euh..En fait, c'est que..." balbutia la jeune fille, se sentant complètement idiote. Après tout, comment lui expliquer qui elle était? En lui disant ton nom, répliqua sa conscience. Mais Bella n'était pas prête à lui donner une ouvelle fois satisfaction. Par principe.
"Et si vous respiriez avant de reprendre calmement?" proposa-t-il, posé.
Elle rigola nerveusement, avant de faire ce qu'il lui avait dit.
"Edward?" s'assura-t-elle timidement, avant de se ridiculiser davantage.
Il y eut un petit silence. Ce n'est pas bon, ça, murmura la petite voix. "On se connaît?" Oups, oui, la voix du chanteur était maintenant prudente, impatiente, voire cassante.
"Hum..pas très bien...Enfin...oui, mais bon..." Mais pourquoi cela lui semblait-il si compliqué par téléphone? Sentant qu'elle n'arrangeait pas son cas, elle inspira profondément, avant de fermer les yeux, dans l'espoir de trouver du courage. "Bella" finit-ele par lâcher. "Je suis Isabella Swan, du Twilight...J'ai trouvé ce numéro sur notre table tout à l'heure, et comme je n'étais pas sûre, j'ai préféré...vérifier..." Voilà, c'était dit.
Il y eut de nouveau un silence, durant lequel elle crut presque entendre le jeune homme sourire.
"Tu aurais vraiment appelé si tu trouvais un numéro dans la rue comme ça?" l'interrogea-t-il, curieux et peut être légèrement malicieux.
"Non" rigola-t-elle, soulagée. "Mais j'étais presque certaine que ça venait de vous... Je me demandais juste pour qui et pourquoi!"
"Tu, Bella, tu..." la réprimenda-t-il gentiment "Et il n'y a qu'avec toi que j'écris ainsi sur des napperons!"
Elle s'excusa d'un sourire, avant de se rappeler qu'il ne pouvait pas la voir.
"Je ne savais pas trop, vous - tu aurais bien pu me passer le numéro d'Esmee, ou même celui de Jasper, à sa demande, peut être, pour le passer à Alice" suggéra-t-elle pour alléger la conversation.
"Oh, je ne m'en fais pas pour lui!" rigola le chanteur "D'après ce que j'en sais, je ne doute pas une seconde qu'ils aient déjà échangé leur numéro respectif! C'est même étrange qu'on ne l'ai pas encore vu ici, à la maison, ton amie..." commenta-t-il.
"Ne m'en parles pas! Si vous - tu savais l'enfer qu'elle m'a fait vivre après ce déjeuner chez vous..."
Après quelques dérapages de vouvoiement - oui, ce n'était vraiment pas facile pour Bella, même avec ce fameux repas, de se conformer à cette familiarité - et de nombreux débats littéraires et cinématographiques, elle se retrouvait assise en tailleur sur son lit, une tasse de chocolat chaud à la main, rigolant aux blagues du jeune homme, lui parlant de manière complètement décomplexée, comme si elle le connaissait de longue date, plutôt que de quelques semaines. Ils finirent par mettre un terme à leur échange quand Edward fut appelé par ses frères, au bout de quelques heures, à retravailler des morceaux. Elle se rendit alors compte qu'il se faisait relativement tard et sa nuit de sommeil ne fut par de trop, à en juger un réveil un peu difficile le lendemain matin. La jeune fille se retrouva donc rapidement au Twilight, comme d'habitude. Quand Edward arriva, Bella voulut lui amener directement une coupe de glace, comme convenu la veille, mais ne sachant pas vraiment se goûts, elle préféra assurer ses arrières, et alla lui demander.
"Quel parfum aujourd'hui?" demanda-t-elle directement, avec un grand sourire.
"Qu'est-ce que tu propose?" répondit-il, se faisant confortable dans le fauteuil. Elle était certaine que ce dernier devait maintenant en avoir pris la forme, depuis toutes ces années.
"Oula, la question est plutôt, 'que ne propose-t-on pas'!" plaisanta-t-elle avant de reprendre. "Et bien, en dehors des grands classiques, comme le chocolat que tu as goûté hier, on a beaucoup de choix de sorbets...Des saveurs assez originales, je dois reconnaître..."
"Quel parfum préfère-tu?" s'enquit-il sans une hésitation.
Elle se tût quelques instants, pour y réfléchir. "C'est une bonne question..." Sa réponse était la transmission directe de ses pensées. "Je ne les ai pas toutes goûtées, pas beaucoup du tout, même...Mais ma préférence sera toujours pour la glace vanille, traditionnelle, mais efficace." conclut-elle d'un sourire.
Il sourit en réponse, gentiment, comme on sourit à un enfant s'émerveillant devant un papillon, avant de conclure à son tour. "Ce sera une coupe vanille, alors."
"C'est noté" Et sur un signe de tête, elle continua son service.
Elle ne récupéra pas de napperon ce soir là, mais reçut un appel peu de temps après son retour à l'appartement. En ligne avec Edward, elle passa une nouvelle soirée à discuter de tout et de rien. Elle appréciait ces heures de conversations faciles, où elle se sentait en présence d'un ami, quelqu'un d'humain, d'atteignable. Elle dut cependant, à contre-coeur, mettr fin à la conversation quand le double appel d'Alice devint trop insistant. Sur un dernier ' à demain', elle raccrocha pour tout de suite être mise en relation avec son amie.
"Bella!" cria celle-ci, et Bella se rappela que ça ne lui avait définitivement pas manqué.
"Oui, c'est bien mon nom, que puis-je pour toi?"
"Il faut absolument que tu viennes, dimanche, Jasper m'a dit que je pouvais t'inviter, que ce serait avec plaisir, et que les autres t'attendaient avec impatience, car plus on est de fou, plus on rit!" Au ton de sa voix, Bella imagina Alice en train de bondir dans tous les sens.
"Respire Alice, respire...Qui , quoi, où, comment et quand?"
"Jasper, Carlisle, Esmee, Emmett... enfin la famille Cullen, quoi, repas dominical, en famille, chez eux, assis autour d'une table, dimanche, à treize heures! Et 'non' n'est pas une réponse!" ajouta-t-elle sèchement.
"Arrête Alice, je suis loin d'être de la famille...Et puis ils doivent se sentir obligés..."
"Si tu savais Bella! Apparemment, d'après ce qu'en dit Jasper, ça ne parle que de toi chez eux! Alors ne me joue pas la carte du "je-ne-suis-qu'une-étrangère" car non, je suis certaine que l'on ne parle pas de toi en mal!" coupa-t-elle tout aussi sèchement avant que Bella ne puisse intervenir.
Il y eut un silence, durant lequel la jeune fille espéra faire sentir à son amie son mécontentement vis à vis de la situation.
"Ce n'est pas comme si j'avais le choix..." finit-elle par cependant par céder.
Alice passa alors les trente minutes suivantes à lui expliquer sa relation avec Jasper, qu'ils devenaient de plus en plus proches, que ce n'était encore qu'innocent, mais qu'elle ne doutait pas d'un évolution possible dans un futur proche, et que le déjeuner de ce dimanche en était un bon signe. Comme Bella ne trouvait rien à redire, la conversation ne s'éternisa pas, et elle put enfin songer à se coucher une fois son téléphone éteint. Elle parvint à lire quelques pages de son livre avant que ses yeux ne le lui en empêchent davantage. Sa journée du mercredi fut tout aussi routinière mais plaisante que les autres, se résumant globalement à son travail au restaurant. Après une confirmation de l'efficacité traditionnelle de la glace vanille par son client préféré, elle apporta à Edward une nouvelle coupe de glace, framboise ce jour là, ne traînant cependant pas à sa table face à la charge de travail qui l'attendait. Il y avait en effet du monde sur la terrasse, et en salle, et Jessica n'était pas là. Elle passa une nouvelle soirée le téléphone à l'oreille, d'abord avec Edward puis avec sa mère, dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis un certain temps.
Il fut donc assez tard quand elle put enfin aller dormir, le sourire aux lèvres, après une bonne journée. Quand elle songeait à ce que disait Alice, le soir précédent, elle ne put cependant ignorer ce sentiment de mal ase qui grandissait en elle. Car elle se reconnaissait entièrement dans les paroles de son amie. Sauf pour le côté 'évolutif' de la relation qu'elle pouvait partager avec Edward, si l'on pouvait parler de relation. Il y avait encore quelques temps, elle n'aurait déjà pas imaginé une amitié, ou même un contact avec le jeune homme. Et pourtant, elle se sentait maintenant étrangement proche du chanteur, même si elle se méfiait encore de ce ressenti. Imaginait-elle maintenant aller au delà? Elle voulait dire oui, mais n'entendait qu'un non. Elle le voulait, mais elle avait appris que dans la vie, on avait rarement ce que l'on voulait. Elle avait déjà eu une grande partie de ses désirs réalisée. Alors oui, elle se contenterait de ce qu'elle avait, même si au fond, elle ne pouvait qu'en vouloir davantage.
