Chapitre 13 : Je suis venue te dire que je m'en vais (chapitre transitoire)
Copyright: Je ne possédé aucun des personnages du film Titanic de James Cameron, je ne tire aucun profit de cette histoire, seulement le plaisir de l'écrire. Dîtes moi ce que vous en pensez.
Résumé : Lady Rose fuit sa mère Ruth et son fiancé Cal avec l'aide de Jack Dawson.
Southampton, comté de Hampshire, Angleterre, le 19 Mars 1911.
Londres, comté du Grand Londres, Angleterre, le 19 Mars 1911.
Southampton, comté de Hampshire, Angleterre, le 19 Mars 1911
Le matin se levait, pas différent de chaque matin, sur le comté du Hampshire.
Caledon avait réussi à convaincre Ruth d'envoyer Rose à Londres.
Le petit déjeuner lui avait été servi avec ce qui était convenue comme à l'accoutumée par la loyale Trudie Bolt. Elle avait revêtue son tailleur blanc serrée à rayures marines et était coiffée d'un chignon tressé.
Ainsi parée, elle étudiait avec attention les tableaux pour mieux sélectionner ceux qu'elle emporterait à Londres ou elle résiderait dans le grand appartement des Hockley qu'ils venaient d'acquérir sur Piccadilly, témoignant de réussite sociale et de l'indiscutable succès de leur implantation sur le sol de Grande Bretagne.
-Ets-ce que Francis Dermott est tendre avec toi ? Est-ce qu'il te traite bien. demanda Lady Rose rougissante.
Elle savait que Trudie fréquentait le cordonnier depuis huit mois maintenant et que leur relation devenait sérieuse. Il la demanderait sans doute en mariage très bientôt.
-Il me traite très bien vôtre altesse, pourquoi vous me demandez ça ?
-Je crois que tu peux le deviner. Est-ce qu'il...Quand… ?
-Non vôtre altesse, il est très prévenant envers moi.
Cette conversation allait au delà de la courtoisie, elles étaient en confidence, elles se comprenaient sans que trop de mots ne soit nécessaire.
-Tu sais qu'il me fait sienne par la force, je ne peux plus le supporter Trudie. C'est pourquoi, j'ai besoin que tu m'aides.
-Qu'attendez-vous de moi vôtre altesse ?
-Voila nous devrons être à Londres cet après midi, je m'enfuirai dés midi.
-Princesse, c'est une décision très grave que vous venez de prendre.
-Ce qu'il m'a fait est grave, la décision est nécessaire. Nous devons être à Londres chez les Hockley en fin d'après midi. Quand mère et moi nous serons installées, tu diras que je suis partie me reposer. Je prendrai le premier train pour Southampton et de là, je partirai demain en France pour arriver à Paris dans trois jours. Je refuse d'être soumise à son joug plus longtemps.
Rose avait le trac, elle était et se sentait très nerveuse, qu'allaient penser Cal et sa mère ?
Elle ne pourrait pas faire machine arrière si d'aventure le plan que Jack avait formulé fonctionner.
Elle demeura muette tout le long du voyage en train voyant défiler un paysage d'abord estuaire qui se confondit avec celui de la campagne anglaise par la suite.
La vitesse du rail contrastait avec celle des battements de son cœur qui semblait s'amenuiser à chaque mile avalé par la locomotive à vapeur.
Ils s'installèrent dans l'appartement de Piccadilly juste avant de prendre le thé. Rose pensait à disposait de ces chers tableaux.
-Celui là ?
-Non, celui qui a plusieurs visages tu sais ?
-Le voici ! Parla Rose autant pour Trudie que pour elle-même.
-Voulez vous que je les sorte tous princesse ? S'enquit Trudie Bolt ?
-Oui, cette pièce a besoin de couleur. Fut sa réponse et son verdict.
-mettez les là dans la garde robe ordonnait Lovejoy à propos des malles.
-Ah non, pas ces gribouillages encore. Voila bien de l'argent jeté par les fenêtres.
Crut bon de geindre Cal, qui désirait toujours se faire remarquer ou qu'on le plaignît
-La différence entre le goût artistique de Cal et le mien, c'est que moi, je ne n'en manque pas.
-Ils sont fascinants, comme sortit tout droit d'un rêve. C'est la vérité, pas la logique.
-Comment l'artiste s'appelle t'il ? demanda encore Trudie.
-Un certain Picasso lui répondit sa maîtresse.
-Un certain Picasso ? Pouffa Cal, absolument sur de lui, Un certain Picasso qui ne fera jamais parlé de lui, croyez moi. Au moins, ils n'étaient pas chers répondit' il pour se défendre et chercher une excuse, tout aussi bien que pour conclure cette causerie.
-Le Degas va dans ma chambre ordonna t'elle à la bonne.
Alors que Rose et Trudie le plaçaient ensemble toutes les deux, elles se plaisaient à bavarder et Trudie qui avait toujours voulu avoir une maison aussi superbement ornée que l'était ce nouvel appartement qui sentait le neuf ne tarissait pas d'éloges sur la beauté de l'endroit.
Rose pensait depuis toujours que si Trudie en avait eu l'opportunité, aurait été une excellente et talentueuse décoratrice d'intérieur.
-Vous imaginez vôtre altesse, ce soir, quand je me glisserai entre les draps, je serrai la première.
Cal les avait suivi jusqu'à la chambre, d'un bref signe de tête tel un claquement de doigt, intima à la servante de sortir de la pièce. Elle croisa le regard de Rose, sa jeune maîtresse, le sien était contrit et lui présentait par avance ses excuses de devoir laisser seule avec lui. Elle exécuta une brève révérence et se retira donc. Cal la fixait toujours d'une mine réprobatrice qui la mettait réellement mal à l'aise. Seul, avec Rose, il ne se départit pas de son air supérieur et se rapprocha de sa fiancée :
-Je serai toujours le premier, le seul, pour toujours.
Cette constatation rageuse et possessive sonnait à la fois comme un rappel et un avertissement, Rose en avait bien conscience. Une raison encore pour partir, à n'importe quel prix.
Il la tenait par la taille et pressa ses lèvres sur ses épaules que cachait sa robe tailleur marine.
Elle expira un grand coup, essayant de toutes ses forces de ne plus pleurer.
-Quel dommage que j'ai une réunion que je ne puisse absolument pas louper. J'aurais voulu gouter avec vous les joies d'inaugurer ce…cet appartement mais je suis sur que comme pour hier vous n'hésiterez pas à donner de vôtre personne pour me satisfaire.
Elle voulait être une actrice, non ? Elle devait donc jouer le jeu. Elle sourit, certes très crispée et elle embrassa sa joue pour modérer son ardeur.
-A ce soir mon cœur.
Elle esquissa un soupir de soulagement, sachant que d'ici ce soir elle serait partie.
Quand tout fut rangé et qui ne lui resta plus rien à faire, la tension monta d'un cran, On se trouvait presque au moment crucial qu'il ne fallait surtout pas louper.
Elle s'était précédemment retirée et en avait profité pour rédiger une lettre brève et succincte à l'intention de sa mère sur le bureau en marbre doré et massif, l'escalier qu'elle avait escaladé avec lenteur empestait de l'odeur de térébenthine.
La pendule semblait accélérer son rythme. Dans sa main elle tenait un porte monnaie dont le fond était en cuir et dans lequel elle avait rassemblée ce qui lui restait de l'argent que lui avait donné son père lors de sa dernière visite à Paris et c'était tout juste assez pour acheter son billet de train, elle avait donné le reste à Monsieur Dawson qui réserverait sa place sur le bateau.
-Je dois m'en aller maintenant Trudie.
-Prenez bien soin de vous Princesse.
-Rose, je te l'ai déjà dit. J'essaierai de te donner des nouvelles.
-Si jamais vôtre mère et monsieur Hockley tente de vous sortir de Hautes Dames, je vous le ferai savoir et vous pourrez aviser.
-Merci Trudie. Tu es plus qu'une servante, tu es une véritable amie.
-Vous me manquerez beaucoup Rose.
-Moi aussi, Trudie, moi aussi. Je voulais t'exprimer toute ma gratitude et ma reconnaissance. Si les beaux jours reviennent dans le futur, je saurais me souvenirs du mauvais temps du passé.
Elles se serrèrent dans les bras très fort Dieu savait ce qui arriverait à partir de maintenant, à partir de ce moment ou Rose choisissait de désobéir.
Son train était à dix huit heures, il lui fallait se dépêcher à présent d'atteindre la gare de London Bridge, la plus vieille d'Angleterre.
Elle n'avait qu'une valise qui contenait deux ou trois robes assez simples à porter et u habit de nuit. De toute façon, lorsqu'elle se trouverait à Paris et à Hautes Dames, Ruth serait obligée de lui envoyer le reste de ses innombrables toilettes. Pourtant, l'impression ténue demeurait en elle qu'elle avait oublié quelque chose d'important ou qui pourrait le devenir.
-Je vais me reposer maintenant. Si on vient me chercher dît que je dors murmura t'elle à l'oreille attentive et discrète de Trudie Bolt qui depuis son enfance dans le Yorkshire ne se souvenait pas de jamais avoir été embrigadée dans une telle histoire.
C'était le signal qui donnait le départ de la fugue qu'elles avaient pianotée ensemble.
Dans sa chambre londonienne qui ne serait pas une autre occasion pour Cal de l'y joindre, elle regarda la rue presque déserte et y courut à la dérobade par la porte de derrière
Elle prit un de ces nouveaux taxi motorisés qui tournaient sur Londres depuis quand même 1903, il l'amena jusqu'à la gare de London Bridge, le début de son voyage.
En empruntant ce quartier prisé de la ville, on traversait également la tamise, célèbre fleuve anglais. Juste avant, en passant par Trafalgar et Leicester Square, elle eut un flash back, un retour en arrière sur ces jeunes années quand elle empruntait cette même route pour ses vacances écossaises ou la fois ou Henry les avait fait rejoindre, sa mère et elle pour des vacances à Biarritz que Ruth avait adoré vue que l'Impératrice Eugénie de France, l'espagnole épouse de Napoléon Trois y avait séjourné avec beaucoup de régularité quelques années auparavant, lançant la réputation de ce qui était alors qu'une petite ville de modestes pêcheurs de baleines la faisant passer petit à petit à une station balnéaire, reconnue, réputée et appréciée toute comme par effet de rebond les petites montagnes des alentours, faisant partie de la majestueuse chaine des Pyrénées, telle que la Rhune dont l'impériale Dame avait battue les étroits sentiers du Col en randonnée avec d'autres compagnes, des guides de montagne, des ânes et des vivres à boire et à manger. Tout cela pour admirer le magnifique panorama qui s'offrait à eux une fois le sommet atteint. On pouvait y voir l'Espagne voisine, pays natale de la tête couronnée qui aimait la contempler le soleil levant fouettant sur son visage.
En achetant son billet à la gare, le guichetier lui demanda comment cela se faisait qu'on laissait une si jolie fille voyageait seule et elle prétexta une visite à sa tante qui vivait au bord de la mer.
Elle avait réussie et se sentit soudain grisée par l'appel de la liberté, fière d'avoir prit seule sa décision, de ne s'être pas résolue sans une bataille.
Elle refit le chemin qu'elle avait emprunté plus tôt en sens inverse, jusqu'à arriver le soir dans sa ville natale qui s'apprêtait à s'endormir.
La gare n'était que peu occupée vers neuf heures du soir, les cheminots quittaient leur travail pour leurs foyers.
Jack, vêtu d'une longue veste et d'un chapeau melon l'attendait le sourire aux lèvres et elle se jeta dans ses bras, l'embrassant comme si ca vie en dépendait.
-Merci Jack, si ca n'avait pas été vous. Je n'aurai jamais eu la force de partir.
Il la serra un peu plus tendrement dans ses bras et lui annonça doucement.
-Moi aussi, je viens à Paris avec vous finalement.
Elle en était très heureuse, plus qu'elle ne serait le dire tant sa présence savait la rassurée.
-Je suis tellement contente ! affirma t'elle, pleine d'un nouvel espoir.
Il lui expliqua l'affaire plus en détail : Olivia Guichard, une de ses modèles parisiennes l'avait contacté par télégramme pour qu'il revienne dans la maison qu'elle partageait avec d'autres filles pour refaire d'autres portraits. Peut être que cette fois ci, un exposant français voudrait bien les présenter à un public plus large, peut être même dans cette gallérie d'art près de Montmartre qui avait tant plu à Jack lors de son dernier séjour.
Alors qu'elle était dans le train et que les nuages de la tombée du soir, Ruth et Cal s'inquiétait de ne pas voir réapparaître Rose qu'on attendait pour le dîner. Exigeant d'elle comme à l'accoutumée, qu'elle soit impeccablement parée. Pour une fois, pas d'invitée dans le pied à terre Londonien mais dans ce monde de paraître, il fallait toujours entretenir ne serait' ce que l'illusion de l'honnêteté des bonnes manières ou l'essentiel et le maître mot étaient la parade
-Allez cherchez Rose Trudie avait ordonné Cal d'un ton qui n'admettait d'emblée aucune contestation.
Elle s'inclina un peu comme elle le devait, sans rien dire de ce qu'elle savait et elle revint avec la lettre que Rose avait laissé, elle souligna la disparition de sa maîtresse comme si rien n'était plus banal et sans aucun égard pour celui dont elle savait qu'il était à l'origine de ses tourments.
Cal et Ruth s'empressèrent de s'emparer du papier bien plié à leur intention. Ils en furent pour une surprise qui n'était ni de leur cru ni à leur goût, ils n'aimaient pas se rendre compte ni reconnaître combien Rose pouvait avoir du caractère. Cela déclencha chez Lady Ruth, un de ses plus en plus fréquents saignements de nez.
Ma chère mère,
Caledon,
J'ai décidé de ne pas demeurer à Londres chez les Hockley. Je repars à l'instant même pour Southampton d'où je rattraperai un bateau pour la France d'abord et Hautes Dames ensuite.
Ne m'empêchez pas de réaliser ce dernier projet qui me tient vraiment à cœur avant le mariage.
Soyez également gentils de m'envoyer quelques affaires car je n'ai prit que le stricte nécessaire.
Et ne blâmez en rien Trudie qui n'était au courant de rien. Nous nous reverrons en juin. Les préparatifs du mariage n'ont pas besoin de moi jusqu'alors. Bien des chose à vous: Rose.
Cal explosa, comment sa fiancée avait' elle pu lui désobéir à son nez et à sa barbe ? Elle n'avait pas le droit de se conduire ainsi. Elle lui avait promit qu'elle ne fuguerait plus jamais. Sa place n'était pas dans ce pensionnat poussiéreux quand elle devait être à son service avec l'argent qu'il dépensait pour payer les dettes de sa famille et la satisfaire de bijoux et autres parures. Il la ferait s'amender, elle regretterait amèrement son choix, encore une fois il lui montrerait qui était le patron, de qui elle l'était obliger, il le lui rappellerait sans équivoque possible en la matant de la seule manière qu'il connaissait. De Mars (Dieu Romain de la guerre) à Juin (mois dédié à la Déesse Romaine du Ciel, Junon), il y avait trois mois.
Mais Cal trouvait la durée et l'attente trop longues à son goût,
-Lovejoy ! Appela t'il, bien décidé à lavé l'affront qu'il estimait avoir subi.
Pour Rose, l'incrédulité était encore de mise après pareille rébellion.
L'entraînant par l'épaule, Jack l'avait doucement conduite au pub Irlandais ou il louait avec ses très maigres moyens une chambre qu'il partageait avec son compagnon de route Fabrizio De Rossi. La noble Altesse Royale jugea qu'on lui fit plutôt un bon accueil.
Elle se régala d'une omelette bien faites et onctueuse mais qui souffrait de ne pas trouver assez de quantité de tranches de gras dans sa préparation, elle voulut se désaltérer d'un simple verre d'eau mais le gérant de l'établissement lui recommanda plutôt son eau de vie maison.
Elle apprit que la famille Dahl, émigrée de Norvège, était obligée de rester ici en attendant d'avoir des papiers légaux du consulat et que les revenus de leur travail passaient pour moitié dans la location de leur chambre et que de ce fait, ils mettaient le double du temps pour amasser leurs économies pour rejoindre la terre promise des travailleurs cherchant fortune, les Amériques.
Peut être elle l'aiderait si elle lui achetait les petites fleurs qu'elle vendait pour un unique sou.
D'ailleurs le très romantique Fabrizio avait visiblement les mêmes aspirations américaines et il usait de tous ses charmes pour séduire la blonde norvégienne d'Oslo, Helga aux cheveux tressés qui tenait compagnie à ses parents qu'elle accompagnait dans leur grand voyage avait tout de même prit le temps de prendre Jack à part pour lui donner son avis sur sa situation avec la belle princesse rousse que lui aussi commençait à bien connaître. De plus, elle lui avait gentiment adressé quelques mots en italien à son endroit, tout comme lors de la Saint Patrick dans ce même Pub. Elle avait même rencontré Caruso lui avait' elle dit la dernière fois, une bière à la main. Vous comprendrez donc que l'avis du ténébreux romantique transalpin était tout tranché. Evidemment, Jack et Rose étaient faits pour vivre ensemble et faire de beaux bébés.
1)*-Sei innamorato della principessa. Dovresti toglierla e dovresti sposarla! Sarebbe come un racconto di féées di mi mamma s'exclamt'il en tapant amicalement l'épaule de Jack.
2)*-Silenzio, sei pazzo protesta vivement Jack.
Tommy Ryan, le célibataire irlandais toujours présent dans le pub et qui croyait comprendre (à peu près) de quoi la conversation parlait s'en mêla s'en tour :
-Pourtant, il avait plus de chance de voir les anges lui sortir du trou de balles que de fréquenter une fille pareille. C'est surement parce qu'il n'est pas Britannique et qu'elle n'est pas irlandaise. En tout cas, ce n'est pas logique.
3)*-L'amore dà degli ali ma non é jamis logico rétorqua Fabrizio sur un ton de grand sage.
Jack rougissait (il avait apprit un rapide et efficace résumé d'italien jour après jour au contact de Fabrizio) mais Rose n'avait rien entendu du tout de cette discussion, harassée par la fatigue de deux assez longs voyages, la jeune princesse c'était endormie dans les bras de Jack, assis sur un tabouret qui la berçait en lui passant la main dans ses cheveux pour mieux encore la rassurer.
-Et ou vas donc dormir ta charmante invitée Jack ? Rigola doucement le gérant barbu qui ne voyait pas ce genre d'aventure se produire tous les jours.
De plus, l'établissement était plein d'Irlandais et il n'avait pas ni le luxe ni l'envie de faire dans la charité. D'ailleurs ils avaient regagné leur quartier depuis un bon quart d'heure car ils se levaient aux aurores pour effectuer de longues journées harassantes de travail contre un maigre salaire et peu de reconnaissance ni de gratitude. La raison et l'essence même de pourquoi tellement de monde cherchait à fuir l'Europe pour la troquer contre une Amérique qui n'espérait pas faite de chimère.
-Vous n'auriez pas une chambre pour cette jeune fille ? Elle ne reste que pour cette nuit.
La voix de plus en plus inquiète de l'homme du Wisconsin finit de réveiller la rousse endormie.
-Jack que faire ? Je n'ai plus que deux sous en poche et l'hôtelier loue les chambres pour quatre sous.
-C'est exact, ma p'tite dame et avec deux sous, je ne peux rien faire pour vous.
Rose décida alors qu'il ne serait pas superflu que le mot « économie » s'impose à elle un peu plus souvent dorénavant.
Jack regardait le maître des lieux, droit dans les yeux, presque comme un défi.
-Et bien elle dormira avec moi répondit Jack un peu crânement et carrément insouciant.
La jeune anglaise avait soudainement finit ses entrebâillements, ce qu'avait dit Jack la fit sursauter, non à juste triste.
-Pourquoi vous faîtes cette tête là. On dirait un chat sur ses gardes.
Elle avait peur de dormir avec Jack, peur qu'elle ne le découvre comme Cal.
Elle le fixait de ses grands yeux bleus et se sentait pâlir. Comment aborder cette épineuse question avec Jack ?
Il sembla comprendre le malaise qui troublait la princesse Rose.
-Je ne vous ferez aucun mal, vous savez. Et je laisserai personne vous en faire.
Elle acquiesça avec mal, mais malgré tout un peu plus en confiance et cette fois ci bailla impoliment pleinement ne pouvant dissimulée la fatigue qui la tenait.
Jack la conduit dans sa chambre, il y avait un paravent pour s'y changer comme dans le manoir de Westland.
-Je ne peux pas. Elle s'étrangla presque en désignant le paravent d'in doigt qui n'avait rien oublié de la peine affligée, de la douleur éprouvée.
Jack, un peu déconcerté par l'étrangeté de son comportement cherchait tant bien que mal un remède aux maux que Rose semblait éprouvée. Il la trouvait si forte mais si fragile à cet instant qu'il aurait tout fait pour qu'elle se sente un peu mieux. Depuis leur rencontre, il avait changé même si il n'en n'avait pas encore compris les raisons.
-Veux- tu te changer ici toute seule et que moi je m'en aille plutôt ?
Il avait hésité, oscillait (et de plus en plus) entre vouvoiement et tutoiement mais quelque chose de plus fort que lui le faisait se sentir proche d'elle. Elle hochait sensiblement la tête, répondant à sa demande par l'affirmative.
-Pas de problème, prends ton temps Rose l'encouragea t'il tandis que la petite porte de bois se refermait.
-Vous pouvez venir maintenant Jack dit' elle à travers de la porte.
Seul dans le couloir, il avait enlevé ses habits de jour pour son unique mais propre pyjama gris molletonné.
Voila que Fabrizio revenait de s'être tapé une cigarette dehors sous les étoiles avec l'Irlandais et le Suédois qui partageaient et complétaient les quatre petites banquettes de nuits qui faisaient office de lit.
Jack ouvrit la porte en même temps que les trois autres jeunes hommes arrivaient pour entrer à leur tour. La bande de joyeux drilles se trouva nez à nez avec la princesse Rose en longue chemise de nuit rose
-Qu'est-ce que cela signifie ? Demanda l'Irlandais de Belfast dans son accent du Nord prononcé.
*4)-Jack è può essere un matto ma è un matto felicea ! lui répondit Fabrizio, taquinant Jack d'un regard par la même occasion.
-Arrêter de nous regarder comme ça et arrêter de l'embêter ! ordonna formellement Jack.
5*)-Principessa Rosa, parlami ancore de grande Caruso per favore.
6*)-L'ho incontrato in viaggio con mio padre, E un uomo molto carino. Più canta molto bene come lo sai. l'ho visto in una rappresentazione di Pailliagi.
Les quatre hommes de la pièce ne purent s'empêcher de persifler moqueusement leur invitée qui maitrisait si bien la langue de Dante
-Hohhot fit l'Irlandais admiratif lui qui avait déjà du mal avec l'accent du Sud de l'Angleterre ayant grandi et baigné dans celui très différent de l'Irlande du Nord.
7*)-La Principessa vuole dormire maintennant e sa si tardi répondit Jack qui voulait montrer qu'il n'était pas en reste sous les yeux fort surpris du Suédois qui ne comprenait rien à cette bizarre affaire.
-D'accord, faîtes de beaux 8*)bambinis…pardon, je veux dire de beaux rêves.
-Fabrizio, tu es impossible ! S'esclaffa Jack.
Sur la banquette, il s'était tourné du côté de Rose qui le regardait toujours timide mais qui commençait néanmoins à sourire doucement. Ils explosèrent de tension et de rire
9*)-Buena notte mi principessa lui susurra t'il en lui déposant un doux baiser sur sa joue.
Jack passa ses mains autour de sa taille et ils éteignirent la lumière dans la nuit montante de Southampton qui ne faisait que débuter.
Fin de ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu. Le prochain s'intitulera : La petite fugue. Les review et différents avis sont toujours les bienvenus ne soyez donc pas timides.
Pour terminer voici le lexique des phrases en italiens traduites que vous avez trouvées dans ce chapitre :
1) Tu es amoureux de la princesse, tu devrais l'enlever et l'épouser. Ce serait comme dans les contes de fées de ma maman.
2) Silence, tu es fou.
3) L'amour donne des ailes mais n'est jamais logique.
4) Jack est bien fou mais en tout cas il a beaucoup de chance.
5) Princesse Rose, parlez moi encore du Grand Caruso, s'il vous plaît.
6) J'ai rencontré cet homme en voyage avec mon père. Un homme très gentil. En plus comme tu le sais, il chante très bien. Je l'ai vu dans une représentation de Paillasse.
7) La princesse veut dormir maintenant. Il se fait tard.
8) Bébés
9) Bonne nuit ma princesse.
