Hollywood, Griffith Park, 11 août 2014, 04h35
Nines était dans Griffith Park, sortant juste de la station téléphérique et marchant dans la petite pleine en bordure des bois qui s'étendaient devant lui. Son desert eagle coincé au creux des reins dans son dos. Ca n'était pas qu'il avait une franche envie de dégainer à la première alerte, mais un peu quand même. Un seul Loup-Garou sous forme Crinos avait failli le buter, et il avait des doutes sur l'accueil qu'il allait recevoir sans la présence de Lia.
Il marcha en se répétant que s'il ne tentait pas cette alliance, ils allaient être tous massacrés par le Sabbat et il devait protéger les vampires qui avaient mis leur confiance en lui. Une fois dans les bois, ses sens étaient assaillis par l'odeur d'humus, d'animaux et par les couleurs nuancées de la nature éclairée par la pleine lune. Passant la main gauche dans ses cheveux, il leva la tête pour voir l'astre nocturne à travers les feuilles sombres de chêne. « Exactement comme ses yeux, plus poétique qu'une comparaison avec une huître, » murmura le Brujah avant de se rendre compte de ce qu'il disait et de rouler des yeux pour cause de sentimentalisme insolite. Pour compenser immédiatement il pensa en détournant les yeux avec un minuscule petit sourire en coin, deux doigts sur sa petite barbe : « si je lui fais ça comme compliment, est-ce qu'elle acceptera enfin mes avances ? »
Il entendit un raclement de gorge et il se retourna en un mouvement, la main sur son arme dans son dos tout en se couvrant intérieurement de noms d'oiseau pour cette erreur d'inattention. En face de lui se trouvait un grand blond pâle aux yeux gris-vert. Les cheveux longs légèrement ondulés, et portant juste un short long vert feuille. Musclé, le visage norvégien souriant orné d'une barbichette et des Nike vertes à virgule blanche aux pieds. « Nines Rodriguez, c'est drôle je vous voyez plus grand – commença familièrement l'inconnu en jouant à enrouler sa barbichette autour de son index.
-Qui êtes-vous ?
-Je m'appelle Steven, Steven Queelie. Je suis le chef de la meute au milieu de laquelle vous vous trouvez – répondit-il d'une voix guillerette, un brin insolente. Dans son regard vert feuille on lisait de l'amusement bienveillant.
-Je ne suis pas ici pour me battre avec vous, ou alors je suis en crise suicidaire mais ce n'est pas le cas : Aurélia…
-Je sais – coupa Steven en levant gracieusement la main droite et fermant les yeux – un pacte a été décidé entre moi et la fée vampire. Nous vous aidons à renvoyer les vampires ennemis dans leurs pénates. En échange vous nous prêtez main forte contre les troupes fomoriennes de Bonnets Rouges et de Balor.
-C'est ce qui a été décidé ? – Souffla Nines suspicieusement en plissant des paupières et rangeant son arme. Entièrement focalisé sur les paroles de Steven il ne prêtait pas attention aux autres autour de lui.
-C'est ce qu'un ancien pacte entre les enfants de Fianna établis en ce Caern et les membres de la Maison Scathach a dicté. Ecaterina Gavril est ce qui nous a été promis pour défendre ce lieu il y a des générations. En échange nous apportons notre aide à la Maison Scathach en toutes circonstances.
-Gavril ? » S'étonna Nines, jamais encore il n'avait entendu un patronyme après le prénom d'Ecaterina.
Steven pencha la tête de côté en regardant le Brujah avec un petit air intrigué, les yeux plissés en portant une mèche emmêlée derrière son oreille. Le Loup-Garou mesurait un mètre soixante-dix et sa peau était laiteuse mais ça faisait que donner une allure plus dangereuse à sa silhouette musclée. A peu près autant que Nines. Et le Lycan étudia de haut en bas le vampire. « Gavril est le nom roumain pour 'Gabriel' l'homme fort de Dieu, le miséricordieux Gabriel. C'est le nom qu'a fini par définir la lignée de guérisseuses roumaines dont est issue la sorcière. Vous ne saviez pas ?
-On ignorait le nom de famille, » répondit Nines en haussant les épaules avec l'impression nette que c'était un détail important qui avait été admirablement bien dissimulé ou rendu vide de sens par la suite. Ecaterina…
Steven sourit doucement.
Le Brujah pensa qu'il avait ce sourire beaucoup trop gentil pour qu'on ait pas envie de le protéger, un peu comme Lia. « Vous êtes vraiment un Loup-Garou ?
-Oui, pourquoi ?
-Vous avez l'air trop gentil pour une bête de deux cents soixante-quinze kilos – fit Nines en relevant le menton et levant les épaules, les mains dans les poches. Il commençait à se sentir à l'aise avec Steven malgré les autres autour de lui.
-C'est ce qu'ils disent tous avant que je ne leur tombe dessus, » répondit Steven en souriant comme un petit lutin malicieux.
Nines se surprit à sourire en coin à son tour. Il n'aurait jamais cru pouvoir plaisanter avec un chef de meute lycanthrope uniquement vêtu d'un short. « Est-ce que notre accord est conclu, alors ?
-Si vous promettez sur votre honneur que vos vampires nous aideront contre les troupes fomoriennes et qu'ils nous laissent en paix en ce Caern.
-Je le promets, sur mon honneur de Brujah.
-Waouh je n'en demande pas tant ! » S'exclama Steven en tendant la main et ignorant royalement le grognement et le regard noir du Californien au sang épicé.
Le Brujah leva le bras pour tendre la main tout en disant : « alors votre meute nous aidera contre le Sabbat.
-Promis sur mon honneur ! Sabbat, Kuei-jin, invasions de cafards géants… »
Nines baissa la tête pour pouffer nasillement puis serra la main du Loup-Garou sans hésitation, échangeant un regard franc avec Steven.
Tous les deux savaient que cet accord malgré leur bonne volonté commune, tomberait à l'eau si Lia ne faisait pas le raccord parmi les troupes des vampires et des lycans.
« J'vous invite à boire un cou (p) ? – Sourit Steven jusqu'aux oreilles.
-Je l'ai déjà faite cette blague – répliqua Nines en souriant légèrement – nous devons convenir d'un moyen de nous contacter. »
Le blond soupira en roulant des yeux et passa un bras autour des épaules de son nouveau meilleur pote en disant l'air de rien : « rabat-joie… »
Quand le leader Anarch et le chef de meute Fianna convinrent de l'utilisation si tant pratique du portable et à défaut, du messager… Steven posa enfin la question que Nines croyait ne jamais entendre : « pourquoi n'est-elle pas venue avec vous ? »
Le lycan avait posé la question du haut d'une branche d'arbre pour mieux voir la lune et Nines était un bras tendu contre l'arbre. La question était délicate et douloureuse ainsi le vampire réfléchit à la réponse en regardant le sol tapissé d'herbe. « Elle fait des cauchemars… Elle a besoin de repos.
-Des cauchemars de Changelin je présume ?
-Je ne sais pas trop… Seulement qu'ils sont terribles.
-Je ne devrais pas dire ça mais : vous devriez la pousser vers vous… » Murmura doucement le lycanthrope avec une légère hésitation dans la voix, faisant lever les yeux à Nines pour croiser le regard mélancolique du blondinet.
« Que voulez-vous dire par 'je ne devrais pas' ? – Demanda t-il soupçonneusement.
-J'ai le flair quand il s'agit des gens et de leur émotions. Nous les Fianna sommes des bardes qui aiment chanter les amours contrariés et tragiques. Le vôtre va en être un si vous continuez comme ça…
-Continuer comme quoi ?! – S'emporta Nines qui se rappelait à cette seconde que ça n'était pas lui qui permettait à la Toréador de se reposer mais Beckett ! Ce même foutu Gangrel qui l'avait tirée de la Torpeur en décembre !! – Arrêtez de parler à demi, merde ! Que voulez-vous que je fasse ?! J'ai neuf siècles et 25 ans de retard pour deviner ses cauchemars et contredire ses idées !!
-Ecaterina Gavril a été promise au chef du Sept du cerf blanc de ce Caern, » lâcha Steven avec tristesse, les yeux verts sombres baissés sur un Nines qui resta sidéré : les yeux ronds, les sourcils haussés et la bouche ouverte.
Puis il fronça les sourcils et montra les crocs en fusillant son ancien meilleur pote des yeux. « Quoi… ? » Grogna t-il d'un ton si bas que Steven trouva la corde très bien pincée pour faire vibrer n'importe qui.
« Le Sept est ici depuis des siècles, de génération en génération nous protégeons ce lieu. A la formation d'Ecaterina par Lulainn, il a été convenu par le Rite de la Roue de l'Infortune que l'alliance entre la Maison Scathach et notre Sept ne serait effectif et efficace qu'en se soldant par… Heu… Une union.
-Un coït.
-Oui, » couina Steven en regardant la lune très intensément avant d'entendre un bruit d'explosion suivi d'impressionnants craquements. Ce sont les phalanges de Nines contre le chêne tricentenaire.
« ELLE NE… JAMAIS ! » Hurla Nines et vraiment pour s'époumoner de manière impressionnante comme un loup hurlant à la lune ce qui fendit un petit peu plus le cœur sensible de Steven. Forme Crinos 275 kilos tout en muscles.
« L'union sera censée représenter le rayonnement de la Banalité solaire du vampire sur le Glamour lunaire du Loup-Garou et la toute puissance de celui-ci projetée sur nous.
-Je ne comprends pas… – Soupira l'Anarch démoralisé qui se soutenait le front contre l'avant-bras contre l'arbre.
-Tout ce qu'il y a à comprendre c'est que l'éclipse du vampire en faveur de la fée sera définitive. Ecaterina appartiendra au Caern.
-Elle est Toréador.
-Pas si elle doute d'en être digne.
-Comment vous pouvez savoir ça ? »
Steven regarda la lune à travers une feuille de chêne plongée dans la pénombre. « Elle pleure du sang quand elle songe être autre chose que vôtre. »
3
Chinatown Los Angeles, 12 août 2014, 22h55
J'avais dormi sans rien rêver, rien d'autres que de gentils murmures dans un anglais élégant. La voix de Beckett sur fond d'écume de mer allant et venant. Quand j'ouvris les yeux le Gangrel étendu à côté de moi était encore dans le mortel sommeil de Torpeur. Je le regardai un moment avant de me redresser et de me relever ensuite pour me diriger vers la minuscule fenêtre. Y voir le reflet du mari Leprechaune qui fumait sa pipe et me retourner vers lui pour marmonner « qu'est-ce que vous faîtes ici ?!
-Vous croyez que c'est une vie, ça ? Avoir besoin d'un vampire comme celui-ci pour parvenir à fuir vos cauchemars ? »
Je rentrai la tête dans les épaules et détournai les yeux vers Beckett sans répondre. Je savais qu'il avait raison mais je ne voulais pas le formuler.
« Ces visions ne cesseront que lorsque vous irez vers votre vraie nature et quitterez la Banalité du vampirisme. Vous n'êtes pas un vampire. Vous êtes une enchanteresse guerrière Scathach. La meilleure de toute, Ecaterina Gavril.
-Ne prononcez pas ce nom, les Gavril étaient des guérisseuses. Pas des assassins. Je ne suis plus une Gavril.
-Vous voulez continuer à revivre vos crimes à travers les cauchemars des Changelins ?
-Je ne veux pas devenir une folle non plus ! – Grognai-je en lui tournant le dos. Je tremblais…
-Alors vous voulez avoir à vous demander tous les soirs si on ne se rit pas de vous dans votre dos, maintenant que votre dossier est… »
Il ne finit pas sa phrase mais il n'y avait pas besoin. Je portai les mains en coupe sur mon visage, l'esprit déchiré. J'avais trop honte de moi et trop peur de ne pas savoir si oui ou non mon secret avait été vu par d'autres vampires. Ella n'allait sans doute pas se priver de faire du bouche-à-oreille et de ruiner ma réputation. Les Anarch marchent au mérite… Mais qui ne s'empêcherait pas de superposer l'image de moi au passé sur ce que je suis au présent jusqu'à effacer les traits de ce présent comme un calque trop épais.
Nines n'aurait pas cette double vision falsifiée…
Mais ai-je encore l'impression de mériter réellement le sang Toréador maintenant ? Plutôt que celui Nosferatu…
Avec tout ce sang dans un chaudron, et les papiers dans une chemise.
Beckett doit pouvoir retourner à sa tâche, non ? Et Nines se préoccuper de l'Etat Libre au lieu de ma folie douce…
Je suis en train de fuir le regard des autres en me tournant vers les jolis sourires entendus de celles qui savent tout depuis le début et qui ont tout fait pour que ce soit ainsi.
Je me tournai vers Dogal qui me sourit gentiment et me dit « je suis désolé, enchanteresse. C'est votre fatalité en tant que personnage du Songe. »
Que pouvais-je faire d'autre à présent que de hocher la tête tout en ayant les yeux tournés vers Beckett ? « Si je ne bois plus de sang, je tomberais en Torpeur.
-Le sang des Fées vous sera absorbable puisque que ce sang coule dans vos veines. »
Dogal se retrouva soudainement devant moi et tira sur ma robe. Je me penchai et m'accroupis, les avant-bras sur les cuisses pour voir Dogal me tendre la main qui ne tenait pas la pipe. Je la fixai, sa ridicule petite main fripée et boudinée avant d'entendre que mon ami nodiste se réveillait et nous avait remarqués. En tout cas je l'entendis prononcer mon nom et avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit je tendis la main gauche pour toucher les doigts de la main gauche de Dogal.
Le Glamour, je suis certaine que c'était lui, se mit à briller à mes doigts d'une lueur rubis comme le sang sous la lumière du soleil. Puis il s'étendit en poussière lumineuse et vermillon tout le long de mon bras, lorsqu'il arriva à ma poitrine et traversa mon cœur mort celui-ci battit une fois comme pour une cloche de cathédrale quand on marque un évènement. Une brise chaude souffla sur mon visage et l'air se réchauffa autour de moi. Quelque chose prit forme dans mon dos, je sentais des tourbillons frissonnants de Glamour chatouiller mes épaules et le creux de mes reins si bien que les chatouilles me firent cambrer le dos et me relever précipitamment. Je fermai les yeux en tendant les bras pour attraper un roc que j'étais seule à voir.
Ca finit lorsque le Glamour me fit tourner sur moi-même et fermer les volets sur le monde : de grandes ailes de papillon membraneuses et de couleur rubis se replièrent sur moi puis se déplièrent pour disparaître avec moi.
Les Prodigues du Peuple de l'Automne que sont les humains, ceux qui furent des Fées mais qui sont marqués par la Banalité ne doivent pas voir ainsi l'aspect d'une Fée.
Ils pourraient frapper en disant « je ne crois pas aux fées. »
2
Beckett était transi. La Frénésie montait en lui avec la disparition de la Toréador encore plus vite que d'habitude. Retirant ses lunettes il se leva et les serra si fort dans sa main droite qu'elles se brisèrent et il les jeta vers la table en rugissant à pleins poumons. Puis il se dirigea vers cette maudite table qui avait porté ces abominables paperasses et la renversa en un mouvement rageur des bras avant d'y placer un coup de pied bien senti qui creusa un trou à la mesure de celui dans son âme résultant de son échec. Des échardes volèrent jusqu'au pas de la porte.
Le Gangrel porta les mains à son visage pour couvrir ses yeux, mais tout ce qu'il voyait derrière l'écran noir de ses paupières était cette transformation de la vampire en fée. La perte de la Française sur la voie de la Folie. L'Indépendant et légendaire archéologue nodiste n'était pas du genre sentimental mais l'échec pour quelque chose lui tenant à cœur lui était insupportable. A peine avait-il trouvé la solution qu'une imbécile foutait tout par terre !
Aurélia pouvait se vanter de le fasciner de la même manière que l'histoire caïnite : derrière les voiles des mythes qui la faisait passer pour une fable il y avait un impressionnant pouvoir qui s'était forgé avec la bénédiction de Caïn. Le charme qu'elle exerçait sur lui c'était de donner 'aux mythes' un pouvoir apaisant. C'était le seul que Beckett ne voulait pas raisonner et auprès duquel il souhaitait de temps en temps se distraire pour repartir à l'assaut de ce qui constituait peu à peu le Livre de Nod. Et découvrir si Caïn est une fable ou une légende non vivante…
Il était hors de question pour lui qu'elle soit autre chose que l'héroïque Toréador anarchiste Lia Vilorë. Hors de question qu'elle se détache totalement de l'histoire caïnite, hors de question qu'elle disparaisse de sa non vie.
Une certaine Brujah allait le recevoir de gré ou de force et payer pour avoir aidé le peuple féerique à obtenir l'abandon de la Toréador.
Beckett saisit son cache-poussière laissé sur le matelas et son feutre beige. Il sortit ainsi sous forme de chauve-souris par la minuscule fenêtre qu'il avait préalablement ouverte…
1
Au même moment au Last Round
Le Brujah se réveilla en sursaut, le poignet sur le front et allongé sur son lit sur le dos. Se redressant lentement en fouillant un point devant lui. Il massa sa nuque et peu à peu ses doigts se crispèrent sur sa peau alors qu'il avait de plus en plus la certitude qu'il avait perdu. « Juste à l'instant, c'était comme si j'avais eu un arrêt cardiaque… » Pensa t-il et tout en même temps ses yeux ne cessaient de chercher quelque chose de perdu qu'il était vital de retrouver. Un mélange entre colère et angoisse « Lia a… » Murmura t-il d'abord mais il se mordit la langue pour ne pas terminer cette phrase.
Lia a choisi les Fées.
La Scathach a éclipsé la Toréador.
« Non… » Souffla l'Anarch en papillonnant des yeux et relevant la tête, il s'éjecta hors du lit, se propulsa, bottes aux pieds, hors du Last Round, en jean noir et en juste corps blanc. En répétant cette négation de plus en plus rapidement comme si ça devait y changer quelque chose par sa simple volonté. L'onde de chaleur tiède qui avait suivi les quelques jours de pluie fine l'accueillit à l'extérieur. Cette nuit devait être agréable, mais pour Nines elle était cauchemar éveillé.
Leur lien était toujours là. Il était tendu et solide mais il était menacé. Il était là, mais menacé.
Le Brujah tout en cherchant à s'accrocher à quelque chose au milieu de la vague opaque et ténébreuse de panique se précipita moitié en courant moitié en marchant vers sa moto pour bousculer Jack au passage « hey ! Gamin !! Qu'est-ce qui te prend ?! » S'exclama bruyamment le corsaire pour parvenir à se faire entendre par le taureau qui fonçait tête baissée. Une expression nouvelle et choquante se trouvait sur le visage du leader Brujah et Jack ferma son propre visage en fronçant les sourcils. Observant l'Anarch partir en direction de Chinatown. « Ce n'est pas bon du tout… » Marmonna d'une voix basse et grondante Smiling Jack décidant de rendre une petite visite à Garcia.
1
A l'intérieur de Chinatown, Nines croisa Beckett ayant volé des lunettes de soleil et venant dans sa direction. Le Brujah stoppa brutalement sa moto sur le trottoir d'une ruelle pour l'instant vide et descendit pour pointer son flingue sur le Gangrel qui avait des griffes au bout des doigts. « Tu devais veiller sur elle ! » S'écria t-il en sentant monter l'envie de décharger sa colère et son désespoir maintenant mêlés de rancœur sur le supposé fautif.
Beckett saisit Nines à l'épaule et y planta ses griffes en montrant ses crocs proéminents, Nines affichait lui aussi un air menaçant en tournant pour parvenir à coller le dos du Gangrel contre la palissade qui marquait la frontière de Chinatown. Puis il lui colla une balle dans l'épaule du bras qui le tenait par les griffes. « Vous ne pouviez pas tenir l'autre Racaille en place ?! » Répliqua dans un grognement presque animal Beckett en repoussant violemment le Brujah. Comme un policier se dirigeait vers eux en courant à plusieurs mètres, ils lui jetèrent un regard puis s'entreregardèrent. Le Brujah remonta sur sa moto et se dirigea vers Compton. Le Gangrel se fit la belle en courant jusqu'à une ruelle sombre où il se transforma en chauve-souris en volant aussi dans cette direction.
A Compton ils étaient deux à vouloir la tête de la Brujah indépendante. Chacun dans son propre mélange de colère et de désespoir d'avoir perdu la Toréador contre les Fées.
Pourtant ils n'arrivèrent pas jusqu'à elle.
Au lieu de tomber sur Ella, une conversation entre deux jeunes passants dont l'un lisant le journal leur tomba dans l'oreille : « elle est mignonne la petite copine du maire.
-Fais voir ? Ah ouais pas mal ! Comment elle s'appelle ?
-Wouah ! Elle est Française, hey ! Aurélia Vilorë, drôle de nom pour une Française. »
Nines et Beckett s'entreregardèrent encore. Le Gangrel roula des yeux derrière ses lunettes avec un grognement de mécontentement et un petit coup de vent arracha le journal des mains du lecteur qui jura, se retourna et vit deux hommes avec le même journal mais pas trace du sien. « Merde ! »
Pendant ce temps le Gangrel et le Brujah se partageaient la feuille de chou : « 'Aurélia Vilorë ici au bras de Gareth MacPherson est non seulement une mangaka mais aussi la cible du tueur en série' – lisait Nines – putain de merde !
-Cet homme est malin, je me demande si Garcia lui a soufflé ce plan – se demanda Beckett.
Et Nines qui s'était retourné pour résister à l'envie de déchirer le journal en plusieurs morceaux, se retourna encore pour pointer ledit journal de l'index et cracher avec mépris d'une voix grondante – Garcia est un trou duc' et un idiot du village ! Il savait juste que MacPherson saurait faire bon usage des infos qu'il lui trouvait ! » Mais en vérité, la bêtise de Garcia était d'avoir visé juste…
