Chapitre 13 :
Finalement, nous allâmes en grand groupe à la petite soirée de Slughorn. Bella et moi étions les deux seules filles. Lucius, Severus, Rabastan et Rodolphus nous accompagnaient. Bon, il fallut avouer que nous avions dû traîner Severus avec nous. Il ne cessait de grommeler qu'il avait mieux à faire qu'aller à ce truc débile, mais tout le monde insista tellement qu'il capitula. D'ailleurs je fus bien contente qu'il soit là. Car je lui sautai littéralement dessus pour lui prendre le bras. Il me regarda avec étonnement. Je me penchai vers lui pour lui murmurer à l'oreille.
- Lucius, m'expliquai-je en un mot.
En effet, ce dernier s'était avancé vers moi, sans doute pour imiter Rabastan qui avait offert son bras à Bella.
Pour la première fois depuis longtemps, je vis Severus esquisser un petit rire.
- Et tu crois réussir à lui échapper combien de temps ...
- Le plus longtemps possible, espérai-je.
Avant de pénétrer dans le bureau de Slughy où se tenait la petite fête, Bella arrêta tout le monde.
- Une dernière chose ! Gronda-t-elle soudain.
Elle me fit un clin d'oeil et je ne pus m'empêcher de penser « aie ». Qu'allait-elle encore inventer ?
- Caly et moi, poursuivit-elle.
« Re aie » pensai-je une nouvelle fois, parce que je nous voyais pas du tout en quel honneur elle parlait en mon nom ...
- nous voudrions une trève dans ce stupide gage pour ce soir ...
Je fis la moue. C'était très risqué ce qu'elle demandait là ... Ils pouvaient très bien refuser et nous mener la vie dure.
Lucius allait répliquer mais elle l'en empêcha d'un geste sec de la main.
- En échange de quoi, vous gagnerez un jour supplémentaire ...
- Eh, protestai-je ! J'étais même pas au courant de ça ! Et puis un jour pour une soirée tranquille, c'est cher payé !
Les garçons firent vite le calcul et acceptèrent la proposition.
- C'est quoi cette histoire de gage, me demanda Severus.
- Laisse tomber, lui conseillai-je. Un stupide pari que Bella et moi avons perdu ...
- Ah, répondit-il. J'en ai entendu parler ... Encore un signe de grande intelligence ...
Je ne répondis rien, ça n'en valait pas la peine. Je lui lançai simplement un regard assassin pour cette remarque des plus sympathiques.
Nous finîmes par entrer dans le bureau. Il paraissait soudain beaucoup plus grand, comme si les murs avaient été repoussés. Les meubles avaient disparu pour laisser la place à une grande table où étaient posées diverses victuailles. Un petit elfe de Poudlard circulait entre les invités portant un plateau trop grand pour lui. Il proposait des verres à souhait. Nous en prîmes chacun un et aussitôt la boisson que nous voulions apparut dans le cristal.
Slughorn nous vit arriver mais contrairement à ce qu'il avait fait avec tous ses autres invités, il nous ignora totalement.
Lucius décida de porter un toast.
- A nous ! Lança-t-il en levant son verre.
Nous l'imitâmes. Je sentis son regard s'attarder longuement sur moi, mais je lui accordai à peine un coup d'oeil.
Peu à peu le bureau se remplit à coups de « Cher ami, je suis heureux que vous ayiez pu venir ! » ou de « Merci pour le petit paquet, c'était une attention délicate ! »
Au fur et à mesure que la soirée s'étirait, notre petit groupe commença à se séparer. Severus fut le premier – et le seul - à se faire happer par Slughorn.
- Monsieur Rogue, suivez-moi ! Il faut absolument que je vous présente quelqu'un. Un vieil ami, le professeur Gwones, il fait partie de la Très Extraordinaire Société des Potionistes !
Severus sembla nous lancer un appel au secours muet avant de disparaître dans la foule.
Bella et moi nous nous éclipsâmes aussi pour gagner le buffet. Nous picorâmes quelques petits sandwichs au concombre et à la citrouille. Au loin, Lucius et Rodolphus semblaient pleine discussion.
- Arrête de le surveiller comme ça, me conseilla Bella. Ou il va croire que tu es intéressée ...
Je soupirai.
- Et que me conseilles-tu de faire ? Lui demandai-je.
- Prends le dragon par les cornes et va lui parler ! Dis-lui que tu n'es pas intéressée !
Je ne pus m'empêcher de rire.
- Ce à quoi il me répondra que je me suis fourvoyée totalement et je passerai pour une idiote ...
- Tu n'as pas tort ...
Je laissai échapper un nouveau soupir.
- C'est à s'arracher les cheveux ! Conclus-je.
- Ce serait une grossière erreur, mademoiselle.
Je me retournai pour me trouver face à un sorcier que je ne connaissais pas. Grand, plutôt séduisant avec un visage carré, des yeux noisette brillant de mille feux, de longs cheveux châtains retenus par un catogan.
Devant notre étonnement, il s'inclina et à tour de rôle, prit notre main et y déposa un baiser.
- Darius Prius Obsequis, se présenta-t-il.
Je jetai un coup d'oeil à Bellatrix. Pas plus que moi, elle ne semblait savoir qui c'était.
- Hum, je vois que mon nom ne vous dit rien, soupira-t-il. C'est vrai que mes oeuvres, elles, sont connues de tous ...
Il afficha un sourire blanc éclatant digne d'une publicité pour le nouveau dentifrice de la Mère UltraBright.
- Je suis photographe professionnel ! Je travaille entre autre pour Sorcière Hebdo ! De charmantes demoiselles comme vous doivent bien lire ce magazine ? J'ai fait plusieurs couvertures !
- Ah oui, s'exclama Bella plus par politesse que par intérêt.
Il eut de nouveau son sourire figé.
- Puis-je vous offrir un verre, mesdemoiselles ?
Nous acceptâmes. Il intercepta le petit elfe qui ployait sous son plateau.
- Champagne des elfes ! Annonça-t-il en nous tendant nos verres.
Il leva le sien pour trinquer.
- A la jeunesse et son éternelle beauté !
Il fut difficile pour nous d'étouffer notre rire. Il avala une gorgée puis nous regarda de nouveau en souriant.
- Et puis-je savoir à qui ai-je l'honneur ?
Je souris. En général, lorsque je donnai mon nom, les gens trouvaient toujours une excuse pour aller voir un peu plus loin s'ils y étaient. Je pris la parole.
- Mon amie se nomme Bellatrix Black ; quant à moi, je suis Calypso ... Calypso Kered-Ann !
Pour une fois, pas de réaction ! J'en fus étonnée.
- Ravie de vous connaître.
Darius s'inclina en une ridicule révérence. Il commençait sérieusement à m'énerver. Je fus soulagée lorsqu'il proposa à Bella une danse qu'elle ne put refuser. Morte de rire, je la vis se faire traîner sur la piste de danse improvisée où évoluaient quelques couples. Je m'appuyai contre le mur pour profiter du spectacle. Je ne manquerai pas de rappeler à Bella que quelques heures auparavant, elle se plaignait d'être toujours toute seule ! Malheureusement mon sourire s'effaça rapidement lorsque j'aperçus Lucius qui semblait se diriger vers moi. Je quittai mon poste d'observation. Plus loin Severus était tout seul, il avait été relâché par Slughy. Je sautai sur l'occasion, préférant couper la mandragore sous le pied de Lucius.
- Tu danses, Severus ?
Et sans lui laisser le temps de me répondre un non, je le pris par la main et l'entraînai sur la piste de danse.
- A quoi tu joues ? Me demanda-t-elle grincheux.
- J'avais envie de danser ...
- Et il fallait que ça tombe sur moi ?
- Oui !
Nous ne dîmes plus rien pendant un petit moment. Finalement, il reprit la parole.
- Tu as l'air d'aller bien ! Constata-t-il.
- Bien sûr ! Pourquoi veux-tu que j'aille mal ?
- Ton histoire avec Rodolphus ...
- Oh ça ... C'est rien !
Je rigolai.
- Depuis quand t'intéresses-tu à ma vie privée, Severus ?
- C'est juste que cela fait longtemps que nous n'avons pas parlé ...
- C'est vrai, finis-je par avouer. Mais d'un autre côté, ce n'est pas de notre faute ... Nous n'avons plus vraiment une minute à nous ...
Il ne répondit rien à cela.
-Dis donc, me demanda-t-il soudain. Ton envie de danser, c'était une excuse bidon ...
- Hein ?
Une fois n'est pas coutume, Severus sourit.
- Je crois que tu voulais encore échapper à Lucius ...
Je grognai une réponse incompréhensible.
- Malheureusement pour toi, tu ne pourras lui échapper plus longtemps ...
La chanson était en train de se terminer.
- Pourquoi dis-tu cela ?
Severus ne répondit rien, mais me fit tourner : je pus voir Lucius s'avancer vers nous, un sourire de triomphe sur les lèvres.
- Severus, tu permets que je t'emprunte ta cavalière, lui demanda-t-il comme si je n'existais pas.
Puis sans attendre de réponse, il me prit par la taille et m'entraîna plus loin.
- Comme ça, tu n'auras même pas le temps d'inventer une excuse, Kered-Ann. Trop tard pour refuser cette danse ...
- Tu ne me laisses guère le choix, Malefoy, répondis-je sèchement.
- Aurais-tu peur de moi, Kered-Ann que tu es toujours à fuir devant moi ?
J'éclatai de rire.
- De un, Malefoy, je ne te fuis pas ... mentis-je. Et de deux, pourquoi voudrais-tu que j'aie peur de toi ?
Seul son rire me répondit. Il avait resserré son étreinte et ses mains étaient posées au plus bas de mon dos à la limite de la décence. Mais, me surprenant moi-même, je le laissai faire. Du coin de l'oeil, j'aperçus Bella toujours aux prises avec le photographe de Sorcière Hebdo, je ne pus m'empêcher de rigoler.
- Qu'y a-t-il ? Me demanda Lucius.
- Rien, c'est Bella ...
- Que lui arrive-t-il ?
- Tout à l'heure, elle se plaignait d'être toute seule pour cette soirée, et la voilà entre les bras d'un photographe qui ne veut pas la lâcher ... Elle a l'air ravie !
Je m'interrompis quelques secondes.
- Tiens, si tu allais la dépêtrer de cette situation ! Va l'inviter à danser ...
Bon cette excuse était plus que pitoyable et les mots étaient sortis tous seuls ...
- Tu vois, Kered-Ann, j'avais raison, tu veux te débarrasser de moi ...
- Non, mentis-je.
- Alors tu ne verras donc pas d'objection pour que je te réserve une seconde danse ...
- Vas-y, marmonnai-je boudeuse.
Il m'entraîna pour une nouvelle danse. Il fallait avouer qu'il était plutôt bon danseur. La musique prit fin, Lucius commença à s'éloigner. Je ne sus pas ce qui me passa par la tête mais je l'appelai.
- Malefoy ?
Il se retourna.
- Tu t'en vas déjà ? Lui demandai-je avec un sourire qui se voulait moqueur. Non, parce que je croyais qu'on ne disait jamais deux sans trois ...
Un sourire radieux naquit sur son visage.
- Tu es vraiment surprenante, avoua-t-il lorsque de nouveau il enserra ma taille et me fit danser.
- Je sais ! Dis-je en toute simplicité.
Nous rîmes tous les deux.
- Et puis autant en profiter, finis-je par poursuivre. Pour une fois que nous ne passons pas la soirée avec Rusard à classer de vieux dossiers ...
Quelques minutes plus tard, nous étions tous les deux à siroter un verre près du buffet, Bella revint, les joues rougies par l'effort d'avoir trop dansé. Lucius en profita pour s'éclipser.
- Alors ?
Je ne pus m'empêcher de l'interroger.
- J'en peux plus ... Si je revois encore une fois sa face de doxy, je crois que je vais vraiment m'énerver ...
- Tu n'es jamais contente ... Je me souviens encore de cet après-midi où tu râlais que personne ne voulait de toi ... Et maintenant, tu dénigres ce photographe !
- On voit bien que tu n'as pas dû le supporter bien longtemps !
- Moi j'ai dû faire avec Malefoy, tu sais ... Chacun sa galère !
- Tu parles d'un calvaire, danser avec Malefoy ...
- J'ai bien essayé de te l'envoyer mais il n'a pas voulu venir te sortir des griffes de ce photographe !
- Tu m'étonnes, j'ai vu la manière dont il te serrait contre lui ... remarque, ça n'avait l'air pas de trop te déranger ...
Je ne pris même pas la peine de répondre, je lui lançai simplement un regard noir.
Elle allait ajouter quelque chose mais je la coupai.
- Un conseil ! File vite !
- Quoi ? Si c'est pour ce que je t'ai dit ...
- Ton photographe ...
Pas besoin de lui faire un dessin, Bella disparut aussitôt.
- Ma chère, m'interpella soudain Darius. Je cherche votre charmante amie ...
- Elle a dû partir ... Une urgence, je crois ... Elle est préfète alors vous comprenez ...
- Hum ... Comme c'est ennuyeux ...
Il me balbutia encore quelques paroles et s'éclipsa.
- C'était qui ?
La voix de Severus me fit sursauter. Comme à son habitude, il était arrivé en douce, sans se faire remarquer.
- Un sorcier qui cherchait Bella ...
- Hum ...
Ses yeux noirs étaient posés sur moi et me dévisagèrent longuement. Je soutins son regard.
- Qu'est-ce qu'il y a ? finis-je par demander, agacée.
- Rien ...
- Non, y a pas rien ... Pas quand tu me regardes comme ça ...
Il eut un petit sourire narquois.
- Qu'est-ce que tu fais pour ces vacances ?
Il avait fini par s'avouer vaincu ... Je souris.
- La question qui tue, Severus ! M'exclamai-je. Tu sais très bien ce que je fais de mes vacances ... Je rentre chez moi ... au manoir de mon père ...
- Ton manoir, me corrigea-t-il.
Je fis la moue ... j'adorai la délicatesse qu'il avait de me rappeler la mort de mon père. Mes yeux lui jetèrent des éclairs.
- J'ai plein de papiers à régler ... Pas le temps pour faire autre chose ...
Il avait très bien saisi le sous-entendu mais insista tout de même.
- Tu pourrais venir ... pour Noël ... Proposa-t-il soudain.
Ma voix se fit plus dure lorsque je lui répondis en détachant soigneusement tous les mots.
- Pas question que je remette les pieds là-bas, Severus ...
- Elle aimerait bien te voir ! Continua-t-il.
- Tiens, depuis quand joues-tu au hibou, Severus ? Si elle a quelque chose à me dire, qu'elle me le dise elle-même ...
- C'est que j'ai cru comprendre que toutes les lettres terminaient au feu ...
- Non, répondis-je. Pas que au feu ... A la poubelle, en mille morceaux ...
Cette fois, ce fut moi qui eut droit à un regard assassin.
- Quoi ? Le narguai-je.
- Tu n'es qu'une égoïste ...
- Je sais ...
Je me radoucis soudain quelque peu.
- Mais, toi, tu peux venir si tu le souhaites ... lui proposai-je alors.
Il éluda ma proposition qui, je le vis le temps d'un éclair dans ses yeux, était bien tentante.
- Elle veut te voir, répéta-t-il.
- Qu'elle aille se faire voir ! Criai-je. Je ne veux plus à rien à faire avec elle ! Laisse tomber, Severus.
Je lui tournai le dos et m'apprêtai à partir, mais il me retint par le bras. Je fis volte-face. Mes yeux lançaient des éclairs.
- Quoi ? Crachai-je. Tu vas encore prendre sa défense ? Elle n'en vaut pas la peine, ce n'est qu'une moins que rien. Une ...
Je ne pus le temps d'asséner plus d'insultes. La gifle de Severus m'atteignit en plein visage. Je portai ma main à ma joue brûlante. Bon, je l'avais bien cherché, c'est vrai, mais il y avait été vraiment fort. Ce fut plus le geste que la gifle en elle-même qui me fit vraiment mal. Je sentais poindre les larmes au coin de mes yeux.
- Et toi, tu ne vaux pas mieux avec tes manies de ces saletés de moldus !
Des applaudissements interrompirent notre dispute. Nous étions dans un coin reculé et je pensais que personne n'aurait fait attention à nous ... Grave erreur ...
Potter, hilare, s'était appuyé sur l'épaule de son acolyte. Black s'esclaffa.
- Joli ! Snivellus, très joli ! Le railla-t-il.
Génial, il ne manquait plus que ces deux stupides gryffondors pour couronner le tout. Je m 'éloignais de Severus de quelques pas.
- Alors ? Une petite dispute entre amoureux, marmonna Potter.
Black s'avança vers moi.
- C'est vraiment dommage Kered-Ann que tu perdes ton temps avec Snivellus. Tu mérites beaucoup mieux que lui !
- La ferme Black! Grognai-je.
J'avais mis ma main à la poche. Mes doigts se refermèrent sur le bois noir de ma baguette. J'étais en fureur.
Black était tout proche de moi, il osa passer un bras autour de mes épaules.
- Tu sais, commença-t-il.
Je ne lui lançai pas l'opportunité de finir sa phrase. Je lui assénai un bon coup de genou à l'entrejambe. Il tomba à genou, plié en deux par la douleur.
- Bas les pattes, Black. Je préfère encore me prendre une gifle de Severus plutôt que tu poses tes sales pattes sur moi !
Puis, n'attendant pas mon reste, je les plantai tous les trois là. Et tant pis pour Severus !
