Bonjour tout le monde.
Comme annoncé depuis quelques jours sur ma page Facebook, aujourd'hui vous avez le droit à un nouveau chapitre de This, you protect.
Il est plein de aie et de ouille lui aussi, mais Barnes fait un nouveau pas vers la guérison et se fait un allié. Ou pas. Qui sait avec elle ?
Plein de bisous à tous et merci pour vos reviews sur le dernier chapitre.
Bonne lecture.
Et donc sa vie se résume à courir en cercle autour du National Mall comme un idiot, à se cacher dans la haie, et à attraper par la gorge des gens avec des badges en forme de pieuvre jusqu'à ce qu'ils tombent dans les pommes. Barnes s'accroche aux petits bouts de bonheur qu'il achète au Starbuck. Rogers est encore en train de trépigner dans le logement de Wilson comme si quelqu'un avait craché dans son café.
Attends. Est ce qu'il boit du café au moins ? Barnes a vu Rogers au Starbuck une seule fois. Barnes se souvient (hé oui mon pote, quatre semaines entières de souvenirs personnels, disponibles à n'importe quel moment) du mal de crâne et de la fatigue quand il est en manque de café. Analyse : Rogers a besoin de café pour combattre son humeur grincheuse.
Wilson fait du café tous les jours. Pourquoi est-ce que tu ne le bois pas, Steve . C'est quoi ton problème.
Être au beau milieu d'un dilemme idiot avec une solution évidente (boire du café = se remonter le moral, ça a été démontré) est le moment parfait pour que Rogers reçoive un coup de téléphone de la rouquine. Parce qu'elle a un timing fantastique à ce point.
« Steve, » dit elle avec une voix qui immobilise Steve et envoie l'estomac de Barnes dans ses talons, « J'ai trouvé où ils le gardaient. Bâtiment national de Washington, entre la 14ème et F. »
Rogers tremble.
Pas moyen, Rogers. Non.
À ÉVITER
Carrément, à éviter. Si le dossier l'a bouleversé, il n'y a aucun moyen qu'il jette un coup d'œil au caisson cryogénique. Ou à la chaise. Voir ces équipements provoquera une douleur émotionnelle. Non compatible avec la mission.
PROTÉGER
Obtempérer.
Sauf que. Avec Rogers, il y a toujours un 'sauf que'. Il est déjà en train de traverser la maison à la vitesse grand V, criant après Wilson de prendre les dernières informations, et il va être dehors en moins de deux minutes.
Non. Comment tu arrêtes ce gars ?
CONTACT
À part comme ça.
Si seulement il avait un agent HYDRA inconscient stocké dans la haie. Il pourrait le balancer devant la porte de Wilson et espérer que Rogers trébuche sur lui.
Mais il a une seconde solution : sur le chemin vers sa base, Barnes se glisse dans le garage de Wilson et crève les roues arrières de sa voiture.
Ça lui fait gagner assez de temps pour que son cerveau se réveille. Il est habillé et se dirige vers le sud avec le vélo emprunté à Wilson alors que Wilson et Rogers sont encore dans le garage et rivalisent d'imagination pour démontrer dans quel corps de l'armée tu apprends le plus de jurons, l'Air Force ou l'armée de Terre.
Amateurs. S'ils veulent vraiment jouer à ça, ils doivent apprendre le russe.
« Tu peux emprunter mon vélo, » dit Wilson.
Ricane. Merci.
« Il est juste … putain de merde. »
« Viens ici. »
« Tu viens juste de soulever ma voiture. »
« Change. La roue. »
« Tu viens juste de soulever ma voiture ! »
« Juste l'arrière. Dépêche toi. »
Et ça donne assez de temps à Barnes pour arriver (légèrement essoufflé) à Lower Senate Park, qui grouille d'agents en costumes sombres pas du tout discret équipés d'oreillettes. Parfait.
Il dépose le vélo, la veste et la casquette et s'éloigne de 100 m en courant. Il secoue ses cheveux, sort un flingue, et quitte sa cachette. Il n'a même pas besoin de se rappeler de froncer les sourcils - parce que cette saleté de soleil est dans ses yeux. Et aussi, parce qu'il n'a pas porté la veste en kevlar depuis des semaines. Comparée aux vêtements doux qu'il porte habituellement, elle est vraiment, vraiment inconfortable. Putain, elle pèse une tonne.
Barnes reste debout plissant des yeux en plein soleil durant 76 secondes entières avant que quelqu'un s'arrête et le pointe du doigt. Il attend jusqu'à ce qu'une paire de mecs en costume le remarque, puis il part en courant. Il zigzague jusqu'aux arbres, et il remet la veste et la casquette, range le pistolet, et s'éloigne lentement à vélo avant que son téléphone ne sonne avec un appel entrant pour Rogers.
« Les scanners de la police deviennent cinglés, » dit une voix de femme, « suspect mâle avec un pistolet au Lower Senate Park, longs cheveux foncés, vêtements noirs, bras en métal. »
« Changement de plan, Sam. »
Le succès fait tellement de bien.
Il ne veut pas retourner dans la banque. Rien que regarder le bâtiment rend la mâchoire douloureuse, et la sueur qui le recouvre n'est pas seulement due au trajet. Ce serait mieux de quitter cet endroit. De choisir 'supprimer' comme avec le dossier, de fermer cette porte dans son esprit.
Mais Rogers ne va pas rester longtemps loin d'ici, et il ne peut pas voir cet endroit. Ça va lui faire du mal.
PROTÉGER
Obtempérer.
Argh, l'odeur du bâtiment le rend nauséeux. Et la manière dont il connaît le chemin est inquiétant - il sait qu'il faut prendre les escaliers qui montent et ensuite utiliser le dernier ascenseur à gauche pour aller jusqu'au sous-sol.
C'est sombre et apparemment désert, avec des chaises tombées au sol et des papiers éparpillés un peu partout. Les faux banquiers d'HYDRA se sont dispersés à la première opportunité. Les sales petits pleurnichards.
Mais la lumière du hall du sous-sol est allumée. Le gris des couloirs fait claquer ses dents. Chaque pas vers l'avant lui demande de la volonté. Chaque pas en avant est pour Steve. Il peut aller dans cette pièce et la détruire. C'est la mission. Il peut. Et il va.
Ho putain de merde, il y a la rousse.
84 secondes
« Je ne baisserai pas mon arme le premier. »
Elle cligne des yeux, comme si elle pensait qu'ils avaient gelé ses cordes vocales ou quelque chose du genre. Elle range son pistolet. Barnes fait de même. Mais il ne s'approche pas d'elle plus que nécessaire. Elle est super calme, pourtant. Barnes la fixe tellement fort que ses temples lui font mal et elle a juste l'air de s'ennuyer.
Tâche programmée : apprendre une expression comme ça.
Il n'a pas le temps de rester à l'observer toute la journée, même si la fixer lui donne autre chose à regarder que la chaise. La chaise est une masse informe entourée de ténèbres dans sa vision périphérique.
Les yeux. Non, putain de merde, ses yeux.
Ne veulent pas la regarder.
Commençons par quelque chose de plus simple, alors.
Il s'écarte d'un pas et détruit une paire d'écrans et de pieds à perfusion. Romanoff reste sans bouger et observe. Quand Barnes s'approche (prudemment) pour démonter un autre ordinateur, elle s'éloigne de lui. Ils font le tour de la salle de cette manière, jusqu'à ce que le sol craque à cause de toute les petites pièces de plastique et de métal qui le recouvrent et qu'il ne reste que l'alcôve avec le caisson cryogénique et la chaise. Elle se tient à côté. Il lui fait geste de se pousser et elle bouge.
Barnes ne veut pas aller dans ce petit espace avec Romanoff dans son dos.
Il ne veut pas aller dans cet espace tout court.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demande-t-elle.
Analyse : pas de marqueurs vocaux d'agression. Elle semble juste curieuse.
« Je vais les détruire. »
« Pourquoi ? »
Il la regarde. Elle porte des vêtements civils, majoritairement noirs, mais le flingue qu'elle avait pointé sur lui 6 minutes auparavant n'est pas le seul qu'elle détient. Briefing de mission ne lui donne aucun autre détail que 'problèmes' ce qui indique une probabilité de 92% qu'elle possède d'autres armes, probablement étranges, cachées sur elle. Elle se tient appuyée sur un seul pied, prête à bouger, mais elle le regarde avec des yeux assurés et une tête penchée sur le côté.
D'un côté, (1) il la déteste et (2) elle a donné à Rogers le dossier qui l'a fait souffrir. D'un autre côté, elle est clairement du côté de Rogers.
Possible allié opérationnel ?
CONFIRMATION. RÉTICENT.
Yep. C'est dégoûtant.
Ça ne veut pas dire qu'elle peut savoir pour sa surveillance rapprochée.
« Au cas où Rogers trouve cet endroit, « dit-il, et il entre dans l'alcôve.
Le coffre. Le tuyau. Les chaînes accrochées au sol, pour quand il était. Quand il était.
PROTÉGER.
Il serre les dents si fort qu'elles craquent. Obtempérer.
Pour quand ces bâtards de tortionnaires se sentaient de l'attacher. Pour aucune raison.
Il arrache les chaînes du sol, les enroule autour de son poing métallique, et frappe le caisson. La vitre se brise au second coup. Ils le regardaient à travers cette vitre. Pensaient à lui comme leur robot, leur expérience. Une fois que les chaînes ont formé un trou, Barnes s'y attaque avec son bras de métal, arrachant et frappant. Le caisson se déchire sous ses poings. Il ne retournera jamais à l'intérieur.
Quand tout ce qu'il reste du coffre est la paroi du fond, Barnes l'attrape avec ses deux mains et arrache le tout du mur, le tord en un tas de débris métalliques. Pour faire bonne mesure, il arrache aussi le tuyau.
« Comment est-ce que tu t'appelles ? » demande la rousse.
Il se tourne pour la regarder et enregistre seulement à ce moment l'augmentation de sa propre respiration et de son rythme cardiaque. La pièce autour de lui est un désastre de métal. Le visage de Romanoff présente la plus petite trace de surprise. Le caisson est parti. Parti.
« Barnes, » dit-il, puis il espère que ce n'est pas une erreur de lui répondre.
« Pourquoi est-ce que c'est si important que Steve ne voit pas cet endroit, Barnes ? »
Sa voix est si douce que beaucoup de gens l'auraient confondue avec de la gentillesse. Barnes grogne dans sa direction. Termine la tâche. Reste concentré.
Il avance d'un pas lourd vers la chaise. Son estomac a envie de se retourner tout seul. Il y a une petite personne dans sa tête, peut-être ce Bucky, qui veut courir loin d'ici, qui veut trouver un coin sombre pour s'agenouiller et se couvrir la tête. Cette chaise est la raison principale de sa destruction. Le cuir du siège est moucheté par des tâches. Saloperies d'animaux.
Non. L'acte le plus cruel dans le monde animal, c'est un chat qui joue avec une souris. Eux, ce sont des monstres, qui ont extirpé sa personnalité et l'ont laissé avec rien de plus que de la souffrance, et l'impression d'avoir quelque chose qui lui manque. Bande de mégalomaniaques, qui essayent de sculpter le monde comme ils le voient, comme s'ils étaient plus intelligents que les gens qui travaillent durement tous les jours, qui mettent à manger sur la table, qui créent des œuvres d'art, qui fondent des familles, qu'elles soient liées par le sang ou pas.
Qui choisissent qui peut vivre ou mourir comme s'ils étaient des dieux. Trouillards, saloperie de couards, qui ne se salissent jamais les mains, qui se placent toujours au dessus et qui se permettent de ressentir du dégoût pour tous les gens décents qu'ils écrasent.
Sale trous-du-cul de nazis qui ne peuvent rien laisser de bon s'épanouir, qui se mêlent toujours de tout et qui tripotent, qui essayent de transformer des personnes en choses. Qui mentent à des gens depuis des années. Qui prétendent aider le monde pendant qu'ils le blessent. Qui mentent à Steve. Qui utilisent Steve comme un pion, comme ils l'ont fait pour lui. Bâtards. Fils de pute.
Barnes essaye d'attraper quelque chose, et sa main se referme sur de l'air. Il cligne des yeux et voit que la chaise est en débris. La chaise est en débris, la gorge est douloureuse, le visage est mouillé. Bizarre.
Romanoff se tient à distance de bras.
« Ne me touche pas, putain. »
« Je n'en avais pas l'intention, » dit-elle, et elle recule.
« Barnes, » dit Romanoff, « pourquoi est-ce si important que Steve ne voit pas ces équipements ? »
« Ça va le blesser. »
Elle fronce des sourcils
« Blesser Steve ? »
« Oui. En se basant sur sa réaction au dossier que tu lui as fourni -»
Il la fixe durement, et elle lui sourit, parce qu'elle est une petite peste.
« - il y a une probabilité de 89 % que voir ce matériel lui cause une détresse émotionnelle. »
« Pourquoi est ce que cela t'importe ? »
Barnes frotte ses yeux.
« J'ai une mission. »
Heu. La manière dont elle équilibre son poids. C'est un indice. Tu rêves, jeune fille. Le seul pour lequel je pourrais être un danger, c'est toi.
« Protéger. »
Ça la fait reculer d'un pas.
« Quoi. »
« Protéger Rogers. »
Sa respiration se ralentit jusqu'à son niveau de référence, et les fonctions du cerveau se ré-enclenchent. Ho non. Ho non Barnes, espèce d'idiot.
« Tu ne peux pas lui dire. »
Romanoff lève les mains.
« Absolument pas. »
Elle plisse les yeux.
« Pourquoi est-ce que tu ne lui dis pas ? »
CONTACT
Êtes-vous de mèche l'un avec l'autre.
« La surveillance n'est pas compatible avec une trop grande proximité. »
Est-ce qu'elle rit.
« Je ne sais pas, il me semble que tu peux faire des évaluations plus approfondies en étant proche, » dit-elle.
Elle est déconcertante. Et n'apporte que des problèmes.
« Ben, je suis le chef de mission, et je dis non. »
Maintenant elle rit, c'est certain. C'est super embêtant. Il se jette en avant et la pousse contre le mur. Et la voit enfin montrer son caractère.
« Tu ne lui diras pas un mot. »
La colère disparaît de ses yeux, et elle le regarde avec une expression sereine.
ALLIE OPÉRATIONNEL.
Arg
« Okay, » dit-elle, « ton secret est en sécurité avec moi. »
Il recule, et elle lui sourit.
« Je suis vraiment très douée pour garder des secrets. »
Barnes la croit sur ce point là.
« Pars d'ici, » dit-elle, « il s'avère que Steve est en chemin. »
Barnes court. Il remet l'écouteur, qu'il avait laissé tomber durant sa séance de destruction générale. Il pédale jusqu'à son logement avec la bande son de Wilson et Steve qui arrivent à la banque et disent des choses comme 'bé', 'quoi', et 'Comment' en parlant du carnage.
Romanoff le couvre. Quelle est sa mission d'ailleurs ? Cette femme ne fait aucun sens. Mais elle dit à Wilson et Rogers qu'elle a trouvé la place dans cet état, et elle ne le mentionne pas une seule fois. Rogers lui parle de l'apparition magique de Bucky dans un parc, bizarre, juste deux minutes trop tard, j'espère que je pourrais le sauver, bla-bla-bla.
Romanoff dit, « Ouah Steve. Si seulement tu étais arrivé plus tôt. »
La Mission devient dingue. Il aimerait qu'avec le dossier et la chambre forte de la banque éliminés, les choses se calment et reprenne leur simple rythme routinier. Mais maintenant qu'il connaît sa propre histoire, il sait qu'il n'a jamais eu ce genre de chance.
