Note des Auteures:
(Fred, arrivant en courant) Ça faisait longtemps! (Sam, essoufflée) BONJOUR-HIGH MY PEEPS! (Fred, hochant frénétiquement la tête) J'espère que ça va bien parce que nous OUI! Et Sam, ta blague est merdique. (Sam, faussement offusquée) Mais c'est correct, c'est légaaaaal!
(Sam, bullshitant comme si sa vie en dépendait) Alors, en fait, ça a pris du temps pour publier ce tout mini mini chapitre parce que la vie existe, et l'écriture, c'est comme un poulet, il faut le faire mariner avant de le mettre au four à 350, et il y avait des cactus et puis des chats, et moi j'aime les chats, même si je suis allergique, et le nom du cactus c'était Sébastien et puis... (Fred, mettant sa main sur la bouche de Sam pour la taire) Moi, mon cactus s'appelle Timothée! Mais bref, cette fanfiction s'appelle Baby Reaction et ça, c'est le onzième chapitre, c'est tout ce que vous avez besoin de savoir, alors bonne lecture à tous!
Disclamer: (Sam et Fred, levant les bras au ciel) Nous sommes simplement les prophètes de JK. On va devoir s'en tenir à ça.
RÉPONSES AUX REVIEWS :
MarleyLaPsycho : Ouiiii, notre Harry s'inquiète pour son Dray! J'ai bien hâte que tout le monde découvre le secret de cette mystérieuse lettre, peut-être le découvriras-tu dans ce chapitre, qui sait? Bonne lecture, j'espère que tu vas aimer!
Asphare : DÉSOLÉÉÉ! C'est pas si pire, t'inquiète pas trop! Drarry n'est pas une relation facile, tu peux en être certaine! Ils n'ont pas fini de vivre des choses haha! Wow, de dire que l'annonce d'un nouveau chapitre est aussi marquante que le retour du Christ! Je pense que je n'ai jamais entendu de meilleure comparaison de ma vie! Merci infiniment, tu ne sais pas à quel point ça nous fait plaisir d'entendre que la fanfic plait aux gens et que vous appréciez notre style d'écriture qui nous fait un peu froncer les sourcils des fois aux petites heures du matins. Bref, merci pour ta review et bonne lecture! Et no worries, on n'abandonne pas, on est juste très très très lentes, vraiment trop même x)
Penny : Oups! "Lendemain de veille" est probablement une expression québécoise qui veut bel et bien dire "gueule de bois". Ce n'est pas toujours facile d'écrire pour que ça soit compris à l'international, mais on essait! Ravie que tu ais aimé le dernier chapitre et que le foutu comportement pas possible de notre blond préféré t'ailles frustrée haha! Et j'espère que tu vas pas trop vouloir porter plainte après la lecture de ce chapitre, après tout, il est enfin publié...
lennalye : J'espère que ta faim va être comblée avec l'arrivée de ce chapitre. Et t'es pas la seule à vouloir trucider Drago. Je ne sais pas comment Harry fait pour se retenir, trop pris dans ses sentiments et sa tête dure on dirait? Bref, bonne lecture!
Elyruias : Ne pleure plus! Voici la suite!
Sjrodgers23 : We are so bad. I am so sorry. We are seriously the slowest writers after GRR Martin hahaha! So enjoy thorougly this chapter because I don't know when another will get posted x)
Amnesyas : Woah! Toi tu ne veux pas que Drago et Harry finissent ensemble haha! Donne-leur encore une petite chance, mais que Drago paie un peu pour ses mauvaises actions, non?
ariane : LA VOICI! Merci pour ta review!
Shinji Inu : La suite est ici! Et Ada, lis, tu verras! ;)
Carottedu51 : Cette fanfic n'est pas prête d'être finie, ne t'inquiète pas! Elle est juste très longue à écrire... Ou Sam est moi sommes très lentes à écrire. Probablement la deuxième option oups!
Bonne lecture!
Baby Reaction
CHAPITRE 11
PDV EXTERNE
Les yeux des deux parents étaient fixés sur la vision d'horreur devant eux. Les partenaires, ayant pourtant participé à la bataille de Poudlard, n'avaient jamais eu aussi peur. Un frisson de panique leur prenait au ventre et faisait monter en eux une terrible nausée. Même la guerre ne les avait pas préparés à une chose si terrible. Le cri inhumain qui s'était échappé d'Harry mourut à travers les larmes qui se formaient déjà au coin de ses yeux. C'était impossible... C'était beaucoup trop horrible pour être vrai... Tous deux auraient volontiers échangé leurs vies pour retourner dans le temps, pour oublier ce dont ils venaient d'être témoins. Ils auraient préféré mourir plutôt que d'accepter la réalité de la situation. La vie venait de perdre son sens. Plus rien n'avait d'importance.
Le seul son présent dans l'appartement du binôme Malefoy-Potter était la respiration saccadée des deux élèves présents. L'air était lourd, mais si fragile, comme si l'horreur des circonstances pesait sur les épaules des parents. Ils étaient si concentrés sur l'image qui se présentait à eux qu'ils ne pensaient même plus à respirer. Leurs deux cœurs battaient incontrôlablement dans leurs cages thoraciques, étant prêts à s'arrêter s'ils faisaient un simple mouvement. Le choc qui perturbait les deux pères au plus profond de leurs êtres était une sensation comme ils n'avaient jamais ressentie et qui pourrait assurément les tuer s'ils avaient à la ressentir à nouveau. Le moindre geste, le moindre mot semblait être de trop. Briser le silence allait rendre la situation trop réelle, allait confirmer ce que le binôme redoutait au plus profond d'eux-mêmes.
Drago recula d'un pas, sentant ses jambes l'abandonner. Il tomba presque, s'agrippant sur le rebord du lit à la dernière seconde, comme s'il s'accrochait au dernier fil de la réalité telle qu'il la connaissait. Le bois doux et robuste du pied de lit était le seul aspect qui le retenait de basculer dans une profonde panique face à la situation. Il commençait déjà à hyperventiler. Le blond ne voulait pas lâcher le lit, de crainte de devenir fou.
Harry ne réalisa même pas le mouvement de son coéquipier. À l'intérieur de sa tête se bousculaient mille et une pensées. Ce n'était pas vrai. Ce n'était qu'un cauchemar. Il refusait d'y croire. Un frisson traversa son corps en entier. Il devait faire quelque chose. Il devait s'assurer que la vision froide et intolérable qui s'imposait devant lui était vraie. Il devait le savoir. Tremblant, il s'avança d'un pas incertain vers la vision d'horreur. Il posa un genou au sol, impuissant. Il ravala l'acide qui lui brûlait la gorge, menaçant de lui faire revoir son dîner. Les larmes coulaient sur ses joues, alors qu'il voyait maintenant plus clairement ce qui était devant lui. C'était vrai... Il ne s'était rien imaginé... Tout était sa faute...
Ce qui se trouvait à quelques pas du duo Malefoy-Potter aurait choqué n'importe qui et en aurait probablement fait fuir plusieurs. C'était tout le contraire de ce qui était naturel et brisait définitivement les barrières avec la réalité. C'était la cruauté de la vie qui s'offrait à leurs regards défaits. Les deux parents n'étaient même pas capables de sincèrement expliquer ce qui trônait devant leurs yeux. Ils ne voulaient pas admettre l'hypothèse horrible et cruelle qui se frayait une place dans leur esprit. Ils ne pouvaient tout simplement pas y croire.
Par terre, couchée sur le côté, se trouvait une des choses les plus traumatisantes que le Gryffondor et son coéquipier n'avaient jamais vue.
Harry inspira un grand coup. Il prit son courage à deux mains avant de tendre les doigts vers un petit bras tout rose qui se démarquait du plancher foncé de la chambre. Le problème était que c'était un bras unique. Il n'était rattaché à rien, à personne.
Le brun ne voulait pas se l'avouer. La pensée était tout simplement trop bouleversante et effroyable. Il savait pourtant trop bien à qui appartenaient ce petit bras, cette petite main et ces cinq petits doigts aux minuscules ongles si parfaitement coupés. Il l'aurait reconnue n'importe où... Un sanglot s'échappa du Gryffondor, impuissant devant cette vision déchirante. Une partie primitive de son cerveau lui ordonna de serrer contre lui ce qui lui restait de sa fille, comme si dans cet acte, elle allait lui revenir, entière, saine et sauve.
L'index d'Harry était à quelques centimètres du membre unique lorsque ce dernier bougea de quelques centimètres, faisant sursauter comme jamais le brun. Il recula rapidement en lâchant un cri qui aurait pu réveiller les morts. Le blond sortit de sa torpeur et se retourna brusquement vers le Gryffondor, son cœur battant à tout rompre.
Harry ne pouvait quitter le bras de regard. Il essayait de se convaincre qu'il venait d'halluciner. Ça avait semblé si réel... Il aurait pourtant pu jurer que le bras n'était plus placé comme il l'avait vu la première fois. Il ne savait pas comment l'expliquer, mais il savait que c'était arrivé.
Au plus grand choc des deux pères, les doigts de la main solitaire se refermèrent doucement sur eux-mêmes. Cette fois-ci, le brun n'avait pas rêvé. Il s'approcha de nouveau du petit bras, à la fois fasciné et terrorisé.
Tranquillement, il se pencha encore vers ce qui le troublait tant. Sa main, tremblante, s'approcha lentement, reculant à chaque fois que les doigts raccrochés au bras mystère bougeaient. Effleurant anxieusement le membre, Harry fut surpris de réaliser que la peau du bras était chaude. Il se retourna vivement vers le blond, qui s'était approché. Les deux parents échangèrent un regard anxieux.
Les doigts d'Harry remontèrent jusqu'où le coude aurait dû se retrouver, rencontrant soudainement quelque chose qui était là sans toutefois l'être. Il fronça les sourcils. Il retint sa respiration une seconde avant de resserrer son emprise. Une hypothèse commença à s'esquisser à l'intérieur de sa tête, lui donnant espoir de retrouver sa fille en un morceau.
D'un habile mouvement du poignet, Harry souleva la cape d'Invisibilité, révélant le corps entier et endormi de sa fille. Une vague de soulagement s'empara de lui. Il n'avait aucune idée de la façon dont la cape était tombée en possession de sa fille, mais à ce point-ci, il ne s'en souciait aucunement.
Il prit Adélaïde contre lui, serrant le bébé qui commençait à s'éveiller. Un petit rire de soulagement et de nervosité de la part de son coéquipier lui fit tourner la tête vers celui-ci. Drago, sans un mot de plus, vint serrer, les deux personnes les plus importantes de sa vie, ignorant pour cet unique moment qu'il tentait si fort de les oublier. Son torse contre le dos du Gryffondor, ses bras entourant la forme musclée de son partenaire, Drago laissa couler ses larmes sans honte, ayant eu la peur de sa vie.
Adélaïde se frotta les yeux, surprise et légèrement confuse de ce réveil subit. D'ordinaire, elle aurait été de mauvaise humeur de se faire réveiller de la sorte. Pourtant, lorsqu'elle se détacha de l'emprise de la personne qui l'étreignait, son mécontentement se transforma instantanément. Elle venait d'apercevoir, derrière Harry, la chevelure blonde si caractéristique d'un de ses papas. Dès qu'elle prit connaissance de l'identité de ce dernier, elle se leva, contre l'emprise protectice d'Harry, un peu chancelante, et tendit ses bras pour atteindre celui qui lui avait tant manqué.
Drago se détacha un peu de son coéquipier pour pouvoir s'approcher de sa fille, celle-ci toujours entre les bras protecteurs du brun, faisant face à ceux qu'il avait appris à considérer comme sa famille.
Un sourire plaqué sur le visage d'Adélaïde illuminait comme jamais ce dernier. Toutes les étoiles du ciel venaient d'être accrochées dans ses grands yeux brillants d'une joie profonde. Elle posa sa petite main sur la joue de son papa blond. Réalisant qu'il était bel et bien là, elle exprima son euphorie en un petit cri.
Drago prit le visage de sa fille entre ses mains, l'observant un instant, ayant cru l'avoir perdue pour toujours. De ses pouces, il caressa ses pommettes si douces, ne pouvant pas croire que sa fille était réellement là. Il lui semblait que la petite qu'il avait quittée, quelques jours auparavant, avait laissé place à un bébé visiblement plus âgé. Adélaïde grandissait si rapidement ; en un clignement d'yeux, elle allait être une enfant. Son cœur se serra. Il avait l'impression d'avoir manqué tellement d'évènements entourant la vie de sa petite. Est-ce que son départ avait réellement valu la peine?
Drago s'avança un peu plus vers elle, déposant un long baiser sur la tête de sa petite. Le blond prit une grande respiration, humant l'odeur calmante de son bébé, tentant de se remettre des émotions intenses qu'il venait de vivre. Il ne voulait pas qu'Adélaïde le voie dans cet état de post-panique.
En gazouillant, Ada s'agrippa au chandail de Drago, montrant son intérêt définitif à ne pas vouloir perdre son papa blond une deuxième fois. Elle n'allait plus le laisser partir. Ce n'était pas seulement son instinct de Flos Vitae qui avait besoin d'une présence parentale saine, malgré son jeune âge, elle voulait avoir ses deux pères, qu'elle aimait profondément, auprès d'elle. Après tout, les trois ensemble, il formait une famille comme nulle autre.
La petite Malefoy-Potter profita de l'étreinte de son papa blond, savourant le moment présent. Drago, de sa part, ne pouvait exprimer le soulagement sans égal qui prenait tranquillement place en lui. Il releva la tête, ses yeux fixant le visage humide de larmes de son coéquipier à quelques centimètres de lui. Le brun ne pouvait s'arrêter d'observer sa petite, ses prunelles foncées s'éternisant paternellement sur Adélaïde.
Le cœur de Drago se serra à la vue du brun. Il ne voulait pas admettre qu'il lui avait manqué, il avait trop essayé de l'oublier récemment. Le Prince des Serpents ne pouvait cependant pas s'empêcher de sentir un poids dans sa poitrine de se former, et plus il se retenait, plus celui-ci grossissait. Il devait se l'avouer : il s'était profondément ennuyé de la présence du brun. L'air accablé du Gryffondor vint chercher Drago jusqu'au fond de lui-même.
Le blond s'approcha doucement, Adélaïde toujours accrochée à lui. Avant que son partenaire de binôme ne lève les yeux vers lui, Drago passa ses bras au-dessus des épaules musclées de Harry, obligeant le brun à s'approcher de lui.
Leur fille se blottit au creux de l'étreinte des deux corps de ses parents. Le moment était simplement parfait. Harry tremblait encore un peu. Rapidement le contact du Serpentard le fit soupirer d'aise. Son cœur reprenait petit à petit un rythme normal. Tout allait bien, même si quelques larmes s'étaient faufilées sur ses joues, conséquence de l'immense stress qui l'habitait quelques minutes plus tôt.
Drago appuya sa tête entre l'épaule et la tête de son partenaire, cherchant le réconfort que seul le brun pouvait lui amener. Ses mains se crispèrent contre le dos du chandail d'Harry. Il prit quelques instants pour contrôler sa respiration, le doux parfum du Gryffondor l'aidant peu à peu à faire disparaître son angoisse.
Il ferma les yeux, sa tête à présent dans le creux du cou du Survivant, profitant du moment et de la chaleur de son coéquipier. Le brun réchauffait aussi bien son corps que son âme. Les idées noires qui hantaient Drago depuis qu'il avait lu la première lettre le quittaient peu à peu. Le brun dans ses bras semblait absorber tout ce qui était négatif dans sa vie. Comment avait-il pu une seule seconde penser qu'il n'avait pas besoin de lui?
Drago profita du moment, un baume se matérialisant sur son cœur fêlé. Il était avec sa famille et c'était l'unique fait qui comptait. Le blond se décolla un peu de son coéquipier, tout en relevant la tête. Ses mains s'emboîtèrent comme des pièces de casse-tête derrière la nuque de Harry. Avec ses yeux toujours fermés, le blond s'avança vers le visage du Gryffondor, leurs deux fronts entrant doucement en contact.
Le blond ne voulait pas ouvrir les yeux de crainte de réaliser qu'il était dans un rêve. Il laissa instinctivement ses doigts se mêler aux courtes boucles du brun. Les yeux clos, le blond profitait de ce simple contact, pourtant si intime. Drago ne voulait pas particulièrement retourner à la réalité, surtout si elle s'avérait aussi cruelle que les dernières minutes.
La sensation du brun et de sa fille si proches de lui éloignait tout ce qui tracassait le Serpentard. Un regain de courage lui soufflait d'ouvrir les yeux, de faire face à son destin, de plonger dans la vie, malgré ses mauvais côtés, et de profiter du moment présent.
Le souffle de son partenaire contre ses lèvres, Drago était incapable de formuler une seule pensée cohérente. Une envie instinctive s'empara du blond. Il approcha ses lèvres de celles d'Harry, sans même y penser.
Harry ouvrit soudainement les yeux, sentant son coéquipier s'approcher dangereusement de lui, ce qui lui fit l'effet d'une douche froide. Il déglutit, soudainement conscient de leur proximité. Il revint rapidement à ses esprits, se rappelant soudainement les raisons de sa frustration. Le Gryffondor se racla la gorge.
Drago sentit soudainement le corps de son coéquipier se tendre contre le sien, après ces quelques minutes d'étreinte à l'allure si parfaite. Un mouvement d'épaule le força à relâcher son emprise autour du brun, brisant le moment réconfortant.
– « Malefoy, lâche-moi. », grogna le brun.
Le Serpentard fit ce que lui ordonnait le Gryffondor, pétrifié par le ton froid que ce dernier avait employé. Le visage de Drago reflétait la confusion. Ils avaient retrouvé Ada, il était revenu à leurs appartements communs après une longue et profonde remise en question de sa vie : tout allait bien dans le meilleur des mondes. Pourquoi le brun était-il si aigre envers lui?
Alors qu'il avait pris la décision de rentrer chez lui, Drago avait eu la peur de sa vie devant la disparition de sa fille et son coéquipier paniqué. Le blond s'était rapidement imaginé le pire, mais retrouver Adélaïde lui avait simplement permis de voir à quel point elle comptait pour lui. Il n'allait plus jamais la laisser, il en était tout simplement incapable. Il avait été un imbécile de penser une seule seconde qu'il pouvait facilement se détacher de cette vie familiale, comme si de rien n'était. Maintenant qu'il avait retrouvé sa fille, plus rien n'allait pouvoir le faire partir de ses côtés.
Sa tête n'arrivait pas encore à se remettre de toutes ces émotions déroutantes. Au fond de lui, Drago avait plus qu'envie de serrer le brun et leur fille entre ses bras et ne jamais plus les laisser hors de son champ de vision.
Certes, le brun avait refusé ses avances, mais le Serpentard mit rapidement ce fait sous l'excuse du stress qu'ils venaient de vivre. Sa petite fille lui avait pourtant bien manqué. Drago tendit les bras vers son coéquipier, afin que celui-ci lui passe Ada. Le cœur du Serpentard se fracassa en voyant sa fille qu'Harry tenait protectivement contre lui, comme pour l'éloigner du blond.
- « C'est de ta faute si Ada a disparu. J'espère que tu en es conscient. »
Drago reçut ces mots comme une gifle. Il avait supposé que les retrouvailles avec leur fille allaient effacer ses actions passées. Il avait été certain que son absence allait passer inaperçue — il avait tant voulu simplement fuir ce projet, ne plus avoir ces responsabilités sur ses épaules. Pourtant, Harry venait de lui faire comprendre que rien n'était excusé. Une culpabilité sans pareille tourmentait de plus en plus le Serpentard. Drago eut une forte envie de disparaître à nouveau sans laisser de traces. Après tout, sa fille était bien mieux sans lui. Un gazouillement de celle-ci, insconciente de la tension dans la pièce, le ramena à la réalité.
– « Si tu me refais ça, ce sera la dernière fois que tu vois Ada. », insista le brun.
Drago déglutit, des larmes amères lui brûlaient les yeux. Il n'allait pas les laisser couler. Le blond tentait de revêtir son masque de glace, sans succès. Il enfonça ses dents dans sa lèvre inférieure, cet éclat de douleur physique reléguant au second plan sa tristesse et son amertume. Il était déjà assez humilié comme ça. Sa culpabilité le dégoûtait. Drago hocha péniblement la tête, soudainement conscient de la lâcheté dont il avait fait preuve ces derniers jours.
S'apercevant que le Serpentard, au visage si impassible, à l'attitude si fermée et froide, était au bord des larmes, Harry, malgré sa colère encore présente envers le blond, eut pitié de lui. Il déposa sa fille contre Drago, qui s'empressa aussitôt de la serrer dans ses bras.
Le brun soupira. À cet instant, sa vie lui paraissait si compliquée, et il n'avait absolument aucune idée de ce que le futur lui réservait.
oOo
Pour la première fois depuis la nuit suivant Halloween, Harry et Drago dormaient dans leur appartement, dans le même lit. Ensemble.
Malgré le manque d'explications de la part du blond concernant son absence récente, Harry ne s'attarda pas sur le sujet. Il en avait assez de se battre avec son coéquipier et avait vécu trop d'émotions fortes pour la journée. Parfois, le silence était de mise. La montagne de stress accumulé des derniers jours le quittait peu à peu, favorisée par la soudaine présence du blond.
Drago Malefoy était peut-être le Prince des Serpents, mais il était aussi le père de sa fille. La vie était beaucoup plus facile avec lui à ses côtés, même si Harry avait parfois de la difficulté à se l'avouer.
Le lit qui lui avait semblé si froid quelques jours plus tôt ne l'était plus. Malgré tout, Harry ressentait une certaine allégresse à l'idée de retrouver le réconfort que lui apportait son coéquipier. Leur routine se réinstallait petit à petit ; le blond tentait de rattraper le temps qu'il avait manqué.
Bien blotti dans le lit, Harry ne pouvait s'empêcher de fixer la forme endormie de son coéquipier, des milliers de questions en tête l'empêchant de trouver le sommeil. Où avait disparu Malefoy ces derniers jours? Qu'est-ce qui l'avait poussé à fuir sa propre fille? Pourquoi était-il revenu?
Il ne pouvait pas croire qu'il avait laissé le blond réintégrer son quotidien, sans d'abord mettre au clair ce que ce dernier vivait. Après tout, peu importe, ce qui tracassait son coéquipier affectait également de manière directe leur petite famille. Son partenaire de binôme ne pouvait pas le laisser dans l'ombre au niveau de ses sentiments, cela mettait trop à risque le bien-être de leur relation. Le Gryffondor voulait par-dessus tout inciter le blond à une franche discussion qu'il souhaitait, allait pouvoir, calmer ses angoisses. Comment être certain que le blond n'allait pas lui refaire un coup semblable?
En même temps, Harry ne voulait pas empirer la situation en demandant à son coéquipier ce qui le tourmentait. Le comportement du Serpentard pouvait être imprévisible. Il l'avait bien compris en seulement l'arrivée d'une lettre.
Harry soupira. Il savait, avant même que ce projet ne commence, que celui-ci s'avérait loin d'être facile — surtout considérant que le blond était son coéquipier. Élever un enfant était une aventure remplie de nouveautés, mais aussi d'incertitudes, de peurs et d'angoisses. C'était surtout un projet qui se faisait difficilement sans le support et la précieuse aide d'un partenaire. Le Survivant avait cru qu'il allait être capable de gérer son ancien pire ennemi. Il avait appris à ses dépens que ce n'était malheureusement pas le cas...
Un soudain gémissement de la part du Serpentard fit froncer les sourcils d'Harry. Le blond avait le sommeil agité. Sa respiration était rapide, son visage sous l'emprise d'une douleur invisible. De la sueur perlait sur son front. Sa tête était agitée de soubresauts. Drago balbutiait des sons sans sens. Le seul mot que le brun semblait distinguer hors de tout doute était "non". Harry remarqua alors les larmes qui ruisselaient silencieusement sur les joues pâles de Drago. Une vague d'empathie s'infiltra dans le cœur du Gryffondor, témoin de la scène.
Son regard posé sur le blond, Harry était prisonnier d'un paradoxe d'émotions. D'un côté, sa colère était toujours présente au creux de son ventre, mais d'un autre, voir l'homme à ses côtés dans cet était l'affectait plus qu'il ne le voulait. Il ressentait une profonde envie de caresser la joue du blond en proie à un cauchemar, de le serrer dans ses bras et de tout lui excuser.
Déjà le Gryffondor pouvait sentir les raisons de sa rancœur s'effriter. Il se maudit intérieurement, se sentant faible et soumis au charme de son coéquipier. Le cœur serré, Harry fit de son mieux pour ignorer la peine de Drago. Une partie de lui se réjouissait de la douleur de l'autre — ce dernier l'avait bien mérité dans le fond. Après tout, combien de nuits le brun s'était-il endormi en larmes, persuadé qu'il n'y avait plus d'espoir, depuis que le blond avait soudainement décidé de disparaître?
Le cœur lourd et rempli d'amertume, Harry se força à faire dos au blond souffrant. Il ferma ses yeux avec force, se soumettant à la délivrance du sommeil, les pleurs déchirants de son coéquipier en écho.
PDV HARRY
Je soufflai sur le café fumant dans la tasse entre mes mains. Les yeux encore lourds de sommeil, je fixai le liquide réconfortant, rempli de promesses d'une journée plaisante. J'avais eu de la difficulté à dormir avec mon coéquipier, loin d'être silencieux et immobile durant la nuit. Les remords rongeaient mon cœur, toutefois encore gonflé d'une colère qui s'estompait lentement. Je couvris un bâillement, avant de prendre une longue gorgée de café qui allait certainement me réveiller. Un peu de caféine n'allait pas me faire de mal.
Drago était assis sur le fauteuil, me faisant dos. Il n'avait pas bougé lorsque j'étais arrivé dans la pièce après m'être réveillé. Je remarquai, intrigué, qu'il portait déjà son uniforme, prêt à entamer sa journée. Je ne savais pas si j'étais surpris de le voir ainsi dans nos appartements après tant de jours d'absence, ou si j'étais simplement soulagé. Perdu à travers mes sentiments vertigineux, mes opinions contradictoires à l'égard de mon coéquipier s'entremêlaient encore plus.
Adossé contre le comptoir de la cuisinette, j'essayai d'ignorer la présence de Malefoy. Il avait un effet mystérieux sur ma personne; malgré ma frustration à son égard, j'avais envie de sentir la chaleur de son étreinte. Je me mordillai les lèvres, raisonnant la tentation envoûtante.
Le salon était silencieux, si ce n'était que des gazouillements d'Adélaïde dans les bras de son autre père. Nous ne nous adressâmes pas un seul mot, mais l'ambiance n'était plus autant chargée de malaises et de froideur que la veille.
Adélaïde ne s'était même pas aperçue de ma présence, beaucoup trop captivée par son autre père. Je ne leur portais pas attention — après tout, ma fille s'était profondément ennuyée du Serpentard. Ils méritaient bien ce petit moment rien que tous les deux. En plus, cela faisait si longtemps que je n'avais pas eu un matin à moi, dans ma petite bulle, dépourvue d'angoisse et de stress.
Je naquis à mes occupations matinales, l'esprit tranquille. Je pris le temps de prendre une longue douche chaude, n'ayant plus à attendre qu'Adélaïde dorme pour me laver tout en me dépêchant de peur qu'elle ne se réveille.
Je combattis du mieux que je pus ma chevelure rebelle, finissant par abandonner comme à tous les matins, laissant quelques mèches entraver mon regard. Je terminai ma routine matinale en m'habillant, serrant fièrement ma cravate de Gryffondor autour de mon cou. Enfin prêt pour ma journée, je retournai au salon.
Malefoy n'avait pas bougé. Telle une statue, son regard était ancré au mur en face de lui. Adélaïde avait fini par s'endormir dans ses bras. Il semblait vidé de toute énergie, son visage impassible de toutes émotions. Je n'avais jamais vu le blond comme cela. Il avait l'air si fragile, comme si tout espoir l'avait quitté. J'avais peur de m'approcher, de le toucher. Le moindre geste aurait facilement pu l'effrayer. C'était comme s'il était une feuille en automne : le froid l'ayant saisi, la vie l'ayant délaissé. Il semblait prêt à se laisser tomber et à ne jamais remonter.
– « Malefoy, est-ce que ça va? », demandais-je, légèrement inquiet.
Le silence fut la seule réponse du Serpentard.
- « Malefoy? », répétais-je, un peu plus fort et surtout plus préoccupé.
Il se retourna vers moi, l'air perdu, comme s'il venait de réaliser à l'instant l'endroit où il se trouvait. Ses yeux se plongèrent dans les miens. J'y décelai un profond trouble, qui me fendit le cœur.
– « Je... Je... », il prit une grande respiration avant de continuer, « Non Potter, ça ne va pas. Ça ne va plus depuis... »
Il ne fut pas capable de continuer sa phrase, ses yeux fuyant les miens, comme s'il avait honte. L'état de mon coéquipier me préoccupait au plus haut point.
– « Malefoy, tu peux me dire qu'est-ce qui se passe. », dis-je, doucement pour inciter le blond à poursuivre sur ce qui le tourmentait ainsi.
– « Non. », me coupa le blond sèchement avant d'inspirer un grand coup pour se calmer, « Excuse-moi Potter. C'est juste que je ne peux pas t'en parler. Je ne peux pas t'embarquer dans ce problème. Je ne sais même pas comment le gérer moi-même, tu ne mérites pas qu'il te consume aussi. »
Je restai sur place quelques instants, assimilant ce que venait de m'avouer le blond. Je m'avançai finalement vers lui, prenant place à ses côtés, songeur. Je ne savais pas ce qu'il vivait, mais je savais que je devais être là pour lui, même s'il m'avait tant blessé les derniers jours. Je devais mettre ma rancœur de côté.
J'aurais voulu lui faire un discours, lui dire à quel point il était important pour moi, lui affirmer qu'il pouvait tout me dire, que tout allait s'arranger, mais les mots n'avaient pas leur place. Je laissai le silence, lourd de ces non-dits, nous envelopper. Mes gestes parlaient assez d'eux-mêmes. Je déposais doucement ma main sur la sienne, pour lui offrir mon support. Ma gorge était si sèche; je ne savais pas trop comment réagir face à cette vulnérabilité du Serpentard, habituellement si fermé. Après quelques minutes de silence, je caressai une dernière fois la main de mon coéquipier du revers de mon pouce. J'ancrai mon regard dans celui d'acier de Malefoy.
– « Allez, il faut aller en cours... », l'incitais-je, gentiment.
Il hocha la tête, avant de m'offrir un mince sourire, se sentant visiblement un peu mieux, à mon plus grand soulagement.
oOo
Je retins un bâillement. J'attendais impatiemment la fin de mon cours de Métamorphoses. Je n'étais pas le seul. Assise sur mes genoux, Ada débordait d'énergie.
Elle babillait des mots sans sens, m'empêchant de me concentrer sur ce que McGonagall enseignait. Adélaïde ne cessait pas de se débattre de mon emprise, voulant explorer la salle de classe. Elle ne voulait simplement pas rester tranquille. Je ne pouvais même pas prendre des notes durant le cours. Une chance que Hermione avait la grandeur d'âme de me dupliquer les siennes!
Ada était beaucoup plus réveillée que moi en ce moment. Perdu dans mes pensées, écoutant à moitié mon cours, le sommeil me tentait. J'avais bien hâte de la confier à Malefoy.
Il ne me restait qu'un autre cours à ma journée, en plus d'un entraînement de Quidditch. J'avais tellement hâte que la journée se termine pour que je puisse aller voler à en oublier tous mes problèmes. Vivre avec un bambin n'était pas de tout repos; partager mon foyer avec Malefoy l'était encore plus. J'avais besoin d'arrêter de penser à ce maudit blond. Je savais que le Quidditch était la solution.
La cloche annonçant la fin de la classe me tira de ma torpeur. La professeure McGonagall s'empressa de nous dire ce qui était à faire en devoirs avant de nous laisser partir. Je me dépêchai de ranger mes affaires, sous l'œil curieux d'Adélaïde. Elle tendit la main dans une vaine tentative de saisir ma plume avant que je ne la range. J'eus un sourire. Ada interagissait de plus en plus avec l'environnement qui l'entourait, et cette étape importante de son développement me rendait fier.
Ma fille contre ma hanche gazouillait des salutations aux nombreux élèves qui se bousculaient dans le couloir. Elle s'exclamait de plus belle lorsque les têtes se tournaient dans sa direction. Personne ne pouvait s'empêcher de regarder cette petite bouille trop parfaite et souriante. Elle était bien la fille de son père, à toujours vouloir de l'attention, tout le contraire de moi.
Je me dirigeai tranquillement vers le point de rencontre avec mon coéquipier. Je devais le rejoindre devant la salle de classe de son dernier cours pour lui passer la garde d'Adélaïde.
Je cherchai des yeux la tête aux cheveux pâles de mon partenaire de binôme à travers la masse frénétique que formaient les autres élèves. Je m'arrêtai brusquement. Je venais d'apercevoir Malefoy, quelques mètres plus loin.
Il parlait avec quelqu'un que je n'avais jamais vu. L'uniforme de l'étranger m'informa que c'était un élève de Serdaigle. Un grand ténébreux, à la chevelure brun pâle et aux yeux noisette, était en pleine discussion avec mon coéquipier.
De loin, j'aurais pu croire que c'était moi aux côtés du Serpentard. J'avais l'impression d'être entré dans une maison de miroirs déformants des fêtes foraines moldues. Mon supposé reflet, une version plus musclée et plus grande, m'intriguait. N'avait-il pas huit personnes dans le monde qui nous ressemblaient? Je réalisai avec amusement que je venais possiblement d'en trouver une. Quelle folle coïncidence! J'eus un élan de curiosité devant l'autre étudiant. Comment se faisait-il que je n'eusse jamais remarqué sa présence? Comment s'appelait-il? Avions-nous autre chose en commun à part notre apparence semblable?
Mon regard passa lentement du brun intriguant à mon coéquipier.
Malefoy souriait comme je l'avais peu vu faire ces derniers temps. Je ne savais pas ce qu'il faisait avec le Serdaigle à ses côtés, mais je ne pouvais m'empêcher de souhaiter échanger ma place avec l'inconnu. Je voulais que le sourire du blond me soit de nouveau adressé. Je voulais découvrir le secret du Serdaigle, ce qui lui permettait de faire rire le blond comme je ne savais plus faire.
J'étais heureux de voir mon coéquipier hors de sa torpeur émotionnelle, mais j'avais un douloureux pincement au cœur en sachant que je n'étais pas la cause de son sourire. Cette simple pensée m'envahit d'une vague d'égoïsme. Ne pouvais-je pas simplement apprécier le fait que le blond était heureux sans tout ramener à ma propre personne?
Je tentai de me faufiler entre les nombreux étudiants pour rejoindre Malefoy. Lorsque j'arrivai finalement devant le blond, l'autre jeune homme avait disparu. Je le cherchai discrètement du regard, mais c'était peine perdue, il y avait beaucoup trop d'agitation dans le couloir.
– « Oh! Elle est toute belle, mon petit ange! », fit Malefoy en nous voyant. Il étira ses bras vers notre fille, m'obligeant à cesser ma quête futile et à me retourner vers lui.
Je lui passai Adélaïde. La petite s'exclama de joie en s'accrochant aussitôt au cou de son papa blond. Malgré le plaisir de notre fille, un certain malaise persistait. Mes yeux cherchaient activement un soupçon d'émotions — de la joie ou de la mélancolie, de l'agressivité ou de l'amour, n'importe quoi — dans ceux du blond, mais son regard était fuyant et vide.
Nous n'échangeâmes encore aucun mot. J'avais de la difficulté à aborder une discussion avec mon coéquipier depuis qu'il m'avait fait part du fait que sa vie n'était pas toute rose. Je savais qu'il ne pouvait pas me parler de ce qui le tourmentait, au risque de m'entraîner dans son problème. La situation me frustrait au plus haut point. Je me sentais si impuissant.
Je cherchais mes mots, sans rien trouver, nous laissant dans un silence malaisant, lourd de non-dits. Je me haïs intérieurement pendant une seconde — jamais je ne restais de marbre devant le blond. Même lorsque nous étions ennemis, j'avais toujours quelque chose à lui dire. Pas aujourd'hui.
– « Je... je... On devrait... Oh non, laisse faire... », tentais-je maladroitement, avant de prendre la fuite vers mon prochain cours, la tête basse et le cœur gros, la pression de ce vide intérieur ayant eu raison de moi.
Malgré le chahut ambiant, j'avais l'impression que le bruit de mes pas résonnait, marquant de leur écho la distance physique et métaphorique qui se créait entre Malefoy et moi.
PDV EXTERNE
L'ambiance du samedi matin se faisait sentir dans les appartements des Malefoy-Potter. Les cahiers et parchemins sur la table, plume et encrier à leurs côtés et les sacs au sol avaient été abandonnés depuis la veille. Le stress des études et la motivation pour avancer dans leurs travaux s'étaient éclipsés des deux coéquipiers en même temps que l'arrivée de la fin de semaine. Après tout, c'était samedi matin.
Bien installé sur des cousins au sol placés devant le foyer du salon, Harry s'amusait à jouer à "coucou" avec sa fille. Adélaïde ne cessait de rire à chaque fois que son papa décidait de cacher son visage de ses mains pour ensuite jouer à son jeu préféré. Elle pouvait se divertir avec un jouet divers sans problème, mais lorsque l'un de ses deux papas s'y mettait, elle n'était que plus heureuse.
L'adoration sur le visage du brun n'avait d'égal que la joie de sa fille. Le petit rire cristallin d'Adélaïde résonnait dans la pièce, ce qui faisait sourire son papa brun.
Assis à table, un parchemin devant les yeux, le blond révisait ses stratégies pour le prochain match de Quidditch. L'air minutieux, Drago évaluait les forces des joueurs de son équipe et perfectionnait les feintes et les attaques que ces derniers allaient appliquer pour remporter la partie. Sur le parchemin, des figures d'encre se mouvaient comme par magie, permettant au capitaine de l'équipe des Serpentard d'apercevoir les possibilités d'actions. De temps en temps, Drago levait les yeux vers sa fille qui remplissait le silence de l'appartement par sa joie pure.
Il ne pouvait pas non plus s'empêcher de lancer des regards discrets vers son coéquipier, aussi heureux que leur princesse. La mélodie que formait la voix enjouée de Harry, s'harmonisant avec le rire d'Adélaïde, était pour Drago la plus belle chanson du monde. Le visage du blond restait toutefois de marbre, alors que son cœur s'emportait. Il ne pouvait pas laisser transparaître ses émotions devant son coéquipier.
Drago essayait tant bien que mal de rester concentré sur son plan, mais le bonheur enivrant du reste de sa famille l'envoûtait tellement qu'il ne pouvait garder les yeux sur son parchemin. Un rire particulièrement bruyant de la part de son partenaire de binôme attira brusquement l'attention de blond. Les efforts de Drago d'observer son coéquipier de manière discrète se perdirent lorsqu'il se retourna pour voir ce qui amusait tant le brun.
Couché sur le dos, au sol, Harry riait à gorge déployée. Il ne pouvait regarder Adélaïde sans éclater de rire.
La petite, assise par terre, agrippait son pied droit de ses petites mains. À force de saisir ses orteils à travers son bas avec ses doigts, sa chaussette glissa petit à petit de son pied. Ça ne prit pas longtemps avant que le bas qu'elle portait précédemment se retrouve dans ses mains. Trouvant soudain ce nouvel objet très attrayant, elle s'enchanta à découvrir sa texture, sa douceur.
S'inspirant du jeu qu'elle venait de jouer avec son papa brun, le bébé approcha la chaussette de son visage comme pour essayer de se cacher. Elle s'amusa à la retirer rapidement, un grand sourire trônant sur ses lèvres, et sur celles de ses parents.
Les partenaires de binôme n'en croyaient pas leurs yeux. Adélaïde avait compris le principe du jeu de "coucou". Elle était même parvenue de jouer à sa propre façon, tout en respectant l'idée générale de l'activité. Les parents réalisaient perpétuellement que leur fille observait et assimilait de plus en plus les changements dans son entourage, essayant de reproduire tout ce qu'elle pouvait. Ada n'était plus un petit nourrisson qui dépendait d'eux. Lentement, elle commençait à former sa propre personne. Être témoins de ce développement s'avérait être une expérience indéniable pour les deux papas.
Toujours en possession de son bas, Adélaïde continua à se cacher les yeux quelques fois, encouragés par Harry, avant de reposer son intérêt sur le morceau de vêtement dans ses mains. Une lueur brilla dans ses yeux, ayant une nouvelle idée en tête. Elle ne perdit pas de temps pour mettre le bout de sa chaussette dans sa bouche, s'amusant à la mâchouiller. Harry éclata de rire de plus belle. La petite Malefoy-Potter venait peut-être de démontrer un certain essor mental, mais il ne fallait oublier qu'elle restait, au final, une enfant.
Ayant observé toute la scène qui venait de se dérouler, Drago se leva de sa chaise précipitamment, sous un élan de panique.
- « Ada, enlève ta chaussette de ta bouche! C'est plein de germes! C'est dégueu! Potter, enlève-lui! Elle va attraper pleins de microbes, et après elle va tomber malade, et après elle va mourir, et ça va être de ta faute! », dramatisa le blond, paniqué, en s'approchant rapidement.
Les rires du brun cessèrent, sous le monologue affolé du blond. Au son du cri soudain de son père, Ada se figea d'un seul coup. Ses yeux se remplirent d'eau. Sa chaussette glissa hors de sa bouche et tomba au sol. Sa lèvre du bas se mit à trembler. Un silence se fit entendre quelques instants. Les deux parents s'échangèrent un regard, sachant très bien ce qui allait arriver. Le bébé éclata aussitôt en sanglots.
Harry jeta un regard noir au blond avant de prendre sa fille contre lui, dans un effort pour la consoler.
- « Tu paniques pour rien, Malefoy. Elle ne fait que s'amuser et, au pire, c'est bon pour son système immunitaire! »
Drago, toujours prêt à répliquer, tenta de commencer à argumenter, mais Harry lui imposa le silence d'un seul coup d'œil.
Contre son père, Adélaïde se remit peu à peu de sa frayeur. Les yeux ancrés dans ceux du blond, Harry déposa un baiser sur le front de sa fille, de manière totalement passive agressive. Drago soupira devant l'attitude puérile du Gryffondor.
- « Tu peux te rasseoir et retourner à tes plans Malefoy, je gère la situation. », ordonna pratiquement Harry à son coéquipier.
Drago haussa les sourcils, surpris de l'affront narquois et soudain du brun. Il ne pouvait pas croire que l'Élu venait de lui dire quoi faire. Le blond ne prenait pas d'ordres de personne et surtout pas d'un Gryffondor prétentieux. Il se prenait pour qui, lui? pensa-t-il.
Le regard perçant du brun fixait avec détermination le blond, qui était toujours debout au centre de la pièce. Le Serpentard ne voulait ni s'assoir — ce qui serait signe de capitulation de sa part — ni s'approcher de sa fille — ce qui révèlerait l'amplitude de son inquiétude. Il se contenta de garder la tête haute, ses yeux acier sidérant ceux du Gryffondor. Jamais Drago Malefoy n'allait se soumettre à son impossible partenaire. Le blond s'appuya sur sa chaise, ne brisant pas une seconde l'échange électrisant qu'il partageait avec Harry. Des éclairs semblaient s'infiltrer entre les deux coéquipiers. Aucun des deux n'osait baisser les yeux.
Après quelques secondes, le brun finit par lâcher un soupir, à la fois irrité et ennuyé. Il connaissait assez bien son coéquipier. Si Harry ne faisait pas preuve de maturité, il était certain que le Serpentard allait continuer son délire complètement enfantin.
– « Sérieusement, je sais que ton ego est probablement froissé, mais ne pense pas que je vais entrer dans ton petit jeu. », expliqua Harry, aucunement prêt à se battre avec le Serpentard.
Drago était cependant un homme particulièrement entêté et excessivement rancunier. Le Saint-Potter lui avait manqué de respect. Il n'allait pas capituler aussi facilement. Une tempête se préparait au fond de lui. Toutes ces choses qu'il gardait sous silence depuis quelques jours l'avaient rendu à cran. Le blond était un volcan qui ne demandait qu'à relâcher un peu de pression exercée sur sa personne, et le brun venait de lui servir l'occasion parfaite sur un plateau d'argent.
Inconscient de l'irritation grandissante du blond, Harry continuait ses efforts pour consoler Adélaïde en la berçant dans ses bras. Son regard était pourtant toujours perdu dans les iris glaciaux de l'héritier Malefoy. Le gryffon essayait du mieux qu'il pouvait d'être au-dessus de la situation, mais le blond était tellement arrogant qu'il lui était difficile de l'ignorer et de se soumettre à ses sautes d'humeur. Le brun voulait tout simplement passer à autre chose, aller relaxer sur le divan avec sa fille et laisser son coéquipier gérer seul son insolence mal placée.
Cependant, le blond avait la fâcheuse manie de toujours tout faire requestionner chez le brun. Les airs supérieurs et les rictus malins du blond donnaient presque des migraines à Harry, qui avait de la difficulté à simplement l'ignorer. Le désir ancien de se quereller sans cesse remontait quelques fois à la surface, lors d'échanges un peu plus chauds entre le binôme, comme à l'instant précis.
Le Rouge et Or, malgré toute sa bonne volonté, semblait incapable de laisser passer l'opportunité de défier son coéquipier, même pour la plus futile raison. Il ne pouvait s'empêcher de sourire face à l'attitude si caractéristique du Serpentard. Son envie irrésistible de le confronter se faisait ressentir par un simple regard.
Toujours ancrées dans celles du blond, les pupilles d'Harry soutenaient l'échange avec un air déterminé. Un éclat joueur s'éternisait sur les lèvres de ce dernier. Drago, de son côté, était tellement concentré qu'il n'avait que d'yeux que pour ceux de son partenaire. Il ne captait pas l'air moqueur qu'arborait l'autre père d'Ada. Il ne voulait pas être le premier à baisser les yeux. Il n'était pas faible, et de toute façon, il n'avait rien à perdre.
Le blond continuait de sonder le regard de l'autre, absorbé par l'intensité de l'échange, une chaleur colérique et fiévreuse bouillonnant au creux de son ventre. Ses joues commençaient à se colorer de rouge. L'air crépitait presque des étincelles qui jaillissaient au fond des prunelles émeraude et aciers. Contre le dossier de la chaise, les doigts du Serpentard s'agitèrent d'un réflexe, ses ongles écaillant le bois, comme s'il s'imaginait les enfoncer dans la peau de son coéquipier. Dans le silence de l'appartement, le bruit du cœur de Drago résonnait à ses oreilles, formant un rythme l'incitant à laisser libre cours à ses pulsions. Voyant que le blond s'emportait, Harry haussa les sourcils, provocateur.
Dans leur affrontement silencieux, les parents n'avaient pas réalisé que leur fille avait cessé ses pleurs. Dans les bras d'Harry, Adélaïde commençait à s'ennuyer. Elle tenta de se défaire de l'emprise de son père, sans succès. Maintenant calme, la petite ne voulait que retourner jouer. Le fait qu'aucune attention ne lui était accordée par ses parents lui déplaisait encore plus.
Ses petites mains s'accrochèrent contre le chandail du Gryffondor, tirant sur le tissu, comme pour sortir ce dernier de sa transe. La petite essaya de se relever, mouvant ses jambes comme elle le pouvait, restreinte dans ses mouvements par l'emprise qu'avait son père sur elle. Le bébé commençait de plus en plus à s'énerver, lâchant quelques gémissements. Elle n'était pas à son aise et souhaitait bien se faire entendre. Ses parents étaient, pour leur part, beaucoup trop occupés par leur concours de regards et de fierté masculine mal placée.
– « Pa... paa... », prononça avec incertitude Adélaïde.
La respiration forte des parents se coupa pendant un instant, sous le choc de ce qui venait de se passer. Ils en oublièrent même leur querelle immature, comme si elle n'avait jamais eu lieu. Les yeux des deux partenaires se rivèrent aussitôt sur l'enfant qui venait de dire son premier mot.
– « Est-ce qu'Ada vient de... », commença le blond, à la fois surpris et émerveillé, toute trace d'animosité s'étant évaporée au même instant.
Devant l'attention que lui accordaient soudainement ses parents, la petite répéta, cette fois-ci avec plus d'assurance :
– « Papa! »
– « Mais oui, Ada, c'est moi ton papa! », répliqua le Gryffondor, qui avait presque les larmes aux yeux tant il était fier. Il se sentait comme dans un rêve tant il était heureux.
Drago se racla la gorge, tout aussi ému. Ce n'était pas tous les jours que son enfant disait ses premiers mots. Il ne pouvait pas en croire ses oreilles. Son ange avait même choisi "papa", de tous les mots possibles inclus dans le dictionnaire, comme premier mot.
- « Potter, ne te vexe pas, mais c'est clairement moi, son papa. », décréta le blond, toujours sous le charme.
Les deux se fixèrent un instant, prêt à s'engager à nouveau dans un débat sans fin, mais leur fille, qui répétait avec de plus en plus de joie ce nouveau mot, leur fit bien vite oublier leur désaccord. Lorsqu'il était question de leur bambin, même si ça pouvait être difficile par moment, les deux partenaires de binômes étaient capables de trouver un terrain d'entente et de se placer sur la même longueur d'onde. Ces temps-ci, Adélaïde semblait être ce qui les rapprochait, dans la guerre froide qui s'était immiscée au sein du binôme.
Drago prit place au sol aux côtés de sa famille, le cœur rempli de bonheur. Les figures mouvantes de Quidditch sur le parchemin abandonné sur la table pouvaient bien attendre un peu. Après tout, Drago méritait bien une petite pause de ses travaux!
Le soleil brillait dans la pièce, créant une aura chaleureuse et intime où la petite famille se prélassait, tranquille. Ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas passé un moment ensemble. Chaque jour, Adélaïde ne cessait d'épater ses parents. Les sourires plaqués sur les visages du binôme et de leur fille étaient synonymes d'un épanouissement rare. Drago ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait laissé les joies de sa paternité prendre le dessus sur son cœur de glace.
La vie familiale n'avait pas été une priorité pour le blond, depuis quelque temps, pour une raison distincte dont il ne voulait pas parler. Voir sa fille et son coéquipier si heureux lui faisait tellement chaud au cœur qu'il en oubliait le reste. La subite joie partagée par le duo semblait même effacer leur rancune récente. Cependant, une ombre persistait encore dans l'appartement.
Un éclat de rire s'échappa de Drago en voyant les grimaces que faisait sa fille. La petite, enchantée, tendit les bras vers le blond, en réclamant son père. Le mot "papa" répété par l'enfant lui fit soudainement réaliser ce que son rôle de parent impliquait. Harry croisa le regard d'acier du Serpentard, les yeux pétillants devant l'accomplissement de leur fille, comme à la recherche d'une complicité effritée qu'il voulait rebâtir. Le sourire de Drago se dissipa. Une vague de froid envahit le prince des Serpentards. Il lui revient en tête que ce n'était qu'un projet auquel il ne pouvait pas s'attacher. Ces moments qui lui paraissaient si parfaits étaient faux, forcés. Ils ne voulaient rien dire, n'avaient aucune valeur. Drago ne pouvait plus baisser sa garde ainsi, peu importe ce que faisait Adélaïde. Même si ça lui paraissait comme une tâche impossible, il devait prendre ses distances. Son air glacial reprit ainsi sa place habituelle sur son visage.
Drago vint pour se lever, sans même jeter un dernier regard vers sa famille heureuse, voulant oublier ce moment de faiblesse de sa part. Il ne pouvait pas continuer comme cela. Une frustration montait petit à petit à l'intérieur du cœur du blond. Il était confiné dans un dilemme où il ne voyait aucune sortie. Une partie du Serpentard voulait simplement oublier tous les faits extérieurs et profiter de sa famille, mais il ne pouvait pas laisser aller ses pulsions, au risque de tout foutre en l'air. Il avait toujours réussi à se contrôler, mais il n'avait jamais surmonté un défi aussi éprouvant. Il fallait qu'il s'éloigne de la situation le plus rapidement possible. Plus vite il allait accepter le fait que cette vie de famille ne voulait rien dire, plus vite il allait s'en remettre.
Un rire de la part du Gryffondor lui fit relever la tête vers ce dernier, des éclairs dans les yeux. Harry avait le tour de l'énerver. Il était déjà assez tourmenté — il n'avait pas besoin que son coéquipier se moque de lui.
Le blond réalisa toutefois, assez rapidement, que personne ne riait de lui. Le Gryffondor radiait de bonheur. Drago soupira, son cœur se pinçant douloureusement devant la scène qui s'offrait à lui. La haine du blond à l'égard de son partenaire augmenta — un élan de jalousie le parcourut, lui qui s'empêchait de laisser libre court à ses émotions.
Ada, contre Harry, gazouillait adorablement. La petite, debout en s'aidant du soutien du brun, s'amusait à donner des bisous sur la joue que lui tendait son père. Harry répondait à ce geste en attaquant le bébé de baisers, la faisant éclater de rire de plus belle. Ils étaient si beaux à voir tous les deux, se faisant rire l'un et l'autre. Étrangement, Drago ne se sentait pas à sa place face à ce qui se déroulait devant ses yeux. C'était comme s'il observait son coéquipier et sa fille d'un point de vue extérieur, confiné à l'état de spectateur, sans aucune possibilité de participer. La sensation d'impuissance qui le rongeait de l'intérieur était insupportable. Il lui était impossible de prendre une inspiration profonde. La noirceur se propageait à l'intérieur de lui, comme un étau qui se resserrait autour de son cœur. Drago voulait tellement s'abandonner à l'état serein autour de lui, mais il savait pertinemment que c'était une mauvaise idée.
Le blond devait se défaire de cette joie qui le saisissait lorsqu'il voyait sa fille. Il prit son courage à deux mains, prêt à retourner à la table où il avait laissé ses plans. Un mouvement dans son champ de vision attira son attention, l'arrêtant dans son geste.
Les pupilles du blond s'écarquillèrent; il ne pouvait simplement pas croire ce dont il était témoin.
Ada, un air déterminé sur le visage, se tenait debout par elle-même. Elle s'était défaite de l'emprise d'Harry, prête à tout pour attirer l'attention de son père qui l'ignorait. Essayant de s'habituer à cette position nouvelle, la petite vacillait sur ses jambes fragiles. Hésitante, l'enfant mit un pied devant l'autre, s'approchant lentement de son papa blond. Adélaïde faisait ses premiers pas, chancelante, surprenant instantanément le binôme. Ses deux parents étaient sans mots. Adélaïde avait décidément de nombreuses surprises pour eux aujourd'hui.
L'enfant continua son parcours courageux, en tendant les bras vers le Serpentard, estomaqué. Elle vint pour perdre l'équilibre, mais Drago la rattrapa avant qu'elle ne tombe au sol. Adélaïde laissa échapper un petit rire comme si elle savait qu'elle venait d'accomplir une étape importante à sa vie. Fier comme un paon, le blond souleva sa fille, et la fit tournoyer dans les airs un instant, avant de lui donner un gros baiser sur la joue.
Le visage du bambin était illuminé d'une joie sans égale, euphorique face à l'attention que lui portait enfin son papa blond. Elle regardait son père avec un sourire contagieux. Elle avait réussi à captiver le Serpentard et en était décidément fière. Elle était irrésistible et le savait, le fait que Drago la recouvrait de bisous en était la preuve.
Intriguée, Ada approcha les lèvres de la joue de Drago, avant d'y laisser un gros bisou. Le blond ne put empêcher un sourire d'éclaircir son visage, même si cela ne dura que quelques secondes.
PDV HARRY
Laissant ma fille avec mon coéquipier un instant, je décidai de prendre un peu de temps pour moi. Le blond me devait bien cela — surtout après son comportement distant des derniers jours qui m'avait forcé à m'occuper seul d'Adélaïde. Il était présent pour une fois et pas parti je-ne-sais-où. Notre vie familiale n'était plus la même depuis l'incident avec les lettres. Je commençais à m'habituer à l'éloignement du blond, mais ce n'était toujours pas facile de vivre avec un semblant de quelqu'un. Tout s'était écroulé le moment où j'avais enfin eu l'espoir d'une relation saine avec le Serpentard.
N'était-ce pas cela le proverbe? "Les attentes sont la source de tous les malheurs." Jamais cette phrase ne m'avait paru si vraie.
Dans la tranquillité de ma chambre, je décidai de faire un peu de ménage. Mon quotidien se résumait à m'occuper d'Adélaïde et de trouver ici et là quelque temps pour avancer dans mes travaux scolaires, ce que le bazar de la pièce reflétait parfaitement.
Je ramassai machinalement quelques chemises et bas qui traînaient au sol. J'aurais pu utiliser la magie pour m'aider, mais j'étais si habitué à la manière moldue que cela ne me dérangeait même plus. Je fis ensuite le lit, en fredonnant un refrain qui m'était resté dans l'esprit. En remontant le drap, mon pied heurta un objet qui roula sous le meuble. Je me penchai pour le ramasser, réalisant du même coup qu'il s'agissait d'un biberon. Une forme dans l'ombre attira mon regard. Sous le lit, je fis la découverte de la caméra que j'avais achetée, quelques semaines plus tôt. Je me saisis aussi de l'appareil. Je le cherchais depuis quelque temps et je fus pris d'une soudaine euphorie de l'avoir retrouvé. Je soufflai la poussière qui s'était amassée sur l'objet. Le ménage de la chambre allait attendre encore un peu.
Avec le caméscope entre les mains, je m'assis sur le bout du lit. Avec surprise, je réalisai que l'appareil était encore chargé. Je ne me rappelais pas la dernière fois que je l'avais utilisé, et encore moins la dernière fois que je l'avais rechargé. Comme c'était une caméra moldue, c'était compliqué, surtout lorsqu'il fallait trouver une prise électrique dans un château vieux de centaines d'années et où la magie régnait.
J'allumai l'appareil qui fit un petit bruit lors de l'ouverture. Je dépliai l'écran du viseur pour pouvoir observer les vidéos que j'avais filmées. J'appuyai sur le bouton approprié. Le premier mini-film débuta.
J'entendis ma voix avant de voir quelque chose. Je fronçai les sourcils. Je n'étais encore pas habitué à utiliser le caméscope. Je cliquai sur le bouton une autre fois. J'oubliai rapidement mes troubles de débutants lorsque le petit visage tout rose d'Adélaïde apparut sous mes yeux.
Elle était enroulée dans sa couverture comme un petit burrito. J'avais oublié à quel point elle avait été minuscule. Elle devait avoir un peu plus d'un mois, quelque temps après que j'eus acheté l'appareil vidéo. Ses yeux étaient ouverts et elle observait ce qui l'entourait avec la curiosité propre aux nouveau-nés. Son visage brillait d'un de ses sourires caractéristiques devant lesquels je ne pouvais tout simplement pas rester impassible. Tout heureuse et bien emmitouflée dans sa couverture, Ada représentait le bonheur pur. Je voulais plonger dans le petit écran vers ce passé si proche, mais si lointain en même temps, pour embrasser pour une énième fois le front, le nez, les pommettes et la bouche de mon poupon qui grandissait trop vite à mon goût.
Je souriais à en avoir mal aux joues. Mes yeux ne pouvaient se détacher du viseur où des images de moments précieux se mouvaient.
Mon souffle se coupa un instant lorsque la caméra se déplaça de ma fille pour pointer vers l'autre père de cette dernière. Intrigué, le blond regardait l'objectif avec le jugement propre aux Malefoys. Il posait des questions sur la caméra tout en se moquant de ma personne et du fait que tout ce qui était moldu était sans intérêt. Dans la vidéo, je lui répondais avec un énervant que je savais faux. Nos petites chamailleries nous étaient propres, et même si elles pouvaient m'irriter par moments, je savais qu'à cet instant précis, elles n'étaient plus remplies d'animosité comme pendant la majorité de notre scolarité. Cette fraternité — ou cette relation sur laquelle j'étais incapable de donner un nom approprié — me manquait irréprochablement. Mon regard ne pouvait quitter le sourire moqueur qui trônait sur les lèvres de mon coéquipier.
Je fus surpris lorsque l'image bascula un instant. Je venais de lever la caméra dans les airs dans la vidéo pour la placer de manière à ce que l'on puisse tous nous voir, ensemble, en famille. J'essayai de ne pas me laisser emporter par l'élan de mélancolie qui me prit à la gorge.
Nous étions là sur le petit écran, tous les trois, heureux et paisibles. C'était comme si nous étions dans un cocon d'amour où rien ne pouvait nous atteindre. Malefoy et moi, placés à la droite et la gauche d'Adélaïde, étions indéniablement prêts à braver tout pour la protéger des maux de la vie.
Le Harry sous mes yeux était sans surprise fatigué de son nouveau rôle de parent, mais il semblait invincible par le regain d'amour qu'il avait face à sa petite et sa nouvelle famille.
Je ne pus m'empêcher d'observer mon partenaire de binôme dans le court film. Une vague de chaleur me prit de court face au blond, plus spécifiquement face aux coups d'œil discrets qu'il me lançait dans le film. Ses prunelles d'acier si souvent glaciales s'étaient réchauffées, faisant fondre son masque froid en un instant. Je l'avais rarement vu me regarder ainsi.
La nostalgie de ce temps où nous étions presque devenus proches s'empara de moi. Il avait finalement réussi à s'ouvrir enfin à moi et à me montrer un peu qui il était vraiment avant de se refermer complètement. Je commençais enfin à discerner le Drago du Malefoy, mais il avait réussi à se faufiler entre mes doigts avant que je puisse réagir.
La vidéo se termina sous nos rires qui se complimentaient si bien. Je ne me souvins même pas pourquoi nous riions. Ce moment me semblait presque faux tant il était loin de ce qu'était devenu mon quotidien. J'étais toujours sous le choc devant l'attitude de mon coéquipier à mon égard. Maintenant, il était comme le fantôme de cet être que j'avais appris à connaître et à apprécier. Je ne pouvais pas nier qu'il me manquait plus que je voulais l'admettre.
Nos visages et sourires figés sur l'écran cachaient une relation qui, aujourd'hui, me semblait si lointaine, tellement que je me demandais même si elle avait vraiment existé. Pourtant, je n'avais pas rêvé nos bons moments, notre conciliation, notre complicité. Je n'avais pas non plus imaginé qu'il y avait probablement quelque chose de plus entre nous, ce court film le prouvait.
Malefoy avait peut-être de la facilité à cacher et à enfouir ses sentiments qu'il avait pour ma personne et notre fille, mais je n'étais pas capable de faire comme lui. Ça allait me prendre du temps. Je ne savais pas si j'allais même être capable de faire semblant qu'il ne s'était jamais rien passé entre le blond et moi. Au moins, j'étais heureux d'avoir ce souvenir en vidéo, cet aperçu de ce qui était et qui ne sera probablement plus.
Je pris une grande respiration pour me remettre de mes émotions, sachant qu'il y avait d'autres petits trésors cachés dans la mémoire du caméscope et que je voulais les revivre tout sans exception.
Avec une ombre de nostalgie planant sur mon visage, je cliquai enfin sur le bouton pour passer à la prochaine vidéo. Une image d'Adélaïde envahit l'écran. Dans cette vidéo, elle était légèrement plus âgée — quelques mois à peine. Je reconnus facilement la Grande Salle. Assise sur les genoux de Blaise, ma fille gazouillait, comme si elle était en pleine conversation avec le basané. Ils étaient adorables. Le bruit des élèves discutant autour m'empêchait de bien comprendre l'audio de la vidéo, mais je m'en souciais peu. Je décelai toutefois facilement la voix de mon coéquipier en hors-champ qui ordonnait à son meilleur ami d'arrêter de flirter avec Adélaïde. Je pouffai de rire, me commémorant cet instant.
La vidéo suivante montrait Adélaïde, assise dans une chaise-haute, le visage couvert de purée, le son de ses gazouillements se mêlant aux rires du Serpentard et de moi-même.
Curieux de voir ce qu'il y avait de plus sur la carte mémoire de la caméra, je débutai la prochaine vidéo. Sur cette dernière apparut aussitôt l'image du blond, notre fille contre lui. Il lui donnait le biberon, dans notre chambre, le dos appuyé contre la tête de lit. Je me souvins aussitôt que j'avais filmé à son insu cette scène. L'expression de mon coéquipier était si douce, ses yeux brillaient d'adoration devant le visage poupin d'Adélaïde. Mon cœur se serra encore. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas vu le blond sans sa façade glaciale.
Soupirant, j'éteignis la caméra et décidai de retourner voir ce que ma fille et Malefoy faisaient. Je me promis toutefois de commencer à faire plus de films, surtout maintenant qu'Adélaïde grandissait si rapidement. Je voulais me souvenir de chaque instant passé en sa compagnie, je voulais pouvoir revoir chacun de ses accomplissements autant de fois que je le voulais. L'appartement était silencieux. Je sortis de la pièce les sourcils froncés, intrigué.
Je lançai un regard à travers l'aire ouverte de l'appartement, cherchant des yeux mon coéquipier et notre fille.
Un élan de peur monta rapidement en moi, me rappelant seulement les moments des derniers jours où j'avais pensé avoir perdu ma fille. Je m'approchai du fauteuil, le dernier endroit où j'avais aperçu mon coéquipier. Je l'aperçus aussitôt, et mon cœur calma ses battements rapides.
Le blond était allongé de tout son long sur le canapé. Il dormait paisiblement, notre fille endormie contre lui. La chemise du Serpentard était ouverte, les deux pans encadrant son torse mince. Dans son sommeil, il avait l'air d'un ange. Plus aucun souci ne semblait l'atteindre. Pourtant, malgré son air tranquille, le blond frissonnait par moment.
Je m'approchai d'eux, les yeux remplis d'affection. Je pris la couverture placée sur le fauteuil proche du foyer entre mes mains. Je la dépliai et la déposai délicatement sur Malefoy et Adélaïde. Je vins pour la remonter sur le torse de mon coéquipier, mais arrêta mon mouvement.
Je fus troublé un instant. La peau d'albâtre du ventre musclé de Malefoy semblait tâchée. Peut-être s'était-il renversé son encrier dessus en faisant ses travaux? pensai-je.
Sans m'en rendre compte, j'approchai ma main où les marques s'étendaient. Certaines étaient grosses comme un pouce, d'autres plus petites, toutes sombres, dans des teintes de violet. Sa peau était couverte de ces marques ; elles descendaient de ses côtes jusqu'au bas de son ventre. Mes doigts effleurèrent la peau douce et froide du blond. Ma respiration s'arrêta un instant. Mon cœur résonnait à mes oreilles. J'attendais une réaction de mon coéquipier, mais il dormait toujours.
Je frottais doucement sur l'une des marques, pour voir si j'étais capable de la faire partir. Rien ne se passa. Je n'avais pas réussi à effacer un peu la trace, et pour le prouver, je n'avais aucune marque d'encre sur les doigts. J'appuyais un peu plus fort sur la tache qui ornait la peau pâle du blond, décidément curieux. Je ne comprenais pas pourquoi la marque ne se dissipait pas.
Le Serpentard, toujours endormi, laissa échapper un gémissement. Je retirai aussitôt ma main, soudainement conscient de mes précédents gestes. Un souci traversa mon esprit. Je fixai de plus belle les traces ornant son bas-ventre. J'espérais vraiment qu'il ne s'était pas blessé en fait...
Mon regard insistant descendit dans le sens des marques, cherchant des formes qui me donneraient des indices sur la manière dont elles étaient apparues.
Un peu contre moi, mes yeux descendirent plus loin que les traces, s'attardant sur la bosse que formait le sexe de mon coéquipier dissimulé dans ses pantalons. Je déglutis, soudainement hyptonisé par la vision qui se présentait devant moi. Je me mordis la lèvre inférieure sous les effets que simplement observer l'entrejambe du blond me faisait. J'avais une envie grandissante de poser mes lèvres sur la peau fine du bas de son ventre, de caresser l'intérieur de ses cuisses, de le sentir devenir de plus en plus dur contre moi. Je fus pris d'un frisson.
Je ne sais pas combien de temps je passai à observer cette partie de l'anatomie du Serpentard avant de secouer ma tête, choqué par mon soudain comportement. Je devais être en manque de sexe. J'étais tout simplement pathétique. Qu'est-ce que je fais à fixer l'entrejambe de Malefoy? Comme si j'étais prêt à... le sucer. Je remontai les yeux vers le corps du blond, m'obligeant à regarder ailleurs. J'eus soudainement une épiphanie. Oh, par Merlin...
Ma tête commença à tournoyer. Ce que je pouvais être naïf parfois! Je voyais maintenant clairement la situation. Comment est-ce que je pouvais, à ce point, comprendre tout de travers par moment?
Malefoy n'avait pas accidentellement échappé de l'encre sur lui, et il ne s'était certainement pas blessé. Il avait probablement passé un bon moment même...
Embarrassé et troublé par ma soudaine réalisation, je reculai d'un pas. Une expression dégoûtée prenait place sur mon visage. Je n'arrivais tout simplement pas à croire que le blond avait passé des moments intimes avec quelqu'un dans les derniers jours, alors qu'il était si distant avec moi et manquait à ses responsabilités de père. J'étais aussi choqué par le fait qu'il se laisse se faire marquer ainsi.
Mon mouvement de recul me fit perdre l'équilibre lorsque mon pied entra en contact avec un livre qui traînait au sol. Je basculai vers l'arrière et tombai au sol dans un bruit sourd.
Malefoy se redressa immédiatement, un bras retenant notre fille contre lui et l'autre soutenant son corps. Il me regarda, alerte, mais les yeux encore remplis de fatigue.
Il n'eut même pas à me demander ce qu'il s'était passé pour le réaliser lui-même. Il soupira face à ma maladresse alarmante avant de se lever. Il fit quelques pas vers moi, encore au sol, me surplombant de sa grandeur presque hautaine.
Le Serpentard déposa Adélaïde dans mes bras sans me demander la permission. Il s'attarda un instant à rattacher les boutons de sa chemise, puis il quitta nos appartements, sans même me dire un seul mot ou me jeter un dernier regard. Je restai en état de choc.
J'aurais voulu lui crier après, lui demander des explications, lui faire comprendre que son attitude n'était aucunement acceptable, mais je n'en avais point l'énergie. Je savais que c'était peine perdue. Le cœur serré, je réalisai que j'étais de retour à la case départ. À chaque fois que nous faisions un pas en avant dans notre relation, je me faisais toujours surprendre à retourner bien plus loin en arrière. À ce point-ci, j'avais compris : Malefoy faisait et fera toujours qu'à sa tête et m'entendre avec lui allait toujours être une tâche ardue et compliquée.
oOo
Ce fut sans surprise que je ne revis mon coéquipier qu'à la Grande Salle, le lendemain matin. Je ne me posais même plus de questions sur ses déplacements mystérieux.
Comme si de rien n'était, il s'approcha de la table des Gryffondors où je m'étais installé pour prendre le petit-déjeuner avec mes meilleurs amis. Il lança, en guise de seule salutation, une insulte quotidienne à Ron, toujours prêt à énerver le roux. Il s'installa à son aise, à ma droite, tout en m'ignorant par la même occasion.
D'un coup de baguette, il fit voleter une théière, posée un peu plus loin, qui lui servit magiquement une tasse de thé. Tendant le bras au-dessus du filet de fumée qui s'élevait maintenant de sa tasse, le blond se saisit d'une pomme dans les nombreuses assiettes pleines de victuailles au centre de la table. Il contempla un moment le fruit, le faisant rouler dans sa main, avant de l'approcher lentement de ses lèvres. Il mordit dans la pomme, en un bruit sonore. Je me retournai vers lui, soudainement intrigué par ses gestes.
Le rouge de la pomme contrastait avec la blancheur de sa peau. Ses lèvres entrouvertes semblaient s'attarder sur le fruit. Des gouttes perlèrent sur ses lèvres et roulèrent sur son menton. J'avais presque envie de lécher le visage du blond pour que ma langue trouve le chemin jusqu'à ses lèvres. Prenant tout son temps, le blond mastiqua sa bouchée, un air inattentif sur le visage. Il posa ensuite le fruit, marqué par la forme qu'avaient laissée ses dents dans sa chair, dans sa grande assiette vide. Je déglutis, mes yeux ne pouvant pas quitter la pomme si rouge, qui laissait exposer sa chair blanche à travers la morsure du blond. Je tentai de me replacer, le banc sur lequel j'étais assis soudainement très inconfortable. Sans se soucier de mon agitation, Malefoy s'essuya gracieusement le visage à l'aide d'une serviette de table, avant de la laisser tomber où il l'avait pris, l'abandonnant comme il avait si bien abandonné notre relation. Il prit, tranquille, une gorgée de thé.
Il caressa ensuite la joue d'Adélaïde et se mit à lui murmurer quelques mots doux. En pleine discussion avec Ron et Hermione et remis de mes états, je l'ignorai du mieux que je le pouvais. Le blond se leva soudainement sans avertissement, ayant terminé son semblant de petit-déjeuner. Il prit Adélaïde dans ses bras, ayant déjà le sac de couches de notre petite sur une épaule. Sans dire un mot de plus, le Serpentard partit comme il était arrivé : comme un simple courant d'air, imperceptible, même si présent.
– « Comme il peut être condescendant, ce stupide prince. », s'exclama Hermione, énervée, en crachant pratiquement le mot "prince", avant de soupirer d'exaspération.
J'aurais voulu agréer ce que la brunette disait, et même m'emporter avec elle, mais je n'en avais pas l'énergie. J'avais si envie de lui raconter tout ce que le Serpentard me faisait endurer depuis quelques jours, mais il était beaucoup trop tôt.
Mon cerveau n'était pas assez réveillé pour trouver des insultes et arguments pertinents contre mon coéquipier et son attitude déplorable. Je n'avais même pas bu mon café.
Je pris quelques bouchées en silence, profitant de ma meilleure amie et son élan de colère qui me faisait bien rire au fond. Elle pouvait tellement être passionnée par les petits plaisirs ou déplaisirs du quotidien. C'était un des aspects que j'aimais particulièrement chez Hermione. Elle avait bien du caractère et était toujours prête à me défendre.
Malgré les efforts de ma meilleure amie pour me changer les idées, je me sentais d'humeur massacrante. Malefoy m'énervait. D'un côté, le fait qu'il avait amené Adélaïde à son cours me montrait qu'il était prêt à faire de nouveau des efforts dans le projet, mais d'un autre côté, une colère bouillonnait silencieusement en moi contre le blond qui avait osé partir avec ma fille sans même me le demander. Voilà qu'il était prêt à jouer son rôle de père, ce n'était pas trop tôt! Ça aurait été la moindre des choses qu'il m'adresse, au moins, un seul mot! Son audace me donnait envie de le frapper, même si j'étais semi-reconnaissant du répit qu'il m'accordait en s'occupant de ma fille.
Je ne savais plus comment réagir face à son comportement changeant. Il disparaissait drastiquement de ma vie et de mon quotidien, mais parsemait continuellement mes pensées sans que je ne lui donne le droit. J'avais l'impression de vivre avec un fantôme que je ne pouvais exorciser. Peu importe ce que je faisais, le blond était dans mon esprit. Je le voyais dans le visage si innocent de ma fille, dans ses sourires et ses cheveux si caractéristiques des Malefoys. Je croisais le regard du blond dans les reliures argentées des livres qui prenait la poussière à la bibliothèque et dans le gris du ciel du mois de novembre. J'essayai de l'oublier, mais c'était peine perdue. C'en était obsessif. Même dans son absence, le blond me narguait en me hantant. Je détestais par-dessus tout le fait que je me préoccupais autant de mon coéquipier.
Après le déjeuner, je me dirigeai vers ma salle de cours en compagnie de mes amis et leur bébé. Le vide dans mes bras, où était habituellement placée ma fille, était équivalent à celui dans mon cœur de ne pas l'avoir en ma compagnie.
Mon cours de Sortilèges allait être beaucoup moins divertissant sans ma princesse, j'en étais certain. Dès les premières minutes du cours, mes doutes furent confirmés. Flitwick nous fit ouvrir notre "Livre des sorts et enchantements" sans attendre, prêt à nous enseigner le plus de matière possible au cours de l'heure de classe qui s'annonçait longue et pénible. Nous étions rendus au chapitre sur l'incantation de Priori incantatum, ce dernier permettant de révéler les derniers sorts lancés par une baguette.
J'étais prêt à pratiquer le mouvement pour effectuer le charme, mais le professeur n'était malheureusement pas du même avis que moi. Flitwick était beaucoup trop fasciné par l'histoire derrière la création et découverte de l'enchantement, pour simplement nous présenter la technique. Je soupirai. Mais qu'est-ce qu'on s'en balançait de l'origine de ce sort? J'étais curieux de pratiquer l'incantation et de savoir quel sort avait lancé en dernier les autres élèves de la classe. Le professeur parla pendant un temps qui me sembla sans fin. J'étais tellement distrait par le manque flagrant de ma fille à mes côtés que je perdis rapidement le fil de ce qu'il disait.
Le regard dans le vide, je sursautai lorsque la cloche annonça la fin du cours retenti. Nous n'avions même pas appris le foutu mouvement. À quoi me servait ce cours? Je fermai machinalement mon manuel, en bâillant. Cette heure à pratiquement ne rien faire avait drainé mon énergie.
Je sortis rapidement de la classe. À mon grand étonnement, Malefoy m'attendait devant celle-ci, Adélaïde dans les bras. Il me salua en maugréant avant de tendre l'enfant vers moi. Je pris délicatement ma fille et la couvrit de baisers. Elle s'exclama de joie en répétant le seul mot de son vocabulaire "papa", ce qui fit gonfler mon cœur de bonheur. Malefoy laissa tomber le sac de couches à mes pieds, l'air de se foutre complètement de moi.
Je lançai un regard à mon coéquipier, attendant, sans succès, une simple salutation. Rien, encore rien. Je serrai mon poing, prêt à lui en coller une au visage, mais je me détendis. La présence de ma fille dans mes bras contribuait grandement à calmer ma colère. Enfin relativement apaisé, je pris mon courage à deux mains. Son attitude avait assez duré. Je me décidai enfin à être la personne la plus mature de nous deux. Il ne pouvait pas m'ignorer indéfiniment.
- « Je vais aller manger à la table des Gryffondors après mon prochain cours. Tu pourras venir me rejoindre si tu veux. »
Malefoy leva les yeux vers moi pour la première fois depuis qu'il était retombé dans son comportement hypocrite. Je fus surpris de voir ses sourcils se froncer. Il me contempla un instant, incertain. Il semblait déstabilisé. Je n'en croyais pas mes yeux. Il reconnaissait ma présence. Je devais rêver.
Il ouvrit la bouche pour me répondre. Je retiens mon souffle. Je m'attendais à recevoir une insulte à la figure, mais le blond me surprit.
– « D'accord. »
Le temps sembla s'arrêter un instant. Sa réponse résonna une seconde dans ma tête. Est-ce que j'avais bien compris? Après s'être complètement foutu de ma gueule pendant des jours, il répondait tranquillement à ma question. Le ton désinvolte de sa réponse m'amenait à penser qu'il ne réalisait pas l'ampleur de ses précédentes actions. J'avais presque envie de le frapper. Je ne comprenais pas comment le blond faisait pour me frustrer autant. Lorsqu'il m'ignorait, j'étais prêt à éclater de colère face à son attitude enfantine, mais lorsqu'il prenait enfin conscience de mon existence, j'étais tout aussi énervé.
Je ne pus même pas répondre à sa déclaration qu'il était déjà loin, tournant le coin d'un des milliers couloirs de l'école. Je soupirai. Le sourire de ma fille me fit l'effet d'un baume au cœur. Je lui donnai un dernier baiser sur le front avant de prendre son sac que Malefoy avait précédemment lancé au sol et de me diriger vers la salle de classe où se donnait mon prochain cours.
Je rejoignis mes amis dans notre cours de Sortilèges, bavardant tranquillement avec Ron et Hermione avant que la cloche du début du cours ne sonne. Dans mes bras, Adélaïde fixait, en gazouillant, Hugo, qui mordillait ses doigts dans les bras de ma meilleure amie. Ils étaient adorables à voir. J'étais certain qu'il allait devenir tout aussi ami que je l'étais avec les autres membres de notre Trio. Le début du cours m'obligea à arracher ma fille à son échange avec le bébé roux afin de la replacer dans sa coquille. Elle pleurnicha un peu, mais une caresse sur la joue de ma part, pour essuyer ses larmes de crocodile, la fit sourire de nouveau. Je portai alors mon attention sur le cours, observant de temps en temps ma fille, qui somnolait maintenant dans sa coquille.
Ça devait faire au moins une demi-heure que j'étais assis sur mon tabouret inconfortable à prendre des notes sur ce que racontait mon professeur à l'avant. La matière était intéressante, pourtant mon esprit était ailleurs et j'avais de la difficulté à me concentrer. Je ne souhaitais que quitter cette classe sombre et poussiéreuse et sortir m'amuser avec ma petite. J'avais souffert de son absence que pendant quelques heures — le temps que Malefoy l'avait eu avec lui à son cours — et je ne souhaitais que rattraper ce temps, en sachant pertinemment à quel point il était précieux. Un son de mécontentement d'Ada attira tout d'un coup mon attention.
Elle se tortillait sur elle-même dans sa coquille, signe qu'elle était inconfortable. Je fronçai les sourcils. Je vis dans son expression faciale qu'elle était sur le bord des larmes et je m'empressai de me concentrer sur le bébé, au détriment de mon cours. Je voulais à tout prix éviter une crise en pleine leçon. Je n'avais pas besoin d'attirer encore plus l'attention sur ma personne — mon statut de Survivant et de coéquipier de Drago Malefoy suffisant amplement.
J'essayai de discerner des indices pour déterminer ce que souhaitait ma fille. Je savais qu'elle allait bientôt éclater en sanglots si je ne trouvais pas rapidement la source de son malaise. Je me mis à réfléchir. Malefoy l'avait nourri précédemment pendant son cours, elle ne devait donc pas avoir faim. Elle avait relativement bien dormi la nuit d'avant, et venait tout juste de faire une sieste. Elle ne pouvait pas être fatiguée. Elle était relativement au chaud dans ses habits. Elle ne grelottait pas malgré la température fraîche dans toute l'école. Je réalisai bien vite à l'aide d'une odeur saisissante la raison de la soudaine crise de larmes chez ma petite.
Je m'excusai de classe discrètement, n'oubliant surtout pas le sac de couches et ma petite avant de sortir de classe. Je m'empressai d'aller à la salle de bain la plus proche, où je savais que j'allais trouver une station à langer pour bébés.
Je déposai délicatement ma fille qui hurlait pratiquement. Adélaïde ne s'empêchait jamais de me faire savoir haut et fort ce qu'il ne lui plaisait pas.
Tenant ma fille sur la table à langer d'une main, je cherchai de mon autre main une couche à l'aveuglette dans le sac à ses côtés.
Je saisis finalement l'objet que j'avais fini par trouver après avoir bien mis le bazar dans le sac à couches, faisant tomber quelques objets au sol par la même occasion.
Je m'empressai de défaire Ada de son ensemble et de sa couche souillée pour remplacer cette dernière par une autre, propre. Je me débarrassai de l'objet nauséabond dans une poubelle à proximité avant de me reconcentrer sur mon bébé.
Je m'assurai de bien crémer son derrière sensible avec un onguent que j'avais spécialement concocté en cours de potions. Je ne voulais pas me faire réveiller en plein milieu de la nuit parce que mon bambin avait les fesses rouges. Je mis ensuite une couche propre à ma fille, qui ne me rendait pas la tâche facile, mouvant ses petites jambes dans les airs. Après quelques minutes d'archanement, je réussis néanmoins. Je la rhabillai alors minutieusement avant de baiser son front, sous ses gazouillements joyeux.
Ayant maintenant un bébé heureux que je venais de poser dans sa coquille, je tentai de ranger le désordre duquel j'étais responsable.
J'étais réellement surpris par le nombre d'articles différents qui se trouvaient dans le sac d'Ada. Un bébé nécessitait de beaucoup plus de choses que n'importe qui aurait pu penser. Dans ma recherche rapide, j'avais éparpillé une multitude de cesdites choses un peu partout autour du sac. Après avoir bien replacé les couches, les biberons, les vêtements de rechange et les lingettes, ma main, à l'intérieur du sac, frôla une texture qui me surprit. Je sortis, les sourcils froncés, intrigué, une lettre du sac de couches de ma petite.
Un rapide coup d'œil me révéla que la missive était simple et blanche. Un simple "Drago" avec un cœur à la place de l'"o" était écrit à l'avant de celle-ci. Je ne pus m'empêcher de laisser échapper un petit rire surpris.
Curieux, je remarquai que la lettre n'était pas scellée. Un élan en moi me cria de l'ouvrir même si le message qu'elle contenait ne m'était définitivement pas destiné. Je me mordillai les lèvres devant le dilemme que cette lettre me proposait. Je me souvins alors d'une autre lettre mystère qu'avait reçue mon coéquipier précédemment et dont le contenu m'était encore inconnu. Peut-être cette missive venait également du même destinateur? Ma curiosité eut raison de moi. Après tout, ce n'était qu'à Malefoy de faire plus attention à ses affaires.
Je dépliai tranquillement le parchemin, faisant bien attention de ne pas abimer ou plier le papier entre mes doigts. Malgré tout, je ne voulais surtout pas que Malefoy s'en prenne à moi plus tard s'il apprenait que j'avais lu son courrier. Je savais pertinemment qu'il n'allait pas laisser un comportement comme cela passer.
Une bouffée parfumée provenant de la note me prit à la gorge. C'était comme si quelqu'un avait vidé la bouteille d'eau de toilette de mon coéquipier sur le papier. Ce n'était pourtant pas seulement cette fragrance si caractéristique du blond. Je distinguai à travers l'odeur de son parfum, des arômes mentholés et floraux, composant ainsi un mélange complexe qui me fit soudainement sentir calme et nostalgique.
Une tonne de souvenirs, que ce mariage d'effluves harmonieux fit remonter à ma mémoire, m'assaillirent en même temps. Un matin, encore endormi, bien blotti contre le corps chaud de Malefoy. Un après-midi, sur le fauteuil de notre appartement à faire des travaux; le blond qui me frôlait en étirant son bras pour prendre un manuel. Aux serres, le Serpentard à mes côtés alors que nous chuchotions des douces paroles à un bourgeon de rose blanche. À la Grande Salle, pendant la fête d'Halloween, Malefoy et moi dansant un slow devant les étudiants et professeurs. Mon coéquipier me serrant amicalement la main après un match de Quidditch durant lequel nous venions de nous affronter. Un mirage du goût fuyant des lèvres du blond contre les miennes, le dos contre un mur de pierre. Dans la chambre de nos appartements, Malefoy qui me rejoint près du berceau de notre fille naissante pour y chanter une berceuse.
Je pris une grande respiration, réalisant soudainement que j'en avais oublié de respirer. Je toussai un peu avant de reprendre mon souffle. Malgré l'arôme puissant qui se dispersait maintenant dans la pièce, je ne pouvais empêcher une part de moi de l'apprécier. Je devais reconnaître que Malefoy avait du goût dans ses choix de parfum... Je devais l'admettre, en fait, il en avait dans tout ce qui concernait son apparence physique et l'image qu'il présentait aux autres. Je fermai les yeux, profitant de cette odeur qui était à présent une denrée rare dans mon quotidien et de tous les souvenirs qu'elle me faisait remonter en mémoire. Mon cœur battait la chamade. Je me sentais presque ébranlé devant la force de cette vague de nostalgie soudaine.
Un babillement d'Ada me ramena soudainement à la réalité.
Je réalisai que j'avais pratiquement la lettre collée contre mon visage. Je secouai la tête, le rouge me montant incontrolablement aux joues. Mon comportement me gênait même si personne ne m'observait. À quoi avais-je pensé? Qu'est-ce qui m'avait pris? Je ne pouvais tout simplement pas comprendre pourquoi j'agissais ainsi, ni pourquoi mon cœur ne souhaitait que serrer le blond contre moi et le protéger contre tout et tous. Mes doigts caressèrent le papier. J'étais comme envoûté, cherchant désespérément tout ce qui pouvait me rapprocher de mon coéquipier si absent de ma vie ces temps-ci.
Après quelques secondes où je maudis ma faiblesse devant la simple odeur de mon coéquipier, je m'obligeai à ranger la lettre dans son enveloppe pour passer à autre chose. L'ombre des mots sur le recto du parchemin piqua toutefois ma curiosité. Après tout, si j'avais décidé d'ouvrir la lettre, ce n'était pas seulement pour humer le parfum imprégné sur le papier. Je ne pouvais pas tout simplement replacer le message sans savoir ce qu'il contenait. Surtout que c'était depuis la réception d'une lettre que mon coéquipier avait pris ses distances avec moi. Je devais découvrir ce qui tracassait autant le Serpentard pour détruire notre relation qui nous avait pris tant de temps à bâtir.
Mon très cher et très très beau Dray-chou...
Je pouffai de rire après seulement les premiers mots écrits — le fait qu'elles marquaient le parchemin dans l'encre le plus rose bonbon jamais créé n'aidait pas la cause.
La lettre faisait plusieurs paragraphes, chacun vénérant de plus belle mon partenaire de binôme de mille et une façons et avec tous les surnoms les plus inimaginables et embarrassants possibles. Je fronçai les sourcils, amusé, mais soucieux. Je terminai rapidement ma lecture. Mes yeux tombèrent sur la signature au bas du parchemin. Ta belle Ari. Je réalisai avec dégoût qu'il s'agissait de la Serdaigle qui tournait autour de mon coéquipier depuis le début de l'année — et que j'avais surpris en pleine séance de jambes en l'air avec Malefoy. Un élan de colère monta silencieusement en moi. Je n'arrivais pas à y croire. J'étais tellement blasé des conneries du blond. C'était à cause de cette femme facile que Malefoy était distant et ignorait ses responsabilités de père et de partenaire de binôme?
Je remis maladroitement la lettre dans son enveloppe, prêt à la lancer dans le sac avec dégoût et frustration, mais une idée traversa mon esprit. Un mince sourire mesquin apparu sur mes lèvres. Le Choixpeau avait eu raison d'hésiter à m'envoyer à Serpentard — à moins que Malefoy avait simplement trop d'influence sur moi — car ce que je fis était contraire au comportement d'un parfait Gryffondor.
Sortant de la salle de bain, Adélaïde dans sa coquille dans une main, son sac sur mon épaule, je lançai la lettre directement dans la poubelle. Je ne pus empêcher un sentiment de satisfaction de se faufiler en moi, et encore moins un sourire triomphant de fleurir sur mes lèvres.
oOo
À ma grande surprise, lorsque j'arrivai à la Grande Salle à l'heure du repas, le blond était déjà assis à la table des Gryffondors. Il faisait la gueule, comme à l'habitude, mais il était tout de même là, et c'est tout ce qui m'importait.
Je m'approchai de la table sans le lâcher des yeux. Un sentiment chaud et étrange montait en moi alors que je réduisais, de mes pas, la distance qui nous séparait. Je fronçais les sourcils. Même si une partie de moi appréciait le fait que Malefoy avait tenu sa parole, je ne pouvais m'empêcher de trouver la situation presque bizarre. Après tout, il était rare que le blond passe volontairement du temps avec les Rouges et Ors, qu'ils ne considéraient pas assez sophistiqués pour lui.
Je m'installai aux côtés du Serpentard, en face de mes meilleurs amis déjà attablés depuis un moment. Il semblait y avoir un malaise entre les trois. L'ambiance ne me laissait cependant pas croire qu'il s'agissait d'une énième prise de bec entre mon coéquipier et mes amis, ce qui me soulagea quelque peu. Un silence suivit mon arrivée. Je n'avais aucune idée de ce qui s'était passé avant que je n'arrive.
Alors que le blond semblait dans l'attente d'une réponse, Ron avait une expression découragée sur le visage. Je jetai un coup d'œil intrigué à Hermione qui soupira en levant les yeux au ciel.
- « Malefoy, je dois t'avouer, ta blague est nulle. », s'exclama soudainement le roux à l'égard de mon coéquipier.
Je compris soudainement ce qui se passait. J'étais toutefois plus qu'intrigué en ce qui concernait ladite blague — surtout si elle n'avait pas fait rire mon meilleur ami, qui ne s'amusait à rien.
- « En fait, c'était juste pour te prouver que j'ai raison, comme toujours. Il existe des blagues tellement mauvaises que de les entendre est une insulte au divin art de l'humour. », déclara mon partenaire de binôme.
J'étais de plus en plus curieux. J'avais définitivement manqué quelque chose. Quelle était donc cette blague si horrible que personne n'en avait ri? Je me tournai vers le blond, intrigué et trépignant presque d'impatience. Il croisa mon regard.
- « Oh non, Potter, je ne vais pas encore raconter cette stupidité simplement pour tes beaux yeux. »
Il ignora mon air outré pour tendre la main vers Adélaïde qui dormait dans sa coquille.
– « Bon allez, Malefoy, ne fais pas ta pute. Ry' fait trop pitié. Je préfère t'entendre répéter ta blague que de devoir raconter, moi-même, cette banalité à Harry. », fit Hermione, en prenant ma défense.
Le blond soupira avant de rouler les yeux. Je le connaissais assez bien pour savoir reconnaître une victoire. Je sautai intérieurement de joie et j'écoutai attentivement mon coéquipier alors qu'il se résigna à me raconter sa blague :
- « ... alors là, l'alcoolique qui dormait se réveille et dit : Mec, ce n'est pas une aubergine, c'est un retardé! »
Dès que le blond eut terminé son récit, des soupirs de mes amis se firent entendre de plus belle, alors que je ne pus retenir le fou rire qui s'échappa de moi.
Je devais avoir le visage tout rouge à force de rire comme je le faisais. Je ne pouvais tout simplement pas m'arrêter. Cette blague était excellente! J'essayai de reprendre mon souffle avant de recommencer incontrolablement de rire.
Ma main se posa par elle-même sur l'avant-bras de Malefoy, dans cet élan d'amusement incontrôlable. Je ne savais pas que mon coéquipier pouvait être si hilarant. Tout le monde connaissait bien la rhétorique sanglante du blond qui, prise à la légère, pouvait facilement laisser un sourire sur les lèvres de n'importe quels avides de sarcasme, mais je doutais que plusieurs connaissent ce côté de Malefoy. Le Serpentard n'avait jamais été connu pour avoir un côté blagueur, mais le voilà qu'il faisait le farceur devant mes meilleurs amis.
J'étais si perdu dans mon hilarité qu'il me prit un bon moment avant de réaliser que toutes les autres personnes autour de la table n'étaient pas aussi impressionnées par la blague du blond. Le pire était que tous ces gens me regardaient d'un regard rempli de jugement. Je tentai furtivement de trouver un peu d'amusement et de soutien du côté du roux devant moi, mais ce dernier dévia le regard comme s'il ne me connaissait pas, avant de s'attarder à la cuisse de poulet dans son assiette.
Le malaise ressenti chez mon meilleur ami me fit l'effet d'une douche froide. Je revins rapidement à la réalité, reprenant graduellement mon souffle après avoir autant ri.
Je ne pouvais pas être le seul à avoir trouvé mon coéquipier amusant, non?
Une vague de gêne m'assainit sous les visages embarrassés tournés vers moi. Je voulais soudainement rentrer six pieds sous terre et oublier mon comportement précédent. Je ne savais pas ce qu'il m'avait pris.
Je pris, d'une manière qui me sembla être discrètement malgré que tout le monde m'observait, mon verre d'eau, avant de boire de bonnes gorgées. Je buvais lentement, étirant le temps, espérant que quelqu'un change de sujet le plus vite possible.
- « Bon, j'ai ma réponse. Potter la trouve drôle, alors cette blague est tout simplement mauvaise. », décréta de nulle part mon coéquipier.
Je m'étouffai pratiquement avec l'eau qui était dans ma bouche. Trop choqué par la remarque quasi mesquine du blond, je ne pensai même pas à répliquer. Je passai le reste du repas concentré sur la nourriture devant moi, ne voulant aucunement croiser le regard des autres, encore presque honteux de ma réaction. Pourtant, la conversation continuait de plus belle sans moi entre mon coéquipier, qui se sentait maintenant bien à l'aise, et mes amis, desquels je semblais être le souffre-douleur ce midi.
À la fin du repas, Malefoy quitta toutefois rapidement la table, prétextant d'avoir oublié un cahier à nos appartements pour son prochain cours, me laissant une fois de plus la charge d'Adélaïde.
oOo
Je marchais d'un pas rapide dans les couloirs de Poudlard, Adélaïde dans mes bras. Mon cours venait de terminer, et ma fille ne souhaitait qu'une chose : manger. J'avais donc entrepris de prendre un raccourci vers nos appartements pour satisfaire la faim grandissante de ma princesse.
Dans ses mains, Ada tenait une de mes plumes. Voulant éviter une crise, je lui avais donné l'objet, à la fin de mon cours. Ce dernier allait la distraire pour un moment, mais il n'y avait aucune façon de déterminer combien de temps ça pouvait durer.
Je tournai un coin, avant d'être arrêté dans mon élan par ma fille qui commença à babiller incontrôlablement. Inquiet un instant par ce subit changement de tempérament, le sourire brillant sur le visage de ma petite me calma immédiatement. Je ne savais pas ce qui la rendait aussi heureuse, mais je crus encore entendre le mot "papa", ce qui me fit sourire autant qu'elle.
– « Mais qu'est-ce qui te fais si plais... ir... »
Mes mots se perdirent dans mon souffle. Je venais de comprendre, d'un simple regard, la joie soudaine de mon enfant.
Plus loin dans le couloir, deux élèves venaient de sortir d'une salle de bain. Ces latrines étaient tellement inutilisées que j'en avais pratiquement oublié leur existence. Des maintes fois que j'avais passé dans ce couloir, je n'avais jamais vu quelqu'un les emprunter. Moi-même, je n'étais jamais entré dans cet endroit du grand château qu'était Poudlard. D'ailleurs, malgré mes longues années d'étude, il y avait encore des endroits que je n'avais jamais visités, et je doutai qu'un jour j'allais pouvoir rayer cet objectif de ma liste de choses à faire avant de mourir.
Ce n'était cependant pas le fait que des gens avaient utilisé cette salle de bain qui me choquait le plus, mais bien les personnes qui venaient d'en sortir.
Ils s'agissaient d'un grand brun accompagné d'un blond, un peu plus petit, que j'avais, il n'y avait de cela pas si longtemps, cru si bien connaître. Ils étaient seuls dans le couloir autrement vide.
Je retournai discrètement le coin que je venais de tourner. Je m'accotai sur le mur, les yeux fermés. Je respirai de manière saccadée, comme si je venais de courir un marathon. Je me sentais comme un enfant ayant été témoin d'une scène * interdite. Je sentais mes joues rougir. Je ne pus néanmoins pas m'empêcher de pencher la tête pour continuer à regarder mon coéquipier et l'autre jeune homme. Ma curiosité était plus grande que ma honte.
Quelque chose dans la façon dont ni l'un ni l'autre ne semblaient porter attention au monde qui les entourait fit monter en moi un étrange sentiment d'agressivité. J'eus envie de me précipiter vers les deux pour les séparer, et de pouvoir ainsi traîner par les oreilles jusqu'à nos appartements, le Serpentard fuyant. Malefoy avait le temps de discuter avec tout le monde et n'importe qui, mais il avait de la difficulté à m'aider à m'occuper de sa fille pendant plus que quelques heures? Il en avait du culot.
Une partie de moi souhaitait recevoir l'attention du blond, même si une autre, désapprouvait la simple pensée que j'aille besoin de Malefoy. Après tout, les derniers temps m'avaient sans aucun doute appris que je ne pouvais pas compter sur le blond, mais j'étais incapable de laisser aller mes attentes, et j'étais déçu à chaque fois.
Je n'osai pas faire un pas de plus, mon regard transperçant les figures un peu trop proches à mon goût des deux étudiants. Comme devinant mon état mental soudainement assombri, ma fille se tût, se contentant de fixer elle aussi les deux hommes.
Je ne pus m'empêcher de remarquer les mains du Serdaigle qui s'affairait à replacer avec une lenteur exaspérante la cravate de mon partenaire de binôme. Depuis quand la cravate du Serpentard n'était-elle pas parfaitement nouée? C'était étrange. J'avais moi-même assisté à plusieurs reprises au rituel matinal du blond. Je savais pertinemment qu'il ne sortait pas en public s'il n'était pas impeccable. Il avait sa réputation à tenir, comme il disait. Je l'avais même vu, un matin, refaire cinq fois son nœud de cravate, en refusant mon aide lorsque je la lui proposai. L'autre étudiant devait être l'un de ses amis très proches s'il le laissait l'aider ainsi.
Il était tout aussi bizarre que je ne reconnaissais pas le Serdaigle, malgré qu'il me semblait familier. Après tout, j'étais dans la vie du blond depuis assez longtemps pour connaître son entourage.
Le ténébreux jeune homme se pencha soudain contre l'oreille de Malefoy et lui susurra je ne sais quelle absurdité. Je resserrai, sans m'en rendre compte, mon emprise sur ma fille, dans mes bras. Adélaïde lâcha un petit gémissement, et m'apercevant de mon geste, je fus plus doux. Je déposai un baiser sur le front de mon bébé, maintenant plus agitée, pour me faire pardonner.
En relevant la tête, je m'aperçus que les deux étudiants avaient disparu. Je clignais quelques fois des yeux, ébranlé. Plus une seule trace des jeunes hommes. C'était comme si je m'étais imaginé la vision qui avait eu lieu quelques secondes auparavant devant moi.
Je continuai alors ma route vers mes appartements, un sentiment d'incompréhension m'ayant envahi.
oOo
Mon estomac gargouillait depuis déjà la moitié de mon cours. J'arrivais à peine à me concentrer tant j'avais faim. La cloche annonça finalement la fin du cours, et j'étais prêt à aller dévorer toutes les assiettes débordantes de nourriture dans la salle à manger commune du château. J'aspirai à une pause bien méritée. Avec Adélaïde qui dormait déjà dans sa coquille dans une main, et mon sac contre mon épaule, je marchai avec entrain vers mon repas tant désiré.
Alors que je poussai les portes de la Grande Salle, je sentis un bras se poser autour de mes épaules. Je sursautai, surpris de ce soudain contact. J'échappai presque la coquille où ma fille dormait si paisiblement. Je n'eus pas le temps de me retourner pour reconnaître l'identité de la personne m'ayant ainsi abordé de manière si amicale qu'une voix s'éleva, répondant rapidement à mes questions.
- « Mon beau Ryry d'amooour! Comment va la vie? Comment va ton joli petit cul? Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas assis entre hommes, toi et moi. Allez racontes-moi tout! »
Je reconnus aussitôt Blaise Zabini. Un sourire timide s'afficha sur mes lèvres. Je roulai toutefois des yeux devant sa remarque. Ce Serpentard m'intriguait définitivement; j'avais parfois l'impression qu'il me considérait comme l'un de ses amis proches, malgré nos différences de maisons. Même si je ne le connaissais pas beaucoup, je le savais amical. Il me faisait souvent rire. Sa présence était toujours égayante, et quelques fois malaisante, surtout pour moi.
Glissant sa main au creux de mon dos, le basané m'entraîna à la table des verts et argents, ignorant totalement mes futiles protestations. Ses yeux brillaient de malice alors qu'il me susurrait à l'oreille ses dernières aventures. Je fus ainsi escorté de force par le Serpentard devant les yeux intrigués des autres élèves présents dans la Grande Salle.
Blaise prit place à la table des Serpentards, me poussant à sa droite. Je n'eus d'autres choix que de m'assoir entre le basané et mon coéquipier, qui ne se donnait toujours pas la peine de me parler. Le blond ne me jeta même pas l'ombre d'un coup d'œil, contrairement au reste des élèves de sa maison, qui se faisait une joie de me dévisager. Je soupirai. Je devais définitivement apprendre à arrêter de me mettre dans des situations pareilles.
Mon appétit n'était plus aussi insistant que lorsque j'avais mis le pied dans la Grande Salle. La situation malaisante dont j'étais prisonnier m'avait fait perdre ma faim. Je remplis néanmoins quelque peu mon assiette. Je devais manger, peu importe.
Je devais oublier le fait que le blond était à ma gauche et qu'il pouvait m'adresser la parole si l'envie lui venait. J'avais presque envie d'entendre sa voix me dire n'importe quelle remarque ou commentaire. Je dus m'avouer à moi-même que cette dernière me manquait. Je me retins de poser des questions au blond, de lui demander comment il allait, où il se cachait lorsqu'il ne rentrait pas aux appartements, pourquoi il prenait autant de distance, ou même qui était l'inconnu avec qui je l'avais aperçu plus tôt. J'aurais très bien pu, mais je restai silencieux, ne voulant pas faire le premier pas. Il était clair que Malefoy ne voulait rien savoir de moi, et je n'étais pas assez pathétique pour m'accrocher à une cause perdue. J'attendais presque que des mots daignent s'échapper de ses lèvres. Il semblait pourtant enclin à une discussion, par les nombreux regards qu'il lançait à son meilleur ami et les hochements de tête qu'il faisait en guise de réponses aux histoires cocasses du basané.
Je ne voulais pas croire que les seuls futurs possibles moments de discussion entre le prince des Serpents et moi allaient seulement avoir lieu en public, dans la Grande Salle, pendant nos repas. En même temps, je devais avouer que c'était mieux que rien.
Perdu dans mes réflexions, je pensai aux derniers moments que j'avais passés en compagnie de l'homme à mes côtés, tandis que Blaise saluait sa copine qui venait d'arriver.
Il échangeait quelques mots de temps à autre, m'adressant même la parole pour me demander de lui passer telle ou telle assiette. C'était déjà ça ! Je ne pouvais pas dire qu'il m'ignorait complètement. Mon avis changea cependant le temps de dire Merlin.
Je me concentrai sur mon assiette, essayant d'oublier l'endroit où j'étais. Je crus percevoir du mouvement du côté de mon coéquipier. En effet, ce dernier s'était avancé un peu au-dessus de son assiette pour bien voir son meilleur ami et, par la même occasion, m'ignorer de plus belle.
- « Mon cher Blaise, peux-tu bien m'expliquer ce que tu portes? Est-ce que tu veux que les yeux de toute l'école brûlent? »
Le basané regarda rapidement son habit avant de jeter un regard d'indignation sur le blond.
- « Comment oses-tu, Dray, m'insulter ainsi? Je suis l'apothéose du style, tout le monde le sait! Je suis bien d'accord que porter le "crop-top" de Pansy n'est pas très conventionnel, mais je n'allais pas me promener torse nu dans l'école, même si ce n'est pas l'envie qui me tente et que la vue plairait à tous. Je ne veux pas que Rusard me colle encore une retenue pour nudité publique! C'est ce foutu Loki, mon sombral, qui a complètement déchiqueté mon chandail. », se défendit sur-le-champ l'autre Serpentard, assis, à ma droite.
– « Tu aurais tout simplement pu lancer un réparo, imbécile. », commenta le blond, avant de prendre une gorgée d'eau, comme pour prouver que l'argument était terminé.
Blaise s'apprêta à répliquer, mais s'arrêta un instant, prenant en compte le conseil. Il fronça les sourcils, prêt à répondre, mais s'arrêta dans sa démarche, ayant soudainement réalisé son erreur.
– « Il était irréparable, ok? », babilla-t-il comme dernières explications, sous les rires de sa copine et des autres Serpentards autour.
J'aurais bien voulu participer à la discussion, mais je me sentais tellement exclu par le blond que je ne fis que continuer de manger en silence. De plus, j'avais presque peur qu'en attirant l'attention sur ma personne, je devienne le dindon de la farce, comme l'avait été Blaise quelques secondes plus tôt.
– « Assez parlé de mon accoutrement, parlons un peu de toi Dray, et pourquoi pas de ce fameux Didi? », s'exclama le basané, avec un sourire mesquin.
Mais de quoi parlait Zabini? Qui était "ce fameux Didi"? Pourquoi se méritait-il le titre de "fameux"? Mille et une questions se bousculaient dans mon esprit. Je ne connaissais pas de "Didi". Je fronçai les sourcils, intrigué et curieux, alors que je cherchais désespérément à trouver un sens à ce que venait de dire le Vert et Argent. Pourquoi est-ce que je ne connaissais pas cette personne qui semblait faire partie du quotidien de mon coéquipier? J'étais supposé être le quotidien de mon coéquipier, comment se faisait-il qu'il y eût un "fameux Didi" dont j'ignorai l'existence?
Malefoy déposa avec tellement de force son verre d'eau sur la table que des gouttes revolèrent un peu partout. Je sursautai par la même occasion, le bruit vif m'ayant sorti de ma transe. J'étais prêt à l'entendre commencer à insulter son ami comme il savait si bien le faire, mais il se tourna, à ma surprise, vers moi, sans même répondre au basané.
- « Je ne sais pas ce que tu fais ici, Potter. Tu n'es pas obligé de venir t'asseoir à la table des serpents. Personne ne veut de toi, ici. Va te faire des amis. », me cracha-t-il, presque à la figure, terminant sa phrase en relevant la tête, un air hautain trônant sur le visage.
J'étais tout simplement choqué par l'attaque verbale si soudaine du blond. Je n'arrivai pas à aligner deux mots pour lui répondre. Mes yeux picotaient, tellement l'attaque du blond venait de me percuter de plein fouet. J'avais la vive impression que quelqu'un venait de me donner un violent coup de poing au ventre. J'étais complètement assommé. J'avais un étau autour de mes poumons qui m'empêchait de bien respirer. Je mordis l'intérieur de mes joues, pour empêcher les larmes qui menaçaient de tomber un peu plus à chaque seconde et ainsi montrer à quel point j'avais été blessé. Je ne pouvais pas rester un moment de plus à ma place. J'avais simplement envie de fuir, d'aller chercher la protection des murs de ma chambre ou même des bras de ma meilleure amie et de laisser aller mes émotions. Un mélange de profonde tristesse, de douleur et de colère s'était emparé de moi. Je ne savais plus quoi faire. Je ne savais pas quoi dire. Je n'arrivais simplement pas à y croire.
Sans un mot, je me levai instantanément du banc. Je laissai mon assiette à demi consommée sur la table. Toute faim que j'avais pu ressentir plus tôt s'était évaporée pour laisser place à un goût amer au fond de ma gorge. Je pris la coquille de ma fille dans mes bras, cette dernière dormant toujours à l'intérieur. Je sentais les regards brûlants des autres étudiants qui avaient été témoins de l'altercation du blond à mon égard suivent chacun de mes mouvements. Avant de quitter, je pris le fichu verre d'eau de celui qui était censé être mon coéquipier de binôme, et que j'avais considéré pendant un instant, il y a quelques jours, comme un ami. Dans un élan de colère, je lui lançai l'eau à la figure. Il n'avait aucun droit d'agir comme il venait de faire avec moi. Son commentaire et son attitude étaient simplement déplacés et c'était de la pure méchanceté gratuite. Je méritais mieux.
Je tournai les talons, ravalant les larmes de trahison et de colère prêtes à rouler sur mes joues. Je sortis en trombe de la Grande Salle, ne jetant aucun coup d'œil en arrière. Seul le silence accompagna mon départ.
Blabla des Auteures:
(Sam, semi malaisée, semi amusée) Alors, long story short, sorry not sorry, mais on a encore coupé ce qui était supposé être notre chapitre en deux… (Fred, trèèèès sarcastique) Il ne reste surtout pas une dizaine ou même quinzaine de scènes à ce chapitre, mais non voyons! Désolé de ne pas vous donner des réponses à toutes les questions que vous vous posez sur notre fanfic, les réponses viendront éventuellement, ne vous inquiétez pas! (Sam, en soupirant, le regard au loin) Un jour peut-êtreeeee! Le mystère de la vie, qu'est-ce-que la vie? Qu'est-ce que ce bordel?
(Sam, devant un ventilateur, les cheveux dans le vent) En d'autres mots: Oooops I did it again, I played with your heart, got lost in the game~ (Fred, envoyant un bec à vous, très chers lecteurs) Ouh baby, baby!
(Sam et Fred, en pleine chorégraphie de fous) Allez les copinos, les copinettes and everyone in between, on attend vos commentaires, vos avis, vos peurs, vos questions, vos réactions et vos frustrations! Nous savons qu'il y en a beaucoup, encore désolé!
On vous aime d'amooooour! Bon étéééé!
Fred, votre auteure en herbe, et Sam, votre cutiepie.
