Chapitre 12

EDWARD CULLEN EST ASSIS EN BOXER DANS MON APPARTEMENT. LOL ! :)

Bella envoya le message à Alice. Elle trouvait la situation tellement surréelle et amusante qu'elle devait le dire à quelqu'un. Le pauvre jean d'Edward avait été trempé par la pluie, il avait donc demandé s'il pouvait l'enlever et le laisser sécher sur le radiateur. Ça aurait été dure de dire « non ». Il était maintenant assis sur le canapé avec son tee-shirt vintage Spider-Man et un boxer noir, tenant une tasse de café chaud.

Ses jambes étaient longues, maigres et en fait assez musclées, avait remarqué Bella. Probablement grâce aux matches de Tennis avec le Dr. Carlisle. Elle se découvrit à aimer l'image mentale des deux en train de courir sur leur terrain de tennis.

Pour quelqu'un qui semblait habituellement embarrassé, Edward était en fait étonnamment relaxé par rapport au fait d'être assis en sous-vêtement. C'était Bella, photographe professionnelle et séductrice de mannequin hommes nus, qui se sentait un peu mal à l'aise à la perspective de s'asseoir à côté de lui sur le canapé pour regarder le portfolio qu'il avait amené avec lui. Elle ne savait pas pourquoi.

Elle s'excusa pour aller changer ses propres vêtements mouillés et enveloppa ses cheveux d'une petite serviette, puis offrit de faire plus de café, comme tactique de divertissement. Mais elle dut éventuellement se résigner et s'asseoir à côté d'Edward et de ses jambes nues.

Edward ouvrit son portfolio et commença à tourner les pages. Les photos étaient des portraits simples de personnes prises dans la ville – une belle diversité des âges, genres et ethniques. Ils avaient tous un truc en commun. Ils souriaient.

- La collection est appelée Bonheur, expliqua Edward, alors qu'il feuilletait les photographies. Je vais voir des étrangers dans la rue et je leur demande ce qui les rends heureux, ou leur meilleur souvenir, puis je prends en photo leur expression lorsqu'ils m'en parlent.

- Voici Maggie. Elle a quatre-vingt-deux ans, dit Edward, pointant du doigt la photo d'une dame aux cheveux blancs, les yeux bleus pétillants et presque perdus dans le vague sous des lignes de rires. Elle m'a dit comment elle a rencontré son mari dans une petite salle de danse locale. C'était un très mauvais danseur mais il l'a tellement fait rire qu'elle a su cette nuit-là que ce serait l'homme de sa vie. Il est mort il y a trois ans, mais alors qu'elle racontait cette histoire, son visage s'est illuminé comme si elle le voyait pour la première fois.

- Elle est magnifique, dit Bella. Tu as pris son esprit en photo, Edward.

Il sourit, heureux du compliment, et tourna la page, montrant un garçon à la peau foncé avec un grand sourire toutes dents sorties sur une bicyclette.

- Ce petit gars s'appelle Ben. Il a dit qu'il était heureux lorsqu'il était sur son nouveau vélo. Ca lui fait se sentir comme s'il volait et que personne ne pouvait l'attraper, qu'il était invincible. Bella regarda la joie pure rayonnant dans les yeux de Ben. Elle se rappela quand Charlie lui avait acheté un BMX pour son sixième anniversaire, le sentiment de liberté en descendant la colline, le vent fouettant ses cheveux. Edward avait capté ce sentiment avec perfection. Elle était impressionnée. C'est Harry, dit Edward, montrant à Bella la prochaine photo. Harry vit dans un centre de réhabilitation en ce moment. Il est dépendant à l'héroïne mais essai de rester clean. Il m'a dit qu'il ne se rappelait pas de grand-chose, laissant passer des moments joyeux, mais il y avait un souvenir qui le faisait sourire – quand il a trouvé son chien, Axel. C'est Axel ici, enroulé autour de son pied.

- Comment tu te rappelles de tous les noms ? demanda Bella.

- J'ai le sentiment de leur devoir. Ils partagent tous un morceau important de leur vie avec moi, la meilleure chose que je puisse faire est de connaître leur nom. Edward regarda Bella, un petit peu trop intensément selon elle. Ah, voici un visage que tu vas reconnaître. C'était Leah, son visage fendu dans ce qui ressemblait à un rire fort et chaleureux.

- Laisse-moi deviner, dit Bella, souriant. Elle se rappelait ton terrible karaoké de l'autre nuit ?

- Ha ha. En fait, je ne sais même pas pourquoi elle rigolait là. J'ai des centaines de photos de Leah comme ça. Elle rigole toujours à propos de quelque chose. Elle fait un bon sujet.

- Elle doit être une bonne personne à fréquenter, dit Bella. Depuis combien de temps sortez-vous ensemble ?

- Sortons ensemble ? Oh, non, nous sommes juste amis, expliqua Edward. Je ne suis pas vraiment le genre de Leah. Nous sommes un peu sorti ensemble au lycée, rien de sérieux. Je fus son premier – et dernier – petit-ami.

- Tu veux dire… ?

- Oui, Bella. Je ne sais pas ce que j'ai fait de mal, mais je l'ai en quelque sorte fait devenir lesbienne. Edward fit une grimace triste pour rire et essuya une larme imaginaire. Elle a d'ailleurs pensé que tu étais mignonne…

- Ferme-, dit Bella, pinçant les côtes d'Edward. Il s'éloigna d'elle en riant. Allez, je veux voir davantage de tes photos.

Edward retourna son attention sur son portfolio. Bella se retrouva absorbée par les histoires de ses sujets, prise par la passion qu'Edward lui transmettait. Elle ne s'était vraiment pas attendue à ce qu'il soit un aussi bon photographe. Si elle était honnête, elle avait à moitié pensé qu'il était l'un de ces gosses de riches gâtés qui jouent à la photographie parce qu'ils sont trop paresseux pour faire un travail « convenable ». Mais ses photos avaient quelque chose de magique, une vitalité qui ne pouvait être capturée par n'importe quel amateur. Ce gars était bon.

Bien trop tôt, ils arrivèrent à la fin des photos. Bella se sentit un peu déçue. Elle en voulait plus.

- L'espace ici, Edward montra du doigt l'une des pages blanches du dos du portfolio. Je garde cette place pour ton sourire.

- Tu veux me prendre en photo ? demanda Bella, à la fois surprise et flattée.

Edward hocha la tête.

- Mais uniquement quand je peux t'avoir en train de sourire.

- Je souris, protesta Bella.

- Ouais, tu lèves les coins de la bouche. Mais ce n'est jamais un vrai sourire. Ça n'atteint jamais tes yeux. Tu n'es pas vraiment heureuse.

- Qu'est-ce que tu sais de mon bonheur, Edward ? Tu me connais à peine. Elle s'était chaleureusement rapprochée d'Edward lors de ces deux dernières heures mais maintenant elle était de nouveau énervée contre lui. Comment ose-t-il prétendre savoir quelque chose du bonheur ?

- Bella, je peux dire cela de part ton travail. Les photos de ton blog sont censées être pleines de vie. Tu trouves toujours de la beauté dans des petits trucs. C'est ce que j'aime à propos d'elles. Plus récemment elles semblent seules, mélancoliques, comme si quelque chose manquait. Je ne sais pas ce qui a changé mais il y a de la tristesse qui n'était pas là avant. Il la regarda intensément, attendant qu'elle réponde.

Bella déglutit et détourna les yeux de son regard interrogateur. Elle n'était pas sur le point de raconter sa peine de cœur à son curieux assistant. Pas vrai ?

Elle se retrouva à sortir les mots de sa bouche avant de pouvoir s'arrêter. Peut-être que c'était le regard d'empathie dans les yeux dorées d'Edward ou peut-être était-ce le fait qu'il ait été si authentiquement intéressé par les personnes qu'il photographiait mais quelque chose avait soudainement donné envie à Bella de se confier, pour tout lui dire. Elle prit une profonde inspiration.

- Je me suis séparé de mon fiancé il y a quelques mois. C'est ce qui a changé.

- Bella, je suis désolé. Edward mit une main de consolation sur son épaule.

- Ne le sois pas. Tu n'es pas celui qui commence à coucher avec ton assistante juste une nanoseconde après t'avoir demandé de passer le reste de ma vie avec toi. C'était mon amour de lycée, tu sais ? Je pensais que ce serait pour toujours. C'est stupide, hein ? rit-elle amèrement.

- Au moins il n'est pas devenu gay… Edward lui fit un gentil sourire.

- D'une certaine manière ça aurait été moins douloureux, je pense. Nous avions même envoyé les cartes de mariage, pour l'amour de dieu. Alice m'a aidé à choisir la plus belle robe de marié. J'avais hâte d'avoir tous les amis et la famille autour de nous, partageant notre jour spécial, partageant notre amour. Mon père était si fière – il était impatient de me conduire dans l'allée, il écrivait déjà son speech. Il n'est pas du genre à parler en public mais il voulait le faire bien, pour moi. Bella sourit faiblement à la pensée de son père. Ce fut le plus dur, dire à mon père que c'était fini. Il avait toujours pensé que Mike était un gars bien, il était impatient de l'avoir comme beau-fils. Ils avaient pour habitude de sortir ensemble tout le temps, regarder les matches, boire quelques bières. Je crois que le cœur de mon père a été brisé autant que le mien quand il a appris que Mike me trompait.

Bella put sentir les larmes couler sur ses joues tandis qu'elle dévoilait ses pénibles souvenirs. Elle avait passé des heures à pleurer devant Alice et Rosalie, s'apitoyant sur la fin de sa relation avec Mike et essayant de découvrir où sa relation avait mal tournée. Ses amies avaient étaient géniales, rassemblant Bella pièce par pièce. Mais il y avait quelque chose de thérapeutique en racontant son histoire à quelqu'un de nouveau, quelqu'un qui ne savait pas déjà la douleur qu'elle avait traverse. Quelqu'un comme Edward.

Il mit ses bras autour de Bella et la serra en une gentille étreinte. Elle laissa sa tête reposer contre sa poitrine, ses larmes mouillants son tee-shirt en coton. Il n'essayait pas de lui dire des mots consolants. Il la tenait juste.

Bella laissa ses larmes couler, se laissant bercer par les battements du cœur d'Edward.

- Je ne t'ai pas dit la pire partie, dit-elle dans sa poitrine.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il, doucement, soufflant les mots dans ses cheveux.

- Je les ai surpris. Mike et cette pute de Jessica. Elle était contente qu'Edward ne puisse voir son visage, alors qu'elle rougissait au souvenir. J'allais au bureau de Mike avec quelques échantillons de gâteaux à lui faire goûter. J'ai pensé que ce serait une bonne surprise. Il aimait vraiment les gâteaux. Il ne m'attendait clairement pas. J'ai marché jusqu'à le trouver penché sur le bureau, le pantalon autour des chevilles, Jessica le baisant par derrière avec un godemiché rose.

Edward resta silencieux. Je l'ai probablement choqué au point de ne plus parler, pensa Bella, horrifiée.

Elle sentit soudainement sa poitrine bouger sous sa tête, un son choquant sortant de sa gorge. Elle s'assit et mit fin à leur étreinte.

- Edward, demanda-t-elle, la voix pleine d'inquiétude. Il mit une main sur sa bouche, trop tardivement pour cacher son sourire. Le petit con riait !

- Edward ! Elle hurla en lui lançant un coussin du canapé. Je suis tellement ravie de voir que tu trouves ma peine de cœur si drôle !

- Oh merde, Bella, je suis désolé ! dit-il, attrapant le coussin volant. Je sais que je ne devrais pas rire, mais tu dois admettre… un godemiché rose ? Vraiment ? Un putain de godemiché rose ? Malgré elle, Bella trouva son sourire contagieux. Elle sourit. C'était ridicule. Elle ne savait pas pourquoi elle n'y avait pas pensé comme ça plus tôt. Un rire réticent lui échappa. C'est mieux, dit Edward, essuyant tendrement les larmes de Bella. Tu as besoin d'oublier ce con et son gode rose et commençer à apprendre à sourire à nouveau. Je ferai tout ce que je peux pour t'aider avec ça.

Bella se débrouilla pour faire un sourire timide.

- Merci Edward, vraiment.

Un silence confortable s'installa entre eux.

Seulement brisé par Edward sautant du canapé.

- Oh merde, c'est l'heure ? Bella, je suis désolé, je dois y aller. Dîner de famille, je vais être tellement en retard ! Maman va me tuer ! Merci d'avoir regardé mes photos ! Il mit sa veste, attrapa son portfolio et se dirigea vers la porte.

- Eum, Edward ? l'appela Bella. Tu n'oublies pas quelque chose ? Il la regarda sans expression, à mi-chemin de la porte. Ton jean ?

- Ah, dit-il, en regardant ses jambes. Il sera utile. Bella prit le jean du radiateur et le tendit à Edward, qui essaya de le mettre par-dessus ses baskets, trébuchant de lui-même dans le processus. Bella rit. Oh mon dieu, ce gars est encore plus maladroit que moi !

-X-

Presque au moment où Edward avait quitté l'appartement, le téléphone de Bella sonna. Elle regarda l'écran. Rosalie. Bella soupira. Sa petite discussion avec Edward lui avait laissé un sentiment plus apte à pardonner et oublier. Elle appuya sur « Répondre ».

- Salut Rose.

- Bella ! S'il te plait dis-moi que tu n'es plus fâchée contre moi ! Je suis tellement, tellement désolé ! Typique de Rosalie, pensa Bella. Aussi rapide pour faire des erreurs que pour faire de mauvaises excuses.

- C'est bon, Rose. J'étais très énervée contre toi, mais ce n'est pas comme si j'étais vraiment intéressée par Emmett.

- Oh, vraiment ? Une pause. Dans ce cas... ça te dérangerait que j'ai un second rencard avec lui ? J'aime en fait vraiment ce gars. Bella put sentir sa bouche tomber de choc. Etait-ce vraiment Rosalie ? Elle soupira. Qu'est-ce que lui apporterait de refuser ? Rose aimait les hommes comme les trains de banlieues, vites et fréquents. Si elle voulait un autre rendez-vous avec Emmet, elle devait être assez sérieuse.

- Bien. Vas-y. Je suis contente pour toi, Rose. Bella put entendre son amie chuchoter « elle a dit oui » à quelqu'un à l'autre bout de la ligne. Attends une minute, Rose, Emmett est avec toi ? Tu as dit second rendez-vous !

- Eh bien, techniquement ce sera un second rendez-vous. Il n'a pas quitté mon appartement depuis l'autre nuit, donc nous sommes toujours dans notre premier. Rose rit.

- Oh mon dieu, Rose ! Tu es incroyable ! Bella rit et roula des yeux. Elle ne pouvait rester énervée longtemps contre son amie.

- Donc voilà, assez parlé de moi. Comment ça s'est passé avec Paul ? Donne-moi tous les détails ! As-tu remarqué que Cullen n'était pas là ? Bella put presque entendre le sourire de suffisance de Rosalie à travers la ligne.

- Tu n'as pas passé le message à propos de l'hôtel. C'était une affirmation, pas une question. Rose, tu sais que le pauvre gars a passé des heures à geler sous la pluie en dehors du studio en attendant mon retour ?

- Oh allez, Bella, le pauvre type l'a mérité ! Peut-être qu'il va démissionner et nous faire à tous une faveur.

- Rosalie, ce n'est pas juste. Il est chanceux de ne pas avoir attrapé d'hypothermie. Et je ne pense pas que tante Esmée serait heureuse de découvrir que son neveu chéri a été piégé par toi.

- Peu importe. Donc, allez Bella, dis-moi ce qui est arrivé avec Paul !

- Oh, c'était le coup de grâce, dit Bella en bougeant sa tête endolorie au souvenir.

- Je le savais ! glapit Rosalie. Paul et moi avons eu une discussion. Maintenant, ne soit pas fâchée, Bella, mais je lui ai peut-être donner une petite pousse dans la bonne direction.

- De quoi tu parles, Rose ? demanda Bella, pas sûr de vouloir entendre la réponse.

- Eh bien, après l'interview au téléphone j'ai laissé Paul entendre que tu pourrais être, tu sais, intéressée pour un petit extra après la séance photo. Ne t'inquiète pas, Paul est cool. Je savais qu'il serait d'accord. Considère ça comme une excuse pour être partie avec Emmett l'autre nuit.

- Tu lui as dit que je voulais coucher avec lui ? Rose ! Comment as-tu pu ? Bella était furieuse.

- Quoi ? Ça a marché, pas vrai ?

- Ouais, jusqu'à ce que je glisse de la douche et me cogne ! Et maintenant j'apprends que j'étais là à la base parce que tu as dit à Paul que j'étais une fille facile ! Merci pour rien, Rose ! Bella raccrocha, fulminant. Elle ne savait pas ce qui la mettait le plus en colère - le fait que Rose l'avait vendu comme une sorte de prostituée pas chère ou qu'elle n'avait pas séduit Paul avec ses propres mérites. Eh bien, elle allait montrer à son amie qu'elle pouvait faire sans elle, et attraper un gars plus sexy que Mr. Janvier dans le processus.

Game on, Rosalie. Game on.