Bonsoir à tous!
Avec la fin de la saison 10 de la série, je me suis dis qu'il vous fallait un peu de réconfort donc je me suis dépêché d'écrire cette partie! Vous allez vous rendre compte qu'elle est assez longue. En effet, ce chapitre fait le double de ce que je fais d'habitude! Donc j'espère vraiment que ça vous plaira!
Je voulais aussi vous remercier énormement pour toute vos reviews! Sincèrement, quand je vois le nombre de personne qui me laisse un message pour m'encourager à écrire et qui aime ce que je fais, je suis toujours aux anges! Donc MERCI beaucoup! Et surtout n'hésitez pas à continuer, vos avis comptent beaucoup pour moi!
Cela dit, je suis désolée mais je ne vais pas pouvoir répondre à celles que vous m'avez laissé au chapitre précédent, je n'ai que quelque minute devant moi ce soir pour poster et je voulais absolument le faire aujourd'hui! Je me rattraperais au prochain, promis!
Trêve de blabla et bonne lecture à vous!
LSAfor'
« On dit que les pensées de deux personnes qui s'aiment finissent toujours pas se rencontrés. Il arrive un moment où leurs chemins divergent. Ils se séparent, prennent des tournants totalement différents,. Mais tôt ou tard, si elles sont faites l'une pour l'autre, elles finissent par se retrouver… »
Chapitre 12 :
Lorsqu'elle émergea de son sommeil, Callie se sentit légèrement désorientée. Pour la première fois depuis des années; elle était euphorique et elle mit quelques secondes à se souvenir pourquoi. Essayant de bouger le moins possible, elle tourna la tête sur le côté et fixa le visage paisible d'Arizona qui dormait à côté d'elle. La blonde était allongée sur le ventre, sa tête posée sur ses deux mains. Elle avait la couverture qui remontait jusqu'à sa poitrine, dévoilant ainsi légèrement son dos nu, tandis que ses cheveux étaient répandues dans un magnifique bazar autour de son visage.
Callie ne pu s'empêcher de pousser un soupir de bien-être. Elle avait du mal à réaliser qu'elle venait de passer la nuit la plus merveilleuse de sa vie…
∞ Flash-back
D'un geste fougueux, Arizona fit reculer Callie jusqu'à la plaquer contre le mur. Elle ne quitta pas une seule seconde ses lèvres. Depuis le temps qu'elle en avait rêvé, qu'elle avait fantasmé sur leur goût, sur la sensation qu'elles auraient contre les siennes, elle n'avait pas l'intention de les laisser s'éloigner d'elle.
Alors que leurs bouches s'étaient lancées dans un ballet sensuel et passionnel, Arizona glissa ses mains le long des bras de Callie qui agrippait sa taille puis s'arrêta au niveau du bas ventre de la Latina et remonta le t-shirt qu'elle portait dans une volonté de le lui enlever.
Elle ressentait la nécessité de sentir la peau de Callie contre elle, sans qu'aucun vêtement ne fasse barrage entre elles. Plus rien ne feraient barrage entre elles, pas lorsqu'elle avait cru la perdre pour toujours.
Les yeux toujours fermés, elle sentit Callie s'éloignait légèrement tandis que ses mains avaient quitté son bassin pour se poser sur les siennes qui tenaient fermement le t-shirt.
-Arizona attend, prononça Callie essoufflée.
Les choses allaient beaucoup trop vite et même si elle en mourrait d'envie, même si son cœur lui disait de faire taire définitivement sa raison, cette dernière ne cessait de lui dire d'arrêter Arizona avant que les choses n'aillent trop loin… Après tout, elles n'avaient même pas parlé. Ni de leurs sentiments, ni même de ce qu'il venait de se passer. Et Callie se doutait que si elles sautaient des étapes, Arizona risquait de le regrettait plus tard. Même si, là maintenant, la seule chose qu'elle désirait, c'était de la déshabiller et d'embrasser chaque centimètre de son corps, il fallait qu'elles ralentissent.
Cependant, la blonde referma de nouveau la légère distance qui venait de s'installer entre elles et l'embrassa à nouveau.
- On a assez attendu, souffla Arizona contre ses lèvres.
Tandis qu'un frisson la parcouru lorsqu'elle sentit à nouveau la langue d'Arizona se mêlait à la sienne, Callie perdit les dernières résistances qui lui restaient et se laissa totalement transporter par le baiser.
∞ Fin Flash-Back
Elles avaient donc passé la nuit à faire l'amour. De nombreuses fois. Jusqu'à ce qu'elles tombent toutes les deux endormies d'épuisement.
Elles n'avaient pas prononcés le moindre mot, hormis le gémissement de leurs prénoms respectives, et pourtant, pour Callie, le corps d'Arizona avait été beaucoup plus explicite, beaucoup plus communicative, que n'importe laquelle des paroles qu'elle aurait pu dire.
Elle se souvint de la douceur derrière chacune des caresses de la blonde, derrière chacun de ses regards, comme si Callie était l'une des choses les plus précieuses au monde. Lorsqu'elle avait remarqué la brulure sur son cou, Arizona s'était arrêtée quelques secondes et l'avait fixé avec une inquiétude très facile à déchiffrer. Puis, d'un geste plein de tendresse, elle l'avait légèrement caressé avant de déposer un baiser dessus et de remonter jusqu'à ses lèvres.
C'était plein de petits gestes comme celui-là qui avait fait espérait à Callie que la nuit qu'elle venait de passer, était perçue de la même manière par Arizona.
Cependant, alors qu'elle continuait d'observait son visage angélique, elle ne pouvait s'empêcher de douter. Elle connaissait Arizona, elle savait comment elle fonctionnait. Toutes ses histoires passées avaient été des histoires d'une seule nuit et Callie s'inquiétait de la façon dont l'autre femme verrait celle-ci. Elle avait agi sous le coup de l'émotion, pensant qu'elle était morte. Mais maintenant que le jour s'était levé, il était possible qu'elle réalise qu'il s'agissait d'une erreur et qu'il fallait qu'elles en reste là.
Sauf que Callie ne voulait pas en restait là. Elle voulait plus, beaucoup plus. Elle avait toujours voulu plus de sa relation avec son ancien mentor et maintenant qu'elle avait gouté au sentiment d'exultation total que lui offrait cette nouvelle proximité avec elle, elle n'était pas sure qu'elle puisse dorénavant s'en passer.
Un bruit venant de l'extérieur de la chambre la fit se redresser légèrement. Elle remonta à temps le drap sur sa poitrine lorsque la porte s'ouvrit, laissant apparaître Mark avec deux tasses de café.
- Petit-déj, To-
Il se pétrifia totalement et son sourire se fana lorsqu'il se rendit compte de la situation. Son regard passa du corps toujours endormi d'Arizona Robbins au regard embarrassé de sa meilleure amie.
- Mark je-
Callie n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il avait déjà quitté la pièce. D'un geste rapide, elle sortit du lit, attrapa sa robe de nuit qu'elle enfila et le suivit à l'extérieur.
- Attend! s'exclama-t-elle alors qu'il se dirigeait vers la porte d'entrée.
Il fit volte-face et Callie put lire dans ses yeux qu'il était en colère.
- Je t'ai demandé de faire attention à elle! Je t'ai dit de ne pas lui faire confiance tant qu'on n'en saurait pas plus! Et la première chose que tu fais c'est de coucher avec elle?!
- Mark, je t'en prie, on sait tous les deux qu'Arizona n'est pas –
- NON Callie! la coupa Mark. On n'en sait rien du tout! Mais lorsqu'on en vient à elle, tu perds toute rationalité! Et ça a toujours été comme ça…
Il poussa une profonde inspiration pour essayer de se calmer avant d'ajouter:
- Je pensais réellement que tu savais ce que tu faisais, mais il faut croire que tu resteras toujours la recrue désespérée que j'ai trouvée en larme dans un couloir de l'Agence à cause d'Arizona Robbins.
Sur ces mots, il sortit de l'appartement, laissant Callie sonnait par les paroles qu'elle venait d'entendre.
Dans la chambre, Arizona n'avait rien loupé de l'échange entre les deux meilleurs amis. Le départ précipité de Callie du lit l'avait réveillé et après s'être rapidement habillée, elle avait écouté les mots durs de Mark. Et maintenant que la porte venait de claquer, elle ne savait pas quoi faire.
C'était la première fois qu'elle s'endormait dans le lit d'une autre femme après avoir passé la nuit avec, et surtout qu'elle se réveillé heureuse et comblée. Elle n'arrivait cependant toujours pas à réaliser qu'elle venait de passer la nuit avec Callie. Une nuit emplit de sexe fiévreux, sensuel et plein d'orgasmes. Le temps s'était arrêté pendant ces quelques heures, où elle n'avait pas eu à se soucier des conséquences de ses actes, où elle n'avait pas eu à se soucier du lendemain. Non, la seule chose qui avait occupé la totalité de son esprit sur le moment, c'était le magnifique corps nu qui était pressé contre le sien et qui l'a faisait se sentir en extase.
Cependant, maintenant, les évènements les avaient rattrapés par le biais de Mark. Les paroles qu'il avait dit continuaient de résonner dans sa tête:
« Tu resteras toujours la recrue désespérée que j'ai trouvée en larme dans un couloir de l'Agence à cause d'Arizona Robbins ».
Elle l'avait faite souffrir par le passé, de nombreuses fois et même si elle n'en avait pas l'intention dorénavant, elle n'était pas à l'abri que ça se reproduise. Après tout, ça n'avait jamais été intentionnel par le passé.
Elle ne savait pas quoi faire. Devait-elle attendre que Callie revienne dans la chambre? Ou alors devait-elle sortir d'elle-même?
Est-ce que la Latina regrettait la nuit qu'elles venaient de passer? Après tout, elle avait voulu arrêter… C'est Arizona qui lui avait «forcé la main». Et même si, durant leurs multiples ébats, Arizona avait ressenti la réciprocité de ses actes chez Callie, rien ne lui disait que c'était toujours le cas.
Après un moment d'hésitation, elle finit par se décider à sortir de la chambre et la chercha des yeux. Elle la trouva dans le living-room, fixant toujours la porte d'entrée que Mark venait de claquer derrière lui.
Entendant un bruit derrière elle, Callie se tourna et vit Arizona s'avancer d'un geste hésitant.
- Hey, salua mal-à-l'aise la blonde.
- Hey…
- Tout va bien? demanda doucement Arizona.
- Oui, répondit Callie en glissant une main dans ses cheveux, mal-à-l'aise.
Une tension palpable s'installa rapidement entre elles, tandis qu'elles se demandaient toutes les deux si elles devaient parler de leur nuit. Finalement, ce fut Arizona qui rompit le silence:
- Je suis désolée…
Callie grimaça, se demandant si elle était désolée pour ce qui venait de se passer pour Mark, ou pour ce qui s'était passé entre elles. Cherchant une réponse, elle fut épargnée par la sonnerie de son téléphone qui retentit sur la table basse non-loin. Elle l'attrapa et regarda le nom qui s'affichait sur l'écran.
- C'est Webber, notifia-t-elle en décrochant.
Après quelques minutes à discuter avec le secrétaire au greffe de la CIA sous les yeux d'Arizona, Callie raccrocha.
- Il m'a donné rendez-vous à midi pour lui donner les enregistrements.
- Tu ne lui as pas donné hier? questionna Arizona surprise.
- Quand je suis allé à son bureau, il n'y était pas, informa Callie. On est censé se retrouver dans un restaurant de Manhattan, vu que je suis grillée au siège de la CIA.
Repensant aux évènements de la veille et à la peur qu'elle avait eue en pensant que Callie était morte, Arizona sentit son estomac se serrer. Elle leva les yeux vers la brune qui ne cessait de la fixer.
- Il veut te voir aussi, poursuivit Callie.
Arizona acquiesça puis s'avança doucement vers l'opposé de la pièce, en direction du vestibule.
- Je vais rentrer prendre une douche parce que -
Elle s'interrompit en pensant à ce qu'elle s'apprêtait à dire. Parce qu'une douche était une suite logique après avoir passé une nuit avec quelqu'un?
Son regard se posa sur la lampe qu'elle avait renversée lorsqu'elle avait plaqué Callie contre le mur puis croisa de nouveau celui de la brune qui semblait avoir les mêmes pensées qu'elle. Des pensées les ramenant à la nuit dernière où elles avaient été beaucoup plus proches et intimes qu'elles ne l'avaient jamais été.
- Callie, je…
Arizona prit une grande inspiration, se demandant ce qu'elle souhaitait réellement lui dire. Ses pensées étaient loin d'être claires…
- Je te retrouve directement là-bas? proposa-t-elle finalement en s'éclaircissant la gorge.
Callie ne répondit pas immédiatement. Elle se demanda si Arizona allait réellement faire comme si rien ne s'était passé et éviter le sujet. Elle réalisa que ses craintes se révélaient être vrais: la blonde regrettait ce qu'il s'était passé.
Elle ne se doutait pas qu'au même moment, Arizona se posait la même question à son sujet, se demandant si l'intervention de Mark avait changé les choses dans son esprit. C'est pour cela qu'elle resta silencieuse et que face à l'acquiescement de la brune, elle attrapa sa veste et sortit rapidement de l'appartement.
Callie regarda de nouveau la porte se fermer et poussa un soupir de frustration. Ce n'était pas la manière dont elle avait envisagé le matin lorsqu'elle s'était endormie au côté d'Arizona. Elle avait fantasmé sur un réveil tout autre, qui impliquerai exactement les mêmes activités que la veille. Et non pas son meilleur ami la trouvant avec celle qu'il considérait comme une traitre et celle avec qui elle avait passé une nuit merveilleuse, la fuyant comme la peste.
- Un pas en avant, deux pas en arrière, souffla-t-elle en pensant que cela traduisait parfaitement sa relation avec Arizona.
Deux heures plus tard, Callie retrouva Arizona devant le Palm's, l'un des hôtel-restaurant les plus prestigieux de New-York. Webber lui avait dit qu'il serait beaucoup plus prudent qu'ils organisent dorénavant leurs rencontres dans des endroits publics pour éviter qu'il ne se produise la même chose que la veille avec l'Agence.
- Tu crois qu'il est déjà là? demanda Arizona lorsqu'elles entrèrent à l'intérieur de l'établissement.
- Surement, il est du genre à être en avance aux rendez-vous…
Elles s'avancèrent en direction de la réception pour demander leur table lorsqu'Arizona se souvint qu'elle n'avait toujours pas parlé d'Alex à Callie. Chose qu'elle avait totalement occulté. Se disant que le moment était parfait du fait que ça lui permettrait de palier le malaise toujours présent entre elles, elle l'arrêta et lui raconta rapidement ce qu'elle avait découvert sur l'informaticien de l'Agence.
- Tu veux dire qu'il travaillait pour mon père?!
Arizona acquiesça légèrement tandis que Callie poussait une petite exclamation.
- Il a très bien caché son jeu, dit-elle après quelques secondes.
Elle ne savait pas si elle devait être effrayée ou excitée par cette nouvelle. Alex Karev était la personne la plus douée qu'elle connaissait lorsqu'on en venait à l'informatique. Et savoir qu'il était un allié de son père le rendait encore plus intéressant aux yeux de Callie. Mais elle ne savait pas si elle pouvait lui faire totalement confiance.
- J'irais lui parler pour qu'il m'en apprenne plus, rassura Arizona semblant comprendre ce qui traversait l'esprit de la Latina.
Cette dernière lui adressa un sourire reconnaissant avant de reprendre le chemin en direction de la réception. Une hôtesse d'accueil était libre et leur adressa un sourire chaleureux.
- Pourriez-vous nous indiquer la table au nom de Webber, demanda poliment Arizona.
Cependant la jeune femme ne sembla pas l'écouter. Elle fixait Callie d'un regard particulier tandis que son sourire s'agrandissait.
- Callie?! s'exclama-t-elle à son adresse.
L'interpellée la lorgna d'un regard surpris, se demandant comment elle pouvait connaître son prénom. C'était une jeune femme avec un visage fin, des yeux bruns et des cheveux blonds qui s'arrêtaient au niveau de sa taille. Elle était très jolie et maintenant qu'elle y pensait, Callie se rendit compte que son visage lui était familier. La blonde sembla remarquer la confusion de Callie car elle laissa échapper un petit rire qui eut l'effet d'une réminiscence pour la brune qui se souvint enfin d'elle.
- Saddie! Comment vas-tu? demanda finalement Callie.
Arizona remarqua le regard flamboyant de l'autre blonde à la question de la Latina, ce qui ne lui plu pas du tout. Elle ne les quitta pas des yeux, suivant l'échange avec une expression indéchiffrable.
- Très bien… Tu ne m'as jamais rappelé! lança la dite-Saddie d'une voix suave.
- Oui – hum – je suis désolée…
Callie se gratta l'arrière de la tête, mal-à-l'aise. Elle avait rencontré cette fille un soir où elle s'était sentit vraiment seule, quelques semaines après qu'elle se soit évadée de l'Underground. Et une chose en entrainant une autre, elle avait fini par coucher avec elle et s'était sauvée avant que le soleil se lève.
Elle lança un regard discret vers Arizona, qui ne la quittait pas des yeux et son malaise s'agrandit. Cependant, l'autre femme ne sembla pas s'en rendre compte, car elle éclata de rire et lui tapota l'épaule d'un geste empli de flirt.
- Ne t'inquiète pas, je savais que c'était l'histoire d'une seule nuit… Mais j'avais quand même gardé espoir de te revoir.
Les doutes d'Arizona se confirmèrent lorsqu'elle vit les joues de Callie devenir écarlate tandis qu'elle détournait le regard. Un sentiment devenu trop familier à son goût ces derniers temps lui saisit l'estomac et lui donna de nouvelles nausées, à l'image de celles qu'elle avait lorsqu'elle pensait à Erica Hahn et Callie ensemble.
- Que dirais-tu de prendre un verre avec moi? demanda l'hôtesse en arborant un sourire charmeur.
- C'est-à-dire que…, commença Callie avant de s'arrêter.
Elle tenta de nouveau un regard vers Arizona qui semblait désormais éviter tout contact visuel avec elle. Emily profita de son hésitation évidente pour lui saisir la main sur laquelle elle écrivit son numéro de téléphone.
- Voilà, dit-elle avec un sourire. Si tu changes d'avis, tu sauras où me trouver… Je suis libre ce soir, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.
Elle leur indiqua ensuite où aller pour trouver Webber et fit de nouveau un signe de main à Callie avant de se tourner vers d'autres clients.
Cette dernière, ne réalisant toujours pas ce qu'il venait de se passer, s'avança au côté d'Arizona en direction de l'ascenseur qu'elles devaient prendre pour retrouver l'étage où était Richard. Elles demeurèrent silencieuses jusqu'à ce que les portes s'ouvrent et qu'elles entrent à l'intérieur.
Réalisant qu'Arizona évitait toujours son regard, Callie décida de rompre le silence pesant.
- Je suis désolée…
- Pourquoi?
- Pour ce qui vient de se passer avec Sad - avec l'hôtesse...
- Tu n'as pas à t'excuser, répondit Arizona
Elle essaya de paraître le plus détachée possible, même si elle avait l'impression de bouillonner sur place.
- J'ai l'impression que si, déclara Callie. Je n'avais pas l'intention de… tu vois… pas après ce qu'il s'est passé hier…
« Et voilà, pensa Callie. On y est… ».
Elle se tourna vers Arizona qui fixait les numéros des étages défiler, attendant une réaction de sa part. La blonde sentit ses défenses naturelles reprendre le dessus tandis qu'elle finit par baisser les yeux vers le visage de Callie. Elle se força à esquisser un sourire nonchalant et secoua légèrement la tête.
- Ce n'est pas parce qu'on a passé la nuit ensemble que tu me dois quelque chose Calliope, lança-t-elle. Ce n'était pas grand-chose.
Aussitôt les mots dits, elle les regretta immédiatement et encore plus lorsqu'elle vit l'expression douloureuse qui apparu sur le visage de Callie.
- Donc tu ne vois aucun inconvénient à ce que j'accepte l'invitation de Saddie? demanda Callie sur un ton de défi.
BIEN SUR QUE SI! s'écria une voix puissante dans la tête d'Arizona. Mais elle l'ignora et, laissant sa fierté parler pour elle, elle hocha négativement la tête.
- Non, bien sur que non, répondit-elle avec un sourire crispé.
- Très bien, répondit Callie, blessée.
Elle essaya de cacher sa tristesse face à la réponse de la blonde qui continuait d'éviter son regard et haussa les épaules.
- Je l'appellerais pour sortir ce soir alors…
- Cool, répondit Arizona.
Elle tapa du pied d'un geste impatient, attendant que les portes de l'ascenseur daignent enfin à s'ouvrir. Elle avait l'impression qu'elle allait étouffer à l'intérieur et n'attendait qu'une chose: sortir d'ici et retrouver Webber pour se concentrer sur autre chose que l'image de Callie avec l'autre blonde.
Lorsque les portes s'ouvrirent, les deux femmes se dépêchèrent d'en sortir et se dirigèrent en direction de la table de Webber qu'elles repérèrent aussitôt.
Tandis qu'elles s'avançaient entre les rangées de table, Callie remarqua qu'il n'était pas seul. En effet, il était assis en compagnie d'une jolie rousse qui lui était étrangement familière.
- Je la connais, dit-elle à l'adresse d'Arizona.
- Une autre de tes « copines »? piqua cette dernière.
Callie se contenta de lui adresser un regard exaspéré avant de s'avancer vers la table en question. Webber remarqua sa présence et se leva pour la saluer. Lorsqu'il lui serra la main, il se tourna vers la rousse dans le but de faire les présentations.
- Callie, je vous présente Addison Montgomery. Addison, voici Callie Torres…
- On s'est déjà rencontré, répondit la rousse en adressant un sourire avenant à Callie.
- Oui, confirma la Latina. Et vous avez disparu aussi vite que vous êtes apparu.
Il s'avérait que cette Addison Montgomery était la fameuse personne qui était venue à Callie lorsque son père était mort et qui s'était présentée à elle comme étant l'avocate du défunt. Elle lui avait tout légué et avait disparu dans la nature sans laisser à Callie la possibilité de lui poser la moindre question. Et maintenant, elle était face à elle et semblait s'attendre à une telle réaction de sa part. Webber se concentra ensuite sur Arizona qui était restée légèrement en retrait et lui adressa un léger signe de tête.
- Vous devez être l'Agent Robbins?
- Oui monsieur…
- Bien. Je vous en prie, asseyez-vous. Nous avons énormément de choses à régler aujourd'hui.
Elles ne se firent pas prier et s'installèrent toutes les deux côte à côte, faisant ainsi face aux deux autres personnes. Après que le serveur ait pris leurs commandes, Webber reprit la parole:
- Addison fait parti du barrot de New-York, expliqua-t-il. C'est elle qui a fait le lien entre votre père et moi. Et depuis, elle s'occupe de monter un dossier en béton avec les preuves que vous m'amenez…
Callie lança un nouveau regard en direction de la rousse qui lui adressa un nouveau sourire. Elle ne savait pas quoi penser de cette femme, mais plus ils avaient d'alliés, plus ils se rapprochaient de leur but et elle ferait n'importe quoi pour ça.
- En parlant de preuves, poursuivit Webber. Avez-vous apporté celles que vous deviez m'amener hier?
- Oui, répondit Callie en fouillant dans la poche intérieure de sa veste.
Elle en retira l'enveloppe dans laquelle elle avait mis la clé USB où se trouvaient les enregistrements et les clichés qu'elle avait pris durant la réunion de l'Undertaking et la lui tendit.
- Je ne sais pas si ça vous sera d'une réelle utilité.
- Il nous suffit juste d'avoir une photo de toutes les personnes qui étaient présentes, dit Addison. Pour amener un élément tangible à la liste de votre père…
- Et pour la reconnaissance faciale? demanda Arizona. Je pensais qu'elle était nécessaire…
- Ça aurait été l'idéal que ça marche, mais ce n'est pas primordial…
Callie lança un regard en direction d'Arizona qui acquiesça. Elle ne comprenait pas pourquoi Mark doutait d'elle alors qu'elle semblait si impliquée dans cette mission. Il pensait qu'elle manquait d'objectivité lorsqu'on en venait à elle, mais ce n'était pas le cas. Certes, Arizona occupait une place particulière pour elle, mais sa confiance était fondée. Elle l'avait toujours été.
Une heure plus tard, elles prirent toutes les deux congés auprès d'Addison et Richard et sortirent en même temps du bâtiment. Arrivée dans la rue, Arizona fit face à Callie. Alors que pendant le repas elle avait fait en sorte de penser à autre chose, les évènements qui s'étaient déroulés juste avant le déjeuner revinrent la hanter.
- Je vais aller voir Alex, informa-t-elle.
- D'accord, répondit Callie.
Arizona tourna le dos et s'éloigna sous le regard morne de Calie qui se demandait comment les choses avaient pu si vite se détériorer entre son réveil à ses côtés et maintenant.
Avec un profond soupir, elle sortit de sa contemplation du dos d'Arizona et prit le chemin en direction de sa propre voiture, avec une ferme volonté d'aller parler avec Mark.
Elle n'allait jamais le voir à son appartement. C'était toujours lui qui venait à elle, ou alors ils faisaient en sorte de se retrouver dans un autre endroit de la ville. Oui, elle n'allait jamais chez lui, par peur de se faire repérer par quelqu'un de l'Agence.
Mais ce jour-là, elle n'avait pas eu d'autre choix que de venir. Parce qu'il ne répondait à aucun de ses appels et qu'il était évident qu'il ne viendrait pas de lui-même au loft. Donc, elle s'était retrouvée à se présenter devant sa porte et attendre qu'il daigne enfin lui ouvrir.
La porte s'ouvrit enfin, le laissant apparaître derrière. Lorsqu'il se rendit compte qu'il s'agissait de Callie, il se décala légèrement, l'invitant implicitement à entrer.
- Je pensais qu'on était d'accord sur le fait que c'était trop dangereux que tu viennes ici, dit-il sur un ton accusateur.
- Je n'aurais pas eu à venir si tu avais répondu à mes appels! s'exclama Callie.
Mark resta silencieux.
- Écoute Mark, je suis désolée pour ce qu'il s'est passé ce matin mais tu ne peux pas réellement m'en vouloir pour ça, après tout je ne t'ai jamais dit que-
- Tu as raison, la coupa-t-il.
Callie referma la bouche en le lorgnant d'un regard surpris.
- J'ai raison? dit-elle, pas certaine de bien avoir entendu.
- J'y ai beaucoup réfléchi et je n'aurais pas dû te dire toutes ces choses, poursuivit Mark. Je suis désolé…
- Ce n'est rien, répondit Callie avec un sourire.
Elle était soulagée de sa réaction. Elle pensait en arrivant qu'il allait lui causer plus de difficultés, mais il semblait qu'il ne lui en voulait pas plus que ça. Enfin, c'est ce qu'elle pensait…
- Le Colonel m'a proposé une mission d'infiltration en Russie pour quelques temps, dit Mark après quelques secondes de silences. Et j'ai accepté.
Le cœur de Callie fit un bond dans sa poitrine tandis qu'elle le fixait d'un air grave.
- Tu veux dire que… que tu t'en vas?
- Pour une fois, il s'agit d'une mission totalement clean, tenta-t-il de justifier.
- Mark, je t'en prie…
Elle inspira profondément tout en se rapprochant de lui. Elle le força à la regarder dans les yeux.
- Dis-moi que tu ne t'en vas pas à l'autre bout du monde à cause de moi.
- Callie…
- Dis le moi!
Il se dégagea lentement de son étreinte et laissa quelques secondes de silence s'écoulait avant de parler à nouveau:
- Je me suis rendu compte qu'il fallait que je prenne un peu de recul vis-à-vis de ces histoires de vengeance…
Mark vit des larmes apparaître au coin des yeux de Callie.
- Je suis vraiment, vraiment désolée pour Arizona, s'excusa Callie d'un ton implorant. Mais je t'en supplie, ne part pas à cause de moi. Si tu veux prendre du recul, fais-le mais ne t'en va pas…
- Il le faut, répondit Mark doucement. Ce n'est qu'une question de mois, voir même de semaines.
- Mark…
- J'en ai besoin Callie, dit-il d'un ton implorant. Je t'ai fait passer avant tout le reste mais maintenant que tu es bien entouré, il faut que je m'éloigne un peu…
Callie réalisa à quel point elle avait pu négliger son ami. Elle l'avait pris pour acquis parce qu'il avait toujours été là pour elle, parce qu'il avait été son soutien en toutes circonstances. Et maintenant, elle se rendit compte qu'elle l'avait blessé.
Elle finit par hocher plusieurs fois la tête de haut en bas avant de combler le peu de distance qui les séparait et de le prendre dans ses bras.
- Promets-moi que tu feras attention, dit-elle à travers un sanglot.
Il referma doucement son étreinte et acquiesça.
Lorsqu'elle arriva au QG de l'Agence, Arizona se dirigea directement vers la salle de contrôle, où elle était sûre de trouver Alex.
Elle ouvrit la porte et constata qu'il était seul dans la pièce. Elle le vit, installé à son poste habituel et se demanda vaguement comment une personne normalement constituée pouvait passer autant de temps devant l'écran d'un ordinateur. Mais il fallait se rendre à l'évidence, Alex était loin d'être normal.
- Hey! salua-t-elle en s'approchant de lui.
Il leva les yeux vers elle et lui adressa un sourire légèrement moqueur.
- Je savais qu'il n'était question que d'heures avant qu'Arizona Robbins vienne à moi, plaisanta-t-il. Je pensais même que tu viendrais me payer une visite hier soir, après t'être assurée que Torres allait bien.
Des souvenirs de sa nuit revinrent de nouveau à l'esprit d'Arizona qui poussa un léger soupir. Son rythme cardiaque avait tendance à s'accélérer légèrement lorsqu'elle y repensait. Puis son estomac se serrait quand elle se disait qu'ensuite, qu'elle l'avait littéralement poussé dans les bras d'une autre.
- J'avais d'autres choses en tête, répondit-elle vaguement.
Elle prit une chaise et s'installa face à lui, tandis qu'il fronçait légèrement les sourcils.
- Mais maintenant je suis là et je suis prête à t'écouter…
- Que voudrais-tu savoir? demanda Alex.
- Tout! dit Arizona comme s'il s'agissait d'une évidence. Tu m'as dis que tu travaillais pour le père de Callie. Depuis quand? Que faisais-tu exactement? Et qu'as-tu fait depuis qu'il est mort?
Alex laissa échapper un léger rire face aux questions de son amie puis reprit son sérieux. Arizona n'avait pas le souvenir de l'avoir vu un jour arborait une mine aussi grave.
- Commençons donc par le début, dit-il.
Il se redressa sur sa chaise et prit une grande inspiration.
- Ma mère est morte quand j'avais 12 ans, d'une balle dans la tête. L'enquête en a conclut à un braquage dans la rue qui a mal tourné…
Un sentiment de peine gagna Arizona qui se sentait désolé pour son ami. Elle avait elle-même perdue sa mère, peu de temps avant la mort de Tim, d'une maladie grave qui l'avait très vite emporté. Mais perdre une personne à cause d'un meurtrier était un sentiment beaucoup plus horrible et elle le savait. Parce que même si la mort de sa mère l'avait terriblement attristé, elle avait réussi à faire son deuil, contrairement à celle de Tim qui continuait de la hanter.
- Je suis désolée Alex…
Le jeune homme secoua la tête avant de lui adresser un léger sourire et de poursuivre:
- Mon entré au sein de l'Agence diverge un peu des autres agents. D'habitude, ils trouvent des cas désespérés qui n'ont plus rien à perdre, soit parce qu'ils ont pris de nombreuses années de prisons, soit parce qu'ils sont condamnés à mort…
Arizona pensa à Callie et à son histoire. Même si elle avait un dégout immesurable pour l'Underground, elle était reconnaissante envers le Colonel pour une chose: avoir sauvé Callie de son sort et l'avoir fait rentrer dans sa vie. Elle essaya de nouveau d'occulter ses pensées à l'égard de l'autre femme et se concentra sur le récit d'Alex.
- Pour moi, ça a été différent… J'étais en quatrième année à l'Université du Massachussetts lorsqu'un homme est venu me voir sur le campus. Il m'a dit qu'il avait des informations qui étaient susceptible de m'intéresser au sujet de la mort de ma mère et m'a donné rendez-vous dans un endroit un peu plus discret pour que l'on puisse parler. J'y suis donc allé…
Alex marqua une pause, se remémorant ce jour particulier dans sa vie.
- Il m'a appris que ma mère avait été tué par une organisation officieuse du gouvernement parce qu'elle avait découvert leur existence et qu'elle s'apprêtait à écrire un article les dénonçant.
- Ta mère était journaliste? questionna doucement Arizona.
- La meilleure qui soit, déclara Alex avec un sourire triste. J'étais trop jeune pour le comprendre à l'époque, mais quand j'ai grandi, j'ai lu quelques uns de ses articles et elle était vraiment géniale. Sauf que son intégrité lui a couté la vie…
Arizona remarqua une lueur de colère apparaître dans les yeux d'Alex alors qu'il s'éclaircissait la gorge pour ne pas laisser ses émotions le submerger.
- Enfin bref, l'homme en question s'avérait être Carlos Torres, l'un des hommes les plus puissants des États-Unis. Il m'a proposé de l'aider à faire tomber les gens qui étaient responsables de la mort de ma mère en intégrant leur organisation et en devenant ses yeux et ses oreilles à l'intérieur. Ce que j'ai fini par accepter…
Le jeune homme était arrivé un an après Callie au sein de l'Underground et depuis qu'Arizona le connaissait, il était pour elle celui qui s'apparentait le plus à un ami.
Callie était la personne avec qui elle avait toujours été la plus proche, mais ses sentiments faisaient qu'elle ne l'avait jamais réellement considéré comme une amie. Elle avait essayé de s'en convaincre. Pendant longtemps. Mais maintenant, Arizona avait assez de recul pour comprendre que ça n'avait jamais été le cas.
Alex, quant à lui, bourru et insociable aux premiers abords, lui était finalement apparu comme quelqu'un de confiance. Il était un ami fidèle et généreux, qui répondait toujours présent et sans jamais demander pourquoi à chaque fois qu'elle avait eu besoin de lui.
C'est pour cela, que savoir qu'il avait intégré l'Agence en tant qu'agent double dès le début la surprenait vraiment. Il n'avait jamais rien montré et ce dans n'importe quelles circonstances.
Un court silence s'installa entre eux durant lequel Arizona assimila peu à peu les renseignements qu'elle venait de recevoir. Elle finit par lever les yeux vers Alex et le vit d'une tout autre manière. Il n'était plus le geek de service, avec une blague douteuse toujours sous la main. Il avait vécu des choses horribles aussi et essayait de trouver sa place et son rôle pour honorer sa mère.
- Tu as donc aidé Carlos Torres jusqu'à sa mort, résuma-t-elle. Mais qu'as-tu fais après?
- Pas grand-chose, avoua Alex. Je me suis surtout contenté de brouiller quelques pistes au sujet de Callie lorsqu'elle s'est enfuie. C'est pour ça que vous avez mis quelques mois à la retrouver…
- Tu veux dire que pendant tout ce temps, tu l'as protégé sans qu'elle ne soit au courant?
Le jeune homme acquiesça légèrement.
- J'avais donné ma parole à son père que je veillerais sur elle. Avant même qu'il ne meurt, je gardais un œil sur elle pour lui…
- Mais pourquoi n'as-tu jamais cherché à te mettre en lien avec elle? questionna la blonde. Je veux dire, ça va faire des mois qu'elle est en cavale. Pourquoi avoir attendu d'être sur pour moi alors que tu pouvais directement voir avec elle.
Alex poussa un léger soupir et se redressa sur sa chaise. Il jeta un coup d'œil vers la porte pour être sur qu'il n'y avait personne puis reporta son attention sur Arizona.
- Parce que j'ai paniqué, confia-t-il. J'ai vu ce qu'ils étaient capable de faire à quelqu'un d'aussi puissant que Carlos. J'ai donc fais profil bas… Je sais que c'est lâche, mais j'étais effrayé.
Arizona le fixa de nouveau puis hocha la tête d'un air entendu.
- Maintenant, tu fais parti de l'équipe, dit-elle avec un sourire.
Il lui rendit son sourire puis se balança sur sa chaise, soulagé en quelque sorte de ne plus être seul. Arizona le regarda faire, songeant une fois de plus à Callie. C'était fou à quel point tout avait le don de la ramener à elle. Elle se demanda ce qu'elle faisait en ce moment même. Était-elle entrain de se préparer pour sortir rejoindre la bimbo réceptionniste du Palm's? Ou peut-être qu'elle était déjà en sa compagnie.
Elle ne put s'empêcher de grimacer en se l'imaginant avec elle, ce qui n'échappa pas à Alex qui se redressa et la fixa d'un air concerné.
- C'est à cause des «autres choses que tu avais en tête» hier soir que tu tire cette tête?
Il l'a vit pousser un soupir, ce qui attisa un peu plus sa curiosité.
- Dis tout à tonton Karev!
- Ce n'est pas intéressant, éluda Arizona.
- Oh je t'en prie Robbins! s'exclama Alex. Je viens de te raconter l'histoire de ma vie, tu pourrais en faire autant!
Sa remarque fit rire la blonde qui hésita à réellement lui dire ce qui lui occupait la totalité de ses pensées. Finalement, elle décida de se confier, pensant que ça l'aiderait peut-être à se sentir mieux.
- Disons qu'hier soir, lorsque j'ai retrouvé Callie, on a…
Elle marqua une nouvelle pause pendant qu'Alex la fixa avec un froncement de sourcil
- Oh! comprit-il en esquissant un énorme sourire. Je me suis toujours dit qu'il se passait quelque chose entre vous… Et alors c'est quoi le souci? Elle n'assure pas au lit? Il n'y a pas eu d'étincelles?
- Au contraire, répondit-elle dans un rire, on peut dire que c'était un feu d'artifice… Je n'arrête pas d'y penser.
- Quel est le problème alors? demanda Alex confus.
Arizona resta silencieuse quelques secondes, cherchant à formuler ce qui la tracassait réellement.
- Elle est époustouflante, dit-elle finalement. Dans le genre où elle arrive à me couper le souffle avec un seul de ses sourires. Mais je suis brisée, Alex et elle mérite beaucoup mieux qu'un jouet cassé. Elle mérite beaucoup mieux que moi…
Alex observa son ami baisser les yeux et il se demanda s'il l'avait déjà vu un jour aussi vulnérable qu'elle en avait l'air actuellement.
- Comment peux-tu dire ça alors que tu n'as même pas essayé?
- Je n'ai jamais eu de relation stable, expliqua Arizona. Et je l'ai déjà faite souffrir alors qu'il ne s'est jamais rien passé entre nous. C'est déjà assez compliqué entre nous avec toutes ces histoires autour de l'Agence, alors qu'est ce que ça sera s'il y a plus?
- Tu ne penses pas que l'étape du «plus» vous l'avez déjà franchi? questionna Alex.
Sa remarque sembla plonger la blonde en pleine réflexion. Oui, elles avaient dépassé ce stade et elle avait tout gâché. Et maintenant Callie était surement avec l'autre femme. Une femme qui pourrait lui offrir ce qu'elle, elle n'était pas capable de lui donner.
- Tu veux savoir ce que je pense? interrogea Alex.
Elle leva les yeux vers lui, attendant qu'il continue.
- Je pense que tu as peur, déclara-t-il lentement. Tu as peur de te laisser vivre quelque chose avec Callie parce qu'elle a le don de te rendre vulnérable…
Arizona se rendit compte qu'il venait de formuler exactement ce qu'elle ressentait. Elle avait peur. Parce qu'elle n'était pas du genre à se laisser devenir dépendante d'une autre personne. Et c'est exactement ce qu'il se produisait avec Callie. Sauf que maintenant il était trop tard pour faire machine arrière, parce qu'elle l'avait dans la peau. Elle s'y était glissé petit à petit tout au long de ces dernières années jusqu'à y devenir un composant à part entière. Et maintenant Arizona ne pouvait plus rien y faire.
Elle avait peur certes et ses insécurités étaient belle et bien présentes. Mais, en repensant à la journée qui venait de se déroulait, en pensant à ce qu'il s'était passé au Palm's, elle réalisa qu'une chose l'effrayait encore plus que de laisser Callie devenir plus qu'une amie: c'était l'idée que Callie puisse être plus qu'une amie pour quelqu'un d'autre.
D'un geste brusque, elle se leva de sa chaise.
- Il faut que j'aille la voir! dit-elle avec conviction. Merci Alex.
- C'est toujours un plaisir! lança ce dernier avec un rire tandis qu'elle quittait la pièce.
- Je ne veux pas que tu vois quelqu'un d'autre!
C'est la première chose qui sortit de la bouche d'Arizona lorsque Callie ouvrit la porte de son appartement.
- Je te demande pardon?
Arizona prit une grande inspiration avant d'entrer dans l'appartement d'un geste plein de conviction alors que Callie restait immobile, ne réalisant pas encore l'assaut.
Elle finit par fermer la porte et se tourna vers Arizona qui semblait agitée.
- Je sais que je t'ai dis le contraire cet après-midi. Mais je ne le pensais pas… Je- j'étais avec Alex à parler d'une chose super importante et – et la seule chose à laquelle je pensais c'était que tu étais surement avec l'autre trainée de serveuse à faire ce que toi et moi faisions pas plus tard qu'hier!
- Pourquoi m'as-tu dis que ça ne te dérangeait pas alors? questionna Callie, confuse.
- Parce que j'avais peur! s'exclama Arizona. De vivre quelque chose avec toi. Parce que je savais qu'à partir du moment où je te laisserais prendre une place plus importante dans ma vie, je te laisserais prendre une partie de moi… Mais j'ai réalisé qu'il était trop tard, que tu l'occupais déjà cette place.
- Arizona…
- Je suis constamment en colère, la coupa l'interpellée.
Elle se mit à faire les cents pas , cherchant un moyen de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait.
- Depuis que j'ai perdu Tim, reprit-elle, j'ai un sentiment de rage qui me consume constamment. À chaque seconde de ma vie. C'est comme si j'avais une bête sauvage et incontrôlable à l'intérieur de moi…
Elle arrêta de faire les cents pas et fit fasse à la Latina qui ne la quittait pas des yeux.
- Mais quand je suis avec toi, elle s'apaise… Elle est toujours là, mais elle devient inoffensive… Et ça a toujours été comme ça. Depuis que je te connais.
Callie la vit prendre une profonde inspiration, comme si le fait même de parler, de se mettre à nu comme elle était en train de le faire la faisait souffrir. Mais cette fois-ci, elle ne chercha pas à l'interrompre. Elle resta silencieuse, se contentant de la fixer d'un regard brillant et attendit qu'elle continue.
- Et hier soir, poursuivit Arizona, quand je t'ai sentie contre moi - quand je t'ai sentie EN moi - je l'ai complètement oublié. Ma rage... Elle avait disparu. Parce que j'avais oublié que j'étais un agent double, que je n'avais plus aucune famille et que j'étais aux antipodes de ce que j'avais espéré devenir… La seule chose qui comptait Calliope, c'était toi. Et – et hier soir c'était juste… Waouh… Et de savoir que tu pourrais faire ressentir ça à quelqu'un d'autre, ça me rende malade. Littéralement. Ça me donne envie de vomir… Donc non, je ne veux pas que tu vois quelqu'un d'autre.
Arizona laissa échapper un soupir de soulagement en sentant un énorme poids disparaitre de sa poitrine. Mais rapidement, l'angoisse la gagna lorsqu'elle s'aperçut que le silence de Callie se prolongeait.
Cette dernière était encore sonnée. Agréablement, merveilleusement sonnée par les paroles qu'elle venait d'entendre. Comment une personne pouvait-elle lui faire ressentir autant de choses par de simples mots, sans même la toucher. Elle continuait de fixer les yeux azurs pleins d'incertitudes de la magnifique femme face à elle.
Elle savait qu'Arizona attendait une réaction de sa part, n'importe quoi et elle avait envie de la lui donner. Mais son cerveau lui donnait l'impression d'avoir arrêté de fonctionner. Ce qui était un comble pour Callie, car même face à une bombe, même face à la mort, il avait toujours continué de faire son travail correctement.
Finalement, après un moment interminable, elle réussit à articuler quelques mots:
- Je n'y suis pas allé…
La confusion pouvait se lire sur le visage d'Arizona qui ne comprenait pas.
- Quoi?
- Au rendez-vous, précisa Callie. Je n'y suis pas allée.
- Tu n'y es pas allée? répéta bêtement la blonde.
- Non… Et je n'en ai jamais eu l'intention.
Callie s'approcha lentement d'Arizona qui ne bougea pas.
- Il n'y a qu'une seule personne avec qui j'ai envie d'être et ce n'est pas cette Saddie… C'est toi, Arizona.
Elle arriva à sa hauteur et s'arrêta tandis qu'un sourire qu'Arizona qualifia de grandiose apparu sur son visage.
- Je ne veux pas voir d'autre personne et je ne veux pas que tu en vois d'autre, continua Callie. Parce que, comme tu l'as dis, la nuit dernière était fantastique. J'ai attendu ça une éternité, donc si tu me dis que tu es prête à nous donner une chance, je ne vois aucune raison d'aller voir ailleurs.
- Donc personne d'autre?
- Non…
- Tu te rends compte que je suis une plaie lorsqu'on en vient aux sentiments et que ça ne risque pas d'être facile tous les jours? questionna Arizona.
La dernière phrase fit éclater de rire Callie.
- Je sais que tu es cinglée et je t'accepte telle que tu es, plaisanta-t-elle à moitié.
Un énorme sourire vint se dessiner sur le visage de la blonde.
- Bien, conclut Arizona. Maintenant qu'on est d'accord…
Elle fit un pas en avant et, sans que Callie ne s'y attende, elle encercla sa nuque de ses mains et captura ses lèvres d'un geste identique à celui de la veille. Le gémissement simultané qui s'échappa des deux bouches traduisit parfaitement l'envie qu'elles avaient eu de faire ça depuis le matin même.
Callie referma ses bras autour de la taille d'Arizona et l'approcha un peu plus d'elle. S'il y avait bien une chose à laquelle elle pouvait facilement s'habituer, c'était la sensation du corps d'Arizona contre le sien.
