J'aime te détester je hais t'aimer
Ma relation avec Drago avançait comme le temps qui se déroulait. La fin de l'année approchait à grand pas et l'anxiété, le stress, la crainte des élèves ne faisaient qu'augmenter. L'ambiance d'habitude si légère du château devenait pesante. Il s'échappait de chaque élève de la peur, elle était si forte, si présente qu'on pouvait presque la toucher. Nous sommes ce que nous appelons nous-même « la génération sacrifiée ». Notre seule malchance fut de naître en 1993, ironiquement cela aurait pu être une chance ! Naître la même année que le Survivant et celle de la chute du Lord noir. Mais finalement le destin en avait décidé autrement, nous serions une génération maudite, celle qui quitte l'école au moment même où ce crétin à tête de serpent revient au pouvoir, celle qui doit faire un choix … Servir et survivre ou résister et vivre dans la crainte de tout perdre du jour au lendemain, n'avoir aucune maison, aucun repère fixe, être un fugitif.
C'était cette vie qui m'attendait. Il existait une troisième option que je n'avais jamais imaginé choisir : rejoindre les résistants qui combattaient sous les ordres de Potter, Dumbledore et de l'Ordre du Phoenix. C'était leur guerre pas la mienne, je suis une née moldue, j'aurais déjà assez de problème à gérer. De plus mon amour m'en posait un qui me tourmentait. Qu'allait-il faire lui, le fils Malefoy, l'un des favoris de ce bon vieux Voldemort ? Le rejoindre comme sa famille l'avait planifié depuis sa naissance ? Trahir et courir le risque de mourir pour une cause à laquelle il ne croyait pas ?
Nous avions tous 17 ans et au lieu de se tracasser pour des problèmes de notre âge tels que les examens, les affaires de cœur et quelle profession choisir, c'était des problèmes de l'ordre de « vais-je mourir dans ce monde en guerre ? » qui nous tourmentait.
Allongée dans mon lit, je regardais cet ange à côté de moi. Je le sentais bouillonner, il était lui aussi perturbé par cette fin d'année qui arrivait à grand pas et par ce choix qui déterminerait sa vie et la mienne. S'il rejoignait Voldemort comme je le craignais, qu'est ce que je ferais ? Il me serait impossible de le suivre d'un point de vue moral, je m'y refusais obstinément, mais en plus parce qu'il ne voudrait pas de moi dans leur rang. Ce serai la fin de nous deux et l'une des plus grandes douleurs que j'aurais eu à affronter. Je ne croyais absolument pas au fait qu'il choisirait de s'enfuir avec moi, de fuir ce qui l'entravait depuis toujours. Il n'avait pas ce courage mais je ne pouvais le blâmer. Cela faisait dix sept ans qu'il était enfermé dans ce monde, il était quasiment impossible pour lui de s'en séparer.
- Drago ?
- Oui mon coeur ?
- Que compte tu faire après Poudlard ?
Ma question le figea, il se redressa et baissa la tête. Ses mains se tortillaient nerveusement, signe qui apparaissait un peu trop souvent à mon goût en ce moment. Il fronça les sourcils et passa plusieurs fois sa langue sur ses lèvres. La question était vraiment très -trop- stressante pour lui.
- Pourquoi un intérêt soudain pour notre futur ?
- Arrête Drago, tu sais très bien que cette question me travaille depuis un moment, tout comme je sais qu'elle te préoccupe. Ne me prends pas pour plus stupide que je ne le suis.
- Arrête ! Ça n'a rien à voir avec la stupidité.
Il soupira et se laissa tomber sur mes jambes en m'enlaçant la taille. Oh non ! S'il pensait pouvoir s'échapper comme ça, il se trompait !
Comme je le présentais je sentis sa main remonter le long de ma cuisse. Je l'interceptai et la repoussai gentiment mais fermement.
- Je veux une conversation sérieuse et pas que tu tentes de t'enfuir parce que tu crains cette question.
- Je ne crains absolument rien, asséna-t-il froidement en se levant et quittant mon lit, son orgueil si célèbre arrivant très vite.
- Drago ! Arrête de faire ton coq fière et pour une fois assume tes faiblesses d'homme ! Tu es constitué comme tout le monde ici, ta peur n'est pas injustifiée !
- Je n'ai pas peur !
Il hurla cette phrase et sautant par dessus la rambarde en fer du lit, il me maintint fermement appuyé contre le lit à califourchon sur moi. Son regard était noir, je n'arrivais pas à le comprendre. Il me faisait peur dans cette situation. Ses mains emprisonnèrent les miennes au dessus de ma tête, j'avais réellement peur, jamais je ne l'avais vu ainsi et pendant un cours instant mes démons revinrent à l'assaut, allait-il me forcer lui aussi ? Je fermai les yeux et me crispai en essayant néanmoins de me défaire de sa prise.
- Je … Je suis désolé, je ne voulais pas t'effrayer. N'aie pas peur mon amour, je ne te forcerai en rien, je suis désolé, je n'aurais pas du m'emporter ainsi.
Il me lâcha les bras et me contempla un moment tristement avant de quitter la pièce, sans que je n'ai eu le temps de le rattraper.
Je suis un crétin … J'avais là une parfaite occasion de penser, demander son avis sur cette situation qui me tracassait tant … Qu'allais-je faire ? Rejoindre Saint Potter ? Impossible ! Suivre ce destin tout tracer qu'on m'avait assigné parce que je suis né dans la mauvaise famille ? Je n'ai pas la réponse et chaque jour qui passait j'enviais Blaise qui avait déjà prévu de fuir mais pour résister même si ce n'était pas auprès de l'Ordre.
A quoi se résumait ma vie en ce moment ? À ce dilemme … je n'en vois pas la fin et l'échéance approche dangereusement, la période juillet-août où Poudlard sera vide risque d'être une occasion de frappe pour faire le plein de futur Mangemort pour Voldemort et ses amis, du moins s'il n'a pas trouvé d'ici là un moyen d'entrer dans Poudlard même. Chose que je n'espérais absolument pas ! Je suis peut-être Drago Malefoy avec les défauts que j'ai et mon cœur de pierre je n'en reste pas moins humain, il y a des enfants ici trop jeunes pour affronter cette dure réalité.
J'avais un second dilemme : quand est ce qu'Hermione serait prête pour franchir le cap ? Peut-être l'est elle déjà mais il est vrai que ma réaction n'a pas dû aider.
Je suis vraiment un parfait abruti …
Ce fut la dernière chose que je pensais avant de m'endormir comme une masse sur le canapé de la salle commune de mes chers Serpentards.
Je n'arrive plus à dormir la nuit. Je ne sais pas pourquoi mais je ressens ce manque profond et cette peur sans fin. Pourquoi ? Je n'ai jamais été aussi heureuse qu'en ce moment, que me manquerait-il donc ?
Je savais sans problème d'où venait cette peur sourde et cette angoisse qui me mordait les tripes sans jamais les lâcher un instant. Le futur est tellement effrayant.
Pour la première fois depuis que je côtoie Drago, j'éprouve le besoin impérieux d'écouter ma musique, m'endormir sur des notes de musique sauvage et métallisée qui je savais apaiserait mes tourments.
Le matin vint impitoyable sans se soucier de nous comme il l'avait toujours fait. Je me levais pas vraiment réveiller, aujourd'hui je n'avais pas envie de faire le moindre effort dans un élan de fainéantise totale.
Botanique, métamorphose, histoire de la magie et enfin potion. Il est triste de l'avouer mais voir Rogue et ses cachots seront ma seule joie aujourd'hui étant donné que le cours était en commun avec les Serpentards et donc mes deux amis et plus pour l'un.
Malgré la méchante paresse qui m'accaparait l'esprit je pris le temps de m'habiller avant d'ouvrir la porte à mon cher et tendre qui ne devrait pas tarder à arriver avec son ami. Ma tenue sera des plus sobres : t-shirt noir d'un concert de violoncellistes moldus accompagné d'un large bermuda toujours aussi noir. Je n'entends pas frapper à la porte, plongée comme je suis dans la réflexion d'une question fatidique : me rendomir ou ne pas me rendormir … telle est la question … Non, je ne devais pas louper les cours ! Ils sont importants pour nos Aspics ! En même temps ce ne sont pas la première chose que demanderont les Mangemorts sur notre CV …
Un vacarme sans nom et la douce voix beuglante de Blaise parviennent à mes oreilles me refaisant prendre pied. Je leur ouvre surprise et ça doit se voir.
- Oh ! Hermione ça fait cinq minutes que Drago frappe !
- Pourquoi cela ne m'étonne-t-il pas que ce soit toi et tes manières de rustres qui soient passé à l'étape du dessus ?
- Parce qu'un Malefoy ne perd jamais patience mon amour.
- Pitié Drago ne recommence pas avec ses foutaises ! Gémit Blaise
- Je ne commenterai même pas ce point ! Maintenant si sa seigneurie Malefoy veut bien se donner la peine de partir pour la Grande Salle, ajoutais-je en mimant une grossière révérence.
Il soupira en marmonnant dans sa barbe sans ajouter une réplique piquante comme il sait si bien le faire d'habitude. Je jetais un coup d'oeil à Blaise. Celui-ci haussa les épaules et me fit signe qu'il ne comprenait pas non plus et si lui aussi ne le comprenait pas alors c'est que ça devenait inquiétant.
Quand on se sépara pour aller en cours je ne suivais que d'une oreille, mon attention était focalisée sur mon homme, mon esprit n'arrivait pas à se détacher de ce changement d'attitude que je voyais en lui. Je devais lui en parler même si j'avais bien vu qu'il n'appréciait pas et se mettait dans tous ses états. Il doit comprendre que je suis là pour lui autant qu'il l'a été pour moi.
Quelques minutes à peine après qu'on soit arrivé en divination, Blaise me regarda droit dans les yeux avec ce regard que je lui connaissais si bien quand il allait parler de quelque chose de chiant.
Ca n'a pas louper !
- Drago, je te connais alors vas-y dis moi, crache le morceau.
- Il n'y a rien à dire Blaise, répliquai-je sèchement
- Pas à moi Drago, ni même à Hermione, on voit bien qu'il y a un problème et je pense savoir lequel. Alors j'attends ...
Merlin qu'il était exaspérant à lire en moi si facilement, mais j'hésité néanmoins à lui ouvrir mon cœur. Attention, j'ai une confiance absolument en ce cher Zabini hein, rien à voir avec ça, c'est juste que je suis un Malefoy quoi !
- Je suis toujours tracassé par l'approche prochaine des vacances d'été. Que vais je pouvoir faire ? Tante Bella va sans doute me demander auprès d'elle comme le Lord, ai-je la possibilité de dire non, je ne crois pas
- Drago, on est tous libre de nos choix toi y compris si tu veux fuir cette bande de dégénéré tu peux le faire !
- Ah oui et pour aller où ? Se cacher et vivre une existence de minable ! Très peu pour moi.
- Alors tu préfères te rallier à une cause insensée et périlleuse pour ton petit confort ? Je te connais mieux que ça Drago et je peux te dire une chose : tu as peur ! Et c'est normal, on est encore des gamins paniqués et perdus.
- Mais qu'est ce que vous avez tous à me dire que j'ai peur ! Je suis juste momentanément … perdu.
- Oui et c'est la peur qui produit cet effet. Tu as peur de deux choses Dray : affronter ce clan que tu as toujours connu et perdre la femme que tu aimes.
Je me figeais à la mention de cette dernière. Je ne voulais pas aborder le sujet, je lui avais déjà garanti que je remporterai la victoire, pourquoi s'entêtait-il sur cette voie d'un niais et pleine de guimauve romantique ?
- On en a déjà parlé Blaise, je vais la quitter prochainement. Si je dois fuir et tout abandonner c'est pour être avec toi vieux frère et personne d'autre.
- Drago ! Ne fais pas cette erreur ! Tu risquerais de le regretter toute ta vie. J'ai lancé ce défi par amusement, comme on l'a fait avec tant d'autres filles à la différence que tu n'es pas tombé amoureux de ces cas, mais de cette fleur unique. Tu ne peux pas l'abandonner comme ça, un amour de cette force tu ne le rencontreras qu'une fois dans ta vie.
- Je te l'ai dit ! Je ne suis pas amoureux d'elle, l'amour n'a pas de place chez les Malefoy, c'est une faiblesse et j'en suis conscient. Je ne suis pas prévu pour tomber amoureux et elle va en faire la triste expérience. Je te l'accorde, j'apprécie Hermione, elle est drôle et sympa, elle pourrait faire partie de mes rares d'amis mais elle, elle m'aime de trop pour cela et ça ne marcherait pas.
- Tu ne te rends pas compte de ce que tu vas faire, dit-il en secouant la tête. Mais revenons au premier sujet de cette conversation : que vas tu faire après la fin de notre scolarité ?
- Je ne pense pas rallier les Mangemorts, je veux dire qu'il est même sûr que je ne les rejoindrai pas. Il est hors de question en revanche que j'aille voir Potter et sa bande pour les aider, je ne me mêlerais pas de ça. Je me cacherai quelque part sans doute. Veux-tu te joindre à moi ?
- Tu sais très bien qu'il est hors de question pour moi de t'abandonner. On sera ensemble quoiqu'il arrive Dray.
La conversation était finie et s'était faite le plus discrètement possible, personne ne nous avait remarqué et aucun danger qu'il nous ait entendu après le sort de discrétion qu'on avait placé sur ces deux thèmes. Le professeur Trelawney s'approcha de nous et prédit encore une catastrophe prochaine, la mort de quelqu'un de proche auquel je tenais énormément. Blaise et moi avons bien ri devant sa tête paniquée. A moins que Blaise ne se suicide il ne risquait pas de lui arriver grand chose.
Je dois intervenir, je dois lui dire, l'empêcher de coucher avec Dray, faire en sorte qu'elle tienne jusqu'à la fin des cours et qu'on parte ensemble. Elle me l'a dit, elle ne compte pas se battre, malgré qu'elle soit une né-moldue elle considère que cette guerre n'est pas la sienne. Mais comment pourrait-elle me croire moi plutôt que Dray ? Elle lui fait une confiance aveugle. Je vais pas débarquer comme ça : Hey Hermione, Drago compte te larguer une fois que tu auras fait l'amour avec lui à cause de son orgueil si mal placé et d'un stupide pari que j'ai lancé en début d'année. Ca ne passera pas c'est sur et même avec de la diplomatie, elle est trop amoureuse de lui, les récents changements le montre bien.
Que faire ?
Je l'apprécie moi aussi, c'est même devenu une amie, elle ne mérite pas que Drago piétine son cœur et son intégrité à cause de sa stupidité et la mienne. C'est vrai c'est aussi un peu de ma faute, elle vivait tranquillement sa vie dans son coin avant que je ne la mêle à tout ça. Mais en même temps si je n'avais pas mis en route la machine elle ne gouterait pas à ce bonheur que lui offre Drago et lui non plus ne serait pas heureux comme il l'est à présent.
Mon dilemme me semble impossible à résoudre, comment pourrais-je intervenir sans trahir mon meilleur ami et ne pas la briser ou casser leur relation ?
Je dois sérieusement réfléchir à cette question.
La journée me parut affreusement longue sans Drago, surtout l'histoire de la magie. En fait je passais le plus claire de mon temps à observer Potter. Depuis que son ami le rouquin était mort, c'était devenu un vrai zombie. Il était toujours entouré mais c'était comme s'ils n'existaient pas. Parfois il regardait à côté de lui et ses yeux se voilaient de tristesse en constatant qu'il lui manquait son compagnon d'arme. N'allez pas penser que je suis une voyeuse qui se délecte du malheur des autres, non loin de là, c'est un regard compatissant que je lui lance en permanence.
Même si ça peut paraître surréaliste j'accueillis l'heure de potion comme une bénédiction, j'allais enfin pouvoir retrouver ma moitié !
J'allais d'un pas assuré et presque joyeux en cours, j'arrivai même en avance. La porte du cachot, qui nous tenait lieu de classe, était déjà ouverte. Un peu surprise je jetais un coup d'oeil et me retrouvais nez-à-nez avec le si séduisant Severus Rogue.
- Y-a-t-il quelque chose que je puisse faire pour satisfaire votre curiosité débordante miss Granger ?
- Ah .. euh non je … je m'assurais que tout allait bien.
Jamais je n'avais perdu mes moyens ou mon assurance face à Rogue, mais pour une obscure raison à cette instant je me sentais gênée d'avoir été surprise ainsi. Merlin ça ne tournait plus rond chez moi après tout ce n'est que Rogue !
- Votre sollicitude me touche miss Granger
- Oh non je voulais juste m'assurer que vous ne soyez pas dépassé par une de vos potions, dis-je histoire de retrouver de mon mordant habituel.
- Douteriez-vous des compétences de votre professeur, lâcha-t-il d'un ton acide.
-Dois-je vraiment répondre, souris-je ironiquement.
Drago venait d'arriver et m'enlaça, à la vue de cette scène le visage du maître des potions s'illumina (sans blague je vous jure!) d'un grand sourire assez flippant.
- Puisque vous vous permettez d'être aussi effrontée miss Granger, j'enlève 25 points à Griffondor et me permet de vous changer de place. Vous serez à côté de Londubat aujourd'hui et par conséquent la voisine de monsieur Londubat, miss Parkinson se retrouvera à votre ancienne place auprès de monsieur Malefoy.
J'ouvris la bouche scandalisée et m'apprêtais à répliquer mais Drago me serra la main pour me faire comprendre que je devais me contenir. L'horrible chose qui nous servait de professeur rentra dans la classe dans un mouvement satisfait de sa longue cape noire.
- Je suis désolée Drago, j'ai agis impulsivement sans penser aux conséquences.
- C'est pas grave mon amour, tu ne pouvais pas prévoir qu'il allait te changer de place alors que d'habitude il se contente de t'enlever des points. Tu n'as pas le privilège d'appartenir à Serpentard alors pas de favoritisme pour toi.
- Y a pas à dire, les Serpentards se sont les pires, grommelais-je.
- Même moi ? Demanda-t-il innocemment
- Je ne commenterais pas ce point.
Je répondais malicieusement en l'embrassant. Ce petit instant entre nous fut interrompu par les autres élèves et Blaise qui nous dit d'entrer si on ne voulait pas en prendre pour notre grade une fois de plus.
Je m'assis au côté du Griffondor, célèbre pour sa maladresse en potion, en me collant au mur. Je ne participerais en aucun cas à la potion du jour et me tiendrais bien loin de ce chaudron qui se transformait en une arme de destruction massive entre les mains de Londubat. Il me jeta un regard timide comme pour me demander si j'allais participer au cours. Je détournais la tête et me cala bien soigneusement sur le mur pour lui faire comprendre qu'il était inutile de compter sur moi. Quand je vis de quelle potion il était question, j'hésitais un instant. Du véritaserum serait peut-être un peu trop dur pour lui …
Rogue ajouta que nous prélèverons un flacon pour notre compte personnel du chaudron de paillasse et que ce serait à nous de voir si on comptait l'utiliser ou pas un jour.
Je voyais déjà Londubat suer à grosses gouttes, il était clair qu'il ne boirait jamais lui même son prélèvement et qu'il hésiterait même à en donner à un ennemi au vu de la tête qu'il tirait.
C'était bientôt la fin du cours et à ma grande surprise, le chaudron se portait plutôt bien pour le moment, certes la potion était aussi dur que du béton armé et était d'un horrible rose vif au lieu d'être aussi clair que de l'eau, mais il ne fondait pas ou autre incident du genre. Il faut croire que j'avais pensé trop vite et tellement fort que Londubat m'entendit. Il ajouta l'ingrédient final dans son chaudron et le contenu de celui-ci se mit à bouillir. De grosses bulles se mirent à sortir et à flotter au dessus de notre table, je me collais autant que je le pouvais contre le mur me protégeant de mon sac tandis que le gryffondor feuilletait d'un air désespéré son livre pour trouver une solution. La grosse bulle qui ne cessait d'osciller devant moi éclata et me trempa de la tête au pied.
Je lâchais mes affaires dans un grand bruit et faisais cette tête si caractéristique des personnes qui viennent de se faire mouiller, les yeux grands ouverts avec la bouche ouverte et les bras écartés, les épaules rentrés. Je fulminais, je le sentais j'allais pas tarder à exploser à mon tour contre cet écervelé qui ne savait pas lire des instructions. Drago intervint au moment où je me décidais à le métamorphoser en chouette, forme beaucoup moins dangereuse que ce grand nigaud.
- J'ai fini ma potion et ai pris le prélèvement professeur, je vais donc faire sortir Hermione avec votre permission afin d'éviter un incident supplémentaire.
- Sage décision il me semble monsieur Malefoy, faite donc, j'ajoute 50 points au passage à Serpentard pour votre potion parfaitement réussie.
Drago eut un sourire suffisant et m'emmena dans les couloirs. Je respirais profondément, tentant de me calmer.
- Calme toi Hermione, ce n'est pas bien grave.
- Espérons que ça n'ait pas des effets non désirables ! Ce crétin ne peut-il pas réussir un minimum ses potions comme tout le monde !
- Non sinon ce ne serait plus Londubat mon ange.
Il me lança un sort de séchage tandis que je le regardais, les yeux plein de malice.
- Je ne suis pas un ange Dray et tu le sais.
- Tu ne m'as jamais prouvé que tu n'en étais pas un.
L'échange fut clos par un moment passé dans ses bras. On partit vers la chambre à laquelle il avait le droit en tant que préfet en chef mais avant de l'atteindre on fut rejoint par Blaise.
- Alors vous allez où mes chers compagnons ?
- Blaise t'es au courant que le Moyen-Âge est fini depuis un moment ? Ironisa Drago devant sa formulation.
- Oh si on peut plus se faire des délires entre nous maintenant.
- Enfin pour répondre à ta question cher ami, Drago et moi-même allons dans sa chambre de préfet passer une petite soirée tranquille entre nous, désolée tu n'es pas convié pour cette fois-ci.
Blaise et Drago échangèrent un drôle de regard pendant un court instant puis Blaise rejoignit sa salle commune.
Ca craint ! J'espère qu'Hermione a une volonté de fer et qu'elle le repoussera parce que Dray n'emmène les femmes dans sa chambre de préfet seulement pour copuler ! Si je ne veux pas que ce soit la fin des chaudrons il faut à tout prix qu'elle résiste au moins cette nuit et que je la prévienne demain au plus vite avant que tout ceci ne vire au drame si ce n'est pas déjà fait. Drago tel que je le connais serait capable de la virer sans sommation directement après l'acte. Non pas avec elle, enfin j'espère … Je ne reconnais plus Drago quand il s'agit d'Hermione. Va-t-il aller jusqu'au bout de son orgueil malefoyenne ou va-t-il céder face à l'évidence de ses sentiments ? Moi même qui le connait comme un frère je n'ai pas la réponse et c'en est effrayant.
Journal de Drago Malefoy
Je suis partagé entre l'envie de voir ces souvenirs disparaître et celle de les chérir parce qu'ils sont un instant de plus avec Hermione.
Je commençais à sombrer, je le sentais mais je me le cachais, cette histoire de pari avec Blaise me rongeait comme un poison lent mais efficace et s'ajoutais à ça mes craintes quant au futur. Je ne savais pas que ce serait un autre événement plutôt que ma propre décision qui bouscula mon choix.
Je ne veux pas y repenser mais mes souvenirs me ramènent à ce point. Heureusement il me reste un grand moment de bonheur avant d'en arriver à l'ultime stade.
Je savais ce que pensais Blaise, je l'avais lu dans ses yeux comme il avait vu en moi que je comptais en finir. Je sais que j'aurais le droit à un interrogatoire plus que poussé quand je le reverrais en seul seul. Il voudra indéniablement savoir si je l'avais vraiment largué de manière à lui faire mal comme le stipulait notre dernière modification du pari initial. Je n'avais aucune idée de savoir si j'allais ou pas la respecter, après tout la rupture en elle même sera très douloureuse...
On entra tous les deux dans ma chambre silencieusement, Hermione regardait avec curiosité ce qui l'entourait. C'était rien de bien original, une chambre de Serpentard quoi. Elle était composée de grandes tapisseries vertes et argent ornées du blason de Serpentard avec des meubles au bois sombre, et, au milieu trônait mon grand lit deux places (bien entendu) avec des draps dans les même tons. Il n'y avait aucun objet personnel, aucune photo, bibelot ou quoique ce soit auquel on s'attache. Je ne m'attache à rien en général.
Je voyais un petit sourire sur le coin de ses lèvres et je me mis à faire la même chose pour une obscure raison.
- Qu'y a-t-il ? Quelque chose ne convient pas à sa majesté ?
Elle rougit devant ma remarque et finalement se lança.
- Oh non je me disais juste que ta chambre manquait de charme, c'est une chambre de Serpentard tout ce qu'il y a de plus banal.
- Et tu t'attendais à quoi au juste ? Une tapisserie plus personnelle ? Des photos ? Des affaires qui viennent de chez moi et qui sont autres que mes affaires de cours ?
- Et bien … oui. Même si tu es un Malefoy comme tu te targues de le répéter, tu es un être humain avant tout avec des sentiments. Il y a forcément quelque chose que tu aimerais voir ici, quand tu rentres dans ton intimité.
- Je te l'ai dit ma chérie, il n'y a rien qui ait de l'importance.
Elle se crispa légèrement à ces paroles et je vis dans ses yeux que je l'avais blessé. C'était nécessaire malheureusement. MALHEUREUSEMENT ? Je me mis une baffe mentale magistrale pour me faire réagir. Hé oh tu es Drago Malefoy mon petit gars ! Depuis quand tu as des remords à faire quelque chose !
Oui c'est ça, je dois rester focaliser sur mon objectif. C'était NECESSAIRE pour pouvoir coucher avec et lui montrer la preuve de mon « amour » et « attachement ».
Je l'enlaçai et je pus presque la sentir fondre dans mes bras, elle s'y nicha comme dans le plus tendre des repères. Si elle savait …
Je lui embrassai la nuque en déposant des milliers de petits baisers papillons, je savais qu'elle adorait ça. Elle accentua sa prise autour de ma taille. Je passais à l'étape supérieure en lui suçotant la peau et en la mordant légèrement parfois. Elle soupira et m'embrassa presque sauvagement pour dévorer mes lèvres.
Je nous fis tomber sur le lit et me mis au dessus d'elle. Je la voulais là, tout de suite, maintenant. Mes gestes se firent plus brusques et aveuglé par mon désir je ne sentis pas qu'elle ne me touchait plus.
Ses paroles m'avaient blessée, je sais bien qu'il parlait des objets matériels ou de ce qui est de sa famille mais je n'ai pas pu m'empêcher de prendre la remarque pour moi aussi. Il dut le remarquer au vu de la tendresse dont il fit preuve en m'enlaçant.
Je voulais aller plus loin avec lui, je le sentais le désir me rongeait je le voulais, je voulais lui appartenir corps et âme. J'essayais de lui faire passer tout cela en un baiser passionné et il comprit en nous faisant basculer sur le lit.
Mais soudainement je pris peur, ses mains n'arrêtaient pas de faire des allers retours le long de mes cuisses et me les enserraient vivement parfois, sa langue essayait d'aller toujours plus loin dans ma bouche comme s'il ne savait pas que c'était impossible. Je me sentais étouffée et prise au piège, le poids de son corps sur le mien que je trouvais rassurant tantôt devient une masse de plomb m'empêchant d'être libre. Alors je fis la morte comme lorsque j'étais petite, je laissais tomber mes bras le long de mon corps, fermais les yeux et ma tête bascula sur le côté comme pour ne pas affronter la scène.
Il s'arrêta au bout d'un court moment et j'entendis sa voix grave et pénétrante me parler.
- N'aie pas peur, je ne te ferais pas mal, détends toi. Tu n'es pas là pour te faire abuser ou baiser comme une prostituée, tu es là parce que je t'aime et que j'avais cru comprendre que tu étais prête. Maintenant s'il y a un problème, on s'arrête.
Il était si compréhensible que ça me fit presque mal d'avoir réagi comme ça. Il avait raison, c'était un acte d'amour et pas autre chose. Mais je ne prononçais pas un mot, comme retournée dans mon mutisme d'autrefois.
Il se leva et remit sa chemise d'uniforme, que j'avais apparemment enlevée sans même m'en rendre compte, et commença à s'éloigner du lit. Je le rattrapais par la main et essayais de lui parler mais les mots ne parvenaient toujours pas à franchir mes lèvres. Il m'embrassa tout doucement la main et voulut me lâcher mais je le tenais fermement.
- Je veux faire l'amour avec toi Drago.
Les mots étaient finalement sortis tous seuls et je réalisais que je venais de formuler cette demande à voix haute. J'eus honte de moi et le lâchais pour me détourner. Il se remit rapidement sur le lit et m'embrassa tendrement.
- Je te promets que tu n'aurais pas mal, chuchota-t-il à mon oreille puis il se redressa et ajouta avec son légendaire sourire : et que tu voudras même recommencer dans l'immédiat.
Il eut raison sur les deux points. Il fut doux et attentionné. Jamais je n'avais ressenti pareilles sensations et je ne voulais le connaître qu'avec lui à présent.
1er étape achevée.
Quand je me réveilla le lendemain matin Drago était toujours contre moi, endormi. Je me levais discrètement, repris mes affaires, m'habillais, laissais un petit mot sur son armoire et partis rejoindre ma chambre, la Salle sur Demande.
Au détour d'un couloir je croisais Blaise. Je lui dis bonjour avec bonne humeur et je voyais que lui tirait une sale tête en revanche.
- Qu'est ce qu'il y a Blaise ? Tu n'as pas l'air bien, m'inquiétai-je.
- Hermione … Il faut que je te parle …
- Qu'y a-t-il ? Tu m'inquiètes là.
Il inspira profondément et sortit d'une traite : - Dragovatelargueràcaused'unstupidepariquej'ailancéendébutd'année.
Je le regardais avec de grands yeux ronds. Je n'avais pas compris un traitre mot de ce qu'il avait dit.
- Attends répète je n'ai rien compris sois plus calme voyons il n'y a pas mort d'homme au moins ?
- Hermione, si Drago t'as abordé en début d'année c'est de ma faute, je lui ai lancé un pari stupide qui avait pour but de te mettre dans son lit avant la fin de l'année puis de te larguer. Alors je voulais te prévenir de ne pas coucher avec lui, du moins pas avant la fin de l'année. Drago est tellement borné et orgueilleux, il refuse de reconnaître qu'il est tombé amoureux de toi.
Je ne réfléchis même pas, j'empoignais Blaise par le col et le plaquais contre le mur. Malgré le fait qu'il soit plus fort, plus grand bref plus imposant que moi je n'avais eu aucun mal à le déplacer parce qu'il s'était laisser faire.
- Comment oses-tu dire des conneries pareilles ? Sifflais-je, Pourquoi veux-tu détruire ce que Drago et moi avons eu tant de mal à construire ? M'avoir vu six pieds sous terre ne t'as pas suffit ! Tu veux que ça recommence ?
- Non Hermione c'est pour l'empêcher justement, pour te protéger ainsi que Drago parce que vous êtes tous les deux mes plus proches amis et je ne veux pas que vous vous déchiriez à cause de éducation et son orgueil.
- Ne remets plus jamais JAMAIS en question la véracité de notre relation Blaise !
- J'arrive trop tard à ce que je vois, tu l'as déjà fait avec lui n'est-ce pas ?
- Oui ! Et tu sais quoi ? On est encore ensemble ! Surpris ?
- Tu ne comprends pas … j'espère que tu comprendras mais pas dans la douleur, alors maintenant si tu veux bien me lâcher, je vais prendre congé et rejoindre Drago pour avoir une petite conversation avec lui.
Je le relâchais en le fusillant du regard. Ses paroles étaient tellement douloureuses mais elles ne pouvaient être vraies, j'en avais la certitude, Drago m'aimait, jamais il ne ferait une chose pareille...
Elle était partie croyant que je dormais encore mais j'étais éveillée, je l'écoutais, je voulais rompre dans sa chambre, pas dans la mienne et il restait encore une bonne heure avant que l'on doit aller dans la Grande Salle j'aurais largement le temps de la rejoindre après m'être préparé. Sauf que ma porte s'ouvrit à la volée laissant apparaître mon meilleur ami qui avait franchement l'air bien énervé.
- Blaise ? Que me vaut cette matinale visite ?
- Tu as couché avec elle Dray ! s'exclama-t-il
- Oui en effet et c'était un peu le but de toute cette mascarade depuis le début à vrai dire. Tu te rappelles ? Cette mascarade que tu as toi même initié ?
- As tu oublié que je t'ai dis que j'annulais tout ! Ne la largues pas Drago c'est ton cœur et elle que tu détruirais.
Je me levais agacé.
- Je te rappelle qu'on avait bien dit quand on a commencé il y a quelques années nos paris qu'on annulait JAMAIS sous AUCUN prétexte, qu'on irait toujours jusqu'au bout.
- Je lui ai tout dit Dray.
Je me figeais, il n'avait pas pu faire ça l'imbécile !
- Tu as fait quoi ?
- Je lui ai tout raconté dit-il tristement, mais elle ne m'a pas cru, elle m'a menacé et est rentré énervé dans sa chambre.
- Dans ce cas j'y vais de suite pour mettre le point final de toute cette comédie.
Je m'habillais rapidement en mettant bien en évidence mon blason argent et vert puis partis en laissant Blaise, dépité et abattu de ne rien pouvoir faire, seul dans ma chambre.
Quel crétin ! Qu'est-ce-qu'il croyait pouvoir changer en lui révélant tout ? Que ce serais elle qui me quitterait ? C'était impossible elle était tellement folle de moi. J'arrivais devant sa chambre et entra sans même frapper, elle avait l'habitude depuis le temps.
Je la trouvais en sous vêtements plantée devant son armoire. Quand elle se retourna la vue de son corps à moitié nu me rappela cette nuit, je secouais la tête et m'affermis dans ma résolution.
Elle sourit et essaya de m'embrasser mais je détournais la tête pour l'éviter. Troublée elle me questionnait du regard.
- C'est fini Hermione. Je te quitte.
Toutes sortes d'expressions traversèrent son visage : désespoir, fureur, tristesse, accablement et tant d'autre.
- Tu ne peux pas être sérieux Drago, dis moi que c'est une horrible blague ...
- Ce qui était une blague c'est nous deux Hermione. Blaise te l'as dit ce matin non ?
Elle se laissa tomber à genou, elle était dévastée.
- Mais non il mentait, il mentait ! Tu m'aimes ! Tu me l'as dit maintes fois cette nuit, tu sais tout de moi Drago, tu ne peux pas être un monstre et me faire ça.
- Non mais franchement Hermione tu t'es vu ? Tu as vraiment cru que moi Drago Malefoy, sang pur, j'allais m'intéresser sincèrement à quelqu'un comme toi une sang de bourbe ? Je ne t'ai jamais aimé tout ceci n'a été qu'une comédie. Au revoir et ne t'avises pas d'essayer de m'approcher.
Je partis comme ça dans un masque de froideur en la laissant dans cet état à terre.
J'avais mal, si mal. On me déchire tout mon être. Pourquoi la seule chose de bien qui m'étais jamais arrivée était-elle fictive ? J'avais l'impression de saigner abondamment mais je n'avais aucune plaie visible, seulement celle de mon cœur. Je me sentais me recroqueviller sur moi-même.
Le monde est pourri.
Je suis une moins que rien qui ne mérite aucune considération.
Je ne peux pas vivre sans lui.
Que faire ?
Pourquoi ? Pourquoi me suis-je attachée à lui ? Pourquoi n'ai je pas écouté mon instinct qui me hurlait de me méfier de cette homme à la beauté cruelle ?
L'humanité ne vaut pas que je lui fasse confiance.
Je me sentais plonger de nouveau dans une dépression.
Oui, cette merveilleuse sensation glacée qui anesthésiait mes sens et m'emprisonnait cette fois-ci définitivement ... c'était bien elle ma campagne de toujours. Je ne voulais plus avoir à faire avec les autres. Me couper de tout, c'était ma seule volonté.
Je repartis en direction de ma salle commune en méditant la scène qui venait de se dérouler. Lui avais-je fait aussi mal que ça en avait l'air ? Pour ma part je ne ressentais rien, la vie continuait, elle n'était d'ailleurs pas prête de s'arrêter.
En arrivant dans la salle commune je m'installais confortablement dans un des sofas et me fit littéralement sauter dessus par Blaise.
- Dis moi que tu n'as pas osé ...
- Hé bien très cher Blaise ce fut sans doute l'un des paris les plus compliqués mais aussi le plus intéressant que tu m'aies jamais soumis mais j'ai gagné.
Son visage se décomposa puis se crispa de colère.
- Sombre abruti ! Espèce de petit con ! Connard ! Tu viens de tout foutre en l'air Drago, tu avais le bonheur et une femme qui t'aime et tu viens de tout briser. Je te jure que tu vas le regretter amèrement. Pas venant de moi mais venant de toi. Tu as perdu Hermione définitivement, elle t'a accordé sa confiance une fois, pas deux et tu le regretteras ça va te bouffer et tu en seras malheureux. Maintenant c'est trop tard tu n'auras que des regrets.
Je m'énervais à mon tour, comment pouvait-il affirmer connaître mes états d'âme ?
- Qu'est ce que tu en sais Zabini ? Tu veux que je te dise ? Je ne ressens rien du fait de l'avoir largué comme ça, je n'étais pas amoureux d'elle !
- Tu te mens à toi même Drago, si vraiment tu ne ressens rien alors c'est que tu es moins humain que je ne le pensais.
- FOUS MOI LA PAIX !
J'avais hurlé, ses mots commençaient à entrer en moi. Je sentais en moi que je réalisais seulement ce que je venais de faire. Hermione m'avait permis d'être seulement Drago pendant tout ce temps où j'étais avec elle, pas le Drago Malefoy que j'étais avant. Mais ma nature première était revenue et j'étais redevenu Drago Malefoy ces derniers temps.
Non ! J'étais Drago Malefoy, seul héritier de cette famille de sang pur, peut-être futur mangemort et bras droit de Voldemort si mes plans de fuite ne se concrétisaient pas, je n'avais aucun regret de l'avoir jetée.
Je descendis avec Blaise dans une ambiance d'outre tombe, nous nous faisions la gueule tous les deux mais on ne pouvait pas s'empêcher d'être ensemble. On s'installa tous les deux dans la Grande Salle et la table des Griffondors me lança des regards meurtriers, cela se savait-il déjà ? J'eu le droit à des remarques de la part des Serpentards.
- Alors Drago elle est passée ta reine des ténèbres ? Partie jubiler devant un enterrement ?
La remarque s'accompagna de rires sarcastiques qui s'arrêtèrent quand Blaise les foudroya du regard.
- Non Geoffrey, je l'ai largué, nous ne sommes plus ensemble, il y a donc peu de chance que tu l'as vois de nouveau à cette table.
Un cri perçant ponctua la fin de ma phrase et tous les professeurs se levèrent dans un même ensemble et sortirent dans le parc du château. Nous, élèves curieux, firent de même et les suivirent. Au loin on pouvait voir deux élèves de premières années accourir dans notre direction. Quand on arriva à leur niveau les professeurs les sermonnèrent.
- Jeunes filles vous ne savez donc pas qu'il est interdit de traîner dehors de si bon matin ? Pourquoi n'étiez vous pas dans la Grande Salle ?
- Nous sommes désolées professeur Mc Gonagall mais on voulait s'entraîner en botanique en attrapant une plante aquatique qui pousse près du lac quand on a vu … oh professeur c'est horrible.
Les deux filles commencèrent à sangloter et la masse d'élèves se rua vers le lac. Je marchais d'un pas tranquille pour ne pas tomber lamentablement comme certains l'avaient fait par la précipitation et faute à l'herbe humide.
- Drago ! Viens vite !
C'était la voix de Blaise qui sortait du lot d'exclamation ou de cris d'horreur des autres élèves. Je me précipitais à mon tour alarmé par le ton de sa voix. Je redoutais le pire. Une vengeance des mangemorts ou autres manifestations de leur part me vint d'abord à l'esprit. Je glissais et tombais mais je continuais quand même, j'avais peur pour ma mère subitement, si Voldemort savait que je le trahirais ça serait sur elle que ça retomberait.
Mais j'étais dans l'erreur. La scène me pétrifia d'horreur. C'était elle dans le lac. Morte. Enfin je le supposais.
Elle était tout de noir habillé comme d'habitude. Un bustier avec corset, une longue jupe noire, ses cheveux redevenus noirs s'étalaient autour d'elle, ses yeux étaient ouverts, remplis de sentiments indéchiffrables, avec du gris sur les paupières, ses lèvres rouges sang étaient ouvertes dans une expression de surprise. Sa peau était blanche mais pas par les artifices comme avant mais à cause du lac gelé dans lequel elle était emprisonné.
C'était une vision cauchemardesque. Toute cette glace à la couleur si claire qui l'enfermait, pareil à un cercueil, était subitement coupé par cette noirceur morte.
Je sentis mon cœur me faire mal, je courais sur la glace et frappais de toutes mes forces dessus. Il fallait vite la sortir, je la voulais de nouveau près de moi. Blaise me rejoint et m'empêcha de me faire plus mal. Je devais m'être casser plusieurs os à frapper comme un dégénéré. Je ne voulais pas …
Pourquoi avait-elle fait ça ? Pourquoi avais-JE fais ça ?
Je me rendis compte que les larmes coulaient et je ne voulais pas les arrêter, je ne voulais pas que cette journée soit une réalité. Blaise me parlait, je n'entendais pas. Tout ce que j'entendais était une voix intérieure qui m'accusait inlassablement : TU l'as tuée. C'était vrai, je l'avais tué par orgueil parce que je ne voulais pas m'avouer que j'étais autre chose qu'un Malefoy.
Et c'est seulement maintenant que je n'ai pas peur de l'avouer : Hermione Granger je t'aime.
Je suis terriblement désolée de cette longue absence, je suis de nouveau là maintenant pour votre plus grand (dé)plaisir:D
Voilà, c'est sensé être la fin mais pour ceux qui souhaitent un happy end j'ai une suite possible à vous proposer (enfin s'il y a encore du monde ici qui lit cette fic)
