Voila le douxieme chapitre ! Rassurez-vous, vous avez encore de quoi lire, la fic est loi d'être finie !!
Aller, bonne lecture ! Et merci à Zairoon d'avoir corrigé mes fautes
Chapitre 12
Le lendemain, quand j'ouvre les yeux, j'ai un peu de mal à me situer. Je ne suis pas dans ma chambre, il y a beaucoup de bruit dehors et il fait plutôt sombre dans la pièce. Je remarque alors qu'il y aussi du bruit dans l'appartement et je tends l'oreille, en appui sur les coudes.
-Mais enfin ! rugit une voix que je reconnais comme celle de David. Qui va le remplacer ? En tous cas, pour le prochain concert, tu as intérêt à être sur tes pattes, toi !
-Mais arrêtez de crier ! dit soudain la voix d'Anna. Vous allez réveiller Marie, nom d'un chien.
Elle parle en anglais alors qu'elle pourrait parler en allemand, et je soupire en me réinstallant contre l'oreiller. J'ai la vague impression qu'elle fait exprès de parler en anglais pour que je puisse comprendre ce qu'elle dit. Je réalise alors que j'ai passé la nuit dans le lit de Bill, avec lui, et je me tourne sur le dos en m'asseyant. Si je me lève maintenant, un gros malentendu risque d'éclater… Mais si j'attends encore, je risque de manquer participer à la conversation animée qui se déroule dans le salon.
Je me lève alors et passe mes mains dans mes cheveux en restant debout derrière la porte à demi fermée. Posant une main sur la poignée, je jette un œil dans le couloir et remarque qu'un rideau l'obstrue du côté du salon. Je soupire et fonce dans la chambre de Tom où j'ai posé mes affaires la veille. Aussitôt, je m'habille puis me glisse dans la salle de bains pour me rafraîchir un peu.
-Ha tu es réveillée, fait soudain Bill en apparaissant.
Je sursaute puis dit :
-Tu aurais du me réveiller quand tu t'es levé…
-Non, tu t'es couchée tard, je voulais que tu dormes un peu…
Il pose ses mains sur mes hanches et m'embrasse dans le cou. Je le repousse gentiment puis demande :
-C'est toi qui as prévenu Anna et David ?
-Non, ils sont montés quand ils sont venus nous chercher pour aller au studio, dit Bill en soupirant, s'adossant au mur, les mains dans les poches de son jean bleu délavé. Comme je ne répondais pas à l'interphone, Anna est montée et elle a fait monter David quand elle a vu Tom sur le canapé…
Je pince les lèvres puis nous quittons la salle de bains et, aussitôt, Anna et David me toisent comme si j'avais soudain des cornes sur la tête :
-Bonjour, je leur réponds.
-Heu… bonjour, Marie, fait David en détournant brusquement la tête.
-Ça va ? je demande ensuite à Tom qui est légèrement assis contre l'accoudoir du canapé, une couverture sur lui.
Il hoche la tête avec un sourire puis Bill s'approche de moi avec une tasse de café et je me rends compte que j'ai une faim du diable. Il y a d'autres tasses sur la table basse et je m'installe aux pieds de Tom, sur le canapé, bien en face de David et Anna. Bill, lui, s'installe sur l'accoudoir près de la tête de son frère et David dit :
-Quoi qu'il en soit, il faut un autre guitariste, au moins pour les répétitions. On pourrait jouer sur bande aussi…
-On n'aura pas le choix, dit alors Bill sur un ton sombre. Personne ne peut remplacer Tom près de moi, tu le sais parfaitement, David.
Un silence passe puis le manager se lève alors en disant :
-Bon, vous avez quartier libre aujourd'hui, le temps que je voie ce qu'on peut faire. Marie, tu pourrais me décrire la fille qui a agressé Tom ?
Je soupire en fouillant ma mémoire :
-Quinze ans environ, un mètre cinquante, brune aux cheveux courts… Je suis désolée, c'est tout ce dont je me souviens.
Il hoche la tête puis Anna et lui repartent et je les regarde monter dans le camion depuis le balcon. Je rentre ensuite dans l'appartement et regarde Bill qui discute avec son frère :
-Tu veux aller à la salle de bains ? demande alors Bill. Je vais t'y accompagner, alors…
Je le regarde aider Tom à se lever du canapé puis ils disparaissent derrière le rideau et je me pose dans le canapé devant la télévision allumée.
Midi s'annonce par le jingle du journal télévisé allemand et je me tourne pour voir les titres, occupée à préparer des œufs brouillés et des pattes pour les garçons et moi-même. La sonnette de l'appartement retentit alors et je coupe les gaz sous mes casseroles pour aller ouvrir, faisant signe à Bill de ne pas bouger.
-Georg ! Gustav ! je fais en entrouvrant la porte. Entrez…
Nous nous faisons la bise et Gustav demande :
-Qu'est-ce que tu fais ici, Marie ?
-J'ai passé la nuit là, je dis en retournant à la cuisine. Mais ne pensez pas tout de suite à des choses, hein !
-Qui nous ? dit Georg en regardant Bill à qui il vient de serrer la main. Tu nous connais, voyons…
-Justement, je dis. Vous restez déjeuner ? Il y a assez…
-Et parce qu'en plus tu te coltines le repas ? dit Gustav. Bill…
-Quoi ? fait-il. Elle a voulut le faire, je vais pas l'en empêcher, tu sais tout comme moi que je ne sais absolument pas cuisiner…
-Ha ça…
-C'est si mauvais que ça ? je demande en souriant malicieusement à Bill qui rougit et tourne la tête. Je te taquine, je fais ensuite. Viens donc m'aider…
Il ronchonne puis se lève et me rejoint dans la petite cuisine. Je lui demande de prendre les couverts pour dresser la table et Gustav dit :
-Ha ça, il sait faire !
-Je retiens ! fait Bill, une poignée de fourchettes à la main. La prochaine fois, tu y as droit !
Ce petit intermède fait rire tout le monde, Tom y comprit, puis la conversation devient plus grave et se met à tourner autour de l'agression de Tom :
-Comment voulez-vous que l'on retrouve cette nana ? Il y a des milliers de filles qui se massent devant notre studio et tous les endroits où nous mettons les pieds, dit Georg, assis dans un fauteuil. En plus c'est principalement des gamines nos fans…
-Merci, je dis en fronçant les sourcils.
-J'ai dit « principalement » tu es l'exception qui confirme la règle, dit Georg, un brin espiègle. Quoi qu'il en soit, il ne vaut mieux pas s'acharner, je crois… Tom n'est plus en danger si j'ai bien compris David…
-Non, dit Tom en secouant la tête. Mais je suis coincé ici, je ne peux pas sortir, je peux à peine me lever…
-Ça te fait mal ? demande alors Gustav.
-Assez, ouais, dit Tom. Mais j'encaisse, j'ai connu pire.
Personne ne relève et je regarde Bill qui aligne les couverts sur la table près de la baie-vitrée. Il semble perdu dans ses pensées et je retourne à mon déjeuner pour l'empêcher de brûler.
Une fois que tout est prêt, nous passons à table mais Tom est malheureusement obligé de rester sur le canapé. Georg décide alors de rapprocher la table dudit canapé pour que Tom ne se sente pas trop seul.
Après le repas, alors que je racle le fond de ma tasse de café avec le bout de ma petite cuillère, pour ne rien ramasser, simplement pour jouer avec le restant de liquide brun, Georg propose une sortie en ville. Je décline aussitôt l'invitation :
-Pourquoi ? fait-il, surpris. Si je comprends bien tu as besoin de trucs pour ton appart, non ?
-Oui mais non, je fais en secouant la tête. Par contre…
Je tourne la tête vers Bill qui, le menton dans une main, tourne les yeux vers moi avant de dire :
-Nan… Je sors pas…
-Si, je dis. Tu vas aller prendre l'air avec Georg et Gustav.
-Nan.
-Bill…
-Nan j'ai dit, je vais rester avec Tom.
Je pince les lèvres et fronce les sourcils :
-Pire qu'un gosse. Je vais rester avec lui et toi tu files dehors. Tu as déjà faillit tout démolir hier soir et j'ai pas du tout envie de m'en prendre une par inadvertance.
-Bill ! gronde soudain Gustav.
-Quoi ? fait celui-ci. Nan j'ai rien fait hier soir !
-Non, il n'a rien fait et heureusement pour lui, simplement j'aurais pas aimé être à la place du téléphone…
Je laisse ma phrase en suspend et Bill rougit. Je souris avec une pointe de satisfaction puis j'insiste un peu, et Bill finit par céder. Par moment, je crois qu'il ne peut rien me refuser, et j'ai bien peur que ce ne soit la vérité…
Bill, Gustav et Georg partis, je reste seule avec Tom qui zappe inlassablement pendant que je range les restes du déjeuner. Je repousse ensuite la table contre la baie vitrée, tire les stores puis retourne dans le bout de salon.
-Redresse-toi, je dis à Tom.
Il s'exécute en grimacant et je m'installe dans le coin du canapé où il est installé. Il s'appuie ensuite contre mes cuisses que je croise pour lui faire une sorte d'oreiller, en disant :
-Marie… Je suis désolée de vous causer du soucis..
-Vous ?
-A Bill et toi… C'est de ma faute si tu dois faire usage de ton autorité sur lui…
-Mais non, je dis avec un sourire en posant une main sur le front du dreadeux. Pas du tout… Tu n'y es pour rien. Je vous aime, Bill et toi, comme si vous étiez mes petits-frères… Et je ne veux que votre bien-être. Etre chanteur c'est bien, être renommé aussi, mais vous êtes loin de votre famille à longueur de temps…
-Tu es un peu notre maman de substitution, dit alors Tom en souriant de toutes ses dents.
Je lui renvoie le même type de sourire puis je dis :
-Ne t'avise pas de redire ça devant Bill, il ferait un scandale.
Nous nous mettons à rire puis le générique d'une série policière nous fait taire et nous regardons cette série, célèbre même en France : Rex, le chien policier.
-Tu as des animaux, Marie ? me demande soudain Tom.
-J'ai et j'avais, je dis en regardant devant moi.
-C'est à dire ?
-J'ai un chat depuis deux ans et il y a environ quatre ans, j'avais un chien. Il est mort d'une leucémie. Encore avant, j'avais deux chats et un autre chien, les deux chats sont morts de vieillesse et le chien on l'a fait piquer, il faisait des crises d'épilepsie.
-Une leucémie ? Je savais pas qu'un chien pouvait avoir ce genre de maladie…
-Moi non plus. Mais je ne désespère pas, mes parents vont peut-être bien reprendre un chien.
-Et toi ?
-Moi ? Hum, c'est vrai que je vis ici maintenant… Je ne sais pas, peut-être plus tard, un chien je pense. Il jouera très bien les gardes du corps, j'ajoute en plissant le nez.
Tom se met à rire mais se calme bien vite en posant une main sur son ventre. Je m'excuse puis nous reprenons le fil de notre série.
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La nuit tombe sur Hamburg et je soupire. Je suis coincée, Tom s'est endormi contre moi il y a quelques minutes et je n'ose pas bouger pour ne pas le réveiller. J'y suis cependant forcée quand le téléphone sonne et le réveille en sursaut :
-Décroche, fait-il en se frottant un œil.
Je me lève et m'exécute :
-Allô ? Nein… Nein… Ja… OK… Bye.
-Qui c'était ? me demande Tom une fois que j'ai raccroché.
-Je n'ai pas tout bien comprit mais apparemment, c'était un journaliste du magasine « Bravo »…
-Ha non, fait Tom. C'est pas possible, ils n'ont pas le numéro d'ici… Normalement, ils contactent directement David sur son portable…
-Ben alors je sais pas, de toutes façons, je n'ai rien dit…
-Il t'a demandé quoi exactement ?
-J'ai cru comprendre qu'il était donc journaliste et qu'il voulait une interview. Il m'a ensuite demandé si Bill ou toi étiez là, j'ai répondu non, il m'a demandé si je savais quand vous rentriez, j'ai dit non, il m'a ensuite demandé, je crois, qu'il allait rappeler plus tard, j'ai dit oui et ok puis il a raccroché.
-C'est bizarre… Les journalistes n'ont pas le droit de nous demander à nous des interviews, c'est David qui s'en occupe… Remarque, c'est sûrement une joke…
-Joke ?
-Une blague, dit Tom avec un sourire.
Une rumeur de voix dans le couloir me fait alors dresser l'oreille et l'instant d'après, la porte s'ouvre sur Bill. Il a des paquets à la main et je souris :
-Aller les gars, à demain, fait-il en saluant du bras sûrement Georg et Gustav. Bonsoir ! fait-il ensuite en nous apercevant.
Je me lève et lui prends ses sacs des mains. Il en profite pour m'embrasser et j'entends un toussotement derrière moi. Je l'ignore et Bill dit :
-Tu avais raison de me mettre dehors, Marie, je me suis bien amusé.
-J'ai l'impression, je dis avec un sourire en jetant un coup d'œil dans les sacs en papiers portant les noms de grandes enseignes comme Diesel. Tu as encore claqué tout ton fric du mois, non ?
-Presque, mais je m'en fiche, fait Bill en haussant les épaules.
-Seigneur, je fais alors en français en soupirant.
-Ça va, Tom ? demande alors Bill.
-Ouais ça va, dis, c'est toi qui as donné le numéro de téléphone d'ici à « Bravo » ?
-Non, pas du tout, pourquoi ? fait Bill, étonné.
-Parce qu'un journaliste vient de téléphoner, je dis en donnant ses sacs à Bill. Aller, va ranger ça.
Il obéit et quand il revient, je vais chercher mon manteau en disant :
-Bon je vais rentrer chez moi, les mecs. J'ai pas mal de choses à faire pour m'installer correctement et…
-Tu veux pas passer la soirée avec nous ? demande Bill.
-Je vous ai fait à dîner, je réponds en ignorant la question. C'est dans le frigo, juste à mettre au micro-ondes.
-Marie…
-N'insiste pas, je dis en bouclant ma veste. Je ne vis pas ici, j'ai mon appartement. Si je commence à squatter chez vous, je vais finir par devoir vous payer un loyer alors non. Aller…
Je m'approche de Bill et l'embrasse sur la joue. Je fais pareil avec Tom en lui recommandant de se reposer et j'épaule mon sac en disant :
-Vous avez mon numéro de portable, mais juste au cas ou, d'accord ?
Bill me regarde avec un air de chien battu tout à fait délicieux mais je ne me laisse pas démonter et il m'accompagne sur le palier. Là il m'enlace mais je refuse le baiser. Il semble froissé mais je ne dit rien et quitte le bâtiment en soupirant.
Arrivée chez moi, je m'effondre dans le nouveau canapé qu'Anna m'a payé le jour-même, comme je l'apprends sur le papier épinglé au tissu des coussins. Elle a également installé mon ordinateur près de la fenêtre et placé le clic-clac à l'autre bout de la pièce, dos au mur de ma chambre, de façon à faire un coin « copains » avec une table basse qui fait mini bar. Le salon où une jolie table basse en verre, encore emballée dans le papier-bulle qui la protège, me donne aussitôt envie d'allumer la télévision mais hélas, je n'en ai pas encore…
-Anna… je dis à mi-voix en regardant autour de moi. Tu es incorrigible.
Je soupire à nouveau puis vais barrer les trois verrous de ma porte avant d'aller me préparer un repas que je mange devant mon ordinateur, répandant du même coup des miettes entre les touches de mon clavier.
Quand je coupe mon ordinateur, il est passé minuit et je fatigue. Je vais me mettre en chemise de nuit puis prends un magazine acheté en chemin et vais me coucher pour la première fois dans mon beau lit massif.
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Le lendemain matin, je suis debout à huit heures. Impossible de dormir avec le vacarme de la ville. C'est une sirène de police qui m'a réveillée en sursaut et je maudis la police pour oser travailler si tôt.
De mauvaise humeur, je quitte mon appartement sur les coups de neuf heures et demi après avoir fait un peu de rangement. Je vais faire quelques courses, rentre ranger le tout puis repart pour l'appartement des garçons, que je trouve encore couchés.
-C'est moi ! je dis en entrant dans l'appartement grâce à une clef prêtée par Janna.
-Moins fort…
Je regarde en direction du canapé et vois Tom enroulé jusqu'au cou sous une épaisse couette. Seules ses dreads dépassent et je souris. Je m'approche, lui caresse les cheveux et il se tourne sur le dos en grimaçant. Je l'embrasse sur le front et demande :
-Bill est encore couché ?
-Ja… marmonne-t-il. Noch fünf Minuten bitte... fait-il ensuite en rabattant la couette sur son visage marqué par le sommeil.
Je me dirige alors vers la chambre de mon petit-ami et y entre. La chaleur étouffante qui y règne me coupe le souffle et j'ouvre la porte en grand pour avoir un peu de lumière. Je vois alors mon Bill allongé de tout son long en travers de son lit, les bras sous l'oreiller.
-Salut… je souffle en m'asseyant au bord du lit. Bill… Debout…
Il grogne et soupire. Je me penche et l'embrasse sur la tempe. Il grogne à nouveau puis soudain son bras jaillit de sous l'oreiller et me saisit par le cou. Je me retrouve alors coincé contre lui et il me regarde fixement en disant :
-T'es vache, il est encore tôt…
-Il est dix heures… je dis en tapotant ma montre. Aller, lâche-moi, tu m'étouffes.
Il obtempère et je roule sur le lit pour me dégager. Je me lève ensuite puis l'enjoins une nouvelle fois à se lever et quitte la chambre. Je retourne dans le salon et trouve Tom debout, appuyé contre la table :
-Et alors ? je fais. Il fallait m'appeler…
-Non, dit-il en souriant. Ça va bien mieux ce matin, je n'ai presque plus mal…
-Le médecin t'a pourtant bien dit de rester couché pendant deux jours, je dis en passant un bras sur ma nuque. Viens t'asseoir…
-Non, je voulais aller aux toilettes et à la salle de bains, dit le dreadeux en secouant la tête.
-Ok…
Je l'accompagne alors aux cabinets et, pendant qu'il y est, je retourne secouer Bill qui n'a semble-t-il, aucune envie de se lever :
-Aller, paresseux, je dis. Debout. David va débarquer et je vais me faire engueuler…
-Ca va… Mama…
-Pardon ? je fais. Dis donc, toi, ne m'appelle plus jamais maman sinon ça va mal aller.
-Je rigole, dit-il en se tournant sur le dos, un grand sourire sur le visage. Bisou… fait-il ensuite.
-Gamin, je dis en souriant.
Je ne peux cependant pas lui refuser ce qu'il demande et je l'embrasse… sur la joue. Il grogne et je dis :
-Lève-toi et tu auras droit à un vrai baiser.
Je lui tire la langue puis entends la chasse d'eau et vais attendre Tom à la porte des cabinets. Je le laisse tituber jusqu'à la salle de bains où il s'enferme, puis je retourne dans la pièce principale et constate que les restes du dîner, ainsi que pas mal de cadavres de bouteilles de bière, ont été abandonnés sur le bar. Je soupire :
-Les garçons… Tous les mêmes…
Bill apparaît alors, vêtu d'un caleçon noir et d'une chemise blanche ouverte. La vue me laisse sans voix une seconde et il me dit :
-Respire…
Je rougis violemment puis il dit :
-Mon corps est-il si parfait pour que tu en reste sans voix ?
Je lui tire la langue puis je dis, retrouvant mon aplomb :
-Moque-toi, va. Non, c'est simplement que je ne t'avais jamais vu torse-nu jusqu'à maintenant… Même quand nous étions dans le chalet d'Anna…
Il hausse brièvement les épaules puis se rend dans la cuisine en disant :
-Je ne suis pas du genre à me promener à moitié habillé… C'est plus le style de Tom, mais il y a des exceptions. Et puis, tu es ma petite-amie…. Au fait, où est-il ?
-Qui ?
-Tom.
-Dans la salle de bains, je dis en jetant une bouteille dans un grand panier destiné à aller au casse-bouteilles. Je vais voir s'il s'en sort, déjeune en attendant.
-Oui, chef, fait-il avec un sourire narquois.
Je lui tire la langue puis gagne la salle de bains et toque contre la porte :
-Tom ? Je peux entrer ?
-Ja…
J'ouvre la porte et trouve Tom debout contre le lavabo, occupé à arranger ses dreads. Il est torse-nu et le large pansement sur son flanc est le seul témoin de l'accident. Je laisse échapper un sourire :
-Qu'est-ce qu'il y a ? fait-il en tournant les yeux vers moi.
-Rien, je dis en secouant la tête. Je constatais juste que tu as le même corps que ton frère…
Il hausse les sourcils et j'ajoute :
-Oh mais ne va pas croire des choses, il se balade simplement à moitié habillé dans la cuisine…
-C'est pas vraiment son style, dit Tom en se tournant à nouveau vers le miroir. Tu as une drôle d'influence sur lui, tu sais ?
Je fais un sourire en coin puis m'approche de lui et passe une main sur la ligne de ses épaules en disant :
-Vous êtes vraiment des garçons géniaux, tu le sais ça ?
-On nous l'a déjà dit mais venant de toi, ça me touche, dit-il.
Je souris puis l'embrasse sur la joue et quitte la salle de bains après m'être assurée qu'il n'avait besoin de rien. Je retourne dans la cuisine et trouve Bill affalé sur le sofa, la couette de Tom sur les genoux. Je m'approche et lui fauche ladite couette :
-Hé ! fait-il. Donne-moi ça, Marie…
-La couette de Tom va sur le lit de Tom, je dis en pliant l'immense tissu. Puisque Tom peut désormais se lever, il va retourner dormir dans son lit donc sa couette aussi. Et toi tu ferais bien d'aller t'habiller.
Il grommelle quelque chose et je lui souris. Il se lève alors et passe ses bras autour de ma taille. Il m'embrasse dans le cou en me serrant contre lui et je laisse échapper un gloussement puis le repousse en lui disant qu'il va être en retard.
-C'est bon… grogne-t-il en se dirigeant vers sa chambre.
Je souris puis entreprends de ranger un peu l'appartement, évitant de ce fait à Janna, la propriétaire que je n'ai pas encore vue, de s'en occuper.
-Tu es prêt Bill ? je demande à haute voix quand la sonnette de la porte retentit, quelques minutes plus tard.
-Deux minutes !
-Ok !
Je vais ensuite ouvrir et fais entrer Anna tout en l'embrassant sur les deux joues :
-Encore là, toi ? me fait-elle en haussant un sourcil. Tu as un appart il me semble…
-Oui, je fais. Et j'y ai couché cette nuit, je suis simplement venue les lever…
-Ha d'accord, fait Anna en souriant largement. Mais comment faisaient-ils sans toi ? dit-elle ensuite en pouffant. Bon ils sont prêts les deux lascars ? David est d'une humeur de chien…
Bill apparaît alors en attachant une ceinture cloutée sur son jean et Tom le suit de près, vêtu d'un vaste t-shirt noir :
-Tu reste ici Tom ? demande Anna.
-Oui, encore aujourd'hui…
'Le médecin a dit deux jours de repos, je dis ensuite. Et demain il pourra retourner au studio mais pas question de jouer avant une semaine.
Ce rappel à pour effet de faire tirer la tronche à Tom et sourire Anna, qui s'en va ensuite en compagnie d'un Bill méconnaissable qui ne manque cependant pas de me voler un baiser avant de quitter l'appartement.
-Il est terrible, je soupire en verrouillant la porte.
-Il n'a pas toujours été comme ça, me dit Tom en s'asseyant dans le sofa.
Il grimace et je demande :
-Tu veux tes médicaments ?
Il hoche la tête et je vais lui préparer un verre d'eau et les trois comprimés prescrits par le médecin la veille. Ce faisant, je me mets à penser, je ne sais pourquoi, à ces derniers mois. Tout est allé si vite… Je gagne un concours, je passe une semaine avec mon groupe adoré et je me lie d'amitié avec eux, tant et si bien qu'Anna, leur attachée de presse, m'invite à passer une semaine de vacances supplémentaire avec eux où je fais l'objet d'un rude combat sentimental entre Georg et Bill et où Bill l'emporte… Sans parler de mon déménagement et de mon installation à Hamburg, la ville où vivent les garçons…
-Mon Dieu… je soupire en français.
-Qu'y a-t-il ? demande Tom.
-Rien, je dis en anglais.
Je retourne dans le salon en lui tendant une coupelle avec un verre d'eau et il prend les trois comprimés en disant :
-Marie, si tu as un souci, tu peux nous en parler, tu sais…
-Un souci ? De quel genre ?
-Je ne sais pas… Un truc qui te chiffonne…
Je fais mine de réfléchir puis secoue la tête avec un sourire :
-Non, il n'y a rien pour le moment, tout va bien, mais merci de la proposition, je retiens.
Je lui fais un sourire puis il me redonne le verre et je vais le déposer sur le bar en disant :
-Bon, étant donné que tu ne peux pas sortir sans garde du corps et que nous n'allons pas passer la journée affalés devant la télé, tu va m'aider à ranger un peu. Je vous laisse une nuit seuls et regarde-moi ce bazar…
Tom sourit légèrement puis dit :
-Je te préviens, je ne pourrais pas faire grand chose.
-Si, ta chambre, je dis avec un sourire. Il y a encore tes valises éventrées, tu n'as qu'à les vider. Et tu t'occuperas de celles de Bill aussi.
-Oh non, dit Tom. Il a une sainte horreur qu'on touche à ses affaires.
-Bon, comme tu veux, je dis en haussant les épaules. Aller, au boulot, Tom !
Il me sourit puis se lève et gagne sa chambre pendant que je fais le tour du salon salle à manger cuisine en ramassant ce qui n'est pas à sa place, comme des bouteilles de bière cachées un peu partout, des pots de yaourt ou encore un carton de pizza.
-Vous vous êtes bien éclatés hier soir ? je demande à Tom en allant dans sa chambre, une bouteille de bière vide et le carton de pizza à la main. Tu es blessé, tu n'es pas censé boire…
-C'est un reproche ? fait Tom entre ses dents en me regardant de travers.
-Hum ! je fais, surprise. Non, pas du tout. C'est juste pour savoir… Mais après tout, c'est pas grave…
Je m'en vais alors en haussant les épaules et jette le carton de pizza dans la poubelle des cartons et la bouteille dans celle des verres. Soudain, deux bras m'entourent la taille et je me retourne vers Tom qui dit :
-Excuse-moi, je t'ai un peu agressée…
-Ce n'est pas grave, va, je dis en posant une main sur sa joue. Je ne vais pas me vexer pour si peu… Tu as fini de ranger ta chambre ? je demande ensuite.
-J'ai l'impression d'entendre ma mère, dit Tom en souriant.
Je secoue la tête avec un sourire puis continue de ranger pendant que le guitariste va s'installer dans le canapé avec une peluche dans les bras :
-Cadeau de fan ? je demande.
-Oh ! Ca ? Non, non, cadeau de séparation, dit-il en regardant l'éléphant bleu coincé entre ses bras. La fille me l'avait offert pour que je ne l'oublie pas mais je ne me souviens même pas de son nom…
Je hausse un sourcil :
-Bah ! fait-il. Je suis resté trois jours avec elle…
Je pince les lèvres en secouant la tête puis soupire avec un sourire. Tom se détourne soudain et j'ai comme l'impression que ça le gêne de savoir que son attitude vis-à-vis des filles me déplait. Cependant, je m'en fiche qu'il sorte avec des filles à tour de bras, et je ne comprends pas sa brusque gêne… Depuis que je l'ai giflé, la semaine où je les ai rencontrés, il est différent avec moi. Même Anna l'a remarqué… J'ai le sentiment qu'il cherche à me plaire, mais pas de la même façon que Bill. Enfin… Je hausse les épaules puis termine mon rangement et le rejoins sur le canapé où nous zappons un bon moment avant de trouver un film intéressant.
Fini pour ce chapitre! A la prochaine !!
