Bonjour à tous! Wow! Vous devez vraiment être acharnés pour avoir lu autant sur ce tas de n'importe quoi que j'ai inventé! ;) Déjà 45K! Un gros merci à vous pour le lire, je n'aurais pas continué si je pensais que personne ne le lisait!

Je roule toujours sans Beta depuis quelques chapitres alors avertissez-moi par commentaire ou message privé si vous voyez des fautes, ça m'aiderait beaucoup!

Bon, bonne lecture, désolé de toujours faire des introductions interminables...

Laissez-moi un commentaire, je les adore! (Merci d'ailleurs à tout ceux qui m'en ont laissés!)

(PS: Les gros passages en italique, au cas où cela n'aurait pas été clair, ce sont des flashbacks...)


Attention à ne pas vous brûler

Retour à la maison (Partie 2)

- Je vois, je vois... Quelque chose de jaune...

- Une étoile? La lune? Un poussin?

- Il n'y a aucun poussin, Jim. Et laisse-moi terminer. Je vois quelque chose de jaune... et de petit...

- Une bébé étoile? Un bébé poussin?

- ... et de confortable.

- Confortable?

- Confortable.

- Hum... Si c'est une façon subtile de me parler de tes caleçons, Spock, ce n'est pas-

- Tes bas, Jim! Tes bas sont jaunes!

Spock gagnait 6-2 et son exaspération ne possédait plus de limites. Une bonne chance qu'il était dans une situation de pur calme parce qu'aussi non il aurait probablement perdu ses nerfs depuis longtemps. Kirk et lui étaient étendus dans l'herbe, le ciel étoilé comme seule vue. Il était tard et les deux chuchotaient à peine à l'autre. Spock se retenait de sourire. Il était un peu trop heureux pour que cela ne dure. Il était couché près de Jim mais pas assez pour qu'un regard passant ne suspecte quelque chose.

Ses yeux se fermaient et il savait bien qu'il ne restait que par entêtement. Il ne voulait pas que Kirk parte. Il ne voulait pas se retrouver seul dans sa chambre, dans son lit. Pas quand Kirk aurait pu y être.

Et puis, dès demain, ils devront faire leurs bagages pour retourner dans leur mission de 5 ans. Spock ne s'en plaignait pas vraiment, une semaine chez lui et il commençait déjà à s'ennuyer de la cadence de l'Enterprise, mais vraiment, si rester ici voulait dire des moments aussi agréables que ceux-ci, il resterait.


Mes bas? Comment est-ce qu'il peut savoir la couleur de mes bas, lorsque même moi je ne la connait pas!

Kirk eut un petit souffle (qui sonna un peu plus comme un rire). Il ne comprenait pas toujours Spock, mais c'était correct. Pour l'instant en tout cas, cela lui allait.

Et dans quelques semaines? Et dans quelques mois? demanda une petite voix dans sa tête.

Il ne savait pas. Tout ce qu'il savait était que jusqu'à présent, ce « changement » dans leur relation lui plaisait beaucoup.

Tout en continuant de regarder vers le ciel, il apporta sa main vers celle de Spock.

C'était tellement bizarre.

Il était assis là, à la table, chez Spock, et il ne s'y était jamais senti si inconfortable.

Kirk avait compris que pour l'instant, Spock ne ressentait pas beaucoup le besoin de parler de ce qui s'était passé plus tôt à sa mère, et Jim le comprenait bien. Lui non plus n'était pas vraiment tenté d'aller parler à sa mère d'un début d'un potentiel d'un quelque chose de plus. Et puis, c'était Spock, sa mère le connaissait bien et depuis longtemps. Cela le rendait mal à l'aise.

- Alors, que c'est-il passé? demanda Amanda, avec un grand sourire.

Kirk se retourna aussitôt (peu subtilement) vers Spock dans le sens de dire : Elle sait?

Bien sûr qu'elle sait, c'est Amanda après tout, se dit-il.

- Sur le vaisseau, je veux dire. Des évènements intéressants?

- Ah oui, sur le vaisseau, s'exclama Kirk, un peu trop soulagé. Hum… Et bien, cela ne faisait qu'une semaine qu'on était en mission et techniquement, nous n'avions pas encore explorer ne serait-ce qu'une planète, mais…

Et il lui expliqua TOUT ce qui s'était passé (ce qui était quand même beaucoup pour une semaine, il fallait l'admettre), en partant par l'accident de Spock et sa jambe dans le plâtre. Il aurait bien aimé en dire plus sur l'intoxication de Spock, mais dès qu'il commença sa phrase sur le sujet, il reçut un vigoureux coup de genoux sur la hanche et alors sa phrase, comme son souffle, s'arrêta bien sec. Et il parla de la météorite, de la panique qu'a créée le manque gravitationnel, de l'homme qui l'avait planifié et de l'homme qui apparu de nulle part pour tout réparer. Et il parla finalement de leur opération de sauvetage, ou, en d'autres mots, la raison de leur retour d'une semaine.

Et Mme Grayson, qui adorait entendre des histoires, fut un public particulièrement intéressé et n'interrompit pas une fois Kirk. Elle en oublia presque de manger son assiette.

Le récit terminé, elle sourit à Kirk et Spock et ses yeux semblaient pétillés. Kirk n'y avait jamais pensé, mais la mère de Spock devait s'ennuyer bien facilement, toute seule. Elle qui n'avait plus de mari et maintenant plus de fils. Et il fallait lui donner que, pour tolérer ne serait-ce qu'un Vulcain dans sa vie, elle devait être d'une patiente et d'une vigueur infinie.

Et maintenant elle était seule.

Kirk se promit d'aller la voir plus souvent, peu importe ce qui arriverait. D'une certaine manière, il était également son fils et cela faisait d'elle sa responsabilité. Il voulait profondément qu'elle soit heureuse.

- Mais évidemment, Jim a oublié de mentionner SON anniversaire, SA blessure et SON incapacité à se préparer en moins d'une heure le matin, marmonna Spock.

- J'ai également oublié de mentionner TON petit problème à suivre des instructions très simples et très pertinentes, médicalement parlant, est-ce que tu voudrais que j'élabore, répondit Kirk avec un sourire sournois vers Spock.

Amanda rit et ce fut comme si tout était revenu à la normale. Non. Même mieux que cela. C'était comme si tout était parfaitement bien à sa place pour la première fois de sa vie.


La main de Kirk se rapprocha de la sienne, juste assez pour une invitation, et Spock ne bougea pas. Il voulait la prendre, ça oui, mais il n'était pas sûr si sa mère sortirait et comment elle réagirait. Elle serait probablement confuse, elle disait tout le temps qu'ils étaient ses fils.

Beurk…

Spock eut mal au cœur.

Ils n'étaient pas frères… Ils n'avaient pas les mêmes parents. Ils ne venaient même pas de la même planète. Ils ne trouveraient probablement pas deux personnes aussi différentes qu'eux dans toute la galaxie!

Et maintenant il était presque fâché, en colère devant les arguments qu'il avait fabriqués contre lui-même… Spock se sentait douloureusement humain tout d'un coup.

Ce sentiment le frappait de plus en plus, depuis qu'il voyait Kirk de nouveau. Toujours confus et un peu rageur, il amena sa main à celle de Kirk.

Il vit l'Humain sourire dans le coin de son œil et cela le calma. Kirk passa doucement son pouce sur la main du Vulcain et continua toujours à regarder le ciel.

- Je vois, je vois… Quelque chose de vert.

- Jim, si c'est encore une mauvaise blague par rapport à mon sang…

Amanda finit par se lever de table et pousser un bâillement en souhaitant la bonne nuit aux garçons.

- Kirk, si tu as besoin de prendre la navette, n'hésite pas, tu la ramèneras un autre jour.

Et elle partit.

Pour quelques secondes, Spock fut un peu perdu. Kirk partait?

Évidemment qu'il part! Il a une maison après tout!

Ce n'était même pas à propos d'hier. Simplement que cela faisait une semaine qu'ils dormaient dans la même chambre et cela lui sembla être des années. Cela lui rappelait l'Académie et soudainement, il y avait une urgence de ne pas laisser Kirk partir. Il sentait que s'il le laissait partir, il le perdrait encore. Son cœur s'accéléra et il commença à trembler.

Il ne savait pas ce qui se passait et cela ne fit qu'empirer son tremblement.

Il perdit la notion du temps et de son corps, mis à part une brûlure qu'il connaissait que trop bien. Après tout, il l'avait depuis ses six ans.

Tout ce qu'il savait était que lorsqu'il reprit conscience, les bras de Kirk l'étreignaient fortement et sa brûlure ne lui faisait plus mal. L'Humain le balançait légèrement de gauche à droite et lui soufflait les paroles d'une chanson dans l'oreille. Il n'eut pas vraiment la présence d'esprit pour la reconnaître, mais d'une certaine façon, elle lui était familière.

Il se laissa bercer pendant encore quelques temps, puis il put de nouveau bouger son corps, en partant par ses mains.

Il amena tranquillement, bien concentré, ses mains vers le dos de Kirk et serra à son tour. Parce qu'il aurait pu se décoller, mais il n'en avait aucune envie. Il se rapprocha et déposa sa tête sur l'épaule de Jim. Sa tête confortablement posée là et tout son corps détendu, il savait n'avoir jamais été plus confortable de sa vie.

- Allez, on va t'emmener dans ta chambre avant que tu ne t'endormes debout sur mon épaule, chuchota Kirk avec un sourire dans la voix.

Et Jim avait raison de vouloir y aller maintenant puisque dès qu'il en parla, le Vulcain sentit alors une énorme fatigue le prendre. Ses paupières s'ouvrirent juste assez pour voir et ses mouvements se firent bien plus lents. Il finit tout de même (au bonheur de Jim) par monter l'escalier et arriver dans sa chambre.

Kirk alla directement à la commode de Spock et prit un pyjama (Oui, il se souvenait du bon tiroir, et puis après!?) avant de le tendre gentiment à son ami. Il s'en alla pour sortir de la chambre lorsque la poigne du Vulcain lui prit le bras. Les yeux de Spock étaient maintenant grands ouverts, mais remplis de honte. Il baissa la tête avant de demander :

- Est-ce que tu voudrais rester? Juste pour ce soir?

Kirk eut un petit sourire.

- J'allais simplement attendre derrière la porte, le temps que tu te changes. Ne t'en fais pas, je ne te laisserais pas dans cet état-là.

Et comme il avait dit, Kirk attendit derrière la porte, avant de se mettre lui-même en boxer (il n'avait pas vraiment de pantalon de pyjama sous la main) et de garder son chandail. Tel était constitué, de toute façon, le pyjama traditionnel de Jim Tibérius Kirk. Ils se mirent les deux sous les couvertures et bien que Spock ne sut pas vraiment comment se placer au départ, Jim se tassa de son bord pour coller Spock.

Cela n'aurait pas dû le surprendre que Kirk prenne la place d'un éléphant dans le lit, et encore moins qu'il le colle jusqu'à ce que ce soit presque inconfortable.

Le mot clé était «presque» dans cette phrase.

Il passa proche de s'endormir dans la seconde, les nerfs finalement calmés et la chaleur de Kirk (sauf pour ses pieds gelés qu'il avait évidemment plaqués contre ses jambes) comme calorifère personnel, mais Jim lui chuchota, sa tête ancrée dans son cou.

- Qu'est-ce qui t'arrive Spock? Cela fait plus de crises en une semaine que j'en ai comptés avant l'Académie. Qu'est-ce qui se passe?

Kirk se cachait un peu en demandant la question, sachant que Spock n'était pas vraiment un enthousiaste à parler de ses sentiments, encore moins s'il y avait une paire de yeux qui l'observait. Et puis c'était sans parler du fait qu'il était absolument confortable.

Spock prit une bonne minute pour y réfléchir, même si son esprit le suppliait de se coucher. Il persista. Il voulait donner une réponse à Jim. Il voulait lui dire la vérité. Et après un temps, il comprit que la vérité était assez simple.

- Je ne sais pas, chuchota-t-il.

- Ok, c'est pas grave. On va trouver, et on va te réparer ça, mon petit ordinateur.

Spock sourit. Comme à chaque fois que Jim affirmait quelque chose, il sentit que c'était la simple et unique vérité. Alors Spock le crut et, sentant à peine son nez et le bout de ses doigts picoter, il s'emmitoufla encore plus dans l'étreinte de son Humain.


- C'est un brin de gazon? Une feuille? Les chaussettes louches du voisin que l'on peut voir sur sa corde à linges?

- Je n'ai littéralement encore rien dit, s'exclama Spock avec un petit rire.

- Oui, mais cela me semblait de très bonnes hypothèses à t'offrir. Qui sait si d'un seul coup, je n'avais pas eu le don de lire dans tes pensées.

- Tu n'as jamais pu lire mes pensées Jim.

- Peut-être que c'est exactement ce que je veux que tu crois, répondit Kirk d'un ton vague et mystérieux.

Spock tourna sa tête vers Kirk, un sourire amusé sur le visage. Il voyait celui-ci, la tête traînant paresseusement dans l'herbe et les yeux pétillants pointés vers le ciel. Le regard de Jim finit tout de même par croiser le sien et Spock put voir le sourire sur le visage de l'Humain.

- Alors, dis-moi à quoi je pense.

Le sourire de l'Humain s'agrandit avant qu'il ne repointe ses yeux vers le ciel.

- Tu es évidemment en train de penser à mon physique de rêve et à ta chance de m'avoir ici, rien que pour toi.

- Évidemment, répéta sarcastiquement le Vulcain avec un sourire.

- L'évidence même, rajouta Kirk.

Kirk passa une fois de plus un doigt dans son collet d'uniforme. Il avait l'impression d'étouffer. Et pourquoi tout le monde n'avait pas tous aussi chaud que lui! Ils étaient une bonne centaine dans la salle de procès, et pas un seul qui semblait aussi nerveux que lui. Même pas Christopher Pike lui-même.

- La Cour demande commandant Spock à la barre.

Les mains de Kirk étaient humides. Il devait s'attendre à tout. Il regarda Spock se placer avec autant de droiture que le pouvait un homme et essaya de se relaxer.

Le juge demanda alors à Spock de jurer toute honnêteté. Le mi-Vulcain eut l'air d'hésiter et d'être par-dessus tout confus.

Évidemment, pour lui, cela doit être absurde comme idée!

Kirk eut un petit rire, mais se reprit rapidement lorsqu'une vieille femme à sa gauche le regarda bizarrement.

Il n'avait pas peur de ce que Spock allait dire. Il avait peur de la façon dont Spock allait le dire. Il y avait une très grande et très importante différence entre dire que leur capitaine leur ordonna de faire telle chose et dire que leur capitaine laissa ses émotions le déranger dans ses fonctions.

Dans son inquiétude, il rechercha le regard du mi-Vulcain, mais celui-ci était trop occupé à répondre. Jim n'écoutait même plus, il ne faisait que regarder...(il ne pouvait même plus dire «son ami») (il ne pouvait pas le nommer froidement avec un «son collègue»)(il ne pouvait tout de même pas l'appeler «son…» «son…»

PETIT. COPAIN.

Bon, c'est pas si compliqué de dire quelque chose dans sa tête, bordel!)

(Kirk s'en résolu à la solution facile :) Spock.

Et c'est donc en le regardant qu'il compris qu'il y avait un problème. Spock ne répondait plus. Il figea, ses yeux s'agrandissant et il fixa le micro devant lui.

Kirk entendit la première question depuis le début du tour de… de… (arg!) de Spock, bon.

- Monsieur Spock, veuillez répondre à la question. Si votre capitaine vous avait dit la vérité sur ses motifs, seriez-vous quand même allé sur la planète?

Quoi? Quelle sorte de question est-ce que c'était? Ils ne lui avaient certainement pas demandé ÇA à sa période de questions.

Spock se recomposa avant de répondre, la voix absolument stable :

- Je ne serais pas allé avec une équipe. J'y serais allé seul.

- Et vous croyez que ce serait la meilleure option?

- Non, la meilleure option aurait été que les vaisseaux de la Fédération arrivent assez tôt pour faire leur travail, soit d'attraper l'ennemi et de sauver les otages, répondit-il en levant un sourcil, sa manière de signifier son «duh» intérieur.

Kirk rit une deuxième fois et il était sûr que tous ceux autour de lui l'avaient entendu.

- Oui, et bien, j'imagine que l'on ne peut pas vraiment changer cela, répondit maladroitement l'avocat de l'opposition, pris de court.

- La défense aurait-elle quelque chose à demander au témoin? Demanda le juge.

Pike était assis, un sourire un visage et son avocat, essayant de ne pas trop s'enjouer de la réponse de Spock, resta professionnel mais satisfait.

- Il me semble que tout a été dis votre honneur, répondit-il en se levant.

- Parfait alors ceci conclura la session d'aujourd'hui. Elle reprendra demain dès 8 heures.

Le juge cogna alors son petit maillet et tous se levèrent pour quitter. Jim voulut aller rejoindre Spock, ne serait-ce que par habitude, mais il fut bloqué par son ancien capitaine.

- Je dois te parler, suis-moi.

Kirk ne savait pas vraiment ce dont le Capitaine voulait lui parler, mais il se disait que cela devait être important puisqu'il portait cette expression paternelle et sérieuse. Son supérieur l'amena loin de la salle du procès, passant dans divers corridors et Jim se demanda comment est-ce qu'il allait retrouver son chemin vers l'entrée. Il se demanda également si Spock allait l'attendre avant de repartir.

Christopher finit par s'arrêter devant une porte. Il l'ouvrit et à l'intérieur se trouvait un petit bureau qui rentrait à peine dans les 4 mètres carrés de la pièce. C'était un bureau tout à fait normal avec un ordinateur tactile avec hologramme et une plante dans le coin. Kirk se dit que cela aurait pu être le bureau de n'importe qui, mais de la façon que Pike s'assit sur la chaise derrière le bureau, Kirk comprit que cela devait être celui d'un ami du capitaine, plus probablement son avocat. Christopher l'invita à s'asseoir sur l'autre chaise, qui était si coincée qu'elle effleura la porte lorsque celle-ci se referma.

C'est donc cela les privilèges de livrer la justice, se dit-il ironiquement.

Il s'assit et ressentit immédiatement l'atmosphère s'alourdir maintenant que la porte était fermée et que la seule lumière provenait de l'ampoule au plafond.

Kirk regarda Pike. Celui-ci avait les yeux fermés, la tête appuyée sur le bout de ses deux mains. Ses bras, eux, étaient appuyés sur le bureau. Il pensait à comment est-ce qu'il allait commencer cette conversation.

Deux secondes plus tard, Kirk regardait autour de lui, ressentant un certain malaise.

- Je ne vais pas récupérer mon poste, lâcha Christopher.

Kirk fronça les sourcils et regarda le visage en face de lui.

- Ne dites pas cela, le procès va si bien. Et avec le témoignage de Spock, cela ne peut qu'aider votre cause. La Fédération va bien finir par comprendre que vos intentions étaient bonnes.

- Non, Jim, tu ne comprends pas. Je… Je sais que tu vas t'emporter lorsque je vais t'expliquer alors, s'il te plaît, je veux que tu prennes le temps de comprendre.

Christopher regarda Kirk dans les yeux, lui faisant comprendre que c'était très important. Kirk hocha la tête, acceptant ses conditions.

- Peu importe si je remporte le procès ou non. Peu importe s'ils me redonnent mon poste. Peu importe s'ils décident même de me nommer Chancelier. Je n'accepterais pas. Je démissionne.

Kirk prit une grande respiration, comme s'il allait commencer à parler, mais Pike l'arrêta d'un regard menaçant et d'un signe de main. Le jeune commandant se reprit et attendit l'explication de son capitaine.

- Ce que j'essaie de te faire comprendre, c'est que j'en ai fini. Je n'ai plus le besoin d'aller chercher de nouvelles trouvailles dans les recoins de l'espace. Je ne ressens plus l'excitation lorsque je pars en mission. Ce n'est plus un privilège pour moi, cela en revient à une tâche, une corvée.

Jim ne l'avait jamais vu avoir l'air aussi fatigué et puis, son expression changea. Sa moue se tourna en petit sourire intime, comme s'il ne réalisait pas qu'il souriait.

- Elle venait toujours me chercher lorsque je revenais de missions. Son horaire était plus flexible que le mien alors elle pouvait passer jusqu'à des semaines avec moi lorsque j'étais en congé. Petit à petit, c'était moins pour l'expérience de l'Enterprise que pour le retour. Christopher prit une grande respiration difficile. Alors, lorsque j'ai su qu'elle était prise là, sur la planète et qu'elle pouvait mourir à n'importe quel moment, j'ai un peu perdu la tête. Je me voyais revenir et ne plus la voir. Soudainement, j'ai réalisé que ma vie n'aurait simplement plus de sens. Mon existence ne tournait plus autour des étoiles et des planètes que nous passions à chaque jour mais bien autour… d'elle.

Après quelques secondes de silence, Kirk prit l'occasion pour poser une question, mais tout de même calmement, quoi qu'un peu sèchement.

- Une passion ça ne se perd pas si facilement. Dans cinq ans, qu'est-ce que vous allez faire lorsque l'Enterprise vous manquera?

- Elle ne va pas me manquer, je lui ai dis au revoir et j'ai fais mon deuil. Je préférais être où Vina est. C'est comme ça. Plus besoin de chercher des merveilles dans l'Univers, un après-midi tranquille avec elle à mes côtés et cela me comble.

- Je trouve cela honteux de renoncer à un rêve pour une personne.

- Jim, il se reprit. Un jour tu vas simplement comprendre que tu as tout vu ce que tu avais à voir et tout fait ce que tu voulais faire.

- J'espère ne jamais atteindre ce stade, répliqua le commandant sèchement.

- Et j'espère vraiment que tu le feras, dit Pike avec la voix la plus sincère.

Kirk, voyant que la conversation était finie, se leva de sa chaise et alla pour quitter.

- Jim, avant que tu ne partes… Ils vont te nommer Capitaine de l'Enterprise.

Kirk se retourna rapidement.

- Pourquoi est-ce qu'ils feraient ça?

- Parce que je leur ai demandé.

Kirk ne demanda pas pourquoi.

- Où est-ce que Spock va aller? demanda-t-il à la place.

- Je ne vous sépare pas si c'est ce dont tu as peur. Il sera affilié à la division scientifique, comme avant.

- Je le veux comme second, dit Jim d'une voix ferme qui le surprit lui-même.

- Ils ne laisseront pas deux jeunes-

- C'est ma seule condition.

Il ne savait pas s'il pouvait le faire sans Spock comme second. Il n'était pas sûr d'être prêt sans lui pour le conseiller ou l'arrêter lorsqu'il ferait des erreurs. Il n'était pas sûr d'apprécier sans lui à son côté.

Mais Kirk ne dit pas cela à Christopher. Il ne se le dit même pas à lui-même. Il le pensa et renia l'idée loin dans son esprit.

- Ne soit pas aussi arrogant pour croire qu'on devient capitaine en posant des conditions. Ils trouveront quelqu'un d'autre et puis c'est tout.

- Peut-être mais vous, vous ne voulez pas que l'Enterprise tombe dans les mains de n'importe qui, n'est-ce pas?

Pike ne répondit pas et Jim prit cela pour une affirmative. Il sortit et referma la porte.

Il savait alors qu'il allait avoir Spock comme second et ce fut comme un poids de moins sur ses épaules. Il s'était demandé toute la semaine ce qui adviendrait d'eux, mais fut bien heureux du résultat.

Il savait bien que c'était enfantin de demander une aussi grande faveur, mais il voulait simplement être certain.

Il partit dans le dédale de corridors et finit par trouver la sortie après plusieurs essais. Spock était là, appuyé sur un mur. Celui-ci releva la tête et il fut immédiatement soulagé de voir Kirk marcher dans sa direction.

- Où est-ce que tu étais? Je pensais que tu étais parti sans moi, s'empressa de dire Spock en avança vers lui.

Kirk eut un petit sourire avec de revenir à son expression normale.

- Je t'expliquerais plus tard.

Il marchait vers la porte, mais Spock s'était arrêté, alors il se retourna.

- Quoi?

- Est-ce que tu m'aurais attendu si cela avait été moi? Demanda-t-il, un peu gêné, mais vraiment concerné, comme s'il s'était penché pendant de longues minutes sur la question sans avoir obtenu une réponse claire.

Kirk sourit.

- Et bien cela aurait été sûrement bien bizarre d'attendre chez toi sans que tu ne sois encore arrivé, alors je suppose que t'aurais attendu ici, oui.

Spock sourit et quelques secondes plus tard, il marchait de nouveau, passant même devant Kirk.


- Je ne comprends toujours pas pourquoi ils nous auraient pris les deux. Nous sommes les deux nouvellement diplômés et ils nous prêtes l'Enterprise juste comme ça? demanda Spock, un peu dans ses pensées. Ça n'a aucun sens…

- Ne cherche pas trop loin… Peut-être qu'ils ont compris que sans moi, tu étais aussi utile qu'un papier mouillé, dit Kirk, faignant l'ignorance.

Spock se retourna la tête dans l'herbe pour le fixer, du style «Ben oui. Ça doit être ça, hein.» Mais Kirk l'ignora et ne fit qu'en rajouter.

- Aussi utile qu'un bas dans le fond d'une douche. Aussi utile que la lettre «y». Aussi utile qu'une lampe de poche sans pile. Aussi utile-

- Ok, je crois que j'ai compris ce que tu voulais dire, merci bien, l'arrêta Spock.

Kirk, entendant le mécontentement dans la voix de Spock, il se retourna vers lui avec un grand sourire.

- Arrrr, tu sais que je fais des blagues, grognon. Ne le prends pas comme ça!

Et il s'approcha pour la première fois de la soirée. C'était plus joueur qu'à leur habitude, pourtant.

- Hein? Tu le sais hein? Hein?

Il monta par-dessus le mi-Vulain et il appliqua son visage à 2 centimètres à celui de Spock, juste pour l'énerver. Ses deux mains de chaque côté du corps du mi-Vulcain.

- Hein?

Spock essaya vraiment fort de ne pas rire ou même sourire, et de garder son expression fâchée, mais cela ne marcha absolument pas. Après quelques secondes, il retrouva son grand sourire qu'il n'était plus capable d'enlever depuis quelques jours.

- Les garçons? demanda une voix au loin.

Les deux se regardèrent avec de grands yeux et se décollèrent aussi rapidement que la vitesse leur permettait, mettant un bon mètre entre eux.

- Ah, vous êtes encore là? Mais vous allez attraper froid! Ce n'est pas une bonne idée d'attraper un rhume avant une mission! En tout cas, j'étais venu pour vous dire que j'allais me coucher. Jim, chérie, demain nous allons arrêter chez toi sur le chemin pour aller au garage de l'Enterprise, d'accord? Tu pourras prendre certaines choses qui te manquent. Cinq ans, c'est long…

- Parfait, merci madame Gray, s'exclama Kirk, les yeux toujours fixés vers le ciel et le corps aussi flexible qu'un poteau de métal. Et bonne nuit! Il respirait à peine, toujours sous le choc. Sa voix paraissait même plus aiguë.

- Bonne nuit, maman, s'exclama l'autre homme, avec autant d'aise que celui d'avant.

Ils finirent par entendre la porte de derrière la maison se refermer et ils purent enfin relaxer.

- Tu sais qu'elle sait, hein? finit par chuchoter Kirk, comme si la mère de Spock pouvait encore les voir où les entendre.

- Pourquoi tu dis ça? demanda le fils en panique.

- Premièrement, elle savait que je resterais ce soir. Deuxièmement, elle ne m'a pas placé le divan avec des couvertes donc elle savait que je dormais avec toi et troisièmement, c'est ta mère, évidemment qu'elle le sait.

Spock ne réagit pas, il fut paralysé pendant un bon dix secondes.

- Elle sait, fut tout ce que Spock put dire.

- Yup, fut tout ce que Kirk trouva à répondre.

Et puis, une minute plus tard...

- Quelque chose de brun, dit Kirk en brisant le silence.

- Un arbre, répondit Spock aussitôt.

- Damn it! Comment est-ce que tu l'as su?

Le mi-Vulcain se retourna, portant son expression la plus populaire, soit la « tu te fous de ma gueule? ».

Puis il retourna dans ses pensées, son regard se tournant directement vers le haut. Le ciel était particulièrement dégagé ce soir-là. Jim lui avait fait remarqué et alors, lorsque celui-ci sortit pour l'apprécier et s'asseoir bien confortablement dans l'herbe, Spock le suivit. Il y avait tellement d'étoiles que même après ce qui lui paraissait être des heures, il pouvait toujours découvrir d'autres étoiles qu'il n'avait pas encore vu ou simplement passer par-dessus sans les avoir réellement remarquées. Cela lui fit penser...

- Alors, tu vas être capitaine, énonça-t-il comme ca.

- Ouaip.

- Tu as peur? Demanda-t-il en se retournant pour voir l'expression de l'autre.

- Je suis terrifié, répondit-il en se retournant lui aussi, mais il portait un grand sourire.

Spock se doutait que leur mission de cinq ans allait être toute une aventure.

Il sourit en retour à Kirk et s'approcha un peu plus de Kirk. Loin, il avait commencé à prendre froid.