Chapitre 13 :

Narcissa Malfoy pénétra dans la cellule et elle resta immobile un instant, laissant le temps à ses yeux pour s'habituer à l'obscurité qui y régnait, elle pouvait cependant apercevoir la silhouette d'Étienne qui se releva doucement, avec hésitation, comme s'il s'attendait à chaque instant à recevoir un sort. D'un geste gracieux de sa baguette, elle referma la porte du cachot, apposa un sort de silence sur la pièce et alluma les torches qui étaient installées au mur. Aussitôt, la salle aux murs de pierres fût bercée par une douce clarté qui contrastait avec l'allure lugubre des lieux. Mme Malfoy portait une robe de sorcier d'un mauve foncé et lorsqu'elle avança de sa démarche altière vers le mangemort, ce dernier regarda le bas de sa robe voler derrière elle et admira malgré lui, la femme devant lui. La mère de Draco avait du être une jeune femme magnifique, mais cette vie de tourments et de violence l'avait atteinte de manière irrémédiable, elle n'avait pas seulement vieillie, elle était usée, rongée par l'inquiétude, la souffrance et le malheur. Depuis le départ de Draco, son état semblait s'être aggravé et des cernes se creusaient sous ses yeux gris.

Elle avança jusqu'au jeune homme sans dire un seul mot et le toisa de haut en bas, l'air pensive, le jaugeant impudiquement du regard. Elle soupira et prononça une formule à voix basse. Aussitôt, Étienne fut propulsé sur le mur derrière lui et il poussa un gémissement lorsque son corps entra brutalement en contact avec la pierre glacée, des liens magiques sortirent du mur et lui enserrèrent alors les bras et les jambes, s'enfonçant dans sa peau, comme les serres d'un gigantesque oiseau. Elle était venue pour le tuer, maintenant il en était sûr et il ne put qu'accueillir cette nouvelle avec une extrême angoisse même s'il dirait ensuite qu'il se sentait soulagé et même calme à ce moment-là. Il voulut parler, s'expliquer à Mme Malfoy et même la supplier si c'était possible, tout pour rallonger sa misérable existence, mais ce fut elle qui parla, d'une voix mesurée.

-Lorsque tu as séduit mon fils, Lucius était fou de rage, commença calmement Narcissa sans vraiment le regarder, faisant tourner sa baguette entre ses mains. Il n'acceptait pas que son fils devienne un homme, mais surtout, il n'acceptait pas que ce soit un sorcier aussi misérable et sans envergure dont il se soit amouraché. Moi, je l'ai persuadé qu'il fallait respecter son choix, que ce n'était qu'une amourette sans conséquence et qu'il fallait vous laisser faire.

Un silence de quelques instants se fit et Étienne regarda avec horreur Narcissa sortir un poignard d'une des poches de sa robe.

-C'était mon erreur, ajouta-t-elle en brandissant l'arme vers le mangemort qui hoqueta, puis à son grand étonnement, elle fit glisser la lame dans sa propre paume et grimaça en s'entaillant profondément l'intérieur de la main.

Étienne regarda le sang couler de la main de la femme et tomber par terre, goutte à goutte, et il ne put réprimer un frisson. Il ignorait où elle voulait en venir en faisant cela et il craignait à chaque instant qu'elle enfonce le poignard dans son ventre, jusqu'à la garde ou encore qu'elle lui tranche la gorge, le laissant se vider de son sang en le regardant avec cette même placidité, ce même regard glacial et pourtant si envoûtant.

-Certaines personnes croient qu'il existe une sorte de justice naturelle ou divine. Que si on commet un acte mauvais, on sera puni par le destin, en quelque sorte. Une justice de la conscience, de la morale qui agirait comme une balance pour rétablir l'ordre, une justice pour ceux qui échappent à celle des hommes... Je n'ai jamais cru en une telle chose. Je préfère m'assurer moi-même que l'équilibre soit rétabli, même si pour ça, je dois me salir les mains, dit-elle en s'approchant d'Étienne dont le rythme de la respiration s'était accéléré.

-Je vais reprendre ça si tu le permets, ajouta-t-elle en arrachant le pendentif en or blanc qui pendait au cou du jeune homme, c'était le cadeau de Noël que lui avait offert Draco.

Elle lui prit alors la main dans laquelle elle fit une profonde entaille comme celle dans la sienne, le jeune homme poussa alors un cri et elle leva les yeux au ciel d'agacement. Elle prit alors le pendentif de sa main blessée et la colla sur celle du mangemort en appuyant fermement, mélangeant leurs sangs, le médaillon au centre.

Une horrible sensation de déchirement traversa Étienne, comme si on tentait de séparer son esprit de son corps, il poussa un cri lorsque la douleur se fit plus forte, puis intolérable à mesure que le noir se faisait autour de lui. Lorsqu'il ouvrit les yeux de nouveau, il se retrouva dans une petite cuisine aux murs de pierres, c'était l'hiver et un feu grondait dans la cheminée. La pièce était sale et en désordre, la table de bois usée était recouverte de parchemins et un vieux chat à l'allure aigri et à qui il manquait une oreille ronflait sur une des chaises. Il entendit alors un cri venant du salon et eut un pas de recul.

-Où sommes-nous? Demanda une voix près de lui.

Il se retourna en sursautant vivement, Narcissa Malfoy se trouvait juste derrière lui et observait avec dégoût la pièce autour d'eux.

-Chez moi, répondit-il simplement à la femme.

Il s'éloigna d'elle et se dirigea vers le salon, sachant ce qu'il y verrait, il ne comprenait pas ce qui était en train de se passer, mais la sorcière avait du pénétrer dans ses souvenirs en joignant ainsi leurs mains ensanglantées. Comme il s'y attendait, il se retrouva nez à nez avec lui-même deux ans plus tôt en arrivant dans le salon. C'était le souvenir du soir où il avait quitté sa misérable famille pour de bon. Il se vit debout devant sa mère, une femme décoiffée et vêtue d'une vieille robe noire décolorée au niveau des coudes, il avait sa baguette à la main et sur l'épaule, un sac de toile.

-Où allez-vous? Demanda sa mère d'un air déboussolé en faisant un pas vers son fils. Ton père organise un bal ce soir, toute la haute société y sera, vous devriez aller vous préparer, moi j'ai déjà revêtue ma robe de bal, ajouta-t-elle en désignant l'horrible vêtement qu'elle portait chaque jour.

-Je pars, dit-il en la bousculant sans la moindre délicatesse.

-Où? Partez-vous à la chasse?

-Comme si cela vous intéressait, enlevez-vous de mon chemin, retournez boire et jouer à la grande dame avec tous vos valets, les garçons d'écurie, les femmes de chambre, les comtes et les duchesses imaginaires! Je n'en peux plus, je ne peux plus vivre dans cette maison de fous!

Mme. Fredyk s'approcha de son fils et le gifla brutalement.

-Ne me parlez plus jamais sur ce ton, lorsque votre père sera rentré…

-Mon salaud de père nous a abandonnés il y a quinze ans, il ne rentrera jamais! Hurla-t-il en bousculant sa mère pour sortir de la maison.

Sa mère ignora son commentaire et lui agrippa le bras pour l'empêcher de s'en aller.

-Lâchez-moi mère, dit-il avec lassitude, sa colère s'était estompée, il n'éprouvait plus pour cette femme qu'une sorte de dégoût mêlé à de l'ennui. Je dois partir.

-Marc! Dit-elle en se retournant vers un valet qui n'existait que dans son imagination. Il est interdit au fils du comte de quitter le manoir pour quelques motifs que ce soit, transmet ses ordres aux autres et dit qu'il s'agit d'un ordre de la comtesse.

Étienne soupira et se dégagea de l'emprise de sa mère, une minute de plus dans cet enfer et il deviendrait aussi fou qu'elle.

-Adieu mère, lui murmura-t-il.

-Tu n'es qu'un lâche! Un lâche! Hurla-t-elle en le voyant passer le pas de la porte. Un lâche comme ton père!

Autour de Narcissa et du Étienne des temps présents qui n'avaient pas échangé une seule parole depuis qu'ils avaient pénétré dans le souvenir, le noir se fit à ce moment-là et comme plus tôt, ils se retrouvèrent transportés ailleurs, cette fois-ci Narcissa reconnut aussitôt l'endroit, il s'agissait du manoir Malfoy, plus précisément de la porte ouest. Ils étaient devant la porte qui menait à l'extérieur, cette dernière était entrouverte et on pouvait entendre des cris et des rires provenant de l'extérieur, mais il était impossible, d'où ils étaient, de savoir ce qui se passait. Si Mme Malfoy reconnut l'endroit, Étienne, lui, reconnut immédiatement le souvenir duquel il s'agissait et jeta un regard nerveux vers la femme à côté de lui, lui il savait très bien ce qui était en train de se passer. Pourquoi faisait-elle ça, que cherchait-elle? Il la vit faire un pas vers la porte, visiblement pour aller voir ce qui était en train de se passer à l'extérieur, Étienne tenta de la retenir d'un geste, mais elle l'ignora et s'avança vers ce souvenir qui la hanterait jusqu'à sa mort.

La première chose qu'Étienne vit fut lui-même, il était assis par terre et tenait le bras gauche de Draco. Ce qui était bien inutile, car le serpentard ne se débattait plus depuis un long moment, son visage était tourné vers Étienne, mais son regard était éteint et son visage sans expression, en fait, il aurait été difficile de dire s'il était conscient ou non s'il n'y avait eut ses pleurs. Étienne se souvint que le blond avait rapidement cessé de crier, mais qu'ensuite, il n'avait cessé de pleurer, des pleurs presque silencieux, fatigués, il pleurait même encore quand on l'avait jeté dans le cachot beaucoup plus tard cette nuit-là. Lui, qui pour la première fois contemplait la scène autrement que par ses yeux eut un haut-le-cœur douloureux qui lui remplit les yeux de larmes, mais il n'avait rien à vomir. Puis, il vit Narcissa qui s'était laissée tomber à genoux sur le sol, elle regardait son fils qui lui ne le voyait pas et ses lèvres s'agitaient, comme si elle chuchotait quelque chose, il s'approcha.

-Je ne veux pas voir ça, murmura-t-elle un peu plus fort, comme si elle avait oublié la présence d'Étienne à côté d'elle.

À ces paroles, Étienne comprit que Lady Malfoy ne contrôlait pas plus que lui ce qui se passait, elle avait perdu le contrôle du sort depuis le début, c'était pour ça qu'elle avait eu l'air si surprise lorsqu'elle était arrivée dans le premier souvenir.

-Je ne veux pas voir ça! Cria-t-elle cette fois si en se détournant de la scène.

La terre se mit alors à trembler autour d'eux alors que les cris des mangemorts et les pleurs de Draco continuaient de se répercuter autour d'eux. Un grondement sourd s'éleva alors autour d'eux, puis, comme les deux fois auparavant, ils furent transportés ailleurs ou plutôt nulle part. En effet, ils se retrouvèrent dans un endroit qui leur était tous deux inconnu, il n'y avait ni mur, ni plafond, seul le plancher de marbre noir qui semblait s'étendre à l'infini était tangible sous leurs pieds. Une lumière diffuse semblait irradier de l'espace autour d'eux. Étienne regarda Mme Malfoy et comprit immédiatement en voyant son air qu'elle avait repris le contrôle, c'était ici qu'elle avait voulu l'amener dès le départ. Bien qu'il sentait que cela le rapprochait irrémédiablement de sa fin, il fut soulagé que les pleurs du blond se soient arrêtés, bien qu'il y ait rêvé de nombreuses fois, sa mémoire en avait altéré la vivacité, la douleur.

Si Narcissa avait repris un peu de contenance en reprenant le contrôle de son sortilège, elle n'arrivait pourtant pas à chasser le dernier souvenir de son esprit. Comment aurait-elle pu? Elle s'approcha d'Étienne qui la dévisageait silencieusement, il semblait attendre quelque chose.

-Une chose… Une chose que je voulais savoir, dit-elle en hésitant. L'as-tu jamais aimé?

Un long silence se fit et Narcissa crut qu'il ne lui répondrait pas.

-…Oui, murmura Étienne.

-Dans ce cas, tu es encore pire que ce que je pensais… Dit-elle en sortant subtilement le poignard qu'elle avait utilisé plus tôt de la poche de sa robe, Étienne la vit, mais ne bougea pas, il poussa à peine un petit gémissement en sentant la lame s'enfoncer dans son ventre.

Il murmura quelque chose, mais Narcissa ne comprit pas, alors elle se pencha plus près de lui.

-… Je… Je suis désolé…

Elle recula et le dévisagea un long moment en silence.

-C'est fini, lui chuchota-t-elle à l'oreille d'un ton presque apaisant, puis elle retira la lame de son ventre ce qui le fit pousser un gémissement aigu.

Étienne tomba à genou en plaquant une main sur son ventre et ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il s'aperçut qu'ils étaient tous deux revenus dans le cachot du manoir Malfoy. Soudainement, il ne ressentait plus aucune douleur et baissa les yeux vers son ventre qui était intact. Que s'était-il passé? Il n'était pas mort? Pourquoi? Il se sentait pourtant différend, en plus de la grande fatigue qu'il ressentait, il lui semblait qu'on lui avait enlevé quelque chose sans qu'il puisse identifier avec certitude de quoi il s'agissait. Sans un mot, Lady Malfoy passa le pendentif qu'elle lui avait arraché plus tôt autour de son propre cou et Étienne cru, pendant un instant, le vois briller d'une étrange lueur, puis elle sortit sans un mot et sans un regard, le laissant ainsi dans la confusion la plus complète.


Après le départ des mangemorts, les membres de l'Ordre avaient immédiatement transplanés à Square Grimmaurd, car plusieurs membres nécessitaient des soins, dont Ron qui était inconscient. Draco avait aidé Harry à rejoindre les autres, car le sort de paralysie ne s'était pas encore entièrement dissipé et il avait de la difficulté à contrôler sa jambe gauche qui était très raide. Luna avait empoigné le gros chat noir et blanc qui était en piteux état et avait décidé de le ramener avec eux, elle ne pouvait tout de même pas le laisser là. Elle jeta un dernier regard au poste Nord, se doutant qu'elle ne reverrait probablement jamais cet endroit où elle avait été si heureuse et qui représentait à présent tant de souffrance et de malheur.

Arrivés à Square Grimmaurd, tout s'était déroulé très vite, Ron avait été couché dans la chambre de Luna et sa mère s'était occupée de lui, alors que les autres s'étaient regroupés dans la salle à manger où des trousses de soins et diverses potions leur permirent de soigner leurs blessures. À peine furent-ils arrivés qu'Harry vit Malfoy s'éloigner d'eux et gravir l'escalier qui menait aux chambres sans un seul regard pour eux. Il avait certainement besoin d'être seul après tout ça. Près de lui, Luna tenait toujours le gros chat dans ses bras, elle ne semblait pas avoir été blessée, mais elle affichait une mine soucieuse qui ne cadrait pas avec son attitude habituelle.

Le calme était lentement revenu à Square Grimmaurd depuis leur retour, il y avait environ deux heures. Les blessés avaient été soignés, Hermione avait rejoint Ron dans sa chambre et Harry ne voulait pas les déranger, il irait voir son ami qu'il savait hors de tout danger après. Il monta les escaliers menant à l'étage et se dirigea vers la chambre qu'il partageait avec Malfoy, Hermione et Ron, il hésita un instant avant de cogner, ignorant dans quel état se trouvait le blond qu'il savait être à l'intérieur et qui n'avait pas reparu depuis leur arrivée. Personne ne répondit dans la chambre et il cogna de nouveau, cette fois, il entendit clairement un grognement à l'intérieur, et haussa les épaules en poussant la porte. Malfoy était assis sur son lit, le dos appuyé contre le mur et il lança un regard mauvais en direction de l'intrus. Ce dernier ne s'en préoccupa pas et entra dans la chambre en refermant doucement la porte derrière lui, puis il s'assit sur son propre lit, faisant ainsi face au serpentard qui détourna son regard.

Tout ce qu'il voulait s'était être seul, Potter ne pouvait-il pas comprendre ça? Bien entendu, il savait que c'était sa chambre à lui aussi, mais il savait aussi très bien que la seule et unique raison qu'il avait d'être ici était de lui parler, sinon il serait déjà reparti et surtout, il ne le dévisagerait pas de la sorte, avec cet air calme et rempli de sympathie. Draco n'avait pas besoin de sa sympathie, il avait juste envie d'être seul, dans le calme et de faire le vide, de cesser de réfléchir pour une fois, de se concentrer et de fermer son esprit à tous ces sentiments, ces pensées désordonnées qui frappaient à la porte de son esprit. Il tenta de se concentrer, de pratiquer un exercice d'occlumencie que lui avait appris son parrain, mais son esprit se remit à s'agiter. Il ne pourrait jamais y arriver avec le Survivant qui le regardait ainsi, assis à quelques pas de lui. Il savait que d'une seconde à l'autre, le gryffondor se sentirait obligé d'ouvrir la bouche et de parler. Parler, il en avait tellement marre de parler, cela ne menait à rien. Il avait assez parlé. De toute façon, dorénavant, il sentait que plus rien n'avait d'importance. Que quoi qu'il fasse, rien de changerait, qu'il ressentirait toujours ce vide. Ce vide en lui qui agissait comme un trou noir, attirant à l'intérieur toutes ses forces, ses émotions, ses souvenirs, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui, que son corps, comme une enveloppe vide.

-Ça va? Tenta Harry maladroitement, après quelques minutes de silence.

-J'ai envie d'être seul, dit simplement Draco en lui jetant un regard las, il fut tenté pendant un instant de se saisir de sa baguette et de lui jeter un sort de silence, mais il se retint. Potter ne pouvait-il pas comprendre qu'il avait besoin de silence, ce n'était pas un désir, mais bien un besoin, une nécessité.

-Ne t'en fais pas, la prochaine fois, il ne pourra pas s'enfuir et tu pourras te… te faire justice, ajouta Harry d'un ton qu'il voulait encourageant et en ignorant la remarque du blond.

-Tu ne comprends pas… j'ai besoin d'être seul, dit le blond avec le même ton fatigué. « Tais-toi» pensa-t-il.

-Je… je comprends tu sais, d'une certaine manière. Il t'a trahi, il t'a fait souffrir, c'est normal que tu veuilles te venger. Moi, si j'avais Bellatrix devant moi, je la tuerais pour venger la mort de Sirius.

-Je ne veux pas le tuer. « Ta gueule, ferme-la, silence! » Criait son esprit.

-Non, je comprends, mais au moins le faire enfermer, pour le crime qu'il a commis, ce n'est que justice.

-Je ne veux pas me venger, je veux juste tout oublier, une bonne fois pour toutes. Ce qui s'est passé ce soir-là n'a aucune importance, je dois passer à autre chose… « Chut! Silence! »

-Quoi? Cria Harry que les paroles du serpentard laissait pantois, il connaissait Malfoy depuis six ans et jamais le blond ne perdait une occasion de se venger, en fait, il était même d'un naturel très revanchard.

-Je ne veux pas me venger, répondit Malfoy sur un ton un peu plus sec cette fois. « Silence! »

-Comment peux-tu dire ça? Tu ne peux pas minimiser ce qui t'es arrivé de la sorte, ça n'a aucun sens!

-Silence! Hurla soudain le blond en perdant son sang froid. Ferme-la! Je ne veux plus t'entendre! Silence! Silence!

De quoi se mêlait donc ce maudit gryffondor! Ne pouvait-il pas le laisser? Il n'avait pas besoin d'aide, ni de parler, ni de se venger, se venger de qui? De lui-même? C'était lui qui avait été assez stupide pour tomber dans ce piège, assez stupide pour tomber amoureux de lui. Si seulement il avait écouté son père, si seulement…

Harry sursauta en entendant le blond hurler, il ne s'attendait pas à une telle réaction du blond.

-Que me veux-tu Harry Potter? Laisse-moi donc tranquille, je ne veux pas parler, je veux la paix, tu ne peux pas comprendre ça? J'en ai besoin! Va-t-en! Continua à hurler Draco. Je ne veux plus parler, à personne! Ça ne changera rien. Tu ne peux pas m'aider, je ne veux pas d'aide, je n'ai pas besoin d'aide! Je veux juste… je veux juste oublier…

-On ne peut pas effacer de la sorte son passé, tout balayer du revers de la main parce que c'est plus facile de faire comme si rien ne s'était passé! Crois-moi…

-Moi je le peux.

-Tu te mens à toi-même, le déni n'est pas la guérison!

-Je n'ai pas à guérir, je vais bien, absolument, parfaitement bien, en fait c'est faux, j'allais absolument, magnifiquement bien même, avant que tu ne débarques ici pour me faire la morale avec tes grands airs! Hurla Draco en pointant un doigt accusateur vers le brun.

-Tu vas bien! C'était quoi alors cette réaction que tu as eue devant Goyle lors du combat? Et ces cauchemars que tu fais la nuit? Quoi? Ne prends pas cet air étonné, je sais que tu n'arrives pas à dormir, je t'entends tourner dans ton lit toute la nuit. Je t'entends sangloter et pousser des gémissements et tu sais pourquoi? Parce que moi non plus je n'arrive pas à dormir, parce que moi aussi je fais des cauchemars! Alors, ça va toujours aussi bien Malfoy?

-Arrête! Cria Draco en jetant un regard rempli de fureur au jeune homme assis devant lui.

-Et ce vide Malfoy, ce vide dans tes yeux. Ça n'a rien de normal, ni de sain, tu as besoin d'aide et ce n'est que lorsque tu l'auras compris que tu pourras guérir, pas parce que tu as stupidement décidé de faire fis de ton passé.

-Tais-toi! Cria le blond en tentant de quitter la chambre, mais il fut arrêté dans son mouvement par l'autre qui lui agrippa fermement le bras.

-Tu survis en ce moment et c'est tout, dit le brun d'une vois sévère en retenant toujours Draco par le bras.

-Va-t-en! Laisse-moi! Tu ne me connais pas! Hurla le blond en tentant de se libérer de la poigne solide du gryffondor alors qu'il sentait la peur monter en lui, malgré lui, en se sentant empoigné ainsi.

Malfoy réussit à libérer un de ses bras et asséna un coup sur la lèvre du gryffondor qui se fendit. Harry agrippa alors fermement les bras de Malfoy et le renversa sur son lit. Il s'aida d'un sortilège sans baguette pour maintenir le blond en place, car ce dernier se débattait comme un diable.

-Lâche-moi! Cria Draco en sentant la panique l'envahir en sentant le sort d'immobilisation qui le maintenait couché. Arrête…

-Si tu vas si bien, si tu vas absolument, parfaitement bien, pourquoi est-ce qu'en ce moment, je lis la peur dans tes yeux et dans tout ton corps? Pourquoi est-ce que tu trembles Malfoy? Demanda Harry en approchant son visage à quelques centimètres de celui du serpentard, il pouvait sentir le souffle précipité de ce dernier.

-Lâche-moi!

-Répond! Cria Harry en resserrant sa poigne, il sentait la fureur le prendre d'assaut.

Harry sentit alors un frisson agiter Malfoy et son corps se tendre puis se relâcher subitement alors qu'il fondait en larmes. Il relâcha aussitôt son emprise et recula, surpris, c'était la deuxième fois qu'il voyait le blond pleurer en dedans de quelques heures et comme la première fois, il resta figé, ne sachant trop que faire. Il tendit une main maladroite vers l'épaule de Draco en espérant l'apaiser, mais ce dernier se déroba à son contact.

-Tu… tu es un… sa…sa…salaud! Parvint-il à articuler entre deux sanglots.

-Je sais, murmura Harry dans le but de l'apaiser, il avait ressenti une telle colère lorsqu'il avait empoigné Draco, cette colère qui ne le quittait plus, il regrettait maintenant, mais il était trop tard, le mal était fait.

Sans un mot, Draco se leva du lit et parti d'un pas rapide vers la salle de bain dont il fit claquer la porte, puis il la verrouilla derrière lui. Harry entendit la douche coulée et il soupira.


Note de l'auteur :

Désolée pour le retard, j'étais partie en voyage ! Bientôt 100 reviews, je suis tellement heureuse! J'adore lire les commentaires que vous me laissez et je tiens à remercier ceux qui prennent le temps de m'en écrire. Ça m'encourage à continuer.

Je n'ai pas répondu aux reviews pour le dernier chapitre, mais je le ferai pour celui-ci, promis! C'est seulement que j'ai préféré publier celui-ci immédiatement, car je n'avais pas beaucoup de temps!

Merci beaucoup de me lire,

Harley Q.