Chapitre 13

« Tu sais Malfoy, il n'y a rien de plus beau que de tomber amoureux…Et j'espère sincèrement que tu connaitra l'amour au moins une fois dans ta vie…Malgré tout ce que tu es, ce que tu veux laisser paraître, tu mérite de connaître cette sensation qui est beaucoup plus jouissante et enivrante que le sexe… »

« Et j'espère sincèrement que tu connaitra l'amour au moins une fois dans ta vie »

Le soleil était de nouveau présent en ce début de journée, il était assez faible certes car il faisait encore très tôt, mais ses rayons suffisaient comme même à réchauffer l'atmosphère.

Malfoy était allongé sur son lit, les yeux contemplant avec un grand intérêt le plafond de sa chambre, sa main gauche sur son ventre, se levant et s'abaissant sous le rythme de sa respiration, l'autre main occupée à porter le mégot de cigarette à ses lèvres, tirant dessus et recrachant la fumée élégamment tel un automate, tel un pantin dont on aurai coupé les ficelles. Son corps semblait peu être dénuée de toute vie et d'énergie, son apparence était peut être calme et reposante pourtant son cerveau était en pleine ébullition. Il ne cessait de repenser à la dernière phrase de la jeune fille. Il ne savait pourquoi mais il n'avait pu s'emporter contre elle, il n'avait pu lui répondre cruellement comme à son habitude. Elle avait tellement raison sur ce point, jamais il ne tomberai amoureux, il ne pouvait pas, il ne devait pas…Le sexe était tellement plus simple que l'amour, il suffisait simplement de répondre à l'appel de la chair, de donner du plaisir et d'en recevoir, de se perdre dans les méandres de l'excitation, de quitter terre et de s'envoler vers d'autres horizons. C'était ça le sexe, un échappatoire aux frustrations, une solution pour ne plus être seul et ne pas avoir à s'attacher, une bénédiction… Drago avait goûté aux plaisirs charnels dès son plus jeune age. En effet le jeune homme avait eu sa première relation sexuelle à 14 ans, bien trop ancré dans le monde de l'enfance pour connaître le vice des êtres humains. La femme qui l'avait initié, il sourit à cette pensée car il s'agissait bien d'une femme, n'était autre que son professeur particulier. Une femme mure, aux allures de gourgandine, à la fois provocante et sensuelle. Depuis le jour ou il l'avait vu il n'avait eu de yeux que pour elle, il n'avait cesser de la charmer, de la provoquer, de la séduire, jusqu'à ce que la jeune femme craque. Et un soir de pluie, vêtu d'une simple chemise de nuit, elle se faufila dans la chambre du jeune Malfoy et lui fit découvrir tous les secrets du plaisir de la chaire. Cela dura quelques mois avant que la mère du jeune homme ne découvre l'infâme supercherie. Elle banni la « putain » comme elle l'appela, hors de sa maison, et se promis de ne laisser plus une seule femme s'approcher de son fils. Cette histoire était venue aux oreilles de Malfoy senior, et ce fut la première fois qu'il fut fier de son fils, qu'il le reconnu enfin comme un véritable descendant de sa lignée. Il lui fit part alors de sa pensée, que ce qu'il avait connu se soir était la plus belle sensation de pouvoir que pouvait ressentir un homme. Qu'un homme n'était que plus vivant qu'entre les cuisses d'une femme. Que les femmes étaient sur cette putain de terre juste pour leurs procurer cette sensation de domination et d'extase et que jamais oh grand jamais il ne devait se laisser charmer par ses créatures aux courbes affolantes, jamais il ne devait en tomber amoureux, sinon il courrait à sa propre perte. Drago n'avait jamais oublié cette conversation, de voir son père le regarder enfin comme un adule, le voir si proche et si fière, jamais il ne l'avait oublié. C'est pourquoi depuis ce jour il s'était mis en tête de devenir l'homme que son père voulait qu'il soit. Il s'était perdu dans le plaisir et dans le vice, oubliant son cœur d'enfant innocent qui devenait de plus en plus inexistant au fil des années. L'ange déchu venait de descendre de son paradis pour trouver l'enfer de la perversion, de la luxure…

Il n'était pas à plaindre, non, Drago aimait ce qu'il faisait, il ne regrettai pas le moins du monde cette première fois et toutes les autres. Il en était même plutôt fier. Mais cela faisait maintenant quelques temps qu'il n'avait pas touché à une fille, il n'avait plus touché une fille depuis Granger. Il ne sut dire pourquoi mais il avait cette sensation qu'aucune fille ne pourrait le combler comme l'avait fait cette jolie brune. Il avait comme perdu goût aux filles. Ce qu'il voulait en cet instant c'était cette fille, c'était LA fille…Il savait qu'il n'avait pas le droit de tomber amoureux d'elle, après tout c'était pour cela qu'il avait arrêter, il savait que si il continuait a la fréquenter le petit battement que son coeur émettait en sa présence allait battre de plus en plus fort et de nouveau s'éveiller a la vie. Mais il n'avait pas le droit. Il fut tenter de continuer dans ses sombres pensées mais il fut stopper dans celles-ci quand il entendit en bruit sourd dans la pièce d'a coté. Il entendit ensuite les vociférations acharnées de la jeune fille, il sourit, écrasa son mégot dans le cendrier puis se leva.

Le bruit sourd précédemment entendu venait en effet de la chambre d'Hermione. La jeune fille était totalement et pleinement réveillé du a la difficulté qu'elle mis a s'habiller aujourd'hui. En effet, elle avait chercher la jupe de son uniforme partout, elle s'était alors rappelé que celle-ci avait eu un petit accro et qu'elle l'avait mis de coté pour la recoudre et que par malheur elle avait oublier de le faire. Elle avait donc cherché la dernière jupe d'uniforme qu'il lui restait. Mais le problème est que l'a jeune fille n'arrivais pas à rentrer son corps délicat dans ce bout de tissu. En effet la jupe passait au niveau des hanches mais refusait obstinément de se fermer. Hermione la bouche grande ouverte de frustration, s'allongea sur son lit, histoire d'avoir le ventre plus plat et de fermer enfin cette maudite jupe, mais sans grand résultat. Elle gesticula tellement qu'elle glissa de son lit et tomba sur le sol dans un bruit sourd.

Hermione : Mais c'est pas vrai ! Je n'ai pas pu grossir au point de plus rentrer dans ma jupe, elle m'allait avant ! Et puis merde…

Elle enleva sa jupe, la regarda d'un regard noir puis la lança à l'autre bout de la pièce d'un air rageur. Elle partit donc en direction de la salle de bain pour prendre la jupe et la recoudre vite fait avant le début des cours. Elle entra dans la salle de bain, pris sa jupe dans le bac à linge et s'apprêta à sortir quand elle passa devant la glace. Elle posa donc sa jupe sur le lavabo et enleva son chemisier. Elle se retrouva donc en soutien gorge et shorty assorti en dentelle et de couleur prune. Elle se mit de profile et fit une grimace quand elle aperçu le très infime gonflement sur son ventre, lui qui était si ferme et si plat. Elle repensa a comment elle avait pu se laisser autant aller, et puis il lui revint en mémoire le nombre incalculable de viennoiseries qu'elle avait pris l'habitude de manger avec Ginny. Elle soupira de frustration et se promit de ne plus rien manger. Elle s'admira de nouveau dans la glace et fut encore agacé de voir son visage aussi terne et fatigué. Elle posa de nouveau la main sur son ventre, s'admira encore une fois et sursauta quand elle entendit la porte s'ouvrir…

Drago : Salut Granger

Hermione : Salut.

Elle était perdue dans ses pensées, elle ne se rendit même pas compte que le jeune homme était entré dans la salle de bain, elle lui avait dit bonjour sans vraiment le voir. Il ne cessait de la balayer du regard. Il remarqua que Hermione portait la main sur son ventre, il inclina légèrement la tête et remarqua à son tour l'infime gonflement de l'abdomen de la jeune fille…

Drago : Tu devrai arrêter de bouffer Granger, à moins que ton vœu le plus cher ce soit de ressembler à Rachel Summers, c'est-à-dire grosse et moche…

Hermione pris enfin conscience de la présence du jeune homme, elle le regarda bouche bée, encore perdu dans ses pensées, puis soupira et pris ses affaires et sortit de la salle de bain.

Hermione revint sur ses pas et donna un coup sur la tête de Drago à l'aide de sa jupe.

Hermione : Crétin !

Drago : Quoi ? Qu'est ce que j'ai dit encore ?

Puis elle disparut de nouveau derrière la porte.

Une fois que sa jupe fut recousue, elle l'enfila prestement puis se dirigea directement vers la salle de cours, vu l'heure déjà avancée. Elle attendit que les autres élèves arrivent de leurs petit déjeuner puis entra dans la salle et pris sa place habituelle dans la salle du professeur de potions. Elle ne daigna même pas regarder Malfoy quand celui-ci pris place à coté d'elle. De toute façon que pouvait elle faire ou dire ? Elle n'avait pas le choix, il était son binôme attitré depuis le début de l'année…Encore une merveilleuse idée du professeur Rogue. Il sortit ses affaires et les déposa sur la table sans ménagements.

Drago : Tu pourrai me dire ce que je t'ai fait encore ?

Hermione : Rien, laisse tomber

Drago : Tu sais très bien que c'est pas dans mon habitude de laisser tomber…Dis moi…

Hermione : Rien je t'assure, ce n'est pas grave

Drago : Granger…

Hermione : Bon d'accord je n'ai pas apprécié ta remarque de ce matin, me dire que j'étais grosse et moche n'était pas très fin de ta part…

Drago : Mais c'était pour plaisanter…Depuis quand tu prend mes remarques au sérieux ?

Hermione : Peut être parce ce que cette fois j'admet que tu n'avais pas tout a fais tord..

Drago : Attend depuis quand tu es complexé ? Je disais ça pour rire…Tu n'a rien de repoussant bien au contraire…Je t'assure

Hermione : Mouais… si tu le dit…

Drago : Granger t'es sure que ça va ? T'es bizarre en ce moment…

Hermione : Comment ça ?

Drago : J'sais pas t'es a fleur de peau, tu prend tout au premier degré, tous ce que je dit ou fais tu le prend mal, pourtant on a toujours agi comme ça tous les deux, non ?

Hermione : J'en sais rien…peut être…

Rogue : Monsieur Malfoy et Miss Granger quand vous aurez fini de prendre mon cours pour un salon de thé vous pourriez peut être vous mettre a votre potion ?

Ils hochèrent tous deux la tête puis se mirent enfin a concocter leur potion, agissant tout deux en osmose sans paroles échangées.

Hermione était une fois de plus perdue dans ses pensées, elle agissait mais sans grande conviction. Elle repensait aux paroles de Malfoy, et elle dut admettre qu'il avait raison. Cela faisait un bon moment qu'elle se sentait bizarre, qu'elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Elle était devenu une autre personne, complètement étrangère à ce qu'elle était auparavant. Il y avait eu ce pacte avec le jeune homme, il y avait eu son état de santé, ce sentiment d'avoir un manque en elle qui ne la quitté plus. Elle était tellement fatiguée de tout ceci. Elle laissa couler une unique larme sur sa joue, l'effaça avec rage puis se remit a la tache.

Drago n'était dupe du spectacle, il voyait bien qu'elle n'allait vraiment pas bien en ce moment, malgré cet air fort et joyeux qu'elle affichait en toute circonstance. Il ne savait pas quoi faire, après tout il n'était pas doué pour aider les gens, il savait seulement quand ceux-ci aller mal. Ils terminèrent ensemble leurs potions, puis une fois que la sonnerie retentit ils sortirent de la salle, se dirigèrent chacun vers un couloir différent.

Quel plaisir de rentrer enfin dans ses appartements une fois les cours finis. Drago était entrain de monter les marches menant à ses appartements de préfet, comme ses cours de la journée étaient finis et qu'il avait un peu de temps libre avant le dîner. Enfin c'est ce qu'il se disait car il avait envi de savoir si Hermione était la aussi car depuis le cours de potions il ne l'avait pas vu de la journée. En effet la jeune fille avait été absente au déjeuné puis au cours de l'après midi. Il voulait juste s'assurer qu'elle allait bien…

Il passa donc le portrait qui garder ses apparentements une fois dans la salle commune il se figea sur place. Le spectacle qui s'offrit à lui fit que son coeur loupa un battement dans sa poitrine. Il vit la jeune fille assise sur le canapé, en face de lui, la tête dans ses mains et pleurant toute les larmes de son corps. Son petit corps frêle remuant faiblement aux rythmes de ses sanglots. Il sentit alors tout son monde s'écrouler face à la peine et au désarroi que ressentait la jeune fille. Il fut aussi pris de panique, il ne sut plus qui il était ni ce qu'il devait faire. Devait il aller la consoler ? Devait il s'en aller comme si de rien n'était ? Apres tout elle ne s'était même pas aperçue de sa présence. Pour la première fois de sa vie il pria Merlin de lui apporter la réponse, il sentit une douche chaleur en lui et s'approcha doucement de la jeune fille. Il s'assit délicatement a coté d'elle, pour ne pas lui faire peur. Elle sentit sa présence mais ne pu calmer ses sanglots si déchirant. Il ne savait pas quoi lui dire, pourtant en cet instant il aurait aimé lui dire tant de chose, pourvu qu'elle cesse de pleurer. Il mit donc délicatement sa main sur l'épaule de la jeune fille et la tapota maladroitement. Il attendit de longues minutes comme ça, avant qu'elle se calme.

Hermione : Je…je suis tellement stupide…

Drago : Qu'est ce que tu raconte Granger ? Tu es la fille la plus intelligente de cette école…

Hermione : Je ne parle pas de ça…comment est ce que j'ai pu…

Drago : Pu quoi ? Granger parle moi…Es ce que quelqu'un t'a fais du mal ? Je te jure que si c'est le cas je…

Hermione : Non…non ce n'est pas ça…

Elle se redressa et regarda Malfoy le visage baigné de larmes, son mascara faisant de longues traînés noires sur ses joues, accentuant la douleur exprimé par son visage. Drago la regarda avec peine, pour une fois ses yeux exprimés bien autre chose que de l'indifférence. Ce dut être pour cela qu'Hermione se décida enfin a se confier a lui. Elle se mit face à lui, agrippa Drago par son chemisier et planta ses yeux humides dans ceux du jeune homme.

Hermione : Je…je suis… je suis enceinte…

Et elle tomba contre le torse de Malfoy, cherchant du réconfort dans ses bras musclés, cherchant un peu de tendresse dont elle avait tellement besoin. Malfoy resta bouche bée, il resta quelques minutes sans bouger, essayant de refuser la triste réalité des paroles d'Hermione. Il fut de nouveau connecté à la réalité quand il entendit les pleurs de la jeune fille redoubler d'intensité, et qu'il sentit ses bras s'accrocher à lui comme un noyé s'accroche à sa bouée de sauvetage. Il la prit alors dans ses bras, la serra fortement contre lui et la berça tel un enfant contre son cœur qui semblait émettre des battements de plus en fort…