Bonsoir,

J'espère que vous avez passé un bon week-end. Alors merci beaucoup à ceux qui me laisse des messages depuis le début, ça fait toujours plaisir.

Pour les autres avoir vos impressions de temps en temps ça serait sympa.

Bon sinon voici la suite, j'espère que vous aimerez toujours.


12H30

Restaurant

_ Qu'est-ce qui ne va pas ?

_ Rien, tout va bien.

_ Pas à moi, je te connais.

_ J'ai du mal avec ces changements.

_ Ah oui ? Je trouve ça pratique d'avoir une assistante.

_ Oui c'est vrai, mais y'a tout le reste aussi, j'ai perdu mes repères.

_ Dis plutôt que tu trouves notre nouveau CO à ton goût.

_ Ne parle pas d'elle comme ça !

_ Oh je crois que j'ai mis le doigt sur le hic. Tu vas m'en dire plus où je vais devoir te torturer ?

_ Je ne veux pas en parler.

_ Ok, je n'insiste pas.

_ Pourquoi bon dieu !

_ Ok donc j'insiste.

_ Mais non je ne parle pas de toi.

_ Tu es dur à suivre aujourd'hui.

_ C'est Mac, je ne m'attendais pas à la voir.

_ Normal, elle était censée être morte.

_ Tu ne comprends pas…je…

_ Non je ne comprends pas et si tu ne m'en dis pas plus je ne risque pas de comprendre.

_ Cette femme c'est…. Comment dire… certainement la seule femme que j'ai jamais aimé et certainement celle a qui j'ai fait le plus de mal.

_ Quoi ? Tu la connaissais si bien que ça ?

_ Oui, c'était ma partenaire, ma meilleure amie.

_ Tu ne m'en as jamais parlé !

_ Non, c'est une partie de ma vie que j'ai enfouie au plus profond de moi à jamais, et la voir, là, devant moi ce matin.

_ C'est à ce point ?

_ Rien que de la voir me fait voir à quel point je suis un salaud.

_ Qu'est-ce qui s'est passé ?

_ C'est avec elle que je dois en parler.

_ J'ai compris, je ne saurais rien de plus.

_ Sturgis… merci.

_ Je n'ai pas fait grand-chose.

_ Ne dis rien à personne.

_ Ok, pas de souci. Chut, la voilà.

_ Pourquoi faut-il qu'elle déjeune ici.

_ On peut partager votre table Messieurs ?

_ Bien sûr Général, Jennifer.

Il régnait une tension palpable à table et c'est Mac qui la première brisa la glace.

_ Alors Commandant, j'ai entendu dire que vous revenez des Caraïbes ?

_ Euh oui.

_ C'était comment ? Je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller

_ Euh bien, la plage, le soleil, le repos.

_ Les jolies filles aussi non ?

_ Euh oui Sturgis.

_ Vous avez fait de la plongée ?

_ Oui, presque tous les jours, les fonds marins sont vraiment splendide là-bas. Et vous Jennifer qu'avez-vous fait de vos vacances ?

_ Euh ben j'ai fêté Noël chez Bud et Harriet avec votre frère et le Général.

_ Vous étiez chez les Roberts à Noël ?

_ Oui, d'ailleurs j'ai fait la connaissance de votre frère, j'ai été surprise d'apprendre que vous en aviez un.

_ Oui, ça fait quelques années.

_ En tout cas lui et Loren ont l'air heureux.

_ Euh oui peut-être.

Heureusement le serveur apporta les commandes et la conversation se recentra sur le travail. Chacun paya son repas et regagna ensuite le JAG.


21H30

Maison Mackenzie – Chegwidden

Washington McLean

Chambre à coucher de Mac et AJ

_ Alors ta journée ?

_ Bien.

_ Mais encore ? Harm devait revenir aujourd'hui non ?

_ Oui.

_ Et ?

_ Et rien, tout s'est bien passé.

_ Sarah !

_ Je crois que je l'ai perturbé. Il ne s'y attendait pas. J'ai discuté un peu avec lui durant le déjeuner, mais rien de personnel.

_ Tu as déjeuné avec lui ?

_ En fait oui et non. Je suis allée déjeuner avec Jennifer et lui et Sturgis se trouvait déjà dans le restaurant. Du coup on a tous mangé ensemble.

_ Et comment était-il ?

_ Pas à l'aise.

_ Tu me le dis si…

_ Si quoi ? Ecoute AJ je suis une grande fille, Harm m'a fait souffrir c'est vrai mais c'est du passé, j'ai tiré un trait depuis longtemps.

_ Tu comptes lui dire ?

_ Je ne sais pas encore.

_ Il ne le mérite pas.

_ Ça c'est à moi d'en décider.

_ Très bien, mais tu sais ce que j'en pense.

_ Ecoute, je sais que tu es inquiet, mais je crois qu'il a déjà assez payé pour ce qu'il a fait.

_ Il ne paiera jamais assez.

_ AJ, avant tout je pense à Allan. Je n'ai pas le droit de le priver de son vrai père, il a déjà vécu assez de choses comme ça.

_ Donc tu as pris ta décision en fait !

_ Je crois oui.

_ Quoiqu'il en soit, je ne veux pas le voir chez moi.

_ En parlant de ça justement.

_ Quoi ?

_ Ça serait bien qu'on cherche une maison qui soit à nous.

_ Tu ne te plais pas ici ?

_ Tu viens de le dire, c'est chez toi. J'ai besoin d'une maison où je me sente aussi chez moi.

_ Sarah je…

_ Ce n'est pas toi AJ, c'est moi, depuis que je suis rentrée, je vis à tes crochets, je vais bientôt toucher mon argent, on va bientôt se marier, mais je voudrais qu'on choisisse une maison ensemble, une maison où les enfants auraient chacun leur chambre.

_ Oui je comprends. Je vais commencer à chercher pendant qu'ils sont à l'école et le week-end on fera les visites tous ensemble, ça te va ?

_ Oui, je t'aime.

_ Je t'aime aussi.


2H35

Maison des Rabb

Washington D.C.

_ « Hey Pilote, sortez les aérofreins !

_ …

_ Allez-vous en !

_ …

_ Je ne veux plus vous voir, plus jamais.

_ …

_ Adieu !

_ …

_ Vous ne le méritez pas, c'est à cause de vous qu'elle est morte ! »

_ Ahhhh !

La sueur perlait sur son front, cela faisait des années qu'il n'avait pas fait ce cauchemar.

_ Chéri ça va ?

_ Oui, rendors-toi, j'ai fait un cauchemar, je vais aller boire un verre d'eau, ça ira mieux.

_ Très bien, comme tu veux.

Renée se rendormit et Harm partit dans la cuisine. Il ouvrit le réfrigérateur et se servit un verre d'eau gazeuse. Il n'arrivait pas à dormir, chaque fois qu'il fermait les yeux il voyait le visage de Mac, les derniers mots qu'elle lui avait dit résonnaient dans sa tête. Encore aujourd'hui il ne comprenait pas ce qui s'était passé, comment cela avait-il pu se produire ? Comment avait-il pu faire une telle chose ? Lui qui avait toujours été si doux avec les femmes, il avait été si brusque, si violent avec elle, et n'avait rien vu venir, n'avait pas compris qu'il lui faisait du mal. Certes il avait bu ce soir-là, ne supportant pas de la perdre, mais l'alcool n'était pas une excuse à son comportement. Comment n'avait-il pas vu qu'il lui faisait mal, qu'elle ne voulait pas. Pourquoi ne l'avait-il pas entendu crier d'arrêter. Il l'aimait plus que tout et avait laissé l'alcool et le désir parler à sa place, si seulement il n'était pas allé chez elle ce soir-là.

Il était seul dans le noir, le visage ravagé par les larmes et le dégoût de lui-même… Il passa le reste de la nuit ainsi puis lorsque les premières lueurs du matin firent leurs apparitions, il partit sous la douche. Personne ne devait savoir quel monstre il était.


Mercredi 6 janvier 2010

13H45

QG du JAG

_ Le Commandant Rabb est dans son bureau ?

_ Oui Monsieur, sauf s'il est sorti durant ma pause déjeuné.

_ Merci Sergent.

_ Vous voulez que je vous annonce ?

_ Ce ne sera pas nécessaire.

Sturgis frappa et entra dans le bureau de son ami sans attendre de réponse. Harm se trouvait dos à lui dans son fauteuil et regardait par la fenêtre. Il n'avait pas allumé le néon malgré la pénombre qui régnait dû au mauvais temps. Washington était recouvert par la neige en cette saison. Harm regardait les flocons tomber jusqu'à ce qu'ils s'écrasent sur le sol, une voiture, un lampadaire. Il était si absorbé par ses pensées qu'il n'avait pas entendu son ami entrer.

_ Je vois que tu bosses dur.

_ Hein… Quoi ? Ah Sturgis c'est toi.

_ Eh oui, ce n'est que ce bon vieux Sturgis ! Et tu as de la chance que ce soit moi, qu'est-ce que tu fous bon sang ! Vas-tu me dire ce qui se passe à la fin ?

_ Rien, tout va bien.

_ Tu te fiche de moi ? Ton bureau est exactement dans le même état que lorsque tu es revenu hier.

_ Et alors ?

_ Et alors ! Je te signale que le procès commence lundi et qu'on a encore rien de concret pour défendre nos clients.

_ Ouais, ouais, ça va y'a pas le feu.

_ Harm quelque chose te tracasse et je voudrais savoir quoi. En tout cas, quelque chose me dit que notre nouveau CO n'y est pas pour rien.

_ Laisse-là en dehors de ça !

_ Dans le mille ! A chaque fois que j'aborde le sujet tu te mets sur la défensive. Quels sont tes rapports avec elle ? J'ai cru comprendre qu'avant sa disparition vous étiez assez proche.

_ Ça ne te regarde pas !

_ Du moment où cela nuit à notre enquête, ça me regarde. Tu passes tes journées dans le noir à regarder dehors.

_ Voilà, je sors le dossier et je me mets au travail, ça te va ?

_ Pas vraiment mais je te connais tu ne me diras rien. Je repasse en fin de journée pour que l'on compare nos notes.

_ Ok !

Sturgis regagna son bureau et laissa son ami à son travail.


15H30

Bureau de Sarah Mackenzie

_ Repos Lieutenant, prenez un siège.

_ A vos ordres Madame.

_ Alors Lieutenant Gregory Vukovic, vous avez rejoint le JAG en deux mille quatre. Vous vous plaisez ici ?

_ Oui Madame, chaque jour est un nouveau défi, j'adore l'ambiance de compétition ainsi que l'odeur du tribunal.

_ Je lis dans votre dossier que vous aimez interpréter les règles de droit à votre manière, mais je lis aussi que vous obtenez de bons résultats lors de vos plaidoiries.

_ Disons Madame que je dépoussière un peu ces vieux trucs.

_ Ces trucs comme vous dites, sont les règlements militaires qui font régner l'ordre et la discipline depuis des années. J'ai connu un jeune officier qui se comportait comme vous, ça lui a valu pas mal d'ennuis tout au long de sa carrière mais par chance il a toujours su retomber sur ses pattes.

_ Je vous fais penser à quelqu'un ! J'aimerais bien le rencontrer, je suis sûr que je m'entendrais bien avec lui.

_ Oh mais il travaille toujours au JAG.

_ Ah bon ? Personne ici ne correspond à votre description. Qui est-ce ?

_ Le Commandant Rabb.

_ Ok, vous m'avez bien eu Madame.

_ Oh mais je ne plaisantais pas, vous pouvez poser la question au Capitaine Roberts.

_ Mais Madame, le Commandant Rabb est l'opposé de moi. Il est froid, distant et ne plaisante jamais.

_ Voilà ce qui arrive à trop plaisanter.

_ Ok, vous voulez me faire peur. Message reçu, je vais essayer de suivre un peu plus la ligne droite.

_ Lieutenant, rien ne vous empêche de faire quelques détours, mais lorsque ceux-ci deviennent un peu trop éloignés, sachez demander votre chemin à un guide.

_ Je crois avoir saisi, je viens vous rendre compte si une idée trop biscornue me vient à l'esprit.

_ Tout à fait Lieutenant, un berger protège mieux ses brebis s'il connaît parfaitement le terrain et son troupeau.

_ J'aime beaucoup vos métamorphoses Madame, puis-je me permettre quelques questions Madame ?

_ Posez toujours Lieutenant, je verrais si je peux y répondre.

_ Comment avez-vous fait pour survivre aussi longtemps et surtout pour vous évader ?

_ Bonne question, vous êtes le premier à me la poser depuis le début des entretiens. On m'avait parlé de votre curiosité.

_ Je suis trop indiscret, veuillez m'excuser.

_ Ne vous excusez pas, je vais vous répondre. Je n'ai pas survécu Lieutenant, j'ai vécu et vu grandir mes trois enfants durant ces années d'emprisonnement. Ce sont eux qui m'ont aidé à trouver la force de tenir. Je pense que le lien que j'ai avec eux est si fort qu'on était devenu invulnérable tous ensemble.

_ J'aurais aimé avoir un lien aussi fort avec ma mère. Vous avez dû en baver pendant toutes ces années.

_ Ça n'a pas été rose tous les jours, voire jamais en fait. Quand à votre deuxième question, ce sont mes enfants qui ont voulu s'évader et c'est mon fils qui a élaboré le plan. Tout le mérite lui revient.

_ Vous devez être fière de lui.

_ Je suis fière de chacun d'eux et j'espère un jour en dire autant du personnel du JAG.

_ En tout cas Madame, je suis ravi que le Conseil ait nommé une femme au poste, ça montre que l'armée évolue. Comptez-vous plaider ? J'ai entendu dire que vous étiez une excellente avocate et une adversaire de choix dans un tribunal.

_ Je ne sais pas Lieutenant, peut-être, ce n'est pas du domaine de l'impossible, mais ce ne sera pas de suite, il va falloir pour cela que je me mette à niveau, en dix ans les lois ont quelque peu évolué.

_ Vous m'envoyez ravi Madame, j'espère pouvoir un jour vous affronter dans un tribunal.

_ J'en prends note Lieutenant. Bon je crois que nous en avons fini, vous pouvez disposer et retourner travailler.

_ A vos ordres.

Le lieutenant Vukovic quitta le bureau, laissant Mac avec un petit sourire. Ce Lieutenant n'avait pas froid aux yeux. La journée avait été bien remplie, elle avait rencontré quatre des dix avocats, les lieutenants Graham, Cooper, Anderson et pour finir Vukovic. Cette nouvelle génération était des plus prometteuses.


Dans le prochain chapitre l'entretien d'Harm...