Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 13) Après une nuit orageuse
Neal fut tiré du sommeil au matin par la voix de Peter arrivant à ses oreilles et la main de Peter sur son épaule.
La voix était surprise, pas agacée pour autant, ce qui était un net progrès par rapport à la veille, la main un peu trop lourde sur son épaule endolorie par contre.
Neal s'en débarrassa d'un mouvement bref, moins fluide qu'il l'aurait voulu.
Dormir sur un canapé n'était définitivement pas la meilleure idée qu'il ait eu... la nuit avait été orageuse et si le tonnerre ne troublait guère son sommeil en temps normal, il n'en était pas été de même cette nuit là.
Le fracas des coups de tonnerre allié à l'inconfort de sa couche, trop dure pour son corps meurtri, trop étroite également, avait considérablement raccourci sa nuit.
L'espace d'un instant il avait eu la tentation de grimper à l'échelle et de s'installer confortablement dans le lit, lit qui n'attendait que lui après tout... Il avait même esquissé un mouvement pour se lever, mais son corps l'avait rappelé à l'ordre, lui intimant douloureusement de ne pas trop bouger.
Il avait soupiré et tourné des yeux emplis de regrets vers la mezzanine où il ne dormirait définitivement pas.
Il avait ensuite fait son possible pour trouver le sommeil, et avait fini par sombrer, épuisé.
Il aurait bien aimé dormir plus, plus exactement, il avait bien l'intention de dormir plus, après tout le jour n'était pas encore levé et rien au monde, pas même Peter, ne lui ferait quitter le canapé.
Il avait bougé sans hâte, pour déloger la main importune sans pour autant se montrer brutal et indisposer l'agent, mais aussi pour bien lui faire comprendre qu'il n'entendait pas du tout se lever pour le moment.
Peter se redressa les sourcils froncés.
Réveillé tôt, au terme d'une nuit des plus agréables aux côtés de son épouse adorée dans une cabane qui comblait tous ses désirs, il s'était levé avec précaution afin de ne pas éveiller Elizabeth avec dans l'idée de ranimer le feu et de réchauffer la pièce principale avant que son épouse et son consultant ne s'éveillent à leur tour.
Découvrir Neal installé sur le canapé avait été une véritable surprise.
Il était persuadé que le jeune homme avait grimpé sur la mezzanine après qu'ils se soient endormis, puisqu'un lit confortable l'attendait là haut.
Peter n'était pas sans savoir qu'en temps normal Neal appréciait au plus au point le confort et c'était pourquoi il était vraiment très surpris de le découvrir endormi sur un canapé alors qu'il avait un lit à disposition.
Décidé à tirer les choses au clair il avait posé la main sur l'épaule du dormeur, un geste anodin qui avait déclenché une réaction imprévue.
Peter s'était attendu à ce que Neal sorte du sommeil, qu'il n'apprécie pas d'être éveillé si tôt et qu'il le fasse savoir, mais pas à ce mouvement pour déloger sa main.
Il n'avait pas eu l'impression que le sursaut et le rejet du jeune homme soit seulement du à la surprise d'un réveil brutal.
Une seule conclusion lui venait à l'esprit : Neal lui cachait quelque chose et si Neal lui cachait quelque chose mieux valait découvrir quoi.
Neal battit des paupières pour s'éclaircir les idées.
Il avait très envie de dormir encore mais le visage de Peter lui indiquait clairement que l'agent n'allait pas le laisser se rendormir si facilement.
- Je n'ai rien volé, ni escroqué personne cette nuit et je suis toujours ici Peter, tu n'as rien à me reprocher. Dit il en se redressant lentement.
Bouger était encore douloureux mais s'il devait affronter Peter il préférait le faire assis qu'allongé, cela diminuait un peu son impression d'être dominé par l'agent qui se tenait bien droit près du canapé.
- Je m'en doute. Répondit Peter en le détaillant avec attention.
Il ne voyait rien de particulièrement suspect, en dehors peut être du fait que Neal avait dormi tout habillé.
Pourtant, en y regardant plus attentivement Peter remarqua soudain comme une ombre sur le menton du jeune homme.
Intrigué il tendit la main pour allumer la lampe posée non loin du canapé et se pencha légèrement pour mieux voir le détail qui avait attiré son attention.
Neal leva un regard étonné vers lui, ne comprenant visiblement pas ce qui avait bien pu motiver ce geste.
- Peter ?
Peter ne répondit pas, maintenant que la lampe éclairait le coin où était Neal il avait une parfaite vision de ce qu'il avait pris pour un ombre et qui n'en était pas une.
Un magnifique bleu suivait la ligne de la mâchoire du jeune homme.
Peter fronça les sourcils, pris d'un doute soudain.
- Neal, tu veux bien retirer ta chemise ? Demanda t'il.
Il vit Neal se raidir et secouer la tête en signe de refus.
- Dans ce froid ? J'espère que tu n'es pas sérieux Peter. Répondit le jeune homme.
- Très bien, je vais allumer le feu, après tout, je me suis levé pour cela, et ensuite tu vas faire ce que je viens de te demander.
Neal soupira, une expression butée sur le visage, l'air de quelqu'un qui n'avait strictement envie de faire ce qu'on lui demandait justement.
Une expression que Peter connaissait bien et qui ne l'avait jamais arrêté.
Il n'insista pas sur le moment et se mit en devoir de faire ce pourquoi il était là.
Neal le regarda faire en réfléchissant à toute vitesse au meilleur moyen d'échapper à l'inspection qui se profilait à l'horizon.
Il n'avait aucune envie que Peter voit les bleus sur son corps, il n'avait pas la moindre idée de comment l'agent réagirait à cette vue et il ne tenait ni à voir un docteur ni à devoir composer avec un Peter honteux.
Enfin, dans l'optique incertaine que Peter puisse avoir honte de l'avoir plaqué sans ménagement sur le sol la veille au soir.
Neal n'avait pas beaucoup de souvenirs de Peter lui disant qu'il regrettait... il n'avait en tout cas aucune envie d'en avoir un de plus.
S'il voulait que ces vacances se poursuivent dans un climat plus serein qu'elles n'avaient commencé, il allait devoir prendre sur lui et éviter autant que faire ce peut d'indisposer Peter.
Autant commencer par faire en sorte que ce dernier n'ait pas de raison de s'en vouloir, ou de lui en vouloir pour ce qui s'était produit la veille.
Neal ne se faisait aucune illusion, Peter aurait peut être honte de l'avoir meurtri, mais il finirait sans doute par rejeter la faute sur lui. Puisque c'était sa tentative de tromperie, ses mensonges et sa fuite qui avaient conduit à ce qu'il soit couvert de bleus.
Quoi qu'il fasse il serait coupable... mais comment limiter les dégâts et empêcher Peter de découvrir ce qu'il ne voulait pas lui montrer ?
Neal avait beau se creuser la tête, rien ne lui venait. Il n'avait aucune raison valable pour refuser.
Si Peter réitérait sa demande il allait être obligé de lui obéir, un refus mettrait l'agent de mauvaise humeur et Neal ne tenait pas à le mettre de mauvaise humeur.
Bon... il était coincé, il ne pourrait pas refuser de se dévoiler, mais il pouvait toujours faire valoir son point de vue.
Peter ayant terminé de relancer le feu la température remontait déjà.
Neal se prépara à ce qui allait suivre.
Il allait devoir être convainquant, plus que jamais.
Peter se redressa et se tourna vers lui.
- Je pense que tu peux retirer ta chemise à présent. Dit il.
Neal obéit sans hâte, autant pour ne pas s'infliger des souffrances supplémentaires que pour gagner du temps.
Peter se tendit en découvrant les marques sur la peau claire de son consultant, il n'en voyait pas grand chose mais le peu qu'il apercevait lui faisait prendre conscience que le jeune homme n'était pas ressorti indemne de l'incident de la veille.
- Mets toi torse nu, que je puisse voir le reste. Ordonna t'il.
- Vraiment, ce n'est pas la peine. Répondit Neal. Je marque facilement, c'est moins grave que cela y paraît.
- Tu veux bien me laisser juge de la sorte ? Répliqua Peter.
- J'ai le droit de dire non ?
- Pas vraiment. Maugréa Peter.
Neal secoua la tête avec ennui.
- C'est mon corps Peter... murmura t'il d'un ton neutre.
- Et c'est ma responsabilité de te garder en bonne santé. Rétorqua Peter sans perdre son calme.
- Je crois qu'il est clair que cette mission là est un échec. Souffla Neal en se détournant.
- Tu as le choix Neal, soit tu me montres, soit tu le montres à un médecin. Trancha Peter.
Neal se résigna à faire ce que Peter attendait de lui et retira ce qui couvrait encore son torse.
Peter serra les dents, la poitrine et le ventre du jeune homme étaient constellés de marques, il en avait également dans le dos et il savait fort bien quand et comment elles avaient du se former.
- Pourquoi ne m'avoir rien dit ? Questionna t'il au bout d'un moment, le premier choc surmonté.
- Comme je l'ai déjà dit, c'est mon corps Peter, c'est mon problème et j'ai une peau qui marque vite. Je devrai consommer plus de vitamine C...
- Tu devrais aussi consulter un médecin. Je ne crois pas que ce soit sans conséquences. Dit Peter d'un ton soucieux.
Neal soupira.
- Peter, j'apprécie beaucoup que tu te soucies de moi, mais je t'assure que je ne prends pas ma santé à la légère. En général je fais attention à ne pas me retrouver couvert de bleus. Je suis assez doué pour éviter les situations qui peuvent me conduire à être plaqué à terre par quelqu'un de plus grand, plus fort et plus lourd que moi.
Peter le regarda de travers.
- Je ne t'ai pas plaqué si violemment.
Neal le regarda avec des yeux ronds.
- Pas si violemment ? J'ai bien cru que j'allais finir noyé.
- Je n'ai jamais entendu dire qu'on ait noyé quelqu'un dans une pelouse, même inondée. Contra Peter.
- Il y a un début à tout. Sourit Neal en repassant ses habits.
Il terminait de boutonner sa chemise lorsqu'Elizabeth sortit de la chambre, le regard interrogateur.
- Déjà debout à vous chamailler vous deux ?
A suivre
