En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je m'habille et je dévale les escaliers. Mon père est déjà prêt à partir pour la Grand-Place.

- Madge, attends ta mère, s'il te plait.

- Mais papa …

Il me coupe d'un ton sec et ferme, qui ne laisse place à aucune discussion possible.

- Madge, tu attends ta mère et vous venez ensemble. Je vais avoir suffisamment de choses à gérer sans que tu ne sois en plus dans mes pattes à paniquer. S'il te plait, ajoute-t-il devant la grimace que je fais.

Et il part sans attendre de réponse de ma part, claquant la porte d'entrée derrière lui.

- Maman !, je crie. Tu es bientôt prête ?

- Dans cinq minutes !, me répond-elle depuis l'étage.

Je ne peux pas rester debout sans rien faire, alors je vais dans le salon, et je m'installe devant mon piano. Il faut que je m'occupe les mains et l'esprit, par la même occasion. Mes doigts dansent sur les touches, alors que j'entame une sonate écrite par Fédéric Chopin, un musicien du Monde d'avant. Une marche funèbre. Je me laisse porter par la musique, jusqu'à ce que ma mère ne m'interrompe d'un toussotement. J'arrête de jouer et je me tourne vers elle.

- Tu n'avais pas d'autre morceau ?

- Pas maintenant, non.

- Allons-y, Madge.

Je me lève immédiatement. Nous partons prestement pour la place, vers laquelle convergent, dans un mouvement de panique, tous les habitants du district, encadrés par des Pacificateurs. Certains visages sont marqués par la fatigue, d'autres par l'inquiétude. Je fais partie de la seconde catégorie. J'échange des regards anxieux avec ma mère, qui tente vainement de me rassurer.

- Elle est toujours vivante ma chérie. Ils approchent de son arbre, ils ne l'ont pas tuée. Peeta ne laisserait pas faire ça.

Ses mots m'atteignent à peine. Je me dis soudain que l'alliance de Peeta avec les Carrières était une idée stupide, qu'il ne pourra rien faire contre cinq tributs surentrainés. Une voix s'élève dans la foule qui m'entoure et me sort de ma torpeur.

- Madge !

Je cherche autour de moi l'origine de ce cri. Gale. Il joue des coudes pour me rejoindre. Quand il est près de moi, je ne réfléchis pas et je me loge dans ses bras sans même lui demander son avis. Il semble d'abord surpris, mais passe ensuite une main rassurante le long de ma colonne vertébrale. Il me parle doucement au creux de l'oreille, d'une voix calme. C'est ce dont j'ai besoin à ce moment précis. Etre apaisée.

- Madge, ça va aller. On va voir où ça en est, mais ça va aller pour elle.

Je respire un grand coup et me détache de lui, les joues rosies par les émotions qui me traversent. La peur que je ressens pour Katniss. La honte que j'éprouve à craquer ainsi. Et la gêne de m'être jetée sur lui de cette manière.

- Allez, dépêchons nous.

Alors que nous suivons ma mère, qui nous attendait un peu plus loin, il garde sa main posée sur le bas de mon dos. Ce contact me détend et me perturbe en même temps. Nous débouchons sur la Grand-Place, où je remarque que mon père et les Pacificateurs essayent tant bien que mal d'organiser le placement, le tout dans le calme, afin que chacun puisse suivre les Jeux. Ma mère, qui comprend que j'ai envie – et besoin - de rester avec Gale, va s'installer à sa place habituelle sans me demander de l'accompagner, tandis que je m'assois au milieu de la foule avec le jeune homme. Je suis tendue.

L'écran diffuse déjà les images de l'arène, et les commentaires de Caesar Flickerman et de Claudius Templesmith nous aident à comprendre ce qu'il s'y passe. Une tribut, la fille du district huit, a allumé un feu pour se tenir chaud. Logique, mais idiot dans ce contexte. En pleine nuit, le risque de se faire repérer et d'attirer des adversaires est grand. Et c'est d'ailleurs ce qui arrive. Le groupe des Carrières fonce droit sur elle. La situation ne m'aurait pas inquiétée outre mesure, si Katniss ne s'était pas installée dans un arbre à quelques encablures de la pauvre malheureuse.

Mon amie est d'ailleurs éveillée, sous pression, aux aguets. Pendant ce temps là, l'alliance de six tributs fonce droit sur la gamine du huit. Ils sont équipés de lampes torches, évidemment. Je les observe tour à tour. Le regard goguenard de Marvel. Les moues moqueuses de Glimmer. L'envie de tuer qui se lit dans les yeux de Cato. Le visage haineux de Clove. Le sourire gouailleur d'Aglaé. Et Peeta qui détaille tout ce qui l'entoure, espérant sans doute ne voir aucune trace du passage de Katniss.

Ce petit groupe tombe tout à coup nez à nez avec la fille du huit. Elle doit avoir quatorze ans, tout au plus. Des boucles brunes mangent une partie de son visage effrayé. Et elle a raison d'avoir peur. Les cinq Carrières se disputent un moment pour savoir qui aura la chance, selon leurs propres mots, de la tuer. Cato décrète que c'est au tour de Clove et personne n'ose protester, sauf la gamine qui leur demande de l'épargner, provoquant les rires carnassiers des autres adolescents. D'un geste sec et précis, la jeune Carrière lui expédie un couteau dans le cou. La petite hurle de douleur. J'en ai froid dans le dos. Ils congratulent tous Clove, même Peeta. Mais son sourire est tout sauf naturel. Crispé. Forcé.

- Et de douze ! Plus que onze !, rugit Glimmer.

A cet instant précis, elle n'a l'air ni féminine, ni jolie. Je l'insulte mentalement de tous les noms. Marvel fouille consciencieusement le corps de la défunte tribut, mais grogne en déclarant que rien ne leur sera utile.

- Mieux vaut se tirer, qu'ils puissent emporter le corps avant qu'il se mette à puer, ordonne Cato d'un ton railleur.

Chacun approuve et ils se remettent en route. Droit sur Katniss. L'inquiétude se lit dans son regard. Elle n'esquisse plus un mouvement et retient même son souffle. Je jette un coup d'œil à Gale, qui est aussi tendu que moi. Je pose doucement ma main sur la sienne, autant pour le rassurer que parce que j'en ai besoin. Il continuer de fixer l'écran, mais sa main se tourne pour enserrer fermement mes doigts.

Alors que les tributs avancent, Peeta trébuche. Il garde finalement l'équilibre mais grogne en cherchant ce qui a manqué de le faire tomber. Et ses yeux se posent directement sur un des collets de Katniss. Il comprend immédiatement qu'elle est à proximité, et semble réfléchir à toute vitesse.

- On aurait déjà dû entendre le canon, non ?, demande soudain Marvel.

- Oui. Je ne vois pas ce qui les empêche de descendre la chercher, répond Cato.

- A moins qu'elle soit encore en vie, lance Glimmer avec un rire moqueur à destination de Clove.

Celle-ci lui adresse un regard mauvais.

- Elle est morte. Je l'ai plantée moi-même.

- L'un de nous devrait retourner là-bas, propose la tribut du district un. S'assurer que le travail est bien fait.

- Oui, ce serait bête de devoir la pister une deuxième fois, ajoute Aglaé.

- Puisque je vous dis qu'elle est morte !

Peeta ne dit rien pendant l'échange qui se prolonge. Il regarde frénétiquement autour de lui, comme s'il cherchait Katniss. Il semble pressé de quitter les lieux.

- On perd du temps !, s'exclame-t-il tout à coup, prenant la parole pour la première fois. Je vais retourner l'achever. Et ensuite, on bouge !

- Eh bien, vas-y Joli Cœur !, lui dit Cato. Va vérifier toi-même.

Il s'éloigne prestement, se dirigeant vers la gamine à moitié morte. Et c'est quand je vois le gros plan sur le visage effaré de Katniss que je réalise. Elle vient de se rendre compte que Peeta a rejoint les Carrières. Et, à coup sûr, elle doit penser qu'il fait ça pour sauver sa peau. Un coin d'écran nous montre Peeta, agenouillé près de la fille du huit. Il lui caresse doucement le visage en lui parlant, comme pour la rassurer, avant de la tuer définitivement à l'aide de son couteau. De leur côté, debout au pied de l'arbre d'une Katniss en alerte, les tributs de carrière se concertent sur la tactique à adopter maintenant.

- Pourquoi ne pas nous débarrasser de lui tout de suite, et qu'on n'en parle plus ?, suggère Aglaé.

- Bah, gardons-le avec nous pour l'instant, réplique posément Cato. Où est le mal ? Et puis, il se débrouille bien avec ce couteau.

Marvel hoche frénétiquement la tête. Dans ce groupe de cinq tributs, il est assurément celui que je préfère.

- Sans compter qu'il représente notre meilleure chance de la trouver, affirme-t-il.

Ou plutôt, que je déteste le moins.

- Pourquoi ? Tu ne crois quand même pas qu'elle a marché dans cette histoire à l'eau de rose ?, s'enquit férocement Clove.

- C'est possible. Elle m'a paru assez bête pour ça. Chaque fois que je me la rappelle en train de tournoyer dans cette robe, j'ai envie de vomir, lâche Glimmer, une expression dégoutée sur le visage.

- J'aimerais bien savoir d'où elle a pu sortir ce onze, dit pensivement Cato, plus pour lui-même que pour les autres.

- Je te parie que Joli Cœur le sait, lui, affirme Aglaé.

Elle n'a pas tort. Mais Peeta revient vers eux, et ils arrêtent là leur discussion.

- Alors, elle était morte ?, interroge le tribut du district deux.

- Non. Mais maintenant, oui, répond froidement Peeta.

Un coup de canon, annonciateur du décès d'un tribut, confirme ses dires.

- On y va ?, demande-t-il.

Les Carrières prennent surement son ton pressé pour de l'impatience à l'idée de traquer leurs adversaires, car ils lui adressent de larges sourires avant de se mettre bruyamment en route. Katniss peut enfin respirer. Elle parait soulagée, mais également étonnée et peinée. Elle doit se sentir trahie. Autour de nous, la pression retombe également. Chacun ici semble rassuré de voir Katniss toujours en vie et les commentaires ne se font pas attendre.

- Elle a eu chaud, la petite Everdeen !

- Heureusement qu'elle été bien cachée, perchée dans son arbre !

- Mais on est d'accord, Peeta Mellark a été achever la fille pour qu'ils s'éloignent d'elle au plus vite ?

Gale et moi échangeons un regard. Nous sommes d'accord. Nos yeux se portent soudain sur nos mains, que nous séparons immédiatement, tous deux gênés. Le jeune homme se racle la gorge.

- Et bien ce n'est pas encore aujourd'hui que Katniss se laissera attraper.

J'approuve d'un petit sourire contrit et nous reportons notre attention sur l'écran. Alors que les carrières s'éloignent d'elle, Katniss descend de son arbre, étrangement souriante. Elle vérifie ses collets et récupère victorieusement un lapin, qu'elle nettoie et évide de gestes experts, avant d'aller le faire cuire sur les restes du feu de la tribut du huit. Gale semble fier de ce qu'elle fait.

Le reste de la journée n'est pas franchement vivant et ne doit pas satisfaire les organisateurs des Jeux et les habitants du Capitole. Aucun autre mort n'est à déplorer. Le rouquine du cinq reste tapie dans une cachette, si bien que les caméras du Capitole ont beaucoup de mal à nous proposer une image d'elle complète. Le garçon du dix s'est tant bien que mal mis en quête de quelque chose à se mettre sous la dent. Tresh et Rue, du district onze, évoluent chacun de leur côté. Le premier, dans les champs. La seconde, en passant d'arbre en arbre.

Le groupe des Carrières est retourné près de la Corne d'abondance pour manger et reprendre des forces. Là bas, ils sont tombés sur le tribut du trois, un jeune garçon qu'ils ont choisi d'épargner quand il leur a proposé de les protéger à l'aide d'un complexe système de mines qu'il pourrait détourner. Quant à Katniss, elle cherche désespérément de quoi se désaltérer, allant même jusqu'à lancer un « à boire ! » suppliant, probablement à l'adresse d'Haymitch. Je le maudis de ne pas lui envoyer d'eau, ce vieil ivrogne. Je suis sure que les gens se battent pour sponsoriser Katniss et Peeta. Du moins, j'ose l'espérer.

Le soir, nous sommes tous renvoyés chez nous. Je ne m'attarde pas avec Gale, qui doit retrouver sa famille après avoir passé la journée à côté de moi. Pourtant, je sais que demain sera différent. Nous serons lundi, et contrairement au dimanche qui est un jour de repos, les habitants du district devront aller travailler et les plus jeunes se rendre à l'école. Pendant les Hunger Games, les journées sont un peu chamboulées. Des écrans sont installés dans les ateliers, dans les salles de cours et dans certains lieux publics, afin que chacun puisse suivre les jeux dans le courant de la journée. Mais Gale sera avec sa classe, et moi avec les gens de mon âge. Des gens à qui je ne parle pas. Et je ne le retrouverai que le soir, lorsque l'école sera terminée et que nous devrons nous rendre sur la Grand-Place pour la soirée.

C'est donc avec appréhension que je me rends à l'école le lendemain, et c'est seule que je suis la troisième journée des Jeux. Une nouvelle fois, ce qui se passe dans l'arène doit déplaire au Capitole. Personne ne meurt, aucun tribut ne se retrouve confronté à un autre. Chacun évolue de son côté. Les Carrières restent à proximité de la Corne d'abondance, histoire de comprendre le système de protection mis en place par le garçon du district trois. Katniss, elle, trouve enfin de l'eau. Son regard se fait alors plus bravache, comme si elle reprenait espoir.

Le calme tout relatif qui s'installe peu à peu dans l'arène pousse les Hauts-Juges à agir. Le mardi matin, et alors que nous venons à peine de nous installer dans notre salle de classe, je ne peux retenir le cri d'effroi qui m'échappe. Un coin de l'écran nous montre Katniss, qui se fait réveiller par des flammes tout sauf naturelles, qui fondent sur elle comme un oiseau sur sa proie. Je me lève presque de ma chaise, essaye vainement de me calmer, alors que Claudius Templesmith lance un tonitruant « Voyons comment la fille du feu s'en sort dans son élément ! ».

Et pendant ce temps, Katniss court. Elle fait tout pour échapper à ce feu et à la volonté des juges. Elle traverse les bois à toute allure, sautant, évitant les obstacles. Elle a le souffle court, elle tousse, ne parvient pas à garder son maigre repas. Elle tente de respirer à nouveau normalement, mais repart de plus belle quand une boule de feu s'abat non loin d'elle. Elle reprend sa course, évitant les projectiles qui jaillissent et qui l'attaquent. Ses cheveux sont en partie brulés, et bien vite, sa jambe gauche est touchée. Et les flammes s'arrêtent aussi soudainement qu'elles étaient apparues.

Katniss semble souffrir le martyr, mais atteint finalement une petite mare, dans laquelle elle trempe délicatement son mollet brûlé. Elle examine sa blessure, qui n'est, heureusement, pas trop étendue. Elle paraît un peu perdue, paniquée, mais cherche bien vite à cacher ses émotions, drapant son visage d'un masque d'impassibilité qui m'impressionne. Elle boit et mange en petite quantité, réorganise ses affaires, mais ne quitte pas sa mare. Quand nous revenons après notre pause déjeuner, que j'ai passé avec une Primrose au comble de l'inquiétude, elle n'a pas bougé. Contrairement aux Carrières, qui ont recommencé à se mouvoir dans la forêt.

Je suis fébrile quand je retrouve Gale devant l'école. Nous nous rendons ensemble sur la Grand-Place, nous laissant porter par la masse d'écoliers qui font comme nous. Une fois n'est pas coutume, nous nous asseyons au milieu de la foule, portant le même anxieux sur le grand écran. Je ressens toute la tension des gens autour de nous, ce qui contribue un peu plus à me paniquer. Gale pose sur mon épaule une main qu'il veut sans doute apaisante, mais je le sens tressaillir.

- Oh non …, murmure-t-il tout à coup.

Les Carrières sont proches de Katniss. Extrêmement proches. Trop proches. Peeta trébuche et s'arrête régulièrement, comme s'il voulait les ralentir. Glimmer peste, Clove lui conseille de se dépêcher s'il ne veut finir avec un couteau dans la gorge.

- S'il continue son petit jeu, ils vont avoir des doutes et le supprimer sans hésitation, dis-je avec appréhension.

Gale hoche la tête, pensif et le regard brillant. Et au moment où le groupe de six tributs aperçoit Katniss et qu'un « Elle est là ! » se fait entendre, la jeune fille grimpe à l'arbre le plus proche d'elle. La montée est laborieuse, difficile à cause de sa blessure. Mais elle parvient à se hisser à une hauteur appréciable, qui la met hors d'atteinte. Ils se dévisagent. Katniss détaille tour à tour Glimmer, Marvel, Clove, Cato, Aglaé et Peeta, posant plus longuement les yeux sur ce dernier. Et, soudainement, contre toute attente, elle esquisse un sourire.

- Ca va, vous ?, crie-t-elle d'un ton étonnement guilleret.

Les six tributs au pied de l'arbre ne peuvent cacher leur surprise. Autour de moi, les gens retiennent leur souffle, attendant la réaction des Carrières, qui ne se fait pas attendre.

- Pas trop mal, et toi ?, lui lance Cato, le regard perçant.

- J'ai eu un petit peu chaud, cette nuit.

Certaines personnes sur la Grand-Place s'esclaffent, et un monsieur assez âgé à ma droite s'écrit :

- Elle a du cran, la petite !

Nous ne pouvons qu'approuver.

- Il fait meilleur par ici, reprend Katniss. Vous ne voulez pas monter ?

- J'arrive !, réplique le tribut du deux, qui semble passablement énervée par l'arrogance dont fait preuve la jeune fille.

- Tiens Cato, essaye ça, propose Glimmer en lui tendant l'arc et les flèches qu'elle promène sur son dos depuis le début des jeux, sans jamais les utiliser.

- Non, répond le garçon en la repoussant d'un geste brusque. J'aime mieux me servir de mon épée.

Et il entreprend de grimper à son tour dans l'arbre. Katniss lui adresse un sourire moqueur, avant de monter adroitement un peu plus haut.

- Un vrai écureuil …, chuchote Gale.

C'est vrai qu'elle a l'agilité de cet animal. Malgré sa blessure, elle progresse rapidement, bien plus que le colosse du district deux, dont le poids fait céder la branche sur laquelle il se trouvait. Il s'écrase lourdement sur le sol mais se relève aussi sec, hurlant de rage et jurant comme un charretier. Glimmer tente à son tour l'ascension, mais doit rapidement se rendre à l'évidence : elle n'y arrivera pas. Elle choisit finalement de sortir son arc, et décoche une flèche qui rate sa cible. Katniss s'en saisit et en profite pour narguer les Carrières, qui se mettent rapidement à grogner. Peeta a l'air réellement inquiet, et regarde autour de lui, guettant un moyen de pousser son petit groupe à s'éloigner de l'arbre.

- Oh, et puis, qu'elle passe la nuit là-haut !, lâche-t-il finalement en désespoir de cause. Elle ne risque pas de se sauver. On s'occupera d'elle demain matin.

Les autres approuvent, alors que Katniss déglutit. Les tributs de Carrière montent leur camp juste en dessous d'elle, pendant qu'elle s'installe tant bien que mal pour dormir, le visage toujours marqué par la douleur. Sur la Grand-Place, alors que la nuit commence à tomber et que l'obscurité s'installe, personne ne peut détacher son regard de l'écran. Tout le monde a peur pour Katniss, a mal pour Katniss, espère pour Katniss. Et alors que certains esquissent un mouvement pour se lever, quelque chose les raccroche aussitôt aux jeux.

La petite Rue, du district onze, est perchée dans un arbre et fait face à notre tribut féminin. Elles échangent un regard prolongé. On dirait que chacune tente de lire en l'autre. Et, comme si la gamine jugeait qu'elle pouvait avoir confiance Katniss, elle pointe du doigt quelque chose que nous n'avions pas remarqué jusque là. Un nid de guêpes, suspendu à quelques mètres seulement au dessus de mon amie. Les commentaires de Caesar Flickerman nous indiquent que ce sont des guêpes tueuses. Des mutations génétiques créées par le Capitole, dont la moindre piqure peut entrainer des hallucinations ou, pire, la mort.

- Oh oh, ça sent mauvais, dis-je dans un souffle.

- Pas si elle les utilise à son avantage, me répond Gale.

Je ne comprends pas, jusqu'à ce je vois Katniss se hisser un peu plus haut dans l'arbre, atteignant ainsi la branche sur laquelle le nid est accroché. Et alors que l'hymne du Capitole résonne dans l'arène, elle entreprend de scier le bois, consciencieusement, avec application. Elle veut attaquer les Carrières en faisant tomber sur eux un essaim de guêpes tueuses en furie.

- Brillant, je lâche.

Elle arrête sa besogne après en avoir accompli les trois quarts.

- Je pense qu'elle terminera demain matin, pour les surprendre et pour pouvoir s'échapper plus rapidement, annonce Gale.

Nous regardons Katniss redescendre jusqu'à ses affaires. A sa grande surprise, elle y trouve un petit pot en plastique, fixé à un parachute argenté. Un cadeau envoyé par Haymitch. Enfin, pour une fois, je le bénis. Mon sentiment de gratitude redouble quand Caesar annonce dans ses commentaires que c'est une pommade médicamenteuse, qui a pour effet de soigner instantanément les plaies ouvertes, et donc les brulures. Katniss lance aux caméras un remerciement destiné à son mentor, qui montre tout son soulagement.

Katniss Everdeen ne baisse pas les bras. Elle ne l'a jamais fait. Et ce n'est pas maintenant qu'elle le fera, même dans une arène où elle doit se battre pour sa survie.


Bonsoir tout le monde.

Bon, ça ne va pas tiptop ce soir, je n'ai pas trop le moral, mais je tenais à vous publier ce chapitre avant d'aller me caler sous ma couette en écoutant des chansons tristes. * Mode Pitoyable : ON *

Bref bref bref, j'espère que ça vous aura plu, notamment quand Katniss découvre que Peeta a rejoint les carrières. Vous l'avez remarqué, je ne détaille pas avec précision tout le déroulement des jeux. Je ne pense pas qu'il soit utile de le faire du point de vue de Madge, puisque, de toute manière, elle ne peut pas ressentir ce que les tributs ont vécu. Elle peut uniquement décrire, donc je ne crois pas qu'il soit vraiment intéressant de rentrer à fond dans les détails.

Merci beaucoup pour vos dernières reviews, qui m'ont fait extrêmement plaisir :) Fan de Twilight, si je poursuis sur le tome 2, je ne sais pas encore quel sort je vais réserver à Madge. J'ai bien ma petite idée, mais ce serait dommage de tout vous dire maintenant ...

Au plaisir de lire vos avis !

Estelle