(Point de vue de Bella)
Forks, ville pluvieuse du nord ouest des Etats Unis.
C'est ici que j'ai grandi, c'est ici que ma mère est morte, c'est cette ville que j'ai fui il y a 4 ans parce que mes rêves venaient de tomber à l'eau. Que me restait-il ? Pas grand-chose, ce que je savais c'était que je refusais de m'encrouter dans cet endroit. Je voulais vivre autre chose.
Bon je vous accorde que ce n'est pas très réussi. Je suis la secrétaire d'un tyran hyper sexy. Mais il n'y a rien qui me valorise. Je n'attends rien de ce métier.
J'avais d'autres rêves, avant. Mais il faut croire qu'ils n'étaient pas faits pour moi. Alors je suis passé à autre chose malgré tout. Ceci étant j'aurais pu tomber plus mal.
Bon trêve de plaisanterie, je suis à Forks avec Edward pour le présenter officiellement à mon père. Ce dernier fête aujourd'hui ses 45 ans. Ce n'est pas rien, heureusement j'ai pris le temps d'acheter son cadeau à Boston.
Ah Boston, je me demande vraiment si Edward et moi auront les épaules assez solides pour être sage. Ceci étant autant commencer tout de suite puisque lundi nous serons de retour au bureau du coup tout sera différent. Nous reprendrons chacun notre place. Pour Edward se ne sera pas si difficile.
Nous arrivons devant la maison, celle-ci n'a pas changé. D'ailleurs rien ne change vraiment ici. Et ça me plait, je trouve ça sécurisant. J'ai eu la bonne idée de réserver une chambre à l'hôtel, je me voyais mal dormir avec Edward dans mon ancienne chambre avec mon père à côté.
Au premier coup de sonnette, la porte s'ouvrit sur Sue, l'amie de mon père. Ils se fréquentaient depuis environ 2 ans, quand elle est venue s'installer à la maison. Elle a su lui redonner le sourire, ça n'a pas était facile pour mon père la mort de ma mère, mais aujourd'hui ça va mieux pour lui et aussi pour moi, je suis contente qu'il ait quelqu'un dans sa vie.
Sue nous a fait entrée et nous a expliqué que mon père était partie pour une urgence chez les King, mon cœur se serra en entendant ce nom. Je savais pertinemment ce que ça voulait dire. Il avait recommencé. Mes yeux se remplirent de larmes mais je me détournais pour ne rien montrer à Edward. En voyant mon trouble, Sue me demanda de l'accompagner à la cuisine pour commencer à préparer la table pour le diner.
Une heure plus tard mon père passa la porte d'entrée. Il se défit de sa veste et s'approcha de moi en souriant. Il me serra contre lui et m'embrassa sur le front. Puis il se dirigea vers Edward, celui semblait s'être ratatiné sur lui-même, il n'osait pas bougé, il n'avait cependant rien à craindre, en plus mon père ne portait pas son arme.
« - Papa, je te présente Edward, mon mari…Edward voici mon père Charlie.
Mon père lui tendit la main et Edward s'empressa de la lui serrer.
- Bienvenue dans la famille Edward…Je…euh je ne suis pas doué pour ce genre de chose alors euh…Félicitation.
- Merci beaucoup. »
Edward semblait septique et il avait raison mais le diner étant prêt ça me laissé un peu de temps pour préparé ma défense. Le repas se passa très bien, mon père et Edward parlait de pêche, de sport, de voiture…Des trucs de mecs quoi. Sue n'arrêtais pas de sourire, à croire que tout ça l'amusait beaucoup, il faut dire qu'elle m'avait bien aidé sur ce coup là.
Il était déjà tard quand Edward et moi primes congés. Nous devions repartir le lendemain en fin de matinée pour NY, mon père nous avait cependant invitées pour un petit déjeuner de roi, et je me disais que Sue ne devait être étrangère à cette décision.
Nous arrivâmes à l'hôtel et une fois la porte fermée Edward me fit une remarque à laquelle je m'attendais.
« - Ton père est génial…Il l'a super bien pris…Je ne vois pas pourquoi tu t'inquiétais.
Je me retourner vers lui, je ne pouvais pas lui mentir, il y avait suffisamment de mensonges autour de nous.
- Edward…S'il l'a si bien pris, c'est parce qu'il était au courant.
Il sembla soudain figé, il me regarda, je savais qu'il exploserait bientôt de colère mais j'espéré surtout qu'il comprendrait mon point de vue.
- Comment ça je ne comprends pas ?
- Je l'ai appelé le jour où on s'est marié pour le lui annoncer…Je ne voulais pas débarquer ici en sachant qu'il pourrait me rejeter…Mon père est…
- Tu l'as appelé pour lui demander sa permission ?
- Non je l'ai appelé après, j'avais peur qu'il ne veuille plus me voir…Essaye de comprendre, mon père est la seule famille qu'il me reste Edward, je ne voulais pas tout gâcher, je suis désolé.
- Donc toi tu assure tes arrières et moi je te présente à ma famille sans filet de retenue, tu refuse que ton père ait une mauvaise opinion face à tes choix et moi je suis censé me foutre du ressenti de ma famille c'est ça. Ben bravo Bella.
- Oh je t'en pris ne fais pas dans le mélodramatique, si tu avais un temps soit peu de respect pour ta famille, tu aurais fait pareil. Mais au lieu de ça tu continu à ne penser qu'à toi…Tu continus à te conduire comme le grand Edward Cullen, Mr l'avocat des parties riches, arrogant, égoïste et méchant, tu n'as peut être pas d'état d'âme mais moi oui. Je ne suis pas comme toi, il ne me reste que Charlie, je n'ai pas de frère et sœur pour essayer de temporiser les choses. Finalement je doute fort que tu puisses le comprendre.
Il me regarda avec un éclat de fureur dans les yeux. A cet instant précis il ressemblait à Edward Cullen, mon patron, l'homme pour qui je travail depuis 4 ans. Il n'y avait plus une seule trace de l'homme avec qui j'avais fait l'amour il y a moins de 24h.
- Ne t'avise certainement pas de me juger Bella, parce que tu ne me connais pas c'est clair, je t'ai demandé un service, tu l'as accepté point barre, si mon caractère ne te plait pas, casse toi, je ne te retiendrais pas. Mais ne t'avise plus jamais de me regarder en face et de me dire combien ta vie est misérable parce que je n'en suis pas responsable je te signale. Si le marché qu'on a passé commence à te peser, libre à toi de laisser tomber, même si comme tu sais si bien me le répéter, c'est moi qui suis venus te chercher.
Il marque un temps d'arrêt, s'empara de sa veste et se dirigea vers la porte avant de se retourner vers moi.
- Et puisque je ne sais rien faire d'autre que de te parler méchamment, puisque je suis si égoïste, je vais enfoncer le clou, il est hors de question que j'aille à ce stupide petit déjeuner, je me fiche de ton père, de son anniversaire et du reste. A toi de trouver l'excuse parfaite Mme Cullen. »
Il claqua la porte avec une telle violence que la fenêtre de la chambre en trembla. Mes jambes se dérobèrent sous moi et je tombais à genou au milieu de la pièce en larmes. J'avais encore une fois tout gâché. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir dire à mon père et à Sue demain.
Comment est-ce qu'Edward pouvait être si attentionné et si doux et l'instant d'après être aussi horrible ?
J'ignore combien de temps je suis resté là à pleurer, tout ce que je sais c'est que je me suis endormie par terre, roulé en boule contre le lit.
Je n'ai pas entendu Edward rentré. Et je n'ai pas sentis ses bras me portait pour me mettre dans le lit.
Je n'ai pas sentis non plus ses doigts déplacer les mèches de mes cheveux derrière mes oreilles, ni ses lèvres déposer un baiser léger sur ma tempe, ni son souffle dans le creux de mon oreille, me murmurant…
« - Je t'aime… »
